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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 16:02

Le Monde.fr avec AFP | 15.05.2013 à 15h56

manifestation_Espagne.jpgNouvel appel contre l'austérité en Europe. Cette fois, ce sont trois chefs de file de l'aile gauche du PS qui ont lancé, mercredi 15 mai, un appel pour "une autre Europe" impliquant les ailes gauches de partis socialistes et sociaux-démocrates européens, mais aussi des représentants du "mouvement social progressiste".

Rendu public au même moment en Allemagne, en Autriche et en Italie, cet appel vise à mobiliser l'opinion contre la politique d'austérité que "les dirigeants néolibéraux et la Commission européenne veulent renforcer" malgré la récession en recourant à "des instruments contraignants pour l'imposer".

Le texte rejette par avance les décisions attendues au Conseil européen de juin, "qui obligeront tous les Etats membres à s'engager, par une sorte de 'traité de compétitivité', à mettre en œuvre des 'réformes structurelles' que la Commission européenne définira pour eux".

une autre europe est possible"DES EXIGENCES FOLLES"

"C'est un appel qui vient à point nommé puisque c'est à la fois le jour où nous avons la confirmation des mauvais chiffres de la croissance française [et] la journée où François Hollande est appelé à plancher pour la Commission", a observé Emmanuel Maurel, vice-président du conseil régional d'Ile-de-France, lors d'une conférence de presse à l'Assemblée nationale.

Pour cette figure de proue du courant "Maintenant la gauche", le chef de l'Etat doit faire face "à des exigences folles de la part de la Commission, notamment sur ce qu'elle appelle pudiquement des réformes structurelles et qui ne sont rien d'autre que des actes de vandalisme à l'encontre de notre modèle social".

Or, a-t-il pointé, "c'est une formidable opportunité pour François Hollande aujourd'hui de prendre le leadership en Europe de tous ceux qui contestent une politique qui n'est pas couronnée de succès". De fait, la gauche du PS "ne s'interdit pas de rêver et d'espérer que Hollande puisse incarner cette alternative-là", a insisté M. Maurel.

UNE MOBILISATION ATTENDUE

Moins optimiste, la sénatrice de Paris, Marie-Noëlle Lienemann, a avoué attendre davantage une mobilisation de l'opinion "sur le fait que les politiques d'austérité nous emmènent dans le mur, avec la spirale austérité-récession, et que la question sociale ne peut pas être seconde".

Egalement à l'initiative de cet appel, le député de l'Essonne Jérôme Guedj y a vu une "amplification" de la dynamique née du rejet du traité budgétaire européen (TSCG). Selon lui, le desserrement "de l'étau austéritaire imposé par Bruxelles passe par le fait qu'on ouvre des fronts partout où on peut les ouvrir, à l'intérieur des formations politiques et en mobilisant, en montrant que ce n'est pas une réflexion isolée".

Témoin de cette mobilisation, l'appel est cosigné par des parlementaires allemands (SPD, Die Linke), autrichiens (SPÖ), italiens (SEL) ainsi que par des responsables de l'organisation altermondialiste Attac et plusieurs économistes, dont Jacques Rigaudiat, membre du Front de gauche.

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 14:52

Aujourd’hui, 15 mai 2013, a été rendu public en France, en Allemagne, en Autriche et en Italie un appel des différentes ailes  gauches des partis socialistes et  sociaux-démocrates  contre l’austérité,  contre les nouvelles propositions de la commission européenne « instrument de convergence et de compétitivité » et pour une « Autre Europe ».

La gauche du PS français n’est pas isolée en Europe et elle se réjouit qu’un nombre croissant de parlementaires et de responsables socialistes ou sociaux-démocrates dans les pays de l’UE, se mobilisent en commun pour infléchir les choix européens.

Maintenant la Gauche, à l’initiative de cet appel pour la France, se félicite de la réussite de cette démarche unitaire.

C’est pourquoi nous avons tenu une conférence de presse avec notamment des membres d’Attac, des Economistes Atterrés ainsi que du Front de Gauche.

C’est pourquoi nous allons multiplier dans les prochains jours les contacts que nous avons déjà engagé pour élargir le front pour une autre Europe.

C’est pourquoi nous vous invitions à signer et relayer le plus largement possible cette appel sur www.uneautreeurope.eu.

une_autre_europe_est_possible.jpgRetrouvez ci-dessous le texte de cet appel ainsi que la liste européenne de ses premiers signataires.

Une autre Europe est possible !

Pour la démocratie, pour la protection et les droits sociaux en Europe, contre la poursuite de l’austérité.

europa logoL’Europe ne réussit pas à sortir de la crise. Depuis 10 ans, chaque année apporte son lot de nouvelles de plus en plus alarmantes. Le chômage atteint des niveaux records dans l’Union européenne : 26 millions de personnes, soit dix millions de plus qu’avant la crise, y sont sans emploi, et leur nombre augmente de près de 200 000 tous les mois. En Espagne et en Grèce, le taux de chômage des jeunes atteint déjà 60 %. Dans la plupart des pays, les salaires réels baissent depuis des années.

Il en résulte une détresse humaine que les chiffres sont impuissants à exprimer : des centaines de milliers d’Athéniens ne se nourrissent que grâce aux soupes populaires, et en Espagne, l’existence d’un grand nombre de logements vacants n’empêche pas les expulsions massives. En hiver, nombreux sont ceux qui n’ont plus les moyens de se chauffer. C’est une situation que l’Europe considérait depuis longtemps comme révolue !

La crise qui touche l’Europe n’est pas venue par surprise. Elle est le fruit d’une politique néolibérale reposant sur la concurrence entre les pays, la foi dans les marchés et sur une industrie financière en grande partie non réglementée. Placer les marchés au-dessus de tout s’avère être une monumentale erreur. Favoriser les plus aisés par des cadeaux fiscaux, conduit à une impasse. Le bilan est sans appel : des fortunes énormes se sont accumulées tandis qu’explosaient la pauvreté, les emplois précaires, l’exploitation et le chômage.

L’accroissement des inégalités et la politique d’austérité touchent de plein fouet les femmes, qui sont souvent les plus précaires et qui subissent particulièrement la réduction des prestations sociales et le démantèlement des politiques publiques. La mise en cause de l’État social est une régression pour l’égalité des sexes et pour les droits des femmes.

L’Union européenne réagit à la crise financière et économique par une politique de rigueur lourde de conséquences et inacceptable. Les responsables sont connus: la plupart des chefs d’État et de gouvernement, les laboratoires d’idées, certains médias, les organisations patronales, l’industrie financière, la BCE et la Commission européenne. Leurs décisions sont toujours les mêmes : réduction des dépenses publiques, accélération des  privatisations, gel et de baisse des salaires, réduction des droits et protections des salariés comme de la protection sociale. Les conséquences sont dramatiques : les licenciements et les fermetures d’entreprises se sont multipliés et demeurent à l’ordre du jour.

