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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 09:21

L'Humanité - 22 avril 2013

Marie-Noelle Lienemann, sénatrice socialiste, a voté contre le projet de loi sur l'emploi, refusant le coup de force du gouvernement consistant à bloquer les débats pour faire adopter cette transposition de l'accord national interprofessionnel de janvier. Elle explique pourquoi.

2013-04-22lienemann.jpg« J’ai senti un énervement gouvernemental, une forme d’aveu de faiblesse. Dès que quelque chose résiste, et en particulier quand ça vient de la gauche, le gouvernement ne le supporte pas. À partir du moment où il y a des frottements à gauche, pas simplement de façon marginale – on a vu à l’Assemblée nationale que les Verts, le PCF et 41 députés socialistes n’ont pas voté sur l’ANI comme voulait le gouvernement –, il semble se dire : “Plus vite passé, plus vite oublié.”

C’est à mon avis une erreur, parce que les alliés nécessaires à une majorité à gauche ont de plus en plus le sentiment de ne pas être reconnus, pris en compte, impliqués. Ça met le gouvernement en état de grande vulnérabilité, d’autant qu’il ne faut pas imaginer qu’en face, le front va s’effriter : la droite est évidemment favorable à l’ANI parce qu’elle soutient l’accord patronal, mais il ne faut pas s’imaginer qu’elle offrira une béquille au gouvernement et à François Hollande. Je pense que le gouvernement a pris une lourde responsabilité en passant par le vote bloqué. Mais il faut aussi réfléchir : comment faire que le débat ait vraiment de la force et montre la détermination autrement que par des guerres d’usure qui finissent en monologues ?

C’est compliqué, car cela supposerait aussi que le climat soit plus serein au sein de la majorité de gauche.

Il faut que chacun y mette un peu du sien, et sans doute que le PS devrait se montrer un peu plus ouvert vis-à-vis des propositions du groupe communiste. Peut-être que la stratégie de la guérilla comme le silence en face sont mauvais pour tous. Mais je pense que cela laissera des traces.

Faire appel à l’article 44-3 contre le PCF n’est pas la même chose qu’y faire appel contre la droite. »

Propos recueillis par A. R.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 08:38

L'Humanité - 21 avril 2013

Le courant du Parti socialiste "Maintenant la gauche" présente ce lundi un document programme de mesures afin de "s'affranchir d'une certaine orthodoxie libérale et budgétariste".

2013-04-21lienemann-hollande.jpgCosigné de la sénatrice Marie-Noël Lienemann, d'Emmanuel Maurel, premier signataire de la motion de l'aile gauche au congrès de Toulouse, du député Jérôme Guedj, et des économistes Daniel Vasseur et David Cayla, tous membres du courant "Maintenant la gauche", ce "plan de relance écologique et social pour la France et pour l'Europe" mobiliserait 43 milliards d'euros en deux ans et permettrait de créer ou préserver 500.000 emplois.

Plan de relance

"Comme dans les années 30 aux Etats-Unis, la politique économique est redevenue restrictive trop tôt et, comme dans les années 30, il faut s'affranchir d'une certaine orthodoxie libérale et budgétariste pour mettre en oeuvre avec détermination un plan de relance, au moment où il est à la fois le plus nécessaire mais aussi le plus efficace, afin de sortir l'économie de cette spirale récessive", écrivent-ils dans ce document de trente pages qui va être présenté au Sénat lundi.

Et de proposer "un plan de relance sur deux ans de 43 milliards d'euros", soit "2 points de PIB, dont seulement 28 milliards d'euros financés sur fonds publics, qui constituerait le pendant du pacte pour la compétitivité adopté fin 2012". Selon leurs calculs, "il permettrait d'augmenter le PIB de 3,3 points et de créer ou préserver environ 500.000 emplois".

Ce plan est fondé sur trois piliers :

  • "la relance de la consommation populaire: des mesures immédiates pour une reprise à court terme",
  • "la relance par des investissements publics et des grands projets mobilisateurs soutenant la réindustrialisation pour un redressement à moyen terme"
  • "une réforme fiscale fondatrice garante d'une croissance à long terme".

La relance de la consommation passerait notamment par une amélioration "temporaire de l'indemnisation du chômage et du chômage partiel dans les entreprises" et une revalorisation des aides sous condition de ressources" pour les jeunes.

