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4 mai 2012 5 04 /05 /mai /2012 07:46

Aubry-2012 1384par Gérard Filoche, le 2 mai 2012

Certains pensent que Sarkozy «tord» sa campagne du côté droitier pour séduire, sur leur terrain, les électeurs du Front national. Non, Sarkozy est «nature», il est très à droite et n’a pas changé depuis qu’il manifestait, étudiant à Nanterre, sous les banderoles du syndicat d’extrême-droite «UNI», proclamant «A bas la grève».

C’est bien lui qui préfère les curés aux instituteurs. C’est bien lui qui a dit que son modèle était Margaret Thatcher, l’odieuse admiratrice de Pinochet. C’est bien lui, qui à l’émission de télé «Ripostes», le 10 décembre 2006, ne trouvait rien à dire en apprenant la mort de Pinochet.

Sa réélection serait une catastrophe pour la France, une joie pour les riches banquiers, un deuil terrible pour les salariés.

Mesurons tout ce que nous risquerions de perdre s’il était réélu : tout ce qui reste du Conseil national de la résistance, Sécu, retraite, comités d’entreprise… Il s’attaquerait à notre 5ème semaine de congés payés, à nos dimanches, à la durée du travail, au Smic comme l’exige Parisot. Il s’attaquerait au droit de grève, au droit syndical. Il reculerait encore l’âge légal de la retraite. Il «flexibiliserait» le droit du travail en retirant toute entrave aux licenciements, comme son homologue de droite Mariano Rajoy en Espagne.

Les cliniques privées et les écoles privées deviendraient un refuge forcé après la liquidation des hôpitaux publics et de l’école de la République. Il s’attaquerait à la SNCF pour la démanteler, comme EDF. Les derniers services publics seraient bradés avec La Poste.

Il nous engagerait sans coup férir dans n’importe quelle guerre avec l’Iran. Les affaires comme Karachi, Bettencourt, Takkiedine, Kadhafi se multiplieraient. Le clan du Fouquet’s régnerait encore plus ostensiblement. La dictature des banques, de la rente, du CAC 40 s’épanouirait.

La chasse aux étrangers, la xénophobie, le racisme gagneraient du terrain. L’UMP est blanc-bonnet et bonnet-bi avec le FN. La victoire de Sarkozy serait une telle défaite, un tel recul qu’elle découragerait les luttes. Les meilleures traditions de gauche du XXe siècle seraient en péril.

On peine à imaginer pareil coup contre notre pays. Sarkozy a déjà été, pendant 5 ans, le pire président de la Ve République, le plus antisocial, il a atteint le record du chômage, des inégalités, de la précarité au travail. Il a bloqué les salaires, augmenté les déficits et la dette, cajolé la rente.

Un « quitus » et un deuxième mandat lui permettraient tout. Avec la misère dans les banlieues et les campagnes, la désindustrialisation, le recul de tous les services de l’Etat, l’abandon des exclus, des vieux, la jeunesse plongée dans le chômage et l’incertitude professionnelle, Sarkozy est le vrai, le pire des dangers politiques opposé à une société humaine, juste, fraternelle, égale, et libre.

Ne laissez pas une voix se perdre, pas une hésitation, pas une absence, pas une négligence, ne croyez pas les sondages sur parole, rien n’est joué jusqu’à dimanche 6 mai à 20 h. Les derniers jours, les dernières heures sont toujours décisives, gagnez voix par voix, argument par argument, pour le chasser.

François Hollande a mené la campagne à gauche de bout en bout. Il qui annonce un gouvernement de gauche et la lutte contre la finance. Pas besoin de partager tout ce qu’il dit ou qu’il ne dit pas : «avec la gauche, on n’a pas tout ce qu’on veut, avec la droite, on a tout ce qu’on ne veut pas». Il n’y a pas photo. Le 6 mai sera jour de désespoir ou de liesse pour le peuple de gauche, cela dépend de vous, de votre action, de votre choix. Votez François Hollande, votez à gauche, votez pour le changement maintenant.

Hollande Dijon 3mars201250 motifs pour voter  François Hollande le 6 mai :

François Hollande a annoncé :

  • Qu’il fallait réorienter l’Europe.
  • Que le rôle et les missions de la BCE devront être revus.
  • Que la BCE devrait prêter aux états directement.
  • Qu’il est contre le traité budgétaire de Merkel et Sarkozy en l’état.
  • Qu’il fallait tourner la page de l’actuelle Europe.
  • Que le 5e risque dépendance relèvera de la sécurité sociale.
  • Que la tarification des soins sera réformée afin de mettre fin à la compétition entre l’hôpital public et les cliniques privées.
  • Que les dépassements d’honoraires des médecins seront encadrés.
  • Que les entreprises pourront être rachetées par la loi aux patrons qui voudraient les brader alors qu’elles sont encore profitables.
  • Que celles qui délocaliseraient seront obligées de rembourser les aides publiques.
  • Que les banques seront séparées entre dépôt et investissement.
  • Que les frais bancaires seront limités.
  • Que les acquisitions d’entreprises avec effet de levier (LBO) et autres pratiques boursières dérégulées seront interdites,
  • Que la finance sera asservie et non plus dominante.
  • Qu’une taxe sur les transactions type Tobin sera mise en œuvre,
  • Que la retraite à 60 ans sera rediscutée avec les syndicats,
  • Que les cotisations sociales pour la retraite seront augmentées de 0,5 %,
  • Que la RGPP (révision générale des politiques publiques) sera stoppée,
  • Qu’il y aura 60 000 postes en plus dans l’Education nationale.
  • Que la prime de rentrée scolaire sera augmentée de 25 %.
  • Qu’il y aura des tarifs progressifs pour le gaz, l’électricité et l’eau.
  • Que les loyers seront encadrés.
  • Que la loi SRU sera plus vigoureusement appliquée avec des sanctions multipliées par 5.
  • Que les jeunes adultes en formation auront une allocation autonomie.
  • Qu’il y aura 150 000 emplois jeunes.
  • Que les salaires seront discutés avec les syndicats.
  • Que le Smic sera préservé et augmenté dès juillet.
  • Que la loi Tepa, visant à casser l’emploi et le pouvoir d’achat, sera abrogée.
  • Que la hausse de 1,6 point de la TVA, la TVA sarkozyste, sera abrogée.
  • Qu’il y aura une grande réforme fiscale de l’impôt direct et progressif, avec une nouvelle tranche à 45 % et une autre à 75 %.
  • Que l’ISF sera augmenté.
  • Que le prix de l’essence bloqué pendant 3 mois et la TIPP flottante (taxe intérieure sur les produits pétroliers) restaurée.
  • Que le revenu du capital sera imposé comme celui du travail,
  • Qu’une transition énergétique sera mise en œuvre, pour sortir progressivement du nucléaire.
  • Que les impôts sur les sociétés seront revus en proportion de leur taille, pour TPE, PME et CAC 40.
  • Que les pactes de compétitivité, dérogatoires à la loi, seront supprimés.
  • Qu’il y aurait égalité professionnelle et salariale femmes/hommes
  • Que le mariage homosexuel sera autorisé et donnera droit à l’adoption.
  • Que l’avortement sera remboursé à 100 %.
  • Que toute nouvelle loi comportera un volet handicap.
  • Qu’il y aura respect du parlement et un président normal puis une révision constitutionnelle d’ensemble.
  • Que le non cumul des mandats sera imposé aux parlementaires,
  • Que la laïcité sera respectée.
  • Que les dirigeants des médias publics seront à nouveau nommés par une commission indépendante.
  • Que la réforme des collectivités territoriales de Sarkozy sera abrogée.
  • Que les troupes seront rapatriées de Kaboul avant fin décembre 2012.
  • Que le droit de vote sera accordé aux étrangers aux élections municipales.
  • Que l’indépendance de la justice sera garantie.
  • Qu’une police de proximité sera rétablie.
  • Qu’il fera un gouvernement de gauche, avec un Premier ministre socialiste, pas d’ouverture à droite…

