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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 09:59
Par les députés socialistes

Le travail du dimanche, la loi Hadopi, le délit de solidarité, la privatisation de la poste, les fermetures d’usines qui s’enchaînent, l’éducation nationale paupérisée, le droit à la santé bafoué, les libertés menacées les unes après les autres…

Le groupe des députés socialistes est de tous les combats. L’adversaire est de taille. Il maîtrise toutes les communications. Il passe en force sur tous les dossiers, il méprise les droits fondamentaux
Il n’est pas une annonce présidentielle, il n’est pas un projet de loi qui n’ait reçu son alternative de la part des députes socialistes. Le travail accompli est considérable.
Non les députés socialistes ne se trompent ni de combat, ni d’adversaire. Non ! le groupe des députés socialistes ne cautionnera pas dans son camps l’hallali du matin et les torpillages du soir contre notre Parti. Non le groupe des députés socialistes n’accepte pas les « bourreaux des pleurs », ceux qui font du suicide collectif leur prière de tous les jours.

Maintenant ça suffit ! Chacun est libre de son expression, de son ambition, de l’épanouissement de son talent. Mais pas sur le dos de ses propres amis, pas sur le dos de nos concitoyens qui doivent pouvoir adhérer à un véritable changement de politique. Nous avons le devoir d’être sincèrement et collectivement au rendez-vous de leurs espérances.

Chacun doit se souvenir qu’il doit son élection à la confiance des militants du Parti socialiste et de ses électeurs. Halte au feu ! Notre combat collectif mérite mieux que les extravagances et le manque de sang-froid. Notre combat doit être mené à gauche avec fierté, la tête haute et en dehors des cimetières.
Les Français peuvent compter sur les députés socialistes.
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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 08:24
Sarkozy parle, l'UMP reste perplexe, le PS crie «Pschitt»
Links:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/mathilde-mathieu
[2] http://www.mediapart.fr/club/blog/stephane-allies
[3] http://www.mediapart.fr/journal/france/220609/contre-l-egopresident-sarkozy-le-second-serment-du-jeu-de-paume
[4] http://www.mediapart.fr/files/Congres_0.pdf
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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 14:28
Comment le MoDem se refait une virginité anti-libérale
Links:
[1] http://www.mediapart.fr/club/blog/marine-turchi
[2] http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/05/14/bayrou-se-pose-en-recours_1192778_1168667.html
[3] http://www.leparisien.fr/politique/bayrou-prone-l-alternance-a-la-tete-de-la-commission-europeenne-10-05-2009-507863.php
[4] http://www.rtlinfo.be/rtl/news/article/239671/--UE: directive sur le temps de travail des routiers rejetée
[5] http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/05/12/m-barroso-l-autre-cible-de-m-bayrou_1191983_3214.html
[6] http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/politique/europeennes_2009/20090511.OBS6460/bayrou_soutient_les_ultraliberaux_europeens_avance_lump.html
[7] http://www.mediapart.fr/journal/france/050509/bayrou-et-les-alliances-un-casse-tete-qui-empoisonne-le-ps
[8] http://www.mediapart.fr/journal/france/250409/toulouse-l-eurovision-sociale-democrate-lance-la-campagne-electorale
[9] http://presse.parti-socialiste.fr/2009/05/11/le-modem-et-les-services-publics-au-parlement-europeen-le-mensonge-de-f-bayrou/
[10] http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=CRE&reference=20060216&secondRef=ITEM-007&language=FR&ring=A6-2005-0409#4-070
[11] http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=CRE&reference=20060927&secondRef=ITEM-006&language=FR&ring=A6-2006-0275#3-164
[12] http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=CRE&reference=20070118&secondRef=ITEM-010&language=FR&ring=A6-2006-0475#4-089
[13] http://www.liberation.fr/monde/0101566932-aubry-sonne-le-rappel-au-ps
[14] http://lipietz.net/?breve16
[15] http://lipietz.net/spip.php?breve33
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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 07:35
Droit de réponse de Jean-Christophe Cambadélis sur le sondage Opinionway et les commentaires publiés dans le Figaro du 13 mai 2009

