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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 08:31

LE PLUS. Entre 15.000 et 30.000 personnes ont manifesté dans les rues de Quimper, le 2 novembre, pour l’emploi en Bretagne. Une manifestation organisée sur fond de fronde anti-écotaxe. Faut-il vraiment voir dans ce mouvement un particularisme régional ?

Par Roland Greuzat, animateur de Maintenant la Gauche Finistère et adjoint au maire de Plourin-lès-Morlaix.

Vous pouvez retrouver cet article sur le site du Nouvel Observateur http://leplus.nouvelobs.com/contribution/965369-.html

bonnets rouges-copie-1Incontestablement, les Bretons ont mal à la Bretagne. Est-ce là un particularisme régional, un sentiment mal vécu de délaissement dont le ressenti serait ici plus fort que dans les autres régions ? Le sentiment d’être mal payé en retour après avoir, Morbihan mis à part (et encore), contribué largement au succès de la gauche ? Ou bien alors une crise bien plus sérieuse dont les racines seraient ancrées au plus profond de la terre bretonne ?

Un hallucinant amalgame

La Bretagne, si elle n’est pas favorisée en matière d’emploi, n’est pas la pire région de France sur ce plan mais les dernières catastrophes sociales (Marine Harvest, Tilly Sabco, Gad) viennent après une série de restructurations que l’on a déjà connues dans les arsenaux, l’électronique militaire et civile et d’autres secteurs.

On pourrait penser à de simples phénomènes conjoncturels, comme c’était le cas par le passé. Mais dès que l’on entre dans le cadre de l’agro-alimentaire, le phénomène conjoncturel est révélateur d’une profonde crise structurelle.

D’abord sur le caractère extensif des filières, où les coûts ont flambé pour diverses raisons (écologiques pour la production porcine, dumping social, mauvais choix stratégiques), comme pour l’organisation même du secteur en groupements de producteurs qui se sont éloignés petit à petit de ceux qui constituaient leur base.

C’est là que naît l’incompréhension. Ce qui a conduit à cette néo-révolte des “bonnets rouges” est un hallucinant amalgame. Certes, les mécontentements étaient sous-jacents, mais guère différents de ceux qui sont étalés chaque jour dans les médias : impôts, prix, retraites, etc… Comme pour la formation du verglas, il y a partout en France en ce moment de l’eau en surfusion mais toute la Bretagne s’est verglacée à partir des 900 suppressions d’emploi chez Gad.

D’un coup, tous les conflits antérieurs sont remontés à la surface, la lutte contre l’écotaxe qui était déjà un classique du genre depuis plusieurs mois et plusieurs portiques effondrés, a fait ressurgir l’esprit de révolte. C’est dire que dans cette démarche, s’il y a une forte connotation locale, il y a également une forte connotation hexagonale.

Des arrières-pensées politiques

Les sinistrés de l’emploi, les sinistrés de l’agriculture extensive ont été ainsi rejoints dans leur lutte totalement légitime par ceux auxquels, pour une bonne part, ils devaient leur malheur.

Les imposteurs ont un nom : ce sont les groupements de producteurs, le Medef, les dirigeants de la FNSEA/FDSEA, les “pigeons” locaux, les revanchards UMP, les patrons sans scrupules, les fossoyeurs de l’agro-alimentaire breton, eux-mêmes présents dans les rangs de la manifestation quimpéroise, toute honte bue, le tout regroupé dans un collectif au nom fumeux “Vivre, travailler et décider en Bretagne”.

Agnès Le Brun, maire de Morlaix, secrétaire départementale de l’UMP, avait affrété son car, des covoiturages étaient proposés sur le net par des extrémistes de droite notoires. Le tout sur un vieux fond de régionalisme breton pour mieux faire passer l’imposture. Et quand on dit régionalisme ici, nous n’évitons malheureusement pas l’expression peu glorieuse des factions de l’extrême-droite identitaire bretonnante toujours vivante, voire renaissante.

Et puis on a vu le maire de Carhaix, Christian Troadec, agiter cet ensemble sans porter particulièrement attention à l’éclectisme dont il était fait. Ce n’était pas son souci. Co-fondateur du Festival des Vieilles charrues, il a emmené à Quimper, dans son sillage, l’association elle-même, suivi des principales associations culturelles bretonnes.