Le climat qui en résulte est dominé par la peur de perdre son emploi, son revenu régulier et, finalement, ses derniers moyens d’existence. On monte les uns contre les autres les salariés, les retraités et les catégories sociales défavorisées, au niveau national et d’un pays à l’autre.

En revanche, leurs « réformes » ne prévoient pas d’imposer la fortune, les hauts revenus et bénéfices d’entreprises. Ainsi s’accroit l’inégalité  de revenus et de patrimoines, l’une des causes principales de la crise. Comment s’étonner qu’elle s’aggrave ?

Pourtant, les dirigeants actuels de l’UE entendent durcir encore cette politique d’austérité et de régressions sociales. Ils veulent l’étendre et l’imposer à tous les États membres. Déjà, un ensemble d’actes juridiques et les traités européens ont contraint les États membres à pratiquer des coupes budgétaires radicales. La Commission européenne peut prononcer des sanctions à l’encontre d’États membres si la politique économique adoptée par les parlements nationaux n’est pas conforme à ses exigences et qu’elle estime que des « déficits budgétaires structurels » vont se produire. Craignant  les voies démocratiques normales, et pour éviter d’éventuels blocages, les nouvelles procédures de décision ne réservent au Parlement Européen qu’un droit de consultation et le privent, dans ce cas, de ses pouvoirs de codécision.

En dépit de l’aggravation de la situation et de la récession qui s’installe en Europe, les dirigeants néolibéraux, Angela Merkel et la commission européenne veulent renforcer cette politique et utiliser des instruments contraignants pour l’imposer. Ainsi, le sommet du Conseil européen de juin 2013 devrait prendre des décisions qui obligeront tous les États membres à s’engager, par une sorte de « traité de compétitivité », à mettre en œuvre des « réformes structurelles » que la Commission européenne définira pour eux. Il s’agit en particulier de baisses des salaires et des retraites, d’une augmentation du temps de travail, de la privatisation de services publics etc… Cette fois, qu’il y ait ou non des déficits budgétaires – les États signataires devront mettre en œuvre ces « réformes structurelles » même si leur budget national est équilibré.

Pour surmonter la résistance de la population, la méthode utilisée est celle de la carotte et du bâton. On prévoit de fournir des aides financières aux États membres qui appliqueront à temps les réformes « structurelles », mais, si les parlements n’obéissent pas aux injonctions de l’« alliance pour la réforme », les pays seront passibles d’avertissements et, en fin de compte, de sanctions financières.

Nous rejetons les projets de ce prétendu « instrument de convergence et de compétitivité » de l’UE et nous voulons que soit enfin mis un terme à la politique d’austérité actuelle. Pour cela, il faut que soit pris un virage à 180° menant à une Europe du plus grand nombre, démocratique, sociale et écologique, ce qui implique :

  • que l’on procède à une redistribution démocratique de la richesse, notamment par une imposition plus forte des bénéfices et de la fortune ;
  • que l’on sorte de la spirale de baisse des salaires, ce qui réduira les considérables déséquilibres entre les pays de l’Union monétaire (certains pays accumulent des excédents énormes de leur balance courante aux dépens d’autres pays, où elle est déficitaire) ;
  • que l’on renforce les droits des salariés, la protection des salariés et les droits des syndicats ;
  • que l’on rétablisse la réglementation des marchés financiers et que l’on réduise leur taille ;
  • que l’on favorise les accords visant à réduire le chômage dans tous les États membres de l’UE ;
  • que soit lancé un programme européen d’investissements en faveur du développement des infrastructures et de la transformation écologique ;
  • que soit mise en place progressivement une Union sociale européenne.

Nous croyons fondamental d’approfondir la construction européenne et cela exige cette réorientation majeure. Elle doit aujourd’hui avoir comme objectifs prioritaires une démocratie effective et un haut niveau de protection social, d’emploi et de bien-être partagé pour tous les Européens.

Premiers signataires de l’appel Une autre Europe est possible !
(des ajouts viendront ultérieurement)

Français

  • Marie-Noëlle Lienemann, Sénatrice, Membre du Bureau National du Parti Socialiste (PS) et ancienne Vice-Présidente du Parlement Européen
  • Anne Ferreira, Vice-Présidente de la région Picardie, ancienne Député Européenne et membre du Bureau National du PS
  • Emmanuel Maurel, Vice-Président de la région Ile de France, Membre du Bureau National du PS
  • Jérôme Guedj, Député et Président du Conseil General de l’Essonne, Membre du Bureau National du PS
  • Suzanne Tallard, Députée du PS
  • Paul Quilès, Ancien Ministre, Maire et membre du Conseil National du PS
  • Marianne Louis, Conseillère régionale Ile de France et Membre du Bureau National du PS
  • Thomas Coutrot, Porte-Parole de ATTAC France
  • Jacques Rigaudiat, Economiste et Membre du Front de Gauche
  • Daniel Vasseur, économiste
  • Claude Debons, ancien responsable syndical et Membre du Front de Gauche
  • David Cayla, économiste et maître de conférence
  • Benjamin Coriat, économiste et Membre des Economistes Atterrés
  • Mireille Bruyère, maître de conférence et Membre des Economistes Atterrés
  • Mathieu Pouydesso, co-initiateur de l’appel

Allemands

  • Hilde Mattheis, Députée au Bundestag, Présidente de Forum Demokratische Linke (Forum de la Gauche Démocratique, l’aile gauche du SPD) et Membre de la Direction Nationale du SPD
  • Michael Groß, Député SPD au Bundestag
  • Matthias Miersch, Député SPD au Bundestag, Vice-Président de Forum Demokratische Linke
  • Mechtild Rawert, Députée SPD au Bundestag
  • Werner Schieder, Député SPD au Bundestag
  • Ralf Stegner, Président du SPD Schleswig-Holstein, membre de la direction nationale du SPD,
  • Sascha Vogt, Président des Jusos (jeunes socialistes allemands)
  • Jan Stöß, Président du SPD Berlin
  • Andrea Ypsilanti, Députée SPD régionale de Hesse, Porte-parole de l’Institut de la Modernité sociale
  • Andrej Hunko, Député de die Linke au Bundestag
  • Alexander Ulrich, Député et Secrétaire Général du groupe parlementaire die Linke au Bundestag,
  • Knut Lambertin, membre de la direction nationale de la DGB, la Centrale Syndicale Allemande
  • Gustav Horn, Directeur des Recherches Marco-Economiques de la Fondation Hans Böller (proche des syndicats)
  • Direction d’ATTAC Allemagne

