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15 février 2019 5 15 /02 /février /2019 10:30
Communiqué de presse de la Gauche Républicaine & Socialiste le 14 février 2019

Communiqué de presse de la Gauche Républicaine & Socialiste le 14 février 2019

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10 janvier 2019 4 10 /01 /janvier /2019 11:11
Causerie Commune "Défendre et promouvoir les services publics dans le Val-d'Oise" 18 décembre 2018

Le 18 décembre à Ermont, alors que la France vit depuis un mois au rythme de l'inédit mouvement social des "Gilets Jaunes" qui a exprimé un fort besoin de liens sociaux et de services publics, "Nos Causes Communes" proposait aux Valdoisiens de venir discuter de l'état des services publics de proximité dans notre département avec - Adélaïde Piazzi, conseillère municipale de Montmorency - Julie Konieczny, citoyenne engagée, membre du collectif "J'aime ma gare" - un militant CGT services publics Un échange riche est né de ces rencontres avec les intervenants.

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28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 14:10

communiqué de presse d'APRÉS Val-d’Oise du mardi 27 novembre 2018

La direction du groupement hospitalier Nord du Val-d'Oise a présenté aux personnels - sans information préalable des syndicats - un projet inacceptable de suppressions massives de services à l’hôpital de Beaumont-sur-Oise et de 300 postes sur l'ensemble du groupement hospitalier de territoire. 

Nous apportons notre soutien à la demande d'un moratoire immédiat exprimée par les organisations syndicales.

Nous serons mobilisés dès cette semaine à Beaumont-sur-Oise, les 29 novembre et 1er décembre et tout particulièrement le 5 décembre devant l’Hôpital de Beaumont-sur-Oise aux côtés des organisations syndicales, des élus locaux, des associations et des citoyens contre cette attaque brutale du service public hospitalier par l'Agence Régionale de Santé d’Île-de-France.

Nous demandons sans délai la suspension de ces fermetures néfastes pour la santé des citoyens, il en va de l'égalité d'accès de tous aux soins dans la République.

#TouchePasAMonHopital : Non aux suppressions de postes et de services à l'Hôpital de Beaumont-sur-Oise

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9 novembre 2018 5 09 /11 /novembre /2018 13:46

Sébastien et Adélaïde ont été des militants socialistes modèles. Mais aujourd'hui, c'est fini. Ils claquent la porte et se tournent désormais vers "Après", le mouvement lancé par l'aile gauche du PS.

À l’initiative du député européen Emmanuel Maurel, et de la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, une nouvelle formation politique a vu le jour. "Aprés" (Alternative pour un programme républicain, écologiste & socialiste), entend rassembler les déçus du Parti socialiste. La toute jeune formation s’est déjà rapprochée des Insoumis à l’approche des élections européennes.

Près de trois semaines après leur départ fracassant, la sénatrice et le député assurent être suivis par 1000 cadres, élus et militants déçus du parti socialiste. Dans le Val d'Oise, ils seraient plusieurs dizaines à avoir claqué la porte du parti. Décision douloureuse mais nécessaire, disent-ils.

"Le PS on y croit plus"

C’est le cas de Sébastien et Adélaïde, militants socialistes modèles qui ont passé des dizaines d'années à coller des affiches quitte à rogner sur leur vie de famille : "J’avais l’impression au fur et à mesure en tant que militant du PS, d’être face à un mur vis-à-vis de nos anciens électeurs. La plupart du temps c’était de l’indifférence. Le PS on y croit plus", explique Sébastien.

Ils ont rejoint "Aprés", le mouvement lancé par l'aile gauche du PS désormais allié pour les européennes avec Jean-Luc Mélenchon : "Quelles sont les forces qui comptent à gauche ? c’est d’abord celle de la France insoumise qui a su convaincre au cœur de l’électorat de la gauche", ajoute Sébastien.

"Le PS n’a plus de colonne vertébrale. On verra si avec Jean-Luc Mélenchon Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann si on arrive à créer une dynamique", avance pour sa part Adélaïde. Un cadre du parti socialiste a tout de même tenu à prévenir les militants qui voudrait quitter le PS : "Ceux qui veulent tenter l'aventure Mélenchon se trompent car il ne pourra jamais rassembler la gauche", dit-il sous couvert d’anonymat.

Juliette Droz et Benjamin Pelsy (avec G.D.)

Sébastien Lombard et Adélaïde Piazzi, militants socialistes d'APRÉS dans le Val-d'Oise répondaient le 7 novembre 2018 aux questions de Juliette Droz de RMC

Sébastien Lombard et Adélaïde Piazzi, militants socialistes d'APRÉS dans le Val-d'Oise répondaient le 7 novembre 2018 aux questions de Juliette Droz de RMC

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5 novembre 2018 1 05 /11 /novembre /2018 16:53
LE JEFTA : UN TRES MAUVAIS ACCORD POUR L’EUROPE

La Commission « Commerce International » du Parlement européen s’est réunie ce jour et a débattu du Traité de libre-échange avec le Japon (JEFTA), qu’elle a adopté à une majorité composée de conservateurs, de libéraux et, hélas, de socialistes. J’ai pour ma part voté contre ce très mauvais texte.

Négocié dans l’opacité la plus totale, sans publication ni divulgation du mandat de négociation aux parlementaires, le JEFTA illustre à nouveau l’obsession maladive, irrationnelle de la Commission Juncker pour le libéralisme intégral.

En effet, d’après les évaluations conduites par la Commission elle-même, l’impact de ce traité en termes de croissance et d’emplois sera insignifiant : +0,14% de PIB et à peine 100.000 emplois créés (sur une population active européenne de 240 millions, dont 52 millions dans l’industrie) à horizon… 2035 ! Le JEFTA ne servira à rien, ni pour les industries européennes, ni pour leurs travailleurs : les raisons de sa signature et de son passage en force ne sont donc pas économiques mais idéologiques.

Pire, alors que l’Europe se vante en permanence d’être une Union fondée sur des « valeurs », elle n’en tient aucun compte dans ses négociations commerciales.

Le JEFTA est :

– vide sur le respect des normes sociales (y compris des conventions internationales de l’OIT sur le travail forcé et les discriminations, que le Japon n’applique pas)

– indifférent aux normes environnementales (le JEFTA ne prévoit aucun mécanisme de sanctions sur le respect de la COP21)

– complice, par son silence, de la surexploitation japonaise des ressources halieutiques (notamment la pêche à la baleine, ignorée par le traité).

Enfin, le JEFTA compromet gravement la capacité des Etats à réguler les marchés financiers, car il interdit toute législation visant à limiter les flux de produits financiers spéculatifs, ainsi que toute législation sur la séparation des activités bancaires (entre banque de commerce et banque d’affaires).

Il est plus que temps d’en finir avec cette vision à courte vue et périmée de l’économie. Celle-ci est censée prospérer par la circulation effrénée des marchandises et du capital, mais ses seuls résultats tangibles sont l’accroissement vertigineux des inégalités et la mise en danger imminente des écosystèmes naturels. Pour ces raisons, le rejet du JEFTA est à mes yeux un impératif d’intérêt général.

