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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 20:51
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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 10:05

L’État doit sauver Florange et ses ouvriers – La sidérurgie française et européenne ne doit pas disparaître

acieries.jpgLe ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, a assuré jeudi à Florange les salariés de l’aciérie ArcelorMittal, que l’Etat ferait tout ce qui est en son pouvoir pour trouver un repreneur aux deux hauts-fourneaux du site, dont l’arrêt définitif pourrait être annoncé lundi 1er octobre par la direction.

Nous saluons l’engagement du gouvernement. Nous considérons inacceptable la mort annoncée de la sidérurgie française et européenne ; nous dénonçons le comportement rapace d’ArcelorMittal et de son PDG Lakshmi Mittal, qui a manipulé pendant des années les salariés de la sidérurgie.

Montebourg-Florange.jpgMalheureusement la reprise partielle du site semble peu probable ; mais nous ne pouvons accepter la fermeture du site de Florange : la nationalisation temporaire de cette aciérie peut répondre à l’urgence du maintien de l’activité et préparer la restructuration de la filière acier en France. Nous demandons au gouvernement de prendre immédiatement les dispositions permettant cette reprise par la puissance publique au cas où d’autres repreneurs ne se manifesteraient pas et ne garantiraient pas le maintien de l’activité de Florange dans la durée.

Au-delà du seul cas de Florange, nous proposons au gouvernement de lancer la contre-offensive industrielle et de se donner les moyens concrets du redressement productif.

La motion 3 « Maintenant la Gauche » développe de nombreuses propositions qui peuvent aider le gouvernement à réussir le changement attendu par les Français.

La future Banque Publique d’Investissement doit être solidement dotée et ne saurait se limiter à réunir des structures déjà existante. Elle devrait privilégier, en lien avec les Régions, les aides aux entreprises sous forme de capital, plutôt que sous forme de simples prêts, en particulier dans les entreprises qui pourraient être rachetées ou partir à l’étranger. La réintroduction de capital public, voire même des nationalisations, fussent-elles temporaires, peuvent constituer des protections majeures dans des secteurs stratégiques ou vulnérables aux prédateurs.

Les lois prévues contre les licenciements économiques abusifs, sur l’obligation de reprise lorsqu’un repreneur crédible se présente et que le propriétaire de l’entreprise veut la fermer sont urgentes et essentielles comme le droit de préférence accordé aux salariés qui sont prêts à reprendre l’entreprise.

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 09:24

Les Inrocks - dimanche 30 septembre 2012 - par Serge Kaganski

Il nous parle avec le ton posé du vieux sage universitaire, mais les analyses de Joseph E. Stiglitz sur notre système économico-politique ne sont pas éloignées de celles d’un Mélenchon. Sa parole critique est d’autant plus précieuse qu’elle est américaine et nobélisée.

stiglitz604-604x453.jpgNotre système économique, financier et politique est à bout de souffle. Quelles sont les principales raisons de ce grave dysfonctionnement ?

Joseph E. Stiglitz - Un des points sur lesquels j’insiste dans mon dernier ouvrage, Le Prix de l’inégalité, c’est l’imbrication entre le système financier et le système politique américains. On a laissé se développer des inégalités économiques béantes, qui ont amené à l’inégalité politique, qui fait que ceux du sommet de la pyramide dirigent et contrôlent tout, ce qui amène à encore plus d’inégalités ! C’est un immense cercle vicieux.

On a ainsi assisté ces trente dernières années aux États-Unis à un très étrange phénomène : les inégalités se sont creusées et les gouvernements en ont fait de moins en moins pour les corriger !

Votre vision critique du système américain s’applique-t-elle à tout l’Occident, voire au monde entier ?

Les forces du marché sont globales, mais ses effets diffèrent selon les pays. Les situations dépendent en partie des politiques menées localement. Il y a un aspect optimiste à ce constat, c’est que les inégalités peuvent être combattues par un changement de politique. Le Brésil en est un bon exemple : l’action du président Lula a réduit les inégalités, même si tout n’est pas parfait. L’aspect pessimiste, c’est que le type de cercle vicieux entre politique et finance tel qu’on l’observe aux États-Unis rend le changement politique très ardu – l’économie y est modelée par la politique mais la politique y est modelée par les puissances économiques et financières.