Italiens

  • Gennaro Migliore, Président du groupe Sinistra Ecologia Libertà (SEL) à la chambre des députés
  • Francesco Martone, Secrétaire national à l’Europe et à l’International de SEL
  • Arturo Scotto, Député de la Campanie, Naples, membre de la commission affaires étrangères
  • Claudio Fava, député, commission affaires étrangères, ex député européen du PSE
  • Stefano Quaranta, député
  • Michele Piras, député
  • Ileana Piazzoni, députée
  • Fabio Lavagno, député
  • Lara Riccianti, députée
  • Marisa Nicchi, députée
  • Gianni Melilla, député
  • Giancarlo Giordano, députée
  • Giuseppe De Cristofaro, sénateur

Autrichiens

  • Sonja Ablinger, Député du SPÖ
  • Silvia Angelo, Economiste
  • Johannes Labner, Président du principal syndicat catholique
  • Bruno Rossmann, Député de die Grünnen
  • Rene Schindler, Secrétaire General du principal syndicat de l’Industrie PRO-GE
  • Alexandra Strickner, Economiste, Porte-Parole de Attac Autriche
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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 13:31

Pour une Autre Europe. Nous empêcherons la "Troïka pour tous" !

europa_logo.pngLe Countdown est lancé. La commission européenne prépare une résolution pour le Conseil de l'Europe de fin Juin 2013 à propos d'un "Pacte de Compétitivité et de Convergence". Avec ce pacte, la politique de crise de l'Union Européenne responsable du chômage de masse en Grêce, en Espagne, au Portugal, est censée être étendu à toute l'Europe ! Ce qui est présenté comme un "Pacte de Compétitivité" n'est rien d'autre que le dumping salarial, la destruction des acquis sociaux, et l'extension des privatisations.

La Troïka Pour Tous. Tous les Etats-membres devront s'engager à mettre en place dans le Futur les "réformes structurelles" conçues par la Commission. Des incitations financiéres seront en premier lieu envisagées, mais si un Ètat refuse de coopérer il fera l'objet de sanctions et pénalités. La politique désastreuse de coupes budgétaires, comme celle qui a été ordonnée à la Grêce, l'Espagne, le Portugal, démontre bien ce qui est à comprendre avec l'expression "réformes structurelles" : réductions des prestations sociales, augmentation en particulier de l'âge de départ à la retraite, destruction des accords collectifs de branches, privatisation de l'eau, de l'éducation, de l'énergie.

Une Europe différente est possible. Nous refusons résolument ce projet de la commission européenne. Nous demandons aux gouvernements avec participation de la gauche ainsi qu'à Francois Hollande, aux élus de gauche au sein des Parlements nationaux et Européen à créer rapidement des alliances contre cette politique néo-libérale de refuser leur accord au Conseil de l'Europe. Nous avons besoin d'un tournant pour une Europe démocratique, sociale et écologique, pour le plus Grand nombre !

Lire et signer la pétition

Qui sommes-nous ?

Nous, A l'initiative de cette plate-forme, partageons la même vision de l'Europe. Dans cette autre Europe, personne n'est menacé de pauvreté et d'exclusion, la justice sociale une réalité vécue, les ressources naturelles sont utilisées de telles manières que les générations futures auront aussi la possibilité d'une vie prospère. Dans cette Europe, les intérêts vitaux des peuples, ici et dans le monde, sont au cœur des politiques. Dans notre Europe, il y a une vraie démocratie, des droits sociaux complets, et l'égalité entre les genres et les sexes.

Nous nous engageons pour cette Europe. Et parce que nous voulons cette Europe, nous nous battons ensemble contre la poursuite et l'extension de la politique de gestion de la crise actuelle.

Une politique de gestion de la crise qui a jeté des millions de gens dans de nombreux pays dans le chômage, la pauvreté, le désespoir – surtout les jeunes. Un Politique de crise qui qui a semé le terreau sur lequel croissent les nationalismes populistes et les extrémismes. Une Politique de Crise qui ne sert seulement les intérêts de quelques groupes industriels et les plus fortunés d'Europe. Il est temps de se relever.

Il est temps, ensemble pour l'Europe que NOUS voulons, de se battre. Il est temps de dire NON. Non à cette politique de gestion de crise qui ne fait que la renforcer.

Non à ce Pacte de Compétitivité.

Les Initiateurs :

Sonja Ablinger
Barbara Blaha
Ludwig Dvorák
Elisabeth Klatzer
Markus Koza
Hilde Mattheis
Marie-Noelle Lienemann
Andreas Novy
Lukas Oberndorfer
Mathieu Pouydesseau
Georg Prack
Bruno Rossmann
René Schindler
Alexandra Strickner
Christoph Sykora
Monika Vana

Mentions légales:
Initiative "Europa geht anders"
c/o Margaretenstraße 166/3/25
A-1050 Vienne, Autriche
e-mail: office@europa-geht-anders.eu

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 07:14
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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 08:17
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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 14:09

hd360.jpgL’Humanité Dimanche publie cette semaine une rencontre entre Pierre Laurent, secrétaire National du PCF et Emmanuel Maurel de l’aile gauche du PS. Avant la marche du 5 mai, ils confrontent leurs propositions et idées pour une nouvelle politique à gauche. Extraits.

HD. Comment expliquer les renoncements du gouvernement et l’en empêcher ?

Emmanuel Maurel: C’est une sorte de social-défaitisme. Certains de mes amis socialistes qui sont au pouvoir anticipent un rapport de forces défavorable, contre le patronat ou la droite allemande et sont à la recherche d’un compromis a priori.

Or, c’est parce qu’on est en période de crise, et précisément parce que le rapport de forces est défavorable, qu’il faut mener le combat au bout. Nous aurons le soutien de tous ceux qui n’en peuvent plus, qui ne supportent plus ces politiques et le monde dans lequel on vit.

Maurel_REgion.jpgJe repensais, en écoutant Pierre Laurent, au slogan du Front de gauche pendant la campagne présidentielle : « l’Humain d’abord ». Mais pourquoi nous sommes-nous engagés à gauche, socialistes comme communistes ? C’est parce que nous refusons que l’argent soit la mesure de toute chose. Parce que les inégalités sociales nous révoltent et que nous avons la volonté de faire émerger un monde où l’égalité serait réalisée. Je ne dis pas qu’il n’y a pas des phases de découragement mais l’objectif politique reste là.

Maurel_Laurent_1.jpgPierre Laurent : Le social-défaitisme dont parle Emmanuel Maurel, chacun peut le constater en France et en Europe. Cette logique qui anticipe un rapport de forces défavorable ne conduit en aucune façon à l’amélioration de la situation. On constate partout qu’il se passe l’exact inverse.

