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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 10:24

Le mardi 9 février 2016, le conseil fédéral du PS Val-d'Oise se réunissait. Lui était soumis par le premier secrétaire fédéral du PS95 un texte, qui - tout à la fois - soutenait la position de "compromis" du gouvernement - c'est-à-dire maintien de l'inscription de la déchéance de nationalité dans la constitution avec possibilité de créer des apatrides - et le choix de l'indignité nationale ou de la "déchéance citoyenne" (mesure qui n'existe pas)... C'est donc un texte qui défendait tout et son contraire (lire la pièce jointe plus bas) et qui nous a été envoyé le lundi 8 mars à 21h20 après que nous l'ayons sollicité.

En effet, nous avions adressé la veille du conseil fédéral, le lundi 8 mars 2016 à 14:30, un texte plus clair et plus simple que nous vous proposons de lire ci-dessous qui proposait une position intelligible : ne pas inscrire inscrire la déchéance de nationalité dans la constitution car elle ne permet aucune solution.

Malgré cela et contre toute logique démocratique, le Premier secrétaire fédéral a refusé de soumettre ce texte au vote. En conséquence, nous avons voté contre le texte du premier secrétaire fédéral (et pas seulement des représentants de la motion B), car il n'est pas possible de voter des textes qui ne veulent rien dire (17 voix contre, 2 NPPV).

Nous vous laissons le soin de mesurer si notre texte méritait d'être à ce point méprisé...

Frédéric Faravel
mandataire fédéral de la motion B


"Proposition de résolution pour le conseil fédéral de la fédération du Val-d'Oise du Parti Socialiste, relative au débat sur le projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation
Conseil fédéral du mardi 9 février 2016

Notre pays, la ville de Paris et plusieurs communes de banlieue parisienne ont connu les 7,8,9 janvier et le 13 novembre 2015 des événements dramatiques d'une ampleur inédite par la violence des actes commis et les motifs qui les inspirent : atteinte à la liberté d'expression et de convictions, à la liberté de croire et de ne pas croire, antisémitisme, frappes contre des lieux de vie symboliques de la société française, contre la jeunesse.

Le conseil fédéral de la fédération du Val-d'Oise du Parti Socialiste tient à apporter son soutien au Président de la République et au gouvernement dans leur détermination à lutter contre le terrorisme avec les moyens nécessaires que justifie l'ignominie de ces actes.

Nous prenons acte du projet d'inscrire l'état d'urgence dans la Constitution, en appelant à la vigilance pour éviter les télescopages avec ses articles 16 et 36 concernant les pouvoirs exceptionnels et l'état de siège qui n'ont pour l'instant pas été modifiés. C'est pourquoi nous soutenons toutes les initiatives qui renforceront le contrôle parlementaire et citoyen des mesures prises en état d'urgence. Par contre, nous tenons à exprimer notre opposition sur les différentes rédactions de l'article 2 jusqu'ici proposées qui prévoient d'inscrire la déchéance de nationalité dans la Constitution.

Le débat parlementaire, comme l'avait souligné le Président de la République lors de ses vœux du 31 décembre 2015, s'est ouvert vendredi 5 février 2016.

Nous apportons donc notre confiance aux parlementaires pour améliorer le texte afin de construire un large rassemblement en faveur du projet de loi constitutionnelle qui ne portera ni atteinte à l'égalité entre citoyens nés Français, ni ne créera d'apatrides, tout en traduisant la détermination de la Nation toute entière à combattre le terrorisme et à punir avec la plus grande sévérité les responsables de ces crimes, a fortiori lorsqu'ils tournent leurs armes contre leur propre pays.

À ce titre, nous proposons de mettre en œuvre la peine correspondant au crime d'indignité nationale, par laquelle la loi fixerait les conditions dans lesquelles une personne française peut être déchue de ses droits civiques et garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l'exercice des libertés publiques lorsqu'elle est condamnée pour un crime (et non un délit) constituant « une atteinte grave à la vie de la Nation », tel que c'est formulé dans le projet de loi constitutionnelle."

résolution présentée par le premier secrétaire fédéral au conseil fédéral du PS 95, le 9 février 2016, sur la révision constitutionelle

Le texte que le premier secrétaire fédéral du PS 95 a refusé de soumettre au vote du conseil Federal du PS 95 le mardi 9 février 2016

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 17:11

Les dernières semaines du Parti socialiste confirme le risque que nous désignions depuis de nombreux mois : celui d’une profonde dévitalisation.

C’est désormais l’utilité même du PS qui est en cause, et que consacre le dernier Conseil national par :

  • Le refus de prendre position sur la déchéance de nationalité -au motif d’une solution trouvée avec l’exécutif pourtant jamais démontrée ni développée. 
  • Le refus d’intégrer la primaire en tant que telle à notre agenda – pourtant bien plus attrayante et constructive que des « Cahiers de la présidentielle ».
  • Et l’abandon de l’idée même de contribuer sérieusement au programme  de 2017 avec un inventaire et des propositions venus du Parti socialiste. La Vème République n’aura jamais produit une telle impuissance collective !

