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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 08:48

communiqué de presse du lundi 15 octobre 2018 des membres de « L'Union & l'Espoir » au sein du PS du Val-d'Oise

Élus locaux et responsables valdoisiens du Parti socialiste, nous annonçons aujourd'hui notre départ du PS avec d'autres militants.

Nous nous sommes engagés parce que nous voulions une société plus juste, une société plus libre, une société plus démocratique, parce que nous voulions agir pour améliorer la vie de nos concitoyens, au plus près d'eux évidemment, mais aussi plus largement porter des réformes qui mettent en œuvre un idéal révolutionnaire – Liberté, Égalité, Fraternité – pour changer la vie.

Le socialisme est né de la conscience de l'égalité humaine, alors que la société où nous vivons est tout entière fondée sur le privilège. Longtemps, il nous est apparu que le PS était l'organisation politique capable de transformer le réel dans ce sens. Nous constatons avec tristesse et regret qu'il a cessé de l'être.

Depuis 25 ans, l'ensemble de la social-démocratie européenne a peu à peu cédé devant le Libéralisme et a cessé de résister devant les multinationales et les intérêts privés des groupes financiers. Pendant quelques années, le PS a semblé moins atteint par la dérive initiée par Tony Blair. Las, le mandat de François Hollande a démontré qu'au pouvoir nous avions également abdiqué devant la « pensée unique ». On connaît les conséquences : des réussites ténues, mais une politique injuste socialement, inefficace économiquement, des écarts sur nos valeurs républicaines (politique migratoire, déchéance de nationalité), une incompréhension puis un rejet par nos concitoyens, par le peuple de gauche.

La déroute électorale du PS a laissé s'affronter un populisme libéral (Emmanuel Macron) et un populisme xénophobe (Marine Le Pen). Nombre de dirigeants « socialistes » étaient prêts en 2017 à vendre leur âme pour un soutien du nouveau Président.

On aurait pu imaginer que le PS apprendrait de la double déroute présidentielle et législative : il n'en est rien. Le congrès d'avril 2018 a reconduit une équipe renouvelée en apparence mais dans la continuité de ceux qui nous avaient menés au désastre : aucun bilan du quinquennat, un parti en pleine inertie, incapable de parler au reste de la gauche et au mouvement social, sans orientation, inaudible des Français. La « Renaissance » promise aux militants ressemble à une glaciation.

À l'approche des élections européennes, la direction du PS a fait adopter un texte qui ressemble à une belle lettre au Père Noël, comme à la veille des précédents scrutins européens. Mais elle refuse d'être cohérente en posant des conditions à la social-démocratie européenne : alors que celle-ci fait les yeux doux à Emmanuel Macron, les dirigeants nationaux du PS ont annoncé qu'ils se plieraient aux choix du PSE pour leur programme électoral et leur candidat à la présidence de la Commission européenne.Ils refusent l'idée même de proposer à la gauche française de s'unir aux Européennes. Les mêmes logiques produiront les mêmes effets : compromissions avec les droites européennes et des promesses qui n'engagent donc que ceux qui y croient… au risque à nouveau de perdre toute crédibilité.

Nous voulons faire cesser donc une mascarade ou tout du moins cesser de lui apporter notre caution. Nous partons d'un PS qui pour nous ne porte plus le Socialisme.

Nous partons mais nous conservons tout notre respect et toute notre amitié pour les militants du PS valdoisien et nombre de leurs responsables. Nous pensons que comme beaucoup d'autres ils ont été abusés. Les uns et les autres, même séparés, nous resterons des socialistes ; malgré tout, nous resterons des frères, des camarades, qu’aura séparés une querelle, mais une querelle de famille, et qu’un foyer commun pourra encore réunir.

Nous partons construire une Alternative à la fois républicaine, écologiste et socialiste aux côtés d'Emmanuel Maurel, député européen, notre camarade d'Ecouen. Nous partons construire une des bases du foyer commun.

Signataires :

Frédéric Faravel, secrétaire fédéral démissionnaire du PS95, membre démissionnaire du conseil national du PS (Bezons), mandataire départemental démissionnaire de la motion l'Union & l'Espoir

Adélaïde Piazzi, conseillère municipale de Montmorency, secrétaire fédérale démissionnaire du PS95, membre démissionnaire du conseil national du PS, Sébastien Lombard, conseiller municipal de Persan, secrétaire fédéral démissionnaire du PS95, membre démissionnaire du conseil national du PS, Maya Sebaoun, conseillère municipale de Franconville, membre démissionnaire du Bureau fédéral du PS95, Didier Dague, conseiller municipal de Courdimanche et conseiller communautaire de Cergy-Pontoise, secrétaire de section démissionnaire, membre démissionnaire du conseil fédéral du PS95, Aboubacar Sylla, membre démissionnaire du conseil fédéral du PS95 (Eaubonne), Michelle Rinaldelli, conseillère municipale de Persan, Shaista Raja, membre démissionnaire du conseil fédéral du PS95 (Sarcelles), Thierry Garcin, conseiller municipal de Maffliers, membre démissionnaire du BFA du PS95, Guillaume Poisson, adjoint au Maire de Bouffémont, secrétaire de section et membre démissionnaire du conseil fédéral du PS95, Bruno Crinon, membre démissionnaire du BFA du PS95 (Fosses), Fabrice Rizzoli, conseiller municipal de Deuil-la-Barre, Jean-François Dupland secrétaire de section adjoint d'Herblay et de nombreux autres militant.es du PS95

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 15:39

Texte alternatif présenté par le texte d'orientation n°4 « L'Union & l'Espoir »

Le temps des ruptures

Pour les Socialistes français, les élections européennes sonneront comme l'heure de vérité. Poursuite du déclin ou sursaut salutaire : notre avenir est entre les mains des militants.

Nous devons être conscients que nous ne parviendrons à sauver le Parti et plus encore l’idée et le projet socialistes que si nous savons les libérer du conformisme intellectuel et politique dans lequel ils sont figés depuis plus de vingt ans ; que si nous sommes capables de tirer les leçons de l’échec des centres gauches auxquels se sont malheureusement réduits au pouvoir la social-démocratie européenne et le socialisme français ; qu’à la condition, enfin, d’évaluer lucidement la situation, à commencer par celle de l’UE. L’Europe se défait sous nos yeux, comme se défont nos modèles sociaux, à mesure que grandit l’inquiétude des peuples quant aux orientations qu’elle prend. Nous devons le dire avec force : la poursuite de ses politiques la détruit de l’intérieur et quiconque veut, comme nous tous, croire dans l’avenir de l’Europe doit tout mettre en œuvre pour lui donner un nouveau cours !

Seuls des choix clairs, des ruptures fortes, des engagements solennels nous permettront d'enrayer la spirale négative qui mène le Parti socialiste vers la marginalité politique et électorale.

Si nous voulons que les élections européennes marquent le début de la reconquête, nous devons nous astreindre à un devoir de sincérité.

Devoir de sincérité envers l'Europe d'aujourd'hui

Si l'Europe se meurt, c'est parce que les citoyens du continent ont l'impression que l'Union se construit sans eux, voire contre eux.

Depuis plusieurs années tout a été fait pour les déposséder des choix économiques et sociaux. Le résultat est connu : politiques d’austérité, recul de l’intervention publique, mise à mal des modèles sociaux, désindustrialisation de nombreux pays, triomphe de la finance.

Seul un changement radical permettra de sauver l’Union européenne.

Les hypocrites ou les naïfs déplorent les effets dont ils chérissent les causes. La progression effarante du nationalisme ne doit rien au hasard : elle est le résultat d'une politique aveuglée par des dogmes dépassés et la défiance par rapport à l'expression de la souveraineté populaire.

La compétition acharnée entre des concurrents qui se défient ne produit pas de la coopération pacifiée entre des partenaires qui s’apprécient. Seule la volonté politique a ce pouvoir.

Les traités actuels sont comme une camisole de force dont les peuples longtemps abusés veulent désormais se débarrasser. Et les vrais fous sont ceux qui, en dépit des échecs et des crises, s'obstinent à mener la même politique.

Oui, ce qui tue l'Europe, c'est l'absence de solidarité.

Absence de solidarité avec l'extérieur : pour répondre à la crise des réfugiés, il était pourtant facile d'imaginer une réponse rationnelle, humaine, coordonnée. En laissant trop longtemps les pays du Sud assumer seuls l'afflux de migrants, en n'assumant pas le rapport de forces avec les gouvernements xénophobes de certains pays de l'Est, les dirigeants des institutions européennes ont contribué à laisser pourrir la situation.

Absence de solidarité à l'intérieur : comment expliquer aux gens que si les politiques budgétaires et monétaires sont communes, les politiques sociales et fiscales sont laissées à la concurrence acharnée ? Renforcer le capital et affaiblir le travail : ce n'est pas là notre rêve européen.

Cette absence de solidarité, elle se vérifie aussi par d'inquiétants déséquilibres. Les dysfonctionnements structurels de la construction européenne ont entraîné un dépérissement industriel et économique de l’Europe du Sud au profit de l’Allemagne. Ainsi le profond déséquilibre des échanges entre la France et l’Allemagne, que les gouvernements successifs ont laissé s’instaurer, est porteur de graves dangers, pour notre pays comme pour l’Europe elle-même.

On ne construit pas un destin commun avec de tels décalages et la domination d’un seul. Il faut rompre avec la logique du libéralisme, qui justement tend par principe à accroître sans cesse la force du dominant.

Devoir de sincérité sur nos responsabilités dans la situation actuelle

Personne n'est dupe de la stratégie d'Emmanuel Macron. Opposer les supposés « progressistes » pro-européens aux « nationalistes » europhobes est un mauvais conte auquel nul citoyen sensé ne croira. Les gouvernements conservateurs et libéraux ont une responsabilité écrasante dans le développement de la crise européenne. À bien des égards, Libéraux et Nationalistes sont les deux faces d'une même médaille. Mieux, ils se nourrissent l'un l'autre.

Reste que la social-démocratie défaillante porte une lourde responsabilité. Faute de volonté politique, ou par adhésion idéologique, la social-démocratie a accompagné l’avènement de l’Europe libérale. Les cinq dernières années en ont hélas donné une preuve supplémentaire.

Le bilan européen de François Hollande est marqué d’erreurs majeures. Son refus de renégocier le TSCG, à rebours de sa promesse de la campagne de 2012, a empêché toute réorientation de la politique économique de l’Union, a approfondi la défiance qu’une large part du peuple de gauche entretient à notre égard, en particulier s’agissant de la construction européenne.

L’absence de volonté politique (à commencer par le refus de construire un rapport de forces face à l’Allemagne) a fait le reste, laissant croire qu’aucune politique alternative n’était possible. La signature des traités de libre-échange, en particulier le CETA, a confirmé l’acceptation du dogme du libre-échange généralisé sans normes sociales et environnementales.

