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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 13:51
"Face à la Chine, n'abaissons pas nos défenses commerciales" - Tribune d'Emmanuel Maurel et Edouard Martin

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 23:05
Tribune de Christian PAUL dans Libération (29/10/2015) : «Coup de froid sur la démocratie»

La «fronde» socialiste exprime des désaccords de fond devant une politique qui ne marche pas, mais alerte aussi sur la faible qualité démocratique d’un pays gouverné sans que l’on prenne la peine de mobiliser la société.

Tout au long des dix années d’opposition, la gauche débordait d’imagination à propos des idéaux démocratiques qu’en France, comme en Europe, nous portions fermement comme étendards. VIe République, démocratie participative, primaires ouvertes, équilibre et séparation des pouvoirs, République européenne, nous les avons laissés sur le bord de la route. Osons les réveiller !

L’Europe d’abord. La démocratie européenne ne progresse plus. Comment la zone euro peut-elle agir dans la durée pour retrouver une croissance soutenable et riche en emplois, ou réagir en urgence en cas de crise, si son système de décision brutal échappe à la raison démocratique, au suffrage universel et au contrôle des citoyens européens ?

L’euro est désormais une cause commune de l’Europe, une res publica européenne. L’harmonisation fiscale, un budget pour la zone euro, une meilleure coordination des politiques macroéconomiques pour tourner la page de l’austérité, une souveraineté européenne assise sur des processus réellement démocratiques sont les conditions d’une solidarité efficace sans laquelle la crise grecque se renouvellera ailleurs avec une banale cruauté. Mais sans fondements démocratiques, en l’absence de légitimité directe, les Conseils européens montrent leur délétère défaillance. Les initiatives promises dans la chaleur de l’été 2015 sont encore attendues. Ceux qui croient dans l’Europe et ses progrès possibles demeurent plus nombreux qu’on ne le croit. Partout où la gauche se réinvente en Europe, comme en Grèce ou en Espagne, comme demain en France, je l’espère, l’appel à une démocratie européenne se fait entendre. Faute d’actes politiques à la hauteur de cette période historique, les annonces sans lendemain nous réduisent à ce que Villiers de l’Isle-Adam appelait «la torture par l’espérance». Le néolibéralisme s’en accommode volontiers.

La France ensuite. La colère populaire a succédé à la mélancolie démocratique des dernières décennies. Plus que le populisme, c’est l’aspiration à une démocratie de haute qualité qui nourrit cette déception et cette éruption. En France, la Ve République organisait à l’origine la stabilité. Aujourd’hui, elle permet une redoutable impunité. Pourtant, rien, en 2012, ne nous préparait à une gouvernance oligarchique. Je vois celle-ci chaque jour, meurtrière pour l’esprit public, la cohésion du pays, et pour ce que Pierre Rosanvallon, dans un ouvrage politique marquant de la période, nomme «le bon gouvernement» : «Nos régimes peuvent être dits démocratiques, mais nous ne sommes pas gouvernés démocratiquement.»

L’épisode récent du premier vote du budget 2016 l’illustre à l’extrême de trois façons. Le parti majoritaire a déserté sa fonction d’inspiration des choix. Le «glissement du côté de la fonction gouvernante» alimente le déclin des partis, dit justement Rosanvallon. Le PS s’est (enfin) prononcé, à plusieurs reprises, pour infléchir la politique économique, fiscale et budgétaire. Méprisées par le gouvernement, ces positions ne sont pas défendues par un appareil replié sur lui-même quand vient le moment des débats parlementaires.

Le gouvernement et le pouvoir technocratique vassalisent les parlementaires de la majorité, leur impriment une discipline via quelques relais zélés qui n’imaginent jamais, sauf quand ils sont dans l’opposition, que le temps du Parlement et celui de l’intelligence collective puissent réellement advenir.

Enfin, bien loin des pédagogies de Pierre Mendès France, rien ne vient éclairer le peuple souverain. Le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et le pacte de responsabilité, les décisions majeures du quinquennat, sont poursuivis à l’aveugle, sans bilan ni évaluation. Sans délibération collective digne de ce nom, car la démocratie sociale s’est fissurée.