Cela n’est pas étonnant, considérant Carhaix et le micro-pays du Poher, comme le Centre-Bretagne à lui tout seul, considérant sa ville comme une véritable principauté, il est toujours en avance d’une élection… Là encore, il vise 2014, pour un destin européen après avoir assuré sa mairie en neutralisant nos camarades socialistes, et 2015 pour les régionales.

C’est dire que cette manifestation quimpéroise tombait à point nommé pour ressortir les fameux “bonnets rouges” dont il avait coiffé ses troupes il y a quatre ans pour la défense de son hôpital…

La détresse des salariés instrumentalisée

À agiter ainsi l’étendard de la révolte, le symbole du “bonnet rouge” est devenu celui de l’imposture. Pire, il y faute contre la morale : c’est profiter de la détresse de salariés pour lancer une manifestation avant tout anti-gouvernementale, anti-socialiste, et, disons-le, anti-Hollande.

C’est conforter également ce qui nous inquiète de plus en plus, à savoir la progression de l’extrême-droite. Notre ruralité est devenue perméable aux propositions du Front National, nous avons vu des petites communes, lors des dernières législatives, voter FN à 60%. Nous ne voulons plus voir cela.

Prudemment, la Fédération socialiste du Finistère a demandé à ses adhérents, dans un mail diffusé 48 heures avant, de faire en sorte qu’aucun socialiste ne soit présent à Quimper, rappelant au passage le “Pacte pour la Bretagne” et la suspension de l’écotaxe.

Avec nos camarades de “Maintenant la gauche”, nous avons été nombreux à nous démener sur le net comme en allant au devant de la population pour dénoncer cette imposture majeure et inviter un maximum de Finistériens à rejoindre la manifestation syndicale qui avait lieu à Carhaix en même temps que la manifestation quimpéroise.

Notre position à Carhaix, au milieu des syndicalistes, des Verts, de nos camarades des autres partis de gauche, n’était certes pas des plus confortables, mais il nous fallait assumer, dire que le socialisme ce n’était pas uniquement la politique d’un gouvernement, que nous étions fidèles à nos valeurs, que nous entendions faire en sorte que notre parti le soit et que le gouvernement ressente cet appel profond d’un retour dans les actes à notre véritable identité.

Retrouver le sens de la vertu

On conçoit très bien le danger qui plane au lendemain de la manifestation des “bonnets rouges” (Armor Lux, 15 euros), à savoir que le gouvernement entende ce tumulte au-delà de ce qu’il a déjà fait, à savoir le “Pacte pour la Bretagne” et la suspension de l’écotaxe, en donnant des gages aux revanchards, en s’orientant de plus en plus vers un socio-libéralisme de mauvais aloi.

Plus que jamais, nous devons être vigilants, vigilants contre nos adversaires politiques de toujours, vigilants contre l’extrême-droite (quoique entre ces deux derniers la frontière soit ténue), vigilants contre nous-même également : tenir fermement la barre du socialisme.

Nous ne devons être porteurs de rien d’autre que de la parole socialiste. C’est à notre parti de dire le socialisme, c’est à “Maintenant la gauche” de le lui rappeler. Il serait plus que temps de revenir à ces fondamentaux. Et ne pas jeter nos bonnets comme notre vertu par dessus les moulins.

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18 octobre 2013 5 18 /10 /octobre /2013 07:01

Les commentaires sur l'élection de Brignoles ne font pas une stratégie

Il faut des décisions et des actes.

Harlem Désir et les dirigeants socialistes ne peuvent limiter leurs commentaires sur l’élection de Brignoles en appelant à une union de la Gauche et des Écologistes dans les cas où il y a une menace électorale du FN.

A l’évidence, le rassemblement des forces de Gauche et Écologistes est une condition nécessaire pour faire barrage au FN dans de nombreuses élections à venir. Mais ce rassemblement ne peut se limiter à une forme de «sauve qui peut» qui ne mobilisera pas réellement les électeurs.

2013-04-22lienemannCar la première des priorités pour contrer Marine Le Pen est de remobiliser notre camp, cette masse d’électeurs de Gauche qui s’abstiennent car ils désapprouvent l’orientation actuelle du gouvernement qui est parfois contradictoire avec les promesses faites et, en tout cas, ne répond pas à leurs difficultés et aspirations.

