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9 avril 2009 4 09 /04 /avril /2009 09:16

Posté par Liêm Hoang NgocEntretien avec Liêm Hoang Ngoc sur le G20


France 3 : Doit-on se féliciter des résultats de ce G20 ?

Liêm Hoang Ngoc : On a beaucoup communiqué sur le G20 mais il y a deux problèmes clés qui n’ont pas été abordés : le premier c’est celui de l’assainissement du bilan des banques or vous avez aujourd’hui deux prix Nobel – et non pas des moindres – Paul Krugman et Joseph Stiglitz qui ont expliqué qu’il fallait que l’état entre massivement dans le capital des banques si on voulait restaurer la confiance. Ce problème n’a pas été abordé. Le deuxième problème qui n’a pas été abordé c’est qu’on parle beaucoup d’un nouveau Bretton Woods mais Bretton Woods avait accouché d’un nouveau système monétaire international or, aujourd’hui, on est toujours sous le régime de l’étalon dollar, dans un contexte où il y a une défiance de plus en plus importante vis à vis du dollar qui pourrait conduire assez rapidement à une crise de change international. Les Chinois, eux-mêmes, réclament l’édification d’un système centré sur une monnaie de réserve internationale, fondé sur un panier de biens, - un peu ce que proposait Keynes avant Bretton Woods.


Les mesures adoptées hier vont-elles vraiment moraliser l’économie ? C’était aussi le but de ce G20...

Il faudrait non seulement moraliser l’économie mais surtout la rendre plus efficace. Et, à cet égard, 5000 milliards ont été annoncés pour relancer l’économie or là aussi on attend le passage aux travaux pratiques parce que les Etats-Unis ont, la semaine dernière, monétiser leur déficit public, c’est-à-dire qu’ils ont fait fonctionner la planche à billets pour acheter 300 milliards d’emprunts d’état pour relancer leur économie. En Europe, si on veut mettre sur la table 2000 milliards, - parce que ce serait cet ordre de grandeur là -, on voit mal comment on pourrait les emprunter sur les marchés financiers, il faudrait que la banque centrale finance les déficits publics or c’est interdit par les statuts de la BCE. Il va donc il y avoir un débat aigu en Europe.

Y aura-t-il vraiment des sanctions contre les paradis fiscaux ?

Peut-être mais pour cette crise ce n’est pas le problème clé. Le problème c’est que les banques ont émis des crédits très risqués qui, ensuite, ont été titrisés dans le monde entier par le biais de produits dérivés, sur lesquels les hedge funds ont ensuite spéculé. Il faudrait encadrer la titrisation, en limitant, par exemple le volume des crédits titrisables mais ce n’est évoqué qu’à la marge.

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