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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 16:22

Liberation.fr - 8 mars 2013 - 15:24 - par Emmanuel Maurel

Tribune - Vice-président de la région Ile-de-France, le socialiste Emmanuel Maurel réagit à l'édito de Nicolas Demorand du 6 mars sur la situation de l'emploi en France, titré «Compromis».

MaurelBien sûr, la politique passe par des compromis. Mais on ne les concède pas, on les gagne, au terme de vrais combats. On ne rend pas les armes avant la bataille, on commence par rendre les coups !

Or ce n’est pas un «compromis» que vous nous proposez, c’est une défaite en rase campagne. Vous pensez peut être aider ce gouvernement en endossant le costume des résignés : vous ne faites que décourager un peu plus celles et ceux (et il y en a beaucoup parmi vos lecteurs) qui n’ont pas renoncé à changer la vie.

Oui, la situation économique est extrêmement difficile, oui, la crise est d’une ampleur inédite, oui, le rapport de forces est, dans un tel contexte, plutôt défavorable au monde du travail. Mais de là à rejoindre la cohorte des éditorialistes assoupis, fatalistes, toujours prompts à énumérer les «sacrifices nécessaires» et les mutations «inéluctables» ?

«Travailler plus pour gagner autant voire moins» ? «Rendre des droits chèrement acquis» ? Il n’y aurait donc pas d’alternative possible ? Rien d’autre à faire que courber l’échine et attendre que ça passe, en priant pour qu’il y ait le moins de casse possible ? C’est ça que vous proposez aux «entrepreneurs et aux salariés» qui, comme vous le soulignez justement, «n’ont jamais boursicoté» ? Ce serait donc à eux de payer, point barre. Il faudrait accepter l’ordre des choses, à ce point ? Ne pas réagir ? Ne pas se battre ? Ne pas essayer, au moins ?

En reprenant à votre compte tout ce que vous fustigiez hier chez Sarkozy (je n’aurais pas la cruauté de citer ce que vous écriviez il y a un an à peine), vous accréditez la thèse des tenants du «there is no alternative», qui alimente les «populismes» dont vous déplorez la progression. L’austérité, un mal nécessaire ? Le démantèlement de notre modèle social, la flexibilité du marché du travail, des mesures de bon sens ? Et vous prétendez qu’il ne s’agit pas là d’«idéologie» ? Mais c’est quoi alors ? De la science ?

Au moment où la course folle à l’austérité soulève, partout en Europe, de légitimes indignations, vous prétendez qu’il est «pragmatique» de continuer d’aller dans le mur. Au moment où même les économistes du FMI redécouvrent les vertus de la relance keynésienne, vous semblez vous ranger du côté des gardiens du temple libéral.

La politique, c’est évidemment des compromis, mais aussi des choix. Vous semblez penser qu’il n’y en a plus ! Vous voulez qu’on se rende… à l’évidence, là où il faudrait se libérer du carcan de la pensée toute faite, de ce que vous appeliez jadis «l’idéologie dominante». Il suffit pourtant de parcourir votre journal pour se rendre compte qu’il y existe d’autres choix. Les Islandais ont bien tenu tête aux banquiers ! Les Suisses s’y mettent ! Même Obama plaide pour une augmentation du salaire minimum. Et nous serions les seuls, nous Français, nous Européens, à devoir subir sans rien dire le chantage à l’emploi que tentent d’imposer ceux qui sont passés entre les gouttes de la crise qu’ils ont provoquée.

Oui, il existe d’autre choix que celui du social défaitisme qui ne mérite pas le beau nom de «compromis» que vous lui affublez. Celui du volontarisme comporte des risques, des incertitudes ; rien ne garantit qu’il réussisse tant sont nombreux les obstacles, les résistances.

Nul ne nie la difficulté de la tâche. Mais c’est dans les moments de grandes turbulences qu’il faut faire preuve de courage.

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 15:34

Blog "Rouges & verts" - Lemonde.fr - par Raphaëlle Besse Desmoulières - 8 mars 2013

Lienemann Maurel GuedjPetit à petit, les liens se resserrent entre le PCF et la gauche du PS. Une nouvelle étape vient d'être franchie. Deux communistes, membres de la direction du parti, ont récemment intégré le comité d'orientation de Gauche avenir, le club de Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice socialiste de Paris. Ce club, qui a pour but d'"agir pour l'unité de la gauche", réunit non seulement des socialistes comme Emmanuel Maurel, vice-président du conseil régional d'Ile-de-France, ou Paul Quilès, ancien ministre, mais aussi des personnalités politiques d'autres sensibilités, notamment écologistes.

Francis Parny, chargé des relations extérieures au PCF, et Marie-Pierre Vieu, chargée du Front de gauche, ont donc rejoint la cinquantaine de personnes qui composent ce comité d'orientation. M. Parny fait également partie du comité stratégique du club qui réunit une fois par mois la direction autour de Mme Lienemann. "Il y a toujours eu des communistes à Gauche avenir, souligne cette dernière. La différence, c'est que là, ce sont des proches de la direction alors qu'auparavant, c'étaient plus des électrons libres, ça crédibilise notre action unitaire."