Emmanuel Maurel

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1 novembre 2018 4 01 /11 /novembre /2018 17:26

tribune publiée par Gaëtan Gorce, Marie-Noëlle Lienemann & Emmanuel Maurel dans Le Huffington Post30/10/2018 18:21 

Nos électeurs l'ont compris avant nous. Ce qui lui reste de dirigeants ne cesse de se revendiquer explicitement d'une autre étiquette.

Voilà trop longtemps que le Parti socialiste ne l'est malheureusement plus que de nom. Nos électeurs l'ont d'ailleurs compris avant nous, délaissant un pavillon qui ne couvrait plus que des marchandises incertaines dont ils n'étaient plus la destination.

Non seulement le dernier quinquennat nous a montré que la grande et belle idée qui lui sert de patronyme n'inspirait plus sa politique, mais comment ne pas voir que ce qui lui reste de dirigeants ne cesse de se revendiquer explicitement d'une autre étiquette, comme gênés par celle que l'histoire leur a confiée: ils furent brièvement progressistes, renoncèrent même durant quelques mois à l'Assemblée au titre même de socialiste, avant de se découvrir sociaux-démocrates désormais.

Pareille évolution sémantique peut se comprendre : le socialisme est depuis toujours une exigence ! Lourde à satisfaire. Celle de travailler au service des plus modestes, des laissés-pour-compte, hier de la révolution industrielle, aujourd'hui de la mondialisation financière, demain de la crise climatique qui vient! Elle suppose donc une éthique, qui éloigne des facilités du moment, du courage, et implique des ruptures. Ce à quoi ne sont plus prêts celles et ceux qui se réfugient derrière ce qu'il faut bien appeler un anachronisme, qu'un rapide détour par notre histoire nous aidera à définir.

Se référer aujourd'hui à la social-démocratie, qui plus est en France où elle n'a jamais pris racine, ne relève-t-il pas d'abord de la paresse intellectuelle et en tout cas d'une erreur de syntaxe et de concordance des temps ?

Face au capitalisme brutal du 19e siècle, le premier socialisme, instruit aussi de la violence des répressions de juin 48 ou de mai 71, fut celui qui choisit, faute d'alternative, la voie révolutionnaire, celle de la transformation radicale des rapports de production. Ambition qui perdurera, au moins dans la forme, jusqu'à l'entre-deux guerres, ravivée dans sa colère par la barbarie des tranchées.

Confronté au nouveau capitalisme des Trente Glorieuses, le socialisme de deuxième génération choisit, lui, le compromis d'un progrès, économique et social, partagé, échangeant l'implication croissante des travailleurs au service d'une productivité explosive contre un système complet de protection sociale et de droits au travail.

Parce qu'elle fut tout ce deuxième temps à la manœuvre, la social-démocratie, d'abord dans le nord de l'Europe, y gagnât ses lettres de noblesse. Et donc notre respect.

Mais s'y référer aujourd'hui, qui plus est en France où elle n'a jamais pris racine, ne relève-t-il pas d'abord de la paresse intellectuelle et en tout cas d'une erreur de syntaxe et de concordance des temps ? Tous les progrès accomplis alors furent accomplis dans un cadre national : or, le capitalisme s'est mondialisé. Ils le furent sous la pression d'un mouvement ouvrier puissant et organisé: il est partout affaibli ou délité ! Et face à un patronat local disposé au compromis: du haut de son pouvoir multinational, il ne l'est plus et s'attaque au contraire partout sans vergogne au modèle social auquel ses prédécesseurs avaient consenti !

Autrefois le patronat local était disposé au compromis face à un mouvement ouvrier puissant. Du haut de son pouvoir multinational, le patronat ne l'est plus et s'attaque partout sans vergogne au modèle social auquel ses prédécesseurs avaient consenti.

Se revendiquer aujourd'hui "social-démocrate", c'est donc au mieux ne pas voir ce qui a changé par rapport au monde d'hier, au pire s'y résigner faute de vouloir renouveler les instruments du combat. D'ailleurs les tenants de la ligne néolibérale ont, eux, très vite choisi leur camp, à savoir une forme de soumission à l'ordre dominant, réduisant l'ambition à un accompagnement plus "social" d'une logique destructrice et contraire à ce qu'ils prétendaient défendre.

En tout cas, à en juger par le bilan du dernier quinquennat, c'est bien à cela que nos concitoyens en tout cas ont conclu, jugeant pour la plupart que l'on ne les y reprendrait plus.

Le socialisme est du coup en danger. Non parce que ceux qui croient encore en sa vertu propulsive ont quitté un parti qui ne s'en réclame plus. Mais parce que ceux qui avaient la charge, officielle au moins, de le faire vivre et de le renouveler n'ont pas même failli : ils n'ont rien entrepris. C'est ailleurs que d'autres s'y sont mis et c'est ailleurs qu'à notre tour nous allons nous remettre au travail pour imaginer un projet politique visant à rendre à ceux qui sont du mauvais côté du pouvoir et de la richesse les moyens de reprendre toute leur place dans un monde respectueux des hommes et de la planète qui les portent.

Aussi est-ce pour rester nous-mêmes, fidèles à une idée qui vient de loin que nous quittons ce qui du grand parti vivant que nous avons connu est devenu un appareil anonyme et sans âme. L'abandon de son siège, cette défaite de Solférino, en fournit d'ailleurs l'illustration symbolique : ce n'est pas nous qui quittons le parti, c'est lui qui s'en va, laissant avec ses souvenirs l'âme de ses combats.

Si nous n'y appartenons plus, c'est donc pour mieux rester socialistes ! C'est pour mieux revenir un jour réveiller la vieille carcasse, comme le firent avant nous ses refondateurs à Épinay qui rapportèrent de l'extérieur de la "vieille maison" la flamme que ses locataires d'alors, un peu comme ceux d'aujourd'hui, avaient égaré.

Autres temps, autre méthodes. Mais l'enjeu demeure bien la renaissance d'un puissant mouvement incarnant tout à la fois un combat culturel, civilisationnel, des ruptures avec le capitalisme et le libéralisme et une capacité à changer concrètement la vie de nos concitoyens, l'organisation de la société par l'accès au pouvoir et au gouvernement. Autres temps, autres enjeux tout aussi bien. Si ceux du travail, bouleversé et subordonné par le numérique, restent déterminants, ceux de l'écologie seront désormais parties prenantes d'un projet socialiste auxquels le gaspillage des ressources naturelles, la mise en danger de la bio-diversité, la course à la productivité folle qui caractérise le capitalisme d'aujourd'hui donnent une nouvelle actualité et une indiscutable urgence. Nous sommes entrés dans le "capitalocène" et devrons en tirer toutes les conséquences tant en termes de réhabilitation de l'intervention et de la prévision publiques que de la promotion de nouveaux modèles de production et de consommation, de propriété et d'échanges.

