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11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 13:49

Samedi 7 et dimanche 8 avril 2018, se tenait à Aubervilliers le 78ème congrès du Parti socialiste.

Deux intervenants valdoisiens se sont exprimés au titre du texte d'orientation n° 4 "L'Union & l'Espoir". Vous trouverez donc ci dessous l'intervention de Frédéric Faravel, mandataire valdoisien du T04, répondant vers 16h à l'adresse du PS sur la question européenne (préparée par la nouvelle direction), et celle d'Emmanuel Maurel, premier signataire du TO4, qui a sans doute donné vers 17h le plus beau, construit, clair et cohérent discours du congrès.

"Il me revient la tâche de vous expliquer les raisons pour lesquelles "L’Union & l’Espoir" s’abstiendra sur le texte qui nous est présenté.

La démarche proposée n’est pas inintéressante, mais nous croyons que la question européenne, ses enjeux méritent un véritable débat interne et approfondi. C’est d’ailleurs prévu à l’automne ; et il est heureux que nous préparions sérieusement les élections européennes en nous donnant enfin une orientation solide, qui parle à nouveau aux classes moyennes et populaires, qui permette enfin de faire reculer la défiance qui s’est enkystée à cause de la dérive ordo-libérale de la construction européenne à coup de Traité d’Amsterdam, de Traité de Lisbonne puis de Traité Merkozy !

La définition de notre orientation européenne mérite un temps prolongé et organisé de débat et de réflexion, avec les militants, pour ne pas réitérer les erreurs passées et répondre efficacement aux questions posées par une social-démocratie européenne, qui, si elle reste notre camp naturel, n’en finit pas de se débattre avec de graves contradictions.

Nos concitoyens méritent mieux qu’une nouvelle répétition des slogans des campagnes européennes précédentes, inaudibles car usés à force d’avoir été ressassés.

Et puis autant se le dire franchement camarades, la priorité de ce congrès, qui se tient en parallèle avec un mouvement social qui prend et dont les motivations sont fondées, était de s’adresser aux salariés qui luttent, aux Français qui voient leur pouvoir d’achat attaqué, leurs services publics mis à mal. Dire finalement à tous ceux pour qui naturellement nous devons nous battre que les socialistes sont à leurs côtés. Il est encore temps de s'adresser à eux, de parler au corps central de la société, de parler au peuple de gauche !"

"Je lis qu’on s’interroge sur notre place. J’entends qu’on s’émeut du risque d’instrumentalisation du mouvement social. Quelle curieuse inquiétude ! Qu’un parti politique de gauche se mobilise pour aider à construire un rapport de forces, quoi de plus naturel ?

Notre rôle n’est pas seulement de contester cette réforme au Parlement, notre place est aussi, évidemment, aux cotés du mouvement social. Dans la rue, dans la société, avec toutes celles et tous ceux, sans exclusive et sans anathème, qui entendent faire échec à la politique de Macron.

Léon Blum, dans son célèbre discours de 1920, le résumait ainsi : « autonomie des organisations, communauté des buts, moyens différenciés, capacités d’action communes ». Cela reste vrai aujourd'hui."

[...]  "Nous ne sommes pas condamnés, pour paraphraser un de nos plus grands poètes, à ce que « l'automne éternel » soit notre « saison mentale ».

Déjà la froidure se dissipe, et l'air est plein de la promesse des fleurs et des fruits. Il faut faire confiance au printemps qui vient. Il faut faire confiance au socialisme."

Emmanuel Maurel et Frédéric Faravel le samedi 7 avril 2018 à AubervilliersEmmanuel Maurel et Frédéric Faravel le samedi 7 avril 2018 à Aubervilliers

Emmanuel Maurel et Frédéric Faravel le samedi 7 avril 2018 à Aubervilliers

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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 07:53
Congrès fédéral du Val-d'Oise - 19 mars 2018 - Saint-Ouen-l'Aumône - Ce qu'en pense L'Union & l'Espoir dans le Val-d'OiseCongrès fédéral du Val-d'Oise - 19 mars 2018 - Saint-Ouen-l'Aumône - Ce qu'en pense L'Union & l'Espoir dans le Val-d'Oise

Intervention de Frédéric Faravel à l'entrée du congrès fédéral du Val-d'Oise du Parti socialiste pour « L'Union & l'Espoir », texte d'orientation n° 4 – lundi 19 mars 2018, Maison de quartier des Chennevières à Saint-Ouen-l’Aumône

Chers camarades,

Un mot d'abord pour saluer l'excellente campagne d'Emmanuel Maurel lors de ce congrès et dire que le score de jeudi dernier ne reflète pas selon nous la qualité du texte qui était soumis aux militants socialistes et du premier signataire qui le portait.

Vous dire aussi que la conclusion de ce congrès n'écarte pas quelques inquiétude, car si le texte d'orientation d'Olivier Faure est arrivé largement en tête, il reste essentiellement structuré autour d'une méthode de travail plutôt que sur une orientation politique lisible pour nos compatriotes. Le refus exprimé par Olivier Faure de faire une quelconque synthèse, dans un sens ou dans un autre ((à ce titre, même si nous ne partageons pas leur orientation, nous saluons la clarté des thèses défendues par les camarades qui promouvaient le texte de Stéphane Le Foll), renforce ce sentiment. Car nous restons convaincus que les socialistes avaient et ont toujours besoin d'être rapidement audible des Français pour incarner l'opposition au gouvernement libéral d'Emmanuel Macron.

Nous voulons croire en tout cas que l'annonce renouvelée d'Olivier Faure, notre futur premier secrétaire, d'être jeudi aux côtés des fonctionnaires et des cheminots, comme l'avait proposé Emmanuel Maurel, est un signe positif. Nous l'encourageons à poursuivre sur ce chemin … de fer, évidemment.

Nous appelons donc à accélérer le calendrier de travail pour doter le parti d'une orientation. Pour notre part, le parti s'étant donné avant tout une méthode de travail, nous nous sentons toute latitude pour participer à la refondation idéologique et continuer à défendre les propositions que nous avions faites dans ce congrès.

Quelques considérations plus personnelles et non moins politiques :

  • saluer d'abord la disponibilité de notre délégué général, Guy Melin, qui est toujours là quand on a besoin de lui avec toute l'équipe des permanents, pour répondre à nos questions et résoudre les difficultés que nous rencontrons. La fédération ne vivrait pas sans lui et son équipe. Qu'il en soit remercié chaleureusement.

  • Dire un mot des missions que Rachid Temal a dû assumer comme coordonnateur du Parti socialiste, dans une période particulièrement difficile. Assumer les conséquences de la défaite, faire fonctionner le parti alors que la confusion politique régnait et que nous n'avions plus d'argent, affronter un douloureux plan social (douloureux avant tout pour ceux qui en sont victimes) et d'autant plus douloureux qu'il s'agissait de virer des camarades. On pourra toujours dire – en étant bien intentionné et certains plus mal intentionnés – qu'on aurait fait différemment, et c'était sans doute possible, mais la réalité c'est que personne n'aurait aimé être à sa place dans cette situation. Il a droit à notre reconnaissance.

  • Saluer aussi la qualité des débats de section ou de circonscription quand ils ont eu lieu... Pour ma part, je suis allé à Boulogne-Billancourt, Bourg-en-Bresse, Lannester dans le Morbihan et j'ai fini ici même à Saint-Ouen-l'Aumône. Partout je veux souligner la richesse des échanges et le respect qui les accompagnait, notamment avec Eric Nicollet et Ayda Hadizadeh avec lesquels nous avons trouvé parfois des convergences inattendues.

  • Un mot, enfin, de solidarité avec nos camarades de Sarcelles qui traversent un moment difficile qu'on aurait pu leur épargner. Je veux voir dans la participation importante de jeudi soir dans cette section une saine réaction qui complète le fait qu'ils étaient très nombreux pour participer au débat de présentation des textes d'orientation le 13 mars. Cela change de l'image donnée par d'autres sections où les votes sont pléthoriques mais les réunions peu fréquentées.

Les camarades qui ont soutenu le texte d'orientation « L'Union & l'Espoir » vont maintenant se réunir pour débattre en Assemblée générale de l'avenir de la fédération. Nous vous dirons nos décisions après cette AG.

Congrès fédéral du Val-d'Oise - 19 mars 2018 - Saint-Ouen-l'Aumône - Ce qu'en pense L'Union & l'Espoir dans le Val-d'Oise

Intervention de Frédéric Faravel en conclusion du congrès fédéral du Val-d'Oise du Parti socialiste pour « L'Union & l'Espoir », texte d'orientation n° 4

Nous voulons nous engager aujourd'hui dans la refondation du Parti. Nous le faisons sans être dupes et sans abandonner notre liberté de ton, sans abandonner quelques exigences fortes sur l'évolution du Parti dans les mois à venir.

À notre niveau, cela veut dire s'engager dans la fédération ; nous sommes convaincus de la nécessité de travailler ensemble selon quatre axes :

1- la refondation idéologique, dans laquelle la formation devra prendre une place privilégiée qui ne saurait se limiter aux questions techniques (prendre la parole en public, animer une réunion, conduire une campagne électorale, la communication) mais bien au contraire s'élargir à la formation idéologique ;

2- le rassemblement de la gauche qui ne saurait se limiter à des discussions entre partis, mais sans lequel nulle victoire ne sera possible et pour lequel il faudra que le PS revienne au cœur de la gauche ;

3- La préparation des élections :

  • Les Européennes, d'abord, que nous ne pourrons nous permettre d'enjamber, et pour lesquelles nous ne pourrons nous contenter d'annonner à nouveau « Et maintenant l'Europe sociale ! ». Il faudra que notre propos soit quelque peu plus consistant ;

  • Les Municipales et les Départementales, pour lesquelles nous devons entamer un travail de fond sur les programmes dès aujourd'hui, et un travail de forme en reconstruisant notre implantation avec des camarades qui souhaitent s'engager sur le long terme, toujours en ayant à cœur le rassemblement de la gauche.

4- La reconstruction de notre maillage territorial enfin – et la levée de la tutelle sur la section de Garges-lès-Gonesse est une bonne nouvelle – car notre militantisme a besoin d'être en prise avec les territoires et nos concitoyens.

Voilà camarades comment nous rebâtirons l'union et l'espoir, auquel cas nous aurons manqué à la mission que nous devons au socialisme.

Nous soutiendrons donc la candidature de Rachid Temal à la fonction de premier secrétaire fédéral et nous participerons au secrétariat fédéral comme il nous l'a proposé.

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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 14:38
Pour nous, le 15 mars c'est L'Union & l'Espoir avec Emmanuel Maurel

premiers signataires valdoisiens du texte "L'Union & l'Espoir" :

Marianne Bak, Écouen-Ézanville – Ghouti Ben Habib, Franconville - Laura Bérot, Soisy-sous-Montmorency – Pierre Blazy, Gonesse – Hélène Bonnet, Montmorency – Élisabeth Bouton, Eaubonne/Montlignon – Bruno Boutron, Montmorency – Michel Bratigny, L'Isle-Adam – Jean-Claude Chevrier, Pierrelaye – Nicole Chicot, Haut-Val-d'Oise – Umut Cicek, Haut-Val-d'Oise – Michel Coffineau Bouffémont – Émile Cohat, Vauréal – Philippe Cordier, Sannois – Bruno Crinon, Fosses-Plaine de France – Didier Dague, Courdimanche – Michelle Demarchelier, Bouffémont – Bernard Desclos, Canton de Viarmes – Jean-François Dupland, Herblay – Frédéric Faravel, Bezons – Denis Février, Cergy – Sébastien Fontagneu, Deuil-Enghien – Luc Fricot, Eaubonne/Montlignon – Monique Fricot, Eaubonne/Montlignon – Thierry Garcin, Bouffémont – Jean-Michel Glize, Haut-Val-d'Oise – Yougourthene Gourta Kechit, Villiers-le-Bel – Calvin Job, Haut-Val-d'Oise – Pierre Kiani, Jouy Le Moutier – Nelly Léon, Herblay – Sébastien Lombard, Haut-Val-d'Oise – Agnès Marietta, Marines – Emmanuel Maurel, Haut-Val-d'Oise – Julie Millet, Plaine de France – Laurent Ortalda, Éragny-sur-Oise – Jean-Pierre Petiteau, Écouen-Ézanville – Adélaïde Piazzi, Montmorency – Djeamson Pierre-Louis, Haut-Val-d'Oise – Guillaume Poisson, Bouffémont – Pierre Radou, Cergy – Antoine Raisséguier, Franconville – Shaistah Raja, Sarcelles – Paul Ravoajanahary, Sannois – Michèle Renou, L'Isle-Adam – Michelle Rinaldelli, Haut-Val-d'Oise – Fabrice Rizzoli, Deuil-Enghien – Gilbert Rousseau, Écouen-Ézanville – Gérard Sebaoun, Franconville – Maya Sebaoun, Franconville – Philippe Selosse, Écouen-Ézanville – Abdelkader Slifi, Argenteuil – Gérard Soulier, Vauréal – Aboubacar Sylla, Eaubonne/Montlignon – Nicolas Tcheng, Ermont – Rafik Tebbi, Soisy-sous-Montmorency

A la veille du vote des militants socialistes, nous voulons vous présenter l'état d'esprit qui nous anime et qui a animé l'élaboration du texte d'orientation "L'Union & l'Espoir" qui vous est soumis.

