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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 09:23

LE MONDE - 06/07/2013 - Par Bastien Bonnefous

Une pierre politique de plus dans le jardin de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault. Lundi 8 juillet, l’aile gauche du PS va envoyer une lettre à l’ensemble des parlementaires socialistes et des membres du bureau national de la rue de Solférino pour demander le report de la réforme des retraites.

Lienemann Maurel GuedjDans ce courrier, que Le Monde s’est procuré, le courant Maintenant la gauche, porté par le vice-président de la région Ile-de-France Emmanuel Maurel, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann et le député Jérôme Guedj, estime que cette réforme n’est “ni urgente ni opportune”. “Rien ne justifie socialement, économiquement et financièrement d’en demander plus aujourd’hui”, écrivent-ils.

Ils considèrent, notamment, que l’allongement de la durée de cotisation – piste envisagée par le gouvernement pour combler le déficit du régime de retraite – aurait “un caractère profondément anxiogène” pour les Français et risquerait d’”aggraver les difficultés économiques au plus mauvais moment”, alors que la reprise n’est pas là.

Bien que minoritaire, l’aile gauche veut que le débat soit “porté par le parti” et demande que la direction du PS, qui a mis en place un groupe de travail sur les retraites, organise “une consultation des militants dans les fédérations”.

OPPOSITION À TOUTE BAISSE DU MONTANT DES PENSIONS

Dans les sections socialistes, l’inquiétude semble en effet monter. Jeudi 4 juillet, les militants de la fédération des Pyrénées-Atlantiques ont demandé que “le bureau national du PS prenne position contre les recommandations du rapport Moreau, à propos du financement des retraites”. “Il doit exprimer clairement et sans ambiguïté son opposition à toute baisse du montant des pensions, que ce soit par une augmentation du nombre d’annuités, par un recul de l’âge légal ouvrant le droit à la retraite ou par une modification de la base de calcul”, ajoute la “fédé”.

Déjà, le 27 juin, celle de la Haute-Loire avait adopté à l’unanimité une motion rejetant toute “précipitation” ou “ultimatum” pour réformer, invitant le PS à “ne pas choisir la voie de la régression”.

L’initiative de l’aile gauche ne devrait pas manquer de faire réagir au sein de l’exécutif, qui tente par tous les moyens d’empêcher la montée d’un débat interne sur sa ligne économique. D’autant qu’elle intervient après l’appel de quatre “sensibilités” du PS, dont Maintenant la gauche, lundi 1er juillet, à une “grande réforme fiscale”, et après le limogeage de la ministre de l’écologie, Delphine Batho, le lendemain, pour avoir critiqué son budget pour 2014.

Une série d’événements qui traduit les tensions croissantes au sein de la majorité. “Le débat sur la fiscalité est le signe d’un ébranlement à la base de la majorité. L’affaire Batho montre que le président de la République et le premier ministre ont du mal à conjurer les dissensions qui persistent sur la ligne”, analyse Mme Lienemann, qui souhaite désormais que les critiques privées s’expriment sur la place publique. “On peut faire taire un ministre en le virant, mais pas un parlementaire ou un militant”, lance la sénatrice.

MONTÉE EN PUISSANCE DE LA CONTESTATION

L’aile gauche est persuadée qu’elle peut rallier à sa cause, durant l’été, “une large majorité de la majorité socialiste”, affirme M. Maurel. Pour obtenir, au mieux, le report de la loi sur les retraites – qui doit être présentée en conseil des ministres à la mi-septembre avant son examen parlementaire à l’automne –, au pire, son adoption a minima, sans l’allongement de la durée de cotisation.

Pour l’instant, ses pointages, qui s’appuient sur les votes des précédents textes emblématiques de la première année du quinquennat, semblent plus que très optimistes. En octobre 2012, 29 députés socialistes s’étaient abstenus ou avaient voté contre le traité européen de stabilité ; ils étaient 41 en avril 2013 à s’opposer à l’accord sur la sécurisation de l’emploi et, un mois plus tard, en mai 2013, une centaine étaient prêts à voter en faveur de l’amnistie sociale, finalement repoussée par le gouvernement.