"Construire une alternative"

Lienemann LaurentLe rapprochement avait été initié à la fin de l'année 2012. Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, était l'un des invités, tout comme Martine Billard, coprésidente du Parti de gauche, du dernier "colloque unitaire" de Gauche avenir, organisé en décembre sur le thème de la "compétitivité, emploi et redressement industriel". Le n°1 communiste était aussi signataire mi-janvier, comme le président du groupe écologiste au Sénat Jean-Vincent Placé, d'un appel lancé par le club pour un taux réduit de TVA dans le logement social.

"L'intérêt de Gauche avenir est de pouvoir mettre ensemble de manière apaisée des gens de gauche qui partagent la même inquiétude vis-à-vis des options prises par le gouvernement et l'envie de mettre en place des initiatives qui puissent peser", explique Marie-Pierre Vieu, qui vient d'intégrer la direction resserrée du PCF et ne voulait justement pas rejoindre Gauche avenir à titre individuel.

Elle précise cependant que ce club est "un lieu de débat mais sans enjeu de recomposition". "On veut entretenir des relations avec tout le monde à gauche, ajoute Francis Parny. L'idée est de construire une alternative de gauche à cette politique avec tous ceux et celles qui veulent y contribuer et on ne veut pas limiter notre action au seul Front de gauche."

Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls au Front de gauche à avoir rejoint Gauche avenir. Deux "ex" du Parti de gauche sont également présents au comité d'orientation : Claude Debons, qui a rejoint la Gauche unitaire, et Marc Dolez, député non encarté. D'autres sont en discussion. En revanche, aucun PG même si Mme Lienemann ne désespère pas d'en convaincre certains. "Je sais que ce n'est pas la peine de les mettre au pied du mur", glisse cette ancienne proche de Jean-Luc Mélenchon au PS.

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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 08:20

Le Monde.fr | 06.03.2013 à 16h21 • Mis à jour le 06.03.2013 à 17h54 par Samuel Laurent

MaurelL'attaque a d'autant plus de force qu'elle vient du secrétaire national socialiste Emmanuel Maurel. Dans une interview au site de France Télévisions, ce membre de l'aile gauche du Parti socialiste estime que l'accord sur l'emploi signé en janvier par les partenaires sociaux "reprend les fameux accords compétitivité-emploi de Sarkozy, que François Hollande avait condamnés il y a un an avec beaucoup de force". Une idée partagée par beaucoup à gauche du PS, où l'on s'agace de plus en plus fortement d'un "virage libéral" de François Hollande et de son gouvernement. Alors, l'accord sur l'emploi a-t-il copié les propositions de Sarkozy ?

Deux précisions tout d'abord : d'une part, l'accord "compétitivité emploi" de Sarkozy ne correspond qu'à une partie de l'accord national interprofessionnel (ANI) signé par les partenaires sociaux. Ensuite, ce sont ces derniers qui ont conclu cet accord, signé par le Medef et trois syndicats (CFDT, CFE-CGC et CFTC). FO et la CGT n'ont pas souhaité les signer, les jugeant trop favorables au patronat. Mais ce ne sont pas des accords directement négociés par le gouvernement ni par la majorité, même si celle-ci en a lancé les débats, et doit désormais les transformer en loi.

Que proposait Nicolas Sarkozy ? L'idée phare avancée par l'ancien chef de l'Etat, parmi d'autres propositions choc, début janvier 2012, est de permettre aux entreprises de négocier le temps de travail de leurs salariés en fonction de l'activité économique. En cas de charge de travail forte, les salariés pourraient travailler plus, et ils travailleraient moins lors des périodes difficiles, en échange de garanties concernant les emplois. Aux salariés et à l'entreprise de négocier les autres conséquences possibles, maintien ou non du salaire notamment.

Négocier un tel ajustement était en fait déjà possible en droit, mais requerrait l'accord individuel de chaque salarié. La négociation que Nicolas Sarkozy demande aux syndicats d'ouvrir, les menaçant de le faire par la loi si elle n'aboutit pas, vise à permettre des accords collectifs au sein de toute entreprise. Sans surprise, le projet échoue, et la présidentielle survient avant que syndicats et patronat ne parviennent à s'entendre.

1701639 3 95f9 nicolas-sarkozy-et-francois-hollande-le-15-mQue disait François Hollande ? Lancée en pleine campagne présidentielle, la proposition n'a pourtant pas rencontré une opposition farouche de l'ensemble du PS. Si Benoît Hamon menaçait : "Il faut que les salariés le sachent, il n'y aura plus de code du travail, il n'y aura plus de loi qui les protégera", François Hollande bottait plutôt en touche.

