Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 12:51

Par Philippe Peter  - France Soir publié le 24 avril 2012

Benoît Hamon a estimé mardi qu'une «grande partie de l'électorat de Marine Le Pen» était «xénophobe». Il est le premier au PS à porter publiquement un tel jugement.

sipa_00590596_000036.jpgBenoît Hamon est allé à contre-courant du discours charmeur que tient François Hollande à l'électorat frontiste. SIPA/Facelly

Ça y est, le mot est lâché. Benoît Hamon a jugé mardi sur RFI «qu'une grande partie de l'électorat de Marine Le Pen est un électorat xénophobe, qui exprime à travers son vote une pensée, une conviction, une humeur xénophobe et islamophobe». Et le porte-parole du Parti socialiste d'argumenter son propos : «Nous nous battrons et continuerons de nous battre en disant : vous vous trompez de combat, vous vous trompez de colère. Votre situation, si elle s'est dégradée, c'est parce que certains se sont gavés, se sont nourris sur votre dos et ce sont ceux, aujourd'hui, qui dirigent la France».

Les qualificatifs sont forts. Benoît Hamon, proche de Martine Aubry et membre de l'aile gauche du PS, est d'ailleurs le premier au parti de la rose à porter publiquement un tel jugement sur l'électorat du Front national depuis le premier tour de l'élection présidentielle qui avait vu Marine Le Pen prendre la troisième place non-qualificative du scrutin avec 17,9% des suffrages exprimés. Les ténors de la rue de Solférino s'étaient jusqu'alors bien gardés d'effectuer de telles sorties bille en tête contre les électeurs du FN que François Hollande convoite au moins tout autant que Nicolas Sarkozy.
Des électeurs "paumés"

Pour Michel Sapin, député de l'Indre et chargé du projet dans l'équipe Hollande, «la désespérance sociale» et «la disparition des services publics» constituent l'essentiel «des motivations profondes d'une partie de l'électorat du Front national». Bertrand Delanoë, maire de Paris, a quant à lui estimé mardi sur RTL que seuls «quelques électeurs» du FN «partagent (…) l'idéologie de discrimination, de rejet de l'autre» de Marine Le Pen, les autres étant simplement «paumés».

Quant à François Hollande, ramener à lui l'électorat de Marine Le Pen, «dont une part vient de la gauche», fait partie de ses trois priorités de l'entre-deux tours. «C'est ma responsabilité de m'adresser tout de suite à ces électeurs qui n'adhèrent pas forcément aux idées du FN, l'obsession de l'immigration en particulier, mais qui expriment, avant tout, une colère sociale», a expliqué mardi le candidat socialiste dans une interview au quotidien Libération.

Existence d'une "fraction idéologique"

Roland Ries, membre de l'équipe de campagne de François Hollande, s'est de son côté dit «tout à fait d'accord avec Eva Joly lorsqu'elle dit à propos du Front National que ceux qui ont voté en ce sens se trompent de colère. Ils appellent au changement, ils sont souvent désespérés, ils souhaitent une autre politique». Le sénateur-maire de Strasbourg a toutefois concédé l'existence d'une «fraction idéologique», sans toutefois donner plus de précisions quant à son importance.

Joint mardi par téléphone, Louis Aliot, vice-président du Front national, a jugé que les déclarations de Benoît Hamon étaient celles «d'un extrémiste de gauche camouflé au PS qui ne trouve aucun problème à s'aligner avec les trotskistes». «Il est là pour calmer Mélenchon». Bruno Gollnisch a pour sa part estimé que les électeurs de Marine Le Pen «sont surtout crétinophobes». «Ils ne sont pas xénophobes, ils sont francophiles !», a déclaré l'eurodéputé en réaction aux propos du porte-parole du PS qu'il juge «indigne d'être un homme politique». «C'est le degré zéro du raisonnement politique», a-t-il conclu.

Partager cet article

Repost0
25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 06:56

Par Sylviane Agacinski, Dominique Blanc, Jeanne Cherhal, Annie Ernaux, Caroline Fourest, Françoise Héritier, Axel Kahn... et 150 autres signataires

Nous sommes féministes. Le 6 mai prochain, nous voterons pour la gauche rassemblée, nous voterons pour François Hollande.

Nous voterons pour la gauche car elle est notre famille politique. Son histoire, son moteur, son identité, c’est de placer l’intérêt général avant les intérêts privés, la raison au-dessus des croyances ou des préjugés, c’est de faire reculer les oppressions et de construire une société où les dominations de toutes sortes n’auront plus leur place. La gauche est une alliée intrinsèque de la lutte des femmes pour leur libération parce qu’elle a pour but l’émancipation de chaque individu.

Ces cinq dernières années, le lien social a été affaibli, les inégalités se sont développées. Les femmes ont payé le prix fort des mesures libérales mises en œuvre par Nicolas Sarkozy : réforme des retraites, fermetures de centres IVG, recul de la parité, augmentation de la précarité du travail, féminisation de la pauvreté… Il est temps de changer de politique, pour les femmes comme pour la société toute entière.

L’amélioration réelle de la vie des femmes passe par des mesures spécifiques mais aussi par des politiques publiques qui visent le progrès social, par une plus juste répartition des richesses, le maintien et l’amélioration des services publics. A de nombreuses reprises, la gauche a soutenu les mobilisations féministes. Elle a prouvé qu’elle pouvait mettre en œuvre des politiques progressistes et favorables à l'égalité entre les sexes et à la liberté des femmes.

L’arrivée de la gauche au pouvoir est une condition importante de l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais nous savons aussi que les mécanismes de domination, multimillénaires, d’invisibilité des femmes et de résistance à leur émancipation et à leur libération, sont puissants. Le candidat de gauche devra les combattre. Nous comptons sur lui. Nous serons là pour lui rappeler ses engagements, le soutenir quand il voudra lutter contre le patriarcat, et le bousculer si les vieux démons reprennent le dessus.

