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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 09:09
Assemblée Générale "A gauche pour Gagner !" Val-d'Oise - mardi 10 novembre 2015

Chers amis, chers camarades,

Plusieurs mois ont passé depuis notre dernière rencontre à Gonesse fin juin, la campagne des élections régionales est lancée, le Parlement a ouvert le débat budgétaire sans que la plupart des membres de la majorité ne tiennent compte des orientations adoptées par le bureau national du Parti Socialiste cet été.

C'est une des dernières occasions d'entamer la nécessaire réorientation économique et sociale pour le dernier budget effectif du quinquennat qui a été passée par pertes et profits, éloignant encore plus nos partenaires politiques écologistes et de gauche du PS, qui ont pris le "référendum sur l'unité" lancé sans concertation et sans validation des instances nationales du PS par le premier secrétaire.

Vous l'aurez compris, le contexte est lourd et difficile. Il n'en est que plus nécessaire de nous revoir pour débattre ensemble et préparer nos actions.

Initialement prévue le jeudi 5 novembre (avant que la fédération ne convoque une AG de l'UDESR le même jour), nous vous proposons de réunir l'Assemblée Générale valdoisienne de la motion B "à gauche pour gagner !" le

MARDI 10 NOVEMBRE 2015
à 20h30
dans les locaux de la fédération du Val-d'Oise du Parti Socialiste
19, rue Francis-Combe à Cergy

L'ordre du jour :

  1. situation politique nationale et départementale ;
  2. point sur les élections régionales ;
  3. activités du courant à programmer à partir de janvier 2016 ;
  4. questions diverses.

Nous partagerons en fin de réunion le verre de l'amitié (comme à chaque fois, c'est participatif, donc n'hésitez pas à apporter quelque chose à partager).

Amitiés socialistes,

Frédéric FARAVEL
mandataire fédéral de la motion B

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 01:00

Paris, le 19 octobre 2015

Cher Jean-Christophe,

Nous t’avions fait part de notre perplexité devant l’initiative du référendum «sur l’unité de la gauche et des écologistes». Aujourd’hui, comme nous le pressentions, rien n’est réglé. L’objectif de l’unité est vital, mais ton diagnostic est erroné et, plus grave, il enferme le parti socialiste dans une attitude défensive et impuissante. C’est la déception qui produit la dispersion à gauche. C’est la perte du soutien populaire qui nous rend vulnérables à toutes les tentations de dispersion.

Le reste n’est que littérature. Pour résister à ce que tu nommes le «bloc réactionnaire», il va nous falloir bien d’autres arguments, et surtout, parce que nous sommes au pouvoir, savoir parler à la France, à l’électorat de la gauche, agir pour le défendre, et non pas l’oublier et l’humilier. Ne cherchons pas ailleurs les responsabilités. A s’étonner des conséquences sans traiter sérieusement les causes de ses divisions, la gauche française s’enferre et s’enterre.

La diversion ne répond pas à la division. Concentrons-nous sur l’essentiel. Dans ces semaines qui précèdent un rendez-vous démocratique décisif en décembre, le Parti Socialiste doit remplir son rôle de parti majoritaire, défendre nos orientations dans le débat budgétaire, donner du sens et de l’ambition à la dernière loi de finance de cette législature. Nous devons convaincre que l’heure est à une profonde réforme de justice fiscale, pour le pouvoir d’achat et le soutien à l’économie, à soutenir l’investissement public local ou à élargir le champ de la taxe sur les transactions financières. Nous le faisons dans l’hémicycle avec beaucoup d’autres députés comme l’a montré Jean-Marc Ayrault. Le Premier secrétaire, pourtant dépositaire de la feuille de route adoptée le 27 juillet dernier par le Bureau national, devrait être en première ligne.

Dans ce même moment, les graves événements qu’a connus Air France appellent de la part de notre parti un engagement clair et ferme en soutien des salariés visés par un plan social de grande ampleur. Là encore, à paraître absent ou indifférent, le PS se priverait de ce lien historique avec les salariés français qui est sa marque historique et l’une de ses raisons d’être.