Premièrement : Les sondages donnent le Parti Socialiste dans son étiage habituel de 20–23%
À l’exception de l’élection qui a suivi la lourde défaite de 1994 où la liste Rocard avec fait 14,5%, et celle de 2004 où le vote utile avait joué à plein (les électeurs étant encore sous coup du traumatisme du 21 avril 2002), les sondages (autour de 22%) donnent le PS dans son étiage habituel de 20 – 23%. Cela est vrai y compris au moment où le socialisme était au mieux de sa forme, au pouvoir ou sur le point de l’être.
- La liste conduite par François Mitterrand, deux ans avant son arrivée au pouvoir, avait fait 23,53%.
- La liste conduite par François Hollande en 1999 (PS-PRG-MDC), au moment où les socialistes étaient au zénith de leur popularité en France comme en Europe, a fait 21,9%

La moyenne est de 20,7% sur la période pendant laquelle les listes étaient nationales (1979-1999).

Deuxièmement : La gauche est à son plus haut niveau, 3 points au-dessus de la moyenne 1979-1999
Le total gauche était, en moyenne de 1979 à 1999 de 42 %, en 1999 de 45 %, en 2004 de 45 %, et les sondages le donnent aujourd’hui à 45 %.
La gauche est donc à son plus haut niveau, 3 points au dessus de la moyenne 1979-1999.
À l’intérieur de la gauche, la baisse enregistrée par le parti communiste a été compensée au point le point quasiment par la montée de l’extrême gauche, le total PC-extrême gauche est resté stable (atour de 14%, à l’exception du vote utile de 2004) et correspond en moyenne très précisément à la somme scores aujourd’hui crédités par les sondages aux listes Front de gauche (PC-Mélenchon), NPA et LO. Il n’y a pas de poussée à la gauche du PS, seulement une redistribution des cartes.
Le PS, on l’a dit, est crédité d’un score (autour de 22%) qui correspond à son score habituel, et même légèrement supérieur à celui de la période 1979-1999 (20,7%).
Les scores des Verts dans les sondages sont conformes aux derniers résultats électoraux et légèrement au-dessus de la moyenne sur longue période.

Troisièmement : Ce qui frappe, c’est l’effondrement de la droite, qui non seulement se confirme, mais s’amplifie lourdement : de 40,9 en moyenne entre 1979 et 1999, 38% en 2004, 27% aujourd’hui.
Les listes du RPR et de ses alliés (et compris listes dissidentes lorsqu’il y en avait) sont passée de 40,9% en moyenne entre 1979 et 1999 (on se souvient de la liste Veil en 1984 qui était à 43% par exemple) à 38,3% en 2004 et 27% aujourd’hui dans les sondages.
La même chute s’observe sur le total droite (incluant notamment CPNT) : 43,9% entre 1979 et 1999 ; 41% en 2004 ; 33% actuellement dans les sondages.
Si l’on ajoute l’extrême droite, en recul (7% dans les sondages contre autour de 9% en moyenne sur 79-99), le total des droites et droites extrêmes est passé de 53% en moyenne entre 1979 et 1999 à 40% aujourd’hui dans les sondages.
Le sondage Opinionway, loin de marquer un recul du PS, manifeste que celui-ci n’a pas été entamé par la multiplication de l’offre, comme ce fut le cas en 2002.
L’UMP, qui inclut les centristes ne fait pas le plein des suffrages de la droite qu’elle est sensée représenter. François Bayrou a détourné une grande partie de l’électorat centriste, et le Front national et de Villiers recomposent un espace « droite dure » à plus de 10 %.
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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 14:42
Pierre Cahuc et André Zylberberg : "La méthode Sarkozy : organiser l'opacité"
LE MONDE | 03.04.09 | 14h06  •  Mis à jour le 03.04.09 | 14h06

ierre Cahuc et André Zylberberg sont économistes. L'un est notamment professeur à Polytechnique et l'autre directeur de recherches au CNRS.