Plus que le fond, le candidat socialiste avait critiqué la méthode et le fait que les partenaires sociaux négociaient sous la menace d'une loi en cas d'absence d'accord. "Je ne peux même pas imaginer qu'il puisse y avoir une loi sur ce sujet avant l'élection présidentielle", jugeait M. Hollande fin janvier 2012, promettant : "Nous aurons à cœur de faire en sorte que les syndicats puissent négocier dans de bonnes conditions des accords sans avoir à remettre en cause la durée légale du travail, parce qu'en l'occurrence, c'est ça qui est recherché."

Il faut dire que dans une tribune publiée à l'été 2011 dans Le Monde, le candidat à la candidature PS avait vanté les mérites de la démocratie sociale et jugé que des accords collectifs signés entre syndicats et patronat puissent le cas échéant déroger au droit du travail.

Quand ces accords sont-ils revenus sur la table ? Mise officiellement en "pause" après la victoire de M. Hollande, la négociation entre partenaires sociaux reprend à l'été, en marge de la "conférence sociale" qu'organise le nouveau chef de l'Etat. Le gouvernement réunit les partenaires sociaux pour leur demander de négocier sur six chantiers différent (emploi des handicapés, épargne salariale, parcours syndicaux, etc.). En préambule, dans sa déclaration, le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, lâche : "La négociation compétitivité-emploi, mal engagée, n'est plus à l'ordre du jour. Un acte II de la négociation sur le marché du travail, ce n'est pas non plus mon état d'esprit."

Mais le Medef ne l'entend pas de cette oreille. Laurence Parisot et les autres représentants du syndicat patronal exigent le retour de cette négociation dans le programme. Et sont entendus. Le soir même, le texte envoyé aux partenaires sociaux indique qu'il faudra négocier sur des "leviers plus efficaces de maintien de l'emploi et de l'activité dans les entreprises rencontrant des difficultés conjoncturelles et ayant besoin d'adaptations". Revoilà les accords.

Qu'ont négocié les syndicats ? La négociation reprend donc à l'automne, notamment autour de la même proposition : des accords collectifs pour s'abstraire des lois sur le temps de travail en cas de difficulté de l'entreprise. Mais plus question d'employer le terme d'"accords compétitivité-emploi". On parlera désormais de "négociation sur la sécurisation de l'emploi". Le front syndical est divisé. D'un côté, la CFDT, la CFTC et la CGE-CGC, ouvertes à la discussion sur cette question, sous certaines conditions, de l'autre la CGT et FO, qui refusent officiellement de reparler de cette proposition.

La négociation dure longtemps, jusqu'au 11 janvier et à la signature de l'accord par le Medef et trois syndicats. Au titre III de l'accord, "Donner aux entreprises les moyens de s'adapter aux problèmes conjoncturels et de préserver l'emploi", il est évoqué "la possibilité de conclure des accords d'entreprise permettant de trouver un nouvel équilibre, pour une durée limitée dans le temps, dans l'arbitrage global temps de travail / salaire / emploi, au bénéfice de l'emploi". Il est précisé que ces accords ne devront pas dépasser certaines bornes légales (le smic, la durée maximale de travail prévue par la loi...) et ne pourront être conclus pour une durée supérieure à deux ans. L'entreprise devra fournir des garanties de maintien dans l'emploi et de "partages des bénéfices économiques" éventuels. Un salarié peut refuser cet accord, auquel cas l'entreprise a le droit de le licencier pour "cause réelle et sérieuse".

Lire le texte intégral de l'accord

Quelles sont les différences ? La réponse est simple : aucune. En réalité, Nicolas Sarkozy et le gouvernement Fillon avaient défini un principe général sans entrer dans les détails précis de l'accord. Et ce principe général – un accord collectif pour diminuer ou augmenter le temps de travail en cas de besoin pour l'entreprise – reste totalement le même. En ce sens, Emmanuel Maurel a raison : le gouvernement Ayrault a laissé les partenaires sociaux valider les "accords compétitivité-emploi" de Nicolas Sarkozy, rebaptisés en "accords de maintien dans l'emploi". Une sémantique différente pour un même principe.

Mais il ne faut pas oublier que ce n'est qu'une partie de l'accord national interprofessionnel qu'ont adopté syndicats et patronat. Et que cet accord comprend nombre d'autres points : la généralisation des complémentaires santé pour tous les salariés, le compte individuel de formation, l'amélioration de la consultation des représentants des salariés, les "droits rechargeables" à l'assurance-chômage, un meilleur cadre pour le chômage partiel et l'obligation de rechercher un repreneur en cas de fermeture de site. Autant de points que mettent en avant la CFDT, la CFE-CGC ou la CFTC, les syndicats signataires, pour répondre aux critiques de FO et de la CGT, qui les accusent d'avoir cédé au patronat.

