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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 20:41

Communiqué de presse de  Maintenant la Gauche - samedi 9 août 2014

comMLG-300x1791.jpgMarie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris et ancien ministre, Emmanuel Maurel, député européen, Jérôme Guedj, président du Conseil général de l’Essonne et les membres du Bureau National du PS de Maintenant là Gauche ont fait parvenir ce jour une lettre ouverte au Premier Ministre Manuel Valls.

Ils lui demandent dans cette lettre la suspension immédiate du pacte de responsabilité, d’une part au regard des prévisions concernant le chômage et la situation économique de notre pays et d’autre part suite à la décision du conseil constitutionnel.

Ils mettent en garde le gouvernement contre les tentatives de régler le problème de la censure des baisses de cotisations salariales par une énième mesure technique alors même qu’une réforme fiscale globale et cohérente s’impose.

Ils demandent une remise à plat de la stratégie économique et sociale du gouvernement et préconisent un plan de relance de l’activité et de la croissance fondé sur un soutien au pouvoir d’achat, des investissements publics d’avenir, des aides ciblées et conditionnées aux entreprises ainsi que des plans de filières pour le redressement industriel du pays.

lettreouvertenb.jpgvous trouverez ci-dessous les reprises dans la presse puis le texte de la lettre ouverte au Premier Ministre :

Monsieur le Premier Ministre
Hôtel de Matignon
57 rue de Varenne
75700 Paris

Monsieur le Premier Ministre,

Vous avez indiqué récemment que la rentrée serait, hélas, difficile pour notre pays et nos compatriotes. Mauvais chiffres du chômage, croissance en berne, risque de déflation en Europe. Comme vous, nous redoutons les mois qui viennent. Comme vous, nous savons que les résultats d’aujourd’hui sont les conséquences des décisions d’hier. Politiques d’austérité, réduction des investissements publics, course au moins disant social : dans une période de croissance quasi-nulle, ces choix font mal à l’Europe, à la France et aux français.

Dès lors, nous comprenons difficilement que face à une telle situation, la réponse de votre gouvernement soit le maintien du cap actuel.

Le pacte de responsabilité à été présenté par l’exécutif comme une réponse aux problèmes économiques du pays. Fondé sur l’idée contestable selon laquelle la France ne gagnerait en compétitivité qu’en baissant massivement le « coût du travail », il prévoit un plan de diminution massive des cotisations sociales pour les entreprises, qu’elles soient ou non soumises à la concurrence internationale. Il s’accompagne en outre d’une réduction inédite de la dépense publique (50 milliards d euros) dont chacun mesure le risque récessif pour notre économie. Comme nombre d’élus de la majorité, comme deux des principaux syndicats français, nous contestons absolument le bien fondé de ce pacte qui ne répond pas, selon nous, à l’objectif de « redressement dans la justice » que s’était assigné le président de la République.

Il y a quelques heures, le conseil constitutionnel a invalidé la mesure d’allègements des cotisations sociales pour certains salariés. Vous aviez présenté ce volet du « pacte », certes modeste au regard des 41 milliards d’allégements d’impôts et de cotisations patronales comme une indispensable contrepartie sociale susceptible de soutenir le pouvoir d’achat des ménages les moins aisés.

La décision du conseil constitutionnel rend selon nous indispensable la suspension immédiate du pacte de responsabilité et sa remise à plat complète.

Il nous paraît déraisonnable d’engager à la hâte une nouvelle mesure fiscale partielle aux effets incertains.

Plutôt que de complexifier un peu plus un système confus et injuste, nous préconisons d’en revenir à une promesse de campagne attendue par nos électeurs et par votre majorité : une vraie réforme de l’impôt, qui passe notamment par la progressivité de la CSG et le rapprochement de celle-ci avec l’impôt sur le revenu.

Mais au-delà de cette réforme, c’est bien toute la stratégie économique et sociale du gouvernement qu’il faut aujourd’hui redéfinir.

Elle doit s’appuyer sur 3 piliers : une stratégie de relance de la croissance au service de l’emploi, la refonte de l’architecture de notre fiscalité et des prélèvements sociaux ainsi qu’une politique industrielle volontariste fondée sur des plans de filières.

En associant les forces politiques de gauche et écologistes qui ont permis la victoire de François Hollande à l’élaboration d’une politique nouvelle, nous pouvons réussir la deuxième partie du quinquennat et redresser durablement notre pays.

La France a les moyens d’engager un plan de relance de l’activité fondé sur des efforts conjoints en direction du pouvoir d’achat des couches populaires, de grands projets d’investissements publics modernisateurs et de soutien aux investissements des entreprises comme aux secteurs soumis à la concurrence mondiale.

A l’échelon européen, la France doit opposer au regrettable « pacte de stabilité » une stratégie de relance fondée sur l’investissement et la construction de convergences sociales.

Dans l’immédiat, nous devons engager un rapport de force avec la Commission en lui signifiant notre refus de respecter les critères de déficits restrictifs qu’elle nous assigne. Plutôt que de tenter d’obtenir des « délais » pour atteindre des objectifs totalement inadaptés à la situation économique du continent, notre pays doit au plus vite proposer un mémorandum présentant une réorientation majeure des politiques européennes.

Si les politiques européennes ne conduisent qu’à une déflation dévastatrice et à des reculs sociaux d’envergure, les peuples se détourneront de l’idéal européen auquel nous croyons ardemment. Il revient à la France, avec d’autres, de porter une voie nouvelle. Nous devons ce discours de vérité à nos partenaires. Nous ne pouvons laisser croire que la France serait le mauvais élève de l’UE, alors même qu’elle conteste une austérité rejetée par nombre de citoyens européens.

Une politique nouvelle, fondée sur des choix réalistes : voilà ce qui peut redonner à notre pays son dynamisme économique et son rayonnement. Voilà ce qui permettra à nouveau de fédérer une majorité politique et sociale qui souhaite le changement.

Monsieur le premier ministre, nous sommes évidemment à votre disposition pour vous présenter plus en détail nos propositions.

Nous vous prions de croire à notre plus haute considération.

Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel, Jérôme Guedj pour Maintenant la Gauche

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 20:59
A l’initiative du collectif Stop Tafta, cent personnalités (politiques, syndicalistes, intellectuels…) lancent en France un appel des citoyens contre le traité transatlantique. Six d’entre elles expliquent leur engagement.
 
le hyaricPatrick Le Hyaric, député européen Front de gauche, directeur de L’Humanité« Le droit des affaires ne doit pas primer »
« Si la Commission européenne n’a rien à craindre de la réaction des populations à propos de ce grand marché transatlantique, qu’elle sorte du secret des négociations. Qu’elle fasse publier le mandat de négociation, qu’elle donne tous les éléments en débat au Parlement européen, aux parlements nationaux, aux syndicats, aux associations de consommateurs, aux associations non gouvernementales. La Commission défend âprement le projet de tribunal arbitral international, or ce sont les élus des peuples qui font la loi, pas les avocats des multinationales. Nous refusons que le droit des affaires prime sur les droits humains et sociaux. Il ne s’agit pas de politiques dites commerciales, il s’agit de la sécurité de l’emploi, de savoir ce que nous mangerons demain, de notre santé, de l’accès à l’éducation et à la culture, de la biodiversité, des manières de produire. Il s’agit de nos droits économiques et sociaux. En fait, il s’agit d’un choix de civilisation. Nous attendons de la transparence et plus d’explications de la Commission. Et surtout l’abandon de ce dangereux projet. »
groisonBernadette Groison, secrétaire générale 
de la FSU. « L’école concernée au premier chef »
« Si l’on en croit les défenseurs du traité de libre-échange, l’éducation ne serait pas vraiment concernée. Cela est contestable parce que le traité de libre-échange, s’il existe un jour, aura un impact sur notre modèle de société, donc sur l’école. En réalité, les débats en cours sur les systèmes de formation, le socle commun de connaissances et de compétences, ou encore l’apprentissage, nous donnent d’autres indications. Il existe, à l’évidence, une volonté de mettre le système de formation en adéquation avec le modèle de production visé par Tafta. La mise en concurrence des universités, des diplômes, la surenchère des classements sont des illustrations parfaites du projet de soumettre la formation au monde de l’entreprise. Or la vocation de ce dernier n’est pas de répondre à l’intérêt général. Certes, la formation doit préparer au monde professionnel, mais pas seulement. L’école joue aussi un rôle émancipateur, d’éducation des citoyens, de développement de leur esprit critique dont il n’est pas question de nous passer. D’ailleurs, comme le préconise notre appel, des coopérations pourraient améliorer le système éducatif, avec les États européens en premier lieu. Nous pourrions comparer nos systèmes pour lutter contre l’échec scolaire ou mutualiser encore plus les recherches, les laboratoires, ce qui n’existe pas assez. »
linemannMarie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS.  « Ce traité vise en fait à affaiblir les États »
« Le refus du traité transatlantique est majoritaire au PS, comme l’a montré le vote des militants lors de la convention sur l’Europe de juin 2013 sur l’amendement qui prenait position contre l’engagement des négociations sur ce traité. Cela correspond à un choix idéologique de fond : l’affirmation de la nécessité de sortir du libre-échange généralisé pour entrer dans une logique du juste-échange à laquelle, à l’évidence, ce traité, tel qu’il est conçu, tourne le dos. Ce projet constitue aussi une menace pour la démocratie : il s’élabore dans le dos des peuples, via des réunions clandestines tenues dans la plus totale absence de transparence, et le tribunal d’experts envisagé dans l’accord est une façon de déposséder les peuples du pouvoir d’arbitrage de leurs juridictions nationales. Ce traité vise en fait à affaiblir les États pour donner le pouvoir aux multinationales. Dans ces conditions, nous ne pensons pas que des normes sociales et environnementales équilibrées puissent y être introduites. »

giraud

Gaël Giraud, économiste, jésuite. « Il faut attaquer ce traité en amont de son adoption » « Il y a plusieurs raisons de s’opposer au traité, mais la cause majeure est la clause de défense des investisseurs. Celle-ci autorise les entreprises (américaines ou européennes) à assigner un pays devant un tribunal si son gouvernement adopte une législation défavorable aux intérêts de l’entreprise. La seule condition est qu’elle ait investi dans le pays qu’elle poursuit. Le tribunal ad hoc chargé de l’affaire tranchera uniquement sur la base du droit commercial international et du traité. Pour simplifier, ce ne seront plus les gouvernements qui dirigeront mais les multinationales. Sur le front du débat économique, il n’y a aucune preuve empirique sérieuse que la libéralisation du commerce ait contribué de manière significative à la prospérité économique. Par contre, il est très clair qu’elle a fait augmenter les inégalités et entraîné la désindustrialisation de pays comme la France. Il faut attaquer ce traité de libre-échange en amont de cela. »
laura chatelLaura Chatel, secrétaire fédérale des Jeunes écologistes. « Nos normes environnementales sont en danger »
«L’accord Tafta entre l’Europe et les États-Unis présente un danger sans précédent du fait, en particulier, de l’introduction d’un mécanisme de règlement des différends sous la forme d’un tribunal ad hoc qui serait géré par des arbitres internationaux. Les grandes firmes internationales édicteraient alors toutes les normes et pourraient faire condamner les États à payer des amendes si leurs lois ne leur convenaient pas. Nos normes environnementales seraient alors en danger car elles sont, aux États-Unis, souvent moins élevées. Quand la province de Québec a suspendu tous les permis d’exploitation de gaz de schiste à cause de la pollution générée dans la région, des entreprises l’ont attaqué via ce système de règlement des différends en lui demandant le paiement d’une énorme amende. Cela pourrait arriver à la France qui a aussi décidé d’une telle interdiction. Il faut en finir avec cette idée complètement folle que la crise et ses conséquences se régleront avec toujours plus de libre-échange. Des solutions plus audacieuses, plus nouvelles doivent émerger comme une taxe carbone aux frontières de l’Europe.»
robinMarie-Monique Robin, journaliste, documentariste. « Ce type d’accord tire toujours les droits vers le bas » 
«Tous ces accords de libre-échange ne profitent qu’aux multinationales. J’ai vu à l’œuvre l’Alena, l’accord nord-américain dont George Bush père disait lui-même qu’il était un laboratoire du libre-échange. Cet accord a littéralement détruit l’agriculture mexicaine, en mettant par exemple en concurrence le maïs traditionnel mexicain avec le maïs OGM subventionné des États-Unis. Cet accord a poussé à la rue ou à l’immigration clandestine trois millions d’agriculteurs mexicains, sans aucune contrepartie positive pour le Mexique. Il ne faut pas croire une seconde que la signature d’un traité de libre-échange avec les États-Unis va apporter un point de croissance, ou de l’emploi. C’est faux. Ce type d’accord tire toujours vers le bas toutes les réglementations sociales et environnementales. Si on laisse passer cet accord, les multinationales imposeront leurs règles, et si nous refusons de manger du poulet aux hormones, l’une d’elles déposera plainte auprès d’un organisme de contentieux, et obtiendra gain de cause.»
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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 20:46

