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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 16:26

Le Parti Socialiste ne peut échapper à la triste réalité sortie des urnes en 2014 et en 2015 avec au compteur 4 défaites électorales successives et un tripartisme « des 3 tiers » solidement installé au niveau national. Seul le mode électoral nous permet de sauver les apparences aux régionales avec 5 régions. Après un « ouf » de soulagement tellement fut grande la peur d’une déroute, nous devons être capables de faire l’analyse de la gravité de la situation et de ses causes profondes. Si d’aventure, et le mot est choisi à dessein, nous nous contentions de rechercher la meilleure stratégie pour 2017, à savoir comment atteindre le second tour face à Marine Le Pen, nous nous condamnerions et toute la Gauche avec nous.

Si cette hypothèse devait être notre seul horizon, alors ceux qui nous promettent depuis longtemps la fin du Socialisme, de son nom et de son histoire, les mêmes qui s’acharnent à le détruire méthodiquement au profit d’une nouvelle maison commune, telle une taverne où chacun pourra trouver à boire et à manger, en seraient les fossoyeurs lucides et beaucoup d’entre nous devraient alors en tirer les conséquences. Notre engagement politique ne saurait se dissoudre dans une alliance de circonstance servie par un discours de « rassemblement au-delà des clivages traditionnels », au service d’une rhétorique d’autorité, un tantinet identitaire, fortement sécuritaire, d’une politique économique et sociale sans boussole et écolo compatible par nécessité.

Lorsque la République est brandie en étendard au risque inconsidéré d’être une nouvelle ligne Maginot, elle empêche l’analyse critique de la situation, sauf à confirmer peut-être que notre réflexion ne produit plus rien, que nous pensons plus rien, ce que je ne crois pas.

Pour prendre l’exemple des totems républicains, Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité, il est manifeste que nous ne pensons pas la même chose que la droite républicaine elle-même divisée, pas la même chose peut-être que nos partenaires de Gauche, pas la même chose entre nous. Il nous faut réinterroger chacun d’entre eux, les confronter pour les conforter, au-delà de nos certitudes et de notre paresse collective. Qui lit encore, je parle de la majorité de nos militants, nos textes d’orientation ou les motions qui agitent nos congrès.

- La liberté peut-elle être une valeur à géométrie variable selon les évènements ?

- L’égalité réelle a-t-elle définitivement vécue face à l’épreuve de la réalité ?

- La fraternité n’est-elle pas en voie de désintégration face à la xénophobie ?

- La laïcité n’est-elle pas devenue le champ clos d’exégètes douteux ?

Chers amis, chers camarades, il est plus que temps de soigner notre torticolis bloqué vers la droite. Nous serons convalescents dès lors que saurons à nouveau tourner la tête à Gauche.

Gérard Sebaoun, député socialiste de la quatrième circonscription du Val-d'Oise

Gérard Sebaoun, député socialiste de la quatrième circonscription du Val-d'Oise

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