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 10:13

Les Echos - Par Elsa Freyssenet | 05/03/2013 | 07:00

L'aile gauche du PS soutient aujourd'hui dans la rue les non-signataires alors que le gouvernement veut transposer l'accord sans le modifier.

thibault-2.jpgIls ne seront que trois, mais l'image peut faire symbole. Cet après-midi, les trois responsables de l'aile gauche du PS, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, le député Jérôme Guedj et le vice-président de la région Ile-de-France Emmanuel Maurel iront saluer, place du Châtelet à Paris, les leaders de la CGT et de FO, Bernard Thibault et Jean-Claude Mailly. Des élus socialistes soutenant des syndicalistes qui appellent à manifester contre un accord qu'un gouvernement socialiste s'apprête à transposer en loi...

L'initiative est curieuse ; elle résume les états d'âme d'une partie de la base du PS sur un accord social que François Hollande conçoit comme un acte majeur du début de son quinquennat. «90% des manifestants sont des électeurs de François Hollande, j'assume de m'intéresser à eux, même s'ils sont circonspects», explique Emmanuel Maurel, vent debout contre cet accord : «On a fait campagne sur le contraire de ce qu'on s'apprête à voter !»

Thibault-1.jpg«Idiots utiles»

Rue de Solferino, on relativise «un comportement minoritaire». Puis preuve d'un certain agacement, on assène : «Libre à eux de jouer les idiots utiles de Jean-Luc Mélenchon.» Face au leader du Front de gauche, l'énervement est à la mesure de la formule choc choisi pour qualifier l'accord «made in Medef».

Le texte, traduit en projet de loi, est présenté demain en Conseil des ministres et sera examiné au Parlement en avril. S'ils ne sont pas aussi critiques que l'aile gauche du PS, nombre de députés ont été frustrés par les appels de l'exécutif à ne pas amender significativement le texte et troublés par la division syndicale sur le sujet. Afin de couper court à ce flottement, et aussi de répondre à Jean-Luc Mélenchon, une centaine de parlementaires ont signé une tribune de défense du texte, publiée dans Le Journal du dimanche : «Notre pouvoir [de parlementaires], c'est d'abord celui de respecter la voie choisie par les partenaires sociaux en transcrivant dans la loi, sans en modifier l'équilibre, l'accord qu'ils ont conclu», écrivent-ils. Les députés Olivier Faure et Christophe Castaner sont à l'origine de cet appel qui a reçu l'aval de Matignon et de l'Elysée. thibault-3.jpg«Nous avons des camarades tentés par la surenchère donc tout appel à la raison est le bienvenu», glisse un conseiller du président. Le texte a, en effet, le mérite de faire masse. «Il n'y a pas que les ronchons qui écrivent», souligne Olivier Faure.

Mais cette tribune a également suscité des crispations parmi les élus PS. «On peut être pour la démocratie sociale et ne pas anesthésier le Parlement !» s'insurge la députée de Paris Fanélie Carrey-Conte, proche de Benoît Hamon. Le porte-parole des députés PS Thierry Mandon ne veut pas d'une bataille dans le groupe, «les bons élèves contre les vilains petits canards». Quant au rapporteur Jean-Marc Germain, il juge que ce n'était «pas une bonne idée» : «Tout ce qui met en scène un débat interne met de l'inquiétude dans le pays sur le thème ils ne savent pas où ils vont

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 09:56

Le Figaro - mercredi 6 mars 2013 - Solenn de Royer

La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, le député Jérôme Guedj et le conseiller régional Emmanuel Maurel étaient présents, mardi, en marge de la manifestation contre l'accord sur la sécurisation de l'emploi.

Ils se sont affichés à la manifestation… sans manifester. La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, le député Jérôme Guedj et le conseiller régional Emmanuel Maurel, figures de proue du courant Maintenant la gauche (l'aile gauche du PS) et éternels trublions de la majorité, ont tenu à saluer mardi syndicats et manifestants qui s'opposent à l'accord du 11 janvier sur la sécurisation de l'emploi. Sans pour autant se joindre au cortège mené par la CGT et FO. Le député PS Pascal Cherki est descendu dans la rue, lui aussi.

La présence d'élus socialistes en marge d'une manifestation visant à déboulonner un texte du gouvernement a suscité des remous dans la majorité. Le patron des députés PS, Bruno Le Roux, a sèchement évoqué la question mardi matin sur Europe 1: «Je leur demande de ne pas s'associer à une manifestation contre un texte gouvernemental et je leur demande, quand le texte viendra, de travailler sur le fond et de le voter

Las. «Il mène un combat d'arrière-garde !», répond Lienemann, qui rappelle que «98 % des manifestants ont voté pour Hollande au deuxième tour de la présidentielle». «Être aux côtés de ceux qui ont fait notre victoire, c'est la moindre des choses», poursuit l'infatigable sénatrice. «Ce n'était pas une manifestation contre le gouvernement, tente de justifier Guedj. Si on ne peut plus rejoindre les syndicats dans la rue, on fait quoi ? On ne va plus aux manifs du 1er Mai ?» Les tenants de l'aile gauche du PS n'ont pas l'intention de désarmer, alors que le texte, présenté mercredi en Conseil des ministres, sera débattu en avril à l'Assemblée. Ils jugent l'accord «déséquilibré» (en faveur des patrons), et annonciateur de «régressions sociales». Ils redoutent que les licenciements soient «facilités» et les mutations «imposées de force» aux salariés.