Sans attacher une place décisive aux sondages, il ne faut pas être grand clerc pour mesurer sur le terrain que les 23% d’adhésion au président de la République ne sont pas sous-estimés et que le mécontentement gronde. Il gronde dans le peuple, il couve où il se manifeste aussi chez nos partenaires du Front de Gauche et chez les Écologistes.

Et là, la plupart du temps, s’expriment de grandes convergences entre le mouvement social et une large partie de la Gauche. On l’a vu encore hier pour le vote sur la « réforme des retraites » où le groupe Front de Gauche a voté contre, le groupe EELV, les Radicaux de Gauche et 17 socialistes se sont abstenus pour manifester leur désaccord sur l’allongement de la durée des cotisations, si bien que c’est seulement à la majorité relative, avec les seules voix du PS, que ce recul social a pu passer. Au passage, on voit là aussi  l’effet pernicieux des institutions de la Vème République où bon nombre de députés disent être en désaccord avec telle ou telle loi et, au nom de la solidarité avec le gouvernement, votent ce qu’ils désapprouvent. En tout cas il faut être sourd à l’expression de nos concitoyens pour ne pas entendre leur colère devant ce qu’ils estiment être une duplicité, à savoir s’être opposé à la loi Fillon et aller plus loin dans le retard du départ à la retraite et dans la réduction de leurs niveaux. Ainsi ils ne défilent pas, convaincus comme ils le sont de ne pas pouvoir gagner mais ils n’iront pas non plus voter. Le meilleur cadeau que l’on puisse faire à Marine Le Pen c’est de laisser s’installer le fatalisme.

Le vote de la réforme des retraites laissera des traces durables dans le discrédit à porter au gouvernement et au président de la République.

Sur de nombreux autres sujets, des convergences s’expriment à Gauche en phase avec l’attente de notre peuple comme l’urgence à mettre en œuvre une réforme fiscale juste, claire et efficace or les bidouillages fiscaux ne peuvent faire office de réforme fiscale. La hausse prévue de la TVA est injuste et injustifiée car les 7 milliards de recettes attendus doivent contribuer au versement au CICE qui, pour au moins pour moitié des 20 milliards prévus, seront versés à des entreprises qui ne sont absolument pas concernées par la concurrence mondiale.

Où est donc passée la condamnation de la TVA sociale, l’engagement de ne pas donner des aides aux entreprises sans contreparties ?

Convergence aussi pour demander que l’engagement pris d’encadrer les licenciements économiques et la priorité de reprise d’une entreprise pour les salariés à égalité de proposition financière soit mis en œuvre.

Les Français, nos électeurs, attendent à minima un respect des engagements pris et un retour à l’esprit du Bourget qui ont permis l’élection de François Hollande avec un score serré rassemblant au second toute la Gauche et les Écologistes.

Et sur tous ces points le rassemblement de la Gauche est possible.

Sans changement réel, sans alternative effective par rapport a la politique de la droite, le FN prospérera et la gauche sera divisée.

Ce que doit faire le PS ?

Prenant au mot le premier secrétaire je lui adresse trois questions :

  • Que compte faire concrètement le PS pour réussir ce rassemblement. Quand mettra-t-il en place le comité de liaison de la Gauche prévu depuis le congrès de Toulouse ?
  • Quels engagements, quelles réorientations le gouvernement compte t’il engager pour rendre possibles des convergences entre toutes les forces de Gauche et Écologistes (au moins PS/PC/EELV) ?
  • Le gouvernement est-il prêt à annuler les hausses de la TVA pour soutenir le pouvoir d’achat ? Ce serait un premier geste. Est-il prêt à conditionner le CICE et à en réduire l’ampleur ?
  • Au lieu de parler de rassemblements là où les risques d’élections du FN sont prévisibles, pourquoi ne pas faire une offre d’union plus ambitieuse ? Car finalement la menace FN se diffuse et conjurer le péril suppose d’agir avant qu’il ne soit majeur.

Les principes de base d’une stratégie anti-FN

Plus globalement pour conjurer la menace électorale du FN mais aussi pour faire reculer ses idées dangereuses, il faut de façon urgente développer une stratégie claire.

