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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 08:01

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 07.06.2013 à 17h17 • Mis à jour le 07.06.2013 à 18h12

vote_convention_europe.jpgLe texte sur l'Europe soumis par la direction du Parti socialiste à ses militants a obtenu près de 90 % des voix, selon des résultats provisoires publiés vendredi 7 juin. L'aile gauche du PS, qui a vu l'ensemble de ses amendements rejetés, qualifie le scrutin de "manipulation".

Aucun des 13 amendements proposés, notamment par la gauche du PS désireuse de durcir le texte, n'a atteint la barre des 30% de votants. Celui qui demandait la suspension du pacte de stabilité budgétaire et a recueilli 24% des voix. Trois de ses auteurs – Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj – ont contesté ces résultats. Ils dénoncent une méthode de calcul "scandaleuse" comptant les bulletins blancs et nuls et les votants qui ne se sont pas exprimés sur les amendements comme des votes contre.

tweet_MLG.jpgPour l'aile gauche du PS, la direction tente d'évacuer avec des "chiffres farfelus" un "débat sur le fond qui mérite mieux que des petites manipulations d'appareil". Un socialiste proche de Benoît Hamon a eu des mots très durs contre les responsables du parti.

tweet_bonnefous.jpgUN TEXTE ÉDULCORÉ

Selon les résultats officiels transmis après dépouillement de deux tiers des suffrages, le texte "Notre Europe" soumis par la direction du parti a été approuvé par 89,24% des votants lors du vote de jeudi soir, en prévision d'une convention nationale sur l'Europe le 16 juin à Paris. Le secrétaire national aux fédérations, Alain Fontanel, a salué ''une bonne participation". Avec plus de 55 000 votants, le taux de participation de 35,5% est supérieur à celui enregistré lors de votes similaires préparatoires à plusieurs conventions thématiques organisées par le PS en 2008 et 2011.

Une première version du texte sur la construction européenne avait jeté le trouble entre Paris et Berlin : il dénonçait "l'intransigeance égoïste de la chancelière Merkel" et prônait la confrontation politique avec l'Allemagne.

Le document a été édulcoré, effaçant toute référence à Mme Merkel, mais n'en appelle pas moins à la "confrontation avec les droites européennes", accusées d'avoir "abîmé l'Europe et précarisé les Européens", notamment en imposant à l'UE une politique d'austérité. Le texte définit une ligne d'action et de mobilisation du parti en faveur de la "réorientation" de l'Europe face aux "conservateurs", à un an des élections européennes.

Rédigé avant les dernières discussions franco-allemandes au sommet, il paraît en décalage avec les nouvelles orientations de Paris et Berlin. François Hollande a fait écho, lors de sa conférence de presse du 16 mai, aux propositions allemandes en faveur d'un renforcement de l'union politique européenne. Quelques jours plus tard, c'est Angela Merkel qui a paru faire des concessions, lors d'une rencontre au sommet avec le chef de l'Etat français à Paris, en acceptant l'idée d'un président permanent de l'Eurogroupe et de sommets plus réguliers des dirigeants de la zone euro.

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 14:06

banniere_convention_Europe_PS_2013.jpgLes militants socialistes votaient partout dans le pays et dans le Val-d'Oise jeudi 6 juin de 17h à 22h pour la convention "notre Europe" organisée par le Parti Socialiste pour définir ses orientations politiques un an avant les élections européennes, au moment où la nécessité de réorienter la construction européenne se fait plus que jamais sentir.

La gauche du PS avait déposé nationalement plusieurs amendements de fond afin de préciser le texte de la direction nationale du PS, qui restait flou sur des enjeux majeurs de la période :

1.       Le budget européen
Le compromis proposé par le Conseil européen est largement insuffisant pour faire face à la crise. Nous demandons aux parlementaires européens d’obtenir par leur vote la renégociation de ce compromis et d’exiger du Conseil un budget ambitieux. A termes, la construction d’une Europe de la croissance et de l’emploi implique la mise en place d’un vrai budget d’intégration solidaire, représentant au minimum 5% du PIB européen.