Autant de motifs pour mettre le bulletin de vote « François Hollande » dans l’urne !

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 12:16
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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 09:40

Gerard Filoche 1 blogFrançois Hollande dimanche 29 avril à Bercy :

1°)« que la BCE puisse faire des prêts directement aux états ». 22 ans après voilà enfin Maastricht remis en cause

2°) pour un gouvernement de la gauche, EELV PS FdG !

Laurent Joffrin milite déjà contre :

Le directeur du Nouvel Observateur termine son éditorial de la semaine du 1er tour en recommandant un « gouvernement de Bayrou à Poutou sans exclusive  » (sic). On peut être ému de cette sollicitation qui vise à rassembler la gauche, mais pourquoi y mêler la droite ?

Le Nouvel Observateur publie en même temps un appel de 13 personnalités (F. Bredin, JN Jeanneney, M. Wievorka, B. Stora, H. Leclerc, JP Mignard, Michel Broué, L. Joinet, M. Ozouf…) demandant «  qu’une vaste coalition se forme ».. « Qu’importe s’ils viennent de la gauche radicale, de la social-démocratie, de l’écologie, du courant démocrate ou du gaullisme social. Et tant mieux s’ils viennent d’un arc le plus large, du Front de gauche au MoDem… »

Jean-Paul Huchon, président PS du conseil régional d’Ile-de-France, et Bernard Brun, ancien collaborateur de Raymond Barre, en appellent aussi aux électeurs centristes pour « la mobilisation du plus grand nombre » autour de François Hollande. Ceci « pour aider le pays à affronter une phase nouvelle et difficile de son histoire, à la manière du Conseil national de la résistance, ou dans l’esprit qui avait animé « La France unie » en 1988, c’est-à-dire quand la gauche rassemble ou participe à un rassemblement qui la transcende

Laurent Joffrin ne se fait pas aucune illusion sur le fait que Philippe Poutou participe. Joffrin sait que le FdG ferait immédiatement un point de clivage de la participation de la droite Modem. En proposant un gouvernement de « large alliance » , il propose donc, mais de façon perverse, un gouvernement PS-Modem plutôt qu’un gouvernement de toute la gauche.

Pourquoi Joffrin d’habitude plus direct a t il besoin de ce détour, de proposer Poutou, pour faire accepter Bayrou ?

Parce que, ce faisant, il s’oppose à François Hollande lui-même : celui-ci avait assuré la veille sur RMC et BFMTV qu’il « gouvernerait à gauche », « qu’il n’y aura pas d’ouverture » et que son Premier ministre « sera socialiste » s’il est élu le 6 mai.

« Pour que je devienne le prochain président, il convient que des électeurs qui ont pu se tromper en votant Nicolas Sarkozy la dernière fois fasse un autre choix cette fois-ci, et moi je ne repousse personne », a déclaré M. Hollande. « En revanche, je suis socialiste, je suis de gauche et je gouvernerai avec la gauche, il n’y aura pas d’ouverture. Mon Premier ministre sera socialiste c’est clair, je dis tout, je ne cache rien », a-il ajouté. « Le lendemain de l’élection présidentielle, si je suis élu, il y aura 48, 49% des Français qui n’auront pas voté pour moi, je ne vais pas leur jeter un sort ni les montrer du doigt, leur dire que je les stigmatise. Non, je les associerai aussi non pas par un gouvernement, mais je les associerai aussi à la reconstruction, au redressement du pays », a expliqué le candidat socialiste. Interrogé sur la possibilité que François Bayrou accepte de devenir le Premier ministre de Nicolas Sarkozy si ce dernier était réélu, M. Hollande a répondu : « - Je n’en sais rien ça le regarde et s’il le fait je ne le jugerai pas mal. Ça veut dire qu’il se sera retrouvé dans la démarche, les idées, les propositions de Nicolas Sarkozy, c’est son problème ».

Joffrin et les milieux où il baigne n’aiment décidément pas cela, alors ils commencent à leur façon ouatée une campagne contre un gouvernement de gauche. Ils ont tous noté que le soir du 1er tour, François Hollande n’avait salué que deux personnes, Eva Joly et Jean Luc Mélenchon, sur le même plan. Il a noté que François Hollande soulignait avoir « un point commun » avec le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon : « Le refus du traité Européen sur les disciplines budgétaires tel qu’il a été signé en mars ».

Le 29 avril François Hollande va plus loin : observant que la simple annonce de sa victoire fait bouger les liens dans toute l’Europe, il appelle au meeting de Bercy à ce « que la BCE puisse faire des prêts directement aux états ».

« On peut regarder ce qui nous sépare, on peut regarder ce qui nous rapproche. J’ai été dans le même parti que Jean-Luc Mélenchon donc il y avait beaucoup de choses qui nous unissaient » ajoutait M. Hollande sur RMC et BFMTV. Ils noteront sûrement qu’à Bercy, dimanche 29 avril, François Hollande a dit « merci » à « Eva Joly et à Jean-Luc Mélenchon ». François Hollande, même entre les deux tours, ne cesse de répéter : «  – Je suis socialiste, je suis de gauche, je ne veux tromper personne ». Et à la télévision jeudi 26 avril devant 6 millions de téléspectateurs François Hollande a répété que le gouvernement était naturellement ouvert à Jean-Luc Mélenchon mais qu’il ne voulait forcer personne, que ce serait « sa liberté ». Le gouvernement qui sera nommé le 15 mai devrait donc être socialiste même si ça déplait aux partisans de l’ouverture au « centre ».

Mais qu’en sera t il après le 17 juin ? Selon le résultat des législatives, la majorité peut avoir différentes configurations.

Les Verts sont prêts à participer et il y a un accord entre PS et EELV pour les circonscriptions et le vote.