Vous utilisez une formule très parlante sur l’état de nos démocraties rongées par la finance : le principe “1 habitant-1 vote” a été remplacé par le principe “1 dollar-1 vote”…

Cela illustre la thèse principale de mon livre : nous payons nos inégalités au prix fort. Tendre vers plus d’égalité, c’est bien sûr une question de morale, d’éthique, de justice, mais pas seulement. Les inégalités affaiblissent l’économie, dégradent la démocratie, fracturent la société. Les banques qui pratiquent le crédit prédateur ou spéculent sur des actifs pourris, les dirigeants qui touchent de gigantesques bonus, les entreprises qui s’assurent des situations de monopole, tout cela distord l’économie et met en péril la cohésion sociale. Quand le contrat social se rompt, on ne peut plus obtenir les investissements publics nécessaires dans l’éducation, les infrastructures… Quand l’argent est siphonné vers le haut de la pyramide, la demande diminue parce qu’il y a davantage de pauvres et que les riches ne dépensent pas toute leur fortune. La faiblesse de la demande est la principale cause de la faiblesse de l’économie actuelle.

Vous montrez bien comment le “1 %” du sommet a convaincu le reste de la société que ses intérêts particuliers coïncidaient avec l’intérêt général, ce qui est faux…

C’est un des aspects les plus saisissants de la situation actuelle, notamment aux États-Unis. Comment est-il possible que, dans une démocratie, les richesses ne profitent pas à la majorité des citoyens mais au 1 % du sommet ? Premièrement, tout est fait pour décourager les citoyens d’aller voter. Deuxièmement, on persuade ceux qui votent de voter pour quelque chose qui n’est plus vrai. Ceux qui sont au sommet excellent dans cet exercice, et pour cela, ils ont l’argent, les médias, le savoir-faire psychologique qui s’appelle aussi le marketing… Mon ouvrage tente de démonter toutes ces idées fausses, comme par exemple la croyance que les États-Unis sont le pays de la possibilité de réussir. C’était peut-être vrai jadis, mais ça ne l’est plus depuis trente ans. Ou l’idée que lutter contre les inégalités coûterait très cher à la société. Je démontre qu’au contraire la société et l’économie se porteraient mieux.

Le 1 % s’enrichit en détruisant l’économie, la société, la démocratie. Mais si la société s’effondre, les ultrariches s’effondreront avec, comme sur le Titanic. Pourquoi le 1 % ne réalise-t-il pas que l’intérêt général est aussi son intérêt à long terme ?

Vous évoquez là le concept d’intérêt bien entendu. C’est Tocqueville qui l’a élaboré dans son livre De la démocratie en Amérique, où il notait que cet intérêt bien entendu qui profite aussi bien à la collectivité qu’aux plus riches était le génie de l’Amérique. Mais nous l’avons perdu. Cependant, des gens faisant partie du 1 %, comme Warren Buffett ou George Soros, sont conscients de ces problèmes et tentent d’agir, comme quand Buffett a déclaré qu’il trouverait normal que l’on augmente significativement ses impôts. Malheureusement, la majorité des 1 % ne voit que ses intérêts à court terme. En France, vous venez de connaître un exemple frappant de ces ultrariches qui privilégient leur intérêt individuel à l’intérêt général (Stiglitz fait allusion à la demande de nationalité belge de Bernard Arnault – ndlr).

Notre Président, François Hollande, qui avait mené campagne contre la finance égoïste, vient d’annoncer aux Français deux années d’austérité. Qu’en pensez-vous ?

C’est très déconcertant, d’autant que l’austérité va détériorer encore plus l’économie française. Merkel, Hollande et d’autres dirigeants européens disent “l’austérité n’est qu’un volet, l’autre, c’est la croissance”. Beau discours, mais qui n’est pas du tout suivi par les actes. Le volet européen de croissance est très marginal et l’austérité massive va la tuer dans l’oeuf. On a l’impression qu’ils craignent les réactions des marchés, comme quand Clinton est arrivé au pouvoir. Malgré tout, Clinton avait su convaincre les marchés qu’en période de récession il fallait accepter les déficits et être fiscalement responsable, le temps de retrouver de la croissance puis des surplus budgétaires.

Comment expliquez-vous que Barack Obama n’ait pas su être à la hauteur de ses promesses ?

Depuis deux ans, il fait face à un Congrès majoritairement républicain, mais ça n’explique pas tout. Comme Clinton, Obama a été intimidé par les marchés mais les a moins bien gérés. Les marchés lui ont dit : “Gardez les choses en l’état, ne faites rien. Donnez-nous tant de milliards de dollars, nous allons nous stabiliser et l’économie reprendra. Et puis choisissez comme conseillers économiques des gens en qui nous pouvons avoir confiance.” C’est-à-dire des hauts responsables financiers qui ont créé la crise ! N’importe quelle personne sensée aurait pensé que c’était là une option absurde, mais pas lui. Je pense qu’au fond de lui-même, Obama est d’un tempérament conservateur. Il se dit : ne secouons pas le navire, restons dans la continuité des choses”.