La "réindustrialisation du pays" serait pour sa part fondée sur "l'innovation et la qualité", avec "la construction d'infrastructures de transport (lignes à grande vitesse, canaux, fret ferroviaire, tramways), "la montée en puissance des filières industrielles nécessaires à la transition énergétique, ou encore de la voiture électrique" et le soutien du secteur BTP via "une prime à l'achat de logements neufs" pour les plus modestes.

L'austérité du gouvernement

Les auteurs précisent que "l'apport de l'Etat pourrait donner lieu à l'émission d'un emprunt national"permettant d'"agir à un moment décisif pour notre économie". Ce plan fait suite à une résolution publique sur ce sujet adoptée lors d'une réunion du courant "Maintenant la gauche" début février. Il survient alors que le gouvernement a présenté sa feuille de route politique à la Commission européenne lors du dernier conseil des ministres. Un document qui fait la part belle à la réduction des déficits à travers des coupes dans les services publics et les interventions de l'Etat.

S.G.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 08:31

AFP - Publié le 21/04/2013 à 10:49

L'aile gauche du PS propose un "plan de relance écologique et social pour la France et pour l'Europe" mobilisant 43 milliards d'euros en 2 ans, permettant de créer ou préserver 500.000 emplois et destiné à "s'affranchir d'une certaine orthodoxie libérale et budgétariste".

273134 emmanuel-maurel-vice-president-ps-en-charge-de-la-foCe plan d'une trentaine de pages, dont l'AFP a eu copie et qui sera présenté lundi au Sénat, est signé de la sénatrice (PS) Marie-Noël Lienemann, d'Emmanuel Maurel, premier signataire de la motion de l'aile gauche au congrès de Toulouse, du député Jérôme Guedj, et des économistes Daniel Vasseur et David Cayla, tous membres du courant "Maintenant la gauche".

"Comme dans les années 30 aux Etats-Unis, la politique économique est redevenue restrictive trop tôt et, comme dans les années 30, il faut s'affranchir d'une certaine orthodoxie libérale et budgétariste pour mettre en oeuvre avec détermination un plan de relance, au moment où il est à la fois le plus nécessaire mais aussi le plus efficace, afin de sortir l'économie de cette spirale récessive", écrivent-ils.

Et de proposer "un plan de relance sur deux ans de 43 milliards d'euros", soit "2 points de PIB, dont seulement 28 milliards d'euros financés sur fonds publics, qui constituerait le pendant du pacte pour la compétitivité adopté fin 2012".

Selon leurs calculs, "il permettrait d'augmenter le PIB de 3,3 points et de créer ou préserver environ 500.000 emplois".

Ce plan est fondé sur trois piliers: "la relance de la consommation populaire: des mesures immédiates pour une reprise à court terme", "la relance par des investissements publics et des grands projets mobilisateurs soutenant la réindustrialisation pour un redressement à moyen terme" et "une réforme fiscale fondatrice garante d'une croissance à long terme".

La relance de la consommation passerait notamment par une amélioration "temporaire de l'indemnisation du chômage et du chômage partiel dans les entreprises" et une revalorisation des aides sous condition de ressources" pour les jeunes.

La "réindustrialisation du pays" serait pour sa part fondée sur "l'innovation et la qualité", avec "la construction d'infrastructures de transport (lignes à grande vitesse, canaux, fret ferroviaire, tramways), la montée en puissance des filières industrielles nécessaires à la transition énergétique, ou encore de la voiture électrique" et le soutien du secteur BTP via "une prime à l'achat de logements neufs" pour les plus modestes.

Les auteurs précisent que "l'apport de l'Etat pourrait donner lieu à l'émission d'un emprunt national"permettant d'"agir à un moment décisif pour notre économie".

Ce plan fait suite à une résolution publique sur ce sujet adoptée lors d'une réunion du courant "Maintenant la gauche" début février.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 08:15

Politique  |  20 avril 2013  |  Mise à jour le 21 avril 2013 - lejdd.fr

EXCLUSIF JDD - En présentant lundi un programme de "relance écologique et sociale", l'aile gauche du parti plaide pour une alternative à la rigueur.