Cette montée en puissance de la contestation pourrait, selon Maintenant la gauche, fédérer “près de 150 députés” inquiets des effets de la réforme des retraites. Un ordre de grandeur “totalement fantaisiste”, selon les élus proches de M. Hollande, qui peinent néanmoins à cacher leurs craintes. “Il n’est pas question de reculer. Il faut voter la loi à la rentrée, serrer les rangs et passer à autre chose”, confie un “hollandais” historique.

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 07:36

Liberation.fr - 2 juillet 2013 à 15:35 - propos recueillis par Kim Hullot-Guiot

Interview - Quatre sensibilités de la majorité appellent le gouvernement à mettre en place une grande réforme fiscale, afin de «redonner du pouvoir d’achat aux couches populaires». Elles préconisent notamment la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG.

2013-04-22lienemannPour élaborer la prochaine loi de finances, il faudra compter avec l’aile gauche de la majorité. C’est en tous cas ce qu’aimeraient les représentants de quatre sensibilités, Un Monde d’avance, Maintenant la gauche, La Gauche durable et La Gauche populaire, qui ont présenté ce matin à la presse une contribution collective aux travaux du gouvernement. Leur credo : la hausse du pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires «qui ont permis l’élection de François Hollande et attendent des résultats de la gauche [ce] terrain».

Rappelant à François Hollande l’engagement numéro 14 de son programme, ces quelque vingt parlementaires et responsables de la majorité plaident pour une réforme fiscale en quatre temps : rendre la Contribution sociale généralisée (CSG) progressive pour redonner du pouvoir d’achat aux Français modestes, modérer les hausses de TVA, avancer par étapes d’ici 2017 vers l’individualisation de l’impôt et l’unification de la CSG et de l’impôt sur le revenu, enfin, conduire une politique fiscale écologique «populaire et efficace». La sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann a participé, avec Maintenant la Gauche, courant de l’aile gauche du PS, à la réflexion commune. Elle revient sur leurs propositions.

Quel message envoyez-vous aujourd’hui au gouvernement ?

Le message est clair : il y a un très grand nombre de socialistes et de parlementaires qui pensent que la réforme fiscale est devant nous et que nous n’avons pas encore achevé cette œuvre essentielle. L’engagement de François Hollande de rendre convergents la CSG et l’impôt sur le revenu est un engagement majeur, qu’il faut lancer sans attendre, pour être à la fin du quinquennat en situation d’avoir atteint l’objectif.

Il y a une urgence de pouvoir d’achat chez les Français. La proposition que nous faisons de rendre la CSG progressive redonne du pouvoir d’achat à la moitié des salariés, en faisant évidemment contribuer davantage les revenus et les salaires élevés. Cette œuvre de justice fiscale a une efficacité économique puisqu’elle permet de donner du pouvoir d’achat, attendu par les Français mais aussi par notre économie : plus les catégories sont populaires, plus elles consomment des produits ou des services fabriqués en France. Cette réforme est donc indispensable et pour la réussir, il faut l’inscrire dans la durée avec des étapes bien marquées.

Nous avons des chances d’être entendus : il y a une centaine de parlementaires qui nous suit, et les signes politiques de la période sont que les couches populaires sont en attente, voire en désarroi par rapport aux politiques de gauche. Et là c’est une façon d’y répondre qui est responsable économiquement voire positive : quand on donne du pouvoir d’achat aux catégories populaires, c’est l’économie réelle, la croissance et l’emploi qui en sont bénéficiaires.

Est-ce à dire que le travail de réforme fiscale a été, jusqu’ici, insuffisant ?

A la veille du débat budgétaire, nous, parlementaires, anticipons. Et nous disons : attention, nous pensons que cette deuxième étape est venue. Nous contredisons ce que Jérôme Cahuzac avait prétendu, en disant que la réforme fiscale était déjà réalisée. Pour autant, nous voyons bien que nous ne sommes pas les seuls à être attentifs à cela : Bruno Le Roux [chef de file des socialistes à l’Assemblée nationale, ndlr] pense qu’il faut prévoir la grande réforme pour 2015.