negociations-grand-marche-transatlantiqueDepuis le début, les risques d’un traité de libre-échange entre l’UE et les USA sont évidents. D’abord  le libre-échange généralisé a montré ses dangers en particulier parce qu’il met en concurrence les modèles sociaux, les exigences environnementales  en favorisant tous les dumpings. Ensuite parce que le libre-échange fait fi des écarts de change entre les monnaies qui évidemment  fausse la donne. Il suffit de constater le pouvoir que donne le dollar aux Etats-Unis dans les échanges commerciaux et financiers et le handicap que provoque un Euro fort pour bon nombre de pays européens.

D’ailleurs, consultés lors d’une convention nationale sur la question européenne en juin 2013, les militants socialistes ne s’y étaient pas trompé votant majoritairement (dans un rapport de 70%  pour  et 30% contre) l’amendement que nous avions déposé sur ce traité. En voici le texte

Refuser le traité transatlantique

C’est pour cette raison qu’il faut suspendre les négociations pour un accord transatlantique. L’industrie européenne n’a rien à y gagner et beaucoup à y perdre. Les Etats-Unis viennent d’injecter des fonds publics considérables pour soutenir certains de leurs secteurs industriels qui, une fois modernisés, seront prêts à conquérir le marché européen. Pendant ce temps-là, L’Europe interdit les aides directes aux entreprises.

La mise en œuvre de l’accord transatlantique va à l’encontre du projet d’une Europe forte et indépendante dans un monde multipolaire. Elle ne saurait tomber dans le piège d’une alliance dite occidentale en face des pays émergents.

D’autres voies de coopération avec les Etats–Unis peuvent être promues mais l’accroissement du tout-concurrence n’est pas acceptable. Entrer dans la négociation nous amènerait à terme à renoncer à une destinée commune aux Européens. Instruits par l’expérience, nous savons que poser les conditions ne permet pas d’aboutir à un accord équitable

Un partenariat fondé sur des coopérations  peut s’avérer fructueux avec les USA, s’il garantit l’équité, une régulation publique, la montée en puissance de règles sociales et environnementales ambitieuses. A l’évidence, la logique du juste échange que nous soutenons, n’est pas la base du traité transatlantique.

Il est clair que ce dernier tente d’imposer de façon bilatérale ce que l’OMC n’a pu obtenir en multilatéral : la dérégulation des échanges, le primat de la libre concurrence.

A mesure, que les négociations s’engagent les uns et les autres mesurent l’ampleur des risques.

D’ailleurs, lors des élections européennes, ce sujet a été débattu et M. Juncker récemment élu à la tête de la Commission s’est engagé d’une part à rejeter la mise en place de juridictions qui règleraient les litiges entre entreprises et États et empiéteraient sur les systèmes nationaux et d’autres part de rendre accessibles les documents liés aux négociations.

Prenons-le aux mots.

Toutefois, les bonnes paroles tant sur la volonté de transparence récemment affichée par les institutions européennes que sur le rejet de tout recul des normes sanitaires ou environnementales ou l’exception culturelle apparaissent comme l’arbre qui cache la forêt. Car dans le même moment, nouveau cycle de négociations s’ouvre traitant aussi bien de la libéralisation des services avec une mise en cause de services publics. La commission européenne toujours euphorique sur les vertus du libre-échange estime qu’un tel accord est bénéfique pour l’union mais explique que certains secteurs y trouveront des avantages et d’autres seront percutés. Or lorsqu’on y regarde de près les secteurs affaiblis sont justement très importants pour la France (agriculture, agro-alimentaire, sous-traitance automobile etc).

Alors il nous faut mobiliser largement l’opinion publique française et européenne pour faire obstacle à ces négociations, d’autant que l’actualité récente montre que l’esprit de partenariat et de confiance est loin d’être dominant de l’autre côté de l’Océan.

Les affaires d’espionnage en sont clairement la triste manifestation. Les USA comptent jouer des contradictions au sein de l’UE pour mieux faire progresser ses vues et ses intérêts.

D’ailleurs, le front est plus large qu’il n’y parait et même  l’ex –sénateur, aujourd’hui eurodéputé Jean Arthuis manifeste sur son blog son désaccord.

Les citoyens doivent être informés, pouvoir se faire entendre, montrer leur force face à ceux qui veulent faire passer ce traité en contournant au maximum la démocratie.

C’est dans cet esprit que nous vous invitons à signer comme nous la pétition STOP TAFTA.

https://www.collectifstoptafta.org/

C’est dans cet esprit que Marie-Noëlle Lienemann était intervenue au sénat dès janvier 2014:

http://www.mnlienemann.fr/2014/01/mn-lienemann-intervient-au-senat-sur-le-projet-de-traite-transatlantique/

Avec Maintenant la Gauche, en mars 2014, nous avons relayé  l’appel lancé par la gauche du parti travailliste et les syndicats britanniques contre ce Traité. Cet appel peut être signé sur le site (en anglais) http://action.sumofus.org/a/stop-ttip/

D’ailleurs du côté des organisations syndicales, un appel commun de la Confédération européenne des Syndicats et de l’AFL CIO – syndicats américains met en garde contre « toute tentative d’utiliser cet accord pour réviser les normes à la baisse ou empiéter sur le processus démocratique de prise de décisions. Le risque qu’engendre le modèle actuel des accords d’intégration commerciale et économique sur le processus démocratique de prise de décisions ne peut pas être sous-estimé. Les États-Unis ont déjà perdu des actions entre États qui attaquaient ses politiques de lutte contre le tabac, d’étiquetage de la viande et du thon et même à l’heure actuelle, les multinationales européennes utilisent le système entre investisseurs et États pour contester des décisions sur la sortie du nucléaire et l’augmentation du salaire minimum. En d’autres mots, un gouvernement est fondamentalement responsable de ces politiques qui doivent promouvoir le bien-être général de sa population.»

La déclaration alerte aussi sur la protection des services publics.