Mais le navire est déjà très secoué par la crise, il est peut-être même en train de couler ?

C’est la grande erreur d’Obama : s’être entouré de gens qui ont euxmêmes secoué le navire, en spéculant, en prenant des risques énormes avec l’argent des ménages, en inventant des produits financiers incompréhensibles, etc. Ces financiers ont dit à Obama : “Faites-nous confiance, on va réparer les dégâts.” Évidemment, ils n’ont rien réparé et ont aggravé les problèmes.

Si Obama est réélu, si les démocrates redeviennent majoritaires au Congrès, n’aura-t-il pas la voie grande ouverte pour réformer ?

Je l’espère, mais les probabilités sont faibles. Deux raisons à cela. La première, comme je l’ai dit, c’est sa personnalité prudente, son manque d’audace. En matière de santé, il a amélioré les choses mais n’a pas osé bouleverser notre système en créant une vraie sécurité sociale. La seconde raison, c’est le Congrès. Les liens entre sénateurs, représentants et lobbies financiers sont encore plus problématiques qu’à la Maison Blanche. Même une majorité démocrate ne garantirait pas que les décisions que pourrait prendre Obama pour réduire les inégalités seraient suivies d’effets. Le choix de l’élection présidentielle est quand même clair : soit un grand pas en arrière avec Romney, soit un minime pas en avant avec Obama. Mais je crains que le futur des États-Unis aboutisse à une société improductive, fondée sur une économie duale, où de plus en plus de gens seront marginalisés, aliénés, où seule une petite minorité vivra confortablement. Ce scénario est déjà en germe, il suffit de se balader pour le constater. Je donne une statistique parlante dans le livre : le salaire moyen d’un facteur est aujourd’hui plus bas qu’en 1968 !

Si vous étiez président des États-Unis, quelles seraient vos actions prioritaires ?

D’abord, réformer le système éducatif de façon à retrouver l’égalité des chances. Ensuite, réinstaurer des règles éthiques pour les banques et pour les dirigeants de multinationales. Réorienter toute notre législation en fonction de ce qui sert les 99 % et non les 1 %. Je suis partisan de laisser libres d’agir des adultes consentants, à condition que l’équité d’information de chacun soit garantie. Mais quand il y a exploitation de l’ignorance de l’autre, non. Quand les banques vendent en connaissance de cause des produits risqués à des clients ignorants, quand se produisent des scandales comme celui du Libor, ce n’est pas acceptable. Ma troisième priorité serait de créer un véritable système d’imposition progressif. Comment une démocratie peut-elle tolérer que le taux réel d’imposition des plus riches soit seulement de 15 % ? Romney paie 13 % d’impôt sur ses revenus déclarés, alors que chacun sait que la plus grosse part de sa fortune est déposée aux îles Caïmans ! Comment une démocratie peut-elle accepter qu’un fraudeur fiscal de cette ampleur puisse se présenter à l’élection présidentielle ? Et Romney n’est pas gêné du tout, ne présente aucune excuse. C’est incroyable !

Et si vous étiez Merkel ou Hollande, que feriez-vous pour la zone euro ?

Déjà, vous êtes en meilleure position que les États-Unis parce que vous avez de bons systèmes de santé et de protection sociale. Le plus gros problème de la zone euro, ce sont ses règles ! Chaque pays peut garder ses particularités culturelles, mais il faudrait tendre vers un fédéralisme économique, fiscal et financier tout en conservant votre modèle social.

Si l’Europe faisait cela, vous pourriez ensuite définir une stratégie de croissance commune. De plus, ce fédéralisme empêcherait la spéculation des marchés contre tel ou tel pays. Mais je crains que les courants libéraux l’emportent et que l’Europe tende plutôt vers le modèle américain que vers le modèle scandinave. La situation de l’Allemagne n’est pas aussi florissante qu’on le dit. On met souvent en avant les statistiques allemandes, le PIB allemand, mais on parle moins de la condition du travailleur moyen qui n’est pas si reluisante. Oublions un peu le PIB et observons les conditions de vie de la majorité des citoyens, car un système économique qui ne profite qu’à la minorité au sommet est pour moi un échec.

Comment faire remonter vos analyses jusqu’au pouvoir politique et les transformer en actes ?

Certains conseillers d’Obama lisent nos ouvrages, comme Alan Kruger, chef de son conseil économique. Il existe des voix qui relaient nos idées, mais le système politico-financier en place est très lourd à bouger.