Nous sommes entrés dans le "capitalocène"et devrons en tirer les conséquences tant en termes de réhabilitation de l'intervention publique que de la promotion de nouveaux modèles de production, de consommation, de propriété.

Rome n'est plus dans Rome ! Le socialisme n'est plus dans son parti. Il est tout où nous sommes, nous, vous, nous qui nous voulons, vous qui vous sentez ses héritiers, héritiers si fidèles à son histoire que son avenir seul nous réunit.

La tâche est enthousiasmante.

A l'instar des générations qui nous ont précédés, nous allons devoir chercher les voies nouvelles de la justice et de l'émancipation en les dégageant du fatras idéologique qui les a submergées et justifié le creusement des inégalités, la mise en coupe réglée des ressources de la planète, l'indifférence au sort des peuples.

Quelle formidable ambition que de chercher à réinventer non seulement la façon de tenir tête à l'hubris des puissants, mais de faire revivre la solidarité et recréer les conditions de l'émancipation collective dans une "société des individus" ; que de vouloir remettre dans la main des hommes la clef des changements technologiques incessants et auxquels leur vie est désormais soumise; que de vouloir rendre un bout d'espoir à celles et ceux qui n'ont pas d'horizon. Et cette tâche nous concerne tous. Aussi entendons-nous la mener non à l'abri de nouveaux murs mais en jetant des passerelles entre les différents îlots où la gauche, dans sa diversité, s'est réfugiée.

Le socialisme, comme tous les humanismes conséquents, est fait de l'étoffe des rêves sans lesquels le monde serait encore à l'âge de pierre.

Voilà ce qu'est un socialiste : l'héritier d'une volonté d'organiser le monde pour la justice par la démocratie. Pas celui d'un appareil déserté ni l'affidé d'un système moribond.

"Nous ne quittons pas le PS, c’est le socialisme qui l’a quitté depuis longtemps" - tribune dans Le Huffington Post

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26 octobre 2018 5 26 /10 /octobre /2018 10:38

Invité de l’émission Territoire d’Infos sur Public Sénat et les Indés Radios, le député européen Emmanuel Maurel, s’est exprimé sur la situation politique (le budget, l'état de la gauche, les Européennes à venir et ce que certains appelent "l’affaire Mélenchon").

Alors qu’il vient tout juste de quitter le Parti socialiste, le député européen Emmanuel Maurel, et La France insoumise veulent "présenter ensemble une liste commune" aux élections européennes. Pour lui, il faut des ruptures fortes avec la politique constamment conduite par les conservateurs et les Libéraux qui nourrissent la défiance des citoyens et le vote d'extrême droite : ces ruptures sont indispensables si l'on veut sauver la construction européenne.

Emmanuel Maurel, député socialiste européen, leader d'APRÉS - Alternative pour un Programme Républicain, Écologiste & Socialiste - vendredi 26 octobre 2018 à 8h30 sur Public Sénat

Emmanuel Maurel, député socialiste européen, leader d'APRÉS - Alternative pour un Programme Républicain, Écologiste & Socialiste - vendredi 26 octobre 2018 à 8h30 sur Public Sénat

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15 octobre 2018 1 15 /10 /octobre /2018 08:48

communiqué de presse du lundi 15 octobre 2018 des membres de « L'Union & l'Espoir » au sein du PS du Val-d'Oise

Élus locaux et responsables valdoisiens du Parti socialiste, nous annonçons aujourd'hui notre départ du PS avec d'autres militants.

Nous nous sommes engagés parce que nous voulions une société plus juste, une société plus libre, une société plus démocratique, parce que nous voulions agir pour améliorer la vie de nos concitoyens, au plus près d'eux évidemment, mais aussi plus largement porter des réformes qui mettent en œuvre un idéal révolutionnaire – Liberté, Égalité, Fraternité – pour changer la vie.

Le socialisme est né de la conscience de l'égalité humaine, alors que la société où nous vivons est tout entière fondée sur le privilège. Longtemps, il nous est apparu que le PS était l'organisation politique capable de transformer le réel dans ce sens. Nous constatons avec tristesse et regret qu'il a cessé de l'être.

Depuis 25 ans, l'ensemble de la social-démocratie européenne a peu à peu cédé devant le Libéralisme et a cessé de résister devant les multinationales et les intérêts privés des groupes financiers. Pendant quelques années, le PS a semblé moins atteint par la dérive initiée par Tony Blair. Las, le mandat de François Hollande a démontré qu'au pouvoir nous avions également abdiqué devant la « pensée unique ». On connaît les conséquences : des réussites ténues, mais une politique injuste socialement, inefficace économiquement, des écarts sur nos valeurs républicaines (politique migratoire, déchéance de nationalité), une incompréhension puis un rejet par nos concitoyens, par le peuple de gauche.

La déroute électorale du PS a laissé s'affronter un populisme libéral (Emmanuel Macron) et un populisme xénophobe (Marine Le Pen). Nombre de dirigeants « socialistes » étaient prêts en 2017 à vendre leur âme pour un soutien du nouveau Président.

On aurait pu imaginer que le PS apprendrait de la double déroute présidentielle et législative : il n'en est rien. Le congrès d'avril 2018 a reconduit une équipe renouvelée en apparence mais dans la continuité de ceux qui nous avaient menés au désastre : aucun bilan du quinquennat, un parti en pleine inertie, incapable de parler au reste de la gauche et au mouvement social, sans orientation, inaudible des Français. La « Renaissance » promise aux militants ressemble à une glaciation.

À l'approche des élections européennes, la direction du PS a fait adopter un texte qui ressemble à une belle lettre au Père Noël, comme à la veille des précédents scrutins européens. Mais elle refuse d'être cohérente en posant des conditions à la social-démocratie européenne : alors que celle-ci fait les yeux doux à Emmanuel Macron, les dirigeants nationaux du PS ont annoncé qu'ils se plieraient aux choix du PSE pour leur programme électoral et leur candidat à la présidence de la Commission européenne.Ils refusent l'idée même de proposer à la gauche française de s'unir aux Européennes. Les mêmes logiques produiront les mêmes effets : compromissions avec les droites européennes et des promesses qui n'engagent donc que ceux qui y croient… au risque à nouveau de perdre toute crédibilité.

Nous voulons faire cesser donc une mascarade ou tout du moins cesser de lui apporter notre caution. Nous partons d'un PS qui pour nous ne porte plus le Socialisme.

Nous partons mais nous conservons tout notre respect et toute notre amitié pour les militants du PS valdoisien et nombre de leurs responsables. Nous pensons que comme beaucoup d'autres ils ont été abusés. Les uns et les autres, même séparés, nous resterons des socialistes ; malgré tout, nous resterons des frères, des camarades, qu’aura séparés une querelle, mais une querelle de famille, et qu’un foyer commun pourra encore réunir.