Mais il y a pire : parfois, c’est le gouvernement français qui a combattu… des mesures que nous socialistes avions inlassablement promues : ainsi, la taxe sur les transactions financières.

Notre volonté de changer l’Europe ne sera pas crédible auprès des Français si nous ne reconnaissons pas ces erreurs et n’engageons pas, par des actes clairs, des ruptures avec ces choix antérieurs.

Faute de donner une impulsion nouvelle, faute de se donner les moyens de renverser la table, au mieux social-défaitiste, au pire néo-libérale, la social-démocratie a failli.

La confusion politique est à son comble. Compromis quasi systématique avec la droite, vote majoritaire en faveur du CETA, absence de remise en cause des carcans budgétaires : difficile de différencier la gauche et la droite sur les sujets économiques et sociaux. Il faut dire que, dans bien des pays, nos « partis frères » gouvernent avec les conservateurs ou les libéraux, voire avec l’extrême droite !

Ainsi, l’existence d’une grande coalition en Allemagne avec Merkel pèse dramatiquement sur les choix du Parlement européen.

De surcroît, dans bon nombre de pays de l’Union, les sociaux-démocrates refusent les alliances à gauche, sans compter ceux qui renvoient dos à dos « les populistes des deux bords » pour mieux justifier au nom du réformisme, la complaisance avec la droite, la connivence avec le centre et au fond le basculement de ces partis au centre-gauche, rebaptisés « progressistes » pour l’occasion.

Cette stratégie a permis à l’extrême-droite d’apparaître, avec ses thèses nauséabondes et dangereuses, comme incarnant l’alternative ! Il y a urgence à faire naître une alternative fédérant la gauche et les écologistes : c’est la seule façon d’enrayer la montée des replis identitaires et nationalistes.

Là aussi, des ruptures s’imposent

Rupture numéro 1 : aucun compromis avec la droite et les « progressistes » autoproclamés ! Une seule stratégie : l’alliance de la gauche et des écologistes

En 2014, en dépit d’une campagne très dure contre lui, la majorité du groupe social-démocrate a voté, à la demande de notre Spitzenkandidat Martin Schulz, en faveur de Jean-Claude Juncker, le VRP des paradis fiscaux.

Son action à la tête de la Commission a été calamiteuse. Sans souffle, sans élan, sans vision, la Commission européenne a grosso modo mis ses pas dans ceux de la précédente dirigée par Barroso : austérité, dogme de la concurrence libre et non faussée, religion du libre-échange. Confrontée à des crises majeures (Brexit, Grèce, Réfugiés), elle est apparue ballottée et inefficace et au final complice d'une précarisation d'un nombre croissant de citoyens, du maintien d'un chômage de masse et du recul de l'adhésion à l'idée européenne.

Mêler à nouveau nos voix à celles de la droite serait nous condamner à l’impuissance et au déshonneur. Dès lors, soyons extrêmement clairs : nous devons prendre l’engagement solennel de ne pactiser ni avec les Libéraux, ni avec les Conservateurs à l’occasion de la prochaine mandature. De même, nous refuserons une alliance des « Progressistes », faux nez d'Emmanuel Macron pour organiser un centre néo-libéral. Les élus socialistes français s’engagent à réserver leur voix à un candidat de gauche (se revendiquant clairement d'un rassemblement Rouge-Rose-Vert) à la Présidence du Parlement européen et à la Présidence de la Commission et à refuser la confiance à toute Commission de « grande coalition » avec la droite.

Pour politiser le débat européen, les socialistes doivent présenter une alternative claire aux citoyens et donc rétablir sans ambiguïté le clivage droite-gauche. En conséquence, nous devons non seulement refuser tout compromis, même technique, avec les Conservateurs et les Libéraux, mais aussi démontrer notre volonté de construire des ponts avec les autres familles de la gauche européenne : nous créerons un intergroupe avec les députés écologistes et ceux de la gauche dite radicale, avec un programme de travail pour la mandature.

Rupture numéro 2 : Contre la logique actuelle du PSE, pour un renouveau du mouvement socialiste européen

Coquille vide, le PSE est traversé par des contradictions fortes. Incapable de définir une stratégie claire, encline à toutes les compromissions, cette confédération de partis en est réduite à élaborer régulièrement des textes fades, atténués jusqu’à l’extrême, proclamant un progressisme de façade mais cautionnant toutes les dérives des partis adhérents.

Tous les cinq ans, nous discutons d’un Manifesto aussi creux que mensonger, puisque nous nous empressons de ne pas en suivre ses idées qui apparaissent généreuses sur le papier. Le temps de la clarification est venu. Pour marquer les esprits, nous avons différentes options. Le mieux est sans doute de se mettre en retrait, de ne pas reconnaître le Manifesto comme notre viatique pour les élections.

Quant au Spitzenkandidat, nous estimons que la situation est trop confuse pour nous sentir liés par sa procédure de désignation. De quoi aurions-nous l’air si le candidat choisi soutient, une fois élu, les alliances avec les macronistes et les Libéraux ? Que dirons-nous si, une fois les élections européennes passées, notre candidat décidait de mettre ses pas dans ceux de ses prédécesseurs, accompagnant le déploiement de l’Europe libérale ? Tous les candidats pressentis aujourd'hui au sein du PSE s'inscrivent justement dans cette continuité : nous ne pouvons les soutenir.

Rupture numéro 3 : Parler vrai ! Notre projet n’est pas réalisable dans le cadre des traités actuels !

La plus grave erreur politique des dirigeants du PS au cours de la décennie écoulée est d’avoir passé outre le vote des Français contre le Traité constitutionnel de 2005, en laissant ratifier le traité de Lisbonne, en complicité avec la droite. Ce fut en effet une double faute : atteinte à la démocratie d’une part, entrave structurelle à toute réorientation réelle d’autre part.

Sous prétexte de « ne pas bloquer l’Europe », nous avons ainsi approuvé la constitutionnalisation d’une politique ordo-libérale qui a mis à mal notre modèle social et républicain. Elle constitue évidemment un obstacle majeur à la mise en œuvre d'une politique de gauche ; c'est pourquoi, afin de tenir les promesses de la campagne victorieuse de 2012, il était cohérent d'annoncer que l'on ne ratifierait pas le TSCG sans renégociation substantielle. L'abandon de cet engagement pris devant les Français nous a par la suite empêchés de réaliser le programme de 2012.

Comment défendre les services publics, qu’il s’agisse de La Poste, forcée de déserter les campagnes pour rester « compétitive », ou de la SNCF, obligée de fermer les petites lignes déficitaires, dans un cadre européen généralisant la « concurrence libre et non faussée » à toute activité humaine ?

Comment soutenir les aspirations de notre base sociale, particulièrement les ouvriers, les employés, sauvegarder leurs emplois et améliorer leurs conditions de travail, dans une mondialisation non seulement acceptée par l’Europe, mais aussi étendue, aggravée sous l’effet de la liberté de circulation du capital et de l’accumulation des accords de libre-échange ? Comment assurer le redressement industriel en interdisant les « aides d’État » (Airbus n'aurait jamais vu le jour sans cela) et en laissant faire le dumping fiscal et social ?

Cette dérive, inscrite en toutes lettres dans les traités, porte également atteinte à nos engagements pour la transition écologique et rendent encore plus hypocrites nos grands discours sur cet enjeu.

Enfin, la répression de toute politique interventionniste, notamment en faveur de l’investissement public, contenue dans le traité budgétaire auquel François Hollande s’est immédiatement soumis après avoir pourtant fait campagne pour sa renégociation, détruit les marges de manœuvres des collectivités et imprime une marche forcée vers l’austérité que nous avons chèrement payée aux élections de 2017.

Il est plus que temps de revendiquer une inversion complète du cours actuel de la construction européenne et donc de réclamer une révision en profondeur des traités, afin de sortir de cet ordolibéralisme qui mène droit à la dislocation de l’Union.

Soyons cohérents et ne berçons pas nos concitoyens d'illusions : bon nombre de nos intentions, de nos propositions, aussi intéressantes que nécessaires, ne pourront pas être mises en œuvre dans le cadre des traités actuels. Nous ne pouvons pas taire cette réalité sauf à accroître encore le discrédit qui nous frappe. Il y a bien sûr la possibilité de s'affranchir de certaines dispositions des traités afin de créer l'indispensable rapport de force nécessaire à cette révision stratégique. Assumons donc clairement ce choix 

 

Rupture numéro 4 : des combats communs pour la gauche européenne, des mobilisations citoyennes à organiser

Pour une relance européenne

L’urgence : lancer des politiques nouvelles autour de projets mobilisateurs, seuls susceptibles de provoquer le « choc de confiance » inlassablement psalmodié par les Libéraux, mais toujours reporté.

Mobilisons les Européens sur ce qui les intéresse, particulièrement la lutte contre le changement climatique, la création d’emplois et la réduction des inégalités, le soutien aux salaires et au pouvoir d'achat, les investissements d'avenir ; et finissons-en avec cette obsession maladive des déficits et de la dette, avec ces politiques austéritaires qui ne réduisent ni les uns ni l’autre et nous maintiennent dans un état permanent d’angoisse et de dépression.

Lutter contre l’austérité n’est pas un « marqueur politique » ou une valeur culturelle, c’est une nécessité économique, sociale et politique.

C’est donc dans la relance européenne, et certainement pas dans une nouvelle cure d’austérité, au niveau des États comme au niveau de l'Union, que réside vraiment le choc de confiance. Mais le budget de l’Europe stagne à 1% du PIB. La dernière proposition de la Commission pour 2021-2027 monte péniblement à 1,1% du PIB, alors que dans le même temps les budgets nationaux sont soumis à la contrainte et au dénigrement perpétuel de la dépense publique.

Nous proposons de tripler le budget européen. D’environ 1 100 milliards sur 7 ans, il doit passer à 3 000 milliards (3% du PIB européen). Avec cet argent, nous aurons enfin les moyens de sauver notre agriculture et de réorienter la PAC vers le biologique, sans pesticides ni perturbateurs endocriniens. Nous donnerons un énorme coup d’accélérateur à la transition énergétique, à la diffusion des nouvelles technologies au service des besoins humains, un nouveau mode de développement plus harmonieux et moins polluant, et au rattrapage des régions défavorisées. Ces aides généreront à leur tour d’innombrables externalités positives en termes d’innovations, d’emplois et d’infrastructures.

Pour financer cette relance, nous proposons la mise en place d’une taxe carbone aux frontières de l’Union qui concrétisera les promesses de la COP21, ainsi qu’une taxe sur les transactions financières. Ces deux taxes abonderont le budget européen à hauteur de 500 milliards d'euros (soit 70 milliards par an), les 1 500 restants provenant d’un nouveau « round » de Quantitative Easing de la BCE, qui n'a pas eu de mal à soutenir largement le système financier entre 2015 et 2018 à hauteur de 3 000 milliards d’euros.