Emmanuel-Maurel-Jerome-Guedj-et-Marie-Noelle-Lienemann-lors.jpgC'est la relance de la relance. Déjà, en février dernier, l'aile gauche du PS appelait à un "tournant" et à un changement de politique économique. Lundi, ses trois principales figures - Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj -, accompagnées de deux économistes, présenteront un argumentaire détaillé d'une trentaine de pages. Soit un plan de relance de 44 milliards d'euros jouant à la fois sur la consommation et sur des investissements publics (lignes à grande vitesse, haut débit, voitures électriques, etc.). Le tout soutenu par un emprunt national. "En cette période qui ressemble à un Munich économique et social au profit des marchés", comme on peut le lire dans ce document que le JDD a consulté (voir ci-dessous), l'aile gauche du PS voudrait transformer François Hollande en un nouveau Roosevelt.

"Nous voulons nous affranchir des 3% de déficit budgétaire. Mais après, cela ne peut pas être une plongée dans le vide. Donc nous avons voulu donner du contenu et faire des propositions. Sans changement de cap, on va dans l'impasse avec une spirale rigueur-récession qui va s'enclencher", prévient la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. "On a toujours dit qu'on ferait le redressement dans la justice. Aujourd'hui, le risque est que le redressement se fasse au détriment de la justice", pique Emmanuel Maurel. Pour préparer cette note, l'aile gauche du PS assure avoir pu compter sur une grosse poignée de hauts fonctionnaires, souvent jeunes, "vraiment énervés" et qui pourraient bientôt sortir du bois. "Nos énarques atterrés", sourit Emmanuel Maurel. "Les politiques d'austérité et de rigueur sont des choix, mais ce ne sont pas les seules possibles. La ligne actuelle préserve les intérêts de la bourgeoisie", tranche l'un d'eux, qui a participé à l'argumentaire devant crédibiliser leur idée de relance.

"Plus de débats au gouvernement qu'au sein du PS"

Au sein du gouvernement, certains comme Arnaud Montebourg, Cécile Duflot ou Benoît Hamon, ont tenté d'infléchir la ligne. Samedi dernier, le conseil national du PS devait être l'occasion d'une "mise au point", comme le promettait Henri Emmanuelli. Mais entre-temps, Hollande a prévenu qu'il ne changerait pas de politique. Et, à la veille du conseil national, Ayrault a réuni pour la première fois Harlem Désir et les principaux ministres de la majorité du PS – Hamon et Montebourg compris – pour resserrer les rangs. Résultat, le grand déballage n'a pas eu lieu. "Parfois, il y a plus de débats au gouvernement qu'au sein du PS", regrette Marie-Noëlle Lienemann.

Ce recadrage qui se poursuit dimanche par un séminaire des députés PS avant le vote mardi de la feuille de route européenne du gouvernement n'empêche pas les proches de Hamon de se faire entendre, en s'abstenant par exemple lors du vote de l'accord sur l'emploi. Quitte à provoquer de sérieuses explications de texte. Preuve que la ligne sociale-démocrate n'est pas vraiment la sienne, le courant de Hamon plaide pour sortir les investissements productifs du calcul des déficits, milite pour ralentir le rythme du désendettement et pour reprendre une vaste réforme fiscale tout en émettant quelques doutes sur une relance salariale qui n'aurait lieu qu'en France. "Le débat est en train de monter", assure Guillaume Balas, animateur de ce courant. "Une politique de relance n'est possible que par l'Europe mais il faudrait déjà arrêter la politique de rigueur et dire que l'année prochaine on ne tiendra pas non plus les 3%", confiait récemment Malek Boutih, proche de Montebourg.

Une petite musique qui en fait sursauter quelques-uns au PS. Maurel-Guedj-Lienemann ? "Je connais leur logorrhée. Ils ne contribuent pas à la réussite du gouvernement. Quant aux hamonistes, il serait temps qu'ils choisissent", plaide Carlos Da Silva, proche de Valls et soutien de Désir, tempêtant contre le "surmoi marxiste" du PS. "Je ne vois pas bien le surmoi marxiste du PS, mais je vois bien l'inconscient libéral de mes petits camarades", réplique Maurel.

Le programme de "relance écologique et sociale"

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 10:20

«Le problème de la majorité actuelle c’est les contradictions entre les mesures volontaristes mises en oeuvre et une politique macro-économique de rigueur. Au bout d’un an de quinquennat Hollande, il est temps de poser certaines questions. Et moi, je souhaite une inflexion de la politique économique.»