2.       La suspension du Pacte de stabilité
La priorité à la question sociale va de pair avec l’impératif de relance de l’économie. Le pacte de stabilité ne s’applique déjà plus sous la pression des faits – la récession – et de la réorientation de la politique européenne défendue par François Hollande. Il doit être maintenant suspendu. Les dépenses d’investissements doivent être exclues du calcul des déficits, son fonctionnement doit rejeter la logique de sanction et introduire celle de coopération. Le dogme du 3%, chiffre sans aucune valeur économique, doit être reconsidéré. Le calendrier de réduction des déficits, pour être réaliste, doit tenir compte du cycle économique et de la nécessité de lutter contre le chômage.

3.       L’accord de libre-échange transatlantique
Il faut suspendre les négociations pour un accord de libre-échange avec les États-Unis. La mise en œuvre de cet accord va à l’encontre du projet d’une Europe forte et indépendante dans un monde multipolaire. Ce serait en outre, diluer davantage les solidarités européennes dans un grand marché transatlantique. D’autres voies de coopération avec les États-Unis peuvent être promues mais l’accroissement du tout-concurrence n’est pas acceptable.

results_Argenteuil.png4.       La politique de l’Euro
Par la force des choses, le rôle de la BCE est devenu central pendant la crise. Pour autant, une réforme de la politique monétaire européenne et des statuts de la BCE est indispensable afin de faire de la croissance et de l’emploi des objectifs prioritaires. En outre, la BCE doit pouvoir prêter directement aux Etats-membres sans contreparties. Enfin, une politique de change doit être impulsée avec pour objectif de mettre fin à la politique de l’euro fort.

Les amendements déposés sur ces quatre sujets majeurs ont tous recueillis la majorité du vote des socialistes valdoisiens. Ils ont la majorité absolue dans 20 sections sur 52 et la majorité relative dans 5 à 7 autres sections.

"Maintenant la Gauche Val-d'Oise" se réjouit également que les délégués des sections réunis vendredi à Cergy en convention fédérale aient voté à l'unanimité la nécessité de la reconnaissance du caractère majoritaire des amendements qui ont recueillis plus de vote "POUR" que de votes "CONTRE", bien loin de l'interprétation (que nous espérons temporaire) mathématiquement erronée et politiquement intenable des dirigeants de la Rue de Solférino.

Maintenant la Gauche Val-d'Oise se réjouit de ses résultats et du discernements des militants socialistes valdoisiens, qui attendaient comme dans tous le pays un vrai débat démocratique et des propositions fortes pour sortir l'Europe de l'impasse libérale.

Frédéric FARAVEL
mandataire fédéral

923246_10200866643682452_1406494041_n.jpg

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 12:40
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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 13:02

Alors que les socialistes seront consultés jeudi sur l'orientation européenne de leur parti, la sénatrice socialiste de Paris et animatrice de l’aile gauche du parti, Marie-Noëlle Lienemann, veut faire de cette consultation sur l’Europe un « rapport de forces culturel ».

lienemann-toulouseÀ quoi va servir, selon vous, 
ce rendez-vous sur l’Europe donné aux militants socialistes 
le 16 juin ?