Nous n’avons rien fait pour gêner ce référendum, nous y avons même participé, par solidarité avec les camarades envoyés ainsi sous la mitraille, sur les marchés et à la porte des gares, et avec nos candidats que cette initiative a plus gênés qu’encouragés !

Nous avons une autre ambition pour le parti de Jaurès et de Blum, de Mitterrand et de Jospin. Les coups de pub ne remplacent jamais les processus politiques de fond.

Pour sauver la gauche, et pour redonner au Parti socialiste une capacité à mobiliser et à dialoguer, il est temps de s’adresser loyalement à toute la gauche, à la «grande gauche» de 2012, aux citoyens comme aux partis. Elle n’a pas disparu. Il n’y aura pas de nouvel Epinay sans elle, toute entière. Nous ne participerons pas à des démarches factices, avec pour béquilles, deux ou trois formations éphémères, qui participent plus à la confusion qu’à l’union.

Nous regrettons qu’au moment où l’unité est notre préoccupation commune, si peu de temps soit consacré à assurer le rassemblement des socialistes. Il t’appartient de veiller personnellement à ce que, partout en France, les listes régionales soient combatives et justement représentatives de ce que nous sommes.

Soucieux, comme tous les socialistes de l’unité de la gauche, nous prendrons toute notre part dans les discussions qui doivent s’ouvrir sans tarder avec l’ensemble de nos partenaires, sans exception.

Nous te prions d’accepter, cher Jean-Christophe, l’assurance de nos sentiments les meilleurs.

Christian Paul, Pouria Amirshahi, Guillaume Balas, Laurent Baumel, Marie Bidaud, Stéphane Cahen, Fanélie Carrey-Conte, Philippe Casier, Lauriane Deniaud, Gérard Filoche, Jérôme Guedj, Benoît Hamon, Régis Juanico, Christophe Le Foll, Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel, Elodie Schwander, Isabelle Thomas, Jean-François Thomas et Geneviève Wortham

Après le "référendum", lettre des membres du BN "à gauche pour gagner" au Premier secrétaire
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16 octobre 2015 5 16 /10 /octobre /2015 11:08
Emmanuel Maurel sur RFI le vendredi 16 octobre 2015

Emmanuel Maurel sur RFI le vendredi 16 octobre 2015

Emmanuel Maurel était ce matin l'invité politique de Frédéric Rivière à 7h50 sur RFI.


Emmanuel Maurel: «La division de la gauche... par rfi

Le référendum au PS sur l'unité de gauche  a été évoqué : il a rappelé que cette unité était nécessaire pour conserver des régions à gauche qui oeuvre en faveur des habitants, mais que la division était née de la déception créée par la politique gouvernementale, qui a rompu avec nos engagements de 2012 "le redressement dans la justice sociale" pour leur préférer une orientation libérale, exaspérant nos partenaires politiques et éloignant de nous nos propres électeurs.

« Moi, je réponds oui. Evidemment qu’il faut l’unité la plus large possible dès le premier tour. Le problème, c’est qu’il y a une question subsidiaire, c’est comment on en est arrivé là ? Comment on en est arrivé à un tel état de division. Et parmi les réponses possibles, il y a quand même celle-ci, c’est que je pense que la division, elle naît de la déception. Il y a une déception par rapport à la politique que l’on mène depuis maintenant 2012… »

L'enjeu n'est pas aujourd'hui de savoir combien de personne participeront à une consultation dont les résultats sont déjà connus à l'avance, mais de réorienter au plus vite les actions menées, car aujourd'hui non seulement elles ne sont pas conformes à nos engagements, mais elles n'apportent pas les résultats attendus par leurs promoteurs.

La question du conflit social à Air France a également été abordée, Emmanuel Maurel réclamant que les mises à pieds des salariés mis en examen soient suspendues tant que la justice ne s'était pas exprimé sur leur cas ; la violence sociale n'est pas nouvelle, nous sommes dans un contexte où une partie du pays est "à cran" et il faut également considérer la violence que constitue 2900 suppressions de postes, dans un rapport déséquilibré entre les efforts déjà réalisés par les salariés et l'attitude de la direction.

