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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 07:59

Causeur - Mardi 5 février 2013 - Daoud Boughezala

Entretien avec le chef de file de l’aile gauche du PS

Emmanuel MaurelGérard Depardieu a expliqué ses tribulations belgo-russes par le fait que le fisc français ponctionnait 85 % de ses revenus, tandis que l’homme d’affaires Alain Afflelou dénonce une guerre contre « les gens qui travaillent et font travailler les autres ». En appliquant un taux d’imposition perçu comme confiscatoire, ne fait-on pas le choix du symbole au détriment de l’efficacité économique ?

Emmanuel Maurel. Les riches prennent leurs perceptions pour la réalité ! Dans notre pays, il n’existe pas de « discrimination fiscale anti-riches » puisque, toutes les études le prouvent, c’est la classe moyenne qui supporte la pression fiscale la plus lourde en proportion de ses revenus. Et si certaines « stars » un peu coupées de la réalité ont l’impression contraire, tant pis pour elles. J’estime que chacun doit contribuer à proportion de ses facultés, surtout dans un moment de notre histoire où les difficultés sont très importantes. Ce principe est d’ailleurs inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme de 1789.

Doit-on en déduire que l’inégalité économique est forcément synonyme d’injustice sociale ?

Le capitalisme est inégalitaire par essence. Il est dans la nature du marché de créer des inégalités sociales. Personne ne le nie, même à droite. Il y a ceux qui détiennent le capital et ceux qui n’ont que leur travail, ceux qui ont un travail et ceux qui n’en ont pas. Mais aussi ceux dont l’entreprise réussit et ceux qui voient la leur péricliter. À droite, on a tendance à penser que les inégalités économiques et sociales tiennent au mérite personnel des gens. J’estime au contraire que les inégalités économiques et sociales tiennent au système capitaliste lui-même et qu’il faut les corriger.

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 21:26

MLGnewsletter.jpgLe 11 janvier dernier, le patronat a signé avec trois organisations syndicales interprofessionnelles, la CDFT, la CFTC ainsi que la CFE-CGC, un accord sur l’emploi dit de « flexi-sécurité ». Les nouveaux droits consentis aux salariés français se verraient accordés en co ntrepartie d’efforts conséquents quant à une flexibilisation accrue de leurs conditions de travail.

Le Gouvernement affirme en effet vouloir « transposer » l’ANI tel quel dans un projet de loi qui serait déposé en Conseil des Ministres au cours de la première quinzaine de mars.

ImageDocANI.PNGLes socialistes et la gauche ont toujours considéré qu’un accord était majoritaire non pas lorsqu’il était signé par une majorité d’organisations syndicales (3 sur 5 organisations syndicales interprofessionnelles représentatives) mais lorsque les signataires représentaient une majorité de salariés. Or, Les parties signataires de cet ANI sont la CDFT, la CFTC et la CGC, ne représentent que 38% des salariés.

Par ailleurs, cet accord contient de nombreuses régressions sociales que les quelques avancées ne peuvent en aucun cas justifier et prévoit des clauses contraires aux engagements de la gauche et du candidat à la présidentielle. En l’état, il est manifeste que ce texte est déséquilibré en faveur du patronat.

Nous pensons que le Parlement doit jouer pleinement son rôle de législateur garant de l’intérêt général et de l’ordre public social, pour rééquilibrer un accord qui ne l’est pas aujourd’hui.

Les représentants de la motion 3 Maintenant la Gauche ont voté contre (et ont d’ailleurs été les seuls à le faire) le communiqué trop enthousiaste du Parti Socialiste au sujet de l’ANI et demandé que les parlementaires améliorent par la loi cet accord, dans un souci d’écoute de toutes les organisations syndicales, y compris les non signataires.

Vous trouverez ci-dessous une analyse détaillée de l’Accord National Interprofessionnel du 11/01/2013.