En France beaucoup de gens, qui jugeaient nécessaires des paroles dites « raisonnables » au début, constatent que ce manque de combativité risque au contraire de nous conduire dans une situation dégradée. Je ne cherche pas à régler des comptes. Je ne dis pas à ceux qui n’ont pas voté comme moi l’an dernier ou ceux qui n’ont pas pensé comme moi depuis un an, « vous avez eu tort et moi raison ».

Laurent_Region.jpgJ’appelle chacun à réfléchir à la situation. Elle montre une chose : si nous continuons sur ce cap-là, nous n’allons pas nous sortir de la situation, nous allons mettre le pays et la gauche en difficulté. Ce qui me frappe, c’est qu’un nombre de plus en plus important de voix à gauche sont en train de faire le même constat. J’ai envie de me tourner vers l’avenir et leur dire que, si nous parvenons à un diagnostic qui converge sur la nécessité d’un changement de cap, alors, construisons-le ensemble. C’est le sens des assises du 16 juin. Cette démarche de confrontation positive est indispensable si nous voulons réenclencher une dynamique pour enrayer le mouvement actuel qui entraîne la résignation et conduit au retour de la droite.

Retrouvez l'intégralité de l'entretien, réalisé par Cédric Clérin et Stéphane Sahuc, dans L'Humanité Dimanche de cette semaine.

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 09:17

pselogo2Dans le cadre de la convention Europe du Parti socialiste, les militants de Maintenant La Gauche ont souhaité proposer aux militants socialistes de s’engager pour défendre une réorientation profonde de la construction européenne. Le Bureau national du PS a refusé ces propositions soient soumises au débat.

Nous avons donc décidé, à défaut, de proposer 4 amendements préparés en commun avec d’autres responsables socialistes proches de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli.

Les amendements seront, pour Maintenant La Gauche, signés par Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, Jérôme Guedj, Julien Dray, Marianne Louis, Anne Feirrera, Jonathan Munoz et Jean-François Thomas.

drapeaux-europe-280x1401.       Le budget européen

Le compromis proposé par le Conseil européen est largement insuffisant pour faire face à la crise. Nous demandons aux parlementaires européens d’obtenir par leur vote la renégociation de ce compromis et d’exiger du Conseil un budget ambitieux. A termes, la construction d’une Europe de la croissance et de l’emploi implique la mise en place d’un vrai budget d’intégration solidaire, représentant au minimum 5% du PIB européen.

2.       Le Pacte de stabilité

Emmanuel-Maurel-Jerome-Guedj-et-Marie-Noelle-Lienemann-lorsLa priorité à la question sociale va de pair avec l’impératif de relance de l’économie.   Le pacte de stabilité ne s’applique déjà plus sous la pression des faits – la récession – et de la réorientation de la politique européenne défendue par François Hollande. Il doit être maintenant révisé. Les dépenses d’investissements doivent être exclues du calcul des déficits, son fonctionnement doit rejeter la logique de sanction et introduire celle de coopération. Le dogme du 3%, chiffre sans aucune valeur économique, doit être reconsidéré. Le calendrier de réduction des déficits, pour être réaliste, doit tenir compte du cycle économique et de la nécessité de lutter contre le chômage.

3.       L’accord de libre-échange transatlantique

fond foule MLG v2Il faut suspendre les négociations pour un accord de libre-échange avec les Etats-Unis. La mise en œuvre de cet accord va à l’encontre du projet d’une Europe forte et indépendante dans un monde multipolaire. Ce serait en outre, diluer davantage les solidarités européennes dans un grand marché transatlantique. D’autres voies de coopération avec les Etats-Unis peuvent être promues mais l’accroissement du tout-concurrence n’est pas acceptable.

4.       La politique de l’Euro

Par la force des choses, le rôle de la BCE est devenu central pendant la crise. Pour autant, une réforme de la politique monétaire européenne et des statuts de la BCE est indispensable afin de faire de la croissance et de l’emploi des objectifs prioritaires. En outre, la BCE doit pouvoir prêter directement aux Etats-membres sans contreparties. Enfin, une politique de change doit être impulsée avec pour objectif de mettre fin à la politique de l’euro fort.

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 08:13

drapeaux-europe-280x140UnionEuropeenneDans le cadre de la convention Europe du Parti socialiste, nous avions souhaité proposer aux militants socialistes de s’engager pour défendre une réorientation profonde de la construction européenne. Le Bureau national du PS a décidé que ces propositions ne seraient pas soumises au débat. Nous avons donc décidé à défaut de proposer 4 amendements préparés en commun avec d’autres responsables socialistes.

>>>Télécharger le texte Europe le Sursaut c’est urgent

Parce que nous aimons l’Europe, parce que nous l’avons rêvée, voulue et construite nous n’acceptons pas son orientation actuelle. Comme nous, nos concitoyens sont inquiets. Le chômage et la précarité explosent et le pouvoir d’achat baisse. Les politiques d’austérité, que des institutions non démocratiques imposent aux Etats, créent un climat de défiance à l’endroit de l’Europe.

L’Europe s’est construite sur un rêve de prospérité partagée. Elle est aujourd’hui l’otage de politiques néo-libérales et de dérives technocratiques qui l’ont affaibli. On en connaît les conséquences : accroissement des inégalités, remise en cause en cause du modèle social acquis de haute lutte par les mouvements ouvrier et progressistes, démantèlement des capacités d’intervention de la puissance publique, réduction du périmètre des services publics.

Les peuples eux aussi sont mis en concurrence. Ils subissent l’austérité, inacceptable et dangereuse. Aucune solidarité effective, aucun projet commun ne donne sens à ce qui doit être la grande ambition progressiste du 21ème siècle. L’intégration politique fait du surplace.

Les principes démocratiques de base sur lesquels l’Europe s’est fondée sont également remis en cause : la troïka, qui impose ses choix à une grande partie de l’Europe, sans aucune légitimité, sans rendre de comptes à quiconque, en est l’illustration la plus criante.

La faiblesse persistante de la croissance, la désindustrialisation globale, la domination de la finance sur l’économie réelle ne tombent pas du ciel. Elles sont la conséquence de choix économiques et politiques impulsés par les conservateurs et les libéraux. Ils ont accéléré l’accumulation de la dette publique. Les sociaux-démocrates ont eux-mêmes parfois accompagné cette spirale.

On nous avait promis l’Europe prospère, elle est austère. On attendait l’Europe démocratique, elle continue à être oligarchique. Quant à l’Europe sociale, elle est sortie des priorités.