Enfin, sur la crise des réfugiés, Emmanuel a estimé que l'union européenne allait dans le bon sens, regrettant cependant que le concept de solidarité, qui est à la base du projet d'intégration européenne, soit de plus en plus difficile à mettre en oeuvre : on n'hésite pas à sanctionner un petit pays comme la Grèce lorsqu'il "contrevient" aux cadres budgétaires imposés par des traités ineptes, mais aucune sanction n'est envisagée lorsque la Hongrie pose des barbelés à sa frontière ou quand la Slovaquie exige de n'accueillir que des Chrétiens.

 

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 14:39
Déclaration d’«À Gauche, pour gagner !» sur le référendum "pour l'unité aux régionales"

Le Premier secrétaire du Parti socialiste a pris la décision d’organiser un référendum pour favoriser l’unité de la gauche dès le premier tour des prochaines élections régionales. Il l’a annoncé à la fin du récent conseil national.

 

Nous n’en contestons pas l’objectif : l’unité de la gauche a toujours été un capital commun précieux pour battre la droite et l’extrême-droite. C'est pour nous une préoccupation majeure car sans unité, les risques de défaite sont majeurs. Pourtant, les majorités d’union ont bien travaillé ensemble, et nous regrettons que EELV et les composantes du Front de Gauche n’aient pas assumé avec fierté leur bilan dans plusieurs régions. C’est pour eux comme pour nous, une dérive suicidaire.

 

Mais nous observons les risques pris par cette décision très personnelle qui télescope les campagnes régionales, leurs calendriers, voire les relations locales établies avec les autres partis de la gauche.

 

Pour convaincre les concitoyens et nos partenaires, l'intention unitaire et le souci de rassemblement doivent être mis en œuvre au sein du PS avec l'ensemble de ses composantes. Seuls, nous n'avons cessé de proposer que notre parti prenne des initiatives pour réussir l'indispensable rassemblement de la gauche et des écologistes et permettre des convergences lors des choix parlementaires essentiels, sans que rien de significatif ne soit entrepris au niveau national.

 

Surtout, nous nous interrogeons sur l’efficacité de cette initiative improvisée pour réunir la gauche. Son caractère artificiel est pointé du doigt par beaucoup.

Surtout, rien n’indique qu’elle crée les conditions politiques du rassemblement.

 

La méthode ne convainc pas, car le diagnostic n’est pas le bon.

Le mal est profond. En 2012, la « grande gauche » s’est réunie pour permettre l’élection de François Hollande. Depuis les élections municipales, nous alertons sans relâche sur les conséquences de l’effritement de la majorité, à chaque étape.

Il est visible que la gauche n’a jamais été aussi faible et divisée depuis la fondation du PS en 1971. C’est vrai des alliances, c’est surtout évident de notre socle électoral.

 

Notre électorat se disperse beaucoup vers l’abstention, un peu vers d’autres votes à gauche, mais plus grave, aussi vers l’extrême-droite.

A persister, par aveuglement ou pour d’improbables calculs, dans des politiques qui ne marchent pas - comme le confirment encore ce mois-ci les chiffres du chômage-, le gouvernement crée les motifs des prochaines défaites.

La perte de repères et la surenchère libérale dans nos propres rangs font le reste.

 

Certes, les citoyens de gauche préfèrent l’unité à l’émiettement. Ils savent bien qu’ils sont les premières victimes des alternances locales. Mais ces menaces ne suffisent pas à rassembler. L’urgence reste à coup sûr de réduire les motifs de doute, de déception et de désaffection.

C’est cette déception qui depuis 2014, conduit à chaque élection le PS à la défaite et parfois localement à la disparition.

Désormais, beaucoup se résignent à ce que gouverner signifie décevoir. Cette démission ne sera sûrement pas l’élixir de nos victoires !

Bien au contraire, nous devons sans retard désormais, et sans attendre la fin de ce quinquennat, redonner du courage, des convictions et des couleurs à la gauche de gouvernement. Pour cela, sans artifice et devant les Français, engageons les réformes attendues et que toute la gauche peut porter.