Dans le livre qui sort chez Flammarion (Le Monde du 20 mars), vous affirmez que les réformes de Nicolas Sarkozy sont non seulement ratées, mais "néfastes". N'est-ce pas excessif ?

Tout dépend de ce qu'on appelle des réformes réussies. Nous avons comparé les objectifs annoncés et les résultats obtenus. Non seulement les objectifs ne sont pas atteints, mais ce qu'on prétendait améliorer a été aggravé.

Prenons des exemples. La rupture conventionnelle, sorte de divorce à l'amiable entre un salarié qui veut quitter son entreprise et son patron. Selon le ministre du travail, c'est la fin d'une hypocrisie qui conduisait au détournement des lois sur le licenciement.

La bonne question : est-ce une réforme adaptée à la modernisation du marché du travail ?, n'a pas été posée. On a gardé l'intégralité du droit du travail, alors qu'il fallait le réformer et on a ajouté la rupture conventionnelle, pour permettre à des personnes qui ont envie de quitter leur entreprise de le faire en bénéficiant des allocations chômage. Cela va profiter à ceux qui sont proches de la retraite.

Ces changements n'ont rien à voir avec cette "sécurité sociale professionnelle" que prônait le candidat Sarkozy. Ils auront pour effet de réduire l'emploi des seniors à un coût exorbitant pour les finances publiques. Ce qu'il faut, c'est rendre le droit du travail plus transparent afin qu'il ne soit pas systématiquement détourné.

La transparence, c'est précisément l'un des maîtres mots de Nicolas Sarkozy.

Il y a un grand écart entre le discours et la pratique. On annonce la transparence et on organise l'opacité. La méthode de Nicolas Sarkozy consiste à lancer beaucoup de chantiers en même temps en concédant facilement des avantages catégoriels pour éviter de bloquer le processus.

Or, sur chacun des chantiers, les opposants aux réformes résistent avec vigueur. Progressivement, Nicolas Sarkozy se retrouve piégé. L'opacité permet de masquer l'échec global d'une réforme en communiquant uniquement sur un aspect ayant l'apparence d'une "réussite", par exemple l'allongement de la durée de cotisation pour les régimes spéciaux de retraite. Tous les avantages concédés en contrepartie ne sont pas évoqués. Pire, le gouvernement a imposé de ne publier aucun chiffrage officiel sur le sujet pendant la réforme. Un récent rapport du Sénat indique que cette réforme va sans doute coûter plus cher qu'elle ne rapporte, contrairement à l'objectif annoncé.

Il y a tout de même des réalisations. C'est le cas des taxis, dont le nombre vient enfin d'augmenter.

C'est l'exemple même de l'impréparation. En installant la commission Attali, Nicolas Sarkozy déclarait : il n'y a pas assez de taxis en France et ce n'est pas le plus difficile à réformer. Or quand on possède un taxi, on a une licence. A Paris, elle vaut autour de 180 000 euros. Si l'on veut réformer, il ne faut pas spolier les propriétaires de ces licences, il faut donc les dédommager pour ensuite ouvrir la profession.

Le rapport Attali prévoyait d'ouvrir la profession sans se préoccuper de dédommager les chauffeurs de taxi. Face à une telle injustice, la profession s'est mobilisée. Le gouvernement a alors bouclé à la va-vite un accord claironnant une augmentation de 5 000 taxis à Paris. En réalité, on arrive à ce chiffre par tout un tas d'arguments comptables - des "équivalents taxis" parce qu'on roule une heure de plus ou qu'on assouplit la réglementation, etc. En outre, il a été obtenu une voie réservée sur l'autoroute A1 pour rejoindre l'aéroport Charles-de-Gaulle, mais son coût sera considérable. Le bilan global est qu'il n'y a pas plus de taxis que ce qui était prévu avant la réforme, que les conducteurs ont un peu amélioré leur situation, mais au détriment des usagers et des contribuables. Cet exemple peut sembler anecdotique, mais le processus est le même sur toutes les grandes questions, notamment la loi sur la modernisation de l'économie.