À un certain point d’inégalités et de souffrances, croyez-vous à un développement de mouvements comme Occupy Wall Street et à un soulèvement du peuple américain ?

Si on regarde l’histoire des États-Unis, on constate plutôt une passivité relative du peuple américain. Je crois plutôt, hélas, au scénario d’une société duale, avec une majorité appauvrie et aliénée. Et ce que je crains dans cette hypothèse, c’est l’apparition de démagogues qui pourront dire à juste titre “le système ne fonctionne plus, votez pour moi”. On le voit déjà avec le Tea Party. Une de leurs analyses dit “Bush et Obama ont donné des milliards aux banques, coupables de la crise. Les présidents ne nous protègent donc pas. L’État est une partie du problème !” Ils oublient que ce serait encore bien pire s’il n’y avait plus d’État. Une civilisation a besoin de règles, d’une puissance publique. S’il n’y avait pas de code de la route, chacun aurait la liberté de tuer l’autre en roulant vite et n’importe comment. Les feux rouges rendent le trafic plus efficace et plus sûr pour tout le monde.

Le Prix de l’inégalité de Joseph E. Stiglitz (Les Liens qui libèrent), 510 pages, 25 €

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 12:20

banniere maintenant la gauche2 jours avant le vote du 11 octobre sur les motions, cette réunion manifestera la dynamique de rassemblement autour des propositions portées par Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, Gaël Brustier, Nicolas Pagnier et les militant-e-s de la motion 3 "Maintenant la gauche, le social au cœur, l'écologie en avant!"

MARDI 9 OCTOBRE 2012

GYMNASE HAUTPOUL
50 rue d'Hautpoul PARIS XIXème

à 19h30

intervenant_9-10-2012_Paris.jpg

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29 septembre 2012 6 29 /09 /septembre /2012 09:13

alternatives_economiques.jpgNous approuvons la volonté manifestée par François Hollande de rétablir l’équilibre des finances publiques au cours de son quinquennat après une décennie de cadeaux fiscaux aux plus aisés et aux entreprises qui ont notablement contribué à creuser ces déficits et à gonfler la dette publique française. Mais pour atteindre cet objectif, il est indispensable de tenir compte de la conjoncture. L’économie française stagne depuis de longs mois et elle est probablement entrée en récession l’été dernier. C’est aussi le cas, depuis plus longtemps encore, de la zone euro dans son ensemble. Dans ces conditions vouloir ramener de 4,5% en 2012 à 3% du PIB les déficits publics dès 2013 risque de plonger l’économie française dans la dépression et de faire bondir le chômage alors que celui-ci vient déjà de battre les records établis dans les années 1990. Une hausse qui serait socialement et politiquement inacceptable. D’autant plus que, au bout du compte, l’objectif de 3% de déficit ne serait pas atteint et que l’endettement public continuerait à s’accroître comme le montrent les exemples de l’Italie, de l’Espagne ou encore de la Grèce. Compte tenu du poids de l’économie française, seconde économie européenne, une telle politique risquerait de plus d’aggraver de façon significative les difficultés de la zone euro et de relancer la crise des dettes souveraines européennes.

Dans ces conditions, il nous paraît indispensable de repousser le retour à 3% de déficit public comme la plupart des économistes le recommandent. Tenir ses engagements est incontestablement une qualité pour un dirigeant politique et François Hollande a montré depuis le 6 mai dernier qu’il y est attaché. Mais il est aussi indispensable pour un homme d’Etat de savoir s’adapter aux circonstances lorsque celles-ci ont changé. Et c’est manifestement le cas de la situation économique française et européenne depuis le moment où François Hollande avait formulé en 2011 l’engagement de ramener les déficits publics sous la barre des 3% dès 2013. Quoi qu’on pense par ailleurs de leur pertinence, les réformes récentes de la surveillance budgétaire européenne, basées sur la notion de déficit structurel, fournissent de solides arguments pour dévier de cet engagement. Les investisseurs eux-mêmes, très inquiets de voir la zone euro s’enfoncer dans la récession du fait des politiques budgétaires trop restrictives menées en son sein, comprendront un tel geste.