Marie-Noëlle Lienemann. Cette convention a trois fonctions, la première, c’est de savoir si le PS français va pleinement jouer son rôle en Europe, après avoir gagné les élections sur un contenu, 
la réorientation de l’Europe. 
La deuxième, c’est la perspective 
des élections européennes pour laquelle les Français attendent autre chose qu’une politique des petits pas, d’une Europe rêvée qui n’arrive pas. Ils attendent une stratégie en actes, pas seulement que le chef de l’État explique que ce n’est pas la Commission qui décide en France. Enfin, d’ici ces élections, il reste un an, un an à haut risque pour l’Union européenne, entre pacte de stabilité, monnaie et négociations du traité transatlantique. On voit bien 
que les États-Unis et le Japon ont une stratégie monétaire qui fait que, si l’euro ne bouge pas, il sera le dindon de la farce. Il y a de petites fenêtres dans les traités européens qui permettent des marges de manœuvre monétaire, elles n’ont jamais été utilisées. Nous appelons donc les parlementaires européens à ne pas ratifier le budget européen qui, pour la première fois de l’histoire de l’Union européenne, est en baisse. La suspension du pacte de stabilité que nous demandons est une manière de rouvrir le débat sur le pilotage macroéconomique et sur un gouvernement économique européen, vieille demande socialiste, à condition de dire à quoi il sert.

On sent cette consultation 
des militants socialistes volontairement désincarnée, avec un seul texte
à prendre ou à laisser…

Marie-Noëlle Lienemann. Manifestement, tout est fait pour la banaliser 
car la direction du parti est lucide 
sur le décalage entre la base 
de gauche et leur position sur l’Europe. Davantage sur cette question que sur d’autres, 
l’aile gauche incarne, je pense, 
une attente large. Ce n’est pas
tant pour se compter que 
pour créer un rapport de 
forces culturel qu’il nous paraît important que les socialistes sortent de cette convention en phase avec leur électorat. L’Europe est historiquement au PS un marqueur prononcé entre militants et dirigeants.

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 12:46

20minutes.fr - 03/06/2013 à 19h39

POLITIQUE – Le courant Maintenant la gauche a déposé quatre amendements…

article_maurel.JPGIl n’y a pas que les adhérents de l’UMP qui votent cette semaine. Jeudi, les militants du PS sont invités à voter pour ou contre un texte de leur parti sur l’Europe, «Notre Europe», qui doit servir de support à une Convention thématique sur le sujet le 16 juin.

Ce vote se prépare dans une indifférence générale. Pourtant, l’élaboration de ce pensum avait été marquée par des tensions entre le parti et le gouvernement qui jugeait les attaques contre l’Allemagne irrecevables. Du coup, les hiérarques du PS sont arrivés à un compromis qui ne satisfait pas la gauche du PS, un parti toujours divisé sur l’orientation de l’Union européenne (UE).

Hollande, socialiste ou social-démocrate ?

«Nous avions souhaité soumettre un texte alternatif mais la direction nous l’a refusé. Notre objectif est de politiser cette convention», explique Emmanuel Maurel dont le courant «Maintenant la gauche» a déposé 4 amendements: «la suspension du pacte de stabilité», la transformation de la BCE, le «refus du Traité transatlantique» et quelques lignes sur la coopération entre les pays européens.

La gauche du PS soupçonne à demi-mots la direction du PS, très silencieuse sur ce scrutin,  de redouter le vote-sanction de militants «inquiets, parfois désemparés» face à la politique de François Hollande. Alors qu’il s’est décrit comme «un président socialiste» lors de sa dernière conférence de presse, le 16 mai, le chef de l’Etat a ensuite prononcé un discours élogieux en Allemagne sur Gerhard Schröder, l’ancien chancelier social-démocrate très libéral, lors du grand raout de son parti, le 24 mai.

L’art de la diplomatie

De quoi déboussoler un peu plus les socialistes. «Notre époque n’a pas besoin de comptables mais d’hommes politiques visionnaires (…) Au niveau européen, François Hollande a commencé à mettre un pied dans la porte mais cela ne veut pas dire qu’elle est ouverte. Notre rôle est de l’aider à pousser», poursuit Emmanuel Maurel, candidat malheureux au poste de Premier secrétaire à l’automne.