Sur ce sujet, pendant la campagne pour l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy, comme Ségolène Royal, estimait que les lois Raffarin et Galland devaient être supprimées.

Il est vrai que, à peine élu, le chef de l'Etat a affirmé que le grand commerce de détail fonctionnait mal, que la concurrence n'était pas au rendez-vous, et que les prix étaient supérieurs à ce qu'ils sont dans des pays comparables au nôtre.

Pour y remédier, il faut permettre à de nouvelles enseignes de s'installer dans des zones de chalandise en faisant concurrence à celles qui sont en place. Le projet de réforme proposé allait timidement en ce sens. Mais les amendements parlementaires ont complexifié la loi et renforcé les difficultés pour les nouveaux arrivants. En pratique, les élus locaux pourront contrôler l'installation de tout magasin d'une surface supérieure à 300 mètres carrés, exactement le même seuil que celui de la loi Raffarin... que l'on voulait supprimer ! Ce qui donne un avantage aux enseignes en place qui s'entendent avec les élus locaux pour obtenir une extension de leurs surfaces. Et le manque de concurrence persiste.

On assiste encore à un grand écart entre la communication et la réalisation. On peut se demander jusqu'à quand ça va durer.

40 % de plus d'heures supplémentaires, grâce à leur défiscalisation, n'est-ce pas là une réussite ?

Il y a en effet 40 % d'heures supplémentaires de plus qui sont déclarées. Mais ces 40 % existaient, sans être déclarées, grâce à tout un système de primes et autres avantages. Désormais, il est plus intéressant de les déclarer, puisqu'elles sont défiscalisées, mais, du point de vue de l'activité, il n'y a pas de changement significatif. C'est du pur opportunisme fiscal sur le dos des contribuables. Quatre milliards d'euros pour l'instant, et 6 milliards envisagés en régime de croisière. C'est un manque à gagner énorme pour les finances publiques sans effet avéré sur l'activité.

La défiscalisation des heures supplémentaires est une réponse idéologique, pour faire passer le message "travailler plus pour gagner plus". Un message politique, comme l'était celui de la gauche avec les 35 heures, en négligeant, à chaque fois, la manière dont fonctionne l'économie.

Alors, la France serait-elle irréformable ?

Certainement pas. Mais il faut au préalable réformer notre démocratie sociale. Or la réforme de la représentativité syndicale menée par le président Sarkozy est aussi un échec. Désormais, la représentativité d'un syndicat se fonde sur son score aux élections professionnelles.

Cela ne fait que modifier le rapport de force entre les organisations sans s'attaquer aux défauts majeurs qui minent les relations sociales dans notre pays : la désyndicalisation massive des salariés du privé et le financement opaque, souvent à la limite de la légalité, des organisations syndicales.

L'autre priorité touche à la réforme de la démocratie politique. Elle suppose que l'on renforce le Parlement, en particulier en mettant fin au cumul des mandats et en améliorant les moyens dont disposent nos parlementaires. L'influence des groupes de pression pour faire obstacle au changement ou en tirer tous les bénéfices aurait alors plus de chance d'être mieux maîtrisée. Faute d'avoir fait un préalable de ces deux chantiers et de les avoir menés à terme, il y avait peu de chances de réussir des changements d'envergure.


Propos recueillis par Josyane Savigneau
Article paru dans l'édition du 04.04.09
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17 mars 2009 2 17 /03 /mars /2009 16:24

Jospin, Fabius et Aubry, un front contre l’Otan

Les deux anciens Premiers ministres se sont associés à Martine Aubry pour dénoncer la décision de Sarkozy de réintégrer la France dans le commandement militaire de l’Otan. Une «rupture» qui met à mal notre «indépendance» et notre «influence».