Nous ne sommes pas d’accord et on pense qu’il faut aller beaucoup plus vite, parce qu’il y a urgence sociale et urgence économique. Mais il y a aussi Harlem Désir, le premier secrétaire du PS, qui a lancé un groupe de travail «fiscalité et pouvoir d’achat». Donc nous sommes en plein dans ce moment où s’interroge le gouvernement, en tous cas le parti socialiste et ses groupes, et nous avons pensé utile de sortir de l’incantation abstraite avec des propositions concrètes.
Comment votre proposition de rendre la CSG progressive se traduit-elle en termes de pouvoir d’achat ?

L’idée, c’est de dire que tous ceux qui ont un salaire inférieur au salaire médian, vont avoir une baisse de la CSG, pendant que la moitié des salaires et revenus supérieurs auront une augmentation, progressive évidemment. Le Conseil constitutionnel estime que l’impôt CSG est individualisé et que l’impôt progressif doit être familiarisé. Nous allons donc mettre en place un système technique qui va permettre des compensations sur l’impôt sur le revenu, en créant des ponts entre impôt sur le revenu et CSG. Un salarié au smic aura ainsi 30 euros mensuels supplémentaires. Trente euros, tous les mois : quand on gagne le smic, ce n’est pas neutre.

Vous avez pour objectif d’aller vers l’individualisation de l’impôt. Or le Conseil constitutionnel a déjà censuré des propositions qui allaient dans ce sens...

Eventuellement, il faudra changer la Constitution, mais l’individualisation de l’impôt est une perspective politique que nous mettons en route, et qui n’a rien de révolutionnaire. Dans beaucoup de pays d’Europe, c’est comme ça, ce qui permet d’ailleurs le prélèvement à la source. Donc il faut engager une révolution fiscale : là on a fait un croisement, on individualise des choses mais on se préserve de l’inconstitutionnalité avec des mécanismes de compensation familiale.

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 09:49
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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 07:16

logo MLG 2drapeaux-europe-280x140Communiqué de presse de Maintenant la Gauche - 1er juillet 2013

Suite aux révélations ce week-end d’un vaste programme d’espionnage américain touchant notamment aux institutions européennes, de nombreux responsables politiques européens ont demandé des explications rapides et la cessation immédiate de telles pratiques.

François Hollande a déclaré sur le sujet aujourd’hui que dès lors que des garanties en la matière ne seraient pas obtenues, aucune négociation ou transaction avec les Etats-Unis «sur tout domaine que ce soit» ne pourrait se tenir, et ce pour la France comme pour l’Union européenne.

Le président français a raison de lier ce sujet lourd aux négociations en cours sur le traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Union Européenne. Aussi, le gouvernement français doit désormais demander et obtenir de la commission européenne, mandatée pour mener ces négociations au nom de l’Union, de les suspendre et ce avant leur ouverture le 8 juillet prochain.

Au-delà de l’opportunité d’un tel traité au regard des secteurs concernés et de la position des socialistes français du refus de ratifier un traité qui «mettrait en cause les intérêts économiques, stratégiques et le modèle social de la France et de l’Europe» comme l’affirme le texte issu de la dernière convention Europe du PS, nous ne pourrions raisonnablement entrer aujourd’hui dans un processus de négociation au regard des soupçons qui pèsent désormais sur le rapport de confiance des Etats-Unis et de l’Union Européenne.

923246 10200866643682452 1406494041 nLes responsables de Maintenant la Gauche

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 13:48

Pour télécharger le communiqué de presse (pdf) : cliquez ici
––––––––––––––––––––––––––––––––––
LA REFORME FISCALE,  CONDITION DE LA REUSSITE DE L’ACTE II DU QUINQUENNAT

CONTRIBUTION AUX TRAVAUX DU GOUVERNEMENT ET DE LA MAJORITE SUR LES PROCHAINS PROJETS DE LOI DE FINANCES

bandeau_logos_gauches_Ps.jpgUn an après l’élection de François Hollande et le retour de la gauche au pouvoir, les Français expriment leur doute, dans les enquêtes d’opinion comme lors des élections partielles. Sur fond de crise persistante, le « redressement juste » promis par le Président de la République apparaît trop souvent, aux yeux de nos concitoyens, comme « juste le redressement ».