Cliquez ici pour télécharger l’argumentaire Accord National Interprofessionnel en PDF par Maintenant La Gauche

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 08:09

Politis - Michel Soudais - 31 janvier 2013

Entre le Parti Socialiste et le Front de Gauche, le temps est à l'orage. Le premier avait déploré plusieurs votes négatifs des parlementaires du second, essentiellement communistes, contre des textes gouvernementaux.

Il dénonce maintenant le lancement d'une campagne contre l'austérité, dont il accuse Jean-Luc Mélenchon d'être l'unique instigateur, quand bien même celle-ci a été décidée par les neuf formations du Front de Gauche, suggérant au passage que l'ex-socialiste parierait sur l'échec du gouvernement pour se poser en "recours".

C'est dans ce contexte de fortes tensions que nous avons souhaité confronter les points de vue d'un responsable socialiste et d'un dirigeant du Front de Gauche sur les huit premiers mois de présidence de François Hollande. Surprise, ils se causent. Certes, Emmanuel Maurel, nouveau chef de file de la gauche du PS, n'est pas Harlem Désir, dont il a refusé de rejoindre le secrétariat national. Les deux hommes, en concurrence pour le poste de Premier secrétaire au congrès de Toulouse, s'étaient d'ailleurs opposés sur la question des relations du PS avec les autres formations de la gauche et les écologistes.

De son côté, Christian Picquet apparaît plus urbain et moins rugueux que Jean-Luc Mélenchon. Le porte-parole de Gauche unitaire n'en est pas moins, depuis qu'il a quitté le NPA en 2009, le troisième homme du Front de Gauche, dont il défend ici les positions.

Or, si les deux hommes portent des appréciations différentes sur la politique du gouvernement, ils se retrouvent sur des critiques et l'attachement à l'unité de la gauche. Qui ne peut vivre que dans le débat.

Michel Soudais

Maurel_Piquet_Politis.jpgEmploi, Banques, réformes...

siteon0.gifL'animateur de l'une des composantes du Front de Gauche, Christian Picquet, et le chef de file de la gauche du PS, Emmanuel Maurel, livrent leurs analyses.

C'est dans les locaux du conseil régional d'Île-de-France qu'Emmanuel Maurel et Christian Picquet ont accepté de bonne grâce de répondre longuement à nos questions sur la politique du gouvernement pour un débat inédit.

Politis - François Hollande a promis que le gouvernement retranscrirait "fidèlement" dans la loi l'accord sur l'emploi et la compétitivité des entreprises signé par le patronat et trois syndicats. N'est-ce pas faire peu de cas du Parlement ?

Emmanuel Maurel - On ne peut pas, comme François Hollande l'a fait durant toute la campagne, dire [...]

Télécharger les 5 pages d'entretien en pdf

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 13:47

mali_guerre.jpgQuinze jours après l’intervention française au Mali, la pression médiatique retombe. Et pourtant, les opérations continuent et elles sont d’autant plus dangereuses -et parfois, difficiles à décrypter- que l’objectif de “guerre contre le terrorisme” est ambigü.

Lors d’un dîner avec des amis, le sujet est venu en discussion et j’ai été, en quelque sorte, sommé de me prononcer clairement sur l’opportunité de cette intervention: “Etais-tu pour ou étais-tu contre ?” Devant mon refus de répondre à une question aussi mal posée, j’ai failli être suspecté de faire preuve d’irresponsabilité, voire, plus grave, de nourir des sympathies pour les Djihadistes !

Heureusement, nous étions entre (vrais) amis. J’ai pu dérouler mon raisonnement, au cours d’une discussion animée…. qui a duré plus d’une heure et il me semble que j’ai fini par les convaincre.