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 10:46
Emmanuel Maurel en commission Commerce international réagissant à la présentation du rapport Keller

Emmanuel Maurel en commission Commerce international réagissant à la présentation du rapport Keller

Ces dernières semaines, j’ai œuvré au suivi du rapport de ma collègue verte Ska Keller sur le rôle de l’Union européenne dans le cadre des Nations Unies. En tant que responsable du groupe des socialistes européens sur ce dossier, j’ai pu largement influencer le texte final du rapport, qui a été voté ce mardi en commission du Commerce international. Considérant que la politique commerciale de l’Union européenne ne doit pas uniquement répondre à des motivations économiques, mais qu’elle doit aussi faciliter la réalisation des engagements pris à l’échelle de l’ONU, j’ai fait en sorte que le rapport Keller intègre plusieurs de mes réflexions.

L’Union européenne est la principale alliée des Nations Unies: elle considère – à juste titre – l’ONU comme le forum le plus à même de répondre aux défis globaux auxquels notre planète est confrontée : changement climatique, flux migratoires, pandémies, paradis fiscaux… Trop souvent, cependant, son action extérieure et sa politique commerciale ne sont pas en adéquation avec les objectifs dont elle se réclame. C’est, par exemple, la raison pour laquelle j’ai déposé des amendements destinés à rappeler à la Commission européenne l’impératif de «décarbonisation» de notre économie, difficilement compatible avec sa politique de multiplication des méga-accords commerciaux, qui plus est à quelques mois de la COP21 de Paris.

De même, aux côtés de mes collègues de gauche (socialistes, verts, gauche «radicale»), je me suis employé à faire voter des amendements de nature à replacer la notion de «juste échange» au cœur de la politique commerciale de l’UE. Les accords commerciaux de l’UE ne doivent pas contribuer au pillage des pays les moins développés. Au contraire, ils doivent servir à contribuer à leur développement, à lutter contre la pauvreté, et à améliorer l’accès à la santé des populations. A cet égard, je me satisfais que mes collègues parlementaires aient voté mon amendement qui appelle à la mise en place d’une taxe sur les transactions financières qui puisse, en partie, être reversée aux pays les moins avancés. Il est également rassurant que, même s’il ne s’agit que d’une résolution, la majorité des parlementaires semble décidée à aller plus loin pour s’assurer que les entreprises européennes installées dans les pays du sud (Afrique et Asie notamment) ne se rendent coupables d’aucune violation des droits de l’homme.

Malheureusement, la mobilisation de mes collègues en matière de protection sociale des travailleurs laisse à désirer. Alors que j’avais déposé plusieurs amendements destinés à promouvoir la notion de «travail décent» développée par l’Organisation internationale du travail (OIT) dans les accords commerciaux signés par l’UE avec des pays en développement, les parlementaires conservateurs se sont coalisés pour faire échouer ce vote. Une preuve supplémentaire, s’il en fallait, de l’hypocrisie de la droite européenne qui, ses larmes de crocodile à peine séchées sur la question des migrants, refuse d’assumer ses responsabilités en matière d’aide au développement économique et social des pays du sud.

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 14:58

Mediapart.fr - 21 SEPTEMBRE 2015 |  PAR PAUL ALLIÈS, membre du Conseil National du Parti Socialiste

Samedi 19 septembre se réunissait le Conseil National du Parti socialiste, autrement dit son parlement. Ce fut aussi le jour où le Premier secrétaire annonça la tenue d’un «référendum» pour exiger l’union de la gauche aux élections régionales. Or le parlement n’a pas débattu un seul instant de cette proposition.