Contre l’insidieux défaitisme qui s’installe au sommet du Parti socialiste, réduit au rôle occupationnel d’un club de loisirs, nous faisons le choix d’une feuille de route opérationnelle pour remobiliser la gauche pour 2017.

  • Réunir la gauche passe d’abord par rejeter ce qui la fracture: la déchéance de nationalité. C’est pourquoi nous voterons contre.
  • Ne pas laisser dans l’impunité les annonces à répétition qui insécurisent les salariés et les chômeurs (35 heures, indemnisation du chômage…). Nous soutenons d’ailleurs la campagne CQFD : Ce Code du travail qu’il faut défendre!
  • Défendre les primaires de la gauche et des écologistes, conformément à notre choix unanime.

Sans elles, pas de reprise d’un débat démocratique en 2016. Sans elles, pas de candidat de gauche au second tour de la présidentielle. Nous n’attendrons pas qu’il soit trop tard. Nous devons les bâtir dans les prochains mois sans laisser les manœuvres de retardement, d’où qu’elles viennent, nous en priver.

C’est désormais, pour les socialistes, une commune obligation : politique et statutaire.

  • Approfondir notre projet, pour démontrer qu’à l’option social-libérale répond désormais une alternative crédible au sein du PS et de la gauche française.
  • Poursuivre et intensifier les contacts déjà engagés avec ceux qui, en Europe, ne se résignent pas à l’endormissement des consciences face au chômage de masse, à la situation des migrants et à la panne démocratique qui saisit notre continent.

Notre feuille de route a vocation à être partagée. N’hésitez pas à la débattre et à la diffuser dans votre fédération. Et tenez bon!

Notre feuille de route… pour éviter la déroute !

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 15:23

La majorité socialiste va peut-être connaître un nouveau coup dur lors du Congrès à Versailles devant entériner la révision constitutionnelle. Invité lundi dans Politique matin, le député Christian Paul a regretté "qu’un gouvernement qui tient sa légitimité de la majorité socialiste à l’Assemblée nationale puisse persister dans cette erreur" de la déchéance de nationalité.

Résultat : Christian Paul a décidé de ne pas voter cette révision constitutionnelle. "Je voterai contre cette proposition, parce que je la crois inefficace et dangereuse". Réclamée par la droite, la déchéance de nationalité a été retenue par François Hollande. Reste tout de même à faire voter un même texte à l’Assemblée et au Sénat, puis à obtenir la majorité des 3/5 nécessaire pour faire passer la révision constitutionnelle.

Leader des frondeurs, Christian Paul évoque une rupture entre une partie de la base socialiste et l’exécutif. "Quand le gouvernement pousse les députés socialistes à renoncer à nos engagements de 2012, à voter des textes contre les 35 heures ou à mettre en oeuvre des propositions qui viennent de l’extrême droite, on nous demanderait à nous qui sommes restés constants sur nos principes, fidèles à nos engagements, de nous mettre à l’écart du Parti socialiste ??!", s’est interrogé le député socialiste de la Nièvre.

"Une minorité autour de Manuel Valls a tenté une OPA idéologique sur le gouvernement le Parti socialiste"

Christian Paul considère que le Premier ministre et certains de ses fidèles tenteraient de fait une "OPA idéologique" sur le Parti socialiste. "Il y a une minorité autour de Manuel Valls qui a tenté, peut-être réussi, cette OPA idéologique sur le gouvernement, le Parti socialiste", déplore le leader des députés frondeurs. Mais ça reste extrêmement minoritaire, et heureusement, simplement, il faut que maintenant des voix, un peu partout, s’expriment."

Une référence au dernier bureau national du Parti socialiste où, selon Christian Paul, "de Jean-Marc Ayrault à Martine Aubry et bien d’autres" se sont exprimés contre la révision constitutionnelle. Il donne rendez-vous dans les mois à venir. "Nous verrons si une majorité se dégage", a prévenu le leader des frondeurs définitivement contre l’inclusion de la déchéance de la nationalité, même sans la référence aux binationaux.

Vincent Kranen

Christian Paul a décidé de ne pas voter cette révision constitutionnelle. "Je voterai contre cette proposition, parce que je la crois inefficace et dangereuse".

Christian Paul a décidé de ne pas voter cette révision constitutionnelle. "Je voterai contre cette proposition, parce que je la crois inefficace et dangereuse".