Faire bloc

Ces élus se sont aussi braqués contre la forme. Guedj répète que la démocratie sociale ne pouvant se substituer à la démocratie politique, les parlementaires doivent pouvoir amender le texte, alors que Le Roux a demandé la discipline à ses troupes. Le patron des députés PS a insisté pour que «l'équilibre» du texte soit préservé. Il y va, selon lui, de la «crédibilité» de la méthode gouvernementale. «L'accord du 19 octobre sur les contrats de génération a été signé par tous les syndicats et nous l'avons amendé !, réplique Guedj. Les accords du 11 janvier n'ont pas été signés par tous les partenaires sociaux et on nous dit : vous n'y touchez pas !?»

Parfois agacés par les velléités d'autonomie de l'aile gauche, une centaine de parlementaires PS ont appelé dimanche à faire bloc, dans une tribune publiée par le JDD. S'ils disent ne pas avoir pour autant renoncé à leurs prérogatives de parlementaires, ils ajoutent que ce «pouvoir», c'est d'abord «celui de respecter la voie choisie par les partenaires sociaux en transcrivant dans la loi, sans en modifier l'équilibre, l'accord qu'ils ont conclu».

Le rapporteur du texte, le député Jean-Marc Germain, tente de faire la synthèse. «C'est comme s'il y avait les murs, mais pas encore les portes ni les fenêtres. Avec un même mur, on n'a pas la même maison à la fin», argue-t-il. S'il estime que ce n'est «pas une bonne idée d'aller manifester», Germain n'a pas voulu signer la tribune de ceux qui défendent le texte. «Il y a une inquiétude (des syndicats non signataires et de certains élus PS, NDLR) à prendre au sérieux, note le député des Hauts-de-Seine. Il y a des trous dans les cordages de la raquette ; il faut tenter de les réparer. Le PS doit être le parti de l'ensemble du monde du travail. Notre devoir est donc de réconcilier les positions divergentes. On trouvera une solution qui respecte tout le monde.» Méthode Coué ?

Lienemann.jpgMarie-Noëlle Lienemann, la pasionaria

C'est la figure de proue de l'aile gauche au Sénat, où elle n'a de cesse de pourfendre le «social-libéralisme» du gouvernement. À 62 ans, cette ancienne ministre de Pierre Bérégovoy et Lionel Jospin, aujourd'hui sénatrice de Paris, s'agace de ce que le PS se montre incapable de «garder ses gauches». Dans les années 1990, elle a créé avec Julien Dray la Gauche socialiste. S'il n'en reste qu'une, ce sera elle…

Guedj.jpgJérôme Guedj, le bateleur

À 41 ans, ce «beau gosse» (selon les mots d'un pair) est l'une des étoiles montantes au PS, même si ses positions sont souvent minoritaires. Le député et président du conseil général de l'Essonne est aussi un pilier de la salle des Quatre-Colonnes de l'Assemblée, où il se prête avec délice au jeu médiatique. Ex-assistant parlementaire de Jean-Luc Mélenchon, il fut, en 2012, l'un des porte-voix des opposants au traité européen

Maurel.jpgEmmanuel Maurel, le chef de file

À 39 ans, il a remplacé de fait le leader de l'aile gauche, Benoît Hamon, tenu à la discrétion depuis son entrée au gouvernement. C'est donc cet inconnu du grand public, conseiller régional d'Ile-de-France, qui a porté une motion alternative à la motion majoritaire, au congrès du PS à Toulouse. Emmanuel Maurel, qui s'est présenté au poste de premier secrétaire contre Harlem Désir, en octobre dernier, a réuni 28% des suffrages militants.

Les syndicats divisés

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'accord sur l'emploi ne fait pas l'unanimité parmi les syndicats. D'un côté, le camp des réformateurs, qui ont signé le texte, avec la CFDT, la CGC et la CFTC. De l'autre, ceux qui l'ont rejeté, Force ouvrière et la CGT. Même si la mobilisation de mardi fut un échec, ces deux organisations «main dans la main, c'est en soi un événement», a relevé le leader de la CGT, Bernard Thibault.

Les deux centrales n'en faisaient qu'une jusqu'à leur scission, en 1947, FO voulant s'affranchir de la tutelle des communistes. Côté CFDT, pas de manifestation pour soutenir l'accord, mais un tract distribué mardi également, qui s'applique à ridiculiser ses opposants. Sous forme de quiz, il demande : «Voyez-vous le piège partout ou l'opportunité à saisir ?»