 

Pour une harmonisation fiscale et sociale vers le haut

Si la Charte des Droits fondamentaux rédigée en 2004 a quelque peu atténué la violence de la guerre économique intra-européenne, offrant à tous les travailleurs européens un socle de droits et de garanties (comme le droit aux congés, aux conventions collectives, à la représentation syndicale...), la « concurrence libre et non faussée » n’en a pas moins fait son œuvre : l’écart de rémunérations entre l’Est et l’Ouest demeure, 15 ans après l’élargissement, très important.

Il n’est pas tolérable qu’en Europe, les travailleurs puissent compter sur un salaire minimum de 1 400-1 500€ bruts en France ou en Allemagne, et se contenter de seulement 450-500€ dans la plupart des pays de l’Est. Il faut créer un salaire minimum européen, qui pourrait d’abord s’établir à la moyenne basse des pays de l’Ouest (éloignée d’environ 100-150€ de la moyenne haute des pays de l’Est), puis converger rapidement vers des standards plus élevés, de l’ordre de 1 000€ par mois. Derrière les mots se cachent parfois des réalités contradictoires. Ainsi pour certains (y compris au sein de la social-démocratie), le salaire minimum européen serait fixé selon un pourcentage du salaire médian ou moyen de chaque pays Cela n'engage aucun chemin de convergence mais maintiendrait les écarts inacceptables et la logique de dumping social qui provoque tant de délocalisations. Nous devons assumer l'objectif de converger vers un même SMIC en Europe ; nous devons aussi interdire la logique des « jobs » à bas coûts qu'il s'agisse de ressortissants de l'Union ou des travailleurs immigrés.

Pour limiter une concurrence délétère entre salaries européens, livrée au nom de la « liberté de la prestation de service », il convient aussi de faire du travail détaché une exception. À défaut d’un accord sur ce point, la France devra prendre des mesures unilatérales pour enrayer cette discrimination à l’encontre des travailleurs résidant sur notre territoire.

En matière de fiscalité, la situation est tout aussi grave et cause de nombreuses tensions entre États. Les paradis fiscaux se multiplient en Europe. Pour attirer le capital, c'est cette stratégie qui est choisie par des pays comme le Luxembourg, l’Irlande, Malte, Chypre, les Pays-Bas). La France n'a pas résisté à la pression et a en conséquence baissé à son tour l’impôt sur le capital.

Par ailleurs, la moindre faille législative est exploitée pour économiser des millions d’impôts sur les sociétés et sur le patrimoine, comme en témoignent les retentissantes révélations de la presse ces dernières années. Alors que les profits des multinationales ont plus que triplé en 30 ans (de 2 000 milliards de dollars en 1980 à 7 200 milliards en 2013), les recettes de la fiscalité des entreprises se sont érodées de 3,6% du PIB en 2007 à 2,8% en 2014

Tout doit être fait, malgré la rigidité des règles de délibération (unanimité du Conseil), pour obliger, les multinationales à publier leur chiffre d’affaires, leur patrimoine, leurs revenus et leur nombre de salariés dans tous les pays où elles sont implantées. L’objectif politique est de parvenir à un accord sur l’assiette fiscale pour le calcul de l’impôt sur les sociétés et un taux minimum d’impôt pour les entreprises multinationales de 20%.

Tout contournement d’une ou plusieurs législations nationales permettant à une multinationale de payer moins que ce taux, entraînerait automatiquement un redressement fiscal à due proportion, quel que soit l’État membre où se trouve son siège social.

Enfin, l’Union européenne doit sortir de sa paralysie et relever le défi des GAFA. Il est urgent de réduire leur influence, leur pouvoir croissant sur nos vies et en premier lieu les taxer au prorata des richesses qu’ils prélèvent sur nos pays. La première des décisions pourrait être de considérer que toute entreprise multinationale ayant un chiffre d'affaire important dans un pays donné est réputée y avoir un établissement stable, ce qui l'oblige à s'acquitter de l'impôt qui y est normalement dû. L’impuissance de l’Union européenne à lutter contre cette évasion fiscale est intolérable. À défaut d’accord rapide à 27, des coopérations entre États membres résolus à agir devront s’imposer à court terme.

Instaurer la préférence communautaire et un moratoire sur les traités de libre-échange

Même si l’OMC est actuellement en panne – les grandes régions économiques, l’Union européenne la première, lui préférant des accords bilatéraux (par exemple le CETA, le JEFTA ou l’accord avec le Mercosur, etc.) –, le libre-échange domine toujours sans partage l’idéologie des dirigeants européens. La simple évocation d’un changement de vision sur la question demeure insupportable à leurs oreilles. Il est suspect de suggérer la moindre limitation à la libre circulation des marchandises et des capitaux. Il faut pourtant briser ce tabou.

La mondialisation libérale a non seulement des effets catastrophiques sur l’emploi et le tissu industriel, mais aussi des conséquences dévastatrices sur l’écosystème planétaire : le bilan carbone du « grand déménagement du monde » s’aggrave dans des proportions incontrôlables. Pire, lorsque le libre-échange est subi par la partie faible, cela détériore son développement endogène, détruit ses communautés locales et accroît les exodes de populations. Les véritables complices des passeurs ne sont ni le Lifeline ni l’Aquarius mais les accords entre l’Union européenne et la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique.

Ainsi, réparer les dégâts causés par les Européens fait partie des solutions à mettre en œuvre pour résorber les causes profondes de la crise migratoire. Les accords de libre-échange facteurs de déséquilibre, le changement climatique, la multiplication des conflits qui ne sont pas exclusivement dus à des causes endogènes, l'absence de co-développement (dont profitent multinationales et puissances étrangères pour poursuivre leurs politiques de prédation), voilà les raisons véritables de la désespérance de millions d'êtres humains et non d'improbables « appels d'air » dénoncés par les droites conservatrices et extrêmes. Si elle a des frontières, l’Europe ne peut tourner le dos à ses valeurs humanistes. L'Union doit donc définir enfin une réelle politique migratoire commune qui passera par : l'octroi de visas humanitaires, la remise en cause profonde des accords de Dublin (le pays d'entrée ne doit pas être le seul pays pouvant accorder l'asile) qui créent des situations inhumaines, fabriquent des imbroglios administratifs et participent de la montée de la xénophobie aux marches de l'Europe. Les Européens organisent à distance dans les hotspots au Sud de la Méditerranée un parquage violent et inhumain des êtres humains : cette situation est un scandale auquel l'Union européenne devra mettre fin, en dialogue avec nos voisins et les pays d'origine.

La mondialisation du commerce agricole ne bénéficie pour sa part qu’aux grands exploitants et à l’agriculture chimique. Tous les autres agriculteurs, qu’ils cultivent la terre dans le Tiers-Monde ou en France, n’en tirent pas le moindre bénéfice, au contraire. L’Europe doit donc limiter l’importation d’aliments venus du monde entier et ses propres exportations agricoles. De même, il n’est plus possible de laisser gaspiller autant d’aliments. Les Européens jettent chaque année 90 millions de tonnes de nourriture, soit 173 kg par habitant ! Nous proposons que l’Union européenne se saisisse de cet enjeu et se dote d’une directive contre le gaspillage alimentaire. Nous devons défendre partout le principe de la souveraineté alimentaire et de la priorité aux productions locales.

L’Europe ne peut pas davantage tolérer les délocalisations dans le but de réexporter vers le pays d’origine. S’il est évidemment logique d’ouvrir des usines ailleurs pour satisfaire les marchés lointains, ça ne l’est pas pour satisfaire des consommateurs européens frappés par le sous-emploi, sans aucune prise en compte des coûts sociaux et environnementaux.

L’Union européenne doit donc complètement revoir sa politique commerciale. Elle ne peut plus négocier en catimini des accords de libre-échange totalement contraires à la COP21 et mortifères pour ses industries et son agriculture. Les socialistes s'engagent à refuser le CETA à l'Assemblée et au Sénat, à voter contre l’accord avec le Japon au Parlement européen. Au delà, nous proposons un moratoire sur les négociations commerciales aujourd'hui en cours (Mercosur, Mexique, Australie, Nouvelle-Zélande).

Par obstination dans l’erreur et peur irrationnelle de ne plus pouvoir commercer, la Commission mène des politiques qui rabaissent les normes et limitent la capacité de régulation des États. Au lieu de tout niveler par le bas, le commerce extérieur de l’Europe doit devenir le véhicule de nos ambitions : clauses de réduction contraignantes de l’empreinte carbone, du respect des conventions internationales sur le travail mais aussi d’un salaire-plancher, clauses de transparence fiscale, filets de sécurité sur la fiscalité des entreprises… Ce sont ces clauses de nouvelle génération qui aideront nos entreprises dans le commerce international et offriront un tout autre visage à la politique commerciale de l’Europe.

Il faudra aussi mieux répondre au dumping et aux agressions commerciales pratiquées à grande échelle par la Chine ou les États-Unis. L’Europe ne peut plus être l’idiot utile du commerce international. Nous avons besoin d’un dispositif paneuropéen de supervision et d’approbation des investissements extra-communautaires.

La préférence communautaire doit devenir un vecteur stratégique de la politique commerciale européenne. Il faut populariser ce thème en proposant aux citoyens un véritable « Buy European Act », exactement sur le modèle du « Buy American Act » voté en 1933, qui garantit aux entreprises américaines un accès prioritaire aux marchés publics. Cette réforme obligerait les États membres et leurs collectivités territoriales à acheter la moitié de leurs biens et services à des entreprises européennes. Le Buy European Act pourrait sauver ou créer des dizaines de milliers d’emplois et apporterait la preuve de l’utilité de l’Europe aux peuples.

Au-delà, il faut rétablir la politique industrielle, sans laquelle l’Europe est désarmée. L’évocation d’Airbus ou d’Arianespace suscite l’orgueil des Européens. Malheureusement, ces exemples cachent mal une coopération industrielle au point mort en Europe, car les ingrédients qui ont fait le succès de ces entreprises ne sont plus là. Parce que les élites ne croient plus au patriotisme industriel, ils n’imaginent pas un patriotisme européen. Pendant ce temps, un nombre croissant d’États membres s’emploient à ne devenir que des plateformes d’atterrissage de multinationales américaines ou chinoises. Les ingrédients indispensables à une politique industrielle européenne doivent être fournis : augmentation des programmes de recherche, des fonds d’investissement, des avances remboursables, des soutiens aux filières.

L’Europe de la révolution écologique

Pendant longtemps, l’Union européenne a été plutôt en pointe dans le combat écologique et la défense de l’environnement. L’UE a voté de nombreuses directives pour lutter contre la pollution, développer des stratégies de restauration de la qualité environnementale de l’eau, de l’air, des sols ou ou des stratégies de préservation des espèces et de la biodiversité. Elle a aussi pris une part active voire déterminante dans le combat contre le changement climatique. Mais, depuis quelques années, le mouvement est inverse. La logique économique et financière à court terme, le poids des lobbies prennent à nouveau le dessus. Des textes sont votés, mais les moyens effectifs de leur mise en œuvre ne sont jamais dégagés. Faute de voir loin, de fixer des caps ambitieux et de financer des recherches indépendantes et publiques, des programmes d’action, des innovations portant des alternatives à notre mode de développement actuel, l’Union, comme nombre d’États membres qui la composent, n'est pas à la hauteur des enjeux et ne prend pas la mesure de la gravité et de l’urgence de la situation.