La promesse de François Hollande de rétablir le ministère des Droits des Femmes, dans un gouvernement paritaire, est un engagement majeur. Ce ministère, en travaillant avec les associations féministes, devra être un outil politique déterminant pour faire reculer les inégalités et inventer une autre société.

Nous affirmons la dimension profondément politique du féminisme. Nous attendons une remise en cause de cette organisation sexuée de la société qui crée et perpétue des inégalités intolérables entre les femmes et les hommes. Voter à gauche, c’est refuser l’assignation à des rôles pré-établis, c’est parier sur la raison et la capacité de chacune et chacun à s’extraire de sa condition pour devenir maître de sa vie. Voter à gauche, c’est parier pour un monde nouveau, dans lequel les droits des femmes passeront des textes de lois à la réalité.

Nous appelons toutes celles et ceux qui veulent que les droits des femmes retrouvent le chemin du progrès à se rassembler dans un vote de gauche, à voter François Hollande.

Laure Adler, Ecrivaine - Sylviane Agacinsky, Chercheure - Isabelle Alonso, Ecrivaine - Grinberg Anouk, Comédienne - Nathalie Bajos, Chercheure - Christine Bard, Historienne - Astrid Bas, Comédienne - Marie-Noëlle Bas, Militante féministe - Christian Baudelot, Sociologue - Françoise Bellot, Militante féministe - Kahina Benziane, Militante féministe - Alix Beranger, Militante féministe - Cathy Bernheim, 40 ans du MLF - Sophie Bessis, Historienne - Nicole Bez, Médecin, syndicaliste - Agnès Bihl, Chanteuse - Sophie Binet, Syndicaliste - Chris Blache, Militante féministe - Dominique Blanc, Actrice - Corinne Bouchoux, Historienne - Danielle Bousquet, Assemblée des Femmes - Pascale Bousquet-Pitt, Militante féministe - Emmanuelle Boussard-Verrecchia, Avocate - Nataly Breda, Militante féministe - Zabou Breitman, Réalisatrice - Thalia Breton, Militante féministe - Geneviève Brisac, Ecrivaine - Michel Broué, Mathématicien - Fabienne Brugère, Philosophe - Marie-France Casalis, Militante féministe - Marie Cervetti, Militante féministe - Florence Cestac, Auteure de BD - Jeanne Cherhal, Chanteuse - Natacha Chetcuti, Chercheure - Carole Chotil-Rosa, Militante féministe - Thérèse Clerc, Militante féministe - Alice Coffin, Militante féministe - Françoise Collin, Philosophe - Catherine Combes, Militante féministe - Maria Cotora, Militante féministe - Fanny Cottençon, Comédienne - Sylvie Cromer, Chercheure - Sandrine Dauphin, Chercheure - Caroline De Haas, Assemblée des Femmes - Marie Denarnaud, Comédienne - Monique Dental, Militante féministe - Claire Desaint, Militante féministe - Marie Duru Bellat, Sociologue - Annie Ernaux, Ecrivaine - Roger Establet, Sociologue - Christine Fauré, Sociologue - Jeanne Favret-Saada, Ethnologue - Jacqueline Feldman, Sociologue - Michèle Ferrand, Sociologue - Léa Fichet, Militante féministe - Léa Filoche, Militante féministe - Françoise Flamant, Archives du féminisme - Giulia Foïs, Journaliste - Claude Fontaine - Caroline Fourest, Essayiste – Béatrice Gamba, Militante féministe - Anne-Marie Garat, Ecrivaine - Delphine Gardey, Historienne - Françoise Gaspard, Chercheure - Audrey Gatian, Militante féministe - Michèle Gonin, Militant féministe - Mélanie Gratacos, Militante associative - Pauline Grégoire-Marchand, Militante féministe - Juliette Griffond, Militante féministe - Claude Groussin, Mouvement Jeunes Femmes  - Claire Guiraud, Militante féministe - Gisèle Halimi, Avocate - Monique Halpern, Ecrivaine - Clémence Helfter, Syndicaliste - Françoise Héritier, Anthropologue - Annik Houel, Chercheure - Serge Hureau, Chanteur - Simone Iff, Ancienne présidente du Planning familial - Annabelle Janodet, Militante mutualiste - Maryse Jaspard, Socio-démographe - Anne-Charlotte Jelty, Les insoumises - Cy Jung, Ecrivaine - Axel Kahn, Généticien, universitaire - Liliane Kandel, 40 ans du MLF - Sarah Kerrich, Militante féministe - Yvonne Knibiehler, Historienne - Marie-José Kotlicki, Syndicaliste - Marie-Thérèse Lanquetin, Juriste - Christine Le Doaré, Militante féministe - Safia Lebdi, Les insoumises - Armelle Lebras-Chopard, Chercheure - Catherine Lecoq, Comédienne, chanteuse militante - Séverine Lemière, Chercheure - Marie-Thérèse Letablier, Sociologue - Pascale Lismonde, Journaliste - Alice Loffredo, Militante féministe - Michèle Loup, Militante féministe - Violaine Lucas, Professeure de lettres - Anne-Cécile Mailfert, Militante féministe - Virginie Martin, Chercheure - Michela Marzano, Philosophe - Maïa Mazaurette, Blogueuse et auteure - Dominique Meda, Sociologue - Philippe Meirieu, Pédagogue - Loubna Méliane, Fondatrice de Ni Putes Ni Soumises - Blandine Métayer, Comédienne, Auteure - Françoise Morvan, Militante féministe - Janine Mossuz-Lavau, Chercheure - Liane Mozère, Sociologue - Julie Muret, Militante féministe - Pap N’Diaye, Historien - Sarah Nasséra Oussekine , Militante féministe - Marion Oderda, Militante féministe - Orlan, Artiste - Michelle Perrot, Historienne - Camille Peugny, Sociologue - Françoise Picq, 40 ans du MLF - Emmanuelle Piet, Militante féministe - Maudy Piot, Psychanalyste - Christine Planté, Professeure de littérature - Soudeh Rad, Militante féministe - Linda Ramoul, Militante féministe - Rayhana, Auteure, Comédienne - Charline Renaud-Dhyèvre, Militante féministe - Myriam Revault d’Allonnes, Philosophe - Michèle Revel, 40 ans du MLF - Michèle Riot Sarcey, Historienne - Evelyne Rochedereux, CIBEL, Militante lesbienne, féministe - Jean-Marc Roirant, Militant associatif - Roselyne Rollier, Militante féministe - Aline Royer, Militante féministe - Romain Sabathier, Militant féministe - Ouarda Sadoudi, Association Home - Rama Sall, Mouvement des Jeunes Socialistes - Michele Sarde, Ecrivaine - Claire Serre-Combe, Militante féministe - Fabienne Servan Schreiber, Productrice - Rachel Silvera, Chercheure - Claire Simon, Réalisatrice - Mariette Sineau, Politologue - Luce Sirkis, - Charlotte Soulary, Militante féministe - Martine Storti, 40 ans du MLF - Annie Sugier, Militante féministe - Wassyla Tamzali, Essayiste - Josy Thibaut, Militante féministe - Philippe Torreton, Comédien - Olga Trotsiantski, Militante féministe - Laurence Tubiana, Professeure - Fiammetta Venner, Politologue - Eliane Viennot, Professeure de littérature - Anne-Marie Viossat, Militante féministe - Annette Wieviorka, Historienne - Anne Wurtz, Militante féministe - Michelle Zancarini-Fournel, Historienne - Arlette Zilberg, Militante féministe