C’est plus complexe du côté du Front de gauche et de Jean-Luc Mélenchon. Le Fdg a proposé une négociation pour étudier les cas des circonscriptions où le risque de triangulaires pouvait écarter la gauche du 2e tour et lui imposer un choix entre deux candidats UMP ou FN. Ce risque peut être plus ou moins important et nécessite en effet, une négociation sérieuse et si possible un accord.

En fait les trois principales forces de gauche EELV, PS et FdG ont intérêt à s’entendre aux législatives.

Pareille entente exige respect et reconnaissance mutuelle entre partis de gauche. Avec les Verts, ça va. Mais une partie de la base du Parti de gauche qui  nie que le PS soit « de gauche » ou vote le 6 mai « en se pinçant le nez » devra y réfléchir à deux fois et s’engager dans une voie unitaire. Quand Mélenchon a appelé dès le 22 avril à voter  Hollande pour battre Sarkozy « comme si vous votiez pour moi », cela semblait signifier la priorité du combat gauche droite incluant le PS.

Mais JL Mélenchon a solennellement répété qu’il « ne participerait qu’à un gouvernement qu’il dirigerait » (sic). Puis, en dépit d’un résultat à 11,1 % des voix,  il a affirmé qu’il « serait au pouvoir avant 10 ans » (sic). Et il refuse d’ici là d’être ministre, de participer au gouvernement de François Hollande. C’est un positionnement qu’on appellera « en embuscade », le PG attend donc son heure. Il laisse entendre que le PS et Hollande échoueront et qu’alors viendra son heure.

Ce qui ne semble pas forcément le point de vue du PCF : pour le 18 juin, ce dernier pourrait examiner avec plus d’ouverture la composition du gouvernement en lien avec une discussion et un accord politique propres à la nouvelle majorité parlementaire. Il y a place pour une certaine latitude entre la majorité présidentielle et la majorité parlementaire : entre les 60 propositions de François Hollande du 6 mai et un accord de gouvernement selon les résultats des votes des 10 et 17 juin.

Par exemple, si le PCF proposait 35 60 1700 20 et que les syndicats ramaient aussi dans ce sens, Hollande qui a annoncé des négociations ouvertes sur les salaires et les 60 ans, pourrait entendre.

Mais cela se complique en ce que JL Mélenchon a déclaré que c’est à l’Assemblée que le FdG se battrait et surtout  que, pour cela, il souhaitait que le PS n’ait pas la majorité à l’Assemblée à lui tout seul !  Difficile de souhaiter cela… et ne pas vouloir ensuite prendre ses responsabilités pour qu’une majorité et un gouvernement de gauche existent quand même.

Admettons que son souhait soit exaucé : si le PS n’a pas la majorité absolue, il lui faudra nouer un accord. Si les députés Verts suffisent en nombre, il y aura un accord avec eux seuls. Si ce n’est pas le cas, il faudra un accord plus large. Dans ce cas, le choix sera clair : soit alliance avec les députés du Front de gauche, soit, et Laurent Joffrin milite donc déjà pour cela, un « arc plus large d’alliance » avec le « courant démocrate ou du gaullisme social » (sic).

Il vaut mieux, dans l’intérêt de la gauche et de la politique qui sera concrètement suivie un gouvernement de toute la gauche. Sans le Modem ou un autre élément de droite qui tirerait dans le mauvais sens.

Voilà pourquoi il est cohérent de militer pour un gouvernement PS-EELV-FdG  c’est-à-dire, pour résumer auprès des dizaines de millions d’électeurs, un gouvernement Hollande, Mélenchon, Joly.

Ne pas y participer pour garder les mains propres, c’est ne pas se servir de ses mains  et laisser d’autres amener leurs mains sales.

Impossible de souhaiter « je ne veux pas que le PS soit majoritaire à l’Assemblée » et affirmer « s’il est minoritaire je ne l’aiderais pas à avoir une majorité ».

Impossible aussi de dire : « de toute façon ils vont échouer et j’attends mon heure ». Si le PS perd, toute la gauche perdra avec lui. Ce ne sera pas l’heure du reste de la gauche mais du retour de la droite. Qui attend ainsi son heure sans agir, creuse sa tombe. À ne pas peser pour gagner ensemble, on perd sans avoir pesé : aucun électeur n’en sera reconnaissant ensuite.

Ça s’est toujours passé ainsi. Rien de grand ne se fait sans l’unité de toute la gauche. Il faut réussir cette unité EELV-PS-FdG ou renoncer à gagner.

Le 6 mai, cela peut être la 2e fois qu’un président de gauche sera élu en 54 ans. La gauche sera dans des circonstances exceptionnelles, elle n’a pas le contrôle de l’économie, mais elle détiendra toutes les institutions, la Présidence, le Sénat, l’Assemblée, les régions, les départements, les villes. La victoire de François Hollande est un point d’inflexion pour toute l’Europe : les peuples y voient déjà un signe pour se soulever contre la dictature de la finance et de leurs valets néolibéraux. Ça pousse fort en ce sens, peut être plus fort et plus vite que prévu.

Mais il ne faut pas rater le coche : c’est François Hollande qui vient d’offrir l’unité de la gauche avec obstination, les sociaux libéraux essaient donc déjà de l’en dissuader. Ils y opposent un forme d’unité nationale… Refuser cette main tendue, ne pas saisir le frémissement qu’il y a en Europe  pour faire basculer contre le traité budgétaire, n’est pas de bonne politique. Merkel sera sur la sellette après la défaite de Sarkozy, il faut aider à faire son siége, ne pas déserter ni attendre.

Gouvernement sans exclusive de toute la gauche, EELV, PS, FdG et Philippe Poutou s’il veut … mais pas Laurent Joffrin !

Gérard Filoche

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 08:23

B.-Giblin.pngLibération - 26 avril 2012 - par BÉATRICE GIBLIN, Géographe, Institut français de géopolitique, Université Paris-8 "Vincennes à Saint-Denis", et directrice de la revue Hérodote

Le score élevé de Marine Le Pen, 17,9%, a surpris une fois encore. En termes de voix, la progression du FN est impressionnante compte tenu d’un taux de participation plus élevé : Marine Le Pen a rassemblé 6,5 millions de voix contre 4,8 millions pour son père en 2002. Rappelons que Jean-Marie Le Pen avait obtenu 4,3 millions de voix en 1988, 4,5 millions en 1995 et même 5,5 millions avec les voix du dissident Mégret. Précisons aussi qu’en dix ans le nombre des électeurs inscrits est passé de 41 à 46 millions.

Habilement, les thèmes choisis cette fois pour la campagne étaient centrés autant sur les questions économiques et sociales (chômage, pouvoir d’achat, délocalisation, mondialisation) que sur celles de l’insécurité et de l’immigration. Avec, pour ce dernier thème, un nouvel angle d’attaque qui fait mouche: la menace que ferait peser l’immigration musulmane sur les valeurs de la nation. Dénonçant les prières dans la rue et la viande halal dans les cantines, Marine Le Pen s’est emparée à sa manière de la défense de la laïcité au grand dam des militants de cette noble cause, masquant ainsi le thème de l’identité nationale.