Si la CGT et FO dénoncent un accord «qui démolit le Code du travail», la CFDT insiste en effet sur les avantages que peuvent en tirer les salariés. Il faut dire que «Bernard Thibault ne pouvait pas défendre un tel accord devant son ultime congrès national mi-mars (il laissera alors la main à son successeur, Thierry Lepaon), avec les cégétistes des usines d'Aulnay et d'Amiens qui chaufferont la salle, analyse un fin connaisseur du milieu syndical. Sa position sur l'accord s'explique donc plutôt par des raisons de circonstances que par des questions de fond. FO, de son côté, est opposé en ce moment à tout ce qui bouge

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 09:24

Francetvinfo - publié le 05/03/2013 | 17:04

Jérôme Guedj, député de l'Essonne, Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, et Emmanuel Maurel, chef de file de l'aile gauche du PS, étaient dans le cortège parisien des opposants à l'accord sur l'emploi, mardi 5 mars, tandis que des milliers de salariés manifestaient partout en France.

Pour Jérôme Guedj, "il faut s'assurer de la manière dont l’accord est encadré." Le député PS pose la question de la pertinence de cette flexibilité qui pour lui serait "une sorte de chantage à l'emploi qui est toujours victorieux dans une entreprise".

Selon Jean-Luc Mélenchon, "c'est le moment d'opposer une résistance absolue à cet accord qui va rendre la vie des gens plus dure et anxiogène dans les entreprises". Emmanuel Maurel, quant à lui, pense que "l'accord est déséquilibré en défaveur des salariés" et que "la simplification des procédures de licenciement paraît quelque chose de grave au moment où les Français les plus modestes sont touchés de plein fouet par la crise".

Francetv info / France 2

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 08:13

L'Humanité - 5 mars 2013

Emmanuel Maurel était ce mardi au côté des manifestants contre l'accord dit de sécurisation de l'emploi. Avec les parlementaires de l'aile gauche du Parti socialiste Marie-Noëlle Lienemann et Jérôme Guedj, il a exprimé son refus d'une transposition dans la loi et en l'état du texte signé par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC le 11 janvier dernier.

Marie-Noëlle Lienemann est venue dire son "soutien à ces organisations qui représentent plus de salariés que les signataires de l'accord. Un accord en absolu déséquilibre en faveur du patronat". "Nous proposons de l'amender". "Je respecte l'accord conclu mais je ne serai pas un greffier. Je veux pouvoir rééquilibrer le texte", a renchéri le député PS Jérôme Guedj.

Pouvoir amender le texte

"On est le parti de 100% des salariés, il est normal d'entendre les inquiétudes des organisations syndicales" a affirmé un peu plus tôt sur Canal+ Jérôme Guedj, membre de l'aile gauche du PS, jugeant "pas illégitime", pour un parlementaire socialiste, de manifester au côté des syndicats. "Est-ce qu'un accord dont un des leviers, la flexibilité, conduit à rendre peut-être plus souples, moins contraignants, les licenciements, correspond à la bonne réponse ?" s'est demandé l'élu de l'Essonne en dénonçant la "petite musique récurrente qui consiste à dire "ce sont les rigidités du marché du travail en France qui sont la cause première et exclusive du chômage"."

Les organisations qui appellent à manifester mardi, dont la CGT et FO, "ne demandent pas le retrait du texte", a-t-il voulu nuancer, soulignant qu'"elles demandent la possibilité de pouvoir l'amender, de pouvoir le rééquilibrer éventuellement". Interrogé sur la division au sein de la majorité, alors qu'une centaine de parlementaires socialistes se sont prononcés pour le projet de loi dans une tribune publiée par Le Journal du dimanche mais que l'aile gauche du parti y est hostile, le président du conseil général de l'Essonne a affirmé qu'il n'était "pas pour qu'on soit le doigt sur la couture du pantalon", souhaitant "faire vivre le débat".

Refusant de dire s'il voterait ou non pour le projet de loi, Jérôme Guedj a dit vouloir d'abord faire son "travail de parlementaire, chercher à amender" ce texte, "chercher à l'infléchir".

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 09:32

Francetvinfo - publié le 05/03/2013 | 07:01

Lienemann_Maurel_Guedj.jpgLa sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, le conseiller régional Emmanuel Maurel et le député Jérôme Guedj, tous trois membres de l'aile gauche du PS, le 9 octobre 2012 à Paris. (MAXPPP)

Accord sur l'emploi, réforme des retraites, budget européen… Sujet après sujet, l'aile gauche du Parti socialiste constate avec effarement les directions prises par François Hollande depuis le 6 mai. Alors que la CGT et Force ouvrière appellent les salariés à descendre dans la rue, mardi 5 mars, le secrétaire national du PS, Emmanuel Maurel, appelle solennellement le chef de l'Etat à "rester fidèle à ses engagements" de campagne et à "changer de cap".