«Le PS a la responsabilité de faire bouger la social-démocratie en Europe. Il est temps de sortir du dogme rémanent du pacte de stabilité», théorise Marie-Noëlle Lienemann qui estime que les événements donnent raison aux partisans d’une réorientation de l’Europe «prospère mais qui est devenue l’Europe austère». La sénatrice PS cite le gouvernement économique européen évoqué par Hollande ou encore les critiques du chef de l’Etat vis-à-vis de la commission.

Reste que l’Europe est toujours un sujet très épineux pour le PS qui s’était déchiré lors du référendum de 2005 . Le partisants de Nouveau monde, le courant de Benoît Hamon, ministre délégué à l'économie sociale et solidaire, ont déposé le même amendement que «Maintenant la gauche» sur le pacte de stabilité. Sauf que le mot «suspension» a été remplacé par le terme «adaptation». De l’art de la diplomatie d’un parti au pouvoir.

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 11:00

Fanny_AG_28-05-2013.jpgUne cinquantaine de militants socialistes du Val d’Oise avait répondu présent mardi 28 mai à Taverny pour débattre autour du texte « Notre Europe » présenté par la direction du PS au vote des sections jeudi 6 juin, mais aussi des amendements déposés au niveau national qui seront également soumis au vote militant ce jeudi. Rachid Temal a présenté le processus de la convention nationale Europe et insisté sur l’idée que le texte qui en sera issu servira au PS pour les discussions au sein du PSE en vue d’un programme commun pour les élections européennes de 2014. La possibilité de déposer des amendements complémentaires en section qui seront le cas échéant aussi votés le 6 juin a été rappelée.

Leo_AG_28-05-2013.jpgAprès une présentation par Marie-France Fari, secrétaire fédérale à l’Europe, du texte et des amendements, c’est l’animateur fédéral du MJS 95, Léo Moreau, qui est revenu sur les grandes lignes de la résolution « Une nouvelle Europe pour de nouveaux combats » adoptée par les Jeunes socialistes pour contribuer à la réflexion collective de cette convention.

A noter également une contribution fédérale du PS 95 souhaitée par le premier secrétaire fédéral et préparée en commun par Sébastien Zriem, Marie-France Fari, Abdelkader Slifi et Adélaïde Piazzi pour Maintenant la gauche. Ce texte reprend surtout quelques positions politiques fortes comme la nécessité d’un budget de l’UE atteignant 5% du PIB européen, des euro-obligations ou encore la nécessité d’un Traité social incluant un SMIC européen.

La tonalité générale des interventions entrait en résonnance avec les défis immenses qui attendent les socialistes européens, plusieurs militants et responsables fédéraux de la motion 1 déplorant le manque d’ambition du texte qui acte souvent un constat juste sans donner en l’état de réelles perspectives concrètes au PS pour en tirer les conséquences politiques. Florence Augier est intervenue au nom de la motion 4 pour défendre notamment l’amendement 6 contre le dumping social dans l’UE.

Adelaide_AG_28-05-2013.jpgParmi de nombreuses prises de parole intéressantes et argumentées, les militants de la motion 3 se sont largement exprimés lors de cette Assemblée générale pour défendre les amendements déposés au niveau national par le courant seul ou avec Un monde d’avance. Fanny Boyer a pu dans ce cadre resituer les enjeux de la Convention "Notre Europe" et insister sur la nécessité de dépasser les imprécisions du texte de la direction du PS pour porter des orientations claires, avant le congrès du PSE et les élections européennes de juin 2014.

Seb_F_AG_28-05-2013.jpgAdélaïde Piazzi s’est exprimée en faveur de l’amendement 4 pour la suspension du pacte de stabilité qui n’est déjà plus respecté afin de le renégocier dans un sens qui fasse passer la priorité à l’emploi et à la croissance avant la sacro-sainte réduction des déficits. Sébastien Fontagneu a défendu l’amendement 8 pour une nouvelle politique de l’euro qui redonne aux instances démocratiques le contrôle de la politique monétaire menée par la BCE. Seb_L_AG_20-05-2013.jpgSébastien Lombard a pour sa part mis en avant l’amendement 10 qui porte la nécessité de refuser un accord de libre-échange déséquilibré avec les Etats-Unis pour privilégier d’autres voies de coopération. Enfin Jérôme Haine a insisté sur l’importance de l’amendement 13 récapitulatif pour faire correspondre aux paroles des socialistes appelant à réorienter l’Europe des actes politiques ambitieux.