En conséquence, François Hollande doit se sentir libéré de cette promesse intenable et contreproductive et trouver les moyens de convaincre ses collègues européens de la nécessité de repousser cette échéance. Il vaut mieux affronter aujourd’hui les difficultés liées à un tel renoncement que de constater demain qu’on n’a pas atteint les 3% de déficit après avoir plongé le pays dans la récession et accumulé des dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires

Vous pouvez rejoindre cet appel en "participant" à cet "évènement" Facebook

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 09:48

Mediapart - 28 septembre 2012 par Lénaïg Bredoux

Le tabou se fissure. Et si la France ne revenait pas à un déficit de 3% dès l’an prochain ? Après les économistes, ce sont désormais des responsables socialistes et même des conseillers de l’exécutif qui remettent en cause, publiquement ou à demi-mots, l’objectif imposé par les traités européens. Le gouvernement le proclame pourtant avec force alors qu'il présente ce vendredi son budget pour 2013 dont la vocation première est de revenir dans les clous de Maastricht.

«Concernant les perspectives des finances publiques de la France, nous tiendrons cet objectif de 3 % de déficit, parce que nous voulons maîtriser notre destin et préserver notre souveraineté», déclarait la semaine dernière à Mediapart le premier ministre Jean-Marc Ayrault. «Ce choix va demander des efforts, justes, mais qui ne cassent ni notre économie ni notre modèle social. Ce n’est ni l’Europe ni le traité qui nous l’impose, c'est notre volonté de ne pas nous laisser dicter notre politique par les marchés financiers», insistait-il. Un message répété jeudi soir sur France 2.

Mais, dans le même temps, le premier ministre, qui se rendra mardi devant les députés pour défendre la ratification du traité européen sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), trouve au texte concocté par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel une vertu essentielle : celle, justement, de remettre en cause le mode de calcul du déficit en parlant de "déficit structurel". C'est une notion beaucoup plus souple qui vise à exclure les dépenses conjoncturelles en temps de crise, voire les investissements d’avenir (routes, réseaux de télécommunication, transition énergétique par exemple).

«Quant au traité en tant que tel, lisez-le bien, il parle d’“équilibre structurel” des finances publiques, ce qui signifie que l’on peut aussi tenir compte des situations de crise. Il n’est pas le carcan que l’on décrit !» nous expliquait Jean-Marc Ayrault. Mais pas question d’aller plus loin.

C’est finalement le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui a franchi dimanche la ligne jaune dessinée par l’exécutif. Sur Radio J, le socialiste a ainsi déclaré, à propos des 3% : «Je pense que c'est intenable mais ce n'est pas à la France de le dire.» Avant de lancer un appel à Bruxelles : «C’est à la Commission de dire qu'on ne peut pas demander le même effort aux pays européens lorsqu'il y a de la croissance et lorsqu'il n'y en a pas. (…) Mais je ne souhaite pas que ce soit la France qui donne l'impression (en posant la question) de ne pas tenir ses engagements et sa parole parce que nous aurions à le payer cher au niveau de la gestion de notre dette et de l'effort financier.»

Cette déclaration a agacé Matignon et l’Élysée. «Il ne faut pas dire ça», tacle le ministre chargé des affaires européennes, Bernard Cazeneuve. Car l’exécutif est convaincu que la France ne peut se permettre de remettre publiquement en cause ses engagements : il craint une sanction immédiate des marchés et une remontée des taux d’intérêt auxquels la France emprunte actuellement (à leur plus bas niveau historique). Aux yeux du gouvernement, une telle décision ne pourrait être prise qu’au niveau européen, en concertation avec la Commission de Bruxelles.

« Parlons-en demain. Progressons ensemble »

Deux pistes sont en réalité à l’étude : un assouplissement du calendrier (que plusieurs pays en récession comme l’Espagne ou le Portugal ont déjà obtenu), qui permettrait de différer d'une année l'échéance, et un changement du calcul du déficit, en prenant en compte le déficit structurel. «On y réfléchit. On travaille là-dessus, notamment sur le déficit structurel», confirme un ministre sous couvert d’anonymat.

Bernard Cazeneuve, le ministre chargé des affaires européennes, le dit d’ailleurs clairement, en débat avec Eva Joly (à retrouver ici) : «Tout, sur le déficit structurel et les investissements d’avenir, doit se faire dans le concert des nations européennes. Ce sujet-là se traite autour de la table. Il faut sortir avec une décision commune. Il n’y a pas d’échappée belle possible sur un tel sujet. Il faut convaincre. Ce positionnement doit être celui de l’Europe dans son ensemble.» Avant d’ajouter : «Les Italiens, par exemple, ont proposé que les grandes dépenses d’investissements soient sorties du déficit. Parlons-en demain. Progressons ensemble

«La France ne peut pas dire toute seule en Europe qu’elle ne va pas suivre l’objectif, c’est impossible ! Mais on commence à préparer le terrain à plusieurs», abonde une autre ministre, sous couvert du “off”. Même tonalité du côté de Catherine Trautmann, chef de file des socialistes français au parlement européen et ex-membre de l’équipe de campagne de Hollande :