C’est dans cet esprit que le club Gauche Avenir a publié un intéressant dossier sur ce traité et vous appelle à réagir.

 http://www.gaucheavenir.org/2014/07/08/refuser-le-traite-transatlantique/

Gauche Avenir appelle chacune et chacun a fait connaitre son désaccord sur le site de la Commission Européenne en répondant au questionnaire d’avis sur ce traité, ouvert à tous les ressortissants communautaires -personne physique, association ou autre-.

Nous vous invitons à y répondre en laissant votre contribution sur :

http://trade.ec.europa.eu/consultations/

A Strasbourg, Emmanuel Maurel, lors d’un des premiers débats au sein du nouveau Parlement Européen a porté la voix  de toutes celles et ceux qui ne veulent pas voir les peuples dessaisis de leur prérogatives politiques, sociales, face aux multinationales de plus en plus puissantes, qui  refusent la remise en cause de leur modèle social et des services publics,  qui veulent promouvoir un juste échange en lieu et place d’un libre échangisme dévastateur.

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 21:50

Elsa Freyssenet / Chef de service adjointe | Le 09/06 à 22:00 

Les députés PS de l’« Appel des 100 » ont publié leur plate-forme budgétaire. Ils veulent cibler les aides aux entreprises et relancer le pouvoir d’achat.

1010909_les-frondeurs-du-ps-proposent-leur-contre-budget-we.jpgIls passent à nouveau à l’offensive sur le terrain des propositions. A quelques jours de la présentation en Conseil des ministres des collectifs budgétaires pour l’Etat et la Sécurité sociale, les députés frondeurs du PS ont envoyé hier soir un texte aux président, Premier ministre et premier secrétaire du PS. C’est une plate-forme comprenant une réorientation substantielle (un point de PIB) des textes budgétaires de cette année et des années suivantes.

appel_des_100.png« La politique économique de la France doit rechercher l’efficacité, elle ne saurait aggraver les inégalités », écrivent les auteurs de cette plate-forme. Partant du constat que la croissance reste atone et que la gauche vient de subir deux sanctions électorales, ces députés socialistes estiment que « la stagnation de notre économie provient davantage d’une insuffisance de la demande que de problèmes liés à l’offre ». Ils souhaitent donc augmenter les mesures en faveur des ménages en les faisant passer de 5 milliards à 18,5 milliards d’ici à 2017 et cibler – donc diminuer – les baisses d’impôts et de charges des entreprises, qui passeraient de 41 milliards à 22,5 milliards. Dans une récente interview accordée aux Echos, Michel Sapin avait assuré que les baisses d’impôts seraient presque équilibrées entre entreprises et ménages en 2015. « Nous, nous réalisons cet équilibre, mais en prenant en compte le passé et les années à venir », répond l’un des animateurs du collectif de députés, Laurent Baumel. Concrètement, le texte propose, dans l’immédiat, « la suppression des gels prévus des allocations familiales, logement, invalidité, accidents du travail » qu’ils chiffrent à 2,5 milliards d’euros. Ils souhaitent aussi le financement de 300.000 contrats aidés supplémentaires : 150.000 contrats d’apprentissage et 150.000 contrats d’avenir qui seraient « ouverts à tous les chômeurs de plus de deux ans ». Si le gouvernement n’est pas fermé à certaines de ces propositions, il en va tout autrement de la mesure la plus massive pour le pouvoir d’achat proposée par les frondeurs : « La création de taux réduits de CSG pour les classes moyennes et populaires » avec des tranches identiques à celles de l’impôt sur le revenu, afin d’ouvrir « la voie à une fusion ultérieure ».

Distribuer autrement

Afin de ne pas être taxés d’irréalisme, les frondeurs veillent à respecter les objectifs de baisse des déficits. « On reste dans la trajectoire budgétaire mais on distribue autrement les baisses d’impôts », souligne Jean-Marc Germain, proche de Martine Aubry. Le Cice serait ciblé, les baisses de cotisations patronales conditionnées à un accord d’entreprise ou de branches et la baisse l’impôt sur les sociétés « réservée aux entreprises qui réinvestissent plus de 90 % de leurs bénéfices ».

Les auteurs de cette plate-forme entendent défendre ces mesures sous forme d’amendements aux divers textes concernés (collectifs, PLF 2015, PLFSS 2015) avec l’objectif de les faire voter. Ils comptent une centaine de parlementaires dans leur réseau mais n’ont été « que » 41 à s’abstenir sur la trajectoire budgétaire. Ils espèrent qu’en amenant le débat sur des mesures précises les appels de l’exécutif à resserrer les rangs porteront moins. 

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 10:19

audit_dette_publique.jpgCette étude a été réalisée par un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique. Elle se veut une contribution au nécessaire débat public sur des questions cruciales : d’où vient la dette ?

A-t-elle été contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées ? Qui détient ses titres ?

Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ? Les réponses apportées à ces questions détermineront notre avenir.

Ont participé à son élaboration :

  • Michel Husson (Conseil scientifique d’Attac, coordination),
  • Pascal Franchet (CADTM),
  • Robert Joumard (Attac),
  • Evelyne Ngo (Solidaires Finances Publiques),
  • Henri Sterdyniak (Economistes Atterrés),
  • Patrick Saurin (Sud BPCE).

Téléchargez l'audit

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 22:50

Le Monde.fr | 20.05.2014 à 13h35 | Par Collectif de candidats socialistes aux élections européennes

Si nos exigences ne sont pas respectées, nous rejetterons l'accord, annoncent plusieurs candidats socialistes aux élections européennes, dont Pervenche Berès, Vincent Peillon, Emmanuel Maurel et Sylvie Guillaume...

Depuis juillet 2013, des négociations se sont ouvertes entre l'Union européenne et les Etats-Unis sur un partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, plus connu sous les sigles TAFTA ou TTIP.

Cette perspective soulève de nombreuses et légitimes interrogations chez les Français. Pour leur permettre de faire un choix éclairé le 25 mai prochain, chaque formation politique doit faire connaître sa position. La nôtre repose sur une analyse exigeante qui ne saurait se contenter d'une posture facile et électoraliste, consistant à se réfugier dans le rejet pur et simple d'un accord commercial… qui n'est en rien finalisé.

Notre vision de la mondialisation, c'est le juste échange. Celui où la protection sociale, nos préférences collectives dans la santé ou l'environnement sont défendus et non bradés au profit du «tout marché» et du libre échange.