Nous nous appuyons sur une conviction : le Parti Socialiste français a encore un avenir, parce qu’il y a une utilité historique du socialisme français. Pour nous, la seule façon de survivre et de rebondir, c’est de sortir des sables mouvants de l’ambiguïté. Notre démarche s’inscrit donc sous le sceau de la clarté et de l’authenticité à gauche.

1- Clarté par rapport au nouveau pouvoir : nous devons être dans une opposition résolue à Macron, qui est l’une des incarnations du modèle néolibéral, et il faut le dénoncer. Ça n’a pas toujours été le cas, parce les premiers mois du quinquennat Macron ont été marqués par une très grande confusion chez les socialistes français, qui ont voté de trois manières différentes à l’Assemblée nationale, sur la confiance au Gouvernement. Pas besoin au demeurant de qualifier notre opposition de constructive, nous n'avions pas besoin de le faire face à la droite au pouvoir, pourquoi le ferions-nous aujourd’hui ?

2- Clarté aussi par rapport au bilan : le Parti Socialiste vient de passer 5 ans au pouvoir et il sera impossible d’y revenir sans retour critique sur cette période, qui – malgré quelques mesures positives – a été marquée par une perte de repères et par une pratique présidentialiste dans laquelle tout est soumis à l’exécutif. À force de se taire, le Parti a laissé le Président et les Premiers Ministres faire des erreurs, parfois majeures.

3- Clarté enfin sur les orientations stratégiques : on doit tirer les conséquences de notre opposition à Macron et s’inscrire dans une démarche unitaire vis-à-vis des autres forces de gauche. Quand bien même on serait critiqué, même de façon très dure,il faut savoir être unitaire pour deux, pour trois, pour dix. Rappelez-vous que nous avons bien été capables de faire un programme commun avec le PCF quand celui-ci était devant nous et sous tutelle de l'URSS ; qu'est-ce qui peut bien nous faire peur aujourd'hui ?

* * *

Ce que nous proposons, c’est donc d’en revenir à un certain nombre de fondamentaux. La gauche n’a pas seulement perdu des électeurs : elle a aussi perdu des repères. Il lui faut une boussole.

De quels fondamentaux parlons-nous ?

Il est surprenant que le Parti Socialiste ne parle plus des salaires, qui restent encore au cœur de la répartition entre le capital et le travail. Il est incompréhensible que sous un gouvernement socialiste, non seulement on n’augmente pas les salaires, mais qu’en plus un ministre de l’économie (Michel Sapin) ait encouragé les entreprises à ne pas le faire !

Il faut renouer avec ce qu’on n’aurait jamais dû cesser d’être : des partageux. Ce n’est pas parce que le monde a changé, que de nouveaux problèmes sont apparus, que l’on doit renoncer à ce qui fait notre identité, c’est-à-dire le partage : partage des richesses, partage des pouvoirs, partage des savoirs.

Autre point fondamental : il y a désormais un lien évident entre la question sociale et la question écologique. Quand nous nous disons « écosocialiste », ce n’est pas une concession à l’air du temps : jusqu’à maintenant, on se battait contre les logiques d’exploitation qui touchaient l’être humain, mais l’exploitation touche aussi la nature. Il faut changer de modèle de production et de consommation.

Quelle stratégie la social-démocratie française doit-elle avoir pour renouer avec les classes populaires et les classes moyennes ?

Il nous faut renouer avec le corps central du socialisme : les employés et les ouvriers. Pour ça, il ne suffit pas de le dire. Il faut que nos préoccupations et nos mots d’ordre soient en résonance avec nos déclarations.

Prenons un exemple ; celui de l’expulsion locative : Chaque année, des dizaines de milliers de gens minés par des dettes locatives de quelques centaines ou milliers d’euros se retrouvent devant le tribunal, devant lequel ils négocient des sur-loyers de 10, 15, 20€ par mois, pour ne pas être expulsés. Macron explique que la baisse des APL est une mesure indolore. La vérité, c’est que 5€ pour plein de gens, c’est une catastrophe, c'est la menace d’être expulsé de son logement !

Nous parlions des salaires, il faudrait aussi parler des services publics, qui ont été largement dégradés durant ces dix dernières années alors qu’ils contribuent à l’égalité entre les territoires. C’est une condition indispensable si on veut s’adresser à cette France qui se sent délaissée.

S'ajoute à tout cela la pratique macronienne du pouvoir. On dit de Macron qu’il est parvenu à unifier le libéraux de tous bords. Il est surtout parvenu à opérer la fusion entre les élites néolibérales, le monde des affaires, et ce qu’on appelait jadis la « noblesse d’État », c’est-à-dire la technocratie à la française.

Mais cette prouesse n’évitera pas à Macron d’échapper à la réalité de sa politique, exprimée de façon très factuelle et très brutale par la dernière étude de l’OFCE, qui montre que l’essentiel de sa réforme fiscale profite aux très riches, alors que les ménages les plus pauvres en sont les grands perdants. Cette réalité-là lui collera à la peau. Dans le même temps, il augmente la CSG, baisse les APL, supprime quasiment l’ISF et met en place une flat tax sur les revenus financiers. Ce n’est pas une politique qui peut se prétendre équilibrée : c’est une politique de classe.

Et on ne pouvait pas dire qu'on ne savait pas, qu'on découvre... C'était dans son programme !

Même les classes moyennes, qui pouvaient lui faire confiance pendant un moment, se rendront compte que sa politique est extrêmement déséquilibrée en faveur des vrais possédants (dont ne font pas partie les classes moyennes).

Macron méconnaît l’aspiration profonde des Français à l’égalité. Et c’est ce qui le rattrapera. Il est persuadé que la France est enfin mûre pour les grandes réformes libérales que l’élite appelle de ses vœux depuis des décennies. Mais il s’agit davantage d’une fin que d’un commencement pour le cycle néolibéral.

Enfin, cette alliance des élites nie les corps intermédiaires, comme en témoigne le mépris de Macron pour les élus locaux, qui tissent pourtant un lien très fort entre les citoyens et les institutions. Macron a supprimé les emplois aidés et demandé des économies impossibles aux collectivités : la confrontation qui a commencé lors du Congrès des maires va s’amplifier.

La confrontation inéluctable avec le monde syndical, hostile dès le départ ou déçu, qui est exclu de la pratique politique d’Emmanuel Macron, ne fera que croître.

* * *

Rien ne sera possible cependant si la gauche, toute la gauche, ne relève pas la tête.

Macron n’a en réalité absolument pas fait reculer l’extrême-droite, et hélas les déboires actuels au sein du FN ne l’empêcheront pas de prospérer à nouveau. Pour nous, militants de gauche, le combat face à Macron et à Wauquiez – la droite pourrait retrouver un peu de vigueur avec lui – ne peut faire oublier que l’extrême-droite est encore vivace, notamment dans les classes populaires. Ce problème n’est pas derrière nous, contrairement à ce que certains amis du président essaient de faire croire.

Nous voulons donc amorcer une dynamique unitaire à gauche. On l’oublie trop souvent, mais l’opposition se construit très concrètement, y compris au Parlement.

Les groupes socialiste, communiste et “France Insoumise” ont déposé un recours commun au Conseil Constitutionnel contre les ordonnances : il y a eu une convergence concrète, au niveau parlementaire. Plus Macron déploiera son agenda de réformes, plus une opposition se cristallisera dans laquelle on retrouvera les différentes familles de la gauche. C’est vrai au Parlement, ce sera vrai également dans la société.

L’unité ne se décrète pas, elle se construit. Elle se construit dans les luttes, qu’elles soient locales ou nationales. Cela pourra commencer avec l’université, mais aussi avec l’hôpital public, la réforme de l’assurance-chômage ou de l’assurance-maladie… Nous devons donc travailler à la naissance d’un front commun qui rassemblera de plus en plus largement au fil du quinquennat. Pour cela, il faut savoir être disposé au dialogue avec toutes les forces de gauche. Il est donc urgent que nous, socialistes, soyons clairs quant à notre rapport à Macron : c’est l’un des enjeux du quinquennat.

* * *

Chers camarades,

Nous sommes dans un congrès du Parti socialiste, un congrès qui doit redonner une orientation politique à notre parti qui souffre cruellement d'en manquer, dans un contexte où nous sommes entrés dans le quinquennat avec tous les pouvoirs ou presque (Présidence, Assemblée nationale, Sénat, moyennes et grandes villes, régions et départements). Nous en sortons quasiment dépouillés de tout : il n'y a pas d'équivalent historique en France d'une telle dégringolade électorale et structurelle d'un parti politique, d'un parti de gouvernement qui plus est.

Ne nous trompons pas de sujet, de moment et d'enjeux... Nous ne sommes ni dans une primaire, ni dans une élection présidentielle, ni à la veille de conduire une campagne électorale nationale ou de revenir au pouvoir. Gardons nous à ce stade des catalogues programmatiques ; le projet socialiste, le programme que nous proposerons, nous devrons le construire avec les militants en dialogue avec nos concitoyens. Par contre, il est bon de dépasser l'énoncé de simples généralités aussi généreuses soient-elles.

Le texte "L'Union & l'Espoir", dont le premier signataire est Emmanuel Maurel, a évité ces deux écueils : il fixe un cap stratégique – celui de travailler au rassemblement de la gauche –, il offre aux socialistes la possibilité de sortir de l'ambiguïté sur notre bilan et de sortir de l'ambiguïté face au nouveau pouvoir qui n'est rien d'autre qu'une nouvelle nuance de droite. Nous avons respecté le cadre qui nous était imposé (50.000 signes, 5 thématiques imposées) ; il eut été utile que tous s'y plient.

Au sortir de son congrès, avec “L'Union & l'Espoir”, les socialistes pourront dire quelle vision du monde, de la société ils ont, quelles pistes ils proposent pour les transformer, avec des axes forts de mobilisation immédiate. C'est indispensable pour que nos concitoyens nous reconnaissent à nouveau, qu'ils comprennent à nouveau où nous nous situons et pour quoi nous nous battons. C'est essentiel pour être à nouveau au cœur de la gauche et remettre tout le monde autour de la table afin de reconstruire le rassemblement, condition nécessaire pour gagner et gouverner à nouveau, gouverner pour transformer la société.

 

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 11:23
Pour redresser le Parti socialiste, nous faisons le choix d'une nouvelle synthèse avec "L'Union & l'Espoir" et Emmanuel Maurel

Nous nous appuyons sur une conviction : le Parti Socialiste français a encore un avenir, parce qu’il y a une utilité historique du socialisme français. Pour nous, la seule façon de survivre et de rebondir, c’est de sortir des sables mouvants de l’ambiguïté. Notre démarche s’inscrit donc sous le sceau de la clarté et de l’authenticité à gauche et d'une nouvelle synthèse socialiste qui conjugue nos fondamentaux et les luttes nouvelles.

 

Au sortir de son congrès, avec “L'Union & l'Espoir”, les socialistes pourront dire quelle vision du monde, de la société ils ont, quelles pistes ils proposent pour les transformer, avec des axes forts de mobilisation immédiate. C'est indispensable pour que nos concitoyens nous reconnaissent à nouveau, qu'ils comprennent à nouveau où nous nous situons et pour quoi nous nous battons. C'est essentiel pour être à nouveau au cœur de la gauche et remettre tout le monde autour de la table afin de reconstruire le rassemblement, condition nécessaire pour gagner et gouverner à nouveau.