Une alternative est possible. Pour réussir, le combat européen que nous menons doit être assumé politiquement par notre Président, par notre Parti. François Hollande a raison lorsqu’il se dit prêt à une “tension amicale” avec la droite allemande. La confrontation avec les droites européennes est nécessaire. C’est aujourd’hui qu’il faut construire un rapport de force avec les conservateurs, à commencer par leurs chefs de file Madame Merkel et Monsieur Cameron.

Les critiques convergent contre les politiques d’austérité. Les peuples en premier lieu, mais aussi désormais, le FMI, l’OCDE,  le BIT, des économistes de toutes origines et plus récemment le commissaire général à l’investissement, ont tous pointé la nécessité d’une relance coordonnée en Europe. Ailleurs, certains pays ont osé franchir le pas comme les Etats-Unis ou le Japon qui font le choix de la relance. Plus récemment encore c’est le Gouvernement de coalition des Pays-Bas qui a mis un coup d’arrêt à l’austérité sous l’utile pression des partenaires sociaux.

Si la gauche ne propose pas au plus vite une réorientation profonde et radicale de la construction européenne, c’est l’Union qui sera bientôt en danger. Le sursaut en Europe, c’est urgent.

1. La question sociale avant tout : vers un Traité Social Européen.

L’emploi et le pouvoir d’achat sont la préoccupation première de nos concitoyens. Malheureusement, la question sociale est restée à la remorque de la construction européenne. La lutte contre le chômage et les inégalités doit être la priorité de la prochaine étape de la construction européenne. Le “traité social européen”, notamment porté par la confédération européenne des syndicats (CES) doit donner pour buts aux politiques communautaires l’amélioration des conditions de vie et de travail, la qualité des emplois, la lutte contre les discriminations à l’embauche et dans les rémunérations, le dialogue social, le développement durable. Il doit garantir à tous les salariés dans l’Union européenne les droits fondamentaux que sont les droits du travail et le niveau de protection sociale, et instaurer le principe de la clause la plus favorable.

Mais surtout, et là est l’urgence, il doit fixer un cadre de convergences progressives vers le haut des standards sociaux les plus importants comme la durée légale du travail, le salaire minimum. La création d’un SMIC dans chaque pays est importante mais ne saurait suffire pour combattre le dumping social. L’écart entre les SMIC doit être réduit pour se rapprocher du taux le plus élevé.

Dans le cadre des traités existants, il faut interdire les pratiques de rémunération selon le «principe du pays d’origine» que la défunte directive Bolkestein voulait consacrer. Il faut  exiger l’application de la directive «travailleurs détachés» et fixer un principe clair : l’obligation de respecter les lois et conventions collectives du pays où s’effectue le travail.

2. Suspendre le pacte de stabilité : la croissance et l’emploi d’abord.

La priorité à la question sociale va de pair avec l’impératif de relance de l’économie. Malheureusement, le pacte de stabilité et le TSCG sont deux verrous qui interdisent désormais aux gouvernements de disposer des moyens d’action nécessaires pour faire face à la crise. Le pacte de stabilité doit être immédiatement suspendu. Le rythme de réduction des déficits imposé par la Commission européenne finira par provoquer des coupes sombres dans des dépenses publiques et sociales essentielles. L’austérité a démontré son inefficacité: elle contribue à augmenter la dette, pas à la réduire. Les peuples, les Etats et l’Union ne survivraient pas à la poursuite de cette politique suicidaire.

Le pacte de stabilité doit ensuite être réformé. Les dépenses d’investissements doivent être  exclues du calcul des déficits, son fonctionnement doit rejeter la logique de sanction et introduire celle de  coopération. Le dogme du 3%, chiffre sans aucune valeur économique, doit être aboli.  Le calendrier de réduction des déficits doit être réaliste et tenir compte du cycle économique et de la nécessité de lutter contre le chômage.

3. Liquider la dette indigne : la BCE doit prêter directement aux Etats.

Dans tous les pays européens, la montée de la dette publique est en premier lieu liée au déploiement des politiques de l’offre, centrées sur la baisse conjointe des dépenses publiques et des impôts. Les mesures fiscales favorables aux plus aisés ont essentiellement favorisé l’épargne des riches et n’ont pas provoqué l’effet annoncé sur la croissance. Il en a résulté une baisse des recettes fiscales et une montée des déficits. La crise a en second lieu fait exploser la dette à partir de 2008. Renonçant à prêter directement aux Etats, les banques centrales ont prêté aux banques qui elles même ont prêté aux pays avec des taux d’intérêt exorbitants, s’enrichissant au passage sur le dos des contribuables et des citoyens. Ces taux d’intérêt particulièrement élevés ont été des éléments déterminants de l’explosion de l’endettement. Une large part des dettes souveraines peuvent être ainsi considérées comme «illégitimes ».

Le ralentissement de l’activité a encore amenuisé les recettes fiscales tandis que la socialisation des pertes des banques, responsable de la crise financière, a mis à contribution les finances publiques et les contribuables. Les rentiers, détenteurs de la dette publique et privée, ont doublement profité de cette situation. Ils ont tout d’abord  bénéficié des baisses d’impôts qui ont creusé les déficits. Ils ont ensuite touché les intérêts de la dette qu’ils détiennent… et qui a financé les cadeaux fiscaux dont ils ont profité pour spéculer. Nos concitoyens ont bien de quoi s’indigner ! Une grande partie de la dette est une dette indigne, causée par des politiques qui sont à l’origine de la crise et qui continuent à être vantées par des promoteurs n’ayant de cesse de mettre cette crise sur le dos d’un modèle social européen trop coûteux !

C’est cette dette indigne, à laquelle il faut s’attaquer.

Au-delà, Il faut distinguer la bonne dette, celle qui finance le modèle de développement durable, de cette mauvaise dette. Cela justifie que, dans de nombreux pays, il faille restructurer la dette pour libérer des ressources nécessaires au financement de l’économie réelle. Et en tout cas, le temps est venu d’imposer aux banques centrales et à la BCE de prêter à nouveau directement aux Etats.

Le sort réservé aux peuples grecs, irlandais, portugais et espagnols est inacceptable. Les « plans de sauvetage » de ces pays ne sont que des plans de sauvetage des grandes banques européennes détentrices des titres de leurs dettes publiques. Ce sont les peuples qui paient la facture avec les véritables plans de destruction sociale que leur impose la Troïka (Banque centrale européenne, Union européenne et FMI) : le chômage frappe 27% de la population en Grèce et en Espagne, 17 % au Portugal, le niveau de vie moyen de la population a baissé de 35% depuis 2009 en Grèce.