4401419_3_ef63_le-traite-transatlantique-tafta-vise-a_6a181.jpgNotre position sur cet accord est claire et ferme : avec pragmatisme nous devons évaluer les potentialités d'un accord géostratégique mais, avec vigilance nous devons également mesurer les risques qu'il pourrait faire courir à l'Europe et ses citoyens. Parce que nous sommes des Européens convaincus, nous savons que c'est à l'échelle de l'Union que nous devons dialoguer avec les Etats-Unis alors que l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) est en panne.

Nous n'en sommes qu'au tout début des discussions. Notre exigence est que toute la transparence soit faite sur les négociations. Notre candidat à la présidence de la Commission européenne, Martin Schulz, est le seul à avoir pris l'engagement, s'il est élu, de demander la publication complète du contenu des échanges entre les deux parties et de former un groupe de travail rassemblant société civile, experts et syndicats.

Cette longue période qui s'ouvre nous permettra d'organiser un débat de fond, démocratique, public et transparent avec les acteurs de la société civile et les partenaires sociaux.

A l'heure de la compétition entre Etats-continents, nous devons examiner lucidement les perspectives de débouchés porteurs d'activité et d'emplois pour nos économies. A l'heure des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), nous devons jouer notre carte dans la définition des normes et standards mondiaux de biens et services. L'Europe a vocation à peser de tout son poids pour réguler la mondialisation et faire valoir ses intérêts.

N'est-il pas temps de nous battre pour que les Etats-Unis appliquent enfin les normes de l'Organisation Internationale du Travail ? N'est-il pas temps d'imposer aux Etats-Unis une réelle réciprocité ? Les marchés publics européens sont ouverts à 85% aux entreprises étrangères, ceux des Etats-Unis ne le sont qu'à 35%. Le juste échange que nous défendons vise à assurer un rééquilibrage des échanges pour que l'Union européenne ne soit pas «l'idiot utile» de la mondialisation.

A l'initiative des socialistes français, les services audiovisuels, la Culture ainsi que la Défense ont déjà été exclus du champ de la négociation. Nous demandons le respect d'un haut niveau de protection de l'environnement et des normes sociales en vigueur dans l'Union européenne. Nous exigeons de la Commission européenne qu'elle respecte scrupuleusement le mandat qui lui a été confié. Il ne pourra être question de bœufs aux hormones, de poulets javellisés, ou de remise en cause du principe de précaution sur les OGM ou le gaz de schiste. Pour les socialistes français et européens, l'accord conclu au terme de ces négociations devra respecter nos choix de société, nos modes de vie et notre modèle social.

réustmalo-700x300Nous serons intransigeants sur nos normes sociales, environnementales et sanitaires européennes, comme nous l'avons été, pour les droits et libertés des Européens en rejetant l'accord commercial anti-contrefaçon (ACTA). Cet accord devra être avantageux pour les deux parties et pour l'ensemble des citoyens européens, ou il ne verra jamais le jour !

C'est pourquoi nous avons formulé les exigences suivantes qui conditionneront notre vote :

  • la non-introduction d'un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et Etats qui permettrait à une entreprise étrangère de contourner les juridictions nationales pour attaquer un pays devant une Cour internationale d'arbitrage si elle estime qu'une loi a lésé ses intérêts. Les multinationales ne doivent pas obtenir plus de garanties que les politiques publiques !
  • la non remise en cause de nos choix de société en matière d'éthique, de droit du travail, de santé et de sécurité alimentaire qui constituent nos « préférences collectives » et fondent le modèle social européen ;
  • la protection des données personnelles ;
  • la préservation des indications géographiques comme les appellations d'origine contrôlée (AOC) ;
  • la protection de la propriété industrielle et intellectuelle ;
  • la préservation de la qualité des services publics.

Nous défendrons cette position en exerçant notre devoir de vigilance et notre pouvoir d'influence tout au long des négociations.

Nous continuerons à faire entendre notre voix grâce à un triple verrou démocratique : les chefs d'Etat et de gouvernement, les parlements nationaux des 28 Etats-membres et le Parlement européen devront chacun se prononcer pour ou contre ce Traité à la fin du processus.

Candidats à l'élection européenne du 25 mai prochain, nous prenons un engagement clair et ferme : si l'une de nos exigences n'était pas respectée, nous, socialistes français, prendrons nos responsabilités et rejetterons cet accord.

Signataires : Pervenche Berès, Guillaume Balas, Vincent Peillon, Sylvie Guillaume, Edouard Martin, Catherine Trautmann, Isabelle Thomas, Emmanuel Maurel, Jean-Paul Denanot, Karine Gloanec-Maurin, Virginie Rozière, Eric Andrieu, Gilles Pargneaux, Claude Roiron, Philippe Le Constant, Marie-Claude Tjibaou.

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 14:50

AlstomL’entreprise Alstom est extrêmement importante pour l’avenir industriel de la France.

Elle intervient dans deux secteurs clefs. Le ferroviaire, en particulier  avec le TGV qui est une vitrine internationale de la technologie française. Et l’énergie avec les turbines, les éoliennes et les hydroliennes.

Comment ne pas mesurer qu’il s’agit d’activités stratégiques, importantes pour l’indépendance nationale ?

Le carnet de commande d’Alstom est garni même si les politiques  d’austérité européennes ont plutôt diminué les investissements  et, du coup, réduit les commandes alors que les discours sur la transition énergétique fleurissent sans se traduire dans les faits. L’entreprise traverse des difficultés financières, mais nul ne mets en cause sa viabilité.  

Alors tout doit être fait pour sauver l’unité des activités d’Alstom et la capacité de notre pays à peser  sur les orientations de cette grande entreprise qui joue un rôle majeur  dans des filières décisives de notre industrie.

Il faut très rapidement que l’Etat acquière du capital d’Alstom pour pouvoir directement être associé aux choix stratégiques.  

Et qu’on arrête de nous dire que nous n’en avons pas les moyens. A supposer même, que ces moyens ne soient pas disponibles avec la BPI et la Caisse des Dépôts et Consignations, chacun voit bien qu’emprunter à moins de 3 pour cent pour acquérir des actifs ne pose pas de réels problèmes.  D’autant que ces actifs ont un rendement bien supérieur à ce taux de prêt !!

Il faut donc afficher très rapidement une détermination politique absolue pour stopper toutes velléités de vente à la découpe d’un des fleurons de l’industrie française.