Partager cet article

Repost0
24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 12:26

article publié le 23 avril 2012 par Rue 89 - Zineb Dryef

La veille, il a respiré. Se réveiller à 10 heures, regarder une série danoise, assister à un match de basket, tweeter «Suzanne» de Joan Baez et rire parce que les militants de droite y voient du «militantisme subliminal». «Suzanne, subliminal !» Et puis porter encore un peu la parole socialiste à la caisse du supermarché et convaincre deux indécis. «Deux !»

Au volant de l’Opel Corsa, siège bébé, qu’il conduit à nouveau depuis le vol de son scooter prêté par le PS, Benoît Hamon dit aimer cette trêve qui précède l’élection. Quelques heures d’inactivité en attendant dimanche. Il dit de cette trêve qu’elle est «space».

Il roule et il a l’air parfaitement serein. On cherche l’indice d’une tension quelconque. Rien. Au réveil, il a tweeté «Beautiful day» de U2, «pour la météo». Grand soleil ce dimanche matin. Un dimanche à «se faire un foot avec Assouline [David Assouline, sénateur socialiste, ndlr]».

Cinq ans après l’élection de Nicolas Sarkozy, le bébé PS, l’un des «jeunes lions» comme ils ont pompeusement aimé se surnommer, a perdu une élection (les européennes), renoncé à représenter l’aile gauche du parti (au congrès de Reims) et pris quelques rides.


« BFM, une chaîne où il faut aller »

hamon-trappes.jpg

Benoît Hamon vote à Trappes (Zineb Dryef/Rue89)

A 10h30, à Trappes où il vote, les caméras escomptées ne sont pas là. La parole officielle du PS, celle qui intéresse les médias, se confond désormais avec la sienne.

L’un des hommes les plus filmés du PS – points presse toutes les semaines – a appris depuis 2008 à mettre son parcours derrière sa fonction.

Mais quand un embouteillage sur la N10 nous ralentit, on est avec «Benoît Hamon, candidat de la 11e circonscription des Yvelines». Exposition du projet de réaménagement de cette voie et attaque de Valérie Pécresse, la présidente de la fédération UMP des Yvelines, qui «fait son projet, genre c’est SimCity mais chez les autres».

On est en 2012 et son combat personnel, depuis janvier dernier, c’est Trappes. Le porte-parole du PS, dans son costume sombre, cravate fine, laboure ce territoire de droite depuis des mois pour se faire élire député. Il égrène ces chiffres, des victoires, «on a fait 15 000 portes. On a recueilli 2 000 contacts». Puis calcule : «Obama dit que sept portes ouvertes vous font gagner un indécis. Je ne suis pas aussi optimiste, mais disons que sur dix portes, on gagne une voix.»

De ce porte-à-porte massif, dont il revendique la paternité, il retient aussi que «BFM est la télé la plus allumée dans les appartement» : «Je sais que c’est une chaîne où c’est bien d’aller.»

Il est fier de sa permanence qui fait face au marché. Fier des militants qui le soutiennent, surtout de René, Robert, Nobel et Ronsard, quatre frères investis derrière lui. Fier de son territoire. Aux Merisiers, il montre chaque immeuble qu’il faudra reconstruire, répond, gêné mais souriant, qu’il n’est pas encore élu à un vieux maghrébin qui lui donne du « monsieur le député », fait la promotion de la base de loisirs et de son club de voile sur l’étang.

hamon-permanence.jpgBenoît Hamon dans sa permanence, avec Pauline, stagiaire (Zineb Dryef/Rue89)

« Tu veux déjà les résultats ? »

Oui, Benoît Hamon a pris quelques rides mais il affiche toujours cette gentille assurance de celui qui ne veut pas douter de la victoire. Il est déjà dans l’après quand, au téléphone, il donne des consignes : «Faut programmer une réunion pour examiner les résultats bureau de vote par bureau de vote. Demain, on commande des pizzas et on travaille : je veux les comparatifs en nombre de voix, pas en pourcentage

Il prévient quand même que «ça va être serré tout à l’heure. Ce soir, c’est important mais ce n’est pas fini».