Le Conseil national (CN) est ce qui reste de démocratique au sommet du PS : c’est l’assemblée où sont représentées toutes les opinions du parti à la proportionnelle des suffrages que leurs motions ont obtenus au congrès national (204 membres plus les Premiers secrétaires fédéraux). Selon les statuts, «entre deux congrès, la direction du parti est assurée par son conseil national» (art. 2.6.1.1.).  Il y a belle lurette que ce rôle a connu de fortes distorsions au profit du Bureau mais aussi du Secrétariat national. Le rythme des convocations du CN est un signe du plus ou moins respect du principe énoncé. Depuis sa nomination en avril 2014, Jean-Christophe Cambadélis a semblé revenir à la lettre des statuts (art. 2.6.4) qui demandent au Premier secrétaire d’«assurer le fonctionnement régulier des instances politiques et administratives du parti».  Il a réuni le CN plus qu’auparavant (tout en le fermant aux journalistes). C’est dans ce contexte que la séance de ce samedi marque un tournant : le CN est devenu un simple chambre d’écho à des initiatives décidées totalement en dehors de lui. On l’utilise pour donner l’illusion médiatique d’une décision collective. On passe de la démocratie représentative à la communication politique.

Rappel des faits : Le vendredi après-midi, veille de la réunion du CN, Jean-Christophe Cambadélis transmet aux représentants des motions (?) un projet de résolution (où il n'est pas question de référendum) devant être soumis au vote du CN. Le samedi, il n’en est plus question. Le débat sur les élections régionales est l’occasion d’une théâtralisation, inhabituellement agressive, des porte-parole de la majorité. La scène est ouverte par Alain Bergougnoux traquant les Jules Guesde masqués (à la gauche du parti ?)  dans la question des réfugiés (réplique de l’affaire Dreyfus) ; il fut relayé par un Henri Weber à la recherche de corrélations improbables entre réforme de l’Etat social et radicalisations des gauches en Europe (pour mieux relativiser ce phénomène) ; Christophe Borgel expliqua que l’intérêt des micro-appareils empêchaient, comme toujours, l’union des gauches pour les régionales (plutôt que la déception devant la politique gouvernementale) ; enfin Julien Dray, couvrant les décibels de la techno-parade défilant tout près de la Mutualité, appela à la mobilisation de la base contre la rigidité des appareils, comme dans les années 1980.

Puis, Jean-Christophe Cambadélis vint. Il fit d’abord litière de l’analyse de l’opposition (exprimée entre autres par Christian Paul) pour laquelle «le basculement opéré pendant ce quinquennat vers une politique d’inspiration sociale-libérale, tournant le dos aux engagements de la campagne de 2012, aggrave les fractures profondes au sein de la gauche française, et entre la gauche de gouvernement et son électorat.» . Voilà en effet bien posé le problème des obstacles à l’union. Le Premier secrétaire se contente d’opposer à ce diagnostic les propos de Pierre Laurent,secrétaire national du PCF (dans Le Monde du 18 septembre) qu’il cite mot pour mot : «A chaque fois qu’il est possible de prendre place dans un exécutif pour faire progresser les politiques publiques, je suis pour.» Preuve que même les communistes ne font pas de la question de la politique gouvernementale un préalable à des accords avec les socialistes. Du même coup, la demande de l’opposition de voir le texte de Jean-Marc Germain adopté à la quasi-unanimité du Bureau national le 27 juillet dernier demandant la réorientation d’une partie du Pacte de responsabilité vers les ménages et les collectivités locales ne sera pas débattue. Les «frondeurs» ne sont que «des minoritaires». Et Cambadélis de conclure par l’annonce du référendum. Celui-ci ne fait l’objet ni de la moindre explication politique, ni du moindre mode d’emploi (deux tweets et une réponse à la conférence de presse qui suit le CN donneront les premières indications), ni du moindre échange avec l’assemblée, ni du moindre vote. A l’évidence, l’annonce in extremis du référendum (faite au Monde avant de l'être au CN) servait à esquiver une foule de questions restées sans réponses : sur les déclarations de Macron, la ligne de l’Exécutif, la préparation du budget 2016, les problèmes internes dans la préparation des Régionales (dont les problèmes avec le PRG mais pas seulement).

