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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 11:14

LE MONDE | 30.04.2013 à 10h26 • Mis à jour le 30.04.2013 à 11h38

Propos recueillis par Nicolas Chapuis

Le Parti socialiste doit entériner, mardi 30 avril, le texte qui servira de feuille de route lors de sa convention sur la politique européenne, le 16 juin. Le document, notamment préparé par Jean-Christophe Cambadélis, vice-président du Parti socialiste européen, critique l'Europe de droite et a suscité le débat sur la politique de l'Allemagne. Mais il ne satisfait pas Emmanuel Maurel, vice-président du conseil régional d'Ile-de-France et issu de l'aile gauche du PS, qui va présenter sa propre résolution.

Maurel ToulousePourquoi proposez-vous un texte qui vient concurrencer celui de la direction du parti ?

Nous avons la volonté de pointer un certain nombre de désaccords sur la politique européenne et nous voulons qu'ils soient arbitrés par les militants. Je me réjouis des évolutions récentes au PS, qui font qu'aujourd'hui tout le monde a pris conscience de la nécessité de construire un rapport de force en Europe et de contester les politiques d'austérité. Le président de la République nous avait d'ailleurs invités à élaborer une tension amicale avec la droite allemande. Mais, malgré ces progrès, il reste des divergences entre nous.

Sur quels points n'êtes-vous pas d'accord avec le courant majoritaire du parti ?

Nous voulons que quatre propositions figurent dans notre résolution. Dans une période de quasi-récession comme la nôtre, il faut suspendre le pacte de stabilité budgétaire. Les résultats au niveau européen ne produisent pas les effets escomptés, et au contraire le chômage de masse augmente. Deuxième point, le budget communautaire est en baisse. Il ajoute de l'austérité au niveau communautaire, là où il y en a déjà au niveau des Etats membres. Nous demandons que le PS prenne une vraie initiative afin que ce budget en peau de chagrin ne soit pas accepté.

Nous voulons également que soit refusé le traité transatlantique actuellement en négociation. L'Europe est un peu l'idiot du village planétaire, le seul continent à ne pas protéger ses industries, au moment où tout le monde le fait. Enfin, il faut une politique monétaire plus souple par rapport à un euro largement surévalué. Il faut mettre fin à la politique de l'euro cher qui nous défavorise.

La mise en place de cette stratégie passe par un rapport de force. Nous voulons que les militants se prononcent là-dessus pour être sûrs que le PS nous entende.

Une première version du document préparé au PS voyait Angela Merkel en "chancelière de l'austérité" et critiquait son "intransigeance égoïste". Auriez-vous pu signer ce texte ?

Il faut arrêter d'être hypocrite. Nous devons mettre en place une stratégie de confrontation au niveau européen avec la droite et les conservateurs, qu'ils soient anglais, allemands ou polonais. Les formules n'étaient pas forcément adroites, mais il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt : Mme Merkel est aujourd'hui la chef de la droite européenne, ou en tout cas un de ses principaux dirigeants. Les attaques ad hominem n'ont aucun intérêt, en revanche, ce qui compte, c'est la volonté du rapport de force politique.

On essaie de faire passer pour un affront diplomatique ce qui n'est qu'une évidence politique. A savoir que la gauche s'oppose à la droite. C'est quand même fou qu'on arrive à en faire un drame. Dans une démocratie, il y a plusieurs camps en présence. Dans le respect des personnes, une confrontation démocratique s'exerce. Personne ne remet en cause l'amitié entre les peuples. Mais l'amitié franco-allemande ne doit pas empêcher de mener le débat sur l'austérité. Le vrai débat aujourd'hui en Europe, c'est : austérité, stop ou encore ?

Les appels à ne pas stigmatiser Mme Merkel sont venus aussi des rangs du Parti socialiste...

Il y a un peu de surjeu du côté de la droite française, qui pousse des cris d'orfraie, et un surjeu aussi dans nos rangs. Ce n'était pas très opportun que le ministre de l'intérieur critique le président de l'Assemblée nationale. Tout ça brouille le message. Le PS joue son rôle de force politique majeure qui fait des propositions et s'engage. Il faut que chacun reste à sa place.

Vous parlez de confrontation avec la droite européenne. Sous quelle forme ?

Il est temps de se remettre autour de la table pour renégocier le rythme de réduction des déficits publics imposé par la Commission, pour réinterroger le dogme des 3%, qui n'a aucune valeur économique, et pour tenir compte du cycle économique qui n'est pas bon. La croissance est atone, le chômage explose au niveau européen, la priorité, c'est l'emploi. Le calendrier de la réduction des déficits publics n'est pas la priorité.

Vous n'êtes pas les seuls à dénoncer l'austérité en Europe. Jean-Luc Mélenchon appelle à manifester le 5 mai contre la rigueur. Pourquoi ne pas vous joindre à lui ?

Aujourd'hui à gauche, il y a de plus en plus de militants et de responsables qui sont partisans d'une inflexion de la politique économique. Mais la manifestation du 5 mai a un caractère différent. Le mot d'ordre initial, lancé par Jean-Luc Mélenchon, évoquait un "coup de balai" pour stigmatiser les dirigeants socialistes qui ne feraient pas leur travail. Je m'inscris en faux par rapport à ça. Je suis fier des socialistes et de mes camarades au gouvernement qui essayent de transformer le pays. Ca n'empêche pas qu'on ait des débats ou des divergences.

Le problème n'est pas de mettre un coup de balai, mais plutôt de changer de braquet, de mettre un coup de barre à gauche. La manifestation de dimanche n'est pas constructive pour la gauche. Elle porte des slogans de défiance, de dénigrement. Face à une droite qui se radicalise, face à une extrême droite qui est très puissante, on ne peut pas laisser s'instaurer l'idée de deux gauches dans le pays. Il faut être unitaire.