Son téléphone sonne. Il est de bonne humeur : «Tu veux déjà les résultats, c’est ça ?» Ça n’arrêtera pas ; une journée de présidentielle, les politiques la passent aussi à répondre aux coups de fil et aux textos des proches qui veulent savoir avant tout le monde, dès 11 heures parfois.

«Personne ne sait vraiment. Il faut attendre 18h40. Là, on a tous les mêmes chiffres, issus de la même source. Bons, mais ce n’est pas significatif.»

Il dit cela quand, autour de midi, il reçoit le texto d’un jeune député avec les scores d’outre-mer, sourcés ministère de l’Intérieur.


« La droite incarne une politique de classe »

«J’aime bien aller voter. “ Cling ! A voté ”.» On l’a déjà dit, la parole du PS se confond désormais avec la sienne mais lorsqu’il dit que voter, «c’est un aboutissement», une banalité qu’il laisse tomber après avoir voté, rien ne sonne moins insincère.

Il dit «aboutissement», on entend «soulagement» : «Ça fait quatre ans maintenant que je fais des points presse, que je joue les opposants. Quatre ans. C’est un aboutissement.
    J’ai déjeuné avec ma femme dans un restau du XVIe. Elle travaille dans le coin. Quand je suis arrivé, le patron a ostensiblement pris son visage dans ses mains et n’a pas arrêté de dire aux clients à voix haute : “Ah ! Vous aussi vous partirez à l’étranger s’il est élu.”
    Ceux qui nous expliquent qu’il n’y a pas de conscience de classe, c’est pas possible. Les riches votent par conscience de classe. C’est revenu avec la politique de la droite et naturellement, ça a fait naître une conscience de classe chez les victimes de cette politique-là. La droite a incarné une politique et un gouvernement de classe.
    J’ai ressenti ça fortement avec les retraites, le côté “bande de feignasses” qu’il y avait derrière leur discours.»

Trappes, Solférino, rue de Ségur... la course

hamon-scooter.jpgBenoît Hamon près du scooter qu’on lui a prêté (Zineb Dryef/Rue89)

Mais il est encore tôt ce dimanche. On ignore alors encore les scores des candidats. L’avenir de Jean-Luc Mélenchon est encore radieux : «Moi, j’ai convaincu mes belles-mères [l’épouse de son père et la mère de la sienne, ndlr]. L’une est danoise et penchait pour Joly.
    Je les ai convaincues pas par la peur d’un second tour avec Marine Le Pen, je n’y crois pas, mais parce que si on veut que Hollande ait les moyens de gouverner à gauche, il lui faut une victoire nette, nette, nette. Une victoire indiscutable.
    Si le but des indécis, c’est que Mélenchon pèse sur Hollande, c’est fait.»

La journée est très longue. Il faut repasser par la rue de Solférino, pourquoi la rue de l’université n’est-elle pas neutralisée comme prévu ? Et cet échafaudage, il se monte ?

S’assurer que les 570 journalistes, la centaine d’invités, les militants – impossible de prévoir leur nombre –, soient correctement reçus. Répondre encore au téléphone. Temps long.

Dans son bureau, entre les photos de Mitterrand et Jaurès, il parcourt le tableau de ses interventions médias : «Ça m’amuse quand les télés du monde entier sont là. Là où ça m’a moins amusé, c’est quand les Américains ont débarqué aux points presse avec l’affaire DSK. Là, oui, j’étais stressé, zéro impro ces jours-là

Il s’en va. Déjeuner, dormir, changer de cravate, tromper l’attente. A 17 heures, revenu dans la cour du siège du Parti socialiste, il est à son aise dans l’atmosphère de folie qui s’installe.

«Hollande 29. Sarkozy 27», les chiffres circulent. Il s’astreint au silence : «La surprise, c’est Cheminade à 17%.»

assouline-hamon.jpgDavid Assouline dans le bureau de Benoît Hamon (Zineb Dryef/Rue89)

Tunnel de réunions avec les dirigeants du PS

L’attente encore. Derrière son ordinateur, Benoît Hamon découvre avec David Assouline l’interview de Mélenchon sur France 2, regarde les clips de campagne de Poutou. Une discussion sur la stratégie des médias belges s’achève par le visionnage de la vidéo où le premier ministre belge chante «La Marseillaise».

Il est 17h30. Il faut faire vite. Un conseil politique restreint, en conférence téléphonique avec François Hollande, doit démarrer à son QG parisien. Il faut faire vite ; quelqu’un prête un scooter. Rue de Ségur, les journalistes patientent sur le trottoir. A l’intérieur, au troisième étage, une porte se ferme derrière une grande table. Ils sont tous là.

hamon-aubry-fabius.jpgMartine Aubry et Laurent Fabius rue de Ségur (Zineb Dryef/Rue89)

Laurent Fabius ne lâche pas son téléphone. Bertrand Delanoë, dans un costume plus baby-rocker que jamais, serre toutes les mains avant de s’asseoir près de Manuel Valls, raide, très raide. Mais ils sourient. Ségolène Royal est en retard.

Ce qui doit être un point sur les résultats et une conversation déterminant la «tonalité» des déclarations à faire à la presse se prolonge.