On a déjà suffisamment laissé filer nos grandes entreprises sous domination étrangère, avec des effets catastrophiques sur l’emploi et la désindustrialisation du pays. Et ce, par le biais des privatisations qui ont constitué une fragilisation majeure de nos capacités productives.

Ainsi le préalable est l’entrée de l’Etat au capital mais sans doute aussi de mobiliser de grandes entreprises AREVA, Thales, Safran.

Ensuite, il est bien sûr utile qu’Alstom puisse nouer des partenariats avec d’autres acteurs mondiaux intervenant dans le champ de l’énergie, qui est actuellement à coup sûr le plus stratégique.

Si l’Europe était cohérente et appuie la création de géants européens capables de s’affirmer avec force  sur les marchés mondiaux, une alliance avec Siemens  aurait du sens. Mais l’on peut craindre qu’en l’état actuel des textes et politiques de l’UE, tout rapprochement entre Alstom et Siemens soit accompagné d’exigences de réduction du périmètre de certaines activités, des ventes partielles au motif de garantir la concurrence intra européenne et de combattre des tendances monopolistiques.  Aussi paradoxalement, et c’est d’ailleurs l’une des grandes critiques que l’on doit faire à l’actuelle union européenne l’alliance européenne est à haut risque.  Et tous les discours sur l’airbus de l’énergie seront  des rideaux de fumées tant que les traités, les directives sur la concurrence et les aides d’état ne seront pas radicalement modifiées. Ce qui ne semble pas – hélas être à l’ordre du jour. Alors ne soyons pas dupes !

Sans compter que lorsque je parle d’alliance, de partenariat, de rapprochement, je n’imagine pas le rachat par Siemens  de la branche énergie d’Alstom tandis que la France ne conserverait que le ferroviaire. Au passage, le ferroviaire sans les commandes publiques françaises serait bien fragile aussi aucun étranger ne va s’y aventurer. Mais surtout le gros du chiffre d’affaire et l’avenir se jouent dans l’énergie, d’où  l’intérêt des prédateurs.  

Le problème est différent avec général électrique, entreprise américaine présente en France, avec laquelle Alstom avec le site de Belfort a déjà nouer des accords. Car Alstom doit pouvoir élargir dans le champ de l’énergie sa capacité d’intervenir hors de l’union européenne.

Mais, pour l’heure ce qui se joue avec General Electric n’est pas non plus une alliance stratégique, mais bel et bien un rachat et ce n’est pas acceptable pour la France.

L’Etat n’a pas craint d’entrer au capital de Peugeot en même temps qu’un constructeur chinois. A coup sûr si le capital d’Alstom devait  être ouvert à divers partenaires étrangers, le capital public devrait permettre à l'Etat de sauvegarder l’intérêt national, les sites, la technologie et l’emploi en France.

Alors, le Président de la République doit mesurer que le gouvernement sont en face d’un choix quasiment historique au regard du redressement productif et industriel du pays et ne  pas craindre l’indispensable audace.

Obama n’a su nationaliser General Motors pour la sauver, la France doit mettre toute ses forces  à conserver dans le giron national les deux branches d’Alstom.

François Hollande n'a pas répondu à l'attente des Français pour sauver Alstom

Marie-Noëlle Lienemann s’inquiète le 6 mai du traitement qui semble réservé par l’exécutif au dossier Alstom, pourtant essentiel pour l’avenir industriel de la France, la maitrise de technologies majeures pour l’avenir, la transition énergétique, pour l’emploi et les salariés.

hollande_bourdin_06-05-2014.jpgInterrogé sur BFM TV, le président de la République a indiqué que la France avait “suffisamment de moyens de pression” pour obtenir une meilleure offre, souhaitant “faire en sorte que les offres soient enrichies en termes d’emplois”. “Le rôle de l’Etat, c’est d’obtenir des réponses à toutes les questions et faire en sorte que l’intérêt national puisse être préservé”.

A un mois de l’échéance, ces déclarations semblent tout à fait lénifiantes au regard de l’importance des enjeux et de l’urgence de la situation.

Le Président n’aborde pas d’autres voies que celle du dialogue avec d’éventuels repreneurs et en aucune façon, une stratégie permettant de préserver l’unité du groupe entre sa branche transport et celle de l’énergie. Par ailleurs, il n’indique à aucun moment la volonté de garantir que pour ces deux entités, la maitrise des choix industriels et des investissements d’avenir comme des brevets et des futures implantations demeurera française.

Or cette entreprise est un acteur clef de l’avenir industriel de la France. La production d’Alstom dans les turbines, les éoliennes et les hydroliennes permet de développer des innovations utiles au pays tout comme elle est favorable à l’exportation de technologies environnementales. Or c’est l’un de nos grands fleurons nationaux qui est en passe de partir sous contrôle étranger.

Le président de la République aurait dû  poser clairement le principe de l’entrée du capital public afin de garantir l’avenir et l’unité d’Alstom.  C’est la seule façon d’engager  une stratégie inscrite dans la durée qui assure développement de l’entreprise tant par le soutien aux technologies d’avenir que par la diversification de ses exportations. Si des partenariats industriels peuvent être noués ils ne doivent pas avoir pour conséquence le passage sous contrôle étranger d’un secteur industriel clef pour la France sauf à valider la poursuite du déclin industriel du pays.

10 ans après la prise de participation de l’Etat à hauteur de 21% du groupe, malheureusement dilapidée 2 ans plus tard suite à une revente de ses parts à Bouygues, Marie-Noëlle Lienemann demande au Président de la République d’assurer une prise de contrôle décisive par du capital public et national pour sauver Alstom.

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 21:20

Retrouvez cette tribune dans Le Monde lundi 28 avril et sur lemonde.fr

Par Emmanuel Maurel, vice-président de la Région Île-de-France, membre du Bureau national du PS

En désignant le « monde de la finance » comme « notre adversaire », le candidat à la présidentielle François Hollande avait fait preuve d’un salutaire bon sens. Ce n’est pas à la masse des citoyens de payer les errements et les fautes des principaux responsables de la crise. D’où son mot d’ordre de campagne, le « redressement dans la justice ».

L’indispensable redressement du pays – celui de l’emploi, de notre appareil productif, et secondairement de nos comptes publics – allait de pair avec la lutte, consubstantielle au projet historique de la gauche, contre les inégalités sociales largement aggravées après dix ans de politique de droite.