Vous trouverez plus bas la liste des premiers signataires valdoisiens du texte d'orientation n°4 du 78ème congrès du Parti socialiste.

Rejoignez les en signant sur le site

 

En 2012 nous avions tous les pouvoirs. En 2017 nous avons presque tout perdu. TSCG, Pacte de responsabilité, loi travail, déchéance : les Français n'ont pas reconnus notre action, ne l'ont pas comprise - non par manque de "pédagogie", de communication ou d'explications, mais parce qu'elle était incompréhensible - et finalement ne nous reconnaissent plus.

L’illusion sociale-libérale échoue car elle est périmée. Accélérateur de mondialisation, elle creuse les inégalités et favorise la montée des extrêmes.

Nous devons renouer avec les ouvriers, les employés du public & du privé et la jeunesse.

Notre message doit être clair, sauf à rester inaudibles, comme lors des dernières législatives partielles.

Faisons à nouveau vibrer une réponse socialiste républicaine, antilibérale et écologiste aux défis de la France et de l’Europe.

Nous sommes écosocialistes.

Défendons un développement solidaire où citoyens et État reprennent le contrôle de l’énergie, rejettent productivisme et consumérisme, favorisent une agriculture de qualité, plus forte en main d’œuvre.

L’emploi et le pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes sont prioritaires : militons pour l’augmentation du SMIC et des salaires et des embauches massives dans le secteur public, notamment la santé (contre les déserts médicaux et le traitement indigne de nos anciens).

Nous sommes républicains et donc laïcs.

Nous promouvons l’émancipation de tous de la tutelle des clergés, l’accès de tous à une école concentrant les moyens sur ceux qui en ont le plus besoin et une démocratie qui redevienne parlementaire.

Nous sommes internationalistes et européens.

Face à la mondialisation financière, affirmons que le libre-échange intégral et le dumping sont une impasse économique, sociale et écologique, militons contre le CETA, dangereux pour notre industrie et notre agriculture, proposons une Europe orientée sur des projets concrets d’investissements et de créations d’emplois.

Les “grandes coalitions” droite-gauche font progresser l'extrême-droite : rassemblons les gauches européennes pour une Europe au service des peuples.

Notre Parti fera écho aux nouvelles luttes sociales, territoriales et écologiques en s'appuyant sur ses milliers d’élus et de militants sur le terrain. Il leur donnera la parole par des conventions et des referendums.

Il favorisera l’unité des forces de transformation de la société, en dialoguant partout avec collectifs, associations, ONG, acteurs culturels

Pour nous relever, il n’y aura aucun miracle, seulement notre force et notre travail : choisissons un large rassemblement pour construire le socialisme des temps nouveaux.

Premiers signataires valdoisiens du texte d'orientation n°4 au 23 février 2018 :

Marianne Bak, adjointe au Maire d'Ecouen (CF) - Ghouti Ben Habib (Franconville) - Laura Bérot (CN, CF, Soisy-sous-Montmorency) - Pierre Blazy (BF, Gonesse) - Hélène Bonnet (Montmorency) - Bruno Boutron, conseiller municipal de Montmorency - Jean-Claude Chevrier adjoint au Maire de Pierrelaye - Nicole Chicot, conseillère municipale de Persan - Umuy Cicek (Haut-Val-d'Oise) - Michel Coffineau, ancien député, ancien Maire de Bouffémont - Emile Cohat (Vauréal) - Philippe Cordier (CAS Sannois) - Bruno Crinon (CAS Fosses) - Didier Dague, conseiller municipal et communautaire (CFC) - Bernard Desclos (Canton de Viarmes) - Jean-François Dupland (CF Herblay) - Frédéric Faravel (CN, BF Bezons) - Denis Février (CF Cergy) - Sébastien Fontagneu, secrétaire de section de Deuil-la-Barre/Enghien-les-Bains (CF) - Luc Fricot (Eaubonne-Montlignon) - Monique Fricot (Eaubonne-Montlignon) - Thierry Garcin, conseiller municipal de Maffliers (BFA) - Jean-Michel Glize (Haut-Val-d'Oise) - Yougourthene Gourta Kechit (Villiers-le-Bel) - Calvin Job, conseiller municipal de Beaumont-sur-Oise (CF) - Nelly Léon, conseillère municipale d'Herblay (CF) - Sébastien Lombard, conseiller municipal de Persan et secrétaire de section du Haut-Val-d'Oise (BNA, CF) - Julie Millet (Plaine de France) - Laurent Ortalda (CAS, Eragny-sur-Oise) - Jean-Pierre Petiteau (Ezanville) - Adélaïde Piazzi, conseillère municipale et secrétaire de section de Montmorency(CNC, BF) - Pierre-Louis Djeamson (trésorier de section du Haut-Val-d'Oise) - Guillaume Poisson, adjoint au Maire et secrétaire de section de Bouffémont - Pierre Radou (Cergy) - Shaistah Raja (Sarcelles) - Paul Ravoajanahary (Sannois) - Michelle Rinaldelli, conseillère municipale de Persan - Fabrice Rizzoli, conseiller municipal de Deuil-la-Barre - Gilbert Rousseau (Ecouen) - Gérard Sebaoun, ancien député (Franconville) - Maya Sebaoun (CFC, CAS Franconville) - Philippe Selosse, président de groupe et conseiller municipal d'Ecouen - Abdelkader Slifi, conseiller municipal d'Argenteuil - Aboubacar Sylla (Eaubonne-Montlignon) - Rafik Tebbi (Soisy-sous-Montmorency)...

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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 22:14

Retour aux fondamentaux. Face au naufrage électoral du PS français, Emmanuel Maurel se penche sur le berceau du socialisme pour en rappeler la raison d'être et la place qu'il doit prendre.

Marianne - tribune publiée dans l'édition du 9 au 15 février 2018

Emmanuel Maurel lors du conseil national du Parti socialiste du samedi 27 janvier 2018

Emmanuel Maurel lors du conseil national du Parti socialiste du samedi 27 janvier 2018

Dans un paysage politique compliqué, tâchons d'entrer avec quelques idées simples. En France, la donne électorale est profondément bouleversée. Il est trop tôt pour dire si les résultats de la présidentielle et des législatives marquent le début d'une ère nouvelle, ou s'il s'agit d'une simple parenthèse comme la vie publique en a parfois connu. Reste que le président de la République peut se targuer d'avoir réussi son pari : il est à la tête d'un bloc central dominant, qui rassemble ceux qui, venant de la droite comme de la gauche, ont été séduits par un message "optimiste" et « moderne » (la "Start-up nation").

La droite résiste un peu, car son socle sociologique est plus solide qu’il n’y parait. En revanche, concurrencé à gauche par la France Insoumise, et menacé à sa droite par En Marche !, le Parti Socialiste flirte désormais avec la marginalité électorale, au moins dans les scrutins nationaux.
Les raisons hexagonales du désastre sont connues : bilan calamiteux (au sens littéral du terme), campagne difficile émaillée de trahisons, confusion et ambiguïté au lendemain de l’élection du nouveau président.

Mais la double déroute du printemps dernier s’inscrit dans un processus plus large, celui de la crise structurelle de la social-démocratie européenne. Une crise qui n’épargne quasiment aucun parti de la « gauche de gouvernement » et qui a des racines à la fois idéologiques, stratégiques et sociologiques.

Confrontée à la dynamique nouvelle du capitalisme et à ce que le penseur allemand Hartmut Rosa a appelé la « société de l'accélération », la social-démocratie ne peut plus en revenir aux solutions traditionnelles qui étaient les siennes dans le cadre de l'Etat-nation. Mais elle n’a pas été suffisamment hardie, suffisamment courageuse, pour essayer d’en imaginer de nouvelles dans le cadre qui était pourtant censé être le plus pertinent, celui de l'Union européenne. Au mieux social-défaitiste, au pire sociale-libérale, elle est la grande perdante des dernières décennies.

Sa défaite n’est pas seulement électorale, elle est avant tout culturelle. Quand elle ne se livrait pas carrément à d’hasardeuses expérimentations de triangulation (voir Tony Blair ou Gerard Schröder), elle a singulièrement manqué de vigilance face à l’offensive menée par les idéologues du néo libéralisme qui ont toujours pris la vie de l’esprit au sérieux. Et qui, faute de combattants, parviennent à imposer leur grille de lecture du monde et leur vocabulaire : le travail devient un « coût », les usagers des « clients », le salaire différé des « charges », l’action politique se dilue dans la « gouvernance ».

A cette perte de repères s’ajoute une hésitation stratégique que la situation du SPD allemand illustre en ce moment même : pour avoir, à plusieurs reprises, refusé de gouverner avec le reste de la gauche, les sociaux-démocrates allemands, malheureux, en sont réduits à diriger leur pays avec Madame Merkel, accréditant par la même la thèse de l’indifférenciation entre la droite et la gauche. La Grande Coalition, présentée comme un rempart à l’extrême droite menaçante, ne contribue en réalité qu’à la nourrir davantage. Mais les partisans de l’alliance avec la droite ou le centre droit ne désarment pas pour autant, et ils sont nombreux en Europe (à commencer par l’italien Matteo Renzi) ceux qui rêvent à voix haute d’un scenario « macronien » de dépassement des clivages prétendument anciens

Si la conscience de classe s'est étiolée, la réalité de l'exploitation demeure.

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant de voir la base sociale traditionnelle des partis socialistes, à quelques heureuses exceptions près, s’en détourner progressivement. Le décrochage de l’électorat ouvrier est incontestable. En France, il est spectaculaire.

Longtemps "interclassiste", le PS a été ce que la science politique appelle un "catch all party", un "Parti attrape tout". Maintenant qu'il n'attrape plus grand monde, il est bon de repartir de la sociologie.

Renouer avec le corps central de la société n'est pas seulement un impératif électoral. C'est avant tout une obligation morale. Le socialisme est né de l'indignation devant les injustices : sa mission historique, sa raison d'être, c'est l'amélioration des conditions de vie matérielle de celles et ceux que le système accable. Or si la conscience de classe s'est étiolée, si les frontières entre les groupes sociaux sont plus poreuses qu'hier, la réalité de l'exploitation (oh le gros mot !) demeure. Le rôle d'un parti de gauche c'est d'homogénéiser les revendications de ceux qui se croient dissemblables. Oui, en dépit des mutations de la société, les ouvriers, les employés du public et du privé, les jeunes en formation, les chômeurs, la majorité des retraités, les intellectuels précarisés, les artisans, et même les patrons de PME, ont un intérêt objectif à ce que le travail soit préféré à la rente, la production à la spéculation, etc.

De cet objectif prioritaire il faut tirer les conséquences programmatiques : sans nier les mutations qu’il subit, il est bon de rappeler la centralité du travail, les conditions dans lesquelles il s’exerce, les salaires qui en constituent le prix, les moyens d’en donner au plus grand nombre. Mais cela implique aussi de s’attacher aux effets de la mondialisation sur la géographie, et de remettre l’égalité entre les territoires au cœur de nos préoccupations : le refus du « tout métropole » qui condamne des départements entiers (et ses populations) à la relégation, la défense et la promotion des services publics de proximité, une action résolue en faveur du logement accessible et des transports.

Renouer avec nos fondamentaux, c’est ainsi assumer que dans une société qui exalte le risque et l’individu, nous préconisions de construire des protections collectives. Protéger notre environnement, protéger les salariés et ceux qui aspirent à l’être, protéger nos entreprises, nos savoir faire et nos territoires d’un libre-échange dévastateur : ceux qui se croient modernes parce que le monde les a changés plus qu’ils n’ont changé monde trouveront surement à redire.
Mais les archaïques ne sont pas ceux que l’on croit. A bien des égards, le " nouveau monde" ressemble furieusement à l'ancien régime. Les logiques de domination s’y expriment avec une étonnante brutalité. Quand un plan de licenciement massif entraine une envolée du cours de bourse, quand les denrées alimentaires font l’objet de répugnantes spéculations, la régulation seule s’impose comme une réponse rationnelle. Quand la compétition de tous contre tous s’avère épuisante pour ceux qui s’y adonnent comme pour ceux qui la subissent, la coopération apparait plus désirable et plus efficace. Enfin, au moment où des multinationales n’ont que faire des Etats, des frontières et des règles, et rêvent tout haut d’entreprises sans usine et de marché sans entrave, la belle et grande idée de souveraineté recouvre toute sa pertinence. Car c’est peut-être l’aspect le plus préoccupant de la modernité libérale : cette contestation par le marché de la démocratie, de l’apparente raideur de ses rites, de la lenteur de ses procédures et du caractère collectif de ses délibérations.
 