Le score de Marine Le Pen vient d’être revu à la hausse. On parle de 20%.
Des preuves d’amour aux électeurs FN

A la sortie, les visages ne sont pas si graves. «On reste haut. Si ça se confirme, c’est surtout pour Nicolas Sarkozy que la situation est compliquée», résume Benoît Hamon. Il assure que pour Le Pen, ce n’est qu’une surprise relative : «Quand on milite, on le voit qu’elle monte. J’ai surtout peur que beaucoup des électeurs de Marine Le Pen se soient vraiment radicalisés.
    A ceux-là, pas de déclaration d’amour, mais des preuves d’amour. C’est avec la santé, l’éducation qu’on les éloignera du Front national

Les formules commencent à se travailler. «Bon cru présidentiel» sera répétée plusieurs fois pour commenter la participation, seule déclaration consentie aux médias qui s’impatientent.

Deuxième réunion, avant les résultats officiels. Au premier étage, le bureau national se rassemble. C’est bref. Stéphane Le Foll, proche de François Hollande, émerge : «C’est par où le BN ?
    – C’est terminé.»

Il revient à la charge : «T’es sûr ?» Dehors, on crie «François, François», mais les socialistes doivent encore tenir. Comme il est dur de contenir sa joie. Mais il y tient ; ne pas déroger à la règle, attendre 20 heures. Benoît Hamon explosera de joie à 20 heures très précises : «Waouh ! Ça fait du bien d’être en tête, ça fait longtemps. La légitimité de François Hollande est incontestable.»

hamon-resultats.jpgBenoît Hamon à l’annonce des résultats (Zineb Dryef/Rue89)

Près de lui, Caroline de Haas, sa collaboratrice d’Osez le féminisme, et une formidable cohue.

Cinquante minutes plus tard, on le retrouve essoré mais heureux. Il vient d’enchaîner 15 interventions télévisées : M6, BFM-TV, RFI, France 24, la RTBF, i>Télé, France 2, France 3, la télé du PS, LCI, TF1, Le Tatou, RFI en anglais.

Quelqu’un rit. «Quoi, pourquoi tu te marres ? Qu’est-ce qu’il a mon anglais ?»

« 50% ! 50% »

Ça ne s’arrête plus. Il faut galoper à l’étage, tout le PS – réuni on ne sait comment, ils semblaient tous être dans la télé – vont écouter François Hollande.

Martine Aubry, comme à son habitude, a du mal à afficher un grand sourire. Les anciens, Lionel Jospin et Elisabeth Guigou, sont les derniers. Ils trinquent (sans doute), se font d’ultimes recommandations. Même si le score est plus serré que prévu entre les deux candidats – ils le savent à cet instant –, ils s’accordent sur «la claque à Sarkozy».

hamon-bureau.jpgBenoît Hamon dans son bureau en fin de soirée (Zineb Dryef/Rue89)

«50% ! 50% !» Il hurle dans son bureau. Les yeux chargés d’enthousiasme, Benoît Hamon court dans le couloir. On l’entend crier encore «50% !».

Enfin, il revient dans son bureau. Enfin, il se laisse tomber sur une chaise : «Bon, c’est 49%, mais c’est pas la classe ?»

Les résultats de Trappes sont tombés. La journée de Benoît Hamon vient de commencer. Il est plus de 23 heures.

Partager cet article

Repost0
23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 13:43

LienemannNous connaissons désormais les résultats et non plus des estimations du premier tour.

La première constatation est que pour la première fois depuis le début de la Vème République, le président sortant n’est pas en tête à l’issue du 1er tour.

La seconde constatation est que toutes les forces de gauche et écologistes ont très nettement progressé depuis 2007 : François Hollande fait 2,76% de mieux que Ségolène Royal, Jean-Luc Mélenchon fait 9,1% de plus que Marie-George Buffet et même si l’on tient compte du score très haut en 2007 d’olivier Besancenot, il gagne près de 6%, c’est d’ailleurs lui qui capitalise la plus forte progression, et Eva Joly, en dépit d’un score sans doute décevant quant à elle progresse de 0,7 par rapport à Dominique Voynet ! C’est donc près de 10 points de mieux que les partis rouges, roses verts réalisent par rapport à la précédente présidentielle ! C’est d’abord et avant tout sur le rassemblement des forces de gauche que repose la victoire le 6 mai prochain. Pas une voix ne doit manquer à François Hollande.

La troisième constatation est la persistance d’un vote Lepeniste et d’extrême droite à un très haut niveau avec une progression continue depuis 30 ans. Il est erroné de présenter ce vote comme le signe d’une simple colère et moins encore l’expression d’une « souffrance » comme le déclarait ce matin Nicolas Sarkozy! Le vote pour Marine le Pen conjugue en réalité des votes différents qui convergent sur son nom et c’est d’ailleurs ce qui est inquiétant. Il est ancré dans la contestation du système, de ses conséquences sociales terribles et autour d’une idéologie nationaliste, xénophobe. Les électeurs du FN n’ont sans doute rien à faire de la pseudo compassion de Nicolas Sarkozy et il faut prendre garde à la rhétorique de la demande de « protection » qui peut cacher l’essentiel : la volonté de nouvelles règles du jeu à tous niveaux, mondial, européen et français, d’une inversion de priorités et d’une prise en compte de la réalité telle qu’elle est et non racontée en éludant en permanence la vie d’une part importante des français ! Reste bien sûr une extrême droite classique renforcée par la légitimité que Nicolas Sarkozy et ses compères lui ont donné en reprenant ses thèses, son discours haineux et de rejet de l’autre! Bilan de cette attitude, le FN progresse et n’est en rien, comme l’UMP le prétendait, marginalisé. Pour la gauche, l’enjeu est de reconquérir les couches populaires qui font le choix Le Pen. Les thèmes de la ré-industrialisation , de la lutte contre les délocalisations et la mondialisation libérale et bien sûr la réorientation de la construction européenne !