Ces thèmes ont convaincu nombre d’électeurs : les fidèles, les revenants floués par la politique sarkozyste et les nouveaux - jeunes pour la plupart, voire pour certains diplômés mais sans emploi. Peut-on penser que ce score historique est surtout lié à la crise économique en Europe, ce qui alimente son rejet ? Sauf en Ile-de-France, où les scores de Marine Le Pen sont en recul ou stables, les zones de force restent les mêmes : les régions du Midi méditerranéen, Rhône-Alpes, le Nord et l’Est (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Champagne-Ardenne, Alsace-Lorraine). Mais, et ce n’est pas rien, les scores sont partout à la hausse : Marine Le Pen obtient plus de 20% dans 43 départements contre 25 en 2002.

Le Gard, seul département où Marine Le Pen arrive en tête, est déjà une zone de force dans les années 80. La division de la droite libérale avait facilité son émergence et, pour gagner la région en 1986, cette même droite n’avait pas hésité à faire élire son président avec les voix du FN. A la présidentielle de 1988, Jean-Marie Le Pen frôle les 20% de suffrages exprimés, il en est de même en 1995. En 1998, Jacques Blanc, président du conseil régional, fait alliance avec le FN pour garder la région. En 2002, avec 22,2% des suffrages exprimés, Jean-Marie Le Pen est en tête dans la région et obtient 25% au second tour (moyenne nationale 18), comme sa fille au premier tour de 2012. Beaucaire et Saint-Gilles, où Marine Le Pen obtient 35% des voix, en accordaient déjà plus de 30% à son père en 2002. Où l’on voit que ces alliances pourraient se reproduire aux législatives 2012.

A Marseille, un des premiers bastions du vote FN, Marine Le Pen recueille 21,2% mais le FN ne progresse plus. Le Pen y obtenait 27% des voix en 2002, (il est vrai avec une abstention de près de 50%, contre 22% cette année). Dans les quartiers Nord (XIIIe et XIVe arrondissements), Marine Le Pen améliore logiquement les scores de son père de 2007, (voix siphonnées par Nicolas Sarkozy) mais c’est aussi dans ces arrondissements que Jean-Luc Mélenchon réalise une très forte percée.

Autre zone de force ancienne, la Picardie, où la désindustrialisation en milieu rural (37% de l’industrie est localisée dans des communes de moins de 5 000 habitants, textile, petite métallurgie), a engendré, dès les années 90, un sentiment d’abandon (départements de la Somme et de l’Aisne) auquel s’est ajoutée surtout dans l’Oise la montée de l’insécurité. C’est aussi dans ce département qu’eut lieu à Creil, en 1989, la première affaire de foulards islamiques dans un collège.

La pénurie de logements sociaux en Ile-de-France et le prix du foncier ont poussé des familles aux revenus modestes à venir en Picardie (Oise : 50 000 migrants pendulaires ; Aisne : 8 000). En 2012, Marine Le Pen améliore nettement les scores de son père en nombre de voix, l’abstention étant cette fois beaucoup plus faible. Mais en pourcentage, les scores de Jean-Marie Le Pen dépassaient déjà les 20% en 2002 dans l’Oise.

Doit-on encore qualifier ce vote de protestataire ou de colère quand il est ancré sur les mêmes territoires depuis quinze ans voire plus ?

Quant à la forte progression des scores de Marine Le Pen dans l’Ouest surtout rural, elle est remarquable. Il est vrai qu’elle a fait de la défense des agriculteurs un de ses thèmes de campagne, mais est-ce suffisant pour l’expliquer ? Les difficultés économiques et la crainte du chômage, pour soi-même ou ses enfants, dans des zones où le marché de l’emploi est étroit, sont un contexte favorable pour que les discours tenus par Marine Le Pen trouvent un écho. En effet, les délocalisations menacent l’emploi, la main-d’œuvre étrangère abondante tire les salaires vers le bas. Enfin, le retrait de l’Etat pour raison de restrictions budgétaires met en péril les services publics. En d’autres termes, dans ces campagnes périurbaines se développe là aussi le sentiment d’abandon.

C’est ce même sentiment de menace et d’abandon que l’on retrouve dans le vote d’extrême droite de nombre pays européens. La faible croissance économique des pays de l’Union européenne, surtout comparée à celles des grands pays émergents, suscite l’inquiétude d’un déclassement plus ou moins proche de ces pays qui seraient dépassés par d’autres, autrefois colonisés et/ou sous-développés. Face à cela, on accorde foi aux discours qui parlent de frontières pour se protéger des autres et du monde en se repliant sur son territoire. La défense de la Nation et de ses valeurs fait alors de l’étranger, surtout s’il est musulman, une menace interne et un bouc émissaire. Selon les partisans d’extrême droite, face à cette supposée menace que ferait peser l’immigration musulmane sur la Nation chrétienne occidentale, celle-ci doit être protégée. Il est plus que temps de reparler de l’Europe comme d’un grand projet géopolitique audacieux.

Vient de paraître : «L’extrême droite en Europe», revue Hérodote.

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 08:11
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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 12:51

Par Philippe Peter  - France Soir publié le 24 avril 2012

Benoît Hamon a estimé mardi qu'une «grande partie de l'électorat de Marine Le Pen» était «xénophobe». Il est le premier au PS à porter publiquement un tel jugement.

sipa_00590596_000036.jpgBenoît Hamon est allé à contre-courant du discours charmeur que tient François Hollande à l'électorat frontiste. SIPA/Facelly

Ça y est, le mot est lâché. Benoît Hamon a jugé mardi sur RFI «qu'une grande partie de l'électorat de Marine Le Pen est un électorat xénophobe, qui exprime à travers son vote une pensée, une conviction, une humeur xénophobe et islamophobe». Et le porte-parole du Parti socialiste d'argumenter son propos : «Nous nous battrons et continuerons de nous battre en disant : vous vous trompez de combat, vous vous trompez de colère. Votre situation, si elle s'est dégradée, c'est parce que certains se sont gavés, se sont nourris sur votre dos et ce sont ceux, aujourd'hui, qui dirigent la France».

Les qualificatifs sont forts. Benoît Hamon, proche de Martine Aubry et membre de l'aile gauche du PS, est d'ailleurs le premier au parti de la rose à porter publiquement un tel jugement sur l'électorat du Front national depuis le premier tour de l'élection présidentielle qui avait vu Marine Le Pen prendre la troisième place non-qualificative du scrutin avec 17,9% des suffrages exprimés. Les ténors de la rue de Solférino s'étaient jusqu'alors bien gardés d'effectuer de telles sorties bille en tête contre les électeurs du FN que François Hollande convoite au moins tout autant que Nicolas Sarkozy.
Des électeurs "paumés"

Pour Michel Sapin, député de l'Indre et chargé du projet dans l'équipe Hollande, «la désespérance sociale» et «la disparition des services publics» constituent l'essentiel «des motivations profondes d'une partie de l'électorat du Front national». Bertrand Delanoë, maire de Paris, a quant à lui estimé mardi sur RTL que seuls «quelques électeurs» du FN «partagent (…) l'idéologie de discrimination, de rejet de l'autre» de Marine Le Pen, les autres étant simplement «paumés».