Nous partons construire une Alternative à la fois républicaine, écologiste et socialiste aux côtés d'Emmanuel Maurel, député européen, notre camarade d'Ecouen. Nous partons construire une des bases du foyer commun.

Signataires :

Frédéric Faravel, secrétaire fédéral démissionnaire du PS95, membre démissionnaire du conseil national du PS (Bezons), mandataire départemental démissionnaire de la motion l'Union & l'Espoir

Adélaïde Piazzi, conseillère municipale de Montmorency, secrétaire fédérale démissionnaire du PS95, membre démissionnaire du conseil national du PS, Sébastien Lombard, conseiller municipal de Persan, secrétaire fédéral démissionnaire du PS95, membre démissionnaire du conseil national du PS, Maya Sebaoun, conseillère municipale de Franconville, membre démissionnaire du Bureau fédéral du PS95, Didier Dague, conseiller municipal de Courdimanche et conseiller communautaire de Cergy-Pontoise, secrétaire de section démissionnaire, membre démissionnaire du conseil fédéral du PS95, Aboubacar Sylla, membre démissionnaire du conseil fédéral du PS95 (Eaubonne), Michelle Rinaldelli, conseillère municipale de Persan, Shaista Raja, membre démissionnaire du conseil fédéral du PS95 (Sarcelles), Thierry Garcin, conseiller municipal de Maffliers, membre démissionnaire du BFA du PS95, Guillaume Poisson, adjoint au Maire de Bouffémont, secrétaire de section et membre démissionnaire du conseil fédéral du PS95, Bruno Crinon, membre démissionnaire du BFA du PS95 (Fosses), Fabrice Rizzoli, conseiller municipal de Deuil-la-Barre, Jean-François Dupland secrétaire de section adjoint d'Herblay et de nombreux autres militant.es du PS95

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3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 15:39

Texte alternatif présenté par le texte d'orientation n°4 « L'Union & l'Espoir »

Le temps des ruptures

Pour les Socialistes français, les élections européennes sonneront comme l'heure de vérité. Poursuite du déclin ou sursaut salutaire : notre avenir est entre les mains des militants.

Nous devons être conscients que nous ne parviendrons à sauver le Parti et plus encore l’idée et le projet socialistes que si nous savons les libérer du conformisme intellectuel et politique dans lequel ils sont figés depuis plus de vingt ans ; que si nous sommes capables de tirer les leçons de l’échec des centres gauches auxquels se sont malheureusement réduits au pouvoir la social-démocratie européenne et le socialisme français ; qu’à la condition, enfin, d’évaluer lucidement la situation, à commencer par celle de l’UE. L’Europe se défait sous nos yeux, comme se défont nos modèles sociaux, à mesure que grandit l’inquiétude des peuples quant aux orientations qu’elle prend. Nous devons le dire avec force : la poursuite de ses politiques la détruit de l’intérieur et quiconque veut, comme nous tous, croire dans l’avenir de l’Europe doit tout mettre en œuvre pour lui donner un nouveau cours !

Seuls des choix clairs, des ruptures fortes, des engagements solennels nous permettront d'enrayer la spirale négative qui mène le Parti socialiste vers la marginalité politique et électorale.

Si nous voulons que les élections européennes marquent le début de la reconquête, nous devons nous astreindre à un devoir de sincérité.

Devoir de sincérité envers l'Europe d'aujourd'hui

Si l'Europe se meurt, c'est parce que les citoyens du continent ont l'impression que l'Union se construit sans eux, voire contre eux.

Depuis plusieurs années tout a été fait pour les déposséder des choix économiques et sociaux. Le résultat est connu : politiques d’austérité, recul de l’intervention publique, mise à mal des modèles sociaux, désindustrialisation de nombreux pays, triomphe de la finance.

Seul un changement radical permettra de sauver l’Union européenne.

Les hypocrites ou les naïfs déplorent les effets dont ils chérissent les causes. La progression effarante du nationalisme ne doit rien au hasard : elle est le résultat d'une politique aveuglée par des dogmes dépassés et la défiance par rapport à l'expression de la souveraineté populaire.

La compétition acharnée entre des concurrents qui se défient ne produit pas de la coopération pacifiée entre des partenaires qui s’apprécient. Seule la volonté politique a ce pouvoir.

Les traités actuels sont comme une camisole de force dont les peuples longtemps abusés veulent désormais se débarrasser. Et les vrais fous sont ceux qui, en dépit des échecs et des crises, s'obstinent à mener la même politique.

Oui, ce qui tue l'Europe, c'est l'absence de solidarité.

Absence de solidarité avec l'extérieur : pour répondre à la crise des réfugiés, il était pourtant facile d'imaginer une réponse rationnelle, humaine, coordonnée. En laissant trop longtemps les pays du Sud assumer seuls l'afflux de migrants, en n'assumant pas le rapport de forces avec les gouvernements xénophobes de certains pays de l'Est, les dirigeants des institutions européennes ont contribué à laisser pourrir la situation.

Absence de solidarité à l'intérieur : comment expliquer aux gens que si les politiques budgétaires et monétaires sont communes, les politiques sociales et fiscales sont laissées à la concurrence acharnée ? Renforcer le capital et affaiblir le travail : ce n'est pas là notre rêve européen.

Cette absence de solidarité, elle se vérifie aussi par d'inquiétants déséquilibres. Les dysfonctionnements structurels de la construction européenne ont entraîné un dépérissement industriel et économique de l’Europe du Sud au profit de l’Allemagne. Ainsi le profond déséquilibre des échanges entre la France et l’Allemagne, que les gouvernements successifs ont laissé s’instaurer, est porteur de graves dangers, pour notre pays comme pour l’Europe elle-même.

On ne construit pas un destin commun avec de tels décalages et la domination d’un seul. Il faut rompre avec la logique du libéralisme, qui justement tend par principe à accroître sans cesse la force du dominant.

Devoir de sincérité sur nos responsabilités dans la situation actuelle

Personne n'est dupe de la stratégie d'Emmanuel Macron. Opposer les supposés « progressistes » pro-européens aux « nationalistes » europhobes est un mauvais conte auquel nul citoyen sensé ne croira. Les gouvernements conservateurs et libéraux ont une responsabilité écrasante dans le développement de la crise européenne. À bien des égards, Libéraux et Nationalistes sont les deux faces d'une même médaille. Mieux, ils se nourrissent l'un l'autre.

Reste que la social-démocratie défaillante porte une lourde responsabilité. Faute de volonté politique, ou par adhésion idéologique, la social-démocratie a accompagné l’avènement de l’Europe libérale. Les cinq dernières années en ont hélas donné une preuve supplémentaire.

Le bilan européen de François Hollande est marqué d’erreurs majeures. Son refus de renégocier le TSCG, à rebours de sa promesse de la campagne de 2012, a empêché toute réorientation de la politique économique de l’Union, a approfondi la défiance qu’une large part du peuple de gauche entretient à notre égard, en particulier s’agissant de la construction européenne.