La quatrième constatation est la confirmation que l’élection présidentielle ne se joue pas au centre et que ce dernier est souvent artificiellement gonflé par les faiblesses de l’un des partis de gauche ou de droite !

Que de temps perdu dans tous les palabres de certains qui prônait des accords avec le Modem ou annonçait la mort du PC ou de la première gauche, vantant la mutation sociale- démocrate de la gauche française. La réalité est toute autre et François Hollande comme le PS lors du congrès de Reims ont bien fait de choisir l’alliance à gauche !

Cinquième constatation : les habitants des quartiers des banlieues sont venus voter et ont massivement apporté leur soutien à François Hollande et à la Gauche.
Hollande_Dijon_3mars2012.jpgAlors ne les oublions pas et sous prétexte d’une montée de Marine Le Pen, ou des coups de boutoirs de la droite contre le pseudo « assistanat » qui ferait flores dans les couches populaires et les quartiers, ne cédons sur rien, ni sur l’égalité, ni sur l’universalisme, la laïcité et le respect de chacun, de ses droits ! L’enjeu de la période est bien de solidifier un nouveau pacte républicain qui fédère notre peuple pour redresser la France, restaurer la confiance en l’avenir et renouer avec le progrès.

Marie-Noëlle Lienemann
Sénatrice de Paris

Partager cet article

Repost0
19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 10:13

Partager cet article

Repost0
13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 07:01

(VOnews.fr - 12/04/2012 17:28)

Dans un communiqué deCharlotte Brun - 2010 - Cergy presse co-signé avec Francois Detton, la candidate socialiste aux prochaines élections législatives, Charlotte Brun, dit avoir accueilli le décès de Raymond Aubrac «avec une grande tristesse». Le résistant avait accepté en mars dernier de rejoindre son comité de soutien en vue du scrutin.

Suite au décès de Raymond Aubrac, Charlotte Brun a tenu à réagir, estimant qu’une «grande figure de la résistance [nous] a quitté». Elle se souvient également d’un homme «qui a dédié sa vie, avec modestie et volontarisme, à transmettre et à alerter la jeunesse des dangers qui menacent la démocratie».

Raymond Aubrac  avait rejoint cette année le comité de soutien à la candidate socialiste sur la 7e circonscription. «Nous ne le remercierons jamais assez de cet immense honneur.  Raymond Aubrac avait su faire vivre la flamme du combat pour la justice et pour la liberté. Aujourd'hui, nous avons la responsabilité de reprendre le flambeau qu'il nous a laissé en héritage», déclare-t-elle.

Partager cet article

Repost0
10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 19:15

Hamon_Brun_Bouffemont_17-04-2012.jpg

Partager cet article

Repost0
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 16:57

L’abstention risque d’être forte au 1er tour des présidentielles. Certains pronostiquent qu’elle pourrait être supérieure à 30%. Le triste record de 2002 (28,4%) serait alors battu. A qui la faute ? Sarkozy met au centre de sa campagne la sécurité et l’immigration. Après la tragédie de Toulouse et Montauban, il essaie de gagner des électeurs du FN afin d’arriver en tête au 1er tour, seul scénario qui peut lui laisser une chance de créer une dynamique pour le deuxième tour. Le "candidat-sortant" entraîne la campagne sur un terrain qui attise les peurs, notamment de l’électorat le plus âgé, mais qui n’intéresse pas une grande partie de nos concitoyens pour lesquels l’emploi et le pouvoir d’achat sont les deux principales préoccupations (au moins, sur ces 2 priorités exprimées par une majorité d’électeurs, tous les sondeurs semblent d’accord !).

La droite unie derrière Sarkozy

Après Christine Boutin, Hervé Morin, c’est au tour de Rama Yade et Jean-Louis Borloo de rentrer dans le rang, de «retourner au bercail». La droite regroupe les siens. Quoi de plus normal ? Sarkozy fait huer la CGT dans ses meetings, fustige les syndicalistes CFDT. Laurence Parisot monte au créneau pour dire tout le mal que le patronat pense des programmes défendus à gauche. Une fois de plus, l’affrontement électoral, le choc droite-gauche sera le reflet dans les urnes de l’opposition de classes qui se joue tous les jours sur le plan économique et social. Nicolas Sarkozy et ses amis du CAC 40 rêvent de poursuivre la politique menée au bénéfice du Capital, au détriment du Travail.

Toutes les sensibilités de gauche doivent converger sur l’objectif de battre la droite et l’extrême-droite. Celles que rassemble le Parti socialiste, tout comme celles qui se coalisent dans le Front de Gauche. Bien sûr, au Parti socialiste, on doit entendre et comprendre ce que signifie la dynamique de la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Tout comme aux dernières élections européennes et régionales, mais là c’était avec un bulletin de vote Europe Ecologie, une partie de l’électorat de gauche veut faire passer un message aux responsables socialistes. Un message préventif : si la gauche gouverne à nouveau, elle ne devra pas se soumettre et/ou s’adapter aux pressions libérales du capitalisme financier.

La question sociale est décisive

En démarrant sa campagne en déclarant «mon ennemi, c’est la finance», François Hollande a montré qu’il a parfaitement conscience des enjeux de la période. Seul candidat de gauche en capacité de battre Sarkozy, il doit poursuivre sa campagne en creusant le sillon ouvert lors de son discours du Bourget. En s’adressant aux ouvriers, aux employés, à tout le salariat, la force sociale numériquement majoritaire de ce pays. Les salariés actifs ou en retraite, avec un emploi "stable" ou précarisés, à temps plein ou à temps partiel expriment ce qui est majoritaire dans ce pays. Le modèle social leur apparaît être une «composante importante de l’identité nationale» pour reprendre les termes d’une récente enquête (*) : assurance-maladie, le SMIC, le Code du travail, l’assurance chômage, le système de retraite par répartition, les allocations familiales, les services publics, les minima sociaux.