Nicolas Chapuis

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 21:36

Lors de la commission des résolutions en vue de la convention nationale sur l’Europe, au nom du courant Maintenant La Gauche, nous avons déposé avec les animateurs d’Un Monde d’Avance un texte et 12 propositions clefs pour réussir l’indispensable et urgente réorientation de l’Union européenne en voici quelques éléments :

Europe : le sursaut !

UnionEuropeenneIntroduction : Nos concitoyens sont inquiets. Le chômage et la précarité explosent, le pouvoir d’achat baisse. Un climat de défiance à l’endroit de l’Europe s’est installé. Celle-ci est assimilée aux politiques d’austérité que des institutions non démocratiques imposent aux Etats. Parce que nous sommes profondément pro-européens, nous ne pouvons nous satisfaire de son orientation actuelle.

La construction européenne est victime de dérives néo-libérales et technocratiques qui ont affaibli notre continent, exacerbé les inégalités, remis systématiquement en cause un modèle social acquis de haute lutte par les mouvements ouvrier et progressistes, démantelé les capacités d’intervention de la puissance publique, réduit le périmètre des services publics, désormais soumis comme le reste de l’économie à la concurrence et la loi du marché.

Les peuples eux aussi sont mis en concurrence, plongés de plus en plus dans une austérité inacceptable et dangereuse, alors même qu’aucune solidarité effective, aucun projet commun, aucune perspective de progrès partagé ne donne sens à ce qui doit être la grande ambition progressiste du 21eme siècle. L’intégration politique fait du surplace.

Les  principes démocratiques de base sur lesquels l’Europe s’est fondée sont également remis en cause : la troïka, qui impose l’austérité à une grande partie de l’Europe, sans aucune légitimité, sans rendre de comptes à quiconque, en est l’illustration la plus criante.

La faiblesse persistante de la croissance, l’accumulation de dettes publiques, la désindustrialisation globale, la domination de la finance sur l’économie réelle ne tombent pas du ciel ; elles sont la conséquence de choix économiques et politiques impulsés par les conservateurs et les libéraux, et que les sociaux-démocrates ont eux-mêmes parfois accompagnés.

Les remèdes libéraux étaient censés renforcer notre continent dans la mondialisation : elle a contribué à l’affaiblir.

On nous avait promis l’Europe prospère, elle est austère. On attendait l’Europe démocratique, elle continue à être oligarchique. Quant à l’Europe sociale, elle n’est même plus évoquée !

Une alternative n’est pas seulement souhaitable, elle est également possible. Mais pour réussir, il est indispensable que le combat européen que nous menons ne soit pas qu’un combat feutré, diplomatique, mais un combat assumé, politiquement, par notre gouvernement, par notre Président, par notre Parti. François Hollande  se dit prêt à une « tension amicale » avec la droite allemande. Mais il est clair qu’il est essentiel, aujourd’hui de construire ce rapport de force politique, au niveau des gouvernements, des institutions européennes mais aussi des partis politiques.

Nous pouvons nous appuyer sur des critiques convergentes et de plus en plus incontestables contre les politiques d’austérité. Les peuples en premier lieu, mais aussi désormais, le FMI, l’OCDE, le BIT, des économistes de toutes origines ou plus récemment le commissaire général à l’investissement, Louis Gallois, tous pointent la nécessité d’une relance coordonnée en Europe. Ailleurs, certains pays ont osé franchir le pas comme les Etats-Unis ou le Japon qui refont ainsi surface. Et pour cause, leurs dirigeants ont pris à bras le corps les difficultés économiques privilégiant les politiques volontaristes en faveur du retour de l’activité et de l’emploi plutôt que les restrictions budgétaires persistantes et arbitraires. Plus récemment encore c’est le Gouvernement de coalition des Pays-Bas qui a mis un coup d’arrêt à l’austérité sous l’utile pression des partenaires sociaux.

Emmanuel MaurelLa gauche européenne doit faire la preuve qu’il existe une réelle alternative politique, si elle ne propose pas au plus vite une réorientation profonde et radicale de la construction européenne, c’est l’unité européenne qui sera bientôt en danger. C’est d’un véritable sursaut dont l’Europe a besoin.

Notre texte poursuit avec 12 points clefs pour réorienter l’Union :

1.      La question sociale avant tout ! Un traité social. Vers un Smic européen.

2.      Suspendre le pacte de stabilité  et refuser l’austérité

3.      Liquider la dette indigne. La BCE doit intervenir.

4.      Un véritable plan de relance européen, vite !

5.      Budget européen : Non à un compromis au rabais !

6.      Fiscalité : Une seule solution, l’harmonisation !

7.      Mettre la BCE au service de l’économie réelle, de la croissance et l’emploi

8.      Mettre fin à l’euro surévalué, intervenir sur la politique de change.

9.       Encadrer le libre-échange, refuser le traité transatlantique.

10.   Renouer avec l’ambition industrielle pour un développement durable.

11.  Maîtriser l’adversaire sans visage, la finance, dans toute l’Europe.

12.  Une Union démocratique, par et pour les citoyens.

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 21:23

Communiqué de presse de Marie-Noëlle LIENEMANN, Jérome GUEDJ et Emmanuel MAUREL responsables de « Maintenant la Gauche»

pselogo2L’aile gauche du PS veut peser pour que la  convention Europe  du PS  engage un coup d’arrêt immédiat des politiques d’austérité, une réorientation rapide et majeure de la construction européenne.

Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel, Jérome Guedj et Gérard Filoche représentant le courant « Maintenant la Gauche» ont participé  à la commission de résolution  en vue de la convention du PS du 16 juin 2016, qui a examiné le texte préparé par la direction du PS ainsi qu’un texte déposé par l’aile gauche «Maintenant la gauche» et les responsables d’ «Un Monde d’Avance».

Engager un rapport de force avec les libéraux, les conservateurs et Mme Merkel.

Ils se sont réjouis de la nouvelle tonalité, plus offensive de la direction du PS contre les politiques d’austérité engagées en Europe sous la houlette des droites européennes et de Mme Merkel  qui tente d’imposer ses vues avec un égoïsme dangereux. Depuis plus de 10 ans, M Chirac comme M Sarkozy ont manifesté un alignement et un suivisme redoutable sur les positions de nos voisins d’outre Rhin, engageant l’UE dans une spirale libérale destructrice qui  a fragilisé l’Europe dans le monde, accru les inégalités en son sein  et affaibli la place de la France pendant ces périodes cruciales pour l’Europe.  Il est grand temps que notre pays soit un acteur majeur de l’indispensable réorientation de la construction européenne.

Les français et les européens attendent, désormais, des actes, des décisions rapides,  qui engagent l’indispensable rapport de force avec les conservateurs, les libéraux, M Cameron et Mme Merkel et surtout rompent avec les politiques d’austérité si dangereuses.

C’est d’ailleurs le sens des 12 propositions de réorientations pour le sursaut de l’Europe  que les représentants du courant « Maintenant la Gauche » ont  défendu hier soir, jusque tard dans la nuit, lors d’un débat de qualité et approfondi qui s’est tenu lors de la commission des résolutions. Si la direction du PS a pris en compte certaines d’entre elles – comme l’exigence d’Europe sociale et la création d’un Smic Européen, ou encore la lutte contre la finance ou la réhabilitation des aides publiques pour soutenir la ré-industrialisation- des différences d’approches, de stratégies demeurent.

Emmanuel-Maurel-Jerome-Guedj-et-Marie-Noelle-Lienemann-lorsUne stratégie alternative : des actes et des décisions urgentes pour réorienter l’Europe.

L’aile gauche du PS a défendu l’impérative nécessité de stopper immédiatement les politique d’austérité, de suspendre le pacte de stabilité, avec la marche forcée vers la réduction des déficits publics à 3%,  qui amène à une récession et un chômage  redoutables. Ils soutiennent une relance écologique et sociale avec un grand emprunt et un budget communautaire en augmentation. C’est pourquoi ils demandent aux eurodéputés socialistes français, de voter contre le récent compromis sur le cadre budgétaire de l’UE, entre 2014 et 2019, qui consacre une baisse des crédits.

Le  second point proposé par l’aile gauche pour sortir de la crise est un changement radical de politique monétaire, mettant fin à la surévaluation de l’Euro ainsi qu’une modification en profondeur du rôle, des missions, des interventions  de la BCE. Elle doit  prêter directement aux Etats, résorber la dette souvent accumulée au seul profit des banques à travers des intérêts injustes,  et agir en priorité  pour la croissance et l’emploi. La France doit mettre à l’ordre du jour dès le prochain sommet la nécessité de fixer une nouvelle politique de change pour l’Euro.

Enfin, le temps est venu de prendre des décisions pour  organiser des résistances efficaces contre le libre-échange généralisé et permettant de mieux protéger l’Europe contre le tout concurrence sans le respect des normes et sociales équivalentes à celles qu’elle édicte. Mais tout cela serait peine perdu si l’UE signait un accord de libre-échange avec les USA. C’est pourquoi il est essentiel de refuser d’ouvrir les négociations en vue du traité transatlantique.

Au bureau national de mardi, ces propositions alternatives à celles de la direction du PS seront déposées pour être soumis au vote des militants socialistes.

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 21:32

marianne-logo.gifMarianne.net - 24 avril 2013 - David Cayla est docteur en économie et maître de conférence à l’Université d’Angers.
Il a participé à l’élaboration du « plan de relance écologique et social pour la France et pour l’Europe »

La France est riche. L’INSEE rappelle régulièrement qu’elle est, avec l’Allemagne, championne du monde de l’épargne. Avec un taux d’épargne des ménages estimé à près de 16%, elle se situe nettement au-dessus de la moyenne européenne (11%) et des États-Unis (environ 9%). La crise a encore accentué le taux d’épargne des français, les insécurités dans l’emploi et sur les retraites ayant poussé à la hausse l’épargne de précaution des plus modestes. Or, dans un monde financiarisé où les capitaux circulent librement, cette épargne n’a aucune raison de rester en France. Les entreprises réduisent leurs investissements, faute de commandes, et la crise économique réduit les opportunités et la rentabilité des projets. Nos banques, qui sont parmi les plus puissantes au monde, se sont ainsi spécialisées dans le recyclage de cette épargne. Hier, elles achetaient des titres subprimes, aujourd’hui elles spéculent sur les matières premières. L’épargne française, quand elle ne va pas gonfler les paradis fiscaux, se perd dans les méandres de la finance internationale au lieu de répondre aux besoins de l’économie française.

david_cayla.jpgCes besoins justement, ils sont immenses. C’est le constat que nous avons fait en rédigeant notre « projet de relance écologique et social ». Besoin de sécurité économique pour les classes modestes, besoin de réveiller la consommation populaire, besoin de justice et de redistribution, besoin d’investissements publics dans les transports et les énergies renouvelables, besoin de construire de nouveaux logements et de créer l’infrastructure nécessaire au développement de la voiture électrique… Tous ces besoins ne peuvent attendre que nous parvenions à un hypothétique équilibre budgétaire. Nous faisons même le pari contraire : satisfaire les besoins économiques de la France est la condition de son rétablissement.