L’absence de volonté politique (à commencer par le refus de construire un rapport de forces face à l’Allemagne) a fait le reste, laissant croire qu’aucune politique alternative n’était possible. La signature des traités de libre-échange, en particulier le CETA, a confirmé l’acceptation du dogme du libre-échange généralisé sans normes sociales et environnementales.

Mais il y a pire : parfois, c’est le gouvernement français qui a combattu… des mesures que nous socialistes avions inlassablement promues : ainsi, la taxe sur les transactions financières.

Notre volonté de changer l’Europe ne sera pas crédible auprès des Français si nous ne reconnaissons pas ces erreurs et n’engageons pas, par des actes clairs, des ruptures avec ces choix antérieurs.

Faute de donner une impulsion nouvelle, faute de se donner les moyens de renverser la table, au mieux social-défaitiste, au pire néo-libérale, la social-démocratie a failli.

La confusion politique est à son comble. Compromis quasi systématique avec la droite, vote majoritaire en faveur du CETA, absence de remise en cause des carcans budgétaires : difficile de différencier la gauche et la droite sur les sujets économiques et sociaux. Il faut dire que, dans bien des pays, nos « partis frères » gouvernent avec les conservateurs ou les libéraux, voire avec l’extrême droite !

Ainsi, l’existence d’une grande coalition en Allemagne avec Merkel pèse dramatiquement sur les choix du Parlement européen.

De surcroît, dans bon nombre de pays de l’Union, les sociaux-démocrates refusent les alliances à gauche, sans compter ceux qui renvoient dos à dos « les populistes des deux bords » pour mieux justifier au nom du réformisme, la complaisance avec la droite, la connivence avec le centre et au fond le basculement de ces partis au centre-gauche, rebaptisés « progressistes » pour l’occasion.

Cette stratégie a permis à l’extrême-droite d’apparaître, avec ses thèses nauséabondes et dangereuses, comme incarnant l’alternative ! Il y a urgence à faire naître une alternative fédérant la gauche et les écologistes : c’est la seule façon d’enrayer la montée des replis identitaires et nationalistes.

Là aussi, des ruptures s’imposent

Rupture numéro 1 : aucun compromis avec la droite et les « progressistes » autoproclamés ! Une seule stratégie : l’alliance de la gauche et des écologistes

En 2014, en dépit d’une campagne très dure contre lui, la majorité du groupe social-démocrate a voté, à la demande de notre Spitzenkandidat Martin Schulz, en faveur de Jean-Claude Juncker, le VRP des paradis fiscaux.

Son action à la tête de la Commission a été calamiteuse. Sans souffle, sans élan, sans vision, la Commission européenne a grosso modo mis ses pas dans ceux de la précédente dirigée par Barroso : austérité, dogme de la concurrence libre et non faussée, religion du libre-échange. Confrontée à des crises majeures (Brexit, Grèce, Réfugiés), elle est apparue ballottée et inefficace et au final complice d'une précarisation d'un nombre croissant de citoyens, du maintien d'un chômage de masse et du recul de l'adhésion à l'idée européenne.

Mêler à nouveau nos voix à celles de la droite serait nous condamner à l’impuissance et au déshonneur. Dès lors, soyons extrêmement clairs : nous devons prendre l’engagement solennel de ne pactiser ni avec les Libéraux, ni avec les Conservateurs à l’occasion de la prochaine mandature. De même, nous refuserons une alliance des « Progressistes », faux nez d'Emmanuel Macron pour organiser un centre néo-libéral. Les élus socialistes français s’engagent à réserver leur voix à un candidat de gauche (se revendiquant clairement d'un rassemblement Rouge-Rose-Vert) à la Présidence du Parlement européen et à la Présidence de la Commission et à refuser la confiance à toute Commission de « grande coalition » avec la droite.

Pour politiser le débat européen, les socialistes doivent présenter une alternative claire aux citoyens et donc rétablir sans ambiguïté le clivage droite-gauche. En conséquence, nous devons non seulement refuser tout compromis, même technique, avec les Conservateurs et les Libéraux, mais aussi démontrer notre volonté de construire des ponts avec les autres familles de la gauche européenne : nous créerons un intergroupe avec les députés écologistes et ceux de la gauche dite radicale, avec un programme de travail pour la mandature.

Rupture numéro 2 : Contre la logique actuelle du PSE, pour un renouveau du mouvement socialiste européen

Coquille vide, le PSE est traversé par des contradictions fortes. Incapable de définir une stratégie claire, encline à toutes les compromissions, cette confédération de partis en est réduite à élaborer régulièrement des textes fades, atténués jusqu’à l’extrême, proclamant un progressisme de façade mais cautionnant toutes les dérives des partis adhérents.

Tous les cinq ans, nous discutons d’un Manifesto aussi creux que mensonger, puisque nous nous empressons de ne pas en suivre ses idées qui apparaissent généreuses sur le papier. Le temps de la clarification est venu. Pour marquer les esprits, nous avons différentes options. Le mieux est sans doute de se mettre en retrait, de ne pas reconnaître le Manifesto comme notre viatique pour les élections.

Quant au Spitzenkandidat, nous estimons que la situation est trop confuse pour nous sentir liés par sa procédure de désignation. De quoi aurions-nous l’air si le candidat choisi soutient, une fois élu, les alliances avec les macronistes et les Libéraux ? Que dirons-nous si, une fois les élections européennes passées, notre candidat décidait de mettre ses pas dans ceux de ses prédécesseurs, accompagnant le déploiement de l’Europe libérale ? Tous les candidats pressentis aujourd'hui au sein du PSE s'inscrivent justement dans cette continuité : nous ne pouvons les soutenir.

Rupture numéro 3 : Parler vrai ! Notre projet n’est pas réalisable dans le cadre des traités actuels !

La plus grave erreur politique des dirigeants du PS au cours de la décennie écoulée est d’avoir passé outre le vote des Français contre le Traité constitutionnel de 2005, en laissant ratifier le traité de Lisbonne, en complicité avec la droite. Ce fut en effet une double faute : atteinte à la démocratie d’une part, entrave structurelle à toute réorientation réelle d’autre part.

Sous prétexte de « ne pas bloquer l’Europe », nous avons ainsi approuvé la constitutionnalisation d’une politique ordo-libérale qui a mis à mal notre modèle social et républicain. Elle constitue évidemment un obstacle majeur à la mise en œuvre d'une politique de gauche ; c'est pourquoi, afin de tenir les promesses de la campagne victorieuse de 2012, il était cohérent d'annoncer que l'on ne ratifierait pas le TSCG sans renégociation substantielle. L'abandon de cet engagement pris devant les Français nous a par la suite empêchés de réaliser le programme de 2012.

Comment défendre les services publics, qu’il s’agisse de La Poste, forcée de déserter les campagnes pour rester « compétitive », ou de la SNCF, obligée de fermer les petites lignes déficitaires, dans un cadre européen généralisant la « concurrence libre et non faussée » à toute activité humaine ?