Francetv info : Dans un sondage paru dimanche, 44% des électeurs de François Hollande se disent déçus de ses dix premiers mois à l'Elysée. En faites-vous partie ?

Emmanuel Maurel : Le chômage explose, la précarité aussi… Je ne crois pas qu'il y ait de colère vis-à-vis de François Hollande, mais il y a des doutes, de l'inquiétude, de la circonspection à l'égard de la politique qui est menée. En ce qui me concerne, j'ai milité comme un fou pour François Hollande durant la campagne. Le discours du Bourget m'avait incroyablement enthousiasmé. Alors je me bats pour que l'on reste fidèle aux engagements qui ont été pris. Il est temps de changer de cap, d'ouvrir une nouvelle ère, et vite.

Ce mardi, la CGT et Force ouvrière appellent les salariés à manifester contre l'accord sur l'emploi négocié en janvier et signé par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC. Vous joindrez-vous à cette manifestation ?

Oui, j'irai avec mes camarades saluer les responsables syndicaux qui ont préparé cette manifestation. C'est logique, puisqu'elle est organisée contre un accord qui précarise largement les salariés. Dans le cortège, 90% des manifestants seront des personnes qui ont voté François Hollande au deuxième tour. Il s'agit de nos électeurs, ils s'inquiètent par rapport à cet accord, et ils ont raison d'être inquiets.

Que reprochez-vous à ce texte ?

Qu'on le veuille ou non, on reprend les fameux accords compétitivité-emploi de Sarkozy, que François Hollande avait condamnés il y a un an avec beaucoup de force. Si ce texte est adopté, le contrat de travail primera sur la loi, et un accord d'entreprise permettra de baisser le salaire ou d'augmenter le temps de travail. Soyons francs : si on se replace un an en arrière, était-il imaginable que la gauche puisse accepter un tel recul ? Par ailleurs, je ne vois pas bien en quoi le fait de licencier plus facilement des salariés va contribuer à lutter contre le chômage.

François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont déjà prévenu qu'il n'était pas question de toucher à cet accord. Comment espérez-vous améliorer le texte ?

Faire vivre le dialogue social, c'est très bien. Mais pendant la campagne, on a promis de revaloriser le Parlement, de redonner un rôle majeur aux députés et aux sénateurs… Et aujourd'hui, voilà qu'on demande aux parlementaires d'être les greffiers d'un accord de syndicats, qui ne représentent même pas la majorité des salariés ! Il y a là un vrai problème. Les parlementaires doivent jouer tout leur rôle. Au sein du groupe socialiste à l'Assemblée et au Sénat, il y aura donc des amendements pour améliorer ce texte.

Sur un autre sujet majeur, celui de la réforme des retraites, on parle déjà d'allonger la durée de cotisation, de repousser l'âge légal de départ… Ces premières pistes vous inquiètent-elles ?

Bien sûr. On sait très bien que l'aggravation du déficit du système s'explique par le fait que le chômage explose et qu'il y a donc moins de cotisants. Quand on est un socialiste conséquent, la première réponse que l'on doit apporter à un tel problème, c'est de relancer l'emploi. Comment peut-on envisager de reculer l'âge de départ à la retraite, alors que l'une des plaies du système français, c'est qu'il y a des gens qui, lorsqu'ils perdent leur emploi à 55 ans, ne retrouvent plus de boulot ? Quant à une baisse des pensions, elle menacerait dangereusement le pouvoir d'achat, et donc la relance. Encore une fois, faisons attention à ce que l'on préconise en tant que socialistes une fois au pouvoir, par rapport à ce que l'on proposait il y a encore quelques mois.

Comment expliquez-vous qu'en un an, il y ait une telle différence entre les promesses du candidat François Hollande et les décisions du président ?

Je me pose la question… Il y a manifestement un refus de la part de l'exécutif d'affronter un rapport de force, au prétexte qu'il nous serait défavorable. Il y a une forme de défaitisme social. En la matière, l'exemple des "pigeons", il y a quelques mois, était frappant : face à quelques entrepreneurs qui avaient quelques amis sur Facebook, on a aussitôt reculé, plutôt que de dire qu'on avait 16 millions d'électeurs derrière nous.

Avez-vous le sentiment que vos appels et vos avertissements sont écoutés par François Hollande ?

Notre parole est en tout cas écoutée et partagée par une bonne partie des militants socialistes, et plus largement parmi les partis de gauche. Par contre, je constate en effet que l'exécutif reste totalement sourd à ce que l'on raconte. Pourquoi ? Parce qu'à trop craindre madame Merkel et les marchés financiers, on en oublie aussi celles et ceux qui nous ont élus. C'est pour cela qu'on appelle François Hollande à réorienter sa politique. Il n'est pas encore trop tard : nous ne sommes qu'au début du quinquennat…

Propos recueillis par Bastien Hugues

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 10:40

Les tenants de l'aile gauche du PS dans la manifestation de mardi

Trois représentants de l'aile gauche du PS se rendront à la manifestation contre l'accord "flexisécurité" demain à Paris.