  1. Mener une politique conforme à nos engagements avec de réels changement par rapport à celle de la droite qui suppose de réorienter la politique gouvernementale pour mettre en œuvre les engagements de Gauche pris devant les français (réorienter l’UE, réforme fiscale, relance de la croissance, redressement industriel, transition énergétique, lutte contre les délocalisations, etc..).
  2. Restaurer la confiance du peuple de Gauche en rassemblant toutes celles et ceux qui ont fait la victoire de François Hollande et en élaborant un socle de convergence entre les forces de Gauche et Écologistes qui scellerait un accord législatif voire gouvernemental autour de changements concrets et majeurs à engager rapidement et pour la fin du quinquennat.
  3. Tenir bon sur les principes et mettre fin aux errements de certains ministres qui croient judicieux de reprendre les discours (de surcroît largement éculés) de la Droite tant sur le terrain de la sécurité, de l’économie, du coût du travail ou de l’immigration. Le respect des principes ce n’est ni de l’angélisme ni du laxisme. Car chaque fois qu’on fait la moindre concession à l’adversaire, sur ce terrain, c’est toujours lui qui en profite. L’humanisme n’est pas un luxe, ni un supplément d’âme. Le pacte républicain c’est et l’ordre et l’émancipation humaine. Jamais l’un sans l’autre et moins encore l’ordre sans le respect de l’humain.
  4. Reprendre l’offensive idéologique, refuser la triangulation, assumer ce que nous sommes, une Gauche singulière en Europe alliant la république et le social, l’égalité et la liberté, faisant vivre la fraternité et la laïcité. Bref assumons d’être une Gauche décomplexée.

Un triste 15 octobre 2013

Hier, où fut voté l’allongement de la durée de cotisation pour la retraite et arrêtée une jeune lycéenne kosovare dans son bus scolaire par la police française, restera comme un jour noir pour la Gauche et notre République.

Comment alors s’étonner qu’avec de tels renoncements, notre peuple déprime, désespère de lui-même, se laisse aller à de sinistres pensées ?

Deux jours après Brignoles, c’est tout le contraire de ce qu’il faut faire !

Que faut-il pour qu’il y ait un sursaut ? En tout cas, en aucune façon nous taire.

Soyons une gauche décomplexée et efficace pour améliorer le sort des couches populaires, des salariés et préparer l’avenir du pays.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 20:35

logo MLG 2Communiqué de presse de Maintenant la Gauche

Nous tenons à faire part de notre indignation et de notre incompréhension après l’arrestation de la jeune Léonarda, collégienne d’à peine 15 ans, alors qu’elle participait à une sortie scolaire. La brutalité de la méthode justifie à elle seule la sanction du préfet qui a couvert cette opération, sans même attendre les résultats de l’enquête administrative demandée par le Premier ministre. De même, le retour en France de Léonarda et de sa famille, leur régularisation immédiate, nous paraissent indispensables.

leonarda.jpgMais au-delà de la légitime émotion que l’expulsion de cette famille, qui avait clairement fait la preuve de sa volonté d’intégration, suscite chez nos compatriotes, il est temps d’interroger notre politique en matière d’immigration irrégulière.

Pendant 5 ans, les socialistes ont, aux côtés des associations, milité pour un assouplissement des critères de régularisation des sans papiers et l’abandon d’une politique du chiffre. L’abrogation du délit de solidarité, celle de la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers ont incontestablement marqué une rupture avec le sarkozysme. Aujourd’hui, il faut aller plus loin.

Ce n’est pas seulement l’application des textes qu’il faut discuter, mais aussi les textes eux-mêmes. C’est aussi l’état du droit en matière d’immigration que cette triste affaire révèle. Le parlement devait légiférer, mais les délais ont été repoussés. Il est temps d’agir.

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 20:22

nouvelobs.com - Publié le 16-10-2013 à 13h13 par 

Emmanuel Maurel, membre du bureau national du PS, s'indigne de l'expulsion de la jeune collégienne Kosovare lors d'une sortie scolaire. Interview.