«Qu’on ait des règles de résorption du déficit et de résolution de la dette, c’est la condition indispensable d’assainissement de nos économies. Mais Barroso doit considérer la question du calendrier, pour l’Espagne, pour l’Italie, mais aussi pour toute la zone euro. Une fois le TSCG et la loi organique votés, François Hollande ayant apporté comme réponse aux inquiétudes le fait que la règle d’or ne soit pas dans la constitution, le débat qui s’ouvre est de voir comment on évite la récession», a-t-elle expliqué dans un débat organisé par Mediapart avec la députée PS Barbara Romagnan et que nous publierons très prochainement.

En réalité, prédisent plusieurs conseillers élyséens, tout dépendra de l’évolution de la conjoncture : si la croissance continue de fléchir – la prévision pour l’an prochain a déjà été réduite à 0,8% et les économistes prédisent plutôt 0,3% –, le chef de l’État pourrait se tourner vers Bruxelles pour assouplir le calendrier de retour à l’équilibre de ses finances publiques.

Signe des tractations en cours dans les cabinets de la République, les conseillers du pouvoir ont déterré ces derniers jours les déclarations du candidat François Hollande. Oui, il promettait bien un retour à 3% mais il ajoutait souvent : «Si la croissance est là.» C’était par exemple le cas pour son premier discours de campagne, le 4 janvier à Mérignac : «S’il n’y a pas la croissance, il n’y aura pas le redressement des comptes publics.» Une phrase que le président de la République pourrait bien exhumer dans les prochains mois.

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 10:50

IMAG0020.jpgLe 5 septembre 2012, les salariés de l'usine de cosmétiques EPB de Bezons, propriété du groupe américain REVLON, apprenaient brusquement la fermeture définitive de leur site et la suppression de 62 postes. Les raisons invoquées par le communiqué de la société sont « des difficultés financières et des pertes nettes depuis plusieurs années ».

Une fois de plus, les salariés sont pris de court et payent les choix de gestion du groupe REVLON, qui ont placé l'usine valdoisienne en difficulté : abandon de marques importantes, absence d'investissements dans l'usine elle-même et désorganisation sur les produits. Cette décision est d'autant plus détestable que l'usine dispose d'un carnet de commande plein et qu'une vingtaine d'intérimaires avaient été embauchés pour faire face à l'activité.

Ce sont donc plusieurs dizaines de salariés qui vont finir sur le carreau, certains travaillant sur le site depuis les années 1960 et dont l'âge ne permettra pas de retrouver un emploi.

Les militants socialistes valdoisiens de la motion 3 « Maintenant la Gauche » expriment leur solidarité avec les salariés concernés et appellent le gouvernement à réagir avec force face aux comportements de certaines sociétés qui mettent à mal des entreprises dont l'activité n'est pourtant pas en cause.

Ils rappellent que la motion 3 développe de nombreuses propositions qui peuvent servir au gouvernement de François Hollande et Jean-Marc Ayrault pour réussir le changement attendu par les Français.

  • La future Banque Publique d’Investissement devrait privilégier, en lien avec les Régions, les aides aux entreprises sous forme de capital, plutôt que sous forme de simples prêts, en particulier dans les entreprises qui pourraient être rachetées ou partir à l’étranger.
  • Par ailleurs, nous proposons de créer des outils nouveaux pour favoriser les reprises et transmissions d’entreprises, en particulier à travers des SCOP. Un fonds d’investissement coopératif abondé par un pourcentage des bénéfices des coopératives pourrait démultiplier les opportunités de cette nature.
  • Une stratégie défensive est aussi indispensable, pour ne pas laisser partir des entreprises, des brevets et des marques. Les lois prévues contre les licenciements économiques abusifs, sur l’obligation de reprise lorsqu’un repreneur crédible se présente et que le propriétaire de l’entreprise veut la fermer sont urgentes et essentielles. Le droit de préférence accordé aux salariés qui sont prêts à reprendre l’entreprise sera aussi très utile.
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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 09:02

KrugmanLibération - Mardi 25 septembre 2012 - Par DOMINIQUE ALBERTINI

L'objectif d'un déficit budgétaire de 3% l’an prochain sera difficilement tenable pour la France. Analyse Les appels se multiplient pour un report des objectifs de réduction des déficits publics.