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 15:19

L'aile gauche du Parti socialiste s'est réunie ce samedi à l'Assemblée nationale pour maintenir la pression sur la direction de Solférino. Les frondeurs ont ainsi voté un texte appelant à l'organisation d'une primaire pour désigner le candidat de la gauche à l'élection présidentielle de 2017. - Avec: Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice PS de Paris - Week-end Direct, du samedi 30 janvier 2016, présenté par François Gapihan, sur BFMTV.

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste de Paris, sur le plateau de BFM-TV samedi 30 janvier au soir

Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste de Paris, sur le plateau de BFM-TV samedi 30 janvier au soir

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 15:14

Texte adopté à l’unanimité des instances nationales et des représentants de la Motion B dans les départements

Appel à des primaires citoyennes de la gauche

Les membres des instances nationales et les mandataires départementaux de la motion B ont adopté cet appel à l'unanimité, samedi 30 janvier 2016 à midi

Les membres des instances nationales et les mandataires départementaux de la motion B ont adopté cet appel à l'unanimité, samedi 30 janvier 2016 à midi

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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 16:36
Emmanuel Maurel, eurodéputé S&D, à la sortie du bureau national du PS, dans la nuit du 18 au 19 janvier 2016

Emmanuel Maurel, eurodéputé S&D, à la sortie du bureau national du PS, dans la nuit du 18 au 19 janvier 2016

 Le Parisien - Philippe Martinat | | MAJ :
 
VIDEO. Emmanuel Maurel : «Il faut sauver le soldat François Hollande !» Le député européen S&D explique clairement à quel point la logique de la Vème République emmène le Parti Socialiste dans une logique ridicule où il faudrait tenter de sauver le Président de la République de l'impasse dans laquelle il a conduit toute la gauche en cherchant une solution de compromis qui n'existe pas. Retarder l'échéance ne permettra pas de faire une synthèse sur des options et des principes inconciliables.


Emmanuel Maurel : « Il faut sauver le soldat... par leparisien

Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. 
Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis.  (AFP/FRANCOIS GUILLOT)

Comme prévu, le bureau national du PS qui s’est tenu lundi soir n’a permis aucune avancée sur la déchéance de nationalité. Avant même la réunion, l’Elysée a confirmé que François Hollande allait reprendre la main en recevant demain les présidents de l’Assemblée et du Sénat, Claude Bartolone et Gérard Larcher, et vendredi les groupes parlementaires.

Il s’agit, selon l’Elysée, de «recueillir leurs visions et propositions » afin que la révision constitutionnelle soit adoptée « le plus largement possible par les deux chambres ».

L’exécutif cherche à s’assurer la majorité des trois cinquièmes nécessaire pour modifier la Constitution afin de donner un «fondement incontestable» à l’état d’urgence et «déchoir de la nationalité française les individus condamnés définitivement pour crime terroriste». Hollande tente aussi de repasser la patate chaude aux députés et sénateurs de la majorité, comme de l’opposition.

Le casse-tête

Les débats qui ont eu lieu lundi soir rue de Solférino illustrent le casse-tête juridique et politique pour trouver une solution acceptable par le plus grand nombre. La direction du PS s’est bien gardée de proposer un texte clé en main. «On nous a proposé un exercice assez virtuel», commente un membre du BN. A défaut, l’aile gauche emmenée par le député Christian Paul tente d’obtenir un vote contre la déchéance. En vain. Hostile lui aussi au projet, Jean-Marc Ayrault appelle à ne pas faire de concession sur le fond, pour ne pas fracturer la cohésion nationale, mais penche pour la déchéance de… citoyenneté.

Martine Aubry embraye : «On veut opposer nationaux et binationaux, c’est une erreur. On s’est enferré, il faut en sortir, trouver une formule. Notre responsabilité est de faire évoluer le débat.» Benoît Hamon remet sur le tapis la proposition de substituer l’indignité nationale à la déchéance de nationalité. Le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, écoute : pour l’instant, il n’a rien à proposer. Pour ne pas repartir bredouilles après trois heures de débat, les socialistes décident… de lui donner mandat pour rencontrer Hollande vendredi à l’Elysée. En clair, il est urgent d’attendre.

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 11:50
Nous refusons la déchéance de nationalité aux binationaux nés Français

L'exécutif a confirmé mercredi 23 décembre 2015 sa volonté d’inscrire la déchéance de la nationalité pour les binationaux nés Français ayant commis des actes de terrorisme dans la Constitution. Nous refusons l'extension du principe de déchéance et sa constitutionnalisation.


1- Cette mesure n'a strictement aucune efficacité, et c'est admis par ses propres promoteurs
On ne voit pas comment la déchéance de nationalité pourrait faire peur à des terroristes qui ne craignent pas de se faire exploser ou mourir. Certains des candidats au djihadisme brûlent d'ailleurs leurs passeports en arrivant en Syrie, en Irak ou au Yémen. En matière de lutte contre le terrorisme, ça n’a aucun sens et c’est même contre-productif au niveau international, car on va renvoyer des gens vers d’autres pays où ils pourront tout autant poursuivre leurs activités dangereuses.