Les couches moyennes et les classes populaires qui ont permis l’élection de François Hollande attendent des résultats de la gauche sur le terrain du pouvoir d’achat. La politique menée par notre majorité doit absolument produire des effets réels en bas de leur fiche de paye sous peine de sanction dans les urnes. Au-delà de la politique salariale qui doit demeurer dans la boîte à outils du gouvernement, les prochains projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale sont l’occasion pour la majorité d’actionner l’indispensable levier de la politique fiscale. Alors que l’effort de réduction des déficits rend vaine la promesse de la « stabilité fiscale », il est possible de démontrer que la gauche n’est pas synonyme de "matraquage fiscal" et que l’impôt, qui a souvent un caractère anxiogène, peut aussi être un authentique outil de redistribution.

Responsables et parlementaires de la majorité, nous appelons de nos vœux la mise en œuvre d’une grande réforme fiscale conformément à l’engagement n°14 du Président de la République pour rendre du pouvoir d’achat aux couches populaires. C’est à cette condition que nous pourrons conserver leur confiance.

Nos propositions pour une réforme fiscale se déclinent en quatre temps :

1. Rendre la CSG progressive pour redonner du pouvoir d’achat aux Français modestes ;

En juillet 2012, la hausse du SMIC, premier coup de pouce du gouvernement en faveur des Français les plus modestes, a permis d’augmenter leur salaire net de 6 euros. Dès 2014, nous proposons une deuxième étape avec la mise en place d’une CSG progressive. Une simple baisse de 2 points de la CSG due par plus de 50% des Français (salaire médian) aurait pour effet :

  • Pour un célibataire au SMIC, une augmentation d’environ 30 euros par mois de son salaire net ;
  • Pour un couple marié rémunéré au SMIC, avec deux enfants à charge, une augmentation pour l’ensemble du ménage de 76 euros par mois.

Cette baisse du taux de CSG serait financée par des hausses correspondantes sur les revenus supérieurs, à partir d’un seuil qui tiendra compte des hausses d’impôts déjà votées depuis 2012. Afin d’éviter la censure du Conseil constitutionnel, nous proposons la mise en place d’un mécanisme de correction prenant en compte la situation familiale et conjugale en année n+1 au moment de la déclaration d’impôt sur le revenu.

2. Modérer les hausses de TVA prévues pour financer le crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), mesure qui coûte 20 milliards d’euros par an et dont l’utilité reste à prouver.

3. D’ici à 2017, avancer par étapes vers l’individualisation de l’impôt et l’unification de la CSG et de l’impôt sur le revenu.

La poursuite de la grande réforme fiscale consiste en la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG en un grand impôt sur le revenu à la fois progressif, individualisé et prélevé à la source. Pour contourner la censure du Conseil constitutionnel, il pourrait être laissé au couple – marié, pacsé ou concubin – la possibilité de déclarer leurs revenus en commun ou de manière individuelle. Un dispositif pourrait être mis en place pour inciter à l’individualisation. La charge liée aux enfants serait compensée par un crédit d’impôt forfaitaire.

4. Pour une fiscalité écologique populaire et efficace.

Conduire notre économie vers un nouveau modèle de développement exige la mise en place d’outils fiscaux propres à faire évoluer les comportements et faire payer à leur juste prix les impacts environnementaux des activités humaines. Nous proposons donc que dès le budget 2014 soient intégrés dans l’architecture fiscale un premier signal vers la convergence essence/diesel, les bases d’une contribution climat-énergie (qui doit aussi toucher les importations) et que soit programmée la suppression rapide des niches fiscales défavorables à l’environnement.La fiscalité écologique suppose des mesures d’accompagnement et de compensation pour les ménages, comme pour les entreprises. Elle est un réel levier pour le redressement productif et l’emploi. Elle stimule l’innovation industrielle et technologique. Son produit doit donc être totalement affecté à la transition écologique et ne peut abonder à d’autres dispositifs. Aussi nous en concluons que la fiscalité écologique n’est pas encore assez mature pour qu’il lui soit assigné le devoir de financer le CICE.