Laurent Fabius, Martine Aubry, Lionel Jospin... Par cette jolie photo de famille, le PS entend marquer le coup sur le retour complet de la France dans l’Otan. A l'occasion ce moment historique, la triplette a convoqué mardi les journalistes – en compagnie du patron des députés socialistes Jean-Marc Ayrault – pour dire tout le mal qu’ils pensent de la décision de Sarkozy, avant le débat de l’après-midi à l’Assemblée, suivi d’un vote de confiance.
Histoire de donner de «la solennité au débat», face à «la gravité de la décision» d’un Nicolas Sarkozy «atlantiste par idéologie», Martine Aubry s’est donc entourée de «deux anciens Premiers ministres, deux hommes d’Etat».


Jospin sort de sa réserve
A sa gauche, Lionel Jospin, Premier ministre de 1997 à 2002, défait à la présidentielle de 2002, sort de sa réserve habituelle, dira-t-il juste après avec le sourire. Cette fois, c’est plutôt Nicolas Sarkozy que Jospin veut gêner.
Un petit raclement de gorge, la machine se remet en route. Lionel Jospin s’applique à démonter point par point la décision présidentielle. Elle «va nous banaliser, alors qu’on nous accepte originaux». «On a besoin de la parole de la France», avertit-il. Il rappelle qu’il avait su s’opposer déjà, en 1997 à Matignon, au retour de la France dans le commandement militaire de l’Otan, lorsque que Chirac y pensait. Tout en soulignant l’avantage de la position française, comme lors de l’intervention au Kosovo, à laquelle la France avait participé :
«Nous avons souvent dit “non” aux Américains pour des frappes aériennes. Les risques étaient trop grands pour les populations civiles».
Jospin ajoute que le Nicolas Sarkozy aurait pu, grâce à la réforme de la constitution, organiser un débat avec vote à l’Assemblée «n’engageant pas la confiance». Au lieu de cela, «on préfère un vote sur la confiance», donc général et ne portant pas sur l’Otan, «pour ligoter la majorité», loin d’être unie sur le sujet.

Fabius en garde sous le pied pour la tribune

Fabius attend son tour patiemment. Quand il vient, l’ex-Premier ministre de Mitterrand en garde sous le pied. Ses grands effets d’orateur, il les garde pour la tribune de l’Assemblée nationale, où il défendra la position des socialistes. Lui aussi moque une majorité divisée sur l’Otan: «Au Sénat, le gouvernement refuse le vote parce qu’il n’est pas assuré de sa majorité». Il rappelle que le candidat Sarkozy «n’avait pas dit qu’il réintégrerait le commandement intégré de l’Otan».
Devant cette «rupture du consensus national», Laurent Fabius passe en revue les griefs de la décision sarkozienne. «L’indépendance» de la France mise à mal, tout comme «l’influence» : «Nous sommes un pont entre Est ou Ouest, Sud et Nord. Ce pont-là va être brisé.»
«Nous allons demander que cette décision ne soit pas définitive», avertit Martine Aubry, qui espère bien revenir sur cette position «en 2012, quand nous reprendrons le pouvoir»

Libération - mardi 17 mars 2009 - FRANÇOIS VIGNAL

 

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 11:58
 

L’Isle-Adam - Mériel - Liesse et colère pour la venue de Sarkozy

Des centaines de personnes ont accueilli le président sous les acclamations hier matin, ce qui n’a pas empêché ses opposants, maintenus loin du cortège officiel, de manifester.
Laurence Allezy et Arnaud Baur | 04.02.2009 - Le Parisien Val d'Oise

Ils sont venus pour protester contre la politique menée par Nicolas Sarkozy. Hier midi, une cinquantaine de manifestants se sont fait entendre devant la petite gare de Mériel à défaut de pouvoir approcher le président de la République. L’important déploiement de gendarmes n’a pas permis au cortège de quitter la place de la Gare.