Quant à François Hollande, ramener à lui l'électorat de Marine Le Pen, «dont une part vient de la gauche», fait partie de ses trois priorités de l'entre-deux tours. «C'est ma responsabilité de m'adresser tout de suite à ces électeurs qui n'adhèrent pas forcément aux idées du FN, l'obsession de l'immigration en particulier, mais qui expriment, avant tout, une colère sociale», a expliqué mardi le candidat socialiste dans une interview au quotidien Libération.

Existence d'une "fraction idéologique"

Roland Ries, membre de l'équipe de campagne de François Hollande, s'est de son côté dit «tout à fait d'accord avec Eva Joly lorsqu'elle dit à propos du Front National que ceux qui ont voté en ce sens se trompent de colère. Ils appellent au changement, ils sont souvent désespérés, ils souhaitent une autre politique». Le sénateur-maire de Strasbourg a toutefois concédé l'existence d'une «fraction idéologique», sans toutefois donner plus de précisions quant à son importance.

Joint mardi par téléphone, Louis Aliot, vice-président du Front national, a jugé que les déclarations de Benoît Hamon étaient celles «d'un extrémiste de gauche camouflé au PS qui ne trouve aucun problème à s'aligner avec les trotskistes». «Il est là pour calmer Mélenchon». Bruno Gollnisch a pour sa part estimé que les électeurs de Marine Le Pen «sont surtout crétinophobes». «Ils ne sont pas xénophobes, ils sont francophiles !», a déclaré l'eurodéputé en réaction aux propos du porte-parole du PS qu'il juge «indigne d'être un homme politique». «C'est le degré zéro du raisonnement politique», a-t-il conclu.

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 06:56

Par Sylviane Agacinski, Dominique Blanc, Jeanne Cherhal, Annie Ernaux, Caroline Fourest, Françoise Héritier, Axel Kahn... et 150 autres signataires

Nous sommes féministes. Le 6 mai prochain, nous voterons pour la gauche rassemblée, nous voterons pour François Hollande.

Nous voterons pour la gauche car elle est notre famille politique. Son histoire, son moteur, son identité, c’est de placer l’intérêt général avant les intérêts privés, la raison au-dessus des croyances ou des préjugés, c’est de faire reculer les oppressions et de construire une société où les dominations de toutes sortes n’auront plus leur place. La gauche est une alliée intrinsèque de la lutte des femmes pour leur libération parce qu’elle a pour but l’émancipation de chaque individu.

Ces cinq dernières années, le lien social a été affaibli, les inégalités se sont développées. Les femmes ont payé le prix fort des mesures libérales mises en œuvre par Nicolas Sarkozy : réforme des retraites, fermetures de centres IVG, recul de la parité, augmentation de la précarité du travail, féminisation de la pauvreté… Il est temps de changer de politique, pour les femmes comme pour la société toute entière.

L’amélioration réelle de la vie des femmes passe par des mesures spécifiques mais aussi par des politiques publiques qui visent le progrès social, par une plus juste répartition des richesses, le maintien et l’amélioration des services publics. A de nombreuses reprises, la gauche a soutenu les mobilisations féministes. Elle a prouvé qu’elle pouvait mettre en œuvre des politiques progressistes et favorables à l'égalité entre les sexes et à la liberté des femmes.

L’arrivée de la gauche au pouvoir est une condition importante de l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais nous savons aussi que les mécanismes de domination, multimillénaires, d’invisibilité des femmes et de résistance à leur émancipation et à leur libération, sont puissants. Le candidat de gauche devra les combattre. Nous comptons sur lui. Nous serons là pour lui rappeler ses engagements, le soutenir quand il voudra lutter contre le patriarcat, et le bousculer si les vieux démons reprennent le dessus.

La promesse de François Hollande de rétablir le ministère des Droits des Femmes, dans un gouvernement paritaire, est un engagement majeur. Ce ministère, en travaillant avec les associations féministes, devra être un outil politique déterminant pour faire reculer les inégalités et inventer une autre société.

Nous affirmons la dimension profondément politique du féminisme. Nous attendons une remise en cause de cette organisation sexuée de la société qui crée et perpétue des inégalités intolérables entre les femmes et les hommes. Voter à gauche, c’est refuser l’assignation à des rôles pré-établis, c’est parier sur la raison et la capacité de chacune et chacun à s’extraire de sa condition pour devenir maître de sa vie. Voter à gauche, c’est parier pour un monde nouveau, dans lequel les droits des femmes passeront des textes de lois à la réalité.

Nous appelons toutes celles et ceux qui veulent que les droits des femmes retrouvent le chemin du progrès à se rassembler dans un vote de gauche, à voter François Hollande.