Emmanuel Maurel, vice-président PS du Conseil régional d’Ile-de-France, chef de file du courant «Maintenant la gauche» est l’invité de RFI matin. Interrogé par Frédéric Rivière, il s’exprime sur l’actualité économique, sociale et politique française.


Emmanuel Maurel par rfi

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 13:20
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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 07:10

LeMonde.fr - 17 avril 2013

Emmanuel Maurel ParisIl est toujours plaisant de voir des personnalités parmi les plus éminentes intéressées par les débats internes au Parti socialiste. Cela prouve que notre parti enrichit le débat démocratique grâce à la controverse et l’expression fraternelle des divergences, mais plus encore, qu’il est, grâce à la vitalité, au sérieux et à l’esprit de responsabilité de ses différents courants et de ses dirigeants, le lieu où s’élaborent les compromis politiques susceptibles de redresser la France dans la justice et faire réussir François Hollande et son gouvernement. Peut-on en dire autant du Modem dont le dirigeant a sonné “l’alerte rouge” dans Le Monde daté du 15 avril ? Il est permis d’en douter.

Ce doute sur la capacité d’entraînement démocratique du mouvement de François Bayrou ne tient pas seulement à sa perte de substance électorale continue depuis 2007. Il est fondé sur l’expérience : dans une crise aussi aigüe que celle que nous traversons, les réponses “centristes”, ”modérées”, ménageant la chèvre et le chou, s’efforçant de “prendre le meilleur dans chaque camp” et autres “remarques de bon sens”, sont totalement disqualifiées.

Comment s’imaginer qu’un parti centriste, si bien intentionné soit-il, puisse apporter des solutions efficaces à des contradictions qui s’exacerbent et des tensions qui menacent de faire sauter toutes les digues ? Le centrisme n’est en politique qu’une variante du pilote automatique en ligne droite par beau temps : lorsque survient l’orage et que tout dysfonctionne, alors il ne faut plus s’y fier.

Il faut d’autant moins s’y fier qu’en réalité, par beau temps et plus encore dans la tempête, le centrisme, c’est la droite. Le centre a toujours été de droite et le restera toujours, du moins tant que le suffrage sera en France à deux tours. C’est tellement vrai que les électeurs de François Bayrou du 1er tour ont voté à 60% pour Nicolas Sarkozy au 2e, pas loin des pourcentages obtenus par le président sortant auprès des personnes âgées ou des artisans et commerçants, catégories les plus marquées à droite de la sociologie électorale.

LE RÉFORMISME DE BAYROU ET LES CONTRE-RÉFORMES DE SARKOZY

Bayrou.jpgFrançois Bayrou a beau jeu de dissimuler la vraie nature de son programme politique derrière des mots qui sonnent agréablement aux oreilles des socialistes, en proclamant par exemple son “réformisme”. Il n’en demeure pas moins qu’il n’y a strictement aucune différence entre le “réformisme” de François Bayrou et les… contre-réformes de Nicolas Sarkozy et François Fillon. Pour lui comme pour la droite (décomplexée), “réformer”, c’est poursuivre “l’ajustement structurel économique et financier”, quel qu’en soit le coût social. Ce credo, il le reconnaît implicitement par son emploi systématique du même argumentaire que la droite : la France vit au-dessus de ses moyens, dépense pour son modèle social beaucoup trop par rapport à ses voisins, ses services publics inefficaces sont rongés par la gabegie et le corporatisme, etc.

Mais le réformisme, s’il est une condition nécessaire au progrès économique et social dans une démocratie comme la nôtre, n’est en aucun cas suffisant pour adhérer sous les vivats au club des progressistes et encore moins celui des socialistes ! Car même si des personnalités comme celle de François Bayrou se verraient bien sur le même banc que certains sociaux-libéraux désorientés, il y a encore pas mal d’années-lumières à parcourir aux centristes avant de correspondre politiquement et philosophiquement (on peine à entendre le centre sur la question du mariage pour tous, par exemple) à l’idée que l’immense majorité des militants socialistes se font de leur engagement.

Dès lors, il n’est guère étonnant que le centre voit rouge après avoir entendu le Parti socialiste critiquer la politique d’austérité et rappelé la nécessité de la confrontation idéologique avec la droite européenne. Il s’agit de sa part d’une vieille ficelle consistant à s’offusquer que le PS soit… de gauche, tout simplement.