Jerome_AG_28-05-2013.jpgLe jeudi 6 juin dans nos sections de 17h à 22h, pour un sursaut en Europe votons les amendements 4 – 8 – 10 – 13 !

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 15:22

combat socialistearticle publié dans Combat Socialiste n°3 - mai 2013

Hervé Le Bras et Emmanuel Todd, Le Mystère français, Seuil, La République des idées, 2013

Plus de 30 ans après leur ouvrage commun, L’Invention de la France, Emmanuel Todd et Hervé Le Bras reviennent pour cosigner un livre visant à répondre aux interrogations suscitées par la situation paradoxale que présente la France d’aujourd’hui : décrite comme rongée par le pessimisme, en proie à de mauvais indicateurs économiques (croissance en berne, explosion du chômage), d’autres indicateurs montrent pourtant que le pays pourtant ne va pas si mal.

La population française bénéficie d’un haut niveau éducatif général, d’une forte espérance de vie, de l’un des taux de natalité les plus élevés en Europe (malgré la démocratisation des moyens de contraception), mais aussi un taux de suicide en baisse dans quasiment toutes les classes d’âges !

Todd et Le Bras se proposent de réaliser une approche matérialiste du territoire national en croisant des données peu souvent exploitées : pratiques religieuses, types d’habitat, traditions familiales, tout y passe ! Les 120 cartes et 14 tableaux abondamment commentés font l’analyse du changement social perçu depuis ces 30 dernières années sous l’effet de la mondialisation, et qui s’est manifesté par l’émancipation des femmes, les migrations, la crise industrielle…
Tout cela en lien avec des déterminants anthropologiques et religieux très anciens, que l’on croyait perdus mais en réalité toujours d’actualité.

On retrouve au final l’habituelle opposition entre la France de la Révolution de 1789 et une France périphérique dont on identifie les valeurs catholiques organisatrices en tant que puissance sociale, à défaut d’une pratique religieuse ; c’est ce qu’ils nomment le « catholicisme-zombie » ! Mais contrairement aux tendances observées depuis le XIXe siècle, c’est la France chrétienne qui s’en sort le mieux cette fois. Plus grande surprise encore, dans un pays qui se « droitise », cette France vote à gauche ! Et François Hollande a gagné l’élection présidentielle, notamment parce que les territoires historiquement catholiques ont voté pour lui en mai 2012.

La droitisation de la société est due, certes, à un vieillissement de la population, mais aussi à l’inversion de la pyramide éducative, qui se manifeste par une peur du déclin au sein de la tranche de la population moyennement éduquée.

axel_calvet.jpgAinsi, le Front national capte les voix contestataires d’une population attachée à l’égalité, et peu sensible aux vieilles antiennes sécuritaires et anti-immigration.

Mais le FN est coincé entre deux discours contradictoires, ce qui laisse à penser que Marine Le Pen a atteint un plafond de verre, les deux acteurs arguant que « le phénomène FN est navrant mais nullement terrifiant, puisque clairement limité dans sa capacité d’expansion ».

En conclusion et en écho à l’article de Rémy Hautin du mois dernier, Todd et Le Bras affirment que c’est finalement de la radicalisation de la droite classique qu’il faut le plus s’inquiéter.