Demeure donc le tournant pris concernant la vie démocratique dans le PS. Son parlement rejoint le statut de celui de la V° République, en pire (il continue à se réunir à huis clos). Son assujettissement à la stratégie de communication de la direction est un pas de plus dans la réduction du pluralisme dans ce parti. C’est peut-être même l’entrée dans le digital storytelling, ce récit formaté qui remplace le raisonnement rationnel. Christian Salmon l’avait analysé, il y a une décennie («Storytelling. La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits». La Découverte.) comme une arme des gourous du marketing pour mieux conditionner les citoyens. Dans la perspective de la campagne du "candidat par défaut" en 2017, Jean-Christophe Cambadélis vient d’y ajouter  un nouveau chapitre sur l’art et la manière d’anesthésier la démocratie militante et délibérative.

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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 10:28
Les conditions politiques du rassemblement

(Texte collectif de la motion B en contribution au débat du conseil national du PS du 19 septembre 2015)

La récente lettre de Jean-Christophe Cambadélis «à la gauche et aux écologistes» a un mérite : elle interpelle l’ensemble de la gauche sur un processus d’émiettement lourd de conséquences. Elle décrit l’orage qui arrive.

On pourrait y voir une figure imposée du discours politique. Les défaites se sont accumulées, d’autres s’annoncent. L’injonction à resserrer les rangs vient naturellement… Nous prenons le sujet comme il doit l’être : au sérieux, pas simplement comme une tentative désespérée à la veille des élections régionales.

Il n’y a pour aucun parti à gauche de salut solitaire. Il n’y a pas non plus vers le centre de majorité de rechange. Enfin il (re)devient clair que le rassemblement de la gauche est indispensable pour retrouver les chemins de la confiance et de la victoire. Débattre de ses conditions est autrement plus urgent que de décider, seul, prématurément, de l’abandon de la stratégie de « front républicain », face au risque de voir le Front National s’emparer de plusieurs régions.

Mais si la dispersion peut en effet conduire à la disparition, la dispersion a aussi ses raisons que le Parti socialiste ne peut plus feindre d’ignorer ou de minimiser. La déception crée la dispersion.

On doit bien sûr regretter que des élus qui ont travaillé ensemble à la tête de collectivités locales ne fassent pas le choix de défendre ensemble devant les électeurs leurs bilans honorables, ou s’enferment dans un sectarisme dangereux pour la gauche toute entière. Plus grave, les dernières élections locales l’ont démontré sans fard : la déception nationale balaie les beaux bilans de proximité. On ne peut plus nier que le basculement opéré pendant ce quinquennat vers une politique d’inspiration sociale-libérale, tournant le dos aux engagements de la campagne de 2012, aggravent les fractures profondes qui se sont creusées au sein de la gauche française, et entre la gauche de gouvernement et son électorat.

Réduire ces débats sur la politique gouvernementale à des désaccords techniques et secondaires, ou les subordonner au combat commun sur les «valeurs» que la gauche doit mener face à la droite et l’extrême-droite, c’est passer à côté des conditions essentielles du rassemblement. Et probablement, se condamner à perdre aussi la bataille culturelle, car si le parti au pouvoir doit mener la bataille des idées, il est aussi jugé sur ses actes.

Personne ne nie aujourd’hui l’ampleur historique des problèmes posés par la réémergence du fondamentalisme religieux, par les désordres géopolitiques, par les grandes migrations et les nationalismes xénophobes. Mais ces enjeux sont inséparables de l’aggravation des inégalités, et d’abord des inégalités sociales. Au nom du présent, comme de l’histoire politique et intellectuelle de la gauche, il n’est pas concevable de renoncer à faire de la justice sociale le fondement principal de notre engagement. L’idée selon laquelle la question des valeurs constitue le clivage central de la vie politique française ne résiste d’ailleurs pas à l’analyse : la majorité des couches populaires et moyennes partage cette conviction que la politique de la gauche au pouvoir ne contribue pas à améliorer leurs conditions de vie et à résoudre leurs problèmes essentiels. C’est la raison principale des défaites récurrentes subies depuis mars 2014.

Ajoutons qu’une offre de dialogue ne saurait être un ultimatum entre soumission ou marginalisation. Ceci vaut pour les partenaires du parti socialiste comme en son sein.