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 07:04

Emmanuel Maurel : ”Condamner l'austérité à Bruxelles ne doit pas nous conduire à ignorer le drame de l'austérité en France”


Discours de Emmanuel Maurel au conseil national... par PartiSocialiste

Marie-Noëlle Lienemann : ”Le danger c'est l'extrême droite, voilà ce qui nous attend s'il n y a pas une rupture”


Intervention de Marie-Noëlle Lienemann au... par PartiSocialiste

Gérard Filoche : “s’il n’y pas d’inflexion, pas de changement, nous sommes perdus”


Intervention de Gérard Filoche lors du CN à la... par PartiSocialiste

Jérôme Guedj : ”la France d’aujourd’hui elle n'est pas à genoux, les ouvriers de PSA nous l’ont rappelé ce matin” 


Intervention de Jérome Guedj lors du CN à la... par PartiSocialiste

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 06:54

intervention d'Emmanuel Maurel lors du conseil national du PS  - samedi 13 avril 2013

Emmanuel Maurel Paris 2La crise démocratique est aussi une crise de confiance dans le politique. Nos concitoyens doutent, au mieux, de notre capacité à changer le cours des choses, au pire, ils ne croient pas à notre volonté de maîtriser un monde où l’argent est la mesure de toute chose. Quand les dirigeants semblent redouter la pression des marchés financiers plutôt que la colère des peuples, comment leur donner tort ?

Il y a près d’un an, nous avions promis le changement. Il y a eu, nul ne le conteste, une franche rupture avec la politique néfaste de Sarkozy. Nous avons mis en œuvre de salutaires réformes, et le parti socialiste peut et doit se mobiliser pour les promouvoir. Rythmes scolaires, plan logement, emplois d’avenir, nous pouvons peut être faire davantage encore pour en démontrer le bien fondé.

Je pense aux emplois d’avenir, et je propose que le premier secrétaire réunisse les associations d’élus pour une grande journée de mobilisation qui nous permettra d’accélérer la signature de contrats qui reste aujourd’hui insatisfaisante.

Il ya des succès, il ya des avancées, il y a des bons outils, mais il y a aussi des interrogations, des inquiétudes, des impatiences, qui s’expriment au sein de notre électorat, au sein de la gauche et, quoi qu’en dise, au sein du Parti. Ces interrogations, elles portent sur le cap économique et social tenu par le gouvernement.

C’est un débat légitime, c’est un débat nécessaire, c’est un débat indispensable. L’occulter aujourd’hui, ne pas l’anticiper, c’est se condamner à le subir demain, dans les plus mauvaises conditions.

Nous n’avons pas à trier les bons et les mauvais débats, les discussions dans lesquelles on accepte des dirigeants qu’ils aient des doutes et qu’ils en fassent part, et les autres ou ils devraient se taire. Je respecte ceux qui, sur le cumul des mandats, sur la décentralisation, sur la réforme des rythmes scolaires, posent des questions, et cela publiquement. Pas de raison qu’on dénie à d’autres le droit de s’interroger sur le pacte de compétitivité ou l’ANI, qui ne figuraient pas dans notre programme, et qui soulève de légitimes inquiétudes ou même de franches oppositions.

Chers camarades, nous avons la même conviction, exprimée récemment par le président de la République : la réussite du gouvernement passe par la résorption du chômage et le retour de la croissance.

Le débat entre nous porte sur les moyens d’y parvenir. Nous avons promis le redressement, mais nous avons aussi promis la justice. L’un et l’autre vont de pair.

Pas de hiérarchie. Le redressement permet la justice, mais seule la justice rend possible le redressement.

Pas non plus de priorité chronologique. Nous ne pouvons pas dire : le redressement maintenant, les efforts maintenant, la justice sociale c’est pour demain, la redistribution c’est pour demain.

Cette idée que l’efficacité économique est rendue possible par la qualité de notre modèle social, la redistribution des richesses est au cœur de notre identité social démocrate.

Il est de bon ton de se revendiquer de la social démocratie. Cela ne me gêne aucunement.