Laure Adler, Ecrivaine - Sylviane Agacinsky, Chercheure - Isabelle Alonso, Ecrivaine - Grinberg Anouk, Comédienne - Nathalie Bajos, Chercheure - Christine Bard, Historienne - Astrid Bas, Comédienne - Marie-Noëlle Bas, Militante féministe - Christian Baudelot, Sociologue - Françoise Bellot, Militante féministe - Kahina Benziane, Militante féministe - Alix Beranger, Militante féministe - Cathy Bernheim, 40 ans du MLF - Sophie Bessis, Historienne - Nicole Bez, Médecin, syndicaliste - Agnès Bihl, Chanteuse - Sophie Binet, Syndicaliste - Chris Blache, Militante féministe - Dominique Blanc, Actrice - Corinne Bouchoux, Historienne - Danielle Bousquet, Assemblée des Femmes - Pascale Bousquet-Pitt, Militante féministe - Emmanuelle Boussard-Verrecchia, Avocate - Nataly Breda, Militante féministe - Zabou Breitman, Réalisatrice - Thalia Breton, Militante féministe - Geneviève Brisac, Ecrivaine - Michel Broué, Mathématicien - Fabienne Brugère, Philosophe - Marie-France Casalis, Militante féministe - Marie Cervetti, Militante féministe - Florence Cestac, Auteure de BD - Jeanne Cherhal, Chanteuse - Natacha Chetcuti, Chercheure - Carole Chotil-Rosa, Militante féministe - Thérèse Clerc, Militante féministe - Alice Coffin, Militante féministe - Françoise Collin, Philosophe - Catherine Combes, Militante féministe - Maria Cotora, Militante féministe - Fanny Cottençon, Comédienne - Sylvie Cromer, Chercheure - Sandrine Dauphin, Chercheure - Caroline De Haas, Assemblée des Femmes - Marie Denarnaud, Comédienne - Monique Dental, Militante féministe - Claire Desaint, Militante féministe - Marie Duru Bellat, Sociologue - Annie Ernaux, Ecrivaine - Roger Establet, Sociologue - Christine Fauré, Sociologue - Jeanne Favret-Saada, Ethnologue - Jacqueline Feldman, Sociologue - Michèle Ferrand, Sociologue - Léa Fichet, Militante féministe - Léa Filoche, Militante féministe - Françoise Flamant, Archives du féminisme - Giulia Foïs, Journaliste - Claude Fontaine - Caroline Fourest, Essayiste – Béatrice Gamba, Militante féministe - Anne-Marie Garat, Ecrivaine - Delphine Gardey, Historienne - Françoise Gaspard, Chercheure - Audrey Gatian, Militante féministe - Michèle Gonin, Militant féministe - Mélanie Gratacos, Militante associative - Pauline Grégoire-Marchand, Militante féministe - Juliette Griffond, Militante féministe - Claude Groussin, Mouvement Jeunes Femmes  - Claire Guiraud, Militante féministe - Gisèle Halimi, Avocate - Monique Halpern, Ecrivaine - Clémence Helfter, Syndicaliste - Françoise Héritier, Anthropologue - Annik Houel, Chercheure - Serge Hureau, Chanteur - Simone Iff, Ancienne présidente du Planning familial - Annabelle Janodet, Militante mutualiste - Maryse Jaspard, Socio-démographe - Anne-Charlotte Jelty, Les insoumises - Cy Jung, Ecrivaine - Axel Kahn, Généticien, universitaire - Liliane Kandel, 40 ans du MLF - Sarah Kerrich, Militante féministe - Yvonne Knibiehler, Historienne - Marie-José Kotlicki, Syndicaliste - Marie-Thérèse Lanquetin, Juriste - Christine Le Doaré, Militante féministe - Safia Lebdi, Les insoumises - Armelle Lebras-Chopard, Chercheure - Catherine Lecoq, Comédienne, chanteuse militante - Séverine Lemière, Chercheure - Marie-Thérèse Letablier, Sociologue - Pascale Lismonde, Journaliste - Alice Loffredo, Militante féministe - Michèle Loup, Militante féministe - Violaine Lucas, Professeure de lettres - Anne-Cécile Mailfert, Militante féministe - Virginie Martin, Chercheure - Michela Marzano, Philosophe - Maïa Mazaurette, Blogueuse et auteure - Dominique Meda, Sociologue - Philippe Meirieu, Pédagogue - Loubna Méliane, Fondatrice de Ni Putes Ni Soumises - Blandine Métayer, Comédienne, Auteure - Françoise Morvan, Militante féministe - Janine Mossuz-Lavau, Chercheure - Liane Mozère, Sociologue - Julie Muret, Militante féministe - Pap N’Diaye, Historien - Sarah Nasséra Oussekine , Militante féministe - Marion Oderda, Militante féministe - Orlan, Artiste - Michelle Perrot, Historienne - Camille Peugny, Sociologue - Françoise Picq, 40 ans du MLF - Emmanuelle Piet, Militante féministe - Maudy Piot, Psychanalyste - Christine Planté, Professeure de littérature - Soudeh Rad, Militante féministe - Linda Ramoul, Militante féministe - Rayhana, Auteure, Comédienne - Charline Renaud-Dhyèvre, Militante féministe - Myriam Revault d’Allonnes, Philosophe - Michèle Revel, 40 ans du MLF - Michèle Riot Sarcey, Historienne - Evelyne Rochedereux, CIBEL, Militante lesbienne, féministe - Jean-Marc Roirant, Militant associatif - Roselyne Rollier, Militante féministe - Aline Royer, Militante féministe - Romain Sabathier, Militant féministe - Ouarda Sadoudi, Association Home - Rama Sall, Mouvement des Jeunes Socialistes - Michele Sarde, Ecrivaine - Claire Serre-Combe, Militante féministe - Fabienne Servan Schreiber, Productrice - Rachel Silvera, Chercheure - Claire Simon, Réalisatrice - Mariette Sineau, Politologue - Luce Sirkis, - Charlotte Soulary, Militante féministe - Martine Storti, 40 ans du MLF - Annie Sugier, Militante féministe - Wassyla Tamzali, Essayiste - Josy Thibaut, Militante féministe - Philippe Torreton, Comédien - Olga Trotsiantski, Militante féministe - Laurence Tubiana, Professeure - Fiammetta Venner, Politologue - Eliane Viennot, Professeure de littérature - Anne-Marie Viossat, Militante féministe - Annette Wieviorka, Historienne - Anne Wurtz, Militante féministe - Michelle Zancarini-Fournel, Historienne - Arlette Zilberg, Militante féministe

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 12:26

article publié le 23 avril 2012 par Rue 89 - Zineb Dryef

La veille, il a respiré. Se réveiller à 10 heures, regarder une série danoise, assister à un match de basket, tweeter «Suzanne» de Joan Baez et rire parce que les militants de droite y voient du «militantisme subliminal». «Suzanne, subliminal !» Et puis porter encore un peu la parole socialiste à la caisse du supermarché et convaincre deux indécis. «Deux !»

Au volant de l’Opel Corsa, siège bébé, qu’il conduit à nouveau depuis le vol de son scooter prêté par le PS, Benoît Hamon dit aimer cette trêve qui précède l’élection. Quelques heures d’inactivité en attendant dimanche. Il dit de cette trêve qu’elle est «space».

Il roule et il a l’air parfaitement serein. On cherche l’indice d’une tension quelconque. Rien. Au réveil, il a tweeté «Beautiful day» de U2, «pour la météo». Grand soleil ce dimanche matin. Un dimanche à «se faire un foot avec Assouline [David Assouline, sénateur socialiste, ndlr]».

Cinq ans après l’élection de Nicolas Sarkozy, le bébé PS, l’un des «jeunes lions» comme ils ont pompeusement aimé se surnommer, a perdu une élection (les européennes), renoncé à représenter l’aile gauche du parti (au congrès de Reims) et pris quelques rides.


« BFM, une chaîne où il faut aller »

hamon-trappes.jpg

Benoît Hamon vote à Trappes (Zineb Dryef/Rue89)

A 10h30, à Trappes où il vote, les caméras escomptées ne sont pas là. La parole officielle du PS, celle qui intéresse les médias, se confond désormais avec la sienne.

L’un des hommes les plus filmés du PS – points presse toutes les semaines – a appris depuis 2008 à mettre son parcours derrière sa fonction.

Mais quand un embouteillage sur la N10 nous ralentit, on est avec «Benoît Hamon, candidat de la 11e circonscription des Yvelines». Exposition du projet de réaménagement de cette voie et attaque de Valérie Pécresse, la présidente de la fédération UMP des Yvelines, qui «fait son projet, genre c’est SimCity mais chez les autres».

On est en 2012 et son combat personnel, depuis janvier dernier, c’est Trappes. Le porte-parole du PS, dans son costume sombre, cravate fine, laboure ce territoire de droite depuis des mois pour se faire élire député. Il égrène ces chiffres, des victoires, «on a fait 15 000 portes. On a recueilli 2 000 contacts». Puis calcule : «Obama dit que sept portes ouvertes vous font gagner un indécis. Je ne suis pas aussi optimiste, mais disons que sur dix portes, on gagne une voix.»