Après avoir signé l’accord de Paris sur le changement climatique, l’Union voit cette année sa production de gaz à effet de serre augmenter (elle a pourtant baissé pendant des années). Mais là encore aucune sanction prévue.

Le Parlement européen devra adopter le plus tôt possible un plan d’interdiction des pesticides et un grand programme européen de recherches publiques pour les pratiques alternatives non polluantes. L’urgence est d’obtenir l’interdiction immédiate et réelle du Glyphosate. L’Union doit se retourner contre ces grandes entreprises qui, comme Monsanto, ont pollué et polluent nos eaux, nos sols, nos aliments et donc nos corps.

Il est nécessaire d'engager systématiquement une évaluation des directives environnementales pour accélérer leur mise en œuvre, voter des programmes et financement et rattraper le temps perdu. C’est particulièrement vrai pour la restauration de la qualité de l’eau douce et des mers et océans, mais aussi pour la réduction des déchets dont il faudrait interdire toute exportation ainsi que le démontage et recyclage hors de nos frontières, rejetant les risques et pollutions sur d’autres continents.

Le plan de relance que nous soutenons doit consacrer un plan pluriannuel d’investissement public pour les énergies renouvelables, les économies d’énergie et la mutation vers des activités économiques dé-carbonnées.

Ces programmes devront être réalisés en partenariat étroit avec les États membres et les différentes régions qui devront s’engager de façon concrètes et précises.

Les financements européens doivent être conditionnés au lancement de ces actions et à l’atteinte des objectifs fixés. Le Parlement européen, qui a un rôle de co-décision budgétaire, doit en faire une exigence absolue.

Nous proposerons à l’intergroupe des gauches et écologistes d’organiser chaque année, avec les ONG et la participation des citoyens – consultés aussi par internet –, un Forum de la révolution écologique pour suivre et enrichir une feuille de route de l’Union européenne et éviter l’inertie des institutions. Rien n’est possible sans la mobilisation citoyenne.

 

Une Europe enfin indépendante

L’Europe demeure, et demeurera dans le court et le moyen terme, une coopération de nations. Il n’y a pas d’« égoïsmes nationaux » mais des intérêts nationaux : le rôle de l’Union n’est pas de les contrecarrer, mais de favoriser et sublimer ceux qui sont convergents.

Or l’Europe, peut-être bercée par une illusion de « fin de l’histoire » depuis l’effondrement soviétique, voit revenir le germe de la guerre : à ses portes, au Sud d’abord, à l’Est ensuite ; et sur son sol, avec l’importation du djihadisme. La paix, dont nous nous enorgueillissions, est bien plus la cause que la conséquence de la construction européenne.

Aujourd'hui cette paix doit peu, trop peu, à notre propre capacité d’assurer la défense de notre intégrité.

C'est là tout l'enjeu du débat autour de La Défense européenne. L’indifférence à notre sécurité dont témoignent de plus en plus des États-Unis soucieux de leurs seuls intérêts doit nous conduire à reconsidérer le rôle de l’OTAN et à remobiliser la coopération inter européenne pour autant, naturellement, qu’elle ne serve pas de prétexte à répondre à l’exigence américaine d’une augmentation de notre contribution budgétaire à l’alliance.

Face à Trump, il est urgent de relever le défi. Quand Washington renie sa signature de l’accord nucléaire iranien, et plus encore prétend sanctionner nos banques et nos entreprises désireuses de poursuivre leurs investissements à Téhéran, nous ne pouvons rester inactifs. Où sont passées les ambitions de faire de l’euro une monnaie d’échange international capable de concurrencer le dollar et contrecarrer l’hégémonie américaine ? Où sont les mesures de rétorsions qui seraient déclenchées si nos entreprises restant en Iran étaient pénalisées ? Comme cela est déjà arrivé à de multiples reprises depuis 1981, la France doit actualiser, ou à défaut adopter, une loi de blocage interdisant à nos établissements économiques et financiers de se soumettre aux injonctions d’un pays tiers. A défaut, que resterait-il de notre indépendance nationale si nous ne pouvons plus décider de notre politique étrangère ?

Une Europe au service de ses peuples exige une France au service du sien.

 

* * * * *

La France, dans l’Europe d’après.

 

L’enjeu des prochaines élections européennes est un enjeu de méthode autant que de propositions pour l’Europe : faut-il poursuivre la méthode des accommodements raisonnables avec les puissances de l’argent et les diktats des nationalistes, ou porter des ruptures ?

Nous, socialistes, nous plaçons évidemment dans le camp de la rupture.

Conscients que l’Europe d’après ne se construira pas sur les chimères d’antan – le Libéralisme, la « main invisible du marché », la primauté de l’économique sur le politique –, nous devons proposer à la gauche européenne une nouvelle alliance des peuples.

Face aux problèmes politiques de l’Europe, la France a toujours échoué quand elle s’est abîmée dans les armes ou perdue dans les songes. En revanche, elle a toujours réussi à convaincre, à changer les rapports de force et, pour tout dire, à éclairer le monde, quand elle a usé de la meilleure méthode : montrer l’exemple.

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 08:07
Résolution de la fédération du Val-d'Oise du Parti socialiste contre la privatisation d'ADP
Privatisation du Groupe ADP : une décision à courte vue néfaste pour l’intérêt général et le Val d’Oise

résolution adoptée à l'unanimité lors du conseil fédéral du lundi 25 juin 2018 à Fosses

Au travers de son projet de loi, dit PACTE, présenté le 18 juin dernier le gouvernement souhaite lancer une vague de privatisations. Sont d’ores et déjà annoncées celle de la Française des Jeux, d’Engie et du Groupe ADP.

Au-delà des considérants idéologiques que sous-tend ce projet de loi, il résulte de la nécessité pour l’actuel Président de la République et sa majorité LREM de tenter de sortir de son impasse budgétaire. En effet ils ont fait le choix d’une politique en faveur des plus riches (ISF, Exit Tax et Flat Tax), d’assumer une promesse de campagne sous-estimée (26 milliards contre 10) et non financée concernant la taxe d’habitation, et ce en promettant un retour à l’équilibre budgétaire en 2022 dans un environnement international instable.

Dès lors, ce pouvoir fait un choix double. Celui d’utiliser son rabot contre les retraités, les jeunes, les services publics, les associations et les retraités…sans oublier les aides sociales. Celui de vendre notre patrimoine, celui de tous les Français.

Par ailleurs, notre département est impacté par la décision de privatisation du Groupe ADP où il est implanté. Il s’agit donc après de nombreux investissements publics qui ont fait de cette entreprise un fleuron international en expansion de privatiser les recettes et des actifs stratégiques.

Rappelons par ailleurs, que le Groupe ADP est en situation de monopole et dès lors ne justifie en rien cette décision de privatisation. Privatiser des entreprises comme ADP qui versent des dividendes chaque année, c’est vendre des bijoux de famille qui sont la propriété des Français.

Rappelons également que le Groupe ADP joue un rôle essentiel pour tout un pan de notre économique, notamment l’aéronautique et le tourisme. Cette privatisation, c’est le signe d’un renoncement. Celui d’une stratégie économique et industrielle.

Rappelons encore les enjeux de sécurité et de protection que l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, frontière avec le monde.

Rappelons toujours que cette décision unilatérale et sans associer les collectivités territoriales peut avoir un impact conséquent sur les enjeux d’aménagement de territoire, de réserves foncières, de transports publics, d’emplois, de formation et de combat pour la réduction des nuisances sur le territoire Valdoisien et Francilien.

Rappelons enfin l’objectif commun des départements franciliens, que nous partageons, de « conserver durablement une dimension publique importante au contrôle de ces infrastructures essentielles pour le développement » de la Région métropole.

Nous appelons donc les parlementaires du département du Val d’Oise à s’opposer à la privatisation du Groupe ADP.

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17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 12:49
Luiz Inacio Lula da Silva, le 16 janvier lors d'un débat public dans un théâtre de Rio de Janeiro. Photo Mauro Pimentel. AFP

Luiz Inacio Lula da Silva, le 16 janvier lors d'un débat public dans un théâtre de Rio de Janeiro. Photo Mauro Pimentel. AFP

Libération — Par Un collectif de personnalités politiques — 

 

A quelques mois des élections présidentielles brésiliennes, des parlementaires dénoncent le «simulacre de procès» et «l'incarcération arbitraire» dont est victime l'ancien président, qui représente pourtant une alternative sérieuse dans un pays en crise.

 

Nous, élus de diverses sensibilités politiques, sommes particulièrement inquiets de l’incarcération arbitraire de l’ancien président du Brésil Luiz Inácio Lula da Silva, emprisonné depuis le 7 avril dans la ville de Curitiba, Etat du Parana.

Après le coup d’Etat institutionnel contre Dilma Rousseff en 2016, l’emprisonnement sans preuves de Lula ne peut laisser aucun démocrate indifférent. Qu’en est-il du respect de l’état de droit au Brésil ?

Alors que les élections présidentielles doivent se tenir en octobre, Lula représente une alternative pour de nombreuses Brésiliennes et de nombreux Brésiliens face à la crise que traverse actuellement le pays, il est gênant pour ceux qui se sont emparés du pouvoir et qui ne comptent pas s’en départir.

Le simulacre de procès qui lui a été fait a également révélé la partialité d’une partie du ministère Public et du pouvoir judiciaire brésilien. Celui-ci s’est déroulé avec l’appui des grands médias et d’une partie de l’armée, qui en a profité pour s’immiscer dans les affaires politiques et judiciaires en cours. Ceci est très préoccupant dans un pays encore marqué par les stigmates de la dictature militaire de 1964-1985.

Cet emprisonnement a lieu dans un contexte politique et social particulièrement tendu au Brésil, avec pour point d’orgue l’assassinat de la conseillère municipale de Rio de Janeiro Marielle Franco le 14 mars et alors que le Brésil connaît une escalade de violence, des favelas au monde politique. Le 27 mars, la caravane de l’ex-président Lula a ainsi été visée par des tirs lors de son passage dans le sud du pays.

Nulle opposition politique ne saurait justifier le déni démocratique qui règne aujourd’hui au Brésil. Nul processus judiciaire ne doit être utilisé à des fins politiques, afin de réduire au silence un leader charismatique et embarrassant. Si la lutte contre la corruption est légitime et essentielle, elle ne doit pas être menée au détriment de la présomption d’innocence et du respect de la Constitution. C’est pourquoi, nous appelons les démocrates du monde entier à réagir et nous nous associons à toutes les forces politiques, syndicales et sociales, ainsi qu’à toutes les Brésiliennes et tous les Brésiliens qui s’opposent à l’incarcération arbitraire de l’ancien président Lula.