En apparence, rien n’a changé : dans une Europe secouée par la crise, priorité est donnée par les Etats et les institutions communautaires à la réduction des déficits publics. Grèce, Italie, Espagne et Portugal, mais aussi France, Pays-Bas, Autriche … Tous ces pays, et d’autres, ont adopté de sévères mesures d’austérité pour se conformer aux normes européennes en matière de finances publiques, entérinées par le «traité budgétaire». Mais, face au climat récessif qui menace le continent, de plus en plus de voix réclament une potion moins amère.

Essentiellement portés, au départ, par le camp keynésien, ces appels émanent désormais d’acteurs et d’institutions peu suspects d’hétérodoxie économique. Ainsi, ce mardi, c’est la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, qui a appelé à modérer les politiques de rigueur.

«Réduire le rythme»

«Quand c’est nécessaire et possible, [il faut] réduire le rythme de l’ajustement budgétaire», a déclaré l’ancienne ministre de l’Economie de Nicolas Sarkozy, appelant les autorités à se concentrer davantage sur les «mesures» politiques que sur les «objectifs» chiffrés, notamment en terme de réduction des déficits : «Il y a des circonstances économiques qui sont telles que les objectifs ne seront pas atteints», a-t-elle prédit.

Lundi également, un dirigeant de la Banque fédérale américaine, John Williams, a souligné les conséquences négatives des politiques d’austérité en Europe : «A court terme, l’austérité a freiné encore davantage la croissance, a prolongé les reculs de l’activité économique et a compliqué encore davantage la réduction des déficits», a-t-il jugé, estimant toutefois cette politique nécessaire «sur le long terme» pour remettre en ordre les finances des Etats.

Délai de grâce

Les critiques de l’austérité dénoncent le «cercle vicieux» provoqué par ces mesures. Selon ce schéma, hausses d’impôts et baisses des dépenses publiques nuisent à la consommation et à l’activité économique. D’où une augmentation des dépenses sociales de l’Etat et une diminution des recettes fiscales, qui appellent... de nouvelles mesures d’austérité pour tenir les objectifs. Un processus facilement observable en Grèce : malgré les réformes radicales qu’il a entreprises, ou précisément à cause d’elles, le pays pourrait rester en récession jusqu’en 2014, selon une étude du Centre de planification économique national.

Si Athènes assure ne pas avoir besoin d’un nouveau plan d’aide, le Premier ministre, Antonis Samaras, réclame un délai supplémentaire pour tenir les engagements du pays en matière de finances publiques. Demande que l’Europe semble prête à examiner d’un bon œil, bien qu’elle attende pour y répondre le rapport des créanciers de la Grèce sur les réformes accomplies, qui doit être rendu dans les prochaines semaines.

Lui aussi sous assistance financière internationale, le Portugal a d’ores et déjà obtenu un tel délai. Les objectifs du pays en matière de déficit public ont été rééchelonnés dans le temps, a pu annoncer le ministre des Finances, Vitor Gaspar, le 11 septembre.

Bartolone monte au créneau

Se pose désormais la question du report de ces objectifs pour l’ensemble des pays de la zone euro. En France, un projet de budget 2013 particulièrement serré doit permettre d’atteindre les 3% de déficit public dès l’année prochaine. Ni François Hollande, ni Jean-Marc Ayrault n’ont pour l’instant remis publiquement en cause cet objectif. Mais les critiques se font de plus en plus audibles, y compris dans les rangs de la majorité. Pour le président de l’Assemblée nationale, le socialiste Claude Bartolone, la cible de 3% l’an prochain est «intenable» : «On ne peut pas demander le même effort aux pays européens lorsqu’il y a de la croissance et lorsqu’il n’y en a pas», a-t-il expliqué dimanche sur Radio J.

Selon des ministres et conseillers cités par Mediapart, le pouvoir lui-même douterait de la faisabilité de la tâche : «Ils [François Hollande et Jean-Marc Ayrault, ndlr] sont conscients qu’ils n’y arriveront pas, estime l’un d’eux. Ils pensent que ce sera 3,5 %

Mais ces velléités de modération ont été douchées par la Commission européenne, dont un porte-parole a déclaré lundi ne pas voir «de raison de changer l’approche actuelle en matière de politique budgétaire en ce qui concerne la France» : «Nous avons eu des assurances publiques et en bilatéral - encore la semaine dernière - de l’engagement des autorités françaises à respecter le déficit de 3% l’année prochaine

Nouvelle donne

C'est que la France, ou un autre pays, ne peut espérer annoncer unilatéralement l'abandon de ses objectifs sans être pris pour cible par les marchés. Si rééchelonnement il y a, il devrait donc être collectif et soigneusement préparé en amont pour ne pas prendre les observateurs de court. Reste encore à convaincre Berlin du bien-fondé de ce report. Mais l'Allemagne elle-même est désormais confrontée à un ralentissement économique, et pourrait donc se laisser convaincre par cette nouvelle donne : une respiration pour des économies européennes en manque d'oxygène.