Régulation, coopération, souveraineté : le socialisme moderne se reconstruira à partir de ces grands principes. Comme il se nourrira des luttes qui s’organisent, souvent au niveau mondial, esquissant, sans s’en rendre compte, les contours d’une nouvelle Internationale : celle qui épouse la cause écologique sous toutes ces formes, dénonce les risques des mega accords commerciaux, combat la malbouffe et l’insupportable gaspillage alimentaire, se mobilise contre l’évasion fiscale, contre l’invasion publicitaire, contre l’uniformité culturelle. Comme il s’inspirera de l’action de nos collectivités territoriales qui expérimentent les circuits courts et le produire local, les territoires zéro chômeur de longue durée, le revenu de base, et des centaines choses encore qui sont autant de résistances à l’emprise de la société de marché sur nos vies.

Par un curieux paradoxe dont la vie politique a le secret, ce sont des vieux messieurs aux cheveux blancs et aux convictions inébranlables (Bernie Sanders et Jeremy Corbin), longtemps marginaux dans leur propre famille politique, qui sont entrés en résonance avec le monde nouveau, mobilisant, contre toute attente une jeunesse avide de sens autour d’un slogan simple mais fécond : « for the many, not the few ». Nous ne sommes pas obligés de les imiter. Mais cette synthèse entre les fondamentaux du socialisme et les luttes nouvelles est à coup sûr une piste à suivre. 

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29 janvier 2018 1 29 /01 /janvier /2018 11:06
L'Union & l'Espoir

Cher.es. Ami.e.s, Cher.e.s Camarades,

Vous trouverez ci-dessous le texte d'orientation n°4 intitulé "L'Union & l'Espoir" qui a été déposé et validé samedi après-midi lors du conseil national du Parti socialiste par Emmanuel Maurel et 31 autres membres titulaires du CN (le plus grand nombre de parrainages recueillis à se stade parmi les quatre textes d'orientation enregistrés).

Nous t'invitons à le lire tranquillement, à le faire connaître, à le signer et le faire signer par les militants socialistes de ta section.

Nous nous tenons à ta disposition pour organiser débats et rencontres.

L'équipe valdoisienne de L'Union & l'Espoir

 

PS : sous le texte tu trouveras la liste des 500 premiers signataires, classés par ordre alphabétique

Emmanuel Maurel, député socialiste européen, premier signataire de "L'Union & l'Espoir", lors du conseil national du Parti socialiste samedi 27 janvier 2018

Emmanuel Maurel, député socialiste européen, premier signataire de "L'Union & l'Espoir", lors du conseil national du Parti socialiste samedi 27 janvier 2018

Les 500 premiers signataires :

 