Comme toujours la question sociale est décisive. Le partage et la redistribution des richesses sont bien des marqueurs essentiels du Socialisme. Répondre à la question du pouvoir d’achat sans esquiver la nécessaire hausse des salaires, mettre en avant des mesures pour l’emploi, contrôler les licenciements, lutter contre la politique européenne d’austérité et de flexibilité… Mettre ces thèmes au cœur de la campagne socialiste, c’est ce qui pourra faire reculer l’abstention. Car les enjeux paraîtront alors plus clairs à ceux de nos concitoyens qui craignent de ne pas être entendus.

C’est dès le 1er tour, le 22 avril, que se créera ou non une dynamique qui permettra de battre le "candidat-sortant" au 2nd, le 6 mai. Viendra alors le temps des législatives et celui d’un nécessaire programme commun de gouvernement PS-FdG-EELV. Ce temps n’est pas encore venu, il ne faut jamais se tromper de séquence. L’heure est à battre la droite et à l’engagement inconditionnel au désistement à gauche.

(*) Enquête Ifop pour Liaisons sociales Magazine

Partager cet article

Repost0
29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 15:28

Le Monde.fr | 28.03.2012 Par Sylvia Zappi
1677015_3_d585_francois-hollande-en-meeting-a-nice-le-28-ma.jpg

François Hollande en meeting à Nice le 28 mars


Taper sur Mélenchon ou lui tendre la main ? La question qui a agité mardi 27 mars le bureau national du PS après la sortie de Laurent Fabius enjoignant François Hollande de riposter aux propositions du candidat du Front de gauche, rebondit. On a vu tout au long de la journée de mercredi plusieurs figures de la gauche du PS ou acteurs de l'ancienne "gauche plurielle" de 1997 monter au créneau avec un credo : il faut positiver la percée du challenger du Front de gauche dans les intentions de vote.

Jean-Christophe Cambadelis s'est lancé le premier. Dans un entretien sur Francesoir.fr, le député de Paris a jugé "plutôt positive" la progression du député européen. "Il ramène dans l'espace d'une gauche de gouvernement des électeurs qui s'en étaient peut être éloignés." Donc, ajoute-t-il, "c'est plutôt positif, d'autant qu'ils se reporteront certainement sur Hollande au second tour", assure-t-il. Selon lui, ce report est d'autant plus certain que ces électeurs de Mélenchon "ne peuvent concevoir 5 ans de plus avec Sarkozy" et d'autre part, continue-t-il, "les idées radicales de confrontation frontale avec le capitalisme trouvent un écho dans notre programme".

"PRENDRE EN COMPTE MÉLENCHON"
Montrer l'écho à cette radicalité dans la campagne de Hollande, c'est aussi ce à quoi veut pousser Marie-Noëlle Lienneman. La sénatrice de Paris a demandé, dans une interview pour le site de Public Sénat, à son parti de "prendre en compte Jean-Luc Mélenchon (...) et ce que les Français expriment dans cette campagne".

L'animatrice du courant Gauche avenir avec Paul Quilès, s'est montrée très attentive à l'égard de son ancien camarade, tout en l'enjoignant de ne pas taper sur la gauche : "Si Jean-Luc Mélenchon augmente son crédit, c'est un bien. Mais qu'il le fasse pour apporter aux forces de gauche un plus. Le total de gauche augmente". Et d'avertir le PS et son candidat contre tout sectarisme : "Il faudra bien travailler à des convergences avec nos alliés. Ne fermons pas la porte", insiste-t-elle en citant notamment de nécessaires "convergences législatives".

MONTEBOURG  EN INVITÉ À NICE
L'équipe du candidat socialiste a, semble-t-il, entendu. Et décidé de "prendre en compte" Mélenchon en mettant en avant son joker Montebourg. Le député de Saone-et-Loire a  accompagné mercredi François Holande lors d'un déplacement à Nice, reprendant son antienne contre les financiers prédateurs qui avait fait de lui le troisième homme de la primaire socialiste.

Il a ainsi appelé à "réarmer la République" face aux "forces de la finance" : "Partout le système financier a imposé sa loi injuste sur l'économie", a lancé le représentant spécial du candidat socialiste en rappelant que le PS voulait "remettre la finance au pas". Une manière de gauchir le discours de M. Hollande tout en continuant à appeler à voter "efficace".

Le candidat, lui, fait mine de rester de marbre, disant préférer "garder le même rythme" au lieu du "nouveau souffle", réclame par Mme Lienemann, comme il le déclare au journaliste du Monde qui le suit.

Partager cet article

Repost0
28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 15:08

Public Sénat - François Vignal - Le 28.03.2012
lienemann.jpg.crop_display.jpg«Il est clair que les choix faits ces dernières semaines n’ont pas été des choix d’affirmations fortes», note la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, membre de l’aile gauche du PS. Elle appelle à «préparer des convergences législatives» avec Jean-Luc Mélenchon. «Ne fermons pas la porte».