Oui, un carré de députés de la majorité socialiste a refusé de voter ce budget. Ils expriment des désaccords de fond devant une politique qui ne marche pas, mais alertent aussi sur la faible qualité démocratique d’un grand pays, le nôtre, qui est gouverné sans que l’on prenne la peine de mobiliser la société, de l’interroger et de l’écouter sérieusement, de remettre les citoyens dans le circuit des décisions qui les concernent. Il en va ainsi du débat actuel sur le marché du travail, quand les sondages prennent les salariés en otage. Simplifier le code du travail : le oui est massif. Faciliter les licenciements : le non l’emporte largement. Cherchez l’erreur !

Certains moquent nos efforts, décrètent chaque mois la fin de ce qu’ils nomment la fronde, et qui devient un nouveau courant d’idées dans la gauche française. Nous continuerons, chaque fois que ce sera utile, à nous émanciper du conformisme. S’il y a fronde, terme que je ne revendique guère, c’est le sens à lui donner. Lanceurs d’alerte face à un dérèglement de nos institutions, nous dénonçons la verticalité illusoire du pouvoir. Face à la perte de confiance qui se confirme chaque fois qu’un engagement renié s’efface des agendas, et qu’un idéal se noie dans l’océan glacé du cynisme dominant.

Nous prenons date et nous tenons bon grâce à la conviction qu’un nouvel âge démocratique est possible, à condition de lui donner du souffle, de l’innovation, des formes nouvelles, quand les figures imposées des appareils traditionnels nous enferment. Seul cet espoir peut combattre avec succès la féroce poussée réactionnaire qui vient. En décembre, une nouvelle riposte civique s’imposera pour mettre en face du national-populisme toutes les forces disponibles, sans confusion ni tâtonnements. La menace du FN est trop réelle pour la contrer avec d’obscurs calculs. Pour y parvenir en 2017, l’offensive démocratique pour remettre la politique et la société en mouvement et les réponses sociales pour ne pas renoncer à l’égalité seront plus que jamais inséparables.

Tribune de Christian PAUL dans Libération (29/10/2015) : «Coup de froid sur la démocratie»

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 15:01
Portugal : soutenons la souveraineté du peuple portugais, refusons le déni de démocratie

Quand le peuple vote mal faisons comme s’il n’avait pas voté ? Ce triste adage qui prend trop souvent forme en Europe semble une fois de plus se dessiner chez nos voisins portugais. Après la clef-de-bras budgétaire en Grèce vient le temps des coups de force institutionnels au Portugal : il est venu le temps de dire STOP à cette ère post-démocratique que certains dirigeants et membres des institutions veulent imposer en Europe.

Alors que le peuple portugais a élu le 4 octobre dernier une gauche majoritaire en voix (52%) et en sièges au Parlement (122 députés de gauche contre 107 de droite sur 230), le Président de la République portugaise annonce reconduire le premier ministre sortant de centre-droit Pedro Passos Coelho. Dans le même temps, Antonio Costa – leader des socialistes portugais- avait réuni pour la première fois de l'histoire de la démocratie portugaise les forces de gauches  (PS : 32,4%, Bloc de Gauche (BE) : 10,2%, alliance écolo-communiste : 8,3%) derrière un gouvernement et un programme commun disposant d'une majorité parlementaire absolue de 122 sièges sur 230.

Le seul argument donné par le président pour refuser la mise en place d’un gouvernement soutenu par une majorité au Parlement tient à empêcher la participation à l’exécutif de forces politiques critiques vis-à-vis des institutions européennes alors que la plateforme programmatique ne prévoit nullement ni sortie de l’Euro, ni sortie de l’Union.

Nous ne pouvons rester inertes face à ce déni de démocratie : il en va du respect de la souveraineté populaire en Europe. Lorsqu’un peuple donne à son pays une majorité politique pour lutter contre l’austérité imposée en Europe, son vote doit être respecté.

Aussi, nous demandons aux socialistes français et européens de manifester avec force et détermination leur soutien envers le peuple portugais, Antonio Costa et la coalition de gauche qu’il a su rassembler. Il est temps qu'en Europe les socialistes et toute la gauche se mobilisent ensemble pour exiger une alternative à l'austérité et une réorientation de la construction européenne qui la rende à nouveau conforme aux valeurs démocratique et respectueuses de la souveraineté populaire.