Mais soyons précis : la social démocratie, ce n’est pas rechercher un consensus a priori, c’est arracher un compromis à l’issue d’un rapport de forces, d’une lutte entre les représentants du capital qui défendent leurs intérêts et nous qui défendons ceux des salariés. Un social démocrate mène le combat au nom des siens, de la base sociale qu’il prétend représenter. Et s’il est prêt à accepter un compromis, il prend soin de vérifier que le monde du travail, même en période de crise, même face à un patronat très agressif, bénéficie de substantielles contreparties.

Dans le cas du pacte de compétitivité, dans le cas de l’ANI, nous estimons que les salariés ne sortent pas renforcés, loin s’en faut.

Ce débat n’est pas nouveau. Il l’est d’autant moins qu’il porte sur des mesures qui ne figuraient pas dans le programme du parti, pas plus que dans le programme présidentiel.

Les choses avancent. Je note de salutaires évolutions. Le sacro saint dogme des 3% est remis en question par des camarades éminents. L’austérité au niveau européen est désormais unanimement condamnée. L’aspiration à une autre politique au niveau de l’Union est partagée par tous. Cette évolution est riche de promesses.

Je voudrais cependant attirer l’attention des camarades sur deux écueils dans le discours dominant aujourd’hui au parti.

Le premier, c’est celui qui consiste à établir des distinctions spécieuses entre austérité et rigueur, entre rigueur et sérieux. Couper massivement dans les dépenses publiques, baisser massivement les dotations aux collectivités locales qui réalisent l’essentiel de l’investissement public, envisager de le faire pour les dépenses sociales (car c’est bien de cela qu’on parle quand on évoque la désindexation des retraites ou les accords maintien de l’emploi contenus dans l’ANI), appelez ça comme vous voudrez, rigueur ou sérieux, c’est rigoureusement la même chose ! Et c’est sérieusement risqué quand on regarde autour de nous et que l’on constate que la plupart des pays qui ont pratiqué la rigueur ont vu leurs déficits augmenter !

Le deuxième écueil, c’est de tomber dans la facilité consistant à condamner l’austérité en Europe pour mieux éviter de s’interroger sur la politique menée en France. Chers camarades, l’austérité, elle était contenue dans le traité Merkozy que nous avons décidé de ratifier après l’avoir si durement condamné. L’austérité, elle est la baisse du budget communautaire, que nous avons accepté au conseil, approuvé à Paris puis rejeté au parlement, deux semaines après.

Oui, chers Camarades, nous devons être sérieux :

  • Etre sérieux, c’est reconnaître que la politique d’austérité imposée à la Grèce, au Portugal, à l’Espagne, à l’Italie, maintenant à Chypre, n’a pas fait reculer la dette ni le déficit de ces pays
  • Etre sérieux, c’est constater en revanche que dans ces mêmes pays le pouvoir d’achat à plongé, l’économie chuté, et le chômage monté en flèche
  • Etre sérieux, c’est voir que toutes les prévisions de croissance de la Commission européenne, et même nos propres prévisions de croissance, ne se sont pas réalisées
  • Etre sérieux, c’est savoir que l’année 2013 va voir dans notre pays une croissance nulle, et une récession chez de nombreux autres pays européens
  • Etre sérieux, c’est observer pour la première fois en France depuis bien longtemps une baisse du pouvoir d’achat de nos concitoyens, et une baisse de l’investissement de nos entreprises
  • Etre sérieux, c’est constater que le choc de compétitivité va peser de façon certaine sur nos finances publiques déjà bien fragiles, pour un gain de croissance hasardeux
  • Etre sérieux, c’est comprendre que dans un pays qui, comme le notre, exporte essentiellement vers l’Europe, une réduction des charges des entreprises ne va pas automatiquement créer des parts de marché supplémentaires, puisque nos partenaires, nos clients, qui achètent nos produits, sont également en récession !
  • Etre sérieux, c’est comprendre aussi que pour exporter dans le reste du monde, hors de l’Europe, là où il reste de la croissance, il faut être à la pointe de l’innovation, et que pour y parvenir il faut investir, et qu’on ne verra les résultats économiques de ces investissements qu’avec plusieurs années de retard
  • Etre sérieux, c’est donc voir qu’en attendant, pour réduire le chômage, pour maintenir nos finances publiques, il est impératif que la consommation ne chute pas, et que la protection du pouvoir d’achat de nos concitoyens doit être notre priorité absolue
  • Etre sérieux, c’est dire la vérité sur la situation économique de l’Europe, et assumer notre niveau de déficit car si nous devions le baisser encore trop vite nous contribuerions encore davantage à l’accélération de la récession en Europe

Aujourd’hui, c’est le sérieux et le réalisme qui impose « un tournant de la relance ».