>> Gauche durable
    Laurence Rossignol, sénatrice de l’Oise et conseillère régionale de Picardie
    Christian Paul, député de la Nièvre et conseiller régional au Conseil régional de Bourgogne
    Chaynesse Khirouni, députée de Meurthe-et-Moselle
    Daniel Goldberg, député de Seine-Saint-Denis
    Gwenegan Bui, député du Finistère

>> Gauche populaire
    Laurent Baumel, député d’Indre-et-Loire et maire de Ballan-Miré
    Philippe Doucet, député-maire d’Argenteuil
    François Kalfon, conseiller régional d’Ile-de-France
    François de Rugy, député de Loire-Atlantique
    Isabelle Bruneau, députée de l’Indre

>> Maintenant la Gauche
    Emmanuel Maurel, vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France
    Anne Ferreira, conseillère régionale de Picardie
    Jérôme Guedj, député et président du Conseil général de l’Essonne
    Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris
    Marianne Louis, conseillère régionale d’Ile-de-France

>> Un Monde d’Avance
    Guillaume Balas, secrétaire général d’Un Monde d’Avance
    Nathalie Chabanne, députée des Pyrénées-Atlantiques
    Pouria Amirshahi, député des Français de l’étranger
    Caroline De Haas, membre des instances nationales du Parti socialiste
    Liem Hoang Ngoc, député européen

Cette initiative, fruit d’un travail collaboratif entre nos différentes sensibilités vous sera présentée lors d’une conférence de presse qui se tiendra le mardi 2 juillet à 10h, à l’Assemblée Nationale, en salle n°1 au 3 rue Aristide Briand – 75007 Paris.

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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 12:53

mlgeurope-700x300-copie-1.jpgUn budget européen en baisse confirmé, avec la complicité du parlement européen : l'austérité continue et donc s'aggrave.

Le sommet européen d’hier a confirmé une baisse des crédits budgétaires pour la période 2014-2020 et les responsables des groupes conservateurs et sociaux démocrates ont estimé le nouveau compromis acceptable. Ils estiment avoir éviter le pire, en obtenant une certaine flexibilité dans la consommation des crédits, et une clause de réexamen en 2016. Ils n’ont rien obtenu sur les ressources propres. Bref, tout cela est une fois de plus de l’agitation sur des broutilles et l’acceptation de l’inacceptable : l’UE ajoute de l’austérité européenne a l’austérité nationale, les dirigeants parlent d’intégration renforcée, voir de fédéralisme, en réduisant les moyens pour des politiques communes, en revanche côté contraintes communes, les choses continuent à aller bon train…

Les militants PS s’étaient  très majoritairement exprimés, lors de la convention nationale sur l’Europe, pour que leurs députés européens votent contre ce budget, en baisse. Ils feraient une grave erreur en acceptant, ou en s’abstenant sur un si mauvais compromis. Qu’ils sachent que les militants regarderont avec exigence leur vote !

Contraintes communes. On aurait pu espérer que François Hollande manifeste clairement son désaccord et son refus d’obtempérer aux recommandations de la commission européenne en particulier sur la nécessité de faire une réforme des retraites qui consacrerait un véritable recul social. On aurait pu espérer qu’il plaide pour une relance européenne dont il avait fait un pilier de sa stratégie pour la France. Tel n’a pas été le cas. Certes il y a du avoir quelques déclarations feutrées mais manifestement rien ne devait troubler la trajectoire actuelle.

Un bilan des mesures prises il y a un an (le fameux plan pour la croissance et l’emploi de 120 Milliards étalé dans le temps qu’on nous a vendu comme justifiant l’acceptation du TSCG) montre qu’une partie des crédits de reports budgétaires avait bien été engagée… Sans la moindre efficacité sur la croissance, car, comme nous l’avions souligné  à l’époque, ces sommes n’étaient que des crédits déjà existants qui avaient été gelés. L’autre avancée prévue était le financement de projets d’infrastructures par des  "projects bonds"  et bien la France a été incapable de déposer rapidement des dossiers. Bravo la relance pour les autres et pas pour notre pays ! Une  des raisons de ce retard à l’allumage est que pour monter des projets, il faut d’autre argent public et qu’en l’absence d’un plan de relance national en particulier par l’investissement, les projets restent dans les cartons.