Abauzit Marjorie, SF, 81  – Adroit Sophie, AM, VP com. com, CN, 31  – Afroune Larbi, 75  – Aguirre Annick, CN, 33  – Aigloz Bernard, 1  – Aissani Farid, CF, 93  – Aït Oihmane Mohammed, 67  – Alarcon Anthony, CM, SF, CF, SdS, 30  – Alexandre Alain, BF, 62  – Alexandre Tunc, CM, CC, CF, 51  – Alexia Nguemandji, 51  – Alix Nicolas, CM, Président de Groupe, SdS, 77  – Alonso José, 3  – Alonzo André, CF, 34  – Amara Zina, 75  – Ambrosino Jean-Pierre, 13  – Amich Lassaàd, CM délégué, 78  – André Gérard, AM et conseiller communautaire, 54  – Antoine Perrin, 44  – Aubert Joël, 4  – Audet Vincent, 3  – Auffray-Milesy Marigrine, CAS, 75  – Aulnette Jean, Président d’association, CF, SdS, 44  – Aya Medous,    – Ayata Slimane, CM, CF, 61  – Baglin Annie, AM, 14  – Baillet Dominique, 75  – Bailleul Henri, 2  – Baillon Florence, FFE  – Bak Marianne, AM, CF, 95  – Balme Bernad, TdS, 34  – Baran Heval, 51  – Barat Joëlle, CR, CN, 8  – Baron Philippe, CM, VP agglo Auch, SF, 32  – Barry Martine, CFCF 47, 47  – Barusseau Fabrice, Maire, VP agglo Saintes, CD, 17  – Bateux Hervé, 76  – Batot Emilien, 85  – Batoux Philippe, CNCF, 84  – Baud Jean Baptiste, CNCF, 74 – Baumel Laurent, ancien député PS, BN, 37  – Baydar Serhat, 51  – Belaredj-Tunc Hadhoum, Conseillère départementale, 51  – Belkhodja Tarik, BF, 83  – Belloc Augustin, CAS, 75  – Belz Hubert, 90  – Ben Abdallah Medhi, 68  – Benmarnia Nassera, SdS, BF, 13  – Bentegeat Romain, 93  – Berardi Fabrice, AM, 13  – Béraud Robert, TdS, 42  – Berlemont Carole, CM, 2  – Bernard Jacques, CAS, 85  – Bernard Robert,   – Berneau Thierry, 54  – Bérot Laura, CM, CN, CF, 95  – Berruyer Marie-Hélène, 42  – Bertholet Henri, ancien Député 26  – Besnier Thierry, 93  – Bidaud Marie, BN, CN, 32  – Bikoué Arsène, 94  – Bizeul Alexandre, CAS, 75  – Blanchon David, premier secrétaire fédéral, 10  – Blazy Pierre, BF, 95  – Boeuf Daniel, BF, 13  – Boitel Cécile, 59  – Bonnet Solange, 54  – Bony Roland, CM, TdS, 77  – Botton Eric, Secrétaire de Section, CF, 45  – Bouaziz Claudine, 2  – Bouaziz Georges, 2  – Bouchet Michel, 12  – Bouclet Marc, SdS, CF, 62  – Boudon Jean-Michel, CF, 92  – Boué Jean-Marie, 33  – Boulakhras Marine, 73  – Bourdier Jacqueline, AM, 3  – Bourdier Pierre, 3  – Bourdon Claude, Administrateur CLAs Commune déléguée, CF, 50  – Bourdut Claude, 3  – Boutaleb Mô, 69  – Boutiflat Dylan, CNCF, BF, 75  – Bremaud Jean-Dominique, 49  – Brochand Edwige, CF, 79  – Brochand Marc, CFC, 79  – Brugerolle Léopold, ex BF, 86  – Bureau Jocelyn, Elu métropolitain et municipal, 44  – Bureu Jacqueline, 11  – Cabezas Denise, SdS, 33  – Cabirol Michel, CF, 75  – Caccamo Joseph,   – Caillet Sylvette, CM, 86  – Caillié Albine, CM, 95  – Camprasse Marianne, SdS, 51  – Camprasse Robin, 51  – Candido Suzy, 31  – Carlier Patrick, CM, CF, SadS, 62  – Carret Christian, SdS, CF, 63  – Carriat Adeline, 75  – Casals Joseph, 75  – Cassany François, CN supp, 3  – Catalan Dominique, CF, 80  – Cavalière Christian, 24  – Cesa Johan, CN supp, 42  – Chabasse Gérard, 35  – Chabrol Guillaume, BF, 67  – Challet Rodolphe, CD – Président du groupe, 79  – Chantecaille Martine, CM, CN, BF, 85  – Chapelais Jean Paul, 44  – Charité François, 68  – Charlotte Youra, 17  – Charnet Patrice, CF, TdS, 11  – Charraix Isabelle, 75  – Chehet Sylvie, CF, 77  – Chenot Monique, 77  – Chevalier Pierre, 27  – Chevalier Ghislaine, 65  – Chevrier Jean-Claude, AM, 95  – Chrétien Luc, CM, 37  – Cicek Umut, 95  – Cieplik Bernadette, CM, CF, 77  – Cissé Ernestine, CF, TdS, 91  – Claireaux Françoise, 92  – Claverie Jean-Pierre, BNA, 47  – Colin Etienne, 75  – Colombani Marc, BF, 9  – Comino Jean-Marc, ancien CM, 81  – Condolf Muriel, CD, BF, CF, 35  – Confortin Clarisse, 31  – Coquelet Michel, ancien élu, 37  – Cordier Philippe, 95  – Cordoeiro Manuel, 77  – Cornevin Bernard, 75  – Coste Béatrice, CAS, 29  – Cottin Roland, 71  – Coubaillon Lucien, 3  – Coumel Jean-François, BF, 30  – Courbou Daniel, ancien CG, ancien AM d’Albi, 81  – Coutel Alain,   – Crayssac Bernard, BF, 5  – Crinon Bruno, 95  – Crusener Didier, 64  – Dague Didier, CM et conseiller communautaire de Cergy-Pontoise, CFC, 95  – Dalbard Francois, SadS, 34  – Damon Marc, CF – CAS, 42  – Darmon Jacques, 75  – Daumas Jean-Claude, 4  – Daures Michel, 34  – Daviet Hélène, CM, 3  – De Arriba-Sellier Nathan, FFE  – De Laporte Bertrand, CAS ancien SdS, 44  – De Morgny Arnaud, BF, 75  – Dedet Pierre, Ancien CM, CF, SF, 18  – Dedieu Olivier, 34  – Delcasse Arnaud, CNC, 6  – Deleau Didier, AM, CF, 62  – Deleyrolle Claude, CM, 7  – Denèfle Jean-Pierre, TdS, 54  – Denferd Elsa, 3  – Dequidt Roland, CF ou BFA ?, 59  – Derya Yildiz, 51  – Deschereux Christian, 86  – Desmoules Guillaume, SdS, 3  – Detoua Omer, 51  – Dez Anne, 7  – Digeaux F Abrice, 51  – Dominique Viseux, 51  – Dosoruth Sandra, BNA, 75  – Drioli Adrien, CNC supp, 69  – Dubois Jean-Claude, 66  – Ducome Patrick, BN de la CNE, 75  – Dudouit Lionel, CF, TF ?, 74  – Dufour Gilles, CF, 63  – Dugué Caroline, CNCF, CF, SdS, 44  –  Dupland Jean-François, CF, 95  – Dupond Cédric, CN, TF, 62  – Dupont Federici Thomas, CM, SF, SdS, 14  – Dupont Federici Serge, TdS, CF, 62  – Durand Edouard, 29  – Duron Florian, SF, CF, CAS, 42  – El Metalssi Amina, CM, 93  – Elisabeth Fontaine, CF, 34  – Emilie Mottier, Conseil Fédéral – Emmerlinck François, SdS, 62  – Erol Etem, 51  – Erol Yavuz, 51  – Ertel Pau Roland, CFC, 91  – Esberard Jean-Luc, 83  – Escande Olivier, CM, 31  – Etelbert Anthony, SF, 75  – Ethem Erol, 51  – Faggion Sébastien, CF, 77  – Faravel Frédéric, BF, CN supp, 95  – Fatiot Léon, SdS, 4  – Fayet Renaud, 37  – Fernagu Xavier, 78  – Ferreira Anne, CN, BF, 2  – Février Denis, CF, 95  – Fiaud Jean-Claude, 75  – Filion Jean-Bernard, 24  – Fleurat Dominique, CN, 36  – Fleuret Jean Francois, 86  – Fontagneu Sébastien, CF, SdS, 95  – Fontaine Catherine, 77  – Formentin-Mory Yves, CM, ex sec sec et délégué de circonscription, 29  – Fortin Théo,   – Fraboulet Simon, 14 – Francois Karine, AM, CR, 70  – Franck Koulou, 51  – Fricot Luc, 95  – Fricot Monique, 95  – Fudal Alain, CAS, 77  – Gadet Louis, BNA supp, 94  – Gagna Jean-Claude, 75  – Gaillard Julien, SF, BF, 65  – Garcia Marie-Carmen, 31  – Garcia Nora, 31  – Garcia Jean-Claude,   – Garcin René, BFA, 5  – Garcin Thierry, CM, BFA, 95  – Garnier Erik, BF, 84  – Gaudefroy Jean-Marc, CF, CAS, 92  – Gausserand Thierry, 31  – Gautier Slone, CD, 11  – Gay Géraldine, CN, BF, 11  – Geindreau Thomas, 2  – Gendre Pierre, 75  – Geneix Christophe, CNCF, 30  – Georg Jean-Marc, 71  – Georges Merley, 42  – Gérard Francis, premier secrétaire fédéral, 37  – Ghielens Pascal, CN supp, BF, 62  – Giacalone Brice, CN, 14  – Girardin Olivier, Maire, BN, 10  – Gleizes René, BF, 46  – Glize Jean-Michel, 95  – Godard Yves, SF CAS, 37  – Gonzalez Angel, ex trésorier, 17  – Gorce Gaëtan, ancien député et sénateur PS, CN, 58  – Goudal Philippe, 77  – Goujon Nelly, 2  – Goze Jean, ex CM, CAS, 78  – Gracianette Bernard, CFC, 40  – Gralepois Alain, ancien premier secrétaire fédéral, 44  – Gratacos Anthony, CM, CNCF, BF, 77  – Grégory Bernard, CNC supp, 86  – Grenier Vincent, BF, 44  – Grévin Michel, 2  – Grèzes Victor, 3  – Grimaldi Patrick, CM, 13  – Gritteret Noël, CAS, 13  – Grosheny Danièle, 54  – Guerre Jean Michel, CR, CM, 3  – Guibert Jean Pierre, CM, SdS, 73  – Guilcher Dominique, CN, 13  – Guillot Jean, 33  – Guy Marie-Jeanne, 11  – Guyot Philippe, SdS, 42  – Hablot Stéphane, Maire, VP du CD, VP Grand Nancy, 54  – Hadj-Boaza Mohamed, BN, Premier secrétaire fédéral, 16  – Hamelin Fabrice, SF, BF, 77 – Hénocque Denise, 69  – Hénocque Gilles, 69  – Henquinet Céline, CM et conseillère communautaire, CN, BF, SdS, 54 – Herbert Laure, SdS, 94  – Hernandez Clément, CAS, 11  – Hernandez Thibaut, 78  – Hévã¢L Baran, 51  – Hillairet Pierre-Marc, CF, 22  – Homps Paul, 31  – Horchani Sara, 21  – Houacine Amandine, 2  – Houacine Didier, 2  – Hourcade Patrick, 13  – Houssein Ismael, CM, 16  – Ibésévic Kémal, Cf, TdS, 62  – Jaber Samia, CD, CM, 90  – Jabut Gérard, BFA, TdS, 69  – Jacqueline Delafolie, CAS,   – Jaillant Philippe, 2  – Janssens Michel, 75  – Jaunet Pierre, 85  – Jean Jean-Michel, CM, CAS, CF, 11  – Jean Claude Garcia, Président BFA,   – Jean Luc Prim, TdS – Jean Luc Prim, TdS – Jean Marie Barat, 8  – Jimeno Lydia, 93  – Job Calvin, CM, CF, 95  – Joste Nicole, CF, 68  – Jouanelle Jean Paul, CN supp, 972  – Jouvenet Jérôme, 69  – Juillard Christophe, TdS, 71  – Julien Pierre-Clément, 75  – Jutel Elisabeth, CR, 79  – Kastler-Vassilievitch Jean-Loup, CM, BF, 1  – Kerlan Marie-France, 35  – Khatir Saliha, AM, 59  – Khokhar Mubbashar, CM délégué, CF, SdS, 94  – Khokhar Sajjad, CF, 94  – Klebek Stéphanie, BF, CN supp, 7  – Klein Guillaume, BFA, SdS, 34  – Koulou Franck, 51  – Lablanche Jacqueline, SF, 42  – Labourel Raymond, 4  – Labyed Samia, 51  – Lacombe Olivier, SF, BF, CAS, 46  – Lacote Jacques, 78  – Lafon François, 9  – Lakuriqi Ledion, 69  – Lalot Carole, 45  – Lamaziere Jacques, CM, 44  – Lancon Jean Pierre, BF, 2  – Lanternier Ugo, CF, CN supp, 93  – Lantier  , CM, CC, 86  – Lantner Roland, CF, 94  – Laorden Franck, SF, SdS, 14  – Larde Maurice, 62  – Lasne Louis, 3  – Laugel Tanguy, CF, 67  – Lavialle Christophe, AM, CF, 45  – Le Jeune Martine, Maire, 44  – Le Moal Anne, CNE, 93  – Le Pape Yves, 69  – Lefebure Pierre, 75  – Lefebvre Rémi, CN, BF, 59  – Lemaire Serge, BF, 62  – Léon Nelly, CM – Ancienne CG, CF, 95  – Leoty Mireille, 15  – Lepage Philippe,   – Leygonie Marc, 30  – Lheureux Thierry, ex SF et SdS, 40  – Lheureux Nicole, BF, 62  – Lienemann Marie-Noëlle, VP du Sénat, BN, 75  – Lieppe De Cayeux Valérie, 1ère AM, 44  – Lionel Pelorce,   – Lobgeois Jean-Luc, 2  – Lombard Sébastien, CM, CF, SdS, 95  – Lonlas Brigitte, CM, 17  – Louardi Mallem, 4  – Louessard Jacques, BF, 47  – Louis Marianne, 91  – Louvet Vincent, 14  – Luis Fernandez, AM, SdS, 40  – Maclet Bernard, Ancien Maire, Ancien premier secrétaire fédéral, 1  – Maheu Alain, 17  – Maizières Laurent, 1er AM, 54  – Malavaud Henri, CM, 3  – Malhomme Robert, 42 – Manon Mickael, CF, 30  – Manteghetti Alain, 34  – Massicot Pascale, CR, BF 58 – Marchenay Marcelin, 77  – Marciniak Brigitte, CM, SdS, SF, CN, 16  – Marco Olivier, CFC, 75  – Marianne Camprasse, SdS, 51  – Marmoz Raoul, 92  – Marnay Serge, 17  – Martin Benoît, 77  – Martin-Wortham Julie, 77  – Marty Anne-Marie, SF, 94  – Maruejouls Daniel, CF, 82  – Massat Jean-Pierre, SdS, 33  – Mathieu Sylvain, premier secrétaire fédéral, 58  – Maurel Evelyne, CAS, DF, 13  – Maurel Emmanuel, Député européen, BN, 95  – Maurice Frédéric, CM, 54  – Maurin Dominique, SF, 58  – Mazé Christian, CF, TdS, 7  – Mebarek Nora, BN, 13  – Mechta Karim, 31  – Medous Aya, 51  – Mella Florent, 17  – Ménage Carine, CR, AM, CF, 72  – Mercier Michel, 71  – Mériaux Claude, 33  – Merley Georges, 42  – Méry Valérie, CM, SdS, 93  – Metayer Sabrina, CM, SF, 93  – Meunier Daniel, SdS, 36  – Meynet Frédérique, CM, Trésorière fédérale, 74  – Michel Sophie, 13  – Michel Jean-Marie, Ancien AM, CF, 84  – Michel Jeanlin, 91  – Michel Derain,   – Miermont Laurent, CN supp, 75  – Minier Jean-Luc, CM, BNA, 89  – Mohamed Rafai, CM, CC, CN, BF, 13  – Moine Nathalie, CM, BF, 77  – Mokhtar Djerdoubi, BF, 93  – Molle Dominique, CM, CN supp, BF, SdS, 63  – Mondon Marc, SdS, 42  – Monfront Christophe, 60  – Montavon Gilles, 67  – Montmaron Michel, SdS, 71  – Moreau Emilie, SdS, FFE  – Mouillard Arnaud, SdS, 76  – Moulharat Danielle, 3  – Moulinier Guy, 7  – Mounier Sébastien, CF, 78  – Mouret Olivier, AM, président du groupe, CN supp, 76  – Mudanssir Mohamed Sabiu, CAS, 77  – Mukkaden Stéphane, conseiller consulaire de Norvège, FFE  – Myriam Tournemaine, CM, CF,     – Naït Abdelaziz Mezhoura, 8  – Nancy Alexandrine, CM, 78  – Nativel Michel, CF, 6  – Nedelec Patrick, SF, TdS, 13  – Neguemandji Alexia, 51  – Neven Marinov, 51  – Nicolas Jean-Louis, 83  – Noé Jean-Laurent, CF, 34  – Norden Eugène, CF, SdS., 972  – Oderda Marion, CN, 93  – Oehler Serge, AM, 67  – Ohrel Patrick, SdS, 67  – Olivier Andrau, CMD, CF,   – Orliac Jean, Ancien CM, CF, 82  – Ortalda Laurent, CAS, 95  – Oukrate Françoise, BF, 30  – Ouraoui Mehdi, BN, 64  – Oussaad Mabrouka, 51  – Oussaad Nadine, 51  – Oussaad Robert, 51  – Pã‰Tot-Saffroy Emmanuelle, 91  – Pagès Fabrice, SdS, 34  – Parrot Antoine, CNC, SF, BF, 40  – Pascal Jean-Michel, 16  – Pasquet Thierry, SF, SdS, 87 – Pautre Philippe, CAS, CF, 93  – Pech Louis, 11  – Pech Nelly, SdS, 11  – Pedretti Mario, CM, SdS, 59  – Perez Gisèle, ancienne VP du CG de l’Isère, 38  – Pericey Bertrand, SF, 75  – Perrin Henri, 91  – Petit Roger, CM, CF, 89  – Pétrieux Liliane, SdS, 59  – Peycharand Jean-Louis, SF, 2  – Phipps Colin, 92  – Piazzi Adélaïde, CM, BF, CNC, 95  – Picard Charlotte, CN supp, BF, 57  – Picquet Valérie, 69  – Pierre-Louis Djeamson, SdS adjoint, 95  – Pierson Georges, 77  – Pilet Pascal, CFC, 33  – Plaza Maria, 91  – Poirot Alain, 54  – Porin Marc, TdS, 78  – Pougnant Hélène, 17  – Pouydesseau Jean-Pierre, 91  – Pouydesseau Mathieu, militant du SPD à Berlin,   – Pozzoli Bernard, Maire,CD, 3  – Pradeille Laurent, CM, CNCF, BF, CF, 34  – Prat Laurent, 11  – Préville Angèle, Sénatrice, AM, CD, 46  – Proyart Gérard, 86  – Prunié Brigitte, 3  – Radou Pierre, 95  – Rafai Mohamed, CN, 13  – Raymond-Rossi Marie José, CN supp, 75  – Régnier Juliette, 54  – Remy Nathalie, 7  – Renault Alice, CN supp, 67  – Rezzouki Mohamed, 2  – Ricard Jean, SadS, 34  – Richard Jean-Luc, ex-élu municipal, ex CF, 35  – Richard Philippe, 94  – Richard-Molard Gabriel, CN supp BF, FFE – Rinaldelli Michelle, CM, 95  – Rivalleau Bernard, CM et communautaire, TF, 16  – Robert Provain, ancien Maire et ancien CG, SdS, 33  – Robin Camprasse, 51  – Rochon François, 94  – Rodier Martial, 36  – Rodriguez Christine, 61  – Rousseau Serge, SdS, 29  – Rousseau Michèle, 85  – Roux Paulette, 50  – Roux Claude, ex élu, 83  – Ruff Annick, 17  – Rumas Stéphane, CM, SdS, 59  – Safran Mehmet, 51  – Santerne Gilles, CF, 62  – Santolini Helene, 7  – Saphy Yves, ancien AM, 40  – Saulnier Marie-Thérèse, 71  – Saurat Bernard, 86  – Scaviner Yves, 42  – Schmidt Henriette, 16  – Schmidt Roger, SdS, 16  – Schneuder Claude, SdS, 93  – Schwander Elodie, BN, 1  – Scuderi Thomas, AM, 57  – Sebaoun Gérard, ancien député PS, 95  – Sebaoun Maya, CM, CFC, CAS, 95  – Sebert Maxence, CM, BF, CAS, 61  – Sedano Antoine, 86  – Selosse Philippe, CM, président de groupe, 95  – Serayet Michel, TdS, 26  – Serhat Baydar, 51  – Sfeir Ramzi, BF, FFE  – Sias Pierre, CN supp, SF, 83  – Sibe Robert, 33  – Sibel Baydar,   – Simon Pascal, 2  – Simon Fraboulet, 14  – Site Pierre, CM, conseiller communautaire, 35  – Slifi Abdelkader, CM, 95  – Sobella Henri, CF, 34  – Soissons Jean-Claude, 2  – Sola-Lyon Dominique, AM, 3  – Soliman Sandrine, SF, BF, SdS, 81  – Soltani B, 4  – Soupply Hervé, 2  – Stark Jérémy, SdS, 67  – Steinfeld Jean-Alain, VP du BNA, TF, 93  – Stéphanie Klebek, Ex. CM, BF, 7  – Subra Dominique, AM, 9  – Sulim Jérôme, ancien CM de Nantes, CF, 44  – Suss Gérard, 75  – Suzan Georges, Maire, SdS – Pdt UDESR 42, 42  – Sylla Aboubacar, 95  – Szwarzberg David, 93  – Tanné François, 22  – Tasdelen Lise, 51  – Tasdelen Umut, 51  – Tasdelen Baydar Sibel, 51  – Tata Hélène, 75  – Tatareau Anne, 33  – Tebbi Rafik, 95  – Teillet Marc, 94  – Therain Antoine, CNC, 35  – Thiercelin Dominique, TdS, 86  – Thierry Hennebelle, 93  – Thomas Odile, 93  – Thomas Olivier, Maire, CR 91  – Tillay Anne-Juliette, CN suppl, 93  – Tironneau Gérard, 38  – Touchard Francis, Président CFC, 62  – Toulors Amin, 2  – Tournemaine Myriam, CM, CF, 62  – Tripoteau Damien, SdS, 85  – Tunc Alexandre, CM, 51  – Urgin Axel, CN, 94  – Urrutia Ruben, 84  – Valle-Robert Lucienne, 42  – Vallet Mickael, Maire de Marennes, CD, Président de la Com com, Président du Pays, 17  – Vandembroucq Damien, 75  – Vanderplancke Jean-Pierre, 2  – Vasnier Bertrand, conseiller d’arrondissement, CN, BF, 75  – Vasseur Matthieu, 75  – Vasseur Daniel, CN, SF, 94  – Vautrin-Djedidi Martine, Conseillère AFE, CF, FFE – Venancio Eloise, CN supp, 52  – Vendé Eric, 85  – Verdiere Claude, 51  – Vergnier Michel, Maire, 23  – Vesperini Jacqueline, CF, 13  – Vicens Annie, TdS, 91  – Vidal Margaux, CF, 69  – Vif Bruno, 3  – Vignolles Clément, 78  – Vigouroux Frédéric, Maire, BN, 13  – Vila Georges, 7  – Vincent Annie, 16  – Vincent Michaël, BF, CF, FFE  – Vogler Jean, 94  – Vollot Philippe, 94  – Vonthron Patrick, Maire, 60  – Vuillemot Marc, Maire, VP Métropole Toulon, 83  – Wane Ismaëla, CM, 78  – Wasniowski Evelyne, 54  – Wattelle Dominique, SdS, 2  – Weller Bernadette, SF, 53  – Whitney Anthony, 75  – Wolfrom Philippe, Ancien Maire et ancien CD, 73  – Wortham Françoise, SdS, CF, 77  – Wortham Geneviève, BN, BF, 77  – Yavuz Erol, 51  – Yildiz Derya, 51  – Zanetti Walter, 86  – Zegna-Rata Alain, TdS, 1  – Ziegelmeyer Béatrice, 67  – Zouaimia Assia, SdS, 42