La sénatrice PS, Marie-Noëlle Lienemann, le député, Jérôme Guedj, et le chef de file du courant "Maintenant la Gauche", Emmanuel Maurel, iront saluer les syndicalistes dans le carré de tête. Un geste en forme de pied de nez contre Jean-Marc Ayrault, fervent défenseur d'un accord qu'il a qualifié "d'historique".

La CGT et Force Ouvrière ont appelé à manifester mardi 5 mars à Paris contre la transcription de l'accord national interprofessionnel sur la compétitivité et la sécurisation de l'emploi (ANI). Le texte a été signé le 11 janvier dernier par une partie des partenaires sociaux (CFDT, CFTC, Medef, CGC) mais soulève de vives contestations depuis deux mois.

Une trentaine de députés socialistes souhaite modifier le contenu de cet accord lorsqu'il sera présenté à l'Assemblée Nationale.

Par Marion Lagardère, France Inter - Lundi 4 mars à 7h06

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 08:00

drapeau-ital-280x140.jpgLes élections italiennes surprennent ceux qui ne veulent pas regarder lucidement la situation des peuples en Europe, la dégradation des  conditions de vie et de travail, les graves conséquences des démantèlements des modèles sociaux et des politiques austéritaires. S’y ajoute une crise démocratique majeure où les citoyens des pays de l’UE ont de plus en plus le sentiment - mais ce n’est pas qu’un sentiment - d’être dépossédés des choix essentiels pour eux, leur avenir, notre destinée commune.

Il y a bien sûr la spécificité de chaque pays,  et le cas italien est bien sûr particulier au regard du mode de scrutin et de l’histoire politique de ce pays. Mais le diagnostic mérite d’être affiné pour nous servir de leçons.

La première leçon est un taux d’abstention en forte hausse, avec comme de coutume une abstention plus forte dans les milieux populaires et qui pénalise la gauche.

La seconde constatation est la grande capacité de la droite à se rassembler, en dépit du discrédit accumulé par Berlusconi.

La troisième est la nette sanction de Mario Monti, coqueluche de l’establishment européen et financier. C’est bien la politique d’austérité qui est refusée et le blocage actuel est sans doute la réponse que ce peuple a cru devoir opposer à des politiques qui se déroulent comme un rouleau compresseur, indifférent à tout.

Ce n’est à l’évidence pas la bonne réponse. On aurait pu souhaiter  que le candidat du Parti démocrate incarne une alternative susceptible de répondre aux attentes de changement des italiens. Mais, L’alignement plus ou moins implicite aux exigences européennes a évidement entamé très largement le crédit du candidat Bersani, en dépit des  primaires et de l’alliance qui s’est opérée autour de lui. Son score, à peine supérieur à celui de Berlusconi, est la conséquence de choix politiques décalés des aspirations populaires.

Beaucoup a été dit sur le score de Beppé Grillo qui incarne un vote refuge mais aussi qui pointe des choix politiques sur lesquels les italiens veulent se faire entendre : l’Europe et l’Euro, le salaire et le revenu minimum, les pratiques politiques.

Dernière constatation, la gauche de la gauche n’a pas capté le mécontentement et avoisine les 2%. Au pays de Gramsci, le combat culturel contre le fatalisme et sur la crédibilité d’une alternative apparaît à l’évidence essentiel.

Ne pas reconnaître l’alerte majeure que ce scrutin lance à la gauche européenne et de fait  à la gauche française serait un aveuglement coupable. La sociale démocratie contaminée par le libéralisme et obsédée par le centre gauche est en échec total. Il ne sert à rien de dénoncer je ne sais quel populisme et  serait gravissime d’imaginer qu’une fois de plus le peuple s’égare et n’est pas conscient du bienfondé de la politique  qu’on lui impose.  Le vote italien montre qu’il faut sortir des choix économiques et sociaux actuels qui échouent et menacent la démocratie.

D’ailleurs, redoutant cette conclusion, Bruxelles comme Berlin ont immédiatement réagit: l’Italie ne doit pas changer de cap ! C’est justement ce que les italiens  viennent de demander. Les institutions européennes comme les amis de Mme Merkel devraient mesurer qu’ ils ne pourront pas durablement faire fi de la souveraineté populaire et François Hollande devrait immédiatement relancer le débat sur une stratégie de croissance et le refus de la marche forcée vers la réduction des déficits.

Si la France, ne prend pas la tête de la réorientation de la construction européenne, qui le fera ? Ne pas prendre aujourd’hui l’initiative du changement risque de menacer sérieusement l’avenir de l’Europe.

Marie-Noëlle Lienemann
Sénatrice

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