Car notre situation est aujourd’hui très difficile. Malgré une démographie toujours dynamique (à la différence d’autres pays européens) la croissance française est au point mort. Le pouvoir d’achat des ménages a baissé ; l’investissement et la rentabilité des entreprises françaises se sont effondrés. Dans un tel paysage, il est illusoire de croire que la compétitivité externe et plus généralement les « réformes structurelles » suffiront à faire repartir notre économie. Au mieux, les gains en matière d’amélioration de la balance commerciale compenseront les efforts demandés aux Français. Au pire, ils se heurteront à l’agressivité des politiques néo-mercantilistes menées ailleurs en Europe et ne produiront aucun emploi en France, tout en dégradant les conditions et les revenus du travail.
Pour sortir de cette impasse, nous préconisons un choc de relance de 43 milliards d’euros, dont 28 seront financés par la dépense publique. On nous dit qu’il n’y a plus d’argent, que l’État est en faillite. Nous répondons que jamais dans l’histoire l’argent n’a été aussi bon marché, puisque la France emprunte aujourd’hui à moins de 2 % à dix ans. C’est d’ailleurs tout le paradoxe de la situation présente : l’épargne des ménages cherche vainement à se placer, même à faible prix, et notre « sérieux budgétaire » lui claque la porte au nez.
Notre plan de relance ne constitue rien d’autre qu’une tentative pour concilier les besoins de nos épargnants avec les besoins de notre économie. Nous proposons pour cela de lancer un grand emprunt populaire, rémunéré au taux du marché, soit environ 2 %. Les épargnants trouveront ainsi un placement sécurisé, simple et utile pour notre économie, légèrement mieux rémunéré que le livret A (1,75%). Afin de garantir la liquidité de cette épargne, l’État s’engagera à racheter ses créances aux souscripteurs qui en feront la demande. Cet emprunt aura ainsi un double avantage. D’un côté il donnera une vraie perspective citoyenne aux épargnants dont beaucoup sont réticents à placer leur argent dans des fonds dont la gestion est parfois opaque ; d’un autre côté il permettra à l’État de financer ses dépenses d’avenir sans avoir de comptes à rendre aux marchés financiers. Nos concitoyens auront ainsi l’assurance que l’argent récolté sera utilement dépensé, tandis que l’État pourra s’assurer d’une source de financement pérenne pour développer des projets ciblés et porteurs de croissance.

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 21:28

Médiapart.fr - 24 avril 2013 - Daniel Vasseur est économiste cosignataire du Plan de relance écologique et social pour la France et pour l’Europe

Le courant socialiste Maintenant la gauche propose un plan de relance écologique et social s’appuyant sur l’investissement et la consommation. « La France a un rôle historique à jouer pour l’Europe : elle est la seule à avoir le poids économique et politique suffisant pour changer la donne » et sortir du dogme de l’orthodoxie budgétaire, interpellent les élus et les économistes Daniel VasseurMarie-Noëlle LienemannEmmanuel MaurelJérôme Guedj et David Cayla.


titremailIl faut savoir s’étonner pour s’interroger sur des choses qui nous sont devenues par trop habituelles. Ainsi, comment se fait-il, alors que nous sommes dans une situation bien connue de chômage keynésien, déjà expérimentée par le passé, que tant de responsables et de commentateurs ne veuillent pas l’admettre (ou en tirer les conséquences) et ne parlent que de « maintenir le cap », confondant fermeté et aveuglement ? Ou ne cessent de clamer que le redressement budgétaire n’est pas l’ennemi voire constitue la condition de la croissance, et autres fariboles, alors qu’il ne fait plus de doute que c’est bien la croissance qui constitue le préalable de la consolidation budgétaire ?

En effet, il y a désormais un quasi-consensus chez les économistes sur le diagnostic à porter. Ce ne sont pas eux qui sont redevenus « keynésiens », mais la situation qui est keynésienne, puisque que l’on se trouve dans une phase typique de sous-emploi involontaire et conjoncturel massif dû à un déficit de demande. Cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas d’autres problèmes, y compris du côté de l’offre, ni que la relance constituerait toujours et partout la meilleure solution, mais, en France et en Europe, aujourd’hui, c’est le cas : la relance est devenue nécessaire.

Partons d’un constat incontestable : l’économie française et européenne est quasiment à l’arrêt depuis un an et demi. Le taux de croissance de notre pays a été nul en 2012 et ne dépassera pas 0,1% en 2013 tandis que la zone euro traverse sa deuxième année de récession. Tous les moteurs de la croissance sont éteints ; la consommation a reculé en France en 2012 pour la deuxième fois de l’après-guerre et le pouvoir d’achat par unité de consommation (qui tient compte de la composition des ménages et de l’évolution de la population et donc mesure mieux le pouvoir d’achat moyen réel des Français qu’un simple agrégat macro-économique) va diminuer en 2013 pour la troisième année consécutive. Presque dans aucun pays de l’Union, le PIB n’a retrouvé le niveau qui était le sien avant la crise, ce qui veut dire, comme la population continue d’augmenter, que la richesse par habitant régresse…

Ce marasme sans précédent, qui prend dans certains pays du Sud les allures d’un effondrement, met nos économies et nos sociétés à rude épreuve, menaçant de causer des dégâts irréversibles à nos systèmes productifs, à notre cohésion sociale et à nos systèmes de redistribution. Des pans entiers de notre industrie s’effondrent, certains parlent de faire table rase du programme du Conseil national de la résistance et, déjà, l’extrémisme frappe à nos portes.