4. Un véritable plan de relance européen.

Les « réformes structurelles » prônées par les conservateurs et les libéraux sont impuissantes face à la récession. Elles ont même entretenu une logique de déflation salariale qui a tué la demande intérieure européenne. Un New deal européen est désormais à l’ordre du jour. Il doit s’articuler de politiques de soutien à la reprise adaptées à chaque Etat et d’un plan de relance à l’échelle européenne. Le retour de l’intervention de la puissance publique à tous les niveaux est d’autant plus nécessaire pour financer et planifier la transition écologique.

Il faut permettre à tous les pays de la zone euro de s’orienter vers la relance en faisant sauter les verrous budgétaires qui enferment leurs moyens d’action. En étant coordonnées, les mesures de soutien dans chaque Etat seraient nettement plus efficaces.

La relance doit également opérer à l’échelle Européenne, pour financer la convergence vers le haut de tous les pays et relancer la croissance dans toute l’union. Le pacte de croissance doit se concrétiser. Pour cela, des euro-obligations pour financer les investissements d’avenir doivent être mise en œuvre. Le capital de la Banque Européenne d’Investissement doit être augmenté, pour lui permettre de développer ses activités de financement de la croissance. Alors que l’épargne est abondante dans certains pays, l’UE doit pouvoir recourir à l’emprunt pour financer ses grands investissements, en particulier pour la transition énergétique, et lutter contre les inégalités territoriales et sociales. L’emprunt, comme instrument majeur du développement et de la croissance en Europe, s’impose comme la contrepartie logique à la mise en œuvre de l’harmonisation fiscale et sociale.

5. Refuser la baisse du budget européen.

En cohérence avec la volonté affirmée du Président de la République d’une relance macro-économique européenne au service de la croissance et de l’emploi, nous appelons les socialistes européens et notamment nos eurodéputés à refuser par leur vote le budget en baisse pour la première fois, imposé par les gouvernements conservateurs. Ce veto rouvrira la discussion sur la base du budget 2013, moins restrictif que celui actuellement proposé par le Conseil et imposera l’ouverture, dès 2014, année du renouvellement du Parlement européen, du débat sur la levée de ressources propres nouvelles et pérennes, financées par des impôts européens, voire, ultérieurement par des emprunts fédéraux.

Le budget européen représente seulement 1% du PIB de l’UE. A termes, la construction d’une Europe de la croissance et de l’emploi implique la mise en place d’un vrai budget d’intégration solidaire, représentant au minimum 5% du PIB européen.

La taxe sur les transactions financières doit être le premier de ces impôts européens. Celle-ci doit être élargie à tous les pays. D’autres ressources propres doivent être créées. Ces dernières pourraient provenir de la lutte contre la fraude fiscale, de la taxation des kilomètres parcourus par les poids lourds, ou encore de la taxation carbone aux frontières de l’UE.

6. Fiscalité : Une seule solution, l’harmonisation.

Les Socialistes doivent initier un projet européen fiscal, fondé sur la détermination de règles d’harmonisation et sur le transfert d’impôts nationaux vers des impôts européens, au service d’un budget européen.

Pour stopper la concurrence fiscale, il faut harmoniser les fiscalités européennes. Comme nous l’avons fait pour les monnaies, il faut mettre en œuvre un serpent fiscal européen qui rapproche progressivement les niveaux d’imposition. Il serait fondé sur :

  • un taux plafond de TVA (impôt consommation) pour éviter une dérive à la hausse de cet impôt injuste ;
  • une harmonisation de l’assiette consolidée de l’impôt sur les sociétés et la définition d’un taux minimal d’imposition des sociétés, pour stopper la course à la baisse et au dumping ;
  • l’affectation d’une partie du produit de cet impôt au budget européen ;
  • une obligation de déclarer revenus et bénéfices réalisés dans les paradis fiscaux pour toutes les entreprises et une harmonisation des règles et procédures dans la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale ;
  • Un FACTA  européen ;
  • une harmonisation des bases d’imposition, pour définir des règles communes et permettre la  revalorisation du budget européen par la création d’un ou plusieurs impôt(s) européen(s) renforçant l’intégration européenne et ses marges de manœuvre.

7. Mettre la BCE au service de l’économie réelle.

Par la force des choses, la BCE est intervenue au cours de la crise, dans les limites autorisées par ses statuts, pour éviter une panne générale de liquidité et enrayer la spéculation sur les dettes souveraines. Pour autant, une réforme de la politique monétaire européenne et des statuts de la BCE doivent doit faire de la croissance et de l’emploi les objectifs prioritaires de la BCE, dans le respect de la recherche d’une inflation contrôlée. L’indépendance absolue de la BCE est sans aucun équivalent dans le monde. Les socialistes doivent promouvoir l’idée d’une BCE responsable devant des institutions communautaires démocratiques.

La BCE doit pouvoir acheter directement lors de leur émission les titres des dettes publiques des Etats-membres de l’Union européenne, sans que ces Etats aient à subir les «conditionnalités» prévues par le Mécanisme européen de stabilité, c’est-à-dire les plans de destruction sociale qui frappent la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et demain Chypre. C’est ce que font d’ailleurs toutes les banques centrales dans le monde, la Réserve fédérale des Etats-Unis, la Banque du Japon comme la Banque d’Angleterre.

8. Mettre fin à l’euro surévalué.

L’action de la BCE peut aussi influencer le taux de change de l’euro face au dollar. Pour autant, la politique de change ne relève pas du champ de compétence de la BCE. C’est aux Etats, au sein du Conseil, que revient la mission de fixer le taux de change de l’euro. Le débat sur la politique de change de l’Union est malheureusement resté interdit. Or la surévaluation de l’euro nuit à l’économie et à l’emploi dans la plupart des pays de la zone euro. L’euro ne saurait être une monnaie au service des seuls pays qui réalisent des excédents commerciaux et qui entendent préserver le patrimoine de leurs épargnants grâce à une monnaie trop forte.

La France doit en premier lieu proposer une politique de change à ses partenaires, pour rééquilibrer la  parité avec le dollar mais aussi le yen et le yuan au service de nos exportations. Elle doit non seulement demander que ce point soit mis à l’ordre du jour d’un sommet européen exceptionnel et d’ici fin 2013 mais également présenter un mémorandum visant à stopper la politique de de l’Euro fort, de l’Euro surévalué.

A ceux qui défendent la déflation salariale, une baisse de 10% de la valeur de l’Euro serait plus efficace qu’une baisse équivalente des salaires.

8. Encadrer le libre-échange, refuser le traité transatlantique.

La politique de change est un instrument de politique commerciale, au même titre que Les barrières au libre-échange incontrôlé.

Le libre-échange sans précaution  a accru le phénomène des délocalisations. Il entretient une pression à la baisse sur les salaires et mis en cause la protection sociale des pays où le modèle social est le plus avancé. Nous devons tirer les conséquences de cette concurrence déloyale. Il faut réaffirmer la nécessité d’un tarif extérieur commun aux frontières de l’Europe en définissant les critères sociaux et environnementaux nécessaires pour préserver notre modèle social, la qualité de la vie et des emplois rémunérés à leur juste valeur.