  • Laurence Cohen, Sénatrice (CRCE) du Val-de-Marne
  • Martina Anderson, Députée européenne, Sinn Féin, Irlande
  • Eliane Assassi, Sénatrice (CRCE) de Seine Saint-Denis, Présidente du groupe CRCE
  • Clémentine Autain, Députée (FI) de Seine Saint-Denis
  • Esther Benbassa, Sénatrice EELV de Paris
  • Ugo Bernalicis, Député (FI) du Nord
  • Eric Bocquet, Sénateur (CRCE) du Nord
  • Lynn Boylan, Députée européenne, Sinn Féin, Irlande
  • Alain Bruneel, Député (GDR) du Nord
  • Matt Carthy, Député Européen, Sinn Féin, Irlande
  • Luc Carvounas, Député (PS) du Val-de-Marne
  • André Chassaigne, Député (GDR) du Puy-de-Dôme, Président du Groupe GDR
  • Pierre-Yves Collombat, Sénateur (CRCE) du Var
  • Eric Coquerel, Député (FI) de Seine Saint-Denis
  • Nikos Chountis, Député Européen, Unité Populaire, Grèce
  • Javier Couso Permuy, Député européen, Izquierda Unida, Espagne
  • Cécile Cukierman, Sénatrice (CRCE) de la Loire
  • Pierre Dharréville, Député (GDR) des Bouches-du-Rhône
  • Caroline Fiat, Députée (FI) de Meurthe-et-Moselle
  • Elsa Faucillon, Députée (GDR) des Hauts-de-Seine
  • Eleonora Forenza, Députée européenne, Altra Europa con Tsipras, Italie
  • Fabien Gay, Sénateur (CRCE) de Seine Saint-Denis
  • Guillaume Gontard, Sénateur (CRCE) de l’Isère
  • Tania Gonzalez Peñas, Députée européenne, Podemos, Espagne
  • Michelle Gréaume, Sénatrice (CRCE) du Nord
  • Patrice Joly, Sénateur (PS) de la Nièvre
  • Michel Larive, Député (FI) de l’Ariège
  • Joël Labbé, Sénateur (RDSE) du Morbihan
  • Pierre Laurent, Sénateur (CRCE) de Paris, Secrétaire Nationale du PCF
  • Jean-Paul Lecoq, Député (GDR) de Seine-Maritime
  • Patrick Le Hyaric, Député européen PCF-Front de Gauche
  • Serge Letchimy, Député (PPM) de Martinique
  • Marie-Noëlle Lienneman, Sénatrice (PS) de Paris
  • Paloma Lopez Bermejo, Députée européenne Izquierda Unida, Espagne
  • Edouard Martin, Député Européen PS
  • Emmanuel Maurel, Députée Européen PS
  • Luke Ming Flanagan, Député européen, Indépendant, Irlande
  • Liadh Ní Riada, Députée européenne, Sinn Féin, Irlande
  • Danièle Obono, Députée (FI) de Paris
  • Pierre Ouzoulias, Sénateur (CRCE) des Hauts-de-Seine
  • Stéphane Peu, Député (GDR) de Seine Saint-Denis
  • Joao Pimenta Lopes, Député européen, PCP, Portugal
  • Loïc Prud’Homme, Député (FI) de Gironde
  • Christine Prunaud, Sénatrice (CRCE) des Côtes d’Armor
  • Adrien Quatennens, Député (FI) du Nord
  • François Ruffin, Député (FI) de la Somme
  • Pascal Savoldelli, Sénateur (CRCE) du Val-de-Marne
  • Neoklis Sylikiotis, Député Européen, AKEL, Chypre
  • Estefanía Torres Martinez, Députée européenne, Podemos, Espagne
  • Marie-Christine Vergiat, Députée européenne, Front de Gauche
  • Marie-Pierre Vieu, Députée européenne PCF-Front de Gauche
  • Dominique Watrin, Sénateur (CRCE) du Pas-de-Calais

liste complète des signataires : https://liberezlula.org/2018/05/lula-une-situation-alarmante-au-bresil/

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11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 15:17

"IL FAUT FÉDÉRER FACE À MACRON TOUS CEUX QUI VEULENT REJETER SA POLITIQUE".

Serge Faubert recevait sur Le Média lundi Emmanuel Maurel qui prône un dialogue avec toutes les forces de gauche.

Emmanuel Maurel le lundi 9 avril 2018 sur le plateau de Le Média

Emmanuel Maurel le lundi 9 avril 2018 sur le plateau de Le Média

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11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 13:49

Samedi 7 et dimanche 8 avril 2018, se tenait à Aubervilliers le 78ème congrès du Parti socialiste.

Deux intervenants valdoisiens se sont exprimés au titre du texte d'orientation n° 4 "L'Union & l'Espoir". Vous trouverez donc ci dessous l'intervention de Frédéric Faravel, mandataire valdoisien du T04, répondant vers 16h à l'adresse du PS sur la question européenne (préparée par la nouvelle direction), et celle d'Emmanuel Maurel, premier signataire du TO4, qui a sans doute donné vers 17h le plus beau, construit, clair et cohérent discours du congrès.

"Il me revient la tâche de vous expliquer les raisons pour lesquelles "L’Union & l’Espoir" s’abstiendra sur le texte qui nous est présenté.

La démarche proposée n’est pas inintéressante, mais nous croyons que la question européenne, ses enjeux méritent un véritable débat interne et approfondi. C’est d’ailleurs prévu à l’automne ; et il est heureux que nous préparions sérieusement les élections européennes en nous donnant enfin une orientation solide, qui parle à nouveau aux classes moyennes et populaires, qui permette enfin de faire reculer la défiance qui s’est enkystée à cause de la dérive ordo-libérale de la construction européenne à coup de Traité d’Amsterdam, de Traité de Lisbonne puis de Traité Merkozy !

La définition de notre orientation européenne mérite un temps prolongé et organisé de débat et de réflexion, avec les militants, pour ne pas réitérer les erreurs passées et répondre efficacement aux questions posées par une social-démocratie européenne, qui, si elle reste notre camp naturel, n’en finit pas de se débattre avec de graves contradictions.

Nos concitoyens méritent mieux qu’une nouvelle répétition des slogans des campagnes européennes précédentes, inaudibles car usés à force d’avoir été ressassés.

Et puis autant se le dire franchement camarades, la priorité de ce congrès, qui se tient en parallèle avec un mouvement social qui prend et dont les motivations sont fondées, était de s’adresser aux salariés qui luttent, aux Français qui voient leur pouvoir d’achat attaqué, leurs services publics mis à mal. Dire finalement à tous ceux pour qui naturellement nous devons nous battre que les socialistes sont à leurs côtés. Il est encore temps de s'adresser à eux, de parler au corps central de la société, de parler au peuple de gauche !"

"Je lis qu’on s’interroge sur notre place. J’entends qu’on s’émeut du risque d’instrumentalisation du mouvement social. Quelle curieuse inquiétude ! Qu’un parti politique de gauche se mobilise pour aider à construire un rapport de forces, quoi de plus naturel ?

Notre rôle n’est pas seulement de contester cette réforme au Parlement, notre place est aussi, évidemment, aux cotés du mouvement social. Dans la rue, dans la société, avec toutes celles et tous ceux, sans exclusive et sans anathème, qui entendent faire échec à la politique de Macron.

Léon Blum, dans son célèbre discours de 1920, le résumait ainsi : « autonomie des organisations, communauté des buts, moyens différenciés, capacités d’action communes ». Cela reste vrai aujourd'hui."

[...]  "Nous ne sommes pas condamnés, pour paraphraser un de nos plus grands poètes, à ce que « l'automne éternel » soit notre « saison mentale ».

Déjà la froidure se dissipe, et l'air est plein de la promesse des fleurs et des fruits. Il faut faire confiance au printemps qui vient. Il faut faire confiance au socialisme."

Emmanuel Maurel et Frédéric Faravel le samedi 7 avril 2018 à AubervilliersEmmanuel Maurel et Frédéric Faravel le samedi 7 avril 2018 à Aubervilliers

Emmanuel Maurel et Frédéric Faravel le samedi 7 avril 2018 à Aubervilliers

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22 mars 2018 4 22 /03 /mars /2018 07:53
Congrès fédéral du Val-d'Oise - 19 mars 2018 - Saint-Ouen-l'Aumône - Ce qu'en pense L'Union & l'Espoir dans le Val-d'OiseCongrès fédéral du Val-d'Oise - 19 mars 2018 - Saint-Ouen-l'Aumône - Ce qu'en pense L'Union & l'Espoir dans le Val-d'Oise

Intervention de Frédéric Faravel à l'entrée du congrès fédéral du Val-d'Oise du Parti socialiste pour « L'Union & l'Espoir », texte d'orientation n° 4 – lundi 19 mars 2018, Maison de quartier des Chennevières à Saint-Ouen-l’Aumône

Chers camarades,

Un mot d'abord pour saluer l'excellente campagne d'Emmanuel Maurel lors de ce congrès et dire que le score de jeudi dernier ne reflète pas selon nous la qualité du texte qui était soumis aux militants socialistes et du premier signataire qui le portait.

Vous dire aussi que la conclusion de ce congrès n'écarte pas quelques inquiétude, car si le texte d'orientation d'Olivier Faure est arrivé largement en tête, il reste essentiellement structuré autour d'une méthode de travail plutôt que sur une orientation politique lisible pour nos compatriotes. Le refus exprimé par Olivier Faure de faire une quelconque synthèse, dans un sens ou dans un autre ((à ce titre, même si nous ne partageons pas leur orientation, nous saluons la clarté des thèses défendues par les camarades qui promouvaient le texte de Stéphane Le Foll), renforce ce sentiment. Car nous restons convaincus que les socialistes avaient et ont toujours besoin d'être rapidement audible des Français pour incarner l'opposition au gouvernement libéral d'Emmanuel Macron.

Nous voulons croire en tout cas que l'annonce renouvelée d'Olivier Faure, notre futur premier secrétaire, d'être jeudi aux côtés des fonctionnaires et des cheminots, comme l'avait proposé Emmanuel Maurel, est un signe positif. Nous l'encourageons à poursuivre sur ce chemin … de fer, évidemment.

Nous appelons donc à accélérer le calendrier de travail pour doter le parti d'une orientation. Pour notre part, le parti s'étant donné avant tout une méthode de travail, nous nous sentons toute latitude pour participer à la refondation idéologique et continuer à défendre les propositions que nous avions faites dans ce congrès.

Quelques considérations plus personnelles et non moins politiques :

  • saluer d'abord la disponibilité de notre délégué général, Guy Melin, qui est toujours là quand on a besoin de lui avec toute l'équipe des permanents, pour répondre à nos questions et résoudre les difficultés que nous rencontrons. La fédération ne vivrait pas sans lui et son équipe. Qu'il en soit remercié chaleureusement.