Le parti socialiste fait savoir sa colère, mercredi 16 octobre, au lendemain de l'annonce de l'expulsion controversée d'une collégienne kosovare de 15 ans, Leonarda Dibrani, remise à la police dans le Doubs alors qu'elle participait à une sortie scolaire. Après avoir annoncé une "enquête administrative"sur les "conditions d'éloignement" de la jeune fille, Manuel Valls appelle chacun à "garder son sang-froid", tandis que la solidarité gouvernementale est malmenée. "Je demande qu'on sanctuarise l'école", a fait savoir Vincent Peillon, tandis qu'Harlem désir demande le retour de Leonarda dans sa classe. Emmanuel Maurel, membre du bureau national du PS, dit lui aussi son indignation. Interview.

974853-1155290Quel est votre sentiment à l'annonce de cette expulsion ?

- De l'indignation, de la colère aussi face à l'emploi de méthodes très contestables. Une décision aveugle a été prise, qui ne tient compte des conditions de vie de cette famille, ni de la situation de cette élève en particulier.

Claude Bartolone pointe une remise en cause des valeurs de gauche...

- Je suis totalement d'accord avec lui. Pendant dix ans, nous avons condamné la politique aveugle menée par la droite en termes d'immigration et de traitement des sans-papiers et expliqué que nous devions mener une bataille culturelle différente. Un important travail a été mené aux côtés des associations, notamment RESF [Réseau éducation sans frontières NDLR], pour dénoncer le caractère brutal des expulsions auquel nous avions promis de mettre un terme.

Qui est responsable ?

- D'abord le préfet. La façon dont a été appliquée la circulaire est totalement disproportionnée. Je m'associe à la colère des enseignants, des parents d'élèves et des amis de Leonarda, légitimement choqués. Au-delà de ça, ce qu'il s'est passé est l'occasion d'un débat plus large. Il est temps pour la gauche de revoir les critères de régularisation des sans-papiers et de réfléchir à une autre manière d'appliquer la loi.

Que dire de Manuel Valls ?

- C'est bien qu'il y ait une enquête, c'est absolument nécessaire. Mais il faudra selon moi examiner le retour de cette collégienne et de sa famille sur le territoire et envisager l'obtention d'un titre de séjour. Elle pouvait d'ailleurs y prétendre à la fin de l'année. Leonarda était scolarisée en France depuis quatre ans, parle notre langue, sa famille est insérée. Cet effort d'intégration doit être pris en compte. Manuel Valls a dit à juste titre vouloir rompre avec la politique du chiffre, ce qui est le cas. Mais cet exemple démontre que l'on est encore loin de ce qu'on peut attendre d'un gouvernement de gauche, qui se doit d'être en rupture nette avec le précédent.

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 07:53

Clement_Meric.jpg20 organisations valdoisiennes de gauche (Partis, syndicats, associations) appellent à un rassemblement le mercredi 12 juin à 18h30 à Argenteuil devant la stèle de Gabriel Péri pour rendre hommage à Clément, en soutien à sa famille et pour exiger la dissolution immédiate de tous les groupuscules d’extrême-droite.

Il n’y aura pas d’interventions lors de ce rassemblement, seulement 1 minute de silence suivi du Chant des partisans et de la Marseillaise.

Signataires : ADECR, CGT, FASE, FCPE, FSU, GA, GU, LDH, MJCF, MJS, NPA, PCF, PCOF, PG, PS, RS, SUD, UDESR, UNEF, UNL.

Maintenant la Gauche Val-d'Oise s'associe pleinement sur le fond à cette mobilisation et salue cette occasion trop rare d'un rassemblement commun à toutes les organisations valdoisiennes de la gauche politique et sociale.

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 07:45

Marianne.net - lundi 8 avril 2013

prise_de_la_bastille.jpgL’histoire nous sert sur un plateau d’argent un scénario rêvé. Nous pouvons prouver à tous ceux qui attendent de nous le redressement du pays, qui espèrent que nous fassions de la France le lieu où se nouera la contre-offensive à la plus formidable entreprise de déstabilisation de l’Etat providence qui se sert de la crise comme prétexte, nous pouvons leur prouver, enfin, que le 6 mai ne fut pas un malentendu, que le retour de la gauche au pouvoir dans ce pays peut correspondre à un véritable basculement.