 

CN : Conseil national

BN : Bureau National

CNCF : Commission Nationale de Contrôle Financier

CNC : Commission Nationale de Conflits

BNA : Bureau National des adhésions

CF : Conseil Fédéral

BF : Bureau Fédéral

Sds : Secrétaire de section

Tds : Trésorier-e de section

CAS : Commission Administrative de Section

 

CM : Conseiller-e Municipal-e

CD : Conseiller-e Départemental-e

CR : Conseiller-e régional-e

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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 14:03
Emmanuel Maurel, député socialiste européen, candidat au poste de premier secrétaire du Parti socialiste, le 22 janvier 2018

Emmanuel Maurel, député socialiste européen, candidat au poste de premier secrétaire du Parti socialiste, le 22 janvier 2018

Au lendemain de l'accord des sociaux-démocrates allemands avec les conservateurs de la CDU, où va la social-démocratie ? Quel avenir pour les socialistes français alors que se prépare le congrès de la "refondation". Pour en parler, Emmanuel Maurel, candidat de l'aile gauche du PS pour en prendre la tête, était l'invité de #LaMidinale.

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 15:42

Le PS n'est pas mort. C'est le message porté par Emmanuel Maurel, député européen et candidat à la présidence du Parti socialiste, invité politique du Grand Matin Sud Radio.

"Le PS est malade, c'est incontestable, a-t-il toutefois reconnu. Vous avez vu la défaite qu'on a prise au printemps dernier, c'est quelque chose d'historique ! En 2012, on avait tous les pouvoirs, même le Sénat, et cinq ans après, on flirte avec la marginalité électorale. Mais si je me présente, c'est que je pense qu'il est possible de relever le PS. On a la chance d'avoir des forces vives, des élus locaux, des militants qui ont envie d'un sursaut, qui ont eu le courage de rester et à qui il faut redonner un espoir. Pour que cet espoir se concrétise, il faut qu'on soit clairs sur un certain nombre de choses."

Et notamment le bilan du quinquennat de François Hollande, qu'Emmanuel Maurel juge de manière plutôt critique : "J'étais candidat [à la présidence du PS] en 2012 et je contestais certaines orientations du quinquennat. François Hollande venait d'arriver aux responsabilités et n'avait pas renégocié le traité budgétaire européen. Je disais que ça risquait de poser problème, ce qui s'est passé. J'ai contesté un certain nombre de choses mises en œuvre. Le pacte de responsabilité, notamment, sans aucune contrepartie. Ça a fini sur la déchéance de nationalité et la loi Travail, c'est là où j'étais le plus en colère."

Il faut qu'on retrouve le goût de la synthèse

Pour "relever le PS", donc, il y a du pain sur la planche, ce qui n'effraie pas l'ancien vice-président de la région Île-de-France. "Il faut proposer des choses aux Français, au pays, a poursuivi Emmanuel Maurel. Ça passe par l'obligation de rassembler la gauche. Le PS ne retrouvera sa centralité à gauche que s'il dialogue avec la gauche politique, la gauche associative, la gauche syndicale. C'est un chantier colossal, j'ai envie de le mener. Je pense qu'il faut qu'on retrouve le goût de la synthèse, c'est très important. C'est l'idée de faire vivre, au sein d'un parti, des sensibilités diverses pour aboutir à un compromis dynamique."

Un défi de taille, d'autant plus que la campagne pour la présidence du parti ne démarre pas de la manière la plus apaisée, à l'image de Delphine Batho, qui a qualifié le parti de "mafia" : "Jusque-là, elle ne s'était pas plainte ! Elle a plutôt profité de ce qu'elle dénonce ! Et prétendre diriger une organisation qu'on qualifie de mafieuse, c'est un peu curieux. Si on veut faire honneur au nom socialiste, il ne faut pas qu'on rentre dans ce genre de querelles qui sont insupportables et incompréhensibles pour les gens."

Écoutez l'interview d'Emmanuel Maurel, invité politique du Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 13:35

Nous entrons dans la phase active de préparation du congrès d’Aubervilliers. Dans cette perspective, je t’invite à prendre connaissance du texte ci-dessous et à le signer si tu en es d’accord. Le conseil national du 9 décembre a supprimé les contributions générales. Ce texte n’en est donc pas une. 

Il est un texte d’entrée de Congrès et de positionnement général dont la visée est un rassemblement large à vocation majoritaire sur des positions claires et sans ambiguïté. Il sera suivi par un texte d’orientation-nouveau nom des motions. 

Vous pouvez signer ce texte en envoyant un email à emmanuelmaurel2018@gmail.com en indiquant vos nom, prénom, fédération et vos éventuels responsabilités internes et mandats.

Emmanuel MAUREL

UNE RESPONSABILITÉ HISTORIQUE.

Notre parti, le Parti socialiste, connaît une situation inédite. La double déroute du printemps 2017 n’a en effet pas d’équivalent dans notre histoire politique. En 2012 nous avions tous les leviers pour transformer la société. Cinq ans plus tard, nous n’en avons pratiquement plus aucun. Jamais, sous la Vème République, un parti n’est passé si vite de l’omniprésence politique à la marginalité électorale.
Ce vote-sanction ne saurait s’expliquer par la seule « usure du pouvoir ». Pour nombre de nos compatriotes de gauche, ce quinquennat a représenté une perte des repères spectaculaire. Pacte de responsabilité, loi travail, déchéance de nationalité : les Français ne se sont pas reconnus dans ce que nous avons fait, et, finalement, ne nous reconnaissent plus.

Dans ce paysage politique profondément bouleversé, il serait déraisonnable de penser que nous reviendrons mécaniquement aux responsabilités. Il faudra plus que les fautes des uns ou les échecs des autres pour revenir au pouvoir. La reconquête requiert un travail collectif méthodique, humble, sérieux, et l’ambition assumée de changer la société : pour ceux qui souffrent le plus, la reconquête ne peut pas attendre.

Nous en sommes capables ! Parce que nous continuons à croire à l’actualité du message socialiste. Parce que, sur le terrain, des milliers de militants et d’élus continuent d’agir sans rien renier de nos principes communs. À celles et ceux qui ont eu le courage de rester, nous proposons de relever la tête, de viser l’horizon et de redonner l’espoir.

1. CE QUE NE DOIT PAS ÊTRE LE CONGRÈS D’AUBERVILLIERS.

Nous n’avons pas le droit ou le luxe de reproduire les figures habituelles. Évitons :
Un Congrès de « gouvernance », dans « l’entre soi », dont l’enjeu serait le choix du prochain syndic de copropriété, uniquement chargé de faire la police du bruit dans les étages du Parti. Au contraire : du bruit, il faudra en faire pour être à nouveau entendus. Et pour faire du bruit, il nous faudra être rassemblé autour d’une voix forte et claire.
Un Congrès « règlement de comptes » refaisant, dans l’indifférence des Français, le match du quinquennat. Bien sûr, nous devons tirer le bilan de l’expérience de 2012-2017. Mais à quoi bon se renvoyer la balle sur la responsabilité des uns et la faute des autres ? Cela nous ferait oublier qu’un parti vivant doit regarder en avant et pas systématiquement dans le rétroviseur.
Un Congrès « hors-sol », une juxtaposition de slogans creux et de digressions thématiques intéressantes mais sans rapport avec les vraies questions qui nous sont posées au lendemain d’une telle débâcle. Quelles réponses apporter aux enjeux économiques, sociaux, géopolitiques, régaliens, culturels qui interrogent, voire déstabilisent notre société démocratique ? Les Français ne nous jugeront dignes d’être à nouveau écoutés qu’à la condition de travailler sérieusement ces problèmes.

2. CE QUE DOIT ÊTRE LE CONGRES D’AUBERVILLIERS.

Le Congrès d’Aubervilliers doit constituer une première étape déterminante dans la reconstruction de notre unité et de nos perspectives collectives.

1. Réaffirmer la nécessité d’une voie socialiste distincte du social-libéralisme.

A l’heure où les inégalités se creusent à une échelle jamais observée dans l’Histoire, la social-démocratie se trouve comme paralysée. Alors que sa mission historique était de porter un meilleur compromis entre le capital et le travail au niveau des États-nations, elle semble y avoir renoncé depuis l’avènement de la globalisation. Pire, elle donne le sentiment de s’accommoder, voire, parfois, d’accompagner un nouvel ordre planétaire inégalitaire, individualiste, marchand.

Ce “modèle” de développement est pourtant condamné. Il détruit les solidarités et les écosystèmes. Il va même jusqu’à corrompre l’intégrité de la personne et de la conscience, sous l’emprise de la marchandisation et du consumérisme. Il est à proprement parler insoutenable.

C’est le paradoxe du moment  que nous vivons : au moment où la gauche peine, nous n’avons jamais eu autant besoin d’un socialisme républicain, antilibéral, écologiste. 