  • Dire un mot des missions que Rachid Temal a dû assumer comme coordonnateur du Parti socialiste, dans une période particulièrement difficile. Assumer les conséquences de la défaite, faire fonctionner le parti alors que la confusion politique régnait et que nous n'avions plus d'argent, affronter un douloureux plan social (douloureux avant tout pour ceux qui en sont victimes) et d'autant plus douloureux qu'il s'agissait de virer des camarades. On pourra toujours dire – en étant bien intentionné et certains plus mal intentionnés – qu'on aurait fait différemment, et c'était sans doute possible, mais la réalité c'est que personne n'aurait aimé être à sa place dans cette situation. Il a droit à notre reconnaissance.

  • Saluer aussi la qualité des débats de section ou de circonscription quand ils ont eu lieu... Pour ma part, je suis allé à Boulogne-Billancourt, Bourg-en-Bresse, Lannester dans le Morbihan et j'ai fini ici même à Saint-Ouen-l'Aumône. Partout je veux souligner la richesse des échanges et le respect qui les accompagnait, notamment avec Eric Nicollet et Ayda Hadizadeh avec lesquels nous avons trouvé parfois des convergences inattendues.

  • Un mot, enfin, de solidarité avec nos camarades de Sarcelles qui traversent un moment difficile qu'on aurait pu leur épargner. Je veux voir dans la participation importante de jeudi soir dans cette section une saine réaction qui complète le fait qu'ils étaient très nombreux pour participer au débat de présentation des textes d'orientation le 13 mars. Cela change de l'image donnée par d'autres sections où les votes sont pléthoriques mais les réunions peu fréquentées.

Les camarades qui ont soutenu le texte d'orientation « L'Union & l'Espoir » vont maintenant se réunir pour débattre en Assemblée générale de l'avenir de la fédération. Nous vous dirons nos décisions après cette AG.

Congrès fédéral du Val-d'Oise - 19 mars 2018 - Saint-Ouen-l'Aumône - Ce qu'en pense L'Union & l'Espoir dans le Val-d'Oise

Intervention de Frédéric Faravel en conclusion du congrès fédéral du Val-d'Oise du Parti socialiste pour « L'Union & l'Espoir », texte d'orientation n° 4

Nous voulons nous engager aujourd'hui dans la refondation du Parti. Nous le faisons sans être dupes et sans abandonner notre liberté de ton, sans abandonner quelques exigences fortes sur l'évolution du Parti dans les mois à venir.

À notre niveau, cela veut dire s'engager dans la fédération ; nous sommes convaincus de la nécessité de travailler ensemble selon quatre axes :

1- la refondation idéologique, dans laquelle la formation devra prendre une place privilégiée qui ne saurait se limiter aux questions techniques (prendre la parole en public, animer une réunion, conduire une campagne électorale, la communication) mais bien au contraire s'élargir à la formation idéologique ;

2- le rassemblement de la gauche qui ne saurait se limiter à des discussions entre partis, mais sans lequel nulle victoire ne sera possible et pour lequel il faudra que le PS revienne au cœur de la gauche ;

3- La préparation des élections :

  • Les Européennes, d'abord, que nous ne pourrons nous permettre d'enjamber, et pour lesquelles nous ne pourrons nous contenter d'annonner à nouveau « Et maintenant l'Europe sociale ! ». Il faudra que notre propos soit quelque peu plus consistant ;

  • Les Municipales et les Départementales, pour lesquelles nous devons entamer un travail de fond sur les programmes dès aujourd'hui, et un travail de forme en reconstruisant notre implantation avec des camarades qui souhaitent s'engager sur le long terme, toujours en ayant à cœur le rassemblement de la gauche.

4- La reconstruction de notre maillage territorial enfin – et la levée de la tutelle sur la section de Garges-lès-Gonesse est une bonne nouvelle – car notre militantisme a besoin d'être en prise avec les territoires et nos concitoyens.

Voilà camarades comment nous rebâtirons l'union et l'espoir, auquel cas nous aurons manqué à la mission que nous devons au socialisme.

Nous soutiendrons donc la candidature de Rachid Temal à la fonction de premier secrétaire fédéral et nous participerons au secrétariat fédéral comme il nous l'a proposé.

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14 mars 2018 3 14 /03 /mars /2018 14:38
Pour nous, le 15 mars c'est L'Union & l'Espoir avec Emmanuel Maurel

premiers signataires valdoisiens du texte "L'Union & l'Espoir" :

Marianne Bak, Écouen-Ézanville – Ghouti Ben Habib, Franconville - Laura Bérot, Soisy-sous-Montmorency – Pierre Blazy, Gonesse – Hélène Bonnet, Montmorency – Élisabeth Bouton, Eaubonne/Montlignon – Bruno Boutron, Montmorency – Michel Bratigny, L'Isle-Adam – Jean-Claude Chevrier, Pierrelaye – Nicole Chicot, Haut-Val-d'Oise – Umut Cicek, Haut-Val-d'Oise – Michel Coffineau Bouffémont – Émile Cohat, Vauréal – Philippe Cordier, Sannois – Bruno Crinon, Fosses-Plaine de France – Didier Dague, Courdimanche – Michelle Demarchelier, Bouffémont – Bernard Desclos, Canton de Viarmes – Jean-François Dupland, Herblay – Frédéric Faravel, Bezons – Denis Février, Cergy – Sébastien Fontagneu, Deuil-Enghien – Luc Fricot, Eaubonne/Montlignon – Monique Fricot, Eaubonne/Montlignon – Thierry Garcin, Bouffémont – Jean-Michel Glize, Haut-Val-d'Oise – Yougourthene Gourta Kechit, Villiers-le-Bel – Calvin Job, Haut-Val-d'Oise – Pierre Kiani, Jouy Le Moutier – Nelly Léon, Herblay – Sébastien Lombard, Haut-Val-d'Oise – Agnès Marietta, Marines – Emmanuel Maurel, Haut-Val-d'Oise – Julie Millet, Plaine de France – Laurent Ortalda, Éragny-sur-Oise – Jean-Pierre Petiteau, Écouen-Ézanville – Adélaïde Piazzi, Montmorency – Djeamson Pierre-Louis, Haut-Val-d'Oise – Guillaume Poisson, Bouffémont – Pierre Radou, Cergy – Antoine Raisséguier, Franconville – Shaistah Raja, Sarcelles – Paul Ravoajanahary, Sannois – Michèle Renou, L'Isle-Adam – Michelle Rinaldelli, Haut-Val-d'Oise – Fabrice Rizzoli, Deuil-Enghien – Gilbert Rousseau, Écouen-Ézanville – Gérard Sebaoun, Franconville – Maya Sebaoun, Franconville – Philippe Selosse, Écouen-Ézanville – Abdelkader Slifi, Argenteuil – Gérard Soulier, Vauréal – Aboubacar Sylla, Eaubonne/Montlignon – Nicolas Tcheng, Ermont – Rafik Tebbi, Soisy-sous-Montmorency

A la veille du vote des militants socialistes, nous voulons vous présenter l'état d'esprit qui nous anime et qui a animé l'élaboration du texte d'orientation "L'Union & l'Espoir" qui vous est soumis.

Nous nous appuyons sur une conviction : le Parti Socialiste français a encore un avenir, parce qu’il y a une utilité historique du socialisme français. Pour nous, la seule façon de survivre et de rebondir, c’est de sortir des sables mouvants de l’ambiguïté. Notre démarche s’inscrit donc sous le sceau de la clarté et de l’authenticité à gauche.

1- Clarté par rapport au nouveau pouvoir : nous devons être dans une opposition résolue à Macron, qui est l’une des incarnations du modèle néolibéral, et il faut le dénoncer. Ça n’a pas toujours été le cas, parce les premiers mois du quinquennat Macron ont été marqués par une très grande confusion chez les socialistes français, qui ont voté de trois manières différentes à l’Assemblée nationale, sur la confiance au Gouvernement. Pas besoin au demeurant de qualifier notre opposition de constructive, nous n'avions pas besoin de le faire face à la droite au pouvoir, pourquoi le ferions-nous aujourd’hui ?

2- Clarté aussi par rapport au bilan : le Parti Socialiste vient de passer 5 ans au pouvoir et il sera impossible d’y revenir sans retour critique sur cette période, qui – malgré quelques mesures positives – a été marquée par une perte de repères et par une pratique présidentialiste dans laquelle tout est soumis à l’exécutif. À force de se taire, le Parti a laissé le Président et les Premiers Ministres faire des erreurs, parfois majeures.

3- Clarté enfin sur les orientations stratégiques : on doit tirer les conséquences de notre opposition à Macron et s’inscrire dans une démarche unitaire vis-à-vis des autres forces de gauche. Quand bien même on serait critiqué, même de façon très dure,il faut savoir être unitaire pour deux, pour trois, pour dix. Rappelez-vous que nous avons bien été capables de faire un programme commun avec le PCF quand celui-ci était devant nous et sous tutelle de l'URSS ; qu'est-ce qui peut bien nous faire peur aujourd'hui ?

* * *

Ce que nous proposons, c’est donc d’en revenir à un certain nombre de fondamentaux. La gauche n’a pas seulement perdu des électeurs : elle a aussi perdu des repères. Il lui faut une boussole.

De quels fondamentaux parlons-nous ?

Il est surprenant que le Parti Socialiste ne parle plus des salaires, qui restent encore au cœur de la répartition entre le capital et le travail. Il est incompréhensible que sous un gouvernement socialiste, non seulement on n’augmente pas les salaires, mais qu’en plus un ministre de l’économie (Michel Sapin) ait encouragé les entreprises à ne pas le faire !

Il faut renouer avec ce qu’on n’aurait jamais dû cesser d’être : des partageux. Ce n’est pas parce que le monde a changé, que de nouveaux problèmes sont apparus, que l’on doit renoncer à ce qui fait notre identité, c’est-à-dire le partage : partage des richesses, partage des pouvoirs, partage des savoirs.

Autre point fondamental : il y a désormais un lien évident entre la question sociale et la question écologique. Quand nous nous disons « écosocialiste », ce n’est pas une concession à l’air du temps : jusqu’à maintenant, on se battait contre les logiques d’exploitation qui touchaient l’être humain, mais l’exploitation touche aussi la nature. Il faut changer de modèle de production et de consommation.

Quelle stratégie la social-démocratie française doit-elle avoir pour renouer avec les classes populaires et les classes moyennes ?

Il nous faut renouer avec le corps central du socialisme : les employés et les ouvriers. Pour ça, il ne suffit pas de le dire. Il faut que nos préoccupations et nos mots d’ordre soient en résonance avec nos déclarations.