Disons-le sans détour : la confiance – gravement sapée aujourd’hui par l’exercice du pouvoir sur le mode autoritaire et par la discipline imposée sans débat à la majorité- ne pourra être véritablement rétablie sans que s’opère en préalable, à l’occasion du budget 2016, une réelle inflexion de la politique économique et sociale du gouvernement. Les propositions adoptées presqu’unanimement par le Bureau national du PS en juillet dernier constitue la base de travail opératoire d’une négociation utile avec le gouvernement et nos partenaires de gauche : redonner du pouvoir d’achat aux classes populaires en amorçant une vraie réforme de justice fiscale, relancer l’investissement des collectivités publiques, soutenir mieux les entreprises qui investissent et qui embauchent.

Si cette étape était franchie, il deviendrait possible, à nouveau possible, de reprendre le chemin du rassemblement des forces de gauche pour reconstruire un projet politique commun à vocation majoritaire, offrant aux Français une réponse crédible aux grands défis économiques, sociaux, écologiques, et européens de la période. Il deviendrait même à nouveau possible, pour incarner ce mouvement, de discuter d’un processus de primaires de tous les progressistes pour la présidentielle.

Il n’y a pas de raccourci : tout autre chemin faisant diversion, toute tentation d’acheter «à la découpe» telle ou telle formation de la gauche seront – à juste titre - perçus comme des leurres et n’engendreront pas la dynamique attendue, face au «bloc réactionnaire» qui se consolide. Le pire est sûr : la crainte du Front national ne suffit plus à rassembler la gauche.

Oui, le PS doit se dépasser. Oui, il peut contribuer de façon majeure à la refonte d’un projet progressiste et majoritaire. Mais il doit pour cela sortir de sa torpeur et de sa passivité, retrouver son indépendance, renouer avec ses fondamentaux, rompre avec le conformisme libéral pour prendre à bras le corps les nouveaux défis. Il doit aussi se redonner une exigence démocratique, pas pour lui seul, pas dans le huis-clos dans lequel il s’est à nouveau enfermé. Mais pour rendre possible l’engagement du peuple de gauche, de syndicalistes, de militants associatifs, d’intellectuels ou d’artistes, et d’abord la participation de citoyens motivés, qui ne viendront pas au secours d’un appareil muré dans ses certitudes. Cette «grande gauche» n’a pas disparu, elle attend une offre crédible.

Notre première tâche sera donc de défendre sans relâche au cours des semaines qui viennent les orientations de politiques économiques et budgétaires qui nous ont réunis au cours des derniers mois. C’est un nouveau test en grandeur réelle du respect des engagements pris, et de l’utilité de notre parti quand le suffrage des citoyens lui confie l’exercice du pouvoir.

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 10:33

Maurel_UEPS_2015_Fraternite_29-08-2015Devant une salle plénière peu fréquentée (les précédentes n'ayant pas non plus attiré les foules des années passées), ce qui rappelle la moindre mobilisation des militants pour cet université d'été 2015, les intervenants se sont succédés de manière inégale avant qu'Emmanuel Maurel ne conclut cette dernière plénière de l'université. Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu mis en ligne par le PS et la vidéo de la table ronde.

Latifa Ibn Ziaten, la mère du soldat assassiné par Mohammed Merah a ouvert les débats sur la fraternité, lors de la dernière plénière sur la République, samedi. Elle a livré un plaidoyer émouvant en faveur de l’éducation. « Si Mohammed Merah avait été bien élevé, bien éduqué, mon fils serait encore là. » Et aujourd’hui, elle est au chevet de ceux qui n’ont rien avec l’association « Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix » qu’elle a fondée. 