En marge de sa visite officielle à L’Isle-Adam, Nicolas Sarkozy s’est rendu à Mériel pour rencontrer des centaines de militants UMP à l’Espace rive gauche.

« Nous sommes là pour défendre nos emplois » 
Les syndicalistes de la Poste, de l’hôpital public, de l’Education nationale, des lycéens et étudiants, épaulés par des militants socialistes, communistes et verts, ont dressé banderoles et pancartes pour dénoncer les mesures prises par le gouvernement. « Nous sommes là pour défendre nos emplois. Pour dire non à la politique de Nicolas Sarkozy. Nous voulons sauver nos guichets, préserver l’accueil de proximité et lutter contre la privatisation », lâche une syndicaliste, employée de la Poste, qui regrette de ne pouvoir s’exprimer face au président.
Petit clin d’oeil d’actualité, l’un des manifestants brandit un panneau sur lequel on peut lire : « Gardez le préfet, virez Sarkozy ». Une référence à la visite chahutée du président le 12 janvier dans la Manche qui a coûté son poste au préfet.
A L’Isle-Adam, au coeur de la visite officielle du président de la République arrivé en hélicoptère, c’est une tout autre ambiance qui règne.
Ici aussi, le dispositif policier est impressionnant. « Complètement démesuré », condamne même une lycéenne. « Pour aller en cours de sport, au gymnase, après avoir montré son carnet de liaison à trois reprises, nous avons dû présenter notre carte d’identité avant de pouvoir enfin passer », rapporte-t-elle. Mais la visite du nouveau barrage, d’une écluse et de la péniche « Debussy » vire au triomphe pour le président devant la Maison de L’Isle-Adam. « Ni-co-las, Ni-co-las… ! », scandent des centaines de personnes qui attendent « le président », avec appareils photo et téléphones portables prêts à immortaliser ce moment « unique ». « Eh, M’sieur Sarkozy, j’ai séché les cours pour venir vous voir », hurle un jeune fan encore tout content d’avoir pu lui serrer la main.

« J’ai séché les cours pour venir vous voir »
Le bain de foule extérieur précède l’acclamation à l’intérieur, où a lieu une table ronde avec différents acteurs du transport fluvial. 500 à 600 invités triés sur le volet, dont de nombreux élus UMP du département, écoutent les protagonistes et Nicolas Sarkozy exposer son plan de relance du fluvial. La réunion se termine comme elle a commencé : sous les applaudissements nourris.
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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 14:45
César et pape à la fois !
 
André Laignel député européen Marie-Noëlle Lienemann députée européenne et Paul Quilès ancien ministre, maire de Cordes-sur-Ciel, animateurs de Gauche Avenir.
 
Libération - vendredi 15 février 2008
 

L’illustration du Léviathan, œuvre du philosophe politique anglais Hobbes, représentait le roi tenant à la main droite le glaive, à la main gauche la crosse : César et pape tout ensemble, pouvoirs spirituel et temporel réunis, le destin de tous confié à un seul. Pour Hobbes, tout régime politique est en effet «par définition, absolutiste». Cette image, qui renvoie aux idées et à la philosophie du XVIIe siècle, serait-elle celle d’une «Césaropapie» révolue ? Eh bien non ! Il semble qu’en ce début de XXIe siècle, Nicolas Sarkozy ne refuserait pas de céder à cette tentation. Ce serait même pour lui, sous prétexte de moderniser la France, une façon de rejeter l’originalité fondamentale de la République française, indivisible, laïque, démocratique et sociale. 