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 07:47

Communiqué d’Emmanuel Maurel, Marie Noëlle Lienemann, Paul Quilès, Gérard Filoche, Jérôme Guedj, Marianne Louis, signataires de la motion « Maintenant la gauche », présentée au prochain Congrès du PS de Toulouse.

sanifric2-150x150.pngAprès la « trêve » complaisamment observée avant l’élection présidentielle par les directions des entreprises du CAC 40, les plans sociaux s’accumulent. Partout, dans les grands groupes, dans la sous-traitance, dans les PME, dans les territoires de la République, c’est aux salariés que le patronat fait porter le poids de la crise.

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault s’est engagé avec volontarisme dans la voie du redressement productif et du sauvetage de notre outil industriel. Mais comment ne pas voir que cette politique, voulue par l’immense majorité des Français, est systématiquement sabotée par les grands intérêts financiers ?

Le cas de SANOFI est emblématique de cette domination de la finance et du profit à court terme sur toute l’économie. SANOFI a enregistré, de l’exercice 2007 à l’exercice 2011, un résultat net cumulé de 27,3 milliards d’euros. Malgré cela, malgré aussi des centaines de millions d’euros payés par les contribuables via le Crédit Impôt Recherche, SANOFI continue de fermer ses labos et de supprimer des emplois.

L’annonce, en juillet, de la fermeture de pans entiers des laboratoires de Toulouse et Montpellier, a provoqué une montée de 20% du cours de bourse de SANOFI, au prix du sacrifice de ses sites, de ses chercheurs, de ses employés et de la santé publique. Et pourtant, selon tous les chercheurs y travaillant, des traitements prometteurs sont actuellement conçus à Toulouse et Montpellier, pour lutter contre les affections les plus graves, touchant la vie de millions de personnes, au premier rang desquelles le cancer.

Nous n’acceptons pas que le fonctionnement aveugle du marché et de la Bourse puissent mener à de telles extrémités. Nous pensons qu’il est du devoir du gouvernement républicain de préserver la société de cette dérive inacceptable du capitalisme financier. C’est pourquoi :

  • nous demandons l’arrêt immédiat du plan social de SANOFI et l’examen par l’Etat de l’éventuelle mise sous tutelle de sa direction ;
  • nous souhaitons que soit votée rapidement la loi contre les licenciements boursiers annoncée par Michel Sapin au lendemain de l’élection de François Hollande ;
  • nous souhaitons que l’Etat se dote de toute urgence d’outils efficaces de lutte contre les fermetures d’usine et les délocalisations dictées par les actionnaires pour augmenter leurs dividendes.

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 11:42

affiche_hollande_2012-copie-1.jpgLes signataires de la motion 3 veulent eux aussi soutenir François Hollande et le changement qu’il a promis. Nous avons tous fait les campagnes présidentielles et législatives, les militants de la motion 3 au moins autant que les autres, ce n’est pas pour souhaiter maintenant l’échec de notre gouvernement.

La question qui se pose est de savoir comment le Parti Socialiste peut l’aider de la meilleure façon pour faire réussir le changement et gouverner dans la durée.

Les forces économiques et financières sont hostiles au changement. Nous ne pouvons pas laisser le Président seul face à elles. Les militants que nous sommes doivent prendre la plus grosse part du travail.

On voit bien déjà, sur un certain nombre de sujets (taxation à 75%, hydrocarbures de schiste, mariage homosexuel) à quel point ceux qui n’ont pas intérêt au changement sont offensifs.

Aubry_Maurel_La_Rochelle.jpgChacun doit avoir sa place : le président et le gouvernement arbitrent et dirigent le pays, le Parlement vote les lois. C’est au PS d’instaurer dans la société le rapport de forces contre la droite et l’extrême-droite, et contre le MEDEF.

Pour cela, il faut un PS combatif, force de propositions, qui mène le combat politique sur la base de ses propositions dans la société, en amont des arbitrages rendus par le Président.

Des militants qui attendraient les déclarations présidentielles pour s’en faire simplement le relais dans la société seraient en grande partie inutiles : dans les cabinets présidentiels et ministériels on trouve des communiquants professionnels bien plus efficaces.

Si la gauche veut gouverner dans la durée, elle doit être en prise avec les aspirations populaires, sociales, qui sont grandes après 10 ans de droite au pouvoir et les effets de la crise.

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