L’économie française et européenne menace de basculer dans une franche récession, c’est-à-dire de sombrer dans une spirale déflationniste dont on ne peut connaître ni la durée ni l’ampleur. Le sérieux budgétaire de la gauche au pouvoir était nécessaire et il a été démontré, mais il ne suffit plus. Il serait grave, aujourd’hui, de continuer à attendre une reprise mondiale ou, pire encore, le fruit de réformes structurelles censées être le pivot stratégique de la croissance, selon les néolibéraux, alors qu’elles ne font qu’aggraver l’atonie économique et la désespérance sociale –un peu comme une maladie que l’on prendrait pour le remède.

Dans cette perspective, le courant Maintenant la gauche propose d’examiner un plan de relance sur deux ans de 43 milliards d’euros, soit 2 points de PIB, dont seulement 28 milliards d’euros financés sur fonds publics, qui constituerait le pendant du pacte pour la compétitivité adopté fin 2012. Il permettrait d’augmenter le PIB de 3,3 points et de créer ou préserver environ 500 000 emplois.

Il s’agirait d’améliorer temporairement l’indemnisation du chômage et celle du chômage partiel dans les entreprises, de faire reculer la pauvreté des enfants et des jeunes adultes, qui s’est brutalement aggravée à la suite de la crise, en revalorisant les aides sous condition de ressources dont ils peuvent bénéficier, ou tout simplement en tenant les promesses de campagne (par exemple, en créant une allocation d’études).

On peut et on doit aussi –sans aucun coût additionnel pour les finances publiques– augmenter le pouvoir d’achat des salariés et des ménages en mobilisant les sommes reçues au titre du crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) par les secteurs non exposés à la concurrence internationale, comme la grande distribution, qui constituent un effet d’aubaine inacceptable en pleine crise. La loi devra conditionner le versement du CICE à la conclusion d’accords avec les partenaires sociaux, qui prévoient, en tenant compte de la situation de chaque branche, de vraies contreparties en matière de hausses de salaire, d’augmentation de l’emploi ou de réduction de la précarité. De la même manière, il faut ponctionner les rentes de certaines professions pour rendre une partie de cet argent à tous les Français : des bailleurs privés, en gelant temporairement les loyers, de certains professionnels de santé, en faisant reculer les dépassements d’honoraires, c’est-à-dire en rendant opposables les tarifs de la Sécurité sociale, ce qui n’est jamais que revenir à un principe de base de notre assurance-maladie.

L’investissement et la préparation de l’avenir n’en occuperaient pas moins une place essentielle (15 milliards d’euros), puisque ce plan de relance comprendrait une nouvelle stratégie industrielle impliquant une réorientation de l’abondante épargne des Français vers la ré-industrialisation du pays –une stratégie d’« offre compétitive » fondée non pas sur la baisse des salaires et une économie « low cost » mais sur l’innovation et la qualité. On accélèrerait la construction d’infrastructures de transport (lignes à grande vitesse, canaux, fret ferroviaire, tramways), mais aussi la montée en puissance des filières industrielles nécessaires à la transition énergétique, ou encore de la voiture électrique (commande publique de véhicules, déploiement d’une infrastructure de recharge), ainsi que de notre recherche publique, afin de la rapprocher du niveau allemand. Une prime à l’achat de logements neufs, limitée dans le temps et réellement réservée aux plus modestes, qui n’ont aujourd’hui plus accès à la propriété, permettrait de faire face à un des grands défis de la société française et de soutenir le secteur du BTP, particulièrement riche en emplois mais aujourd’hui très menacé.

Comme on le voit, ce plan s’appuie à la fois sur l’investissement et la consommation, mais en donnant sans complexe la priorité à celle-ci (qui représenterait les deux-tiers des dépenses, soit 28 milliards), car c’est la meilleure manière de faire face à l’urgence tant économique que sociale et politique.

L’urgence sociale et politique. C’est bien parce qu’il y avait eu une première phase de relance que le peuple de gauche n’a pas brutalement rejeté Mitterrand et le pouvoir socialiste après le « tournant de la rigueur » ; c’est parce qu’il n’y a rien eu de tel, durant son second septennat, qu’il fut sanctionné si durement en 1993. Après dix ans de droite et compte tenu de l’espoir soulevé dans le pays à la suite de l’élection présidentielle, le tournant de la relance répond au besoin de reconstituer la base politique de l’alternance, qui s’est dangereusement érodée.

L’urgence économique. A rebours de certains préjugés, il faut insister sur le fait que le soutien à la consommation populaire a des effets rapides et puissants sur la production nationale puisque la part des importations dans la consommation des principales catégories de biens et services ne dépasse pas 15% et qu’elle est encore plus faible dans le cas des ménages modestes, ce qui conforte une stratégie fondée sur la redistribution. La relance de la consommation n’est pas condamnée, comme le prétendent certains, à alimenter les exportations de nos voisins. La gauche n’a pas éternellement, à chaque alternance, à se repentir de la politique menée en 1981, comme d’un « péché originel », et à donner des gages de soumission à l’orthodoxie budgétaire –cette stratégie, bien trop caricaturée, avait d’ailleurs à l’époque obtenu des résultats incontestables et mériterait qu’on la revisite sans a priori.

On voit, en effet, qu’il y a là également un enjeu idéologique : c’est le moment de liquider un « surmoi libéral » qui domine la gauche depuis les années 80 pour ouvrir un nouveau cycle historique. Roosevelt avait su le faire dans les années 30 : avant de mener une politique dite « reflationniste » de relance, n’avait-il pas critiqué, pendant la campagne électorale de 1932, le laxisme budgétaire de son prédécesseur ? Ce fut un dur combat contre les médias de l’époque, les juristes, le « Big business » mais aussi contre lui-même qu’il dut mener. La gauche française ne doit pas faire moins aujourd’hui.