Ce mot d’ordre, qui a conduit à la victoire de 2012, battait en brèche la thèse libérale de « la préférence française pour le chômage », qui laisse à penser qu’il faudrait arbitrer entre efficacité économique et justice sociale, entre production et redistribution, entre offre et demande. C’est la fierté des socialistes de ne pas être tombés dans le piège tendu par une partie de la droite française selon laquelle, pour faire baisser le chômage et restaurer les marges de nos entreprises, il faudrait sacrifier une protection sociale de qualité, un droit du travail protecteur, des services publics utiles et enviés par nombre de nos voisins.

Nous avons gagné en tenant bon sur cette idée forte : la compétitivité est fille de la cohésion sociale. Rien ne saurait être plus vain et plus néfaste que de s’engager dans une course au moins-disant social. Et cela vaut aussi pour l’Europe. En faisant de la réorientation de la construction européenne une priorité française, le président de la République rappelait que l’Union ne survivrait pas à la compétition généralisée et à l’austérité à perpétuité.

Emmanuel_Maurel_CN.jpgUNE POLITIQUE ÉCONOMIQUE DÉSÉQUILIBRÉE

Deux ans après, je considère que les analyses et les préconisations du chef de l’État étaient les bonnes. Et je regrette, comme nombre de socialistes, qu’il s’en soit éloigné. Nous menons une politique économique déséquilibrée. Le pacte de responsabilité et le plan d’économies annoncé la semaine dernière par le nouveau premier ministre, Manuel Valls, en témoignent.

La logique de ce pacte repose sur un postulat aussi simple que contestable. Le « coût du travail » pèse sur les entreprises. Pour aider celles-ci à restaurer leurs marges et à embaucher plus tard, il faut donc baisser les cotisations sociales et réduire les impôts sur les sociétés. Pour financer ce manque à gagner pour l’État, le gouvernement avait dans un premier temps augmenté la fiscalité indirecte. Il propose aujourd’hui de faire des économies, ce qui ne manquera pas de réjouir une Commission européenne finissante qui ne jure que par les « réformes de structures » et la baisse des dépenses publiques.

Le premier problème posé par ce pacte, c’est que les aides aux entreprises ne sont ni ciblées ni conditionnées. Ainsi, toutes bénéficieront des largesses de l’État, qu’elles soient ou non soumises à la concurrence internationale, qu’elles soient artisanales ou multinationales, en difficulté ou florissantes. Un exemple : le secteur de la grande distribution touchera près de 3,5 milliards d’euros du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), soit presque autant que l’industrie. Dans ce cas, l’effet d’aubaine joue à plein.

Le deuxième problème, c’est que la seule contrepartie identifiable au pacte de responsabilité, c’est l’extrême rigueur budgétaire. Les sommes engagées en faveur des entreprises sont ainsi compensées, quasiment à due concurrence, par les budgets de l’État, des collectivités et de la Sécurité sociale. A supposer que cette « politique de l’offre » se justifie au regard de la situation objective des entreprises, la baisse des investissements dans le service public national et local peut avoir une conséquence grave : déprimer un peu plus la demande intérieure. Et donc casser la timide reprise de la croissance observée ce semestre.

Mais il y a plus préoccupant encore. Ce sont les salariés et les ménages, y compris les plus défavorisés, qui financent la baisse des cotisations et des impôts pour les entreprises. Cinq millions de fonctionnaires, quinze millions de retraités et huit millions de pauvres – dont les revenus seront à peine revalorisés, contrairement à ce que prévoyait le « plan pauvreté » présenté récemment par l’ancien premier ministre Jean-Marc Ayrault – sont ainsi mis à contribution.

LA PROTECTION SOCIALE EST MENACÉE

Emmanuel_Maurel_Le_Monde.jpgLe risque, c’est évidemment la précarisation du monde du travail. Risque d’autant plus élevé que le financement de la protection sociale est menacé, avec un total des baisses de prélèvements – cotisations patronales, salariales, cotisation sociale de solidarité des sociétés – de près de 15 milliards d’euros.

Alors disons-le brutalement. Pour une personne de gauche, la question sociale ne saurait se résumer à la lutte pour l’emploi. Nous ne pouvons accepter de nous laisser enfermer dans un débat autour de la seule question de « l’efficacité ». Quand bien même il y aurait baisse du chômage, si la politique économique menée plonge des millions de travailleurs dans la pauvreté, si elle bride le pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes, si elle ne répond pas à la question cruciale des inégalités, alors l’échec politique et social sera au rendez-vous.

Il n’y aura pas de redressement sans justice. La réduction des déficits n’est pas un objectif politique en soi. En période de croissance atone, elle n’est pas forcément synonyme de relance de l’activité et de baisse du chômage. Comme le notait justement Arnaud Montebourg, ministre de l’économie, du redressement productif et du numérique, c’est même parfois l’inverse. Mourir guéri n’a aucun intérêt. Alors, restons vivants ! Pour ne pas étouffer la reprise, faisons le choix du pragmatisme.

A l’échelon européen, la France peut opposer au funeste pacte de stabilité une stratégie de relance fondée sur l’investissement et la construction de convergences sociales. En cela, nous serons en phase avec le programme du Parti socialiste européen, qui veut « imposer une nouvelle croissance » sur le continent. Dans l’immédiat, nous devons engager un rapport de force avec la Commission en lui signifiant notre refus de respecter dans les délais les critères de déficit restrictifs qu’elle nous assigne.

Au plan intérieur, la relance de l’investissement et de la consommation permettra d’accompagner le regain encore fragile de la croissance. Réservons les aides aux entreprises soumises à la concurrence internationale et aux secteurs d’avenir, renforçons les moyens de la Banque publique d’investissement (BPI), permettons aux collectivités territoriales d’innover localement et de préparer l’avenir.

NOTRE ÉLECTORAT ATTEND DES ACTES

Enfin, il est urgent d’agir pour le pouvoir d’achat. Il ne s’agit pas de faire des « gestes » ou d’envoyer des « signaux ». Notre électorat attend des actes. La réforme fiscale est un outil pour améliorer le quotidien des Français les plus modestes. Mais l’augmentation substantielle du smic lors de sa revalorisation annuelle et le dégel des salaires des fonctionnaires nous paraissent tout aussi nécessaires.