2- cette mesure n'est en pratique pas ou peu applicable
Le Premier Ministre a précisé que les personnes frappées par cette déchéance seraient jugées et condamnées en France et purgeraient leur peine de prison en France ; ce ne serait donc qu'à l'issue de leur peine qu'ayant été déchues de la nationalité française, elles seraient expulsées. Un tel dispositif n'est pas pertinent et même contre-productif, car il implique de perdre la maîtrise et la surveillance sur des individus qui resteraient potentiellement dangereux. Dans certains cas, notamment pour l'Algérie, les personnes concernées par une telle procédure ne pourraient pas être expulsées car menacées de la peine de mort. C’est le cas d’Algériens condamnés pour faits de terrorismes et toujours en France ; la déchéance de nationalité perd alors tout sens si elle en avait un.
Enfin le projet de loi ne prend pas en compte l’idée de nationalité effective. Certains Etats donnent leur nationalité sans qu’on le demande, comme le Maroc pour les descendants de Marocains ou, d’une autre manière, Israël avec la Loi du retour pour les Juifs. Il faudrait donc introduire la notion de lien effectif, par exemple la demande d’un passeport. Or le projet de loi ne comporte pas cette distinction et l’on peut se demander quel serait le sens de la déchéance d’un individu né français et possédant une autre nationalité d’un pays dont il ne connaît absolument rien. Par ailleurs si l’autre pays décide aussi sa déchéance de nationalité, il deviendra apatride sauf a chercher quel est le pays qui a prononcé sa déchéance le premier. On imagine les imbroglios juridiques…


3- sans efficacité, inapplicable, le gouvernement veut donc agir sur les symboles. C’est à mauvais escient. Les symboles à défendre sont ceux de notre tradition républicaine.
La première préoccupation des autorités devrait être la cohésion nationale, la cohésion entre tous les Français quelles que soient leur origines. Or, Si cette réforme constitutionnelle était adoptée, elle inscrirait la marque dans notre loi fondamentale d’une différence entre deux catégories de Français, la marque de divisions parfaitement artificielles. Cela aura des effets très négatifs sur la cohésion que nous devons rechercher et probablement aucun effet réel contre le terrorisme. Un binational est un Français à part entière aux droits strictement identiques aux autres. Commencer fusse pour des exceptions à rompre avec cette notion laisse entrevoir la possibilité de le faire pour d’autres si l’intérêt national était en jeu. C’est à haut risque 
L’idée que des enfants nés Français ne rentreraient pas tous strictement dans le même cadre constitutionnel est une entorse aux principes du droit du sol, principe datant de la Révolution française et que l’extrême droite a toujours contesté. Si c’est une affaire de symbole, alors tenons bon sur nos principes et ne cédons ni à la poussée du FN, ni à l’idéologie islamiste qui conteste nos valeurs républicaines.
Certes la mesure ne doit viser que les terroristes mais une fois constitutionnalisée, la mesure peut «évoluer» au cours du temps et la notion de terrorisme, de crime contre le pays aussi. Evidemment en temps normal, quand la démocratie fonctionne bien, les risques sont plus que limités. Mais la constitution est aussi là pour nous garantir quand le pays, ses gouvernants sont tentés de dériver, de s’écarter de nos fondamentaux.

Enfin, il nous parait utile de préciser - puisque ceux qui à gauche défendent soudainement une position que nous avons toujours combattue saluent le respect de l'avis du Conseil d'État par l'exécutif - que le Conseil d'État ne s'est absolument pas prononcé sur le fond du débat laissant à l'exécutif l'entière responsabilité de ses choix. Il n'est donc pas possible de se cacher derrière cet avis pour y trouver une quelconque onction juridique et républicaine.


4- L'adoption de cette mesure serait une victoire de l'extrême droite, divisant la gauche, mettant à mal l'unité nationale et ouvrant la porte à des nouvelles extensions. 
Pourquoi reprendre à notre compte une proposition de toujours de Jean-Marie Le Pen et du FN que toute la gauche et le PS ont toujours combattu. Pourquoi reprendre une proposition de Nicolas Sarkozy dans son fameux discours de Grenoble que nous avons fustigé ? 
Pourquoi infliger une défaite culturelle supplémentaire à la gauche, qui plus est en la divisant ? Ce n’est pas pour lutter efficacement contre le terrorisme, c’est donc purement pour faire un coup politique, faire un pas de plus dans la triangulation, c’est-à-dire prendre les propositions du camp adverse pour espérer convaincre une partie de son électorat. Faire croire qu’on fait vivre l’union nationale. Que signifie l’union nationale avec des propositions qui rassemble la droite, le FN et divise une large partie de la gauche. Tout cela parce que le président s’était aventuré sur cette pente glissante au Congrès de Versailles et pour asseoir – parait il – son autorité, il faudrait persister dans l’erreur. On risque de voir refleurir le leitmotiv de ce quinquennat : on ne peut pas se diviser, surtout dans des temps aussi difficiles, donc abjurons-nous. Depuis toujours la gauche et bien des républicains ont été contre cette mesure, rien ne justifie qu’on cède. Ni les difficultés de François Hollande à affirmer son autorité, à convaincre les Français, ni l’urgence de la situation. D’ailleurs l’urgence n’est pas seulement sur le terrain de la sécurité, elle est aussi sociale.