En tout cas, le bilan est là : croissance très faible, voire la récession, hausse du chômage et pauvreté accrue sans que les déficits budgétaires se résorbent sérieusement.

lienemann-toulouseAlors, la grande annonce devait être un plan pour l’emploi des jeunes. 600 millions d’euros pour toute l’Union. C’est un cataplasme sur une jambe de bois, d’autant que la méthode d’utilisation de ces fonds n’est pas encore définie et quand on connait les lenteurs bruxelloises, ce n’est pas demain que ces sommes seront utilisables. Manifestement le gouvernement espère là des renforts pour financer les emplois aidés. Ce n’est pas une mauvaise idée mais qu’elle bureaucratie pour peu de chose et rien de majeur pour faire reculer le chômage et surtout celui des jeunes.

Il est clair que les décisions prises hier ne s’attaquent ni aux vrais problèmes, ni s’ouvrent une stratégie de sortie de crise. Elles ne  vont qu’aggraver la situation. Comment s’étonner que les peuples ne croient plus aux boniments, déclarations convenues et s’éloignent de la politique ?

Pour redonner confiance en la démocratie, il faut désormais des actes et en Europe des ruptures.

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 06:45

Céline VALENSI - publié le 26 juin 2013 - affiches-parisiennes.com

Jean Daubigny, préfet de la Région Île-de-France a récemment clôturé la conférence territoriale du Grand Roissy, en présence des vice-présidents du Conseil Régional, Alain Amédro et Emmanuel Maurel, des trois départements (95, 93, 77) et des principaux élus locaux.

Le Grand Roissy, à cheval sur trois départements, comporte une soixantaine de communes, est un territoire à multiples enjeux où un très grand nombre d'acteurs interviennent.

La conférence du Grand Roissy a réuni plus de 150 participants : élus locaux, entreprises et institutions.

Centrée sur les questions d’emploi-formation, cette conférence a permis à tous les acteurs de la formation initiale et continue réunis au sein du GIP Emploi-Formation de s’engager et de faire des propositions concrètes et d’application rapide pour traiter les enjeux de formation à l’échelle du bassin d’emploi du Grand Roissy. Pour rappel, une étude menée par l’EPA Plaine de France a évalué à 130 000 le nombre d’emplois créés à horizon 2030 sur le territoire Bourget / Grand Roissy.

Cette conférence a permis de constater l’ampleur du chemin parcouru depuis les assises du Grand Roissy de janvier 2011.

En effet, depuis 2011, deux projets de contrats de développement territorial (Cœur économique Roissy Terres de France – Val-de-France/Gonesse/Bonneuil) ont été validés.

De nombreuses démarches et études menées, notamment par l’EPA Plaine de France, à l’échelle du Grand Roissy ont été engagées sur les enjeux de transports, de préservation des terres agricoles, d’organisation spatiale et de développement économique et urbain. Elles permettent de dégager progressivement une vision partagée du développement du Grand Roissy à horizon 2030.

Ces avancées sont le fruit d’une discussion continue entre l’Etat, l’Association des élus du Grand Roissy et l’ensemble des acteurs du territoire.

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 10:46

L'Humanité - 15 juin 2013 - Entretien réalisé par Lionel Venturini

La sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann, membre du club Gauche Avenir, attend des assies du 16 juin une concrétisation des débats à gauche.

Lienemann Le FigaroN’est-ce pas paradoxal 
que ce soit 
au moment 
où la gauche est au pouvoir qu’elle se 
pose le plus de questions 
sur ce qu’elle doit être 
ou faire ?

Marie-Noëlle Lienemann. Je le regrette, car j’estimais qu’il fallait, quand nous étions dans l’opposition, travailler aux convergences politiques et programmatiques de manière à ce que la gauche arrive au pouvoir rassemblée et avec une haute ambition transformatrice, avec la capacité de mobiliser les couches populaires, en particulier autour d’une nouvelle conception de l’avenir, et de sortir ainsi de la crise avec un nouveau modèle de développement. Confronté à l’exercice du pouvoir, dire non ne suffit pas, il est urgent pour la gauche de voir loin et d’agir vite.

La gauche au pouvoir déçoit-elle ?