Le moment est dramatique ? C’est donc maintenant qu’il faut l’écrire, ce roman du rêve français, de la République retrouvée, du rétablissement des valeurs auxquelles nous croyons. C’est dans la tempête qu’on mesure la valeur des capitaines ? Alors allons-y, tous sur le pont !

L’évasion fiscale est un acte félon pour le citoyen, c’est un crime de lèse vivre ensemble, une outrance à la première des dignités collectives : la volonté partagée de nous construire un destin commun, de nous élever au dessus des barbaries quotidiennes produites par l’égoïsme. Un récent livre très documenté d’Antoine Peillon affirme qu’il manque 600 milliards à la France ? La voilà, notre Bastille ! Et tout cœur français sait ce qu’il a à faire face à la Bastille. Chaque époque a la malice de nous désigner ses Bastilles. Etre au rendez-vous de l’Histoire consiste à les prendre…

Une bonne nouvelle dans ce bordel. Le projet «Offshore leaks». Il vient comme une main tendue à ceux qui cherchent à sortir par le haut de cette séquence politique détestable. Il désigne les cibles. Honorable et salutaire travail. C’est là le rôle des journalistes d’investigation qui ont fondé ce collectif à la manière des groupes de scientifiques qui mettent en commun et en réseau leurs moyens et leurs connaissances pour trouver des solutions aux problèmes de l’infiniment grand et de l’infiniment petit.

Ne vient-on pas d’établir une photographie de l’Univers à sa naissance, il y a 13 milliards d’années ? N’avons-nous pas deux robots sur Mars qui représentent le génie de la collaboration humaine, transcendant tout ce que les carcans nationaux peuvent imposer comme limites ? Il devrait en être du ciel au dessus de nos têtes comme de la réalité bien matérielle qui nous préoccupe. La collaboration entre les nations peut révéler les mystères de notre univers ? Elle doit aussi pouvoir permettre de révéler les mystères des paradis fiscaux. C’est une exigence démocratique : le politique doit l’imposer.

Emmanuel Maurel Paris 2Nous savons où est l’argent. La volonté politique doit désormais prendre le relais pour le récupérer. Nous devons nous mettre en place avec nos partenaires tous les moyens possibles pour empêcher que ce fléau continue de miner les finances publiques. L’austérité, déjà indécente par bien des aspects ne peut être moralement défendue et justifiée dans un tel contexte. Les politiques ne peuvent plus accepter d’être les grooms du fric mondialisé.

Les écarts de richesses entre ceux qui ont le plus et ceux qui ont le moins sont les même qu’à la mi-temps du XIXe siècle. Le repli sur soi fait des ravages, les tensions s’exacerbent partout, le communautarisme progresse, les ghettos de riches narguent de leur opulence les ghettos de pauvres. Le corps social est excédé.

Cette exaspération, nous ne devons pas seulement l’entendre et la relayer, nous devons lui donner une forme politique. Elle doit inspirer la cohérence de notre action. Nous avons tant aimé nos rêves de fraternité et de progrès social. A ces rêves ont toujours correspondu des défis. Relevons-les, une fois encore. Notre modèle social, notre idéal commun, produit des Lumières, la France, l’Europe, le méritent. Sinon, à quoi bon s’être tant battu pour revenir au pouvoir ?

Emmanuel Maurel, membre du Bureau national du PS, animateur du courant Maintenant la gauche.
Jérôme Guedj, député et président du conseil général de l’Essonne, membre du Bureau national du PS.
Renaud Chenu, essayiste. Dernier ouvrage paru : Antimanuel de guérilla politique (avec Jean-Laurent Lastelle), Ed. Gawséwitch, mars 2012.

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 15:04

nouvelobs.com 03-04-2013 à 13h05 - Mis à jour à 15h03 - Par Estelle Gross

Emmanuel Maurel ParisPour le socialiste Emmanuel Maurel, les mesures contre les conflits d'intérêt doivent s'accompagner d'une réorientation de la politique économique. Interview.

François Hollande vient de s'exprimer, il a annoncé plusieurs mesures pour lutter contre la corruption et les conflits d'intérêt, qu'en pensez-vous ?