Prenons un exemple ; celui de l’expulsion locative : Chaque année, des dizaines de milliers de gens minés par des dettes locatives de quelques centaines ou milliers d’euros se retrouvent devant le tribunal, devant lequel ils négocient des sur-loyers de 10, 15, 20€ par mois, pour ne pas être expulsés. Macron explique que la baisse des APL est une mesure indolore. La vérité, c’est que 5€ pour plein de gens, c’est une catastrophe, c'est la menace d’être expulsé de son logement !

Nous parlions des salaires, il faudrait aussi parler des services publics, qui ont été largement dégradés durant ces dix dernières années alors qu’ils contribuent à l’égalité entre les territoires. C’est une condition indispensable si on veut s’adresser à cette France qui se sent délaissée.

S'ajoute à tout cela la pratique macronienne du pouvoir. On dit de Macron qu’il est parvenu à unifier le libéraux de tous bords. Il est surtout parvenu à opérer la fusion entre les élites néolibérales, le monde des affaires, et ce qu’on appelait jadis la « noblesse d’État », c’est-à-dire la technocratie à la française.

Mais cette prouesse n’évitera pas à Macron d’échapper à la réalité de sa politique, exprimée de façon très factuelle et très brutale par la dernière étude de l’OFCE, qui montre que l’essentiel de sa réforme fiscale profite aux très riches, alors que les ménages les plus pauvres en sont les grands perdants. Cette réalité-là lui collera à la peau. Dans le même temps, il augmente la CSG, baisse les APL, supprime quasiment l’ISF et met en place une flat tax sur les revenus financiers. Ce n’est pas une politique qui peut se prétendre équilibrée : c’est une politique de classe.

Et on ne pouvait pas dire qu'on ne savait pas, qu'on découvre... C'était dans son programme !

Même les classes moyennes, qui pouvaient lui faire confiance pendant un moment, se rendront compte que sa politique est extrêmement déséquilibrée en faveur des vrais possédants (dont ne font pas partie les classes moyennes).

Macron méconnaît l’aspiration profonde des Français à l’égalité. Et c’est ce qui le rattrapera. Il est persuadé que la France est enfin mûre pour les grandes réformes libérales que l’élite appelle de ses vœux depuis des décennies. Mais il s’agit davantage d’une fin que d’un commencement pour le cycle néolibéral.

Enfin, cette alliance des élites nie les corps intermédiaires, comme en témoigne le mépris de Macron pour les élus locaux, qui tissent pourtant un lien très fort entre les citoyens et les institutions. Macron a supprimé les emplois aidés et demandé des économies impossibles aux collectivités : la confrontation qui a commencé lors du Congrès des maires va s’amplifier.

La confrontation inéluctable avec le monde syndical, hostile dès le départ ou déçu, qui est exclu de la pratique politique d’Emmanuel Macron, ne fera que croître.

* * *

Rien ne sera possible cependant si la gauche, toute la gauche, ne relève pas la tête.

Macron n’a en réalité absolument pas fait reculer l’extrême-droite, et hélas les déboires actuels au sein du FN ne l’empêcheront pas de prospérer à nouveau. Pour nous, militants de gauche, le combat face à Macron et à Wauquiez – la droite pourrait retrouver un peu de vigueur avec lui – ne peut faire oublier que l’extrême-droite est encore vivace, notamment dans les classes populaires. Ce problème n’est pas derrière nous, contrairement à ce que certains amis du président essaient de faire croire.

Nous voulons donc amorcer une dynamique unitaire à gauche. On l’oublie trop souvent, mais l’opposition se construit très concrètement, y compris au Parlement.

Les groupes socialiste, communiste et “France Insoumise” ont déposé un recours commun au Conseil Constitutionnel contre les ordonnances : il y a eu une convergence concrète, au niveau parlementaire. Plus Macron déploiera son agenda de réformes, plus une opposition se cristallisera dans laquelle on retrouvera les différentes familles de la gauche. C’est vrai au Parlement, ce sera vrai également dans la société.

L’unité ne se décrète pas, elle se construit. Elle se construit dans les luttes, qu’elles soient locales ou nationales. Cela pourra commencer avec l’université, mais aussi avec l’hôpital public, la réforme de l’assurance-chômage ou de l’assurance-maladie… Nous devons donc travailler à la naissance d’un front commun qui rassemblera de plus en plus largement au fil du quinquennat. Pour cela, il faut savoir être disposé au dialogue avec toutes les forces de gauche. Il est donc urgent que nous, socialistes, soyons clairs quant à notre rapport à Macron : c’est l’un des enjeux du quinquennat.

* * *

Chers camarades,

Nous sommes dans un congrès du Parti socialiste, un congrès qui doit redonner une orientation politique à notre parti qui souffre cruellement d'en manquer, dans un contexte où nous sommes entrés dans le quinquennat avec tous les pouvoirs ou presque (Présidence, Assemblée nationale, Sénat, moyennes et grandes villes, régions et départements). Nous en sortons quasiment dépouillés de tout : il n'y a pas d'équivalent historique en France d'une telle dégringolade électorale et structurelle d'un parti politique, d'un parti de gouvernement qui plus est.

Ne nous trompons pas de sujet, de moment et d'enjeux... Nous ne sommes ni dans une primaire, ni dans une élection présidentielle, ni à la veille de conduire une campagne électorale nationale ou de revenir au pouvoir. Gardons nous à ce stade des catalogues programmatiques ; le projet socialiste, le programme que nous proposerons, nous devrons le construire avec les militants en dialogue avec nos concitoyens. Par contre, il est bon de dépasser l'énoncé de simples généralités aussi généreuses soient-elles.

Le texte "L'Union & l'Espoir", dont le premier signataire est Emmanuel Maurel, a évité ces deux écueils : il fixe un cap stratégique – celui de travailler au rassemblement de la gauche –, il offre aux socialistes la possibilité de sortir de l'ambiguïté sur notre bilan et de sortir de l'ambiguïté face au nouveau pouvoir qui n'est rien d'autre qu'une nouvelle nuance de droite. Nous avons respecté le cadre qui nous était imposé (50.000 signes, 5 thématiques imposées) ; il eut été utile que tous s'y plient.

Au sortir de son congrès, avec “L'Union & l'Espoir”, les socialistes pourront dire quelle vision du monde, de la société ils ont, quelles pistes ils proposent pour les transformer, avec des axes forts de mobilisation immédiate. C'est indispensable pour que nos concitoyens nous reconnaissent à nouveau, qu'ils comprennent à nouveau où nous nous situons et pour quoi nous nous battons. C'est essentiel pour être à nouveau au cœur de la gauche et remettre tout le monde autour de la table afin de reconstruire le rassemblement, condition nécessaire pour gagner et gouverner à nouveau, gouverner pour transformer la société.

 

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26 février 2018 1 26 /02 /février /2018 11:23
Pour redresser le Parti socialiste, nous faisons le choix d'une nouvelle synthèse avec "L'Union & l'Espoir" et Emmanuel Maurel

Nous nous appuyons sur une conviction : le Parti Socialiste français a encore un avenir, parce qu’il y a une utilité historique du socialisme français. Pour nous, la seule façon de survivre et de rebondir, c’est de sortir des sables mouvants de l’ambiguïté. Notre démarche s’inscrit donc sous le sceau de la clarté et de l’authenticité à gauche et d'une nouvelle synthèse socialiste qui conjugue nos fondamentaux et les luttes nouvelles.

 

Au sortir de son congrès, avec “L'Union & l'Espoir”, les socialistes pourront dire quelle vision du monde, de la société ils ont, quelles pistes ils proposent pour les transformer, avec des axes forts de mobilisation immédiate. C'est indispensable pour que nos concitoyens nous reconnaissent à nouveau, qu'ils comprennent à nouveau où nous nous situons et pour quoi nous nous battons. C'est essentiel pour être à nouveau au cœur de la gauche et remettre tout le monde autour de la table afin de reconstruire le rassemblement, condition nécessaire pour gagner et gouverner à nouveau.

Vous trouverez plus bas la liste des premiers signataires valdoisiens du texte d'orientation n°4 du 78ème congrès du Parti socialiste.

 

En 2012 nous avions tous les pouvoirs. En 2017 nous avons presque tout perdu. TSCG, Pacte de responsabilité, loi travail, déchéance : les Français n'ont pas reconnus notre action, ne l'ont pas comprise - non par manque de "pédagogie", de communication ou d'explications, mais parce qu'elle était incompréhensible - et finalement ne nous reconnaissent plus.

L’illusion sociale-libérale échoue car elle est périmée. Accélérateur de mondialisation, elle creuse les inégalités et favorise la montée des extrêmes.

Nous devons renouer avec les ouvriers, les employés du public & du privé et la jeunesse.

Notre message doit être clair, sauf à rester inaudibles, comme lors des dernières législatives partielles.

Faisons à nouveau vibrer une réponse socialiste républicaine, antilibérale et écologiste aux défis de la France et de l’Europe.

Nous sommes écosocialistes.

Défendons un développement solidaire où citoyens et État reprennent le contrôle de l’énergie, rejettent productivisme et consumérisme, favorisent une agriculture de qualité, plus forte en main d’œuvre.

L’emploi et le pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes sont prioritaires : militons pour l’augmentation du SMIC et des salaires et des embauches massives dans le secteur public, notamment la santé (contre les déserts médicaux et le traitement indigne de nos anciens).

Nous sommes républicains et donc laïcs.

Nous promouvons l’émancipation de tous de la tutelle des clergés, l’accès de tous à une école concentrant les moyens sur ceux qui en ont le plus besoin et une démocratie qui redevienne parlementaire.

Nous sommes internationalistes et européens.

Face à la mondialisation financière, affirmons que le libre-échange intégral et le dumping sont une impasse économique, sociale et écologique, militons contre le CETA, dangereux pour notre industrie et notre agriculture, proposons une Europe orientée sur des projets concrets d’investissements et de créations d’emplois.

Les “grandes coalitions” droite-gauche font progresser l'extrême-droite : rassemblons les gauches européennes pour une Europe au service des peuples.

Notre Parti fera écho aux nouvelles luttes sociales, territoriales et écologiques en s'appuyant sur ses milliers d’élus et de militants sur le terrain. Il leur donnera la parole par des conventions et des referendums.

Il favorisera l’unité des forces de transformation de la société, en dialoguant partout avec collectifs, associations, ONG, acteurs culturels

Pour nous relever, il n’y aura aucun miracle, seulement notre force et notre travail : choisissons un large rassemblement pour construire le socialisme des temps nouveaux.