Il est temps de proposer un accord européen sur la régulation des échanges de l’UE avec ses partenaires qui permettent l’instauration d’écluses sociales et fiscales.

Il est nécessaire d’avancer vers la taxation du bilan carbone, favorisant de fait les productions les plus écologiques et les plus proches. La création d’une Organisation européenne du commerce, soumettant au Parlement européen des propositions de mise en place de principes de protection (normes, taxes, quotas…) secteur par secteur, permettrait d’harmoniser les normes environnementales.

Il faut enfin suspendre les négociations pour un accord transatlantique. L’industrie européenne n’a rien à y gagner et beaucoup à y perdre. Les Etats-Unis viennent d’injecter des fonds publics considérables pour soutenir certains de leurs secteurs industriels qui, une fois modernisés, seront prêts à conquérir le marché européen. Pendant ce temps-là, L’Europe interdit les aides directes aux entreprises.

La mise en œuvre de l’accord transatlantique va à l’encontre du projet d’une Europe forte et indépendante dans un monde multipolaire. Elle ne saurait tomber dans le piège d’une alliance dite occidentale en face des pays émergents.

D’autres voies de coopération avec les Etats–Unis peuvent être promues mais l’accroissement du tout-concurrence n’est pas acceptable. Entrer dans la négociation nous amènerait à terme à renoncer à une destinée commune aux Européens. Instruits par l’expérience, nous savons que poser les conditions ne permet pas d’aboutir à un accord équitable.

Le droit du travail doit être considéré comme un élément constitutif du droit de la concurrence. La construction d’une véritable organisation européenne, sur le modèle de l’OIT, est indispensable.

9. Renouer avec l’ambition industrielle pour un développement durable.

L’Union doit investir puissamment dans les secteurs d’avenir, en particulier dans les activités à haute valeur ajoutée de la nouvelle économie de la connaissance, développer des infrastructures transeuropéennes d’énergie propre, de transport et de communication. Elle doit favoriser le déploiement d’une politique industrielle, entravée par la logique d’une «concurrence libre et non faussée» dogmatiquement imposée.

Cet Etat stratège européen doit permettre la transmission dans les territoires, notamment à travers la politique régionale, des orientations décidées en commun, avec pour règle de n’abandonner aucun territoire, aucune région.

Par ailleurs, une véritable politique industrielle doit également assurer une bonne gestion des secteurs plus traditionnels afin d’anticiper les restructurations et mettre en place à temps des programmes de reconversion des bassins industriels, en associant les partenaires sociaux et tous les acteurs concernés.

Il est donc indispensable de repenser complètement la politique industrielle. Tout d’abord en révisant complètement le régime des aides d’Etat et des règles de concurrence, pour permettre l’émergence de grands groupe européens capables d’affronter leurs homologues dans la concurrence mondiale et maintenir des emplois dans l’UE, d’autre part au sein des Etats membres en particulier pour les PMI afin d’assurer l’émergence de secteurs innovants, où l’investissement long terme est indispensable. Cela doit aussi être permis pour assurer la mutation industrielle dans des domaines où  se manifeste un déséquilibre des échanges et une sur-importation.

10. En Europe aussi, « notre adversaire, c’est la finance » !

Une directive bancaire est actuellement à l’étude. Il est indispensable qu’elle ne soit pas en retrait par rapport au rapport Liikanen.

Les socialistes doivent œuvrer en ce sens et exiger un dépôt rapide par la commission de ces textes.

Seules pourront bénéficier de la garantie publique, les activités bancaires directement utiles à l’économie. En France, par exemple, ces activités représentent 22% des activités des «banques universelles» dont le désastre chypriote vient de démontrer une nouvelle fois l’extrême dangerosité : 12% pour le financement des ménages et 10% pour le financement des entreprises.

On ne saurait par ailleurs accepter que soit différée la mise en œuvre de l’Union bancaire. La plus grande vigilance s’impose pour l’ensemble des marchés financiers en particulier ceux du «secteur bancaire parallèle» comme les fonds monétaires, les assureurs ou les fonds alternatifs qui prospèrent sans être réellement régulés et taxés. Ils constituent un risque de déflagration qui menacera nos économies avec autant de force, si ce n’est plus encore, que la crise bancaire récente.

11. Une Union démocratique, par et pour les citoyens.

Aujourd’hui, la crise en Europe s’est muée en crise de l’Europe. Il faut d’urgence organiser le saut démocratique qui restaure une capacité réelle des peuples à peser sur les décisions.  Il est donc essentiel de renforcer les pouvoirs du Parlement européen et de mieux associer les parlements nationaux. Afin d’assurer l’effectivité de la légitimité démocratique du Parlement européen, ce dernier doit nommer la Commission selon les résultats issus des urnes des élections européennes. De même, il faut en finir avec la désastreuse co-gestion parlementaire qui brouille le clivage droite-gauche et faire en sorte que la Gauche sociale-démocrate européenne présente son propre candidat à la Présidence de la Commission.

Le parlement européen doit être représentatif de la réalité démographique des différents pays. On ne peut continuer.

Le rôle de co-législateur du Parlement européen doit être étendu à tous les domaines, la règle de l’unanimité au Conseil des ministres abolie. Les Parlements nationaux doivent être pleinement associés aux décisions budgétaires majeures, telles que les programmes de stabilité et les programmes de réforme.

Les changements de traités doivent faire l’objet d’une Convention, dans laquelle les citoyens sont représentés par leurs élus directs au Parlement Européen. Les peuples doivent pourvoir les ratifier par référendum.

Aujourd’hui, la crise en Europe s’est muée en crise de l’Europe. Il faut d’urgence organiser le saut démocratique vers une Europe fédérale et progressiste. Il est donc essentiel de renforcer les pouvoirs du Parlement européen. Afin d’assurer l’effectivité de la légitimité démocratique du Parlement, ce dernier doit nommer la Commission selon les résultats issus des urnes des élections européennes. De même, il faut en finir avec la désastreuse cogestion parlementaire qui brouille le clivage droite-gauche et faire en sorte que la Gauche sociale-démocrate européenne présente son propre candidat à la Présidence de la Commission.

L’Europe ne peut fonctionner comme un espace diplomatique, dans lequel les intérêts des Etats prévalent sur celui du peuple. La représentation populaire, tant au niveau national qu’au niveau européen, doit être renforcée.

12. Des paroles aux actes.

Longtemps, on a déploré que l’Union se fasse «en dépit des peuples» ou «à côté des peuples». Aujourd’hui, c’est pire : elle se construit contre eux.