Je résumerai ma position de la façon suivante :

  1. Bien entendu, il n’est pas question d’avoir la moindre sympathie pour ces hommes, leurs “valeurs” et leurs méthodes.
  2. Cela n’interdit pas d’essayer de comprendre l’origine de ces mouvements et leurs motivations (voir sur ce blog : “D’où vient le terrorisme d’origine islamique ?”). Se tromper sur le diagnostic peut conduire à se tromper sur les remèdes.
  3. Pendant 8 mois (avril à décembre 2012), la Communauté internationale (le Conseil de sécurité de l’ONU), les Africains (la CEDEAO), l’Union Européenne, la France ont tenté de trouver une solution susceptible de mettre fin au chaos qui régnait au Mali.
  4. La nécessité de prendre des mesures urgentes, sous peine de faire le lit des mouvements islamistes radicaux, était connue (voir sur ce blog mon texte du 14 avril 2012 : “Les risques d’un Mali effondré“)
  5. Malgré cela, les lenteurs de la mise en oeuvre des solutions envisagées, notamment sur le plan militaire, ont conduit à attendre le 20 décembre 2012, pour qu’une résolution du Conseil de sécurité décide de créer la MISMA, force d’intervention, composée exclusivement d’Africains.
  6. Dans les jours qui ont suivi, on a appris, par diverses déclarations publiques, que cette force africaine ne serait pas opérationnelle avant octobre 2013 !
  7. Question : Les responsables politiques de la Communauté internationale (Conseil de sécurité, France, Africains, UE, Etats-Unis…..) pensaient-ils sérieusement que les Djihadistes n’avaient rien entendu et qu’ils attendraient pendant 9 mois que la MISMA s’installe avant de réagir ? Cette naïveté, qui frise l’incompétence, a conduit les mouvements islamistes à décider d’attaquer rapidement l’armée malienne, de prendre la ville de Konna, avec l’intention affichée de foncer vers Bamako.

Dans ces conditions, compte tenu des éléments que j’ai rappelés, la réponse à la question que me posaient mes amis ne peut être “oui” ou “non”, mais plutôt : “La France était condamnée à intervenir rapidement“. En répondant ainsi, je n’ai pas l’intention d’exonérer pour autant de leur responsabilité ceux qui ont laissé la situation se dégrader, rendant inévitable cette intervention du seul pays -la France- capable de donner un coup d’arrêt rapide aux plans des mouvements djihadistes. De toute façon, la question demeure de connaître l’objectif ultérieur de cette guerre et de la part que souhaite y prendre notre pays.

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Je vous conseille la lecture de ces 2 intéressants articles :

une intervention sans doute nécessaire mais pas nécessairement juste” (Le Monde)

Mali, un nouvel Afghanistan ?” (Marianne)

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 13:39

“Et c’est Jean-Marc Ayrault en personne qui en a fait la démonstration : mardi, 18h, le Premier ministre pousse la porte du bureau national du Parti socialiste, rue de Solferino, pour une opération de com’, une de plus, en direction du parti qui commence à montrer des signes d’impatience. Le premier Ministre, comme on l’appelle dans le jargon, annonce ses consultations des formations politiques en vue d’une réforme constitutionnelle ; Certains se regardent dans la salle. L’instant a quelque chose de surréaliste : l’exécutif parle de droit de vote des immigrés, l’Assemblée commence sa bataille autour du mariage homo, Christiane Taubira déballe sa circulaire GPA, mais quid des vraies préoccupations des Français ?

C’est alors que le leader de l’aile gauche du parti interpelle Jean-Marc Ayrault…

Maurel_Paris.jpgEmmanuel Maurel, vice-président du Conseil régional Ile-de-France, à la tête de Maintenant la gauche, explique que le FMI est hostile aux politiques de rigueur, qu’il faut renoncer au retour aux 3%. Et que le pays, confronté à la crise et à des plans sociaux massifs a plutôt besoin d’une politique de relance. Un avis qui serait de plus en plus partagé dans les rangs socialistes.

Et que répond Jean-Marc Ayrault ?