De ce porte-à-porte massif, dont il revendique la paternité, il retient aussi que «BFM est la télé la plus allumée dans les appartement» : «Je sais que c’est une chaîne où c’est bien d’aller.»

Il est fier de sa permanence qui fait face au marché. Fier des militants qui le soutiennent, surtout de René, Robert, Nobel et Ronsard, quatre frères investis derrière lui. Fier de son territoire. Aux Merisiers, il montre chaque immeuble qu’il faudra reconstruire, répond, gêné mais souriant, qu’il n’est pas encore élu à un vieux maghrébin qui lui donne du « monsieur le député », fait la promotion de la base de loisirs et de son club de voile sur l’étang.

hamon-permanence.jpgBenoît Hamon dans sa permanence, avec Pauline, stagiaire (Zineb Dryef/Rue89)

« Tu veux déjà les résultats ? »

Oui, Benoît Hamon a pris quelques rides mais il affiche toujours cette gentille assurance de celui qui ne veut pas douter de la victoire. Il est déjà dans l’après quand, au téléphone, il donne des consignes : «Faut programmer une réunion pour examiner les résultats bureau de vote par bureau de vote. Demain, on commande des pizzas et on travaille : je veux les comparatifs en nombre de voix, pas en pourcentage

Il prévient quand même que «ça va être serré tout à l’heure. Ce soir, c’est important mais ce n’est pas fini».

Son téléphone sonne. Il est de bonne humeur : «Tu veux déjà les résultats, c’est ça ?» Ça n’arrêtera pas ; une journée de présidentielle, les politiques la passent aussi à répondre aux coups de fil et aux textos des proches qui veulent savoir avant tout le monde, dès 11 heures parfois.

«Personne ne sait vraiment. Il faut attendre 18h40. Là, on a tous les mêmes chiffres, issus de la même source. Bons, mais ce n’est pas significatif.»

Il dit cela quand, autour de midi, il reçoit le texto d’un jeune député avec les scores d’outre-mer, sourcés ministère de l’Intérieur.


« La droite incarne une politique de classe »

«J’aime bien aller voter. “ Cling ! A voté ”.» On l’a déjà dit, la parole du PS se confond désormais avec la sienne mais lorsqu’il dit que voter, «c’est un aboutissement», une banalité qu’il laisse tomber après avoir voté, rien ne sonne moins insincère.

Il dit «aboutissement», on entend «soulagement» : «Ça fait quatre ans maintenant que je fais des points presse, que je joue les opposants. Quatre ans. C’est un aboutissement.
    J’ai déjeuné avec ma femme dans un restau du XVIe. Elle travaille dans le coin. Quand je suis arrivé, le patron a ostensiblement pris son visage dans ses mains et n’a pas arrêté de dire aux clients à voix haute : “Ah ! Vous aussi vous partirez à l’étranger s’il est élu.”
    Ceux qui nous expliquent qu’il n’y a pas de conscience de classe, c’est pas possible. Les riches votent par conscience de classe. C’est revenu avec la politique de la droite et naturellement, ça a fait naître une conscience de classe chez les victimes de cette politique-là. La droite a incarné une politique et un gouvernement de classe.
    J’ai ressenti ça fortement avec les retraites, le côté “bande de feignasses” qu’il y avait derrière leur discours.»

Trappes, Solférino, rue de Ségur... la course

hamon-scooter.jpgBenoît Hamon près du scooter qu’on lui a prêté (Zineb Dryef/Rue89)

Mais il est encore tôt ce dimanche. On ignore alors encore les scores des candidats. L’avenir de Jean-Luc Mélenchon est encore radieux : «Moi, j’ai convaincu mes belles-mères [l’épouse de son père et la mère de la sienne, ndlr]. L’une est danoise et penchait pour Joly.
    Je les ai convaincues pas par la peur d’un second tour avec Marine Le Pen, je n’y crois pas, mais parce que si on veut que Hollande ait les moyens de gouverner à gauche, il lui faut une victoire nette, nette, nette. Une victoire indiscutable.
    Si le but des indécis, c’est que Mélenchon pèse sur Hollande, c’est fait.»

La journée est très longue. Il faut repasser par la rue de Solférino, pourquoi la rue de l’université n’est-elle pas neutralisée comme prévu ? Et cet échafaudage, il se monte ?

S’assurer que les 570 journalistes, la centaine d’invités, les militants – impossible de prévoir leur nombre –, soient correctement reçus. Répondre encore au téléphone. Temps long.

Dans son bureau, entre les photos de Mitterrand et Jaurès, il parcourt le tableau de ses interventions médias : «Ça m’amuse quand les télés du monde entier sont là. Là où ça m’a moins amusé, c’est quand les Américains ont débarqué aux points presse avec l’affaire DSK. Là, oui, j’étais stressé, zéro impro ces jours-là

Il s’en va. Déjeuner, dormir, changer de cravate, tromper l’attente. A 17 heures, revenu dans la cour du siège du Parti socialiste, il est à son aise dans l’atmosphère de folie qui s’installe.

«Hollande 29. Sarkozy 27», les chiffres circulent. Il s’astreint au silence : «La surprise, c’est Cheminade à 17%.»

assouline-hamon.jpgDavid Assouline dans le bureau de Benoît Hamon (Zineb Dryef/Rue89)

Tunnel de réunions avec les dirigeants du PS

L’attente encore. Derrière son ordinateur, Benoît Hamon découvre avec David Assouline l’interview de Mélenchon sur France 2, regarde les clips de campagne de Poutou. Une discussion sur la stratégie des médias belges s’achève par le visionnage de la vidéo où le premier ministre belge chante «La Marseillaise».

Il est 17h30. Il faut faire vite. Un conseil politique restreint, en conférence téléphonique avec François Hollande, doit démarrer à son QG parisien. Il faut faire vite ; quelqu’un prête un scooter. Rue de Ségur, les journalistes patientent sur le trottoir. A l’intérieur, au troisième étage, une porte se ferme derrière une grande table. Ils sont tous là.

hamon-aubry-fabius.jpgMartine Aubry et Laurent Fabius rue de Ségur (Zineb Dryef/Rue89)

Laurent Fabius ne lâche pas son téléphone. Bertrand Delanoë, dans un costume plus baby-rocker que jamais, serre toutes les mains avant de s’asseoir près de Manuel Valls, raide, très raide. Mais ils sourient. Ségolène Royal est en retard.

Ce qui doit être un point sur les résultats et une conversation déterminant la «tonalité» des déclarations à faire à la presse se prolonge.