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 16:26

Le Parti Socialiste ne peut échapper à la triste réalité sortie des urnes en 2014 et en 2015 avec au compteur 4 défaites électorales successives et un tripartisme « des 3 tiers » solidement installé au niveau national. Seul le mode électoral nous permet de sauver les apparences aux régionales avec 5 régions. Après un « ouf » de soulagement tellement fut grande la peur d’une déroute, nous devons être capables de faire l’analyse de la gravité de la situation et de ses causes profondes. Si d’aventure, et le mot est choisi à dessein, nous nous contentions de rechercher la meilleure stratégie pour 2017, à savoir comment atteindre le second tour face à Marine Le Pen, nous nous condamnerions et toute la Gauche avec nous.

Si cette hypothèse devait être notre seul horizon, alors ceux qui nous promettent depuis longtemps la fin du Socialisme, de son nom et de son histoire, les mêmes qui s’acharnent à le détruire méthodiquement au profit d’une nouvelle maison commune, telle une taverne où chacun pourra trouver à boire et à manger, en seraient les fossoyeurs lucides et beaucoup d’entre nous devraient alors en tirer les conséquences. Notre engagement politique ne saurait se dissoudre dans une alliance de circonstance servie par un discours de « rassemblement au-delà des clivages traditionnels », au service d’une rhétorique d’autorité, un tantinet identitaire, fortement sécuritaire, d’une politique économique et sociale sans boussole et écolo compatible par nécessité.

Lorsque la République est brandie en étendard au risque inconsidéré d’être une nouvelle ligne Maginot, elle empêche l’analyse critique de la situation, sauf à confirmer peut-être que notre réflexion ne produit plus rien, que nous pensons plus rien, ce que je ne crois pas.

Pour prendre l’exemple des totems républicains, Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité, il est manifeste que nous ne pensons pas la même chose que la droite républicaine elle-même divisée, pas la même chose peut-être que nos partenaires de Gauche, pas la même chose entre nous. Il nous faut réinterroger chacun d’entre eux, les confronter pour les conforter, au-delà de nos certitudes et de notre paresse collective. Qui lit encore, je parle de la majorité de nos militants, nos textes d’orientation ou les motions qui agitent nos congrès.

- La liberté peut-elle être une valeur à géométrie variable selon les évènements ?

- L’égalité réelle a-t-elle définitivement vécue face à l’épreuve de la réalité ?

- La fraternité n’est-elle pas en voie de désintégration face à la xénophobie ?

- La laïcité n’est-elle pas devenue le champ clos d’exégètes douteux ?

Chers amis, chers camarades, il est plus que temps de soigner notre torticolis bloqué vers la droite. Nous serons convalescents dès lors que saurons à nouveau tourner la tête à Gauche.

Gérard Sebaoun, député socialiste de la quatrième circonscription du Val-d'Oise

Gérard Sebaoun, député socialiste de la quatrième circonscription du Val-d'Oise

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 20:31
Emmanuel Maurel, lors de la minute de silence au Parlement européen, le lundi 16 novembre 2015

Emmanuel Maurel, lors de la minute de silence au Parlement européen, le lundi 16 novembre 2015

Le 13 novembre, la France était terriblement éprouvée. Longtemps encore nous subirons l’onde de choc de ce jour funeste qui a vu 130 innocents mourir sous les balles des terroristes, et qui fait écho, dans l’esprit de nos concitoyens, aux attentats de janvier dernier.

Sur le plan intérieur comme extérieur, la République doit se protéger. Sans se laisser dominer par l’émotion qui, bien que légitime, est rarement bonne conseillère. Sans recourir à une rhétorique martiale aussi spectaculaire que vaine.

Agir juste et rapidement sans tomber dans la précipitation, la communication brouillonne ou la surenchère : pour une démocratie en deuil, c’est la principale difficulté. Il faut être capable de concilier fermeté et sang-froid, d’améliorer la sécurité de nos concitoyens tout en protégeant les libertés fondamentales et nos principes intangibles.