Premiers signataires valdoisiens du texte d'orientation n°4 au 23 février 2018 :

Marianne Bak, adjointe au Maire d'Ecouen (CF) - Ghouti Ben Habib (Franconville) - Laura Bérot (CN, CF, Soisy-sous-Montmorency) - Pierre Blazy (BF, Gonesse) - Hélène Bonnet (Montmorency) - Bruno Boutron, conseiller municipal de Montmorency - Jean-Claude Chevrier adjoint au Maire de Pierrelaye - Nicole Chicot, conseillère municipale de Persan - Umuy Cicek (Haut-Val-d'Oise) - Michel Coffineau, ancien député, ancien Maire de Bouffémont - Emile Cohat (Vauréal) - Philippe Cordier (CAS Sannois) - Bruno Crinon (CAS Fosses) - Didier Dague, conseiller municipal et communautaire (CFC) - Bernard Desclos (Canton de Viarmes) - Jean-François Dupland (CF Herblay) - Frédéric Faravel (CN, BF Bezons) - Denis Février (CF Cergy) - Sébastien Fontagneu, secrétaire de section de Deuil-la-Barre/Enghien-les-Bains (CF) - Luc Fricot (Eaubonne-Montlignon) - Monique Fricot (Eaubonne-Montlignon) - Thierry Garcin, conseiller municipal de Maffliers (BFA) - Jean-Michel Glize (Haut-Val-d'Oise) - Yougourthene Gourta Kechit (Villiers-le-Bel) - Calvin Job, conseiller municipal de Beaumont-sur-Oise (CF) - Nelly Léon, conseillère municipale d'Herblay (CF) - Sébastien Lombard, conseiller municipal de Persan et secrétaire de section du Haut-Val-d'Oise (BNA, CF) - Julie Millet (Plaine de France) - Laurent Ortalda (CAS, Eragny-sur-Oise) - Jean-Pierre Petiteau (Ezanville) - Adélaïde Piazzi, conseillère municipale et secrétaire de section de Montmorency(CNC, BF) - Pierre-Louis Djeamson (trésorier de section du Haut-Val-d'Oise) - Guillaume Poisson, adjoint au Maire et secrétaire de section de Bouffémont - Pierre Radou (Cergy) - Shaistah Raja (Sarcelles) - Paul Ravoajanahary (Sannois) - Michelle Rinaldelli, conseillère municipale de Persan - Fabrice Rizzoli, conseiller municipal de Deuil-la-Barre - Gilbert Rousseau (Ecouen) - Gérard Sebaoun, ancien député (Franconville) - Maya Sebaoun (CFC, CAS Franconville) - Philippe Selosse, président de groupe et conseiller municipal d'Ecouen - Abdelkader Slifi, conseiller municipal d'Argenteuil - Aboubacar Sylla (Eaubonne-Montlignon) - Rafik Tebbi (Soisy-sous-Montmorency)...

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9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 22:14

Retour aux fondamentaux. Face au naufrage électoral du PS français, Emmanuel Maurel se penche sur le berceau du socialisme pour en rappeler la raison d'être et la place qu'il doit prendre.

Marianne - tribune publiée dans l'édition du 9 au 15 février 2018

Emmanuel Maurel lors du conseil national du Parti socialiste du samedi 27 janvier 2018

Emmanuel Maurel lors du conseil national du Parti socialiste du samedi 27 janvier 2018

Dans un paysage politique compliqué, tâchons d'entrer avec quelques idées simples. En France, la donne électorale est profondément bouleversée. Il est trop tôt pour dire si les résultats de la présidentielle et des législatives marquent le début d'une ère nouvelle, ou s'il s'agit d'une simple parenthèse comme la vie publique en a parfois connu. Reste que le président de la République peut se targuer d'avoir réussi son pari : il est à la tête d'un bloc central dominant, qui rassemble ceux qui, venant de la droite comme de la gauche, ont été séduits par un message "optimiste" et « moderne » (la "Start-up nation").

La droite résiste un peu, car son socle sociologique est plus solide qu’il n’y parait. En revanche, concurrencé à gauche par la France Insoumise, et menacé à sa droite par En Marche !, le Parti Socialiste flirte désormais avec la marginalité électorale, au moins dans les scrutins nationaux.
Les raisons hexagonales du désastre sont connues : bilan calamiteux (au sens littéral du terme), campagne difficile émaillée de trahisons, confusion et ambiguïté au lendemain de l’élection du nouveau président.

Mais la double déroute du printemps dernier s’inscrit dans un processus plus large, celui de la crise structurelle de la social-démocratie européenne. Une crise qui n’épargne quasiment aucun parti de la « gauche de gouvernement » et qui a des racines à la fois idéologiques, stratégiques et sociologiques.

Confrontée à la dynamique nouvelle du capitalisme et à ce que le penseur allemand Hartmut Rosa a appelé la « société de l'accélération », la social-démocratie ne peut plus en revenir aux solutions traditionnelles qui étaient les siennes dans le cadre de l'Etat-nation. Mais elle n’a pas été suffisamment hardie, suffisamment courageuse, pour essayer d’en imaginer de nouvelles dans le cadre qui était pourtant censé être le plus pertinent, celui de l'Union européenne. Au mieux social-défaitiste, au pire sociale-libérale, elle est la grande perdante des dernières décennies.

Sa défaite n’est pas seulement électorale, elle est avant tout culturelle. Quand elle ne se livrait pas carrément à d’hasardeuses expérimentations de triangulation (voir Tony Blair ou Gerard Schröder), elle a singulièrement manqué de vigilance face à l’offensive menée par les idéologues du néo libéralisme qui ont toujours pris la vie de l’esprit au sérieux. Et qui, faute de combattants, parviennent à imposer leur grille de lecture du monde et leur vocabulaire : le travail devient un « coût », les usagers des « clients », le salaire différé des « charges », l’action politique se dilue dans la « gouvernance ».

A cette perte de repères s’ajoute une hésitation stratégique que la situation du SPD allemand illustre en ce moment même : pour avoir, à plusieurs reprises, refusé de gouverner avec le reste de la gauche, les sociaux-démocrates allemands, malheureux, en sont réduits à diriger leur pays avec Madame Merkel, accréditant par la même la thèse de l’indifférenciation entre la droite et la gauche. La Grande Coalition, présentée comme un rempart à l’extrême droite menaçante, ne contribue en réalité qu’à la nourrir davantage. Mais les partisans de l’alliance avec la droite ou le centre droit ne désarment pas pour autant, et ils sont nombreux en Europe (à commencer par l’italien Matteo Renzi) ceux qui rêvent à voix haute d’un scenario « macronien » de dépassement des clivages prétendument anciens

Si la conscience de classe s'est étiolée, la réalité de l'exploitation demeure.

Dans ces conditions, il n’est pas surprenant de voir la base sociale traditionnelle des partis socialistes, à quelques heureuses exceptions près, s’en détourner progressivement. Le décrochage de l’électorat ouvrier est incontestable. En France, il est spectaculaire.

Longtemps "interclassiste", le PS a été ce que la science politique appelle un "catch all party", un "Parti attrape tout". Maintenant qu'il n'attrape plus grand monde, il est bon de repartir de la sociologie.

Renouer avec le corps central de la société n'est pas seulement un impératif électoral. C'est avant tout une obligation morale. Le socialisme est né de l'indignation devant les injustices : sa mission historique, sa raison d'être, c'est l'amélioration des conditions de vie matérielle de celles et ceux que le système accable. Or si la conscience de classe s'est étiolée, si les frontières entre les groupes sociaux sont plus poreuses qu'hier, la réalité de l'exploitation (oh le gros mot !) demeure. Le rôle d'un parti de gauche c'est d'homogénéiser les revendications de ceux qui se croient dissemblables. Oui, en dépit des mutations de la société, les ouvriers, les employés du public et du privé, les jeunes en formation, les chômeurs, la majorité des retraités, les intellectuels précarisés, les artisans, et même les patrons de PME, ont un intérêt objectif à ce que le travail soit préféré à la rente, la production à la spéculation, etc.

De cet objectif prioritaire il faut tirer les conséquences programmatiques : sans nier les mutations qu’il subit, il est bon de rappeler la centralité du travail, les conditions dans lesquelles il s’exerce, les salaires qui en constituent le prix, les moyens d’en donner au plus grand nombre. Mais cela implique aussi de s’attacher aux effets de la mondialisation sur la géographie, et de remettre l’égalité entre les territoires au cœur de nos préoccupations : le refus du « tout métropole » qui condamne des départements entiers (et ses populations) à la relégation, la défense et la promotion des services publics de proximité, une action résolue en faveur du logement accessible et des transports.

Renouer avec nos fondamentaux, c’est ainsi assumer que dans une société qui exalte le risque et l’individu, nous préconisions de construire des protections collectives. Protéger notre environnement, protéger les salariés et ceux qui aspirent à l’être, protéger nos entreprises, nos savoir faire et nos territoires d’un libre-échange dévastateur : ceux qui se croient modernes parce que le monde les a changés plus qu’ils n’ont changé monde trouveront surement à redire.
Mais les archaïques ne sont pas ceux que l’on croit. A bien des égards, le " nouveau monde" ressemble furieusement à l'ancien régime. Les logiques de domination s’y expriment avec une étonnante brutalité. Quand un plan de licenciement massif entraine une envolée du cours de bourse, quand les denrées alimentaires font l’objet de répugnantes spéculations, la régulation seule s’impose comme une réponse rationnelle. Quand la compétition de tous contre tous s’avère épuisante pour ceux qui s’y adonnent comme pour ceux qui la subissent, la coopération apparait plus désirable et plus efficace. Enfin, au moment où des multinationales n’ont que faire des Etats, des frontières et des règles, et rêvent tout haut d’entreprises sans usine et de marché sans entrave, la belle et grande idée de souveraineté recouvre toute sa pertinence. Car c’est peut-être l’aspect le plus préoccupant de la modernité libérale : cette contestation par le marché de la démocratie, de l’apparente raideur de ses rites, de la lenteur de ses procédures et du caractère collectif de ses délibérations.
 
Régulation, coopération, souveraineté : le socialisme moderne se reconstruira à partir de ces grands principes. Comme il se nourrira des luttes qui s’organisent, souvent au niveau mondial, esquissant, sans s’en rendre compte, les contours d’une nouvelle Internationale : celle qui épouse la cause écologique sous toutes ces formes, dénonce les risques des mega accords commerciaux, combat la malbouffe et l’insupportable gaspillage alimentaire, se mobilise contre l’évasion fiscale, contre l’invasion publicitaire, contre l’uniformité culturelle. Comme il s’inspirera de l’action de nos collectivités territoriales qui expérimentent les circuits courts et le produire local, les territoires zéro chômeur de longue durée, le revenu de base, et des centaines choses encore qui sont autant de résistances à l’emprise de la société de marché sur nos vies.

Par un curieux paradoxe dont la vie politique a le secret, ce sont des vieux messieurs aux cheveux blancs et aux convictions inébranlables (Bernie Sanders et Jeremy Corbin), longtemps marginaux dans leur propre famille politique, qui sont entrés en résonance avec le monde nouveau, mobilisant, contre toute attente une jeunesse avide de sens autour d’un slogan simple mais fécond : « for the many, not the few ». Nous ne sommes pas obligés de les imiter. Mais cette synthèse entre les fondamentaux du socialisme et les luttes nouvelles est à coup sûr une piste à suivre. 

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