Marie-Noëlle Lienemann. Ce n’est pas l’enthousiasme. Elle fait face à une crise très dure et un bilan laissé par dix ans de gouvernement de droite pesant, et qu’il faut surmonter. La crainte de la spirale rigueur-récession est forte dans l’opinion, tout comme celle de voir des reculs sociaux s’installer. Nous avons des désaccords, à la gauche du PS, en commun souvent avec le Front de gauche et les écologistes, sur le traité budgétaire européen, le crédit d’impôt pour la compétitivité ou la flexibilisation du travail. Tous ceux qui sont dans le club Gauche Avenir estiment cependant qu’il ne faut pas entretenir une rancœur sur ce qui n’a pas été réussi mais qu’il vaut mieux se projeter dans l’avenir, pour savoir comment réussir un nouveau cap, qui se prendra de toute façon avec François Hollande comme président de la République.

Sur quoi insisterez-vous, dimanche à Montreuil, 
lors du débat en séance plénière auquel vous 
êtes conviée ?

Marie-Noëlle Lienemann. Sur la nécessité qu’après la phase de débat, utile entre nous, il va falloir concrétiser. Deuxièmement, sur l’importance de ne pas jouer la carte de la tension entre deux gauches, il n’y a qu’une gauche, avec des gradients, des nuances, mais si un nouveau Front populaire ne se met pas en œuvre, l’extrême droite apparaîtra comme l’alternative à la crise européenne que nous vivons. Les convergences entre nous sont là, je songe par exemple à la réforme fiscale indispensable qui conditionne la qualité des services publics et la relance par l’investissement, la réindustrialisation dans le cadre d’une transition écologique et d’une économie sobre en matières premières.

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17 juin 2013 1 17 /06 /juin /2013 09:55
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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 13:32

article maurelChers Camarades,

Je tenais d’abord à remercier tous les camarades de Maintenant la gauche qui se sont mobilisés, à l’occasion de la convention Europe, pour faire vivre le débat dans les sections et les fédérations. La tenue de cette convention était une de nos exigences lors du congrès de Toulouse. Nous avons contribué à réveiller le parti dans un contexte peu favorable à la mobilisation.

La force de conviction des camarades qui ont défendu nos amendements (ceux que nous proposions seuls et ceux en commun avec les camarades d’Un monde d avance) a permis un vote majoritaire en faveur des thèses que nous avions déjà défendues dans notre motion déposée au dernier congrès : suspension du pacte de stabilité qui condamne l’Europe à l’austérité, refus du traité transatlantique et du libre échange généralisé qui menace notre industrie, plaidoyer pour une autre politique monétaire au service de la croissance et l’emploi, rédaction d’un traité social.

Nous sommes fiers d’avoir contribué à faire évoluer la ligne du parti sur les questions européennes. Et nous sommes satisfaits du compromis politique issu de la commission des résolutions, qui permet une sortie par le haut à l’issue d’une semaine agitée.

Oui, une sortie par le haut, parce que c’est ce que nous avons toujours souhaité.

Nous avons, dès vendredi matin, contesté un mode de calcul farfelu visant à éliminer nos amendements, contredisant les règles élémentaires de notre démocratie interne. Mais nous nous sommes également mobilisés pour que ce débat indispensable sur la procédure n’occulte pas le débat sur le fond.

Le texte issu de la commission des résolutions valide l’aspiration majoritaire des militants à une réorientation profonde de la construction européenne, et c’est là l’essentiel. Il s’agit évidemment d’un compromis : les revendications que nous portons seuls (notamment dans les amendements 4 et 13, qui ont réalisé un excellent score) n’y sont pas reprises totalement. Mais nous considérons que le mandat contenant les « 14 priorités des socialistes français », rédigé à notre demande, permettra de défendre, au sein du PSE, le point de vue des militants de notre parti. Il constitue une base solide qui rend possible une campagne offensive face  la droite et l’extrême droite lors des prochaines élections européennes.

923246 10200866643682452 1406494041 nChers Camarades, il est normal que chacun donne son interprétation de cette convention, de son déroulement et de ses résultats. Je vous demande de ne pas réagir aux provocations d’où qu’elles viennent. Nous sommes « à l’aise dans nos baskets ». Notre ligne de conduite a été fidèle à celle qui est la nôtre depuis le congrès. Fermeté dans les convictions, clarté dans le discours, constance dans nos analyses, sens du parti, souci du rassemblement des socialistes et de la gauche.

Emmanuel MAUREL

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