On n’éradique pas le terrorisme en quelques semaines. Il s’agit là, chacun le sait, d’un combat de longue haleine et, qui plus est, d’un combat mondial. Car si notre pays a payé un très lourd tribut en janvier et en novembre, nous ne pouvons oublier que, chaque jour, le terrorisme frappe un pays, une population – Tunisie, Liban, Mali, Russie, Kenya, Nigéria, Cameroun ont été également victimes de redoutables attaques ces dernières semaines.

Dès lors, rien de plus absurde que de voir dans les exactions des djihadistes l’expression d’un supposé “choc de civilisations”. Les terroristes frappent indistinctement toutes les sociétés, et l’on serait bien en peine de définir la “civilisation” au nom de laquelle ils agiraient. Répétons-le : face à ces injures à des valeurs universelles mûries par l’histoire, nous devons agir au nom de ce même universel.

L’emprise territoriale de Daech, sa force de frappe financière et ses diverses méthodes de recrutement rendront sa destruction longue et fastidieuse : il est indispensable de le combattre sur tous les fronts de manière simultanée.

Le recours à l’action militaire peut se justifier : Daech contrôle un territoire identifié, englobant une partie de la Syrie et de l’Irak. Il faut bien entendu que la France continue de frapper militairement ses bases et ses camps d’entraînement à Rakka et à Mossoul. Pour être efficaces, ces frappes doivent cependant être extrêmement ciblées et épargner les civils piégés dans les villes, d’autant plus que Daech prospère, au Moyen-Orient et même en Europe, sur cette spirale vengeresse.

Mais, si elle s’avère parfois nécessaire, la réponse militaire (surtout lorsqu’il s’agit de frappes aériennes) est rarement la plus efficace. Elle peut même, souvent, se révéler contre-productive. Nous avons tous en tête les dramatiques erreurs précédentes (l’intervention américaine en Irak en est une) qui ont conduit au chaos et au ressentiment d’une partie de la population, et ont nourri le fanatisme et la violence.

Dès lors, il fait redoubler d’efforts en matière diplomatique. Le président de la République a raison de tenter de rassembler la coalition la plus large possible, soutenue par l’ONU. Inclure la Russie et l’Iran est une initiative de bon sens. Cela va de soi, toute naïveté est à proscrire : chacun a en tête la position ambigüe de la Turquie, chacun connaît les liaisons coupables qu’entretiennent, directement ou indirectement, certains pays arabes avec le fondamentalisme islamiste.

La France serait bien inspirée de remettre en cause des choix diplomatiques hésitants, trop souvent guidés par de seules considérations économiques. Les liaisons dangereuses avec les pétromonarchies du Golfe en sont une navrante illustration. Car c’est aussi en combattant Daech au ventre, c’est-à-dire en le privant de ses financements étrangers et de toute possibilité de vendre pétrole et œuvres d’art, que l’on atténuera son potentiel destructeur.

L’Union Européenne, elle, doit prendre la mesure du phénomène et imaginer une réplique à la hauteur de l’enjeu.

Nos partenaires doivent ainsi comprendre que la France ne peut pas être la seule à assurer la sécurité de toute l’Union européenne dans la région et à être prise pour cible à ce titre. Dans cette optique, l’activation de la clause de solidarité européenne ainsi que les déclarations de David Cameron à Paris sont encourageantes.

Les 28 États membres doivent honorer enfin leurs engagements en matière d’aide au développement, car la stagnation économique engendre l’instabilité politique. Ils ne doivent pas non plus transiger sur l’accueil de réfugiés, qui, dans leur immense majorité, fuient l’ennemi que l’on combat.

Gardons-nous, enfin, quand nous en appelons à une “réponse européenne”, de toute affirmation péremptoire : non, l’instauration d’un PNR n’est en rien la panacée en matière de lutte contre le terrorisme. Une meilleure coordination des services de renseignement et l’amélioration de la coopération judiciaire participent davantage de la solution. Quant au contrôle extérieur des frontières de l’Europe, il passe par un déploiement considérable de moyens humains et financiers qui sont pour l’instant impossibles à mobiliser compte tenu du carcan absurde du pacte de stabilité et du budget ridicule dont dispose l’Union.

Reste que tous nos efforts diplomatico-militaires sont condamnés à l’échec si nous ne faisons pas preuve de volontarisme, de lucidité, de constance, pour attaquer le terrorisme à la racine.

C’est peut-être là la tâche la plus difficile : il faut résister à la facilité des analyses univoques (l’extrême droite, bien sûr, mais aussi une partie de la droite, n’ont pas leur pareil pour offrir grilles de lecture simplistes et préconisations aussi virulentes qu’inefficaces) et appréhender le phénomène terroriste dans toute sa complexité. Le profil et l’itinéraire des djihadistes prouvent que les explications exclusivement sociales, religieuses, psychologiques, idéologiques ne rendent pas compte de la réalité.