Les effets bénéfiques de ce plan de relance sur la croissance, étayés par de nombreuses études, notamment du FMI, qui montrent l’efficacité de la dépense publique en période de récession ou de quasi-récession (« multiplicateurs » plus élevés), mais aussi à long terme, par le renforcement de la productivité et de la compétitivité de notre économie, font qu’il serait largement autofinancé. Faisant leur mea culpa les uns après les autres, les organismes internationaux reconnaissent qu’ils ont sous-estimé la valeur de ces multiplicateurs, c’est-à-dire l’impact récessif des mesures de redressement budgétaire qu’ils préconisaient. Ils ont donc aussi surestimé leur efficacité quant à la réduction des déficits, pénalisée par la baisse des recettes publiques qui en découle. Pour des « multiplicateurs » proches de 2, une économie de dépense de 100 réduit le PIB de 200 (ce revenu retiré du circuit économique se traduisant par une moindre consommation, d’où une production moins élevée et donc une baisse des revenus distribués notamment aux salariés, qui engendre à son tour une moindre consommation, etc.) et donc les recettes publiques de 100 –soit un déficit inchangé malgré une activité et un emploi sacrifiés.

Cela signifie aussi, de manière symétrique, que la dépense publique (plus encore que la baisse des impôts) exercerait en ce moment un effet d’entraînement exceptionnellement élevé sur l’activité et l’emploi, et donc pèserait peu, en définitive, sur les comptes publics. Cette stratégie économique et financière, basée par ailleurs sur des projets en partie financés par le secteur privé car rentable (28 milliards de financement public sur 43 milliards) et des mesures souvent seulement temporaires ou réversibles (17 milliards sur 28 milliards de financement public), est donc parfaitement réaliste.

Il faut souligner que l’Etat français n’a jamais emprunté à des taux aussi bas (désormais moins de 2% par an à dix ans) qu’aujourd’hui, malgré une dette élevée. Comme dans le cas des multiplicateurs, c’est parce que la situation est mauvaise que des marges de manœuvre inattendues apparaissent. On peut et on doit saisir cette opportunité, notamment en émettant un grand emprunt national, qui mobiliserait l’abondante épargne de notre pays au service de la croissance et de l’emploi, pour agir à un moment décisif pour notre économie, pour notre société, ainsi que pour toute l’Europe.

En effet, la force de l’exemple constitue le meilleur moyen de convaincre nos voisins et d’accélérer la maturation des consciences qui commence à se faire. Cette initiative nationale a donc aussi un sens européen. L’impasse dans laquelle se trouve l’Union ne doit pas nous empêcher de prendre les devants au niveau national ; bien au contraire, elle nous y conduit. Et le faire, c’est aussi tracer une voie de sortie par le haut pour notre continent qui cesserait de faire de la purge financière et de la « réforme structurelle » le préalable à une croissance qui ne vient jamais.

L’Union a, en effet, un choix dramatique à faire dont dépend son destin entre cette sortie par le haut et la tentation du rabougrissement, fondée d’une part sur des objectifs financiers inatteignables qui conduisent à faire toujours plus de sacrifices au détriment des générations futures, d’autre part sur des « réformes structurelles » basées sur l’idée que seule la dérégulation pourrait apporter la croissance. Les faits n’ont jamais confirmé ces préjugés, bien au contraire, puisque l’Europe était déjà l’homme malade de la croissance mondiale avant même la crise financière. Paradoxalement, elle n’en fournit pas moins aux libéraux et aux organisations internationales l’occasion de changer la nature de nos sociétés sans leur assentiment, d’imposer aux peuples et aux gouvernements affaiblis le démantèlement de leurs modèles nationaux et l’élimination de toutes les règles et compromis élaborés par ces sociétés pour se produire elles-mêmes (des « rigidités » dans la novlangue de l’OCDE et de la Commission européenne). Plus que jamais, la France a donc un rôle historique à jouer en Europe et pour l’Europe : elle est la seule à avoir le poids économique et politique suffisants pour changer la donne, la seule à disposer des marges de manœuvre pour prendre les devants, ceux qui veulent ne pouvant pas (les pays du Sud), ceux qui peuvent ne voulant pas (l’Allemagne).

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 17:23
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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 07:11

Public Sénat - Etienne Baldit - Le 22.04.2013 à 18:36

L’exécutif s’accroche au «sérieux budgétaire», mais l’aile gauche du parti veut du changement. Le courant Maintenant la gauche publie ce lundi un manifeste pour un «plan de relance écologique et social». Ils demandent à François Hollande de changer radicalement de politique économique.

Emmanuel-Maurel-Jerome-Guedj-et-Marie-Noelle-Lienemann-lors«Nous sommes à la fin d’un cycle. Comme dans les années 30, nous allons droit dans le mur. Il faut avoir le courage d’emprunter une voix nouvelle». Sénatrice PS, Marie-Noëlle Lienemann propose de changer radicalement de politique. Incarnant l’aile gauche du parti, elle souhaite sortir de «la spirale austérité-récession qui s’installe partout en Europe». Et tordre le cou au «poison mortel de la démocratie : ceux qui disent qu’il n’y a pas d’autre politique possible».

«Mettre en œuvre un plan de relance écologique et social pour la France et l’Europe», c’est l’intitulé d’un manifeste, publié lundi et signé par Emmanuel Maurel (vice-président de la région Ile-de-France), Jérôme Guedj (président du conseil général de l’Essonne), Marie-Noëlle Lienemann et les économistes Daniel Vasseur et David Cayla – tous membres du courant Maintenant la gauche. Ils demandent à François Hollande d’opérer le «tournant de la relance». Une relance par la consommation, mobilisant 43 milliards d’euros en deux ans (dont 28 milliards de fonds publics), pour «s’affranchir d’une certaine orthodoxie libérale et budgétariste».