- Le président avait une gravité bienvenue. Ce qu'il propose va dans le bon sens. Mais on ne peut pas juste faire de cette affaire un problème moral, c'est aussi un problème politique. Jérôme Cahuzac a été le représentant d'une forme de caste qui demande des efforts mais qui ne se l'applique pas.

Il faut une vraie politique contre la fraude fiscale. C'est décisif, plusieurs milliards d'euros échappent à la justice, faute de volonté.

On est dans une période de grand tourment politique mais aussi dans une crise de l'efficacité politique. Il est temps d'une réorientation des politiques économiques en France et en Europe. On ne peut pas se contenter d'une réponse morale.

Le chef de l'Etat n'a pas été assez loin, selon vous ?

- Ce n'est pas ce que je dis. François Hollande a raison de réagir sur les conflits d'intérêt. Il s'agit là d'un individu mais la vraie question, c'est l'immense défiance qui vient surtout du fait que les Français ont le sentiment que les politiques n'ont pas de prise sur les choses.

Jean-Marc Ayrault s'est exprimé hier soir, François Hollande ce matin, était-ce la bonne réponse à apporter ?

- Jean-Marc Ayrault hier, c'était la réaction très spontanée d'un homme honnête qui se sentait trahi.

Harlem Désir a annoncé ce matin l'exclusion du PS de Jérôme Cahuzac…

- C'est un peu anecdotique. La vraie question qui se pose à la gauche c'est : comment sortir par le haut de ce climat délétère. Comment lutter contre la crise économique et sociale. Le conflit d'intérêt est emblématique du système capitaliste dans lequel nous vivons. C'est la force de corruption de l'argent. Comme disait le général de Gaulle, "on ne fait pas de la politique à la corbeille".

Quel est le sentiment aujourd'hui au Parti socialiste? Que répondez-vous à la droite qui s'interroge sur ce que savaient le Premier ministre et le Président ?

- Un sentiment de colère et de tristesse. Quant à la droite, elle est mal placée pour nous faire des leçons dans le domaine des conflits d'intérêt. Les hommes politiques doivent être vertueux et efficaces, sans séparer les deux.

Interview d'Emmanuel Maurel, conseiller régional d'Ile de France, membre du bureau politique du Parti socialiste, par Estelle Gross - Le Nouvel Observateur ( le 3 avril 2013)

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 14:46
Par Thibaut Pézerat -Le Lab Europe 1 | 15/02/13 - 10:02
MOUCHE DU COCHE - C'était l'engagement numéro 50 de François Hollande. Permettre aux étrangers qui vivent en France depuis cinq ans de pouvoir voter aux élections locales, comme chaque citoyen français. Pour l'adopter, une réforme constitutionnelle est nécessaire. Et qui dit réforme de la Constitution, dit majorité des deux tiers au Congrès à Versailles (députés et sénateurs réunis) nécessaire.
Problème : le compte n'y est pas. Il manque une trentaine de voix au gouvernement pour s'assurer de l'adoption du texte.Cité par Benjamin Sportouch sur Twitter, jeudi 14 février, un ministre reconnaît "en off" que le droit de vote des étrangers est abandonné.benjamin_sportouch_tweet.jpgUn abandon, annoncé depuis septembre, jugé trop facile, pour la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann. Elle était l'invitée de RFI ce mercredi 15 février, et n'a pas hésité à rappeler François Hollande à ses engagements.
Je pense que quand on promet les choses, il faut les tenir. Ceux qui ne gagnent pas une bataille sont ceux qui ne la mènent pas. Pour ma part je pense qu'il ne faut jamais renoncer à nos principes et encore moins penser qu'on ne dépend que du point de vue des autres.
Et la sénatrice, classée à la gauche du PS, de faire allusion au mariage gay, et de plaider pour "une campagne dans l'opinion":
Les lignes peuvent bouger, on le voit sur plein de dossiers de société.Je souhaite qu'on dépose ce projet de loi.
Une réforme constitutionnelle est bien prévue par Jean-Marc Ayrault, réformant notamment le statut pénal du chef de l'Etat. Elle sera présentée en conseil des ministres début mars. Mais selon toute vraisemblance et malgré les appels répétés des députés socialistes, le droit de vote des étrangers devrait être absent du texte.
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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 07:47