 
 

République indivisible ? Nicolas Sarkozy introduit une différence entre les citoyens croyants et non croyants. Chanoine d’honneur de Latran, il déclare : «Je suis comptable des espoirs que le déplacement du pape courant 2008 suscite chez mes concitoyens catholiques et dans de nombreux diocèses.» Les autres n’auraient-ils pas d’espoir ? Si Nicolas Sarkozy était le connaisseur de Jean Jaurès qu’il feignait d’être pendant sa campagne présidentielle, il aurait adjoint l’espoir de tous ceux qui luttent et qui se donnent «aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense».«A travers vous, j’adresse à toute la nation saoudienne le salut fraternel de la France. Ce salut, je veux l’adresser aussi à la nation arabe et à toute la communauté des croyants.» Là encore, l’opportunisme et l’utilisation hâtive de termes superficiellement assimilés l’amènent, dans un des pays musulmans les plus conservateurs, à considérer comme intangible une communauté si prégnante qu’elle interdit à ses membres de renoncer à leur foi ou d’en changer, voire même de se marier hors de la communauté. Là aussi, quelle piètre défense de la liberté de penser et donc de la liberté inscrite dans la devise de notre République ! Puis le voilà en voyage au Moyen-Orient, qui s’enflamme :

République laïque ? Ecoutons encore : «Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en rapproche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance.» Nicolas Sarkozy oublie Guy Môquet, ou plutôt il pense que les Français ont oublié son hold-up idéologique. Les enfants et petits-enfants de résistants non croyants ont sûrement apprécié ! Quant à la «radicalité du sacrifice de la vie», il faudrait se souvenir qu’elle guide aussi les terroristes kamikazes… On se demande si Nicolas Sarkozy ne se posera pas bientôt la question : les non-croyants ont-ils une âme ? Cette hiérarchisation des citoyens est insupportable et contraire à l’égalité inscrite dans la devise de notre République.

Nicolas Sarkozy semble oublier que notre destin commun est la laïcisation de l’Etat. Historiquement, tous les actes de la vie civile ont été progressivement soustraits à l’emprise religieuse. Notre état civil prend définitivement forme en 1792, avec le pouvoir exclusif donné aux communes de recueillir «les actes destinés à constater les naissances, les mariages et les décès». Mais il faudra attendre 1972 pour que soit supprimée la demande faite aux jurés d’assises de porter serment «devant Dieu et devant les hommes». La loi de 1905 instaure la séparation, mais sa mise en pratique fut un combat quotidien. Plus près de nous, la publicité parodiant la Cène retirée de l’affichage, l’attentat lors de la projection de la Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese à Paris, les attaques contre la liberté d’expression à la sortie des Versets sataniques de Salman Rushdie ou la récente controverse sur les caricatures de Mahomet sont autant de signes qui démontrent la nécessité de la laïcité et son actualité.

Au moment où la société française est plus que jamais fragmentée, le combat laïc est un combat contre l’obscurantisme. Le «sermon» de Nicolas Sarkozy sur les «racines religieuses» du monde a de quoi inquiéter : «Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme. Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère. Dieu qui est le rempart contre l’orgueil démesuré et la folie des hommes. Dieu qui, par-delà toutes les différences, ne cesse de délivrer à tous les hommes un message d’humilité et d’amour, un message de paix et de fraternité, un message de tolérance et de respect.» On frémit en pensant à ce qui pourrait advenir de notre société si Dieu n’existait pas !

L’urgence, aujourd’hui, c’est de rappeler que la laïcité est le socle du pacte républicain, inséparable de la démocratie, de la justice sociale, de la solidarité et de la paix civile. C’est aussi de réaffirmer que l’éducation est au centre de la démarche laïque. Il faut refuser l’introduction dans la Constitution d’un concept de «discrimination positive». En revanche, il serait utile d’édicter une charte de la laïcité dans les entreprises, dans les services publics, notamment dans les hôpitaux, où les personnels sont de plus en plus confrontés à des pressions religieuses inacceptables. Pourquoi ne pas donner à ce combat une dimension plus large, en créant un espace mondial de la laïcité, à l’image de ce qui a été réalisé avec la francophonie ? C’est là un noble enjeu de civilisation ! Face à la tentation de confondre le spirituel et le temporel, il faut plus que jamais défendre la laïcité.

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