2. Assumer clairement les conséquences stratégiques qui s’imposent : opposition à la politique d’Emmanuel Macron, unité des forces de transformation de la société

Le Parti socialiste doit être sans ambiguïté dans le contexte national issu des élections. Nous sommes un parti  d’opposition et certainement pas la force supplétive d’une majorité clairement marquée à droite. 

Les six premiers mois du quinquennat (ordonnances Travail, suppression de l’ISF, flat tax sur les revenus financiers, baisse des APL, contrôle des chômeurs…) ont démontré de manière éclatante qu’on ne peut pas être socialiste « et en même temps » dans la complaisance à l’égard de Macron. Le cap a été donné, il ne changera pas. Idéologiquement, politiquement, économiquement, Emmanuel Macron est le Président des riches.

Pendant ce temps, la société civile continue d’évoluer et d’élaborer des revendications nouvelles. Ce faisant elle a produit de nouvelles formes de contestation et d’intervention dans le champ politique : la lutte pour la cause des femmes, les nouveaux comportements de consommation, la dénonciation des paradis fiscaux, la solidarité avec les migrants, la mise en accusation des pollueurs, la révolte devant l’avidité sans limites du capitalisme financier…

Ces nouvelles aspirations ont d’ailleurs été reconnues et prises en compte par la gauche. Dans les collectivités locales, les élus socialistes expérimentent et innovent. Beaucoup ont choisi les circuits courts face à la grande distribution et la malbouffe, de se battre pour faire reculer la pollution, la précarité ou la désindustrialisation, certains expérimentent le revenu de base… À leur échelle, ils contribuent déjà à la transformation écologique et sociale de la France.

Le Parti socialiste devra reconnaître et étendre ces expériences, tout en leur offrant un débouché politique à l’échelle de notre nation et du continent. C’est pourquoi sa ligne stratégique doit être celle d’un dialogue avec toutes les forces de gauche qui veulent transformer la société en profondeur. 

3. Pour renouer avec le corps central de la société

Nous considérons que la renaissance du Parti socialiste implique de renouer avec le corps central de la société, c’est-à-dire les millions d’ouvriers et d’employés qui se sont progressivement détournés de nous à partir des années 2000. Cela suppose de donner une priorité réelle dans nos programmes à des questions trop souvent esquivées ces dernières années, telles que le pouvoir d’achat des salariés ou la présence des services publics sur les territoires.

Partager les richesses

Le néolibéralisme déstructure et déshumanise, il empêche de bien travailler et sa rengaine de « l’insuffisante compétitivité » ajoute la démoralisation au stress, alors même que la productivité du travail est en France parmi les plus élevées du monde.

Les salariés attendent de nouvelles perspectives sur leur pouvoir d’achat, sur la sécurité sociale, la protection de l’emploi et la démocratie dans l’entreprise. Ils attendent aussi que nous ripostions fermement à la précarisation et l’atomisation sociale dont usent et abusent les entreprises « innovantes » et « disruptives » du monde merveilleux de l’ubérisation.

Aujourd’hui, les socialistes doivent continuer de se mobiliser contre les ordonnances Macron et la loi travail. Mais c’est aussi leur rôle de mener campagne pour l’augmentation du SMIC (au moment où le mode de calcul de celui-ci est remis en cause), de proposer une « loi islandaise » d’interdiction du moindre écart de salaire entre les hommes et les femmes.

Pour l’écosocialisme

Au risque de l’accaparement des richesses par une minuscule oligarchie, s’ajoute celui d’un désastre écologique et climatique, alors que l’on sait aujourd’hui que les engagements internationaux actuels demeurent insuffisants pour le conjurer, voire juste le limiter.

Qui ne voit, à gauche du moins, que les deux phénomènes, l’ultra-domination économique et financière des « 1% » et la catastrophe climatique, sont inextricablement liés ? L’extrême polarisation des richesses, les conditions insensées de l’exploitation du travail et des ressources naturelles, la dilatation des rapports de production et des profits dans la sphère financière : tout se tient.

Écosocialistes, nous lions le combat social et le combat écologique en renouant avec nos fondamentaux, et en renonçant à la course effrénée au profit et au productivisme, des périls mortels pour le genre humain.

Pour une relance des services publics

Enfin il n’y aura pas d’égalité sociale – et encore moins d’égalité entre les territoires – sans une relance des services publics. Nous avons laissé transformer La Poste, la SNCF, EDF, GDF, France Telecom, en entreprises sinon complètement privées, du moins complètement livrées à la concurrence.

Faut-il répéter que c’est là un pur non-sens ? Les services publics doivent fournir des services de qualité accessibles partout et à tous, ce que ne permet pas le marché. Ils nécessitent des investissements à 30 voire 50 ans. Comment pourraient-ils fonctionner correctement dans un cadre concurrentiel dont le long terme se mesure en mois ? Interrompre la marche folle à la marchandisation des services publics : voilà un axe politique majeur – et un sujet sur lequel mettre en scène la réfutation en actes des contraintes européennes.

4. Pour une Europe au service des peuples

En n’ayant pas su associer engagement européen et souveraineté démocratique, la gauche a été punie et il en a résulté une désaffection grandissante des peuples. Cette crise de confiance suppose de briser la logique austéritaire et inégalitaire de l’Europe et d’en revenir à son ambition initiale : celle d’un espace de solidarité, de prospérité et de protection pour tous.

Mais pour ce faire, nous ne pouvons plus nous payer de mots et d’incantations (« et maintenant l’Europe sociale »). Le risque d’une confrontation doit être assumé clairement, à l’avance, particulièrement pour ce qui relève de la gestion de l’euro, des politiques budgétaires, industrielles et de l’harmonisation sociale. La France doit cesser de sous-estimer sa capacité d’influence ; elle doit rompre avec l’illusion qu’on n’est « crédible » qu’en se montrant l’élève le plus docile et zélé de la classe européenne.

Notre responsabilité européenne nécessite aussi de s’opposer au règne du libre-échange intégral, sous-tendu ces dernières années par la multiplication de projets d’accords bilatéraux (CETA, Mercosur, Corée du Sud, Vietnam, Australie, Mexique…) dont les conséquences risquent d’être dévastatrices pour nos industries et notre agriculture. Les autres grands ensembles géopolitiques (USA, Chine…) veillent à leurs intérêts économiques, pourquoi l’Europe serait-elle la seule refuser de le faire ?

Enfin, comme on l’a observé à l’occasion des Panama Papers, Luxleaks et Paradise Papers, l’Europe s’est montrée faible face au pouvoir de l’argent. Certains États-membres, comme les Pays-Bas, le Luxembourg, se comportent en véritables paradis fiscaux. L’Union européenne est encore trop timide pour lutter contre la fraude. Ce n’est plus supportable. Dans ce domaine aussi, la France doit prendre l’initiative, en assumant le risque de la confrontation.

Les Français veulent se protéger et se projeter : se protéger des menaces de désindustrialisation, de précarisation, de communautarisme et de dérèglement climatique, et se projeter dans l’avenir, comme ils l’ont toujours fait jusqu’ici, en relevant les défis du monde. Entre d’un côté les partisans, au pouvoir, d’une libéralisation de tout et de tous et, de l’autre, les bonimenteurs du repli sur soi, notre Parti peut incarner cette double mission de protection et de projection. Il le peut, il le doit ; reste à le vouloir. C’est l’enjeu de ce Congrès.

5. Un parti conquérant

La lucidité impose de le reconnaître : parmi les causes de l’échec du quinquennat, il y a le rapport trop peu critique aux institutions de la Vème. L’acceptation du présidentialisme qui implique que tout soit soumis à l’exécutif, la trop grande influence de la technostructure d’État et de certains milieux d’affaire, ont nui considérablement à notre exercice du pouvoir. Dans le même temps, renonçant à son autonomie, le Parti a été volontairement inaudible.

Or le rôle du Parti socialiste, c’est d’être l’acteur vigilant de la transformation quand nous gouvernons.

Dans l’opposition, il s’engage dans des mobilisations exemplaires (et en premier lieu celle de ses élus locaux qui s’insurgent légitimement contre les premières mesures du nouveau pouvoir) et prépare la reconquête avec méthode.

Nous voulons que les militants soient les acteurs de la reconquête. Pour cela, nous proposons la tenue trimestrielle de grandes conventions, et le recours régulier au référendum militant pour trancher certaines questions essentielles. Il faudra également produire un effort réel pour apporter une forte formation aux militants.

Ensemble, réfléchissons à une nouvelle organisation qui valorise toutes les formes d’implication et d’engagement : local, bien sûr, mais aussi thématique, dans un secteur professionnel ou en entreprise.

Enfin, il faudra mettre en chantier l’élaboration d’un manifeste pour le socialisme des temps nouveaux dont l’objectif sera de confronter les fondamentaux de notre doctrine aux défis contemporains (numérique, biotechnologies, etc.) qui bouleversent l’humanité.

***
L’UNION ET L’ESPOIR !

Le Congrès d’Aubervilliers doit constituer une première étape déterminante dans la reconstruction de notre unité et de nos perspectives collectives.
En 74, un jeune premier, libéral et prétendument surdoué, parvenait à l’Élysée en incarnant l’aspiration au changement, tout en poursuivant une politique plus favorable aux rentiers qu’au monde du travail. La gauche rassemblée le battit dès la fin de son premier mandat.

En 93, le Parti socialiste perdait les trois quarts de ses députés. Par les commentateurs, il était condamné à des décennies d’opposition, voire à une disparition prochaine. Quatre ans plus tard, il dirigeait à nouveau la politique de la Nation, accomplissant la réduction du temps de travail et mettant en place la CMU.

À chaque fois, les conditions du succès furent les mêmes : l’union et l’espoir.

Certes, comme l’expérience militante nous l’a appris, l’union est un combat. Certes, l’espoir ne se décrète pas : il renaît lorsque nous dégageons l’horizon des Français et des Européens, lorsque nous refusons les fatalités qui aliènent, et lorsque nous proposons des mesures qui permettent à chacun d’entrevoir qu’une autre vie, au quotidien, est possible. L’espoir naît du droit aux bonheurs. Dans quatre ans, si elle redevient elle-même, la gauche gagnera.

À nous d’éclairer le chemin et plus nous serons nombreux, plus vite renaîtra parmi nos concitoyens l’espoir d’un monde différent.

Oui, un nouvel avenir est possible pour le Parti Socialiste et pour la Gauche !

L'ambition de gagner - avec Emmanuel Maurel

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19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 12:36
Paul Klee, Roses héroïques, 1938

Paul Klee, Roses héroïques, 1938

Faudra-t-il que chaque socialiste se fasse collapsologue ? On le sait, la science de l’effondrement a le vent en poupe. Les civilisations et les sociétés sont mortelles, c’est encore plus vrai des partis. Au terme d’un quinquennat éprouvant, le paysage politique français est dévasté : seuls les indécrottables optimistes sont assurés que le Parti Socialiste y jouera un rôle demain.

Il y a en effet peu d’exemples, lointains ou récents, d’un mouvement qui se redresse rapidement après avoir subi de telles défaites. Au-delà de “l’accident industriel” de la présidentielle (6,36%), le résultat des législatives (moins de 30 sièges et à peine 2 millions de voix, soit  8 de moins qu’en 2012 et plus de deux fois moins qu’en 1993 !) témoigne de l’ampleur du désaveu.

Et chacun de pronostiquer une “SFIO-isation” du PS (un délitement lent mais irréversible), voire même une peu glorieuse “PASOK-isation” (une dégringolade rapide). Rares sont ceux qui nous assignent un rôle autre que celui de simple supplétif : destin indigne de ce que fut notre parti, indigne de ce qu’il représenta dans l’histoire de la Vème République.

Sans être des fétichistes de l’organisation, tous les adhérents et les sympathisants du PS, et ce quelles que soient leurs convictions et leurs options dans la période récente, souffrent de cette image dégradée, de cette impression d’effondrement politique.

La foi dans la survie et le redressement du PS tient donc bien du pari, au sens quasi existentiel du terme. Un pari qu’il faut relever, mais en faisant preuve d’une humilité et d’une lucidité dont nous ne sommes pas coutumiers.

Humilité donc. Il est hardi d’affirmer péremptoirement ce qu’il convient de faire. Il est peut-être un peu plus simple d’énumérer ce qui, selon nous, il faut absolument éviter.