Axel CALVET

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 15:08

combat socialistecet article a été publié dans Combat Socialiste n°3 - mai 2013

En cas de crise, on a tendance à se replier sur soi-même. Depuis la crise financière de 2008, rares se font les élections en Europe où l’extrême droite ne fasse pas un score exceptionnellement élevé. La Grande-Bretagne n’échappe pas à la règle. Parallèlement, la crise a renforcé les indépendantistes. En mai 2011, le Scottish National Party gagne le contrôle du Parlement écossais, et organise pour mai 2014 un référendum concernant l’indépendance de l’Ecosse.

jerome haineLa stratégie Cameron

La montée du certes social-démocrate SNP est symptomatique d’une volonté de se détacher d’un grand ensemble pour se replier sur une plus petite identité.

En janvier 2013, David Cameron surprend en proposant un référendum sur le maintien de la Grande- Bretagne dans l’UE. Il se montre ainsi sensible aux préoccupations indépendantistes, tout en déplaçant le curseur sur d’autres enjeux. Mis en difficulté lors d’une élection interne du Conservative Party, Cameron lâche également du lest aux eurosceptiques. Il crée cependant un monstre qui lui échappe.

Il néglige l’UKIP car son score aux General Elections de 2010 a été très faible : 3,71%. La priorité de Cameron ce sont les Liberal Democrats. Ce parti, anciennement de centre-gauche, a fait un carton aux GE de 2010. Son score fut très élevé : 23 %, contre 29 % pour le Labour, 36% pour les Conservatives. Nick Clegg, chef des LibDem, annonce alors que lui et son parti participeront à une coalition dirigée par David Cameron. Il fait inscrire dans l’accord de coalition un engagement «fort et positif» envers l’Europe. Au fur et à mesure de la coalition, les LibDems sont obligés de revenir sur des promesses phares.

Des élections locales en signal d’alarme Le 3 mai dernier se sont tenues les élections locales, un système qui correspond à peu près à nos élections régionales. La percée de l’UKIP est incontestable. Le parti de droite radicale totalise 23% des voix (derrière les Conservatives avec 25% et le Labour avec 29%), et gagne des sièges dans des bastions conservateurs, comme le Kent et Norfolk. La ligne anti-européenne a séduit.

Pas tout à fait une défaite pour les Conservateurs. Car s’ils sortent fragilisés sur le plan national par une austérité budgétaire drastique, perdant certes des voix, les vrais perdants sont les LibDems.

Un exemple dans le South Shields, où le LibDem totalise... 1,41% des voix. Le Labour ne gagne pas de voix. Les électeurs LibDems se sont soit reportés sur le parti d’extrême-droite par recherche d’une alternative au combat Labour/Conservative, soit il s’agit d’un glissement de terrain, les LibDems votant Conservative, et certains Conservatives votant UKIP.

En France ?

Dans le rôle du président élu par la gauche qui doit encore concrétiser le changement : François Hollande. La tentation d’une alliance avec le centre renforcera l’extrême droite. La coalition a été présentée par Clegg comme une «union nationale face à la crise». Le Royaume-Uni nous montre que c’est une chimère. Il est indispensable de rassembler la gauche si nous souhaitons garder le pouvoir, au niveau national et local. L’UKIP n’est pas le FN mais les deux partis se rapprochent. La dédiabolisation du FN le rend compatible avec un parti qui se définit contre l’immigration mais antiraciste, leur anti-européanisme commun permet à Le Pen de saluer la victoire de l’UKIP et d’en parler comme d’un parti «ami».

La victoire de l’UKIP n’est qu’un signal d’alarme de plus. L’austérité-rigueur est le terreau de l’extrême droite. Ne décevons pas nos électeurs, appliquons la politique de gauche pour laquelle nous avons été élus. Ce terrain que nous leur cédons, nous ne le récupérerons pas rapidement.