Comment soutenir les aspirations de notre base sociale, particulièrement les ouvriers, les employés, sauvegarder leurs emplois et améliorer leurs conditions de travail, dans une mondialisation non seulement acceptée par l’Europe, mais aussi étendue, aggravée sous l’effet de la liberté de circulation du capital et de l’accumulation des accords de libre-échange ? Comment assurer le redressement industriel en interdisant les « aides d’État » (Airbus n'aurait jamais vu le jour sans cela) et en laissant faire le dumping fiscal et social ?

Cette dérive, inscrite en toutes lettres dans les traités, porte également atteinte à nos engagements pour la transition écologique et rendent encore plus hypocrites nos grands discours sur cet enjeu.

Enfin, la répression de toute politique interventionniste, notamment en faveur de l’investissement public, contenue dans le traité budgétaire auquel François Hollande s’est immédiatement soumis après avoir pourtant fait campagne pour sa renégociation, détruit les marges de manœuvres des collectivités et imprime une marche forcée vers l’austérité que nous avons chèrement payée aux élections de 2017.

Il est plus que temps de revendiquer une inversion complète du cours actuel de la construction européenne et donc de réclamer une révision en profondeur des traités, afin de sortir de cet ordolibéralisme qui mène droit à la dislocation de l’Union.

Soyons cohérents et ne berçons pas nos concitoyens d'illusions : bon nombre de nos intentions, de nos propositions, aussi intéressantes que nécessaires, ne pourront pas être mises en œuvre dans le cadre des traités actuels. Nous ne pouvons pas taire cette réalité sauf à accroître encore le discrédit qui nous frappe. Il y a bien sûr la possibilité de s'affranchir de certaines dispositions des traités afin de créer l'indispensable rapport de force nécessaire à cette révision stratégique. Assumons donc clairement ce choix 

 

Rupture numéro 4 : des combats communs pour la gauche européenne, des mobilisations citoyennes à organiser

Pour une relance européenne

L’urgence : lancer des politiques nouvelles autour de projets mobilisateurs, seuls susceptibles de provoquer le « choc de confiance » inlassablement psalmodié par les Libéraux, mais toujours reporté.

Mobilisons les Européens sur ce qui les intéresse, particulièrement la lutte contre le changement climatique, la création d’emplois et la réduction des inégalités, le soutien aux salaires et au pouvoir d'achat, les investissements d'avenir ; et finissons-en avec cette obsession maladive des déficits et de la dette, avec ces politiques austéritaires qui ne réduisent ni les uns ni l’autre et nous maintiennent dans un état permanent d’angoisse et de dépression.

Lutter contre l’austérité n’est pas un « marqueur politique » ou une valeur culturelle, c’est une nécessité économique, sociale et politique.

C’est donc dans la relance européenne, et certainement pas dans une nouvelle cure d’austérité, au niveau des États comme au niveau de l'Union, que réside vraiment le choc de confiance. Mais le budget de l’Europe stagne à 1% du PIB. La dernière proposition de la Commission pour 2021-2027 monte péniblement à 1,1% du PIB, alors que dans le même temps les budgets nationaux sont soumis à la contrainte et au dénigrement perpétuel de la dépense publique.

Nous proposons de tripler le budget européen. D’environ 1 100 milliards sur 7 ans, il doit passer à 3 000 milliards (3% du PIB européen). Avec cet argent, nous aurons enfin les moyens de sauver notre agriculture et de réorienter la PAC vers le biologique, sans pesticides ni perturbateurs endocriniens. Nous donnerons un énorme coup d’accélérateur à la transition énergétique, à la diffusion des nouvelles technologies au service des besoins humains, un nouveau mode de développement plus harmonieux et moins polluant, et au rattrapage des régions défavorisées. Ces aides généreront à leur tour d’innombrables externalités positives en termes d’innovations, d’emplois et d’infrastructures.

Pour financer cette relance, nous proposons la mise en place d’une taxe carbone aux frontières de l’Union qui concrétisera les promesses de la COP21, ainsi qu’une taxe sur les transactions financières. Ces deux taxes abonderont le budget européen à hauteur de 500 milliards d'euros (soit 70 milliards par an), les 1 500 restants provenant d’un nouveau « round » de Quantitative Easing de la BCE, qui n'a pas eu de mal à soutenir largement le système financier entre 2015 et 2018 à hauteur de 3 000 milliards d’euros.

 

Pour une harmonisation fiscale et sociale vers le haut

Si la Charte des Droits fondamentaux rédigée en 2004 a quelque peu atténué la violence de la guerre économique intra-européenne, offrant à tous les travailleurs européens un socle de droits et de garanties (comme le droit aux congés, aux conventions collectives, à la représentation syndicale...), la « concurrence libre et non faussée » n’en a pas moins fait son œuvre : l’écart de rémunérations entre l’Est et l’Ouest demeure, 15 ans après l’élargissement, très important.

Il n’est pas tolérable qu’en Europe, les travailleurs puissent compter sur un salaire minimum de 1 400-1 500€ bruts en France ou en Allemagne, et se contenter de seulement 450-500€ dans la plupart des pays de l’Est. Il faut créer un salaire minimum européen, qui pourrait d’abord s’établir à la moyenne basse des pays de l’Ouest (éloignée d’environ 100-150€ de la moyenne haute des pays de l’Est), puis converger rapidement vers des standards plus élevés, de l’ordre de 1 000€ par mois. Derrière les mots se cachent parfois des réalités contradictoires. Ainsi pour certains (y compris au sein de la social-démocratie), le salaire minimum européen serait fixé selon un pourcentage du salaire médian ou moyen de chaque pays Cela n'engage aucun chemin de convergence mais maintiendrait les écarts inacceptables et la logique de dumping social qui provoque tant de délocalisations. Nous devons assumer l'objectif de converger vers un même SMIC en Europe ; nous devons aussi interdire la logique des « jobs » à bas coûts qu'il s'agisse de ressortissants de l'Union ou des travailleurs immigrés.

Pour limiter une concurrence délétère entre salaries européens, livrée au nom de la « liberté de la prestation de service », il convient aussi de faire du travail détaché une exception. À défaut d’un accord sur ce point, la France devra prendre des mesures unilatérales pour enrayer cette discrimination à l’encontre des travailleurs résidant sur notre territoire.

En matière de fiscalité, la situation est tout aussi grave et cause de nombreuses tensions entre États. Les paradis fiscaux se multiplient en Europe. Pour attirer le capital, c'est cette stratégie qui est choisie par des pays comme le Luxembourg, l’Irlande, Malte, Chypre, les Pays-Bas). La France n'a pas résisté à la pression et a en conséquence baissé à son tour l’impôt sur le capital.