Le score de Marine Le Pen vient d’être revu à la hausse. On parle de 20%.
Des preuves d’amour aux électeurs FN

A la sortie, les visages ne sont pas si graves. «On reste haut. Si ça se confirme, c’est surtout pour Nicolas Sarkozy que la situation est compliquée», résume Benoît Hamon. Il assure que pour Le Pen, ce n’est qu’une surprise relative : «Quand on milite, on le voit qu’elle monte. J’ai surtout peur que beaucoup des électeurs de Marine Le Pen se soient vraiment radicalisés.
    A ceux-là, pas de déclaration d’amour, mais des preuves d’amour. C’est avec la santé, l’éducation qu’on les éloignera du Front national

Les formules commencent à se travailler. «Bon cru présidentiel» sera répétée plusieurs fois pour commenter la participation, seule déclaration consentie aux médias qui s’impatientent.

Deuxième réunion, avant les résultats officiels. Au premier étage, le bureau national se rassemble. C’est bref. Stéphane Le Foll, proche de François Hollande, émerge : «C’est par où le BN ?
    – C’est terminé.»

Il revient à la charge : «T’es sûr ?» Dehors, on crie «François, François», mais les socialistes doivent encore tenir. Comme il est dur de contenir sa joie. Mais il y tient ; ne pas déroger à la règle, attendre 20 heures. Benoît Hamon explosera de joie à 20 heures très précises : «Waouh ! Ça fait du bien d’être en tête, ça fait longtemps. La légitimité de François Hollande est incontestable.»

hamon-resultats.jpgBenoît Hamon à l’annonce des résultats (Zineb Dryef/Rue89)

Près de lui, Caroline de Haas, sa collaboratrice d’Osez le féminisme, et une formidable cohue.

Cinquante minutes plus tard, on le retrouve essoré mais heureux. Il vient d’enchaîner 15 interventions télévisées : M6, BFM-TV, RFI, France 24, la RTBF, i>Télé, France 2, France 3, la télé du PS, LCI, TF1, Le Tatou, RFI en anglais.

Quelqu’un rit. «Quoi, pourquoi tu te marres ? Qu’est-ce qu’il a mon anglais ?»

« 50% ! 50% »

Ça ne s’arrête plus. Il faut galoper à l’étage, tout le PS – réuni on ne sait comment, ils semblaient tous être dans la télé – vont écouter François Hollande.

Martine Aubry, comme à son habitude, a du mal à afficher un grand sourire. Les anciens, Lionel Jospin et Elisabeth Guigou, sont les derniers. Ils trinquent (sans doute), se font d’ultimes recommandations. Même si le score est plus serré que prévu entre les deux candidats – ils le savent à cet instant –, ils s’accordent sur «la claque à Sarkozy».

hamon-bureau.jpgBenoît Hamon dans son bureau en fin de soirée (Zineb Dryef/Rue89)

«50% ! 50% !» Il hurle dans son bureau. Les yeux chargés d’enthousiasme, Benoît Hamon court dans le couloir. On l’entend crier encore «50% !».

Enfin, il revient dans son bureau. Enfin, il se laisse tomber sur une chaise : «Bon, c’est 49%, mais c’est pas la classe ?»

Les résultats de Trappes sont tombés. La journée de Benoît Hamon vient de commencer. Il est plus de 23 heures.

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 13:43

LienemannNous connaissons désormais les résultats et non plus des estimations du premier tour.

La première constatation est que pour la première fois depuis le début de la Vème République, le président sortant n’est pas en tête à l’issue du 1er tour.

La seconde constatation est que toutes les forces de gauche et écologistes ont très nettement progressé depuis 2007 : François Hollande fait 2,76% de mieux que Ségolène Royal, Jean-Luc Mélenchon fait 9,1% de plus que Marie-George Buffet et même si l’on tient compte du score très haut en 2007 d’olivier Besancenot, il gagne près de 6%, c’est d’ailleurs lui qui capitalise la plus forte progression, et Eva Joly, en dépit d’un score sans doute décevant quant à elle progresse de 0,7 par rapport à Dominique Voynet ! C’est donc près de 10 points de mieux que les partis rouges, roses verts réalisent par rapport à la précédente présidentielle ! C’est d’abord et avant tout sur le rassemblement des forces de gauche que repose la victoire le 6 mai prochain. Pas une voix ne doit manquer à François Hollande.

La troisième constatation est la persistance d’un vote Lepeniste et d’extrême droite à un très haut niveau avec une progression continue depuis 30 ans. Il est erroné de présenter ce vote comme le signe d’une simple colère et moins encore l’expression d’une « souffrance » comme le déclarait ce matin Nicolas Sarkozy! Le vote pour Marine le Pen conjugue en réalité des votes différents qui convergent sur son nom et c’est d’ailleurs ce qui est inquiétant. Il est ancré dans la contestation du système, de ses conséquences sociales terribles et autour d’une idéologie nationaliste, xénophobe. Les électeurs du FN n’ont sans doute rien à faire de la pseudo compassion de Nicolas Sarkozy et il faut prendre garde à la rhétorique de la demande de « protection » qui peut cacher l’essentiel : la volonté de nouvelles règles du jeu à tous niveaux, mondial, européen et français, d’une inversion de priorités et d’une prise en compte de la réalité telle qu’elle est et non racontée en éludant en permanence la vie d’une part importante des français ! Reste bien sûr une extrême droite classique renforcée par la légitimité que Nicolas Sarkozy et ses compères lui ont donné en reprenant ses thèses, son discours haineux et de rejet de l’autre! Bilan de cette attitude, le FN progresse et n’est en rien, comme l’UMP le prétendait, marginalisé. Pour la gauche, l’enjeu est de reconquérir les couches populaires qui font le choix Le Pen. Les thèmes de la ré-industrialisation , de la lutte contre les délocalisations et la mondialisation libérale et bien sûr la réorientation de la construction européenne !

La quatrième constatation est la confirmation que l’élection présidentielle ne se joue pas au centre et que ce dernier est souvent artificiellement gonflé par les faiblesses de l’un des partis de gauche ou de droite !

Que de temps perdu dans tous les palabres de certains qui prônait des accords avec le Modem ou annonçait la mort du PC ou de la première gauche, vantant la mutation sociale- démocrate de la gauche française. La réalité est toute autre et François Hollande comme le PS lors du congrès de Reims ont bien fait de choisir l’alliance à gauche !

Cinquième constatation : les habitants des quartiers des banlieues sont venus voter et ont massivement apporté leur soutien à François Hollande et à la Gauche.
Hollande_Dijon_3mars2012.jpgAlors ne les oublions pas et sous prétexte d’une montée de Marine Le Pen, ou des coups de boutoirs de la droite contre le pseudo « assistanat » qui ferait flores dans les couches populaires et les quartiers, ne cédons sur rien, ni sur l’égalité, ni sur l’universalisme, la laïcité et le respect de chacun, de ses droits ! L’enjeu de la période est bien de solidifier un nouveau pacte républicain qui fédère notre peuple pour redresser la France, restaurer la confiance en l’avenir et renouer avec le progrès.

Marie-Noëlle Lienemann
Sénatrice de Paris

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 10:13
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