Depuis le 13 novembre, les tribunes et autres analyses se succèdent, se contredisent plus souvent qu’elles ne se complètent, témoignant de la sidération qui nous frappe devant une telle pulsion de destruction, illustrant la difficulté à comprendre que de tels actes, commis par des barbares qui sont parfois français ou européens, puissent avoir lieu sur notre sol. Cette floraison de textes aussi partiels que partiaux est normale et saine dans une démocratie. L’indispensable prise de recul n’empêche pas l’action, elle l’accompagne et, parfois, l’inspire.

Pour le gouvernement, il s’agissait évidemment de prendre les mesures qui s’imposent pour rassurer nos compatriotes et assurer leur sécurité sans rogner sur leurs libertés fondamentales. La prolongation de l’état d’urgence a choqué nombre de camarades, dont les arguments ne manquent pas de pertinence. En ce qui me concerne, je suis prêt à me résoudre à certaines dispositions exceptionnelles pourvu qu’elles soient encadrées et temporaires. C’est le cas. Je ne comprends pas, en revanche, qu’on envisage aujourd’hui des modifications constitutionnelles dont j’ai du mal à voir en quoi elles seraient susceptibles de répondre au défi auquel la France est confrontée.
Il me paraît plus utile de déployer d’importants moyens pour améliorer l’efficacité des services de renseignement – qui ont beaucoup perdu de temps depuis les attentat commis par Mohamed Merah – et pour renforcer nos services publics, dont on prend conscience, à chaque situation de crise grave, à quel point ils sont essentiels à la cohésion de la nation. Dans ces circonstances, l’abandon de la logique comptable va de soi. Car partout où la République se retire, c’est potentiellement l’obscurantisme qui progresse et la violence qui prospère.

Pour aller plus loin :

L’explication de vote de Marie-Noëlle Lienemann sur l’état d’urgence

Parmi les très nombreuses analyses parues, forcément partielles ou partiales, je me permets de vous conseiller les trois suivantes, afin d’alimenter votre réflexion :

Gilles Kepel : « Le 13 novembre ? Le résultat d’une faillite des élites politiques françaises »

Olivier Roy : « Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste »

Marcel Gauchet : « Le fondamentalisme islamique est le signe paradoxal de la sortie du religieux »

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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 17:18
Laurent Baumel, député socialiste d'Indre-et-Loire

Laurent Baumel, député socialiste d'Indre-et-Loire

Tribune publiée dans Le Monde par Laurent Baumel, député socialiste

LE MONDE |  04.11.2015 à 11h35

La confirmation, dans de récents sondages, que le Front national (FN) pourrait virer en tête au premier tour des élections régionales dans certaines régions a engendré un débat inévitable sur l’attitude que devrait alors avoir celle des deux listes locales de gauche ou de droite qui aurait le malheur d’être arrivée derrière l’autre.

Impulsée par les médias toujours en recherche de clarification en ce qui concerne le comportement des partis républicains à l’égard du Front national, cette anticipation a cessé d’être prématurée depuis que Manuel Valls lui-même s’en est saisi et a tenté, avec l’autorité que lui confère sa position institutionnelle, de préempter la réponse de sa propre famille politique : il faudrait, si la gauche était concernée, «tout faire» – estime le premier ministre qui ne s’exprime jamais à la légère − pour empêcher l’extrême droite de l’emporter.

«Tout faire», c’est-à-dire, dans les faits, se retirer, tant l’hypothèse d’une fusion avec la droite paraît peu réaliste. La question, en vérité, n’est pas si simple.

Nul n’ignore évidemment tout ce qu’aurait de douloureux et de désastreux, tant sur le plan symbolique que sur le plan pratique, la conquête d’un ou de plusieurs bastions régionaux par le FN, le lot incessant et démoralisant de provocations, de polémiques, de fractures et de désordres qui en résulteraient.

Devrait-on pour autant, dans une négation étrange d’un scrutin proportionnel parfois donné en exemple, acter la disparition pure et simple de la représentation politique de la gauche dans certaines des nouvelles grandes régions françaises et consentir à ce que le débat politique dans ces assemblées se réduise à n’être plus qu’un tête-à-tête entre la droite et l’extrême droite ? Faudrait-il demander à des élus locaux qui ont déjà payé un lourd tribut depuis 2014 pour une politique nationale dont ils ne sont guère responsables de franchir une nouvelle étape dans l’autoéradication politique ?

Si la question devait hélas se poser et que cette solution soit, dans les heures fiévreuses qui suivront le 1er tour, imposée par les uns et consenties par les autres, une chose est en tout cas certaine : il faudrait au moins se garder de toute illusion d’avoir, à travers cette extension héroïque de la «discipline républicaine», sauvé la démocratie française. Il faudrait au contraire rester lucides sur le fait que le remède appliqué est de ceux qui, si rien ne change par ailleurs, ne feront sans doute à moyen terme qu’aggraver le mal.