C’est ce que nous proposons depuis le mois de février : relance par la consommation, relance par l’investissement, relance par une vraie réforme fiscale. Nous demandons que nos propositions puissent faire l’objet d’un débat sérieux.

  • La relance par la consommation, c’est-à-dire l’augmentation des salaires, des minimas sociaux, de l’indemnisation du chômage. Oui, l’augmentation du pouvoir d’achat pour stopper la spirale infernale de la récession. La hausse des salaires, ce n’est quand même pas du bolchévisme ! Barack Obama vient de proposer une hausse du salaire minimum de 25%, le Japon le fait, la Chine le fait. L’Europe fait exactement l’inverse et elle est le grand malade de l’économie mondiale.
  • La relance par l’investissement public. La BPI est un bel outil, peut être un peu sous doté. Mais nous devons mettre le paquet sur les investissements d’avenir, transports, transition énergétique, infrastructures. Et je fais mienne la proposition de Stéphane Le Foll, qui propose justement de sortir du calcul des 3% les efforts d’investissement.
  • La relance par la réforme fiscale. Contrairement à ce qui a été avancé, elle est loin d’être achevée. La grande réforme de l’impôt sur le revenu, la suppression des niches fiscales, la poursuite de l’effort de rééquilibrage entre fiscalité du travail et du capital.

Je connais les arguments en faveur de la rigueur budgétaire.

On nous dit ” c est une question de souveraineté”. Chers camarades, l’argument se retourne aisément. Notre souveraineté, nous la avons déjà perdu si nous vivons tétanisés dans l attente du verdict des agences de notation ou dans la peur d’être sanctionné par les marchés.  Non seulement les marchés sont insatiables, mais en plus ils ne savent pas ce qu’ils veulent. Un jour, ils s’alarment de la remise en cause de l’objectif de réduction des déficits ; le lendemain, ils s’inquiètent de mauvais chiffres de la croissance qui compromettent le niveau des profits des entreprises et les recettes fiscales des Etat. Un jour ils sanctionnent durement les pays du Sud pour leur supposé laxisme budgétaire, un autre ils condamnent les politiques à marche forcée des réductions des déficits qui aggravent la récession.

François Hollande a dit très justement, pendant toute la campagne, que la démocratie était plus forte que les marchés. Nous avons l’occasion de le prouver aujourd’hui.

Nous n’avons pas à attendre une hypothétique relance européenne, à espérer une victoire du SPD en Allemagne. Nous avons suffisamment confiance dans notre pays, dans ses salariés, pour savoir que l’impulsion peut venir de la France.

Oui, cette impulsion doit venir de la France. Elle a encore une autonomie suffisante en Europe pour  prendre les devants. Le coût de sa dette, qui n’a jamais été aussi bas (moins de 2% par an), le fait que les Français ait un des taux d’épargne les plus élevés de l’OCDE, créent des marges de manœuvre qu’il serait coupable de ne pas exploiter.

Cette impulsion doit venir de la France, elle doit venir de la gauche. Oui, de la gauche, de toute la gauche, même si celle-ci aujourd’hui minée par le poison de la division. Une division absolument mortifère, tant nous avons en face de nous une droite revancharde, prête à tout, en voie de radicalisation express et une extrême droite puissante, en constante progression comme en a témoigné le score effrayant de la législative partielle dans l’Oise (que nous aurions tort de sous estimer).

Nul président, nul gouvernement ne peut réussir sans le soutien des forces politiques et de la base sociale qui a fait son élection. Sans le rassemblement des forces de gauche et écologistes, sans la compréhension et l’adhésion du monde du travail, le sursaut n’est pas possible.

Nous plaidons depuis de nombreux mois pour la constitution d’un comité de liaison des forces de gauche. C’est avec elles qu’il faut aujourd’hui engager des discussions pour parvenir à l’élaboration d’un nouveau pacte législatif, un pacte de gouvernement. Un gouvernement rouge rose vert pour une nouvelle étape du quinquennat, telle est, selon nous, la condition du sursaut démocratique et social !

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 12:47
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