« Nous ne sommes pas isolés »

Leur plan repose sur trois piliers : «la relance de la consommation populaire : des mesures immédiates pour une reprise à court terme», «la relance par des investissements publics (grands projets pour la réindustrialisation et un redressement à moyen terme) et une réforme fiscale fondatrice garante d’une croissance à long terme ». Elément fort : le premier pilier passerait notamment par une amélioration « temporaire de l’indemnisation du chômage et du chômage partiel dans les entreprises ». Leur plaidoyer sera-t-il entendu ? Peu probable, au moment où François Hollande et Jean-Marc Ayrault répètent à l’envi qu’il n’y a «qu’une seule ligne politique». Celle du «sérieux budgétaire», de la réduction des déficits et de la dette publics.

«Nous ne sommes pas isolés», rétorque Marie-Noëlle Lienemann, qui cite la politique de dévaluation monétaire mise en place au Japon, les plans de relance par l’investissement mis en œuvre par Barack Obama, ou encore les Pays-Bas qui ont récemment repoussé l’objectif des 3% de déficit. « Au sein du PS et du gouvernement aussi, ce débat existe, poursuit-elle. Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Cécile Duflot et même Stéphane Le Foll - à moindre échelle -, plaident pour une relance par la consommation et l’investissement». Jérôme Guedj acquiesce : «le débat est présent dans la sphère publique et reprend des choses que nous disons depuis plusieurs mois. Nous avons vraiment besoin d’un changement de braquet».

« Montrer que le 6 mai n’était pas un malentendu »

cfce_presse_plan_relance_MLG.jpgEmmanuel Maurel veut «assumer une forme de rapport de force» en faveur de «la base sociale pour laquelle on se bat». «Pendant la campagne électorale, François Hollande se voulait pragmatique et disait : "Je ne veux pas trop faire rêver les Français, car je devrai ensuite les décevoir". Aujourd’hui, c’est par réalisme qu’il faut opérer ce tournant, car la politique d’austérité ne produit pas les effets escomptés. C’est une formidable occasion de montrer que l’élection du 6 mai dernier n’était pas un malentendu».

Précis, concret et chiffré, leur plan est ardemment défendu par l’économiste Daniel Vasseur, par ailleurs fonctionnaire de la Cour des comptes et «rétribué par l’Etat pour faire le plus d’économies possible». Pour lui, «le problème créé en partie sa solution : la dette n’a jamais été aussi élevée, et c’est aussi pour cela que les taux d’intérêt n’ont jamais été aussi bas. C’est donc moins un risque qu’une opportunité à saisir. La France est la seule à pouvoir entraîner un changement en Europe : ceux qui peuvent ne veulent pas, et ceux qui veulent ne peuvent pas. La France, puissance économique et politique de premier rang, peut mener le chemin».

« Ouvrir notre gueule »

François Hollande peut-il envisager de changer de «cap» ? «Je pense qu’il peut être un Roosevelt français, lance sans ciller Marie-Noëlle Lienemann, en référence au New Deal américain des années 30. Il est le maître des horloges, du temps. C’est lui qui tranche, mais nous souhaitons l’aider. On est suffisamment loin de la fin du quinquennat pour changer de politique». Emanuel Maurel concède qu’il est «peu probable qu’il annonce qu’il est convaincu par notre plan» mais souhaite «qu’il se fasse le porte-parole de tous ceux qui contestent les politiques d’austérité». «Je pense qu’il faut un sursaut économique et social. On vient de traverser un épisode difficile d’un point de vue démocratique et même moral, et l’heure est au sursaut».

Conscients de l’ampleur de la tâche, ils souhaitent «faire vivre le débat» et «jouer pleinement [leur] rôle d’aile gauche du PS». «Si nous n’obtenons pas satisfaction, cela ne changera en rien notre détermination à rester socialistes, affirme Marie-Noëlle Lienemann. On ne désespère pas de se faire entendre», lâche-t-elle. Emmanuel Maurel conclut : «On entend souvent qu’un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne. Je crois que notre rôle, c’est précisément d’ouvrir notre gueule».

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 17:29

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 12:41

Le Figaro - 22 avril 2013

INTERVIEW – Représentante de l’aile gauche du Parti socialiste, la sénatrice de Paris défend «une autre politique».

Lienemann_Le_Figaro.jpg«Toutes les politiques de réduction drastique de la dépense publique ont mené à la même baisse de la croissance, et même à la récession», affirme Marie-Noëlle Lienemann. Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

LE FIGARO.- Dans un manifeste que vous venez d’envoyer à François Hollande, vous plaidez pour une alternative à la rigueur. Une «autre politique» est-elle possible ?

Marie-Noëlle LIENEMANN. - Oui. Il faut sortir de cet objectif de réduction des déficits à marche forcée. Car si l’on n’arrive pas à doper la croissance, nous ne résoudrons pas la question des déficits. Il faut donc inverser les priorités et lancer une politique de relance de la croissance. Nous sommes de plus en plus nombreux à demander ce changement de cap : des économistes, le FMI, plusieurs ministres – Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Cécile Duflot – mais aussi Stéphane Le Foll qui prône une relance des investissements. Ce mouvement est en train de monter. En France mais aussi en Europe. Le gouvernement néerlandais a décidé de changer de cap et de ne pas faire des 3% l’alpha et l’omega de sa politique. Il a décidé de soutenir la croissance.

Que répondez-vous à Jean-Marc Ayrault qui, au conseil national du PS, a ironisé sur une gauche qui poursuit des idéaux au lieu de se confronter aux réalités ?