Jérôme Haine

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 07:52

PHO95a87728-c3ca-11e2-a03c-0cf843a57792-805x453.jpgLe «bras d'honneur» du président à l'aile gauche du PS

Le Figaro - 23 mai 2013 - Anne Rovan

François Hollande, en rendant hommage aux «réformes courageuses» de l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder, est accusé par l'aile gauche du PS, d'une dérive social-démocrate [social-libérale : NDB].

S'il avait voulu tendre un peu plus ses relations avec l'aile gauche du PS, François Hollande ne s'y serait pas pris autrement. En vantant, jeudi, les «choix courageux pour préserver l'emploi» de l'ex-chancelier allemand Gerhard Schröder, en martelant que «rien de solide ne se bâtit en ignorant le réel», le président a fait depuis Leipzig un beau «bras d'honneur» à toute une frange du PS, à quelques jours du vote des militants en vue de la convention du PS sur l'Europe.

Le président ne croyait pas si bien dire lorsqu'il a évoqué les «controverses» que «peuvent faire surgir» des réformes telles que celles menées par l'ancien chancelier allemand. Car ses positions ont mis en ébullition les membres de l'aile gauche du PS, l'aile la plus agitée de la Rue de Solferino. Et sans aucun doute aussi les ministres Arnaud Montebourg et Benoît Hamon.

Pour eux, les réformes allemandes sont un épouvantail qui ne peut en aucun cas être ou devenir un modèle pour la France. Certes, l'Allemagne a désormais des finances publiques saines, mais à quel prix, disent-ils. «Schröder, c'est l'explosion de la précarité, c'est la multiplication des mini-jobs sous-payés et ce sont des réformes qui n'ont pas été couronnées de succès d'un point de vue électoral», s'énerve le vice-président de la région Ile-de-France, Emmanuel Maurel, un des chefs de fil de l'aile gauche du PS. Il ajoute : «En faisant l'éloge des réformes allemandes, François Hollande fait un bras d'honneur à de nombreux socialistes. De mémoire, son discours du Bourget n'était pas une apologie du schröderisme. Il parlait alors d'un socialisme fidèle à ses valeurs. Là, on n'y est plus.» «J'ai bien vu les déclarations de l'ex-camarade Hollande. C'est consternant», réagit, entre colère et ironie, la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann.

Alors que Hollande assure être «socialiste» et non social-démocrate, beaucoup pointent au contraire le changement de doctrine présidentielle. «À quoi joue-t-il ? Franchement, je ne sais pas bien. Je crois que son obsession aujourd'hui, c'est avant tout de rassurer les marchés et la Commission européenne», confie un élu. Pour Lienemann, Hollande veut avant tout «donner des gages de gestion au patronat».

Le président enterre surtout les années Jospin. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, le premier secrétaire François Hollande n'avait de cesse de répéter que les socialistes français devaient trouver leur voie, être une alternative aux positions du Britannique Tony Blair et de l'Allemand Gerhard Schröder. Il était sur la même ligne que le premier ministre Lionel Jospin.

    « J'ai bien vu les déclarations de l'ex-camarade Hollande. C'est consternant »,
    La sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann

Du reste, les relations n'ont jamais été très chaleureuses entre Hollande et Schröder. Interrogé pour savoir s'il allait rencontrer François Hollande à l'occasion de son séjour parisien de décembre 2011, l'ex-chancelier allemand répondait alors au Figaro : «Non, et je n'ai pas prévu de le faire. En tant que premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande a travaillé très étroitement avec Oskar Lafontaine (rival de Gerhard Schröder au SPD, qu'il quittera en 2005 pour fonder Die Linke, un parti «antilibéral», NDLR). Pas avec moi. C'est pourquoi il n'existe pas de relation entre nous.» Dans cet entretien, Gerhard Schröder se montrait bien plus ouvert vis-à-vis de Nicolas Sarkozy. Manifestement, Hollande a passé l'éponge. Le voilà prêt à vanter la politique qu'il critiquait naguère, à faire l'éloge d'un Schröder de plus en plus critiqué au sein du SPD.