Rien, ou pas grand-chose, si ce n’est qu’il tient le cap, que les réformes du gouvernement vont porter leurs fruits. Le ton est aimable, convenu. Mais la discussion, une petite heure tout de même,  tourne au dialogue de sourds. Le problème, explique Emmanuel Maurel, est que la BPI, la banque publique d’investissement, dotée de 40 milliards d’euros, ne suffira pas à relancer une machine écrasée par la rigueur. Quant au crédit d’impôt aux entreprises, les 20 milliards promis par le gouvernement vont bénéficier aux patrons des Mittal, Sanofi et autres Renault déjà sur la sellette sur le front social.

L’attente est forte dans le pays et les politiques se trompent de discours ?

C’est bien ça le problème : 72% des Français trouvent que le débat sur le mariage a trop duré, selon un sondage YouGov pour le Huffington Post. 70% des électeurs de Nicolas Sarkozy, 74% de François Hollande, 75% de Marine le Pen.

Les fonctionnaires, les ouvriers, les classes moyennes, étranglés par la crise, n’ont que faire de la PMA, de la GPA, du droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales, tous ces sujets qui occupent la une des médias. Le quinquennat est aujourd’hui à un tournant : François Hollande le sait très bien, les Français veulent du social, pas du sociétal.”

Ecoutez ici les Coulisses de la Politique de Jean-François Achilli de ce jeudi 31 janvier

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 08:00

Vite la loi encadrant les licenciements économiques et interdisant les licenciements boursiers ! Attendre serait une grave erreur.

lienemann-toulouseC’est un engagement de François Hollande :

«Pour dissuader les licenciements boursiers, nous renchérirons le coût des licenciements collectifs pour les entreprises qui versent des dividendes ou rachètent leurs actions, et nous donnerons aux ouvriers et aux employés qui en sont victimes la possibilité de saisir le tribunal de grande instance dans les cas manifestement contraires à l’intérêt de l’entreprise.» (Engagement 35)

Cet engagement devait être programmé entre août 2012 et juin 2013 à lire le calendrier du changement.  Dans le chapitre «S’appuyer sur les partenaires sociaux et la société civile pour retrouver le chemin de la croissance durable et de l’emploi», au point 1, l’encadrement des licenciements boursiers fait partie des grands chantiers de la conférence nationale pour la croissance et l’emploi.

Or force est de constater que le sujet n’est pas traité dans l’accord  national interprofessionnel signé le 11 janvier 2013 par le Medef et trois organisations syndicales.

Qu’attend le gouvernement ?

Depuis l’arrivée de la gauche au pouvoir,  et souvent parce qu’elles avaient été mises sous le coude avant les présidentielles, les fermetures d’entreprises se multiplient en particulier dans  l’industrie.  Dans bien des cas, la crise a bon dos et sert de prétexte à fermer des usines souvent rentables mais insuffisamment aux yeux des actionnaires. Ce qui se passe, en fait, -et c’est fréquent en cas de crise-, est  une nouvelle salve de délocalisations qui engage une nouvelle répartition internationale de la production en jouant à fond la carte du dumping social et fiscal.

Face à ce danger, la France doit avoir une stratégie défensive efficace permettant d’empêcher la disparition de pans entiers de son industrie.  Quand une usine ferme, on perd des savoirs faire et il est extrêmement difficile de la rouvrir. Oui, il faut défendre bec et ongles ces industries pour réussir le redressement économique du pays, pour engager  les mutations quand elles sont nécessaires et moderniser les capacités productives de la France.

Bien sûr ce n’est pas la seule méthode pour l’urgente ré-industrialisation. Une stratégie offensive doit se mettre en place grâce à des bonds considérables en faveur de la recherche, de l’innovation. Il faut aussi  organiser toutes nos filières en engageant les révolutions technologiques et la transition énergétique.

Mais les deux  stratégies sont indispensables… et laisser se poursuivre des licenciements boursiers est  une erreur majeure dont les conséquences sont extrêmement graves.

dossier_negociation_securisation_emploi.jpgRien ne justifie  un silence qui devient pesant quant au calendrier de la mise en œuvre de cet engagement.