Réaffirmer les valeurs de la gauche

Car, chacun le sait, on ne stoppera pas la dynamique électorale du FN à coup de «fronts républicains». La lecture du débat politique français comme étant désormais l’affrontement entre une option démocrate et humaniste, incarnée par la gauche et la droite «républicaine», et une option populiste et réactionnaire, portée par l’extrême-droite et par une partie croissante de la droite qui lui court après, reste en effet une construction théorique. Elle ne correspond pas à la façon dont nombre d’électeurs – et notamment ceux qui donnent déjà ou pourraient donner demain leur voix au FN – se représentent les enjeux.

Les questions de valeurs ne sont certes pas absentes du débat. Une partie incontestable du vote FN est motivée par l’hostilité aux immigrés et une vision rétractée de l’identité nationale. Il ne fait pas de doute non plus que le clivage ethno-racial a parfois remplacé, dans l’imaginaire d’une partie du monde ouvrier, l’ancien clivage social entre capital et travail. Il reste utile, de ce point de vue, de rappeler sans cesse les valeurs d’égalité et de solidarité, de mener le combat culturel et pédagogique contre les préjugés, de dénoncer les mensonges qui abondent dans le discours de l’extrême droite.

Mais la cause massive du vote FN depuis le milieu des années 1980, le moteur fondamental de sa progression actuelle dans tous les milieux sociaux et dans tous les territoires, est ailleurs : il réside précisément dans cette indifférenciation perçue entre la gauche et la droite, que l’image même du «front républicain» ne fera évidemment que conforter.

Responsabilité de l’exécutif

Indifférenciation d’abord des résultats. «Que ce soit la droite ou la gauche»… Il n’est pas une journée sur le terrain où un élu n’entende ce constat désabusé. Au-delà des divergences idéologiques et programmatiques revendiquées par chaque camp, des affrontements théâtraux sur les plateaux de télévision ou à la séance des questions de l’Assemblée nationale, nombre de Français, dans les couches populaires et moyennes, ont le sentiment que la présence au pouvoir de la gauche plutôt que la droite ou de la droite plutôt que la gauche n’impacte pas fondamentalement leur situation personnelle et celle du pays.

Le taux de chômage reste élevé et dépendant de la conjoncture internationale, la finance continue de faire ce qu’elle veut et les entreprises de délocaliser, l’Europe demeure un problème plus qu’une solution, le pouvoir d’achat continue de stagner ou de s’éroder, les services publics et les collectivités de perdre leurs moyens, et l’avenir des enfants demeure une inquiétude.

Indifférenciation croissante aussi des discours et des politiques menées. Le fait que le vote FN reprenne sa marche en avant dans le quinquennat actuel n’est pas tout à fait un hasard.

On ne peut instituer comme nouvelle doctrine la rhétorique libérale de la «lutte contre le déficit», de «la baisse des charges» et de la «libération du marché du travail», on ne peut baisser massivement les prélèvements des entreprises sans le moindre ciblage et sans la moindre contrepartie, et faire financer cette politique par des hausses d’impôts sur les ménages et des baisses de dotations aux collectivités locales, on ne peut – en d’autres termes – mener une politique contre laquelle on n’aurait pas eu de mots assez durs si elle avait été conduite par Nicolas Sarkozy, on ne peut donner l’impression que l’on mène – une fois passé les promesses de campagne – la politique décidée par les élites économiques et technocratiques françaises et européennes et s’étonner ensuite qu’une partie croissante de l’électorat potentiel de la gauche fasse défaut, à travers l’abstention croissante et le vote FN.

Il faut espérer que les socialistes en lutte dans les régions menacées par le FN parviendront à imposer leur présence au second tour et à l’emporter. Quelle que soit l’issue de la séquence électorale en cours, l’urgence demeurera pour la gauche, si elle veut réellement se sauver elle-même et sauver la République, de retrouver son identité propre et de redevenir la famille politique qui incarne les espérances légitimes des plus modestes.

Le moteur fondamental de la progression actuelle du FN dans tous les milieux sociaux et dans tous les territoires réside dans cette indifférenciation perçue entre la gauche et la droite (Photo: un membre des "chicons en colère" devant un mur dans la ville d'Armentières sur lequel sont collées des affiches du FN). AIMÉE THIRION/HANS LUCAS POUR LE MONDE

Le moteur fondamental de la progression actuelle du FN dans tous les milieux sociaux et dans tous les territoires réside dans cette indifférenciation perçue entre la gauche et la droite (Photo: un membre des "chicons en colère" devant un mur dans la ville d'Armentières sur lequel sont collées des affiches du FN). AIMÉE THIRION/HANS LUCAS POUR LE MONDE

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