Rue de Solferino, on veille à ne pas donner trop d'importance à l'éloge de Schröder. «Discours offensif et résolument européen de François Hollande à Leipzig, salué par une standing ovation de nos camarades allemands !», écrit sur Twitter le premier secrétaire Harlem Désir, présent en Allemagne. Il fut pourtant très critique vis-à-vis de l'ex-chancelier. «Ce n'est pas vraiment un éloge sur Schröder, c'est un éloge sur la capacité à réformer et à mettre le pays au travail», tempère-t-on à la direction du parti. Décidément très optimiste, ce représentant de la direction ajoute : «Pour nous, les positions de Hollande sont un élément de cohésion du parti. Le cap est ferme et il y aura un effet centrifuge. Sans compter que cela va affaiblir la gauche du parti, notamment Hamon, qui ne pourra pas se positionner contre le président.» Il n'y a plus qu'à attendre.

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 07:08

banquet-20-454x290.jpgQualifier une intervention de « forte et libre » comme le disait le premier fédéral Rachid Temal du discours de Michel Rocard à l’occasion du banquet républicain du PS95 signifie en général que le propos de l’orateur est assez décapant et décalé par rapport au cadre dans lequel il s’exprime.

Libre, le (long) exposé de l’ancien Premier ministre l’a assurément été, n’épargnant ni le Parti Socialiste ni le gouvernement quand il s’agit de pointer ce qui relève à ses yeux de l’aveuglement politique.

936906_10200790019886905_873468074_n.jpgIntéressant sur le plan intellectuel également puisque le remplaçant au pied levé de Michel Sapin qui était initialement annoncé a développé son analyse de la crise économique actuelle dans une perspective historique très large.

Après la traditionnelle mise en cause de François Mitterrand et de ses errements de 1981 sans laquelle il ne saurait être de bon discours de Michel Rocard, ce dernier s’est livré à une analyse du fonctionnement du système capitaliste. Sans trancher sur le fait de savoir s’il connait actuellement sa crise finale, il semble indéniable à ses yeux que ce système peut s’effondrer du fait de ses contradictions internes.

L’ancien dirigeant du PSU a comparé la croissance continue des "Trente Glorieuses" et les désastres engendrés par le libéralisme économique débridé des années Reagan-Thatcher. L’américain Milton Friedman qui en fut l’idéologue est pour lui un criminel contre l’humanité qui a agi en matière économique comme les créateurs de virus en informatique.

Reprenant plusieurs idées fortes du collectif Roosevelt 2012 qu’il avait contribué à fonder, Michel Rocard a considéré que le système bancaire mondial était depuis 2008 «en respiration artificielle» et dépendant des fonds publics pour sa survie. Il est revenu sur la nécessité d’une véritable séparation des activités bancaires, entre gestion des dépôts des épargnants et banque d’affaires.

Enfin, l’ambassadeur de France chargé des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique a livré un plaidoyer convaincu pour la réduction du temps de travail, considérant même qu’il était difficile d’atteindre un équilibre économique viable dans le temps au-delà de 30 heures de travail hebdomadaires

Rocard.jpgrocard2.jpgRappelant l’ouvrage de 1902 du socialiste Paul Lafargue sur Le droit à la paresse, il a conclu son propos sur la nécessité de retrouver un rythme de production moins frénétique dans une société qui ne retrouvera pas les taux de croissance élevés de l’après-1945 et doit s’adapter à cet état de fait.

Mêlant tout au long de son intervention son histoire politique personnelle, surtout l’aventure du PSU, et la nécessité pour les socialistes de s’emparer de problématiques laissées dans l’ombre comme la précarité, Michel Rocard n’a en tout cas pas laissé les militants socialistes du Val-d’Oise indifférents [et a enthousiasmé l'aile gauche du PS] !

pour Maintenant la Gauche Val-d'Oise
LM

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