Par ailleurs, la moindre faille législative est exploitée pour économiser des millions d’impôts sur les sociétés et sur le patrimoine, comme en témoignent les retentissantes révélations de la presse ces dernières années. Alors que les profits des multinationales ont plus que triplé en 30 ans (de 2 000 milliards de dollars en 1980 à 7 200 milliards en 2013), les recettes de la fiscalité des entreprises se sont érodées de 3,6% du PIB en 2007 à 2,8% en 2014

Tout doit être fait, malgré la rigidité des règles de délibération (unanimité du Conseil), pour obliger, les multinationales à publier leur chiffre d’affaires, leur patrimoine, leurs revenus et leur nombre de salariés dans tous les pays où elles sont implantées. L’objectif politique est de parvenir à un accord sur l’assiette fiscale pour le calcul de l’impôt sur les sociétés et un taux minimum d’impôt pour les entreprises multinationales de 20%.

Tout contournement d’une ou plusieurs législations nationales permettant à une multinationale de payer moins que ce taux, entraînerait automatiquement un redressement fiscal à due proportion, quel que soit l’État membre où se trouve son siège social.

Enfin, l’Union européenne doit sortir de sa paralysie et relever le défi des GAFA. Il est urgent de réduire leur influence, leur pouvoir croissant sur nos vies et en premier lieu les taxer au prorata des richesses qu’ils prélèvent sur nos pays. La première des décisions pourrait être de considérer que toute entreprise multinationale ayant un chiffre d'affaire important dans un pays donné est réputée y avoir un établissement stable, ce qui l'oblige à s'acquitter de l'impôt qui y est normalement dû. L’impuissance de l’Union européenne à lutter contre cette évasion fiscale est intolérable. À défaut d’accord rapide à 27, des coopérations entre États membres résolus à agir devront s’imposer à court terme.

Instaurer la préférence communautaire et un moratoire sur les traités de libre-échange

Même si l’OMC est actuellement en panne – les grandes régions économiques, l’Union européenne la première, lui préférant des accords bilatéraux (par exemple le CETA, le JEFTA ou l’accord avec le Mercosur, etc.) –, le libre-échange domine toujours sans partage l’idéologie des dirigeants européens. La simple évocation d’un changement de vision sur la question demeure insupportable à leurs oreilles. Il est suspect de suggérer la moindre limitation à la libre circulation des marchandises et des capitaux. Il faut pourtant briser ce tabou.

La mondialisation libérale a non seulement des effets catastrophiques sur l’emploi et le tissu industriel, mais aussi des conséquences dévastatrices sur l’écosystème planétaire : le bilan carbone du « grand déménagement du monde » s’aggrave dans des proportions incontrôlables. Pire, lorsque le libre-échange est subi par la partie faible, cela détériore son développement endogène, détruit ses communautés locales et accroît les exodes de populations. Les véritables complices des passeurs ne sont ni le Lifeline ni l’Aquarius mais les accords entre l’Union européenne et la zone Afrique-Caraïbes-Pacifique.

Ainsi, réparer les dégâts causés par les Européens fait partie des solutions à mettre en œuvre pour résorber les causes profondes de la crise migratoire. Les accords de libre-échange facteurs de déséquilibre, le changement climatique, la multiplication des conflits qui ne sont pas exclusivement dus à des causes endogènes, l'absence de co-développement (dont profitent multinationales et puissances étrangères pour poursuivre leurs politiques de prédation), voilà les raisons véritables de la désespérance de millions d'êtres humains et non d'improbables « appels d'air » dénoncés par les droites conservatrices et extrêmes. Si elle a des frontières, l’Europe ne peut tourner le dos à ses valeurs humanistes. L'Union doit donc définir enfin une réelle politique migratoire commune qui passera par : l'octroi de visas humanitaires, la remise en cause profonde des accords de Dublin (le pays d'entrée ne doit pas être le seul pays pouvant accorder l'asile) qui créent des situations inhumaines, fabriquent des imbroglios administratifs et participent de la montée de la xénophobie aux marches de l'Europe. Les Européens organisent à distance dans les hotspots au Sud de la Méditerranée un parquage violent et inhumain des êtres humains : cette situation est un scandale auquel l'Union européenne devra mettre fin, en dialogue avec nos voisins et les pays d'origine.

La mondialisation du commerce agricole ne bénéficie pour sa part qu’aux grands exploitants et à l’agriculture chimique. Tous les autres agriculteurs, qu’ils cultivent la terre dans le Tiers-Monde ou en France, n’en tirent pas le moindre bénéfice, au contraire. L’Europe doit donc limiter l’importation d’aliments venus du monde entier et ses propres exportations agricoles. De même, il n’est plus possible de laisser gaspiller autant d’aliments. Les Européens jettent chaque année 90 millions de tonnes de nourriture, soit 173 kg par habitant ! Nous proposons que l’Union européenne se saisisse de cet enjeu et se dote d’une directive contre le gaspillage alimentaire. Nous devons défendre partout le principe de la souveraineté alimentaire et de la priorité aux productions locales.

L’Europe ne peut pas davantage tolérer les délocalisations dans le but de réexporter vers le pays d’origine. S’il est évidemment logique d’ouvrir des usines ailleurs pour satisfaire les marchés lointains, ça ne l’est pas pour satisfaire des consommateurs européens frappés par le sous-emploi, sans aucune prise en compte des coûts sociaux et environnementaux.

L’Union européenne doit donc complètement revoir sa politique commerciale. Elle ne peut plus négocier en catimini des accords de libre-échange totalement contraires à la COP21 et mortifères pour ses industries et son agriculture. Les socialistes s'engagent à refuser le CETA à l'Assemblée et au Sénat, à voter contre l’accord avec le Japon au Parlement européen. Au delà, nous proposons un moratoire sur les négociations commerciales aujourd'hui en cours (Mercosur, Mexique, Australie, Nouvelle-Zélande).

Par obstination dans l’erreur et peur irrationnelle de ne plus pouvoir commercer, la Commission mène des politiques qui rabaissent les normes et limitent la capacité de régulation des États. Au lieu de tout niveler par le bas, le commerce extérieur de l’Europe doit devenir le véhicule de nos ambitions : clauses de réduction contraignantes de l’empreinte carbone, du respect des conventions internationales sur le travail mais aussi d’un salaire-plancher, clauses de transparence fiscale, filets de sécurité sur la fiscalité des entreprises… Ce sont ces clauses de nouvelle génération qui aideront nos entreprises dans le commerce international et offriront un tout autre visage à la politique commerciale de l’Europe.

Il faudra aussi mieux répondre au dumping et aux agressions commerciales pratiquées à grande échelle par la Chine ou les États-Unis. L’Europe ne peut plus être l’idiot utile du commerce international. Nous avons besoin d’un dispositif paneuropéen de supervision et d’approbation des investissements extra-communautaires.

La préférence communautaire doit devenir un vecteur stratégique de la politique commerciale européenne. Il faut populariser ce thème en proposant aux citoyens un véritable « Buy European Act », exactement sur le modèle du « Buy American Act » voté en 1933, qui garantit aux entreprises américaines un accès prioritaire aux marchés publics. Cette réforme obligerait les États membres et leurs collectivités territoriales à acheter la moitié de leurs biens et services à des entreprises européennes. Le Buy European Act pourrait sauver ou créer des dizaines de milliers d’emplois et apporterait la preuve de l’utilité de l’Europe aux peuples.