Sur le fond, le Sénat avait examiné, il y a un an,  une proposition de loi qui avait été votée par les groupes communistes, socialistes et écologistes. C’est une bonne base législative.

Avec le courant «  Maintenant la Gauche »  nous avons tiré la sonnette d’alarme dès le mois de juillet 2012 et en avons fait une des propositions prioritaires de la motion 3 au congrès du PS. A la tribune de Toulouse, j’ai exhorté le gouvernement à stopper l’hémorragie industrielle et d’emplois et j’ai demandé le vote immédiat de cette loi.

Aujourd’hui de très nombreux salariés touchés de plein fouet par ces plans de licenciements, dont certains sont prétendument économiques, manifestent et demandent au gouvernement d’agir et de faire voter la loi promise.

Par ailleurs, de nombreux députés socialistes concernés localement manifestent la même impatience, plus discrètement.

Lors du colloque du 12 décembre 2012 sur la compétitivité et l’emploi organisé par le club Gauche avenir,  les intervenants,  issus des forces de  toute la gauche dont des écologistes mais aussi des économistes, ont appelé unitairement l’examen rapide d’une loi contre les licenciements boursiers.

Ce mardi, au Bureau national, Emmanuel Maurel, qui  intervenait en notre nom,  a réitéré avec insistance nos propositions  et demandé à Jean-Marc Ayrault de déposer immédiatement cette loi tant attendue. Il n’a obtenu aucune réponse.  Silence …. Ce silence ne peut durer.  Le gouvernement doit passer à l’acte.

Marie-Noëlle Lienemann

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29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 08:06

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 17:07

Dans Newsring [cliquez sur le lien pour commenter], Marie-Noëlle lienemann réagit sur les annonces de la Cour des comptes  visant à raccourcir le temps d’indemnisation.

assedic.jpgEn quoi la Cour des comptes est légitime dans ce rôle d’instigateur des choix politiques ? Qu’elle analyse les dépenses publiques, qu’elle pointe du doigt les déficits, c’est une chose. Qu’elle se transforme en gardienne du temple libéral en est une autre. Cela commence à devenir inquiétant et ce n’est pas sa mission.

Le 21 janvier dernier, le gouvernement a adopté un plan de lutte contre la pauvreté. Or, qu’observe-t-on ? Que notre taux de pauvreté est inférieur à hauteur de 2% à celui de l’Allemagne. Pour une large part, cela est lié au principe de l’indemnisation chômage.  Il s’agirait  aussi de souligner qu’un chômeur sur deux en France n’est pas indemnisé, un chiffre considérable. Que nous disent ces deux réalités ?  C’est simple, si l’on décide de raccourcir le temps d’indemnisation, on va accroître automatiquement la pauvreté dans notre pays. La proposition est donc inacceptable.

Une manière de discréditer la mutualisation générale des risques

Quant à la réduction de la prestation chômage,  une réflexion sur les niveaux des plafonds pour les salaires les plus élevés est peut-être envisageable ; mais globalement, le taux tourne autour de 60% du brut pour tous . Ce qui représente, quel que soit le revenu, une importante baisse du pouvoir d’achat.  Alors, ceux qui expliquent que ce taux n’est pas assez incitatif pour retrouver un emploi, permettez-moi d’être dubitative. Quand il ne restera plus que les fainéants comme demandeurs d’emploi, ça se verra et le problème sera d’autant plus facile à gérer. Pour le moment, on en est loin puisque notre pays est confronté à un chômage de masse.