Après les propos de Jérôme Cahuzac sur Public Senat et la réponse de Jean-Luc Mélenchon, on voit que le ton s’échauffe. Le PS doit-il tenir compte de la montée du candidat du Front de gauche ?
D’une part je pense que tout ce qui est de nature à entretenir un débat polémique ou de mauvaises relations au sein de la gauche est une erreur. Je pense que notre ami Jérôme Cahuzac aurait mieux fait de ne pas rentrer dans une logique de cette nature. Après, que le PS doive prendre en compte Jean-Luc Mélenchon, je pense surtout qu’il doit prendre en compte toutes les forces de gauche et ce que les Français expriment dans cette campagne : un refus extraordinairement fort de l’austérité européenne, qui ne réglera en rien le problème d’endettement et accélèrera le détricotage de notre modèle social. Sur les sujets qui préoccupent les Français, le pouvoir d’achat, l’emploi, la protection sociale, les services publics, un discours fort peut être mieux entendu qu’aujourd’hui, à cette étape de la campagne. Il faut donner du contenu au pacte productif, défendre les services publics. Il ne s’agit pas de tenir compte de Jean-Luc Mélenchon, mais il faut tenir compte du fait que si Jean-Luc Mélenchon augmente son crédit, c’est un bien. Mais qu’il le fasse pour apporter aux forces de gauche un plus. Le total gauche augmente. Le PS doit de son côté créer une dynamique pour convaincre les abstentionnistes potentiels.

Le PS doit-il faire des propositions qui parlent aux électeurs de Jean-Luc Mélenchon ?
Pas aux électeurs de Mélenchon, mais aux électeurs de gauche. On doit tous convaincre une partie des Français qui aujourd’hui hésitent, ou seraient tentés par l’abstention. Et répondre à leurs attentes. Ils doivent aussi avoir en ligne de mire que le but final est la victoire de la gauche. Le PS ne doit pas être dans la polémique, mais dans l’affirmation forte de ses propositions pour les couches populaires et les travailleurs.

Jérôme Cahuzac a affirmé sur notre antenne que le programme de François Hollande n’était pas négociable entre les 2 tours. Cette position est-elle tenable avec un Mélenchon à 15% au soir du premier tour ?
De toute façon, Jean-Luc Mélenchon n’a jamais demandé qu’on négocie un compromis de programme dans l’entre-2 tour.  Je rappelle à Jérôme Cahuzac que le Président fixe les grandes priorités, les urgences. Je rappelle que ce qui fera la politique de la France viendra aussi du Parlement. Il faudra bien travailler à des convergences avec nos alliés. Ne fermons pas la porte. Il ne s’agit pas d’avoir des tractations derrières les rideaux, mais de préparer des convergences législatives.

Les gestes à faire rendant possible le rassemblement à gauche doivent être faits par François Hollande. Je souhaite qu’il dise avec force que son cap, c’est le rassemblement de toutes les forces de gauche. Aucun des camps n’est victorieux tout seul. Il parle à l’ensemble des Français, notamment sur la thématique du renforcement du modèle républicain. L’égalité républicaine est en crise aujourd’hui, comme l’intervention de l’Etat. François Hollande doit réaffirmer sa stratégie de rassemblement. Rassemblement de la gauche et des Français autour de la défense du modèle républicain. Il y a des sujets qui sont importants pour les Français. Ils approuvent l’idée de renégocier le traité européen. Ils ont besoin d’être renforcés dans l'idée que cette fois-ci on ne leur refera pas un enfant dans le dos. Voilà un sujet de rassemblement.

Faut-il revoir l’accord passé entre Europe Ecologie-Les Verts et le PS en raison de la montée du Front de gauche ?
On ne va pas commencer à dire qu’on va rassembler en remettant en cause ce qu’on a déjà fait. Il faut plutôt penser à une nouvelle étape. J’ai toujours dit que c’était une erreur de faire de manière séparée les accords. Il fallait faire une plateforme commune de convergence.

Cette nouvelle étape, c’est un accord législatif entre le Front de gauche et le PS ?
On est en pleine campagne, ça ne va pas se faire en plein milieu de débats où chacun met en avant sa singularité. Ce n’est pas la peine de se précipiter. Je rappelle que le total de la gauche progresse. Il y a encore des marges de progression. Que chacun mette toute son énergie pour que la progression ne soit pas au détriment de l’autre. Ça renforcera la dynamique collective.

La montée de Jean-Luc Mélenchon est-elle un danger pour François Hollande ou est-elle au contraire positive en assurant un bon report de voix ?
Je pense que la montée de Jean-Luc Mélenchon est positive si a lieu une montée, ou un maintien de François Hollande. Il faut savoir où sont les capacités de développement. Il y a encore dans les quartiers, les couches populaires une attente forte d’un discours mobilisateur de la part du PS. Nous sommes à une étape de la campagne, où après le souffle du Bourget, il faut maintenant passer à des propositions qui déclinent les caps stratégiques.

La campagne de François Hollande est-elle trop lisse, trop sage ?
Il y a des tempos dans une campagne. Nous sommes dans le tempo où il y a besoin de déclinaisons, de donner la puissance aux axes.

Il faut une campagne plus à gauche ?
Il faut décliner avec force les caps stratégiques, que ça parle plus au gens. Par exemple, il faut résister aux délocalisations. Des mesures peuvent être prises tout de suite.

Compter les jours jusqu’au premier tour, ce serait un risque ?
Ça n’existe pas une campagne sans risque. Il faut choisir les risques qu’on prend.

Une campagne sans risque, c’est pourtant l’impression que peut donner la campagne de François Hollande ces dernières semaines…
Il est clair que les choix faits ces dernières semaines n’ont pas été des choix d’affirmations fortes. A l’étape où nous sommes, Mélenchon ou pas Mélenchon, il y a besoin de donner un nouveau tempo et répondre aux questions que se posent les Français.

Qui dit nouveau tempo, dit nouveau souffle ?
Oui, nouveau tempo, nouveau souffle. Si c’est pour avoir un tempo de déclin, ce n’est pas la peine !

Partager cet article

Repost0