Pour les docteurs de la loi libérale, ce sont aux citoyens européens de payer la crise. Grèce, Portugal, Espagne : tous les pays sommés d’appliquer les «recettes» de la Troïka voient leur taux de chômage exploser. La logique folle des partisans de l’austérité se résume en une formule paradoxale : l’Europe redeviendra riche une fois que tous les Européens seront devenus pauvres.

Socialistes, nous n’avons pas renoncé à «notre Europe». Celle qui privilégie la coopération à la compétition. Celle de la construction de «solidarités de fait». Celle qui investit et prépare l’avenir.

Oui, nous l’assumons : nous portons, avec nos partis frères, un projet alternatif à celui de la droite européenne que nous pouvons faire partager au-delà de nos frontières aux forces progressistes, de gauche et écologistes.

Oui, nous le savons, l’histoire de l’Europe est faite de compromis et de concessions réciproques. Mais on ne passe pas des compromis sans construire un rapport de forces. Accepter une politique néfaste «pour éviter d’ajouter la crise à la crise» non seulement n’évite pas la crise mais l’aggrave. C’est çà cela que nous devons nous atteler aujourd’hui : la confrontation démocratique avec la droite européenne qui veut condamner l’Union à l’austérité sans fin.

Notre base, sociale, nos électeurs, ne se paient plus mots. Ils veulent des actes. C’est pourquoi nous pensons que le rôle des socialistes français, à moins d’un an des élections européennes, c’est d’élaborer une feuille de route et de la proposer à nos partis frères.

Nos électeurs, notre base sociale ne se satisferont pas de belles paroles et de grandes promesses. Ils veulent des actes, ils veulent du concret. Ils ont raison.

Nous n’avons pas le temps de laisser «du temps au temps».

  • C’est maintenant qu’il faut exiger la suspension du pacte de stabilité budgétaire qui condamne les Etats membres à l’austérité sans fin.
  • C’est maintenant qu’il faut un véritable plan de relance, écologique et social en Europe.
  • C’est maintenant qu’il faut refuser le vote d’un budget communautaire en baisse pour la première fois de l’histoire de l’Union.
  • C’est maintenant qu’il faut placer le social d’abord et obtenir un traité social, aller vers un SMIC européen.
  • C’est maintenant qu’il faut mettre à l’ordre du jour la fin de « l’euro cher » pour protéger nos emplois, nos industries et nos savoir faire.
  • C’est maintenant qu’il faut refuser le libre-échange généralisé, mettre en place un juste échange et refuser le traité transatlantique qui risque d’affaiblir un peu plus notre continent sur la scène internationale.

Ensemble, avec toute la gauche européenne, le sursaut, c’est urgent.

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 08:01
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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 07:28

drapeaux-europe-280x140La convention Europe du Parti socialiste devait être un grand moment de débats, à quelques mois des échéances européennes pour amener tous les socialistes à faire des propositions fortes pour une réorientation de la politique européenne.

C’est dans cet état d’esprit que nous avons préparé ce moment. D’abord en fixant 12 propositions clefs pour réussir la réorientation européenne. Nous avons défendu ces propositions avec les représentants d’UMA en commission des résolutions. Et nous nous sommes félicités publiquement de la stratégie d’alternative développée dans le texte proposé par Jean-Christophe Cambadélis.

Puis, le texte de la direction nationale a été profondément modifié et la version présentée pour le Bureau national a été privée des axes saillants contre les libéraux européens :

  • page 4, tous les paragraphes liés à la critique des conservateurs allemands ont été supprimés, y compris l'angle sur le défaut de conviction européenne.
    De fait, il n'y a plus d'analyse des blocages actuels et de la politique d'austérité telle qu'elle est menée.
  • page 5, le paragraphe suivant a été  supprimé : "affronter démocratiquement la droite européenne, c'est se confronter politiquement à la droite allemande. L'amitié entre la France et l'Allemagne, ce n'est pas l'amitié entre la France et la politique européenne de la chancelière Merkel".
  • page 6, deux paragraphes ont été supprimés :
    • "Nous devons le réussir aujourd'hui pour donner un nouvel élan à l'ambition européenne, tournée sur la croissance et l'emploi".
    • "Imposer avec rigidité ou brutalité au plan européen - en faisant abstraction de la conjoncture, des réalités structurelles des États et du besoin des peuples d'apercevoir une perspective au terme des efforts - le rétablissement des comptes publics à l'échelle nationale, par ailleurs enjeu majeur pour la souveraineté et la crédibilité de tout pays, mène à l'impasse. Au final, les déficits se creusent, la dette s'accroît, la croissance s'éteint, le chômage augmente, la protection sociale se délite et les extrêmes prospèrent".
  • page 14, plutôt que de mettre clairement convergence vers un SMIC européen vers le haut et perspective commun de réduction du temps de travail, le document nouveau est encore plus en recul que l'ancienne version puisqu'on passe de "salaire minimum européen déclinée au sein de chaque État" à dans la nouvelle version "salaire minimum au sein de chaque État".

fond foule MLG v2Nous avons donc préparé un texte alternatif : "Europe, le sursaut c'est urgent", et fait le choix de le déposer au Bureau national. Emmanuel  Maurel a présenté cette démarche à la presse dans une interview au Monde.

Harlem Désir et plusieurs membres de la majorité sont intervenus devant le Bureau national pour demander qu’il n’y ait qu’un texte. Bien sûr nous avons fait valoir que dans la situation il est dangereux de priver les militants du débat et de ne pas assumer une opposition claire avec les libéraux en Europe.

Emmanuel-Maurel-Jerome-Guedj-et-Marie-Noelle-Lienemann-lorsLe BN a voté le dépôt d’un seul texte (6 voix contre, Emmanuel Maurel, Julien Dray, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, Jérôme Guedj, Marianne Louis).

Nous avons donc décidé de déposer, 4 amendements issus des propositions « clefs » que nous avions préparées avec Un monde d’avance. Guillaume Balas qui représentait UMA a déposé les mêmes amendements.

Harlem Désir et plusieurs de ses proches ont estimé que même si c’étaient les mêmes amendements ils devaient être déposés séparément… C’est bien sûr une dernière manœuvre pour diviser le vote des militants.

ci-dessous un article du Canard Enchaîné en date du mardi 30 avril 2013

Le_canard_enchaine_30-04-2013.jpgDès à présent, nous diffuserons massivement notre texte (qui ne sera pas diffusé par le Parti) et expliquerons que faute d'avoir pu le déposer nous avons fait le choix de déposer des amendements.

Amitiés socialistes,
Frédéric Faravel
Mandataire fédéral de la motion 3 dans le Val-d'Oise

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