Communiqué d’Emmanuel Maurel, Marie Noëlle Lienemann, Paul Quilès, Gérard Filoche, Jérôme Guedj, Marianne Louis, signataires de la motion « Maintenant la gauche », présentée au prochain Congrès du PS de Toulouse.

sanifric2-150x150.pngAprès la « trêve » complaisamment observée avant l’élection présidentielle par les directions des entreprises du CAC 40, les plans sociaux s’accumulent. Partout, dans les grands groupes, dans la sous-traitance, dans les PME, dans les territoires de la République, c’est aux salariés que le patronat fait porter le poids de la crise.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault s’est engagé avec volontarisme dans la voie du redressement productif et du sauvetage de notre outil industriel. Mais comment ne pas voir que cette politique, voulue par l’immense majorité des Français, est systématiquement sabotée par les grands intérêts financiers ?

Le cas de SANOFI est emblématique de cette domination de la finance et du profit à court terme sur toute l’économie. SANOFI a enregistré, de l’exercice 2007 à l’exercice 2011, un résultat net cumulé de 27,3 milliards d’euros. Malgré cela, malgré aussi des centaines de millions d’euros payés par les contribuables via le Crédit Impôt Recherche, SANOFI continue de fermer ses labos et de supprimer des emplois.

L’annonce, en juillet, de la fermeture de pans entiers des laboratoires de Toulouse et Montpellier, a provoqué une montée de 20% du cours de bourse de SANOFI, au prix du sacrifice de ses sites, de ses chercheurs, de ses employés et de la santé publique. Et pourtant, selon tous les chercheurs y travaillant, des traitements prometteurs sont actuellement conçus à Toulouse et Montpellier, pour lutter contre les affections les plus graves, touchant la vie de millions de personnes, au premier rang desquelles le cancer.

Nous n’acceptons pas que le fonctionnement aveugle du marché et de la Bourse puissent mener à de telles extrémités. Nous pensons qu’il est du devoir du gouvernement républicain de préserver la société de cette dérive inacceptable du capitalisme financier. C’est pourquoi :

  • nous demandons l’arrêt immédiat du plan social de SANOFI et l’examen par l’Etat de l’éventuelle mise sous tutelle de sa direction ;
  • nous souhaitons que soit votée rapidement la loi contre les licenciements boursiers annoncée par Michel Sapin au lendemain de l’élection de François Hollande ;
  • nous souhaitons que l’Etat se dote de toute urgence d’outils efficaces de lutte contre les fermetures d’usine et les délocalisations dictées par les actionnaires pour augmenter leurs dividendes.

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 12:10

lienemann.crop displayMarie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste, a réagit énergiquement aux recommandations de la Cour des comptes, annoncées hier. Elle a notamment reproché aux sages de la rue Cambon de dicter au gouvernement une politique à suivre « à la place des Français ».

« Je ne le trouve pas très fécond dans les propositions » s’exclame la sénatrice de Paris, au sujet de Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes. « On a l’impression que la Cour des comptes veut régler  à la place des Français les choix politiques qu’ils ont fait ».

Au sujet de la hausse d’impôts que suggèrent les sages, elle s’emporte : « vous entendez la Cour des comptes vous dire qu’il faut augmenter la TVA et la CSG mais les Français ne l’ont pas voulu. Il vous dit (Didier Migaud) qu’il faut réduire brutalement les embauches et les évolutions de salaires.  Je ne crois pas que ce soit ce que les Français ont souhaité, ils ont fait d’autres choix ».

Allant plus loin, elle reproche à la Cour des comptes une vision fragmentée de l’économie : « ils nous disent qu’on peut trouver 33 milliards d’économie à la serpe (…) Ils ne font a aucun moment une analyse sur l’impact croissance ».

Marie-Noëlle Lienemann n’y va pas par quatre chemins : « il peut être indépendant mais il n’est pas en accord politique avec le peuple (…) Il fait du calcul, et il a une logique, une pensée unique, qui est la prolongation de ce qu’on nous dit maintenant depuis 10 ans et qui fait qu’on est dans une crise lourde ».

Enfin, elle conclut avec une sévérité à la hauteur de son agacement : « le politique n’est pas là pour être à la botte de la Cour des comptes ».

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