La fraternité est la dernière venue dans la devise de la République, a rappelé Sandrine Mazetier. Or, « la société de défiance percute la fraternité, ce ciment qui devrait nous rassembler ». Pour Yann Algan, économiste spécialiste du bien être, c’est une valeur essentielle, qui « ne se décrète pas ». « Nous sommes très loin de la fraternité en France », a-t-il souligné : « les Français se distinguent par leur défiance forte envers les institutions et les autres en général ». C’est un paradoxe, ils se disent heureux dans le privé, mais très méfiants envers ceux qu’ils ne connaissent pas. « Beaucoup considèrent qu’il faut être corrompu pour réussir, mais ne sont pas plus tendres pour les laissés pour compte puisqu’une majorité de Français estime que les chômeurs sont responsables de leur situation », a souligné l’économiste. En outre, « nous sommes encore dans une société très hiérarchique où nous n’apprenons pas la collaboration. » Mais il y a encore de l’espoir car « la fraternité se construit ». Cela commence « dès l’école », en encourageant le travail collectif, comme le fait Najat Vallaud-Belkacem dans sa réforme du collège, ce qui réjouit Yann Algan. 

Nacer Kettane président de Beur FM a jugé pour sa part que la fraternité n’était pas un penchant naturel de l’homme. Elle ne doit donc pas être « une posture », ni « une déclaration pieuse », mais se décliner en actes. Le président de SOS Racisme, Dominique Sopo a lui insisté sur la différence entre fraternité et solidarité, car « la fraternité n’attend pas de contreparties, c’est un effort éthique ». Il a constaté « un manque de mobilisation » de la société qui devrait « faire pression sur les politiques », notamment pour agir sur la situation des migrants. Il a estimé que cette « effondrement de l’imaginaire de la fraternité » était lié à la fois à un certain discours politique – Nicolas Sarkozy, entre autres, et ses nombreuses attaques contre des communautés pointées du doigt - et à une série de « nœuds passionnels », que l’on préfère mettre sous le tapis : la colonisation, les débats entre juifs et arabes, la question de l’islam etc. 

Nadia Bellaoui, secrétaire nationale de la Ligue de l’enseignement, a cité en exemple les associations comme « lieux où se construisent le mieux la fraternité ». « Pour que reculent les inégalités, il faut construire un rapport de force en faveur de la solidarité, développer un sentiment de responsabilité vis à vis de gens que l’on ne connaît pas », a-t-elle ajouté. Une œuvre forcément collective.  

Revenant sur les interventions de ses prédécesseurs, Emmanuel Maurel a contesté la vision de Nacer Kettane sur le penchant naturellement anti-fraternel des hommes. Il a abondé dans le sens de Dominique Sopo, différenciant fraternité, « je peux être heureux si les autres le sont », et solidarité, « l’Etat considère qu’il faut coopérer pour une société viable ». Il a ajouté qu’en France, « une politique fraternelle nécessitait une législation différente sur les étrangers ». Et en conclusion, il s’est interrogé sur la compatibilité entre la fraternité et la société capitaliste. Pour lui, « il n’y a pas de fraternité dans une société de marché dominée par les forces de l’argent, qui chosifie les gens ». La réponse socialiste « doit être fraternelle » et a une implication politique car elle passe par la régulation du marché. 


Université d'été 2015 : La République pour la... par PartiSocialiste

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 20:28
Emmanuel Maurel, lors des rencontres de la motion B à Marennes, le vendredi 28 août 2015

Emmanuel Maurel, lors des rencontres de la motion B à Marennes, le vendredi 28 août 2015

Emmanuel Maurel intervenait le vendredi 28 août 2015 à Marennes pour conclure les Rencontres de la motion B "à gauche pour gagner !"


Emmanuel MAUREL - Rencontres de Marennes 2015 par agauchepourgagner

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 19:34
Pierre Joxe, lors des rencontres de la motion B à Marennes, le 28 août 2015

Pierre Joxe, lors des rencontres de la motion B à Marennes, le 28 août 2015

Les jeudi 27 et vendredi 28 août 2015, la motion B "à gauche pour gagner !" organisait ses premières rencontres militantes. Deux demi-journées de débat et de formation, une soirée de convivialité et de fête... Le plaisir d'y recevoir et écouter des témoins phares du renouveau de la gauche en Europe, représentants Podemos et Syriza, ou encore Edouard Martin, député européen de Moselle, et Pierre Joxe, ancien ministre de François Mitterrand et ancien membre du conseil constitutionnel.

Retrouvez en cliquant ici l'ensemble des vidéos

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