Faut-il intervenir, dès lors, sur les salaires les plus élevés ? Comme je le disais précédemment, sans doute faut-il revoir les plafonds mais attention à ne pas mettre en péril la cohérence du système. Et c’est là que l’on perçoit sans mal la philosophie très libérale de la Cour des comptes, dans la mesure où sa stratégie est  de faire évoluer l’assurance chômage en système d’aide sociale. Dit autrement, on n’accorde plus les mêmes prestations aux cadres et on n’aide que les pauvres, les plus bas revenus. Or, cette manière de discréditer la mutualisation générale des risques au profit d’un socle minimal garanti à tous favorise l’adhésion aux  assurances privées. Lorsque la Cour des comptes proposent de donner l’équivalent du RSA à tous, auquel s’ajouterait un mécanisme assurantiel, on voit aisément comment cela peut dériver. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas la question du taux de remplacement des hauts salaires qui peut renflouer les caisses.

lienemann-toulouseUne grande réforme fiscale s’impose

On évoque un déficit, cette année, de 5 milliards mais il s’agit de mettre ce chiffre en perspective. Car, dans les périodes de crise économique, l’Unedic est victime d’un double mécanisme: une  récession qui implique moins de recettes et un fort chômage qui conduit à davantage de dépenses. Le système ne peut donc s’apprécier sur une durée longue. De plus, ces 5 milliards peuvent être également comparés à d’autres sommes. Le crédit impôt compétitivité, par exemple, accorde un cadeau fiscal de près de 4 milliards aux commerces. Les géants de la grande distribution en bénéficient alors que, de toute évidence, ils n’en ont pas besoin, ou du moins ils ne rentrent pas dans le cadre d’une amélioration de compétitivité des entreprises françaises pour les exportations.  En résumé, les cadeaux fiscaux, aucun souci mais l’Unedic, c’est le drame du siècle !

Reste qu’il faut financer le système de protection sociale et que cela impose, d’autant plus, une grande réforme fiscale. Réforme à mener en concertation avec les partenaires sociaux. Doit-on relever les cotisations ? Doit-on augmenter la CSG, sachant que cela ne concernerait pas l’ensemble des citoyens ? Je rappelle ici que dans les propositions de François Hollande, la convergence impôt sur le revenu-CSG était l’un des piliers de sa réforme fiscale. Ce qui permettrait de disposer de plus de ressources et nous ramènerait  aux fondamentaux de la protection sociale depuis la Libération. A savoir, chacun contribue à proportion de ses facultés respectives et la prestation délivrée à chacun pour couvrir le risque est du même ordre.

Que la Cour des comptes se contentent de faire son boulot

Quand au régime de l’intermittence si dépensier, rien de nouveau sous le soleil! Avec la Cour des comptes, c’est simple,  dès que le politique leur refuse quelque chose, elle pilonne. En gros, quand on la sort par la porte, elle passe par la fenêtre.  C’est un choix de politique culturel de ne pas céder sur ce point précis. Ce qui ne signifie pas qu’il n’y a rien à changer, je pense notamment à l’abus du statut d’intermittents par des sociétés de production télé. Mais bon, le régime d’intermittence, c’est le marronnier à la Cour des comptes. Elle a maintes fois alerté le gouvernement sur ce sujet, qui n’a pas, pour autant, arbitré en sa faveur. Car, dans une démocratie, c’est encore le politique qui décide.

Ces gens-là se prennent pour qui ? Ce ne sont pas à eux d’imposer les décisions politiques et je crois, d’ailleurs, qu’il serait bon de changer leurs fonctions. A chaque fois, avant même qu’ils sortent leur rapport, vous savez d’ores et déjà ce qu’il va en sortir. C’est toujours le même discours : l’État gaspille de l’argent, on dépense trop pour mener tel ou tel type de politique et il faut la cibler socialement. Soi-dit en passant, en ne concentrant ces politiques de solidarité qu’en direction des pauvres, on les vide de toute cohérence et on finit par les assassiner. Le fait est, leur boulot ne consiste pas à trouver des solutions aux problèmes, mais d’appréhender les enjeux financiers et de s’assurer du bon respect des règles.  On leur demande de mettre le doigt sur les gaspillages, pas d’évaluer les politiques publiques. Ça, c’est le rôle du parlement, que la Cour des comptes reste à sa place.

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 12:06

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 11:56

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