Mais nous sommes les réalistes ! Toutes les politiques de réduction drastique de la dépense publique ont mené à la même baisse de la croissance, et même à la récession. Les fameux réalistes devraient faire profil bas. Le réalisme, ce n’est pas d’être aveuglé par des présupposés économiques qui, la plupart du temps, ne sont pas vérifiés. Le réalisme, c’est mettre un coup d’accélérateur de la croissance.

Vous pourfendez le «surmoi libéral» prégnant en France, même à gauche…

Le plus grave dans ce surmoi libéral, c’est l’idée qu’il n’y a pas d’autre politique possible. De notre côté, nous plaidons pour une réactualisation d’une pensée de type keynésien. Trente ans plus tard, les libéraux ont davantage failli que les keynésiens. À cause de ces présupposés libéraux, il y a une incapacité de penser qu’on peut changer de cycle. Comme pendant les années 1930, nous sommes pétrifiés à l’idée de changer de fondamentaux. Or le cycle s’épuise. Nous sommes plongés dans une crise majeure. Nous pensons qu’il est urgentissime de passer à une autre ère. Il faut rompre avec cette pensée unique. Nous exigeons un large débat public dans le pays. J’ajoute qu’en France, nous sommes entravés par une culpabilisation qui a toujours été de mise en temps de crise : dans ces moments-là, on dit que l’Allemagne est vertueuse et que la France est dépensière. D’un côté, la vertu ; de l’autre le laxisme. Cette récurrence n’a jamais rien donné de bon. Cette démoralisation collective pétrifie notre pays et peut l’emmener à des aberrations.

«Il faut un plan de relance de 44 milliards d’euros, dont seulement 28 seraient financés sur les fonds publics»

Marie-Noëlle Lienemann

Vous citez Franklin Roosevelt en exemple. François Hollande devrait-il s’en inspirer ?

Roosevelt n’a pas seulement été l’homme du New Deal, il a cru en la rigueur budgétaire. Un peu comme François Hollande aujourd’hui. Et puis le réel l’a rattrapé. Le président américain s’est dit qu’il fallait avoir le courage d’une voie nouvelle. Pour Hollande, cela devrait même être moins dur que pour Roosevelt. La culture républicaine française donne un rôle prééminent à l’État, et il y a en France un large consensus sur la défense du modèle social. Hollande devrait donc avoir davantage de marges de manœuvre pour remettre en mouvement notre peuple que Roosevelt n’en avait eu à l’époque pour convaincre les Américains.

Comment prendrait corps cette autre politique que vous préconisez ?

Il faut un plan de relance de 44 milliards d’euros, dont seulement 28 seraient financés sur les fonds publics. Ce plan s’appuierait sur l’investissement et la consommation, en donnant la priorité à celle-ci (qui représenterait plus de la moitié des dépenses). C’est la meilleure manière de faire face à l’urgence sociale. Ce plan comprendrait aussi une nouvelle stratégie industrielle impliquant une réorientation de l’épargne des Français vers la réindustrialisation du pays.

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22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 11:59

Liberation.fr - 21/04/2013 - 10h48 - Par AFP

L’aile gauche du PS propose un «plan de relance écologique et social pour la France et pour l’Europe» mobilisant 43 milliards d’euros en deux ans, permettant de créer ou préserver 500.000 emplois et destiné à «s’affranchir d’une certaine orthodoxie libérale et budgétariste».

Lienemann Maurel GuedjCe plan d’une trentaine de pages, dont l’AFP a eu copie et qui sera présenté lundi au Sénat, est signé de la sénatrice (PS) Marie-Noël Lienemann, d’Emmanuel Maurel, premier signataire de la motion de l’aile gauche au congrès de Toulouse, du député Jérôme Guedj, et des économistes Daniel Vasseur et David Cayla, tous membres du courant «Maintenant la gauche».

«Comme dans les années 30 aux Etats-Unis, la politique économique est redevenue restrictive trop tôt et, comme dans les années 30, il faut s’affranchir d’une certaine orthodoxie libérale et budgétariste pour mettre en oeuvre avec détermination un plan de relance, au moment où il est à la fois le plus nécessaire mais aussi le plus efficace, afin de sortir l’économie de cette spirale récessive», écrivent-ils.

Et de proposer «un plan de relance sur deux ans de 43 milliards d’euros», soit «2 points de PIB, dont seulement 28 milliards d’euros financés sur fonds publics, qui constituerait le pendant du pacte pour la compétitivité adopté fin 2012».

Selon leurs calculs, «il permettrait d’augmenter le PIB de 3,3 points et de créer ou préserver environ 500.000 emplois».

Ce plan est fondé sur trois piliers : «la relance de la consommation populaire: des mesures immédiates pour une reprise à court terme», «la relance par des investissements publics et des grands projets mobilisateurs soutenant la réindustrialisation pour un redressement à moyen terme» et «une réforme fiscale fondatrice garante d’une croissance à long terme».

La relance de la consommation passerait notamment par une amélioration «temporaire de l’indemnisation du chômage et du chômage partiel dans les entreprises» et une revalorisation des aides sous condition de ressources» pour les jeunes.

La «réindustrialisation du pays» serait pour sa part fondée sur «l’innovation et la qualité», avec «la construction d’infrastructures de transport (lignes à grande vitesse, canaux, fret ferroviaire, tramways), «la montée en puissance des filières industrielles nécessaires à la transition énergétique, ou encore de la voiture électrique» et le soutien du secteur BTP via «une prime à l’achat de logements neufs» pour les plus modestes.

Les auteurs précisent que «l’apport de l’Etat pourrait donner lieu à l’émission d’un emprunt national«permettant d’«agir à un moment décisif pour notre économie».

Ce plan fait suite à une résolution publique sur ce sujet adoptée lors d’une réunion du courant «Maintenant la gauche» début février.

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