Le déni et la stratégie de la « volvation »

Premier écueil : ne pas verser dans le relativisme, voire le simple déni. Je sais qu’il est tentant, par temps de crise, de s’adonner à ce que, dans le règne animal, les zoologistes appellent la volvation : l’action de se rouler en boule, de se recroqueviller sur soi-même pour se protéger d’un monde hostile, d’une menace.

Relativiser, c’est ce que font les camarades qui pensent que la politique, à l’instar de l’économie, est régie par des cycles plus ou moins réguliers. En vertu d’une loi quasi naturelle, ce qui a été défait hier triomphera à nouveau demain. En bref, le PS, du fait des erreurs des uns et de l’impéritie des autres, serait mécaniquement appelé à retrouver la faveur des électeurs. On sait que ce cas de figure advint : Le redressement socialiste le plus spectaculaire intervint au milieu des années 90 : quatre ans à peine séparent la Berezina de 1993 de la victoire de 97. Dès lors, il suffirait d’un bon vieux ripolinage, agrémenté de couplets solennels sur la nécessaire “refondation” pour reprendre tranquillement la route : "business as usual". Mais la nouvelle configuration du paysage électoral et l’ampleur du désenchantement démocratique rendent ce scénario peu probable.

Peu probable aussi, la survie du PS sans un débat sérieux et approfondi sur notre bilan. Je comprends que certains, pas forcément mal intentionnés, jugent opportun d’enjamber la discussion sur le quinquennat passé, qui, inévitablement, ferait apparaître entre nous de vraies divergences à un moment où nous n’en avons pas besoin. Le risque est grand en effet que la discussion se résume à une confrontation entre un paresseux “c’est la faute de François Hollande” et un contestable “c’est la responsabilité des frondeurs”. Je fais le pari que nous formons un collectif suffisamment intelligent pour ne pas en rester là.  D’autant que rien ne nous empêche  de nous livrer à une lecture critique élargie à la dernière décennie. Mais il faut le faire, et vite. Si nous mettons le débat sous le tapis, les Français ne verront pas de raison d’interrompre ce qu’ils ont commencé, c’est à dire un grand coup de balai.

Ne pas verser dans le déni, ne pas occulter la nécessité d’un retour critique sur nos années de pouvoir, dresser lucidement la liste de nos faiblesses et de nos forces, de nos handicaps et de nos atouts.

Parmi ceux-là, il y a incontestablement la puissance de notre réseau d’élus. Pour autant, je ne crois pas que le salut viendra des seuls “territoires”.  Je suis loin de partager l’analyse de Jean-Christophe Cambadelis, qui, dans un récent entretien, nous assignait comme ambition de former “une confédération d’élus locaux qui conduisent une décentralisation écologique et participative”. C’est se rassurer à bon compte que de considérer que la persistance d’un socialisme local nous prémunit de graves déconvenues. La SFIO croupissante elle-même s’enorgueillissait de cette tradition d’implantation municipale qui la rendait supposément invincible. Ce maillage territorial peut retarder la disparition du parti, mais pas enrayer un processus. Le dévouement de nos édiles, les innovations dont nous sommes légitimement fiers, tous les brevets de bonne gestion imaginables, constituent des points d’appui intéressants. Mais ils ne pourront pas se substituer à un projet global et à une organisation nationale.

De la clarté avant toute chose

Sortis essorés d’un quinquennat qui nous aura vu tourner le dos à bon nombre d’engagements, malmener certains de nos principes les plus élémentaires et, par-là, décontenancer parmi nos électeurs les plus fidèles, il nous revient, pour rebondir, de sortir d’une ambiguïté mortifère.

La campagne de la présidentielle, mais surtout celle des législatives, laissera des traces durables. Au film navrant du divorce en direct entre un candidat légitimé par des primaires et des dirigeants tourneboulés a succédé le spectacle tragi-comique d’une panique générale, d’un concours parfois peu ragoûtant de « sauve qui peut »

Le nouveau pouvoir, dans sa grande mansuétude et avec une pointe de sadisme, a certes décidé d’épargner une poignée de députés sous prétexte qu’ils faisaient montre de bonne volonté (pendant que d’autres affrontaient le suffrage universel avec les seuls poing et rose). Mais la confusion ainsi entretenue ne pouvait que décourager jusqu’à nos électeurs les plus indulgents. Confusion qui devait se prolonger lors du vote de confiance au nouveau gouvernement, au cours duquel le groupe socialiste à l’Assemblée Nationale, pourtant réduit à portion congrue, se divisa en trois.

On me rétorquera que c’est l’honneur des socialistes que de savoir privilégier la nuance, la pensée complexe, et de fuir le manichéisme comme la peste. Mais si le clair-obscur a fait la fortune de certains grands peintres, il ne réussit guère aux politiques dans les périodes troublées. Pour être audible, nul besoin de grosse caisse : mais il faut que le coup d’archet soit net et précis pour être perçu distinctement dans le brouhaha.

D’où l’importance du débat sur notre positionnement par rapport au nouveau pouvoir. Nous sommes pleinement dans l’opposition. Cela ne signifie pas que nous versions dans la mauvaise foi. Mais que nous soyons capable, sans barguigner, de caractériser le “macronisme”. Les premiers mois du gouvernement Philippe nous y aident, et devraient, enfin, déciller les yeux de ceux qui “attendaient pour voir” ou qui rêvaient tout haut d’un “deuxième temps social-démocrate” du quinquennat. Car derrière le récit parfois habile et l’affichage volontariste, il n’y a rien d’autre qu’une grande entreprise, celle de la normalisation libérale au service d’une minorité de possédants.

Pour une refondation idéologique

Il est banalement évident qu’un parti de gouvernement comme le nôtre ne peut en rester à la seule dénonciation du pouvoir en place, même si celle-ci est un préalable. L’élaboration de contre-propositions est indispensable, quoique compliquée pour un parti qui vient de quitter le pouvoir : les gens nous ont vus à l’œuvre !

Certes, au delà du jugement sévère qu’ils portent sur le quinquennat (et singulièrement sur les deux dernières années qui nous virent sombrer avec la déchéance de nationalité et la loi travail), ils savent que nous ne manquons ni de bons techniciens, ni de bons gestionnaires. Mais cela fait longtemps que ce qui fut notre “base sociale” ne comprend plus quelle est notre visée ultime. Or un projet se nourrit d’une vision du monde, d’une grille de lecture de la société (j’ajouterai aussi d’un vocabulaire, tant celui ci, appauvri et technocratisé à l’extrême, semble souvent déconnecté de la réalité du monde réel). Aujourd’hui, à l’instar de bien des partis frères, nous ne nous contentons souvent que d’une vague allusion au “progressisme”, mot qui ne rassure guère tant il a été galvaudé.

Peut être serait-il donc utile d’en revenir aux fondamentaux : il n’y a pas de socialisme sans contestation radicale du système économique et de l’idéologie dominante qui le sert. Situation ô combien paradoxale ! Jamais la nature morbide du capitalisme n’est apparue aussi crûment dans la lumière. Violent, destructeur, irrationnel, générateur d’inégalités. Invivable donc, pour la majorité des habitants de la planète, et pour la planète elle même. Bref “une force qui va”, certes, mais surtout un système d’accumulation sans morale, sans autre but que sa perpétuation et sa “croissance” illimitée, alimentée par une consommation délirante. Or son emprise culturelle est telle que ceux qui sont censés lui opposer une alternative, à tout le moins organiser la résistance à sa course folle (les mouvements de gauche, et donc le nôtre) paraissent de plus en plus tétanisés, comme effarés par une dynamique qu’ils ont fini par croire irrépressible.

On invoque doctement la “complexité du monde” pour légitimer nos reculs et nos renoncements, là où, justement, les grandes mutations que nous connaissons (numérique, robotisation, urgence écologique, transhumanisme, etc.) rendent plus nécessaires encore la promotion d’une doctrine fondée sur l’émancipation, l’égalité, le primat du politique, le refus de l’argent roi, la souveraineté populaire.

La social-démocratie meurt de ne rien oser. Sa pusillanimité légendaire (quand elle ne se borne pas, au nom de l’audace réformatrice, à singer purement et simplement la droite) peut passer pour de la prudence bienvenue dans ce monde violent et incertain. Faute d’affronter le “mur de l’argent” et de construire un rapport de forces social susceptible d’imposer un compromis favorable au monde du travail, le camp progressiste en est réduit, trop souvent, à promouvoir comme seul et piteux message “avec nous, c’est mieux que si c’était pire”, certes enrubanné dans une communication parfois réussie. Ce social-défaitisme, qui n’est rien d’autre que la théorisation de notre résignation, explique que nous ayons été, progressivement, abandonné par les classes populaires que nous étions censés prioritairement défendre, sans convaincre les classes moyennes qu’on confond, à tort, avec les seuls habitants des métropoles intégrées.

Condamnée à lancer de vains anathèmes contre les “populismes” qui ne se nourrissent que de ses défaillances, à dénoncer le conservatisme “sociétal” de la droite pour mieux s’en approcher sur les questions économiques, la social-démocratie s’éteindra à bas bruit si elle ne reprend pas confiance dans l’actualité de son message et la pertinence de son combat. Cela implique de remettre l’égalité au cœur de son programme. Et d’en tirer toutes les conclusions que cela implique en matière de politiques publiques.

Je n’ai évidemment pas la place ici de développer ce que pourraient être les grandes lignes d’un programme de transformation sociale dans lequel le partage des richesses, des pouvoirs et des savoirs, aurait toute sa place. Je me contenterais d’affirmer qu’en France, le socialisme sera anti-libéral et républicain ou ne sera pas. Car la visée émancipatrice ne concerne pas seulement la sphère économique : la “société de marché” s’accommode en effet fort bien des communautarismes et des différentialismes. A nous de pas renoncer à promouvoir l’idée d’un individu autonome de toutes les tutelles et de tous les clergés (d’où l’importance, par exemple, de la laïcité), dans une société régulée par le garant de l’intérêt général, l’Etat.

En finir avec la théorie des gauches irréconciliables

La plupart d’entre nous en sommes convaincus : Le redressement passera forcément, à terme, par une forme de dépassement. Il serait vain de se référer à des modèles historiques aussi prestigieux qu’anachroniques (le congrès d’Epinay en est un), mais rien n’interdit d’en méditer les logiques qui furent à l’œuvre.

S’affirmer puis se rassembler. Cela devrait être, en quelque sorte, notre viatique. Je ne crois pas utile de raisonner en terme “d’espace politique”. Nous ne sommes pas une part de marché. La question n’est donc pas tant celle de la “place” laissée entre LREM et FI que celle de notre utilité historique. Nous croyons que le socialisme est une idée neuve, c’est aussi simple que ça.

Faut il pour autant en rester à la théorie de l’équidistance, ou, dit autrement, à celle du “ni-ni” (ni Macron, ni Mélenchon) ? Je ne le crois pas. Et notre électorat non plus. Unitaire, il l’est davantage que nous, lui qui se reporte quasiment à 100% sur les candidats de la France Insoumise au deuxième tour des législatives quand ceux-là sont opposés aux candidats d’En Marche ou de LR. Car, aussi choquant que cela puisse paraître à certains, nos différences avec la France Insoumise sont de degré quand celles avec En marche sont de nature.

Rien de ce qui est à gauche ne nous est étranger, et rien de grand ne se fait dans ce pays, pour le monde du travail, sans rassemblement de la gauche.

Ben sûr, celle-ci, dont les contours sont mouvants et l’histoire équivoque, a toujours été plurielle, diverse, traversée par de sérieuses contradictions. Mais notre rôle de militant est précisément de tout faire pour rapprocher les points de vue, unifier les mots d’ordre, en vue de l’action transformatrice commune.

Contre vents et marées, contre les tentations centrifuges, les réflexes boutiquiers, les provocations verbales, nous devons toujours, inlassablement, plaider pour le rassemblement le plus large possible. C’est pourquoi, à la mortifère théorie des “gauches irréconciliables”, nous opposerons toujours la convergence des luttes. Celle-ci viendra. Le plus tôt sera le mieux.

 

A paraître prochainement dans le numéro d'octobre 2017 de la revue de l’office universitaire de recherche socialiste

Emmanuel Maurel, lors du congrès de Poitiers en juin 2015

Emmanuel Maurel, lors du congrès de Poitiers en juin 2015

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