Le sursaut est possible : il est souhaité par nombre de parlementaires de gauche, par des dizaines de milliers de militants, par des millions d’électeurs. A l’occasion des élections européennes, les socialistes prétendent, avec raison, « imposer une nouvelle croissance ».

En montrant la voie, la France pourra s’enorgueillir d’avoir contribué à la rendre possible.

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 18:49

Dans le prolongement de notre courrier au premier ministre avant son discours de politique générale demandant un « contrat de majorité » et plusieurs inflexions, nous venons de saisir à nouveau Manuel Valls suite à l’annonce de son plan de baisses des dépenses publiques.

Paris, le 16 avril 2014,

lettrePM-700x300.jpgMonsieur le Premier Ministre,

Lors de votre déclaration de politique générale du 8 avril dernier, vous avez souhaité que les parlementaires soient respecté-e-s  et qu’en tant en tant qu’élu-e-s de la Nation, nous puissions contribuer pleinement à «l’expression de la souveraineté nationale».

Signataires, avec une centaine de députés du groupe socialiste, d’un texte proposant un « contrat de majorité » autour d’une réorientation des politiques menées jusqu’ici, nous revenons vers vous après notre première rencontre qui suivit immédiatement votre entrée en fonction.

Nous avons pris connaissance de votre déclaration du 16 avril et du plan d’économies. Il relève de notre responsabilité de vous préciser quels sont les choix que nous souhaitons défendre dans les prochaines semaines et les prochains mois.

Comme vous, nous connaissons les enjeux du redressement de la France. Nos propositions ont pour but de rechercher l’efficacité autant que la justice, et d’abord dans les actes.

* * *

  • En premier lieu, nous estimons dangereux économiquement, car conduisant à asphyxier la reprise et l’emploi, et contraire aux engagements pris devant nos électeurs, ce plan de 50 milliards d’économie sur la période 2015-2017. Au-delà de 35 milliards, nous croyons que reculs sociaux et mise à mal des services publics seront inéluctables. C’est dans ce cadre, et pour répondre à l’exigence de justice que nous nous opposons au gel des prestations sociales, qui atteindrait des millions de familles modestes. Elles ne sauraient être appelées à financer le pacte de responsabilité ou des mesures de pouvoir d’achat.
  •  Ensuite, pas plus qu’il n’y aura de croissance sans soutien au pouvoir d’achat, il n’y aura de croissance sans investissements publics. A cet égard, l’effort demandé aux collectivités locales (10 milliards sur 3 ans) fait courir le risque de briser l’investissement local (3/4 de l’investissement public). Nous disons oui aux économies de fonctionnement, non au gel des investissements. Nous souhaitons donc que soit lancé un appel à projets d’investissements de 5 milliards d’euros en direction des collectivités locales (logement, transports en commun, transition écologique…), particulièrement nécessaires pour les territoires les plus en difficulté, zones rurales, quartiers populaires etc., ce qui ramènera l’effort demandé aux collectivités locales à 5 milliards d’euros (et non 11 milliards).
  • Nous voulons aussi aller plus loin et plus vite sur le pouvoir d’achat : nous demandons un effort supplémentaire de 5 milliards d’euros pour le pouvoir d’achat, portant à 10 milliards l’effort global, et ce dès 2015. Nous devons agir plus efficacement pour la réduction des inégalités. La réforme fiscale en préparation devra œuvrer en ce sens et le plan pauvreté devra être financièrement sanctuarisé.
  • Enfin les emplois aidés doivent être amplifiés pour faire le tuilage avec ceux qui résulteront de nos politiques économiques : une enveloppe de 1 milliard d’euros devrait être débloquée pour 50 000 emplois d’avenir supplémentaires et un plan pour les chômeurs de longue durée.

* * *

Pour financer ces inflexions, nous défendrons l’idée d’ouvrir des marges de manœuvres nouvelles :

  • Au plan européen en présentant, dans le pacte de stabilité, une trajectoire plus crédible de réduction des déficits, prévenant ainsi les effets contre-productifs sur l’activité économique et les risques de recul des acquis sociaux. La France a déjà réalisé un effort considérable, en réduisant le déficit structurel (celui qui efface les à-coups de la conjoncture) de 3.9% à 1.7% en 2014. Il faut avant tout le stabiliser. C’est le retour de la croissance qui déterminera le passage de mois de 3% du déficit effectif. Ainsi, cet objectif de passer sous la barre des 3% pourrait être maintenu mais décalé dans le temps. Pour contribuer à le rendre crédible, nous rappelons que certaines dépenses (à commencer par la défense) devraient être extraites de cet indicateur.
  • Au plan national, en concentrant les aides aux entreprises. On peut faire mieux avec moins, en ciblant sur l’industrie, en obtenant des contreparties sérieuses et précises en matière d’investissement, et en conditionnant les aides pour éviter tout détournement de l’effort public vers les dividendes, les hautes rémunérations ou la finance. Nous proposons de ramener l’enveloppe CICE / baisse des cotisations à 20 milliards au lieu des 30 prévus. Nous défendrons l’idée d’une fusion du CICE et du CIR, dans un CICER régi par les principes du CIR élargi aux dépenses de modernisation des usines françaises (machines à commande numérique, robotisation…).

* * * * *

Nous formulons ces propositions dans un esprit de responsabilité et de loyauté tant à l’égard de l’exécutif que de nos électeurs, et d’un parlement réellement en mesure d’amender la loi en étant force de contre-proposition.

Elles guideront nos votes lors des grands rendez-vous que vous avez fixés avec le Parlement : Pacte de stabilité, programme national de réformes, collectif budgétaire, loi de finance et loi de financement de la sécurité sociale.

Dans l’attente d’échanger avec vous sur ces orientations qui pourraient conforter le contrat entre la majorité et l’exécutif que vous avez-vous-même appelé de vos vœux, nous vous prions, M. le Premier Ministre, d’accepter l’expression de notre haute considération.

Pouria Amirshahi, Laurent Baumel, Laurence Dumont, Fanély Carrey-Conte, Jean-Marc Germain, Daniel Goldberg, Jerôme Guedj, Arnaud Leroy, Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel, Pierre-Alain Muet, Marie-Lou Marcel, Philippe Nogues, Christian Paul

100 PS frondeurs

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 18:29

La sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann estime que le plan de 50 milliards d'économies présenté mercredi par Manuel Valls est "économiquement une aberration et socialement inacceptable et dénonce "une stratégie qui va plomber le pouvoir d'achat".

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