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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 10:35

Le Parisien - Nathalie Segaunes - dimannche 6 janvier 2013

C’est une constante au Parti socialiste, depuis plus d’un siècle : la gauche de gouvernement, une fois le pouvoir conquis, est aiguillonnée (« emmerdée », disent certains au gouvernement) par une poignée de parlementaires se revendiquant plus à gauche que leurs collègues et s’érigeant, parfois jusqu’à la rupture, en gardiens sourcilleux de la doxa socialiste.

Il s’agissait des dogmatiques Jean Poperen et surtout Jean-Pierre Chevènement dans les années 1980, sous Mitterrand. Puis du trio essonnien Dray-Lienemann-Mélenchon entre 1997 et 2002, sous Jospin.

Mélenchon parti sous d’autres cieux, Benoît Hamon, après un long travail d’appareil, a repris le flambeau depuis 4 ans. Aujourd’hui ministre, il prend bien soin de ne pas enfreindre la sacro-sainte solidarité gouvernementale. Mais la vingtaine de députés amis qu’il compte au Parlement prend beaucoup moins de gants. L’acte de naissance du courant hamoniste à l’Assemblée fut le vote contre le traité européen, le 9 octobre, par 17 députés PS, provoquant la fureur de Jean-Marc Ayrault.

Depuis, Jérôme Guedj, 40 ans, ancien assistant parlementaire de Mélenchon, député de l’Essonne, incarne dans l’hémicycle l’aile gauche du PS, tandis que la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann joue le même rôle au Sénat.

« Ce n’est pas un bloc homogène », note toutefois un député PS. Ainsi, Régis Juanico (Loire) ou Barbara Romagnan (Doubs) ne partagent-ils pas toujours les positions très radicales d’un Pascal Cherki, député de Paris et maire du XIVe arrondissement. Déjà isolé au sein du groupe, ce proche d’Henri Emmanuelli s’est illustré en adressant le 1er janvier ses vœux sur Twitter « à toutes et tous, sauf aux exilés fiscaux et au Medef qui ne méritent que notre mépris républicain ». Le même Cherki a d’ailleurs ses propres contradictions : il défendait il y a quelques semaines un amendement visant à abaisser la contribution de Paris au fonds de péréquation en faveur des communes pauvres. Il a été désavoué par le groupe PS… pour une fois plus à gauche que lui !

C’est peu dire que la politique du gouvernement Ayrault provoque quelques frustrations chez les hamonistes. Guedj attend toujours, dit-il, le « choc de confiance en direction du peuple de gauche ». Il passe, selon lui, par « l’interdiction des licenciements boursiers », engagement de campagne du candidat Hollande; par « l’équilibre dans la négociation entre partenaires sociaux : on ne doit pas détricoter le Code du travail »; et enfin par « la vigilance » sur les retombées du crédit d’impôt, que les hamonistes ont eu beaucoup de mal à voter. « On nous a dit qu’il allait permettre de créer 300.000 emplois, rappelle Guedj. Il faudra s’assurer dans un an que cela a bien servi à l’investissement et à l’emploi… »

Au Sénat, Lienemann juge carrément Ayrault « social-libéral, et non pas social-démocrate ». Elle attend elle aussi la loi interdisant les licenciements boursiers (« Ça ne coûte rien ») et estime que l’Etat devrait « exiger des contreparties au crédit d’impôt dans les grandes entreprises ». Surtout, elle n’en finit pas de regretter l’abandon de la nationalisation de Florange. « Cela aurait été un emblème fort, pour la gauche et au-delà. »

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