Emmanuel Maurel, député européen

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris

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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 01:00

Paris, le 19 octobre 2015

Cher Jean-Christophe,

Nous t’avions fait part de notre perplexité devant l’initiative du référendum «sur l’unité de la gauche et des écologistes». Aujourd’hui, comme nous le pressentions, rien n’est réglé. L’objectif de l’unité est vital, mais ton diagnostic est erroné et, plus grave, il enferme le parti socialiste dans une attitude défensive et impuissante. C’est la déception qui produit la dispersion à gauche. C’est la perte du soutien populaire qui nous rend vulnérables à toutes les tentations de dispersion.

Le reste n’est que littérature. Pour résister à ce que tu nommes le «bloc réactionnaire», il va nous falloir bien d’autres arguments, et surtout, parce que nous sommes au pouvoir, savoir parler à la France, à l’électorat de la gauche, agir pour le défendre, et non pas l’oublier et l’humilier. Ne cherchons pas ailleurs les responsabilités. A s’étonner des conséquences sans traiter sérieusement les causes de ses divisions, la gauche française s’enferre et s’enterre.

La diversion ne répond pas à la division. Concentrons-nous sur l’essentiel. Dans ces semaines qui précèdent un rendez-vous démocratique décisif en décembre, le Parti Socialiste doit remplir son rôle de parti majoritaire, défendre nos orientations dans le débat budgétaire, donner du sens et de l’ambition à la dernière loi de finance de cette législature. Nous devons convaincre que l’heure est à une profonde réforme de justice fiscale, pour le pouvoir d’achat et le soutien à l’économie, à soutenir l’investissement public local ou à élargir le champ de la taxe sur les transactions financières. Nous le faisons dans l’hémicycle avec beaucoup d’autres députés comme l’a montré Jean-Marc Ayrault. Le Premier secrétaire, pourtant dépositaire de la feuille de route adoptée le 27 juillet dernier par le Bureau national, devrait être en première ligne.

Dans ce même moment, les graves événements qu’a connus Air France appellent de la part de notre parti un engagement clair et ferme en soutien des salariés visés par un plan social de grande ampleur. Là encore, à paraître absent ou indifférent, le PS se priverait de ce lien historique avec les salariés français qui est sa marque historique et l’une de ses raisons d’être.

Nous n’avons rien fait pour gêner ce référendum, nous y avons même participé, par solidarité avec les camarades envoyés ainsi sous la mitraille, sur les marchés et à la porte des gares, et avec nos candidats que cette initiative a plus gênés qu’encouragés !

Nous avons une autre ambition pour le parti de Jaurès et de Blum, de Mitterrand et de Jospin. Les coups de pub ne remplacent jamais les processus politiques de fond.

Pour sauver la gauche, et pour redonner au Parti socialiste une capacité à mobiliser et à dialoguer, il est temps de s’adresser loyalement à toute la gauche, à la «grande gauche» de 2012, aux citoyens comme aux partis. Elle n’a pas disparu. Il n’y aura pas de nouvel Epinay sans elle, toute entière. Nous ne participerons pas à des démarches factices, avec pour béquilles, deux ou trois formations éphémères, qui participent plus à la confusion qu’à l’union.

Nous regrettons qu’au moment où l’unité est notre préoccupation commune, si peu de temps soit consacré à assurer le rassemblement des socialistes. Il t’appartient de veiller personnellement à ce que, partout en France, les listes régionales soient combatives et justement représentatives de ce que nous sommes.

Soucieux, comme tous les socialistes de l’unité de la gauche, nous prendrons toute notre part dans les discussions qui doivent s’ouvrir sans tarder avec l’ensemble de nos partenaires, sans exception.

Nous te prions d’accepter, cher Jean-Christophe, l’assurance de nos sentiments les meilleurs.

Christian Paul, Pouria Amirshahi, Guillaume Balas, Laurent Baumel, Marie Bidaud, Stéphane Cahen, Fanélie Carrey-Conte, Philippe Casier, Lauriane Deniaud, Gérard Filoche, Jérôme Guedj, Benoît Hamon, Régis Juanico, Christophe Le Foll, Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel, Elodie Schwander, Isabelle Thomas, Jean-François Thomas et Geneviève Wortham

Après le "référendum", lettre des membres du BN "à gauche pour gagner" au Premier secrétaire

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