Au-delà, il faut rétablir la politique industrielle, sans laquelle l’Europe est désarmée. L’évocation d’Airbus ou d’Arianespace suscite l’orgueil des Européens. Malheureusement, ces exemples cachent mal une coopération industrielle au point mort en Europe, car les ingrédients qui ont fait le succès de ces entreprises ne sont plus là. Parce que les élites ne croient plus au patriotisme industriel, ils n’imaginent pas un patriotisme européen. Pendant ce temps, un nombre croissant d’États membres s’emploient à ne devenir que des plateformes d’atterrissage de multinationales américaines ou chinoises. Les ingrédients indispensables à une politique industrielle européenne doivent être fournis : augmentation des programmes de recherche, des fonds d’investissement, des avances remboursables, des soutiens aux filières.

L’Europe de la révolution écologique

Pendant longtemps, l’Union européenne a été plutôt en pointe dans le combat écologique et la défense de l’environnement. L’UE a voté de nombreuses directives pour lutter contre la pollution, développer des stratégies de restauration de la qualité environnementale de l’eau, de l’air, des sols ou ou des stratégies de préservation des espèces et de la biodiversité. Elle a aussi pris une part active voire déterminante dans le combat contre le changement climatique. Mais, depuis quelques années, le mouvement est inverse. La logique économique et financière à court terme, le poids des lobbies prennent à nouveau le dessus. Des textes sont votés, mais les moyens effectifs de leur mise en œuvre ne sont jamais dégagés. Faute de voir loin, de fixer des caps ambitieux et de financer des recherches indépendantes et publiques, des programmes d’action, des innovations portant des alternatives à notre mode de développement actuel, l’Union, comme nombre d’États membres qui la composent, n'est pas à la hauteur des enjeux et ne prend pas la mesure de la gravité et de l’urgence de la situation.

Après avoir signé l’accord de Paris sur le changement climatique, l’Union voit cette année sa production de gaz à effet de serre augmenter (elle a pourtant baissé pendant des années). Mais là encore aucune sanction prévue.

Le Parlement européen devra adopter le plus tôt possible un plan d’interdiction des pesticides et un grand programme européen de recherches publiques pour les pratiques alternatives non polluantes. L’urgence est d’obtenir l’interdiction immédiate et réelle du Glyphosate. L’Union doit se retourner contre ces grandes entreprises qui, comme Monsanto, ont pollué et polluent nos eaux, nos sols, nos aliments et donc nos corps.

Il est nécessaire d'engager systématiquement une évaluation des directives environnementales pour accélérer leur mise en œuvre, voter des programmes et financement et rattraper le temps perdu. C’est particulièrement vrai pour la restauration de la qualité de l’eau douce et des mers et océans, mais aussi pour la réduction des déchets dont il faudrait interdire toute exportation ainsi que le démontage et recyclage hors de nos frontières, rejetant les risques et pollutions sur d’autres continents.

Le plan de relance que nous soutenons doit consacrer un plan pluriannuel d’investissement public pour les énergies renouvelables, les économies d’énergie et la mutation vers des activités économiques dé-carbonnées.

Ces programmes devront être réalisés en partenariat étroit avec les États membres et les différentes régions qui devront s’engager de façon concrètes et précises.

Les financements européens doivent être conditionnés au lancement de ces actions et à l’atteinte des objectifs fixés. Le Parlement européen, qui a un rôle de co-décision budgétaire, doit en faire une exigence absolue.

Nous proposerons à l’intergroupe des gauches et écologistes d’organiser chaque année, avec les ONG et la participation des citoyens – consultés aussi par internet –, un Forum de la révolution écologique pour suivre et enrichir une feuille de route de l’Union européenne et éviter l’inertie des institutions. Rien n’est possible sans la mobilisation citoyenne.

 

Une Europe enfin indépendante

L’Europe demeure, et demeurera dans le court et le moyen terme, une coopération de nations. Il n’y a pas d’« égoïsmes nationaux » mais des intérêts nationaux : le rôle de l’Union n’est pas de les contrecarrer, mais de favoriser et sublimer ceux qui sont convergents.

Or l’Europe, peut-être bercée par une illusion de « fin de l’histoire » depuis l’effondrement soviétique, voit revenir le germe de la guerre : à ses portes, au Sud d’abord, à l’Est ensuite ; et sur son sol, avec l’importation du djihadisme. La paix, dont nous nous enorgueillissions, est bien plus la cause que la conséquence de la construction européenne.

Aujourd'hui cette paix doit peu, trop peu, à notre propre capacité d’assurer la défense de notre intégrité.

C'est là tout l'enjeu du débat autour de La Défense européenne. L’indifférence à notre sécurité dont témoignent de plus en plus des États-Unis soucieux de leurs seuls intérêts doit nous conduire à reconsidérer le rôle de l’OTAN et à remobiliser la coopération inter européenne pour autant, naturellement, qu’elle ne serve pas de prétexte à répondre à l’exigence américaine d’une augmentation de notre contribution budgétaire à l’alliance.

Face à Trump, il est urgent de relever le défi. Quand Washington renie sa signature de l’accord nucléaire iranien, et plus encore prétend sanctionner nos banques et nos entreprises désireuses de poursuivre leurs investissements à Téhéran, nous ne pouvons rester inactifs. Où sont passées les ambitions de faire de l’euro une monnaie d’échange international capable de concurrencer le dollar et contrecarrer l’hégémonie américaine ? Où sont les mesures de rétorsions qui seraient déclenchées si nos entreprises restant en Iran étaient pénalisées ? Comme cela est déjà arrivé à de multiples reprises depuis 1981, la France doit actualiser, ou à défaut adopter, une loi de blocage interdisant à nos établissements économiques et financiers de se soumettre aux injonctions d’un pays tiers. A défaut, que resterait-il de notre indépendance nationale si nous ne pouvons plus décider de notre politique étrangère ?

Une Europe au service de ses peuples exige une France au service du sien.

 

* * * * *

La France, dans l’Europe d’après.

 

L’enjeu des prochaines élections européennes est un enjeu de méthode autant que de propositions pour l’Europe : faut-il poursuivre la méthode des accommodements raisonnables avec les puissances de l’argent et les diktats des nationalistes, ou porter des ruptures ?

Nous, socialistes, nous plaçons évidemment dans le camp de la rupture.

Conscients que l’Europe d’après ne se construira pas sur les chimères d’antan – le Libéralisme, la « main invisible du marché », la primauté de l’économique sur le politique –, nous devons proposer à la gauche européenne une nouvelle alliance des peuples.

Face aux problèmes politiques de l’Europe, la France a toujours échoué quand elle s’est abîmée dans les armes ou perdue dans les songes. En revanche, elle a toujours réussi à convaincre, à changer les rapports de force et, pour tout dire, à éclairer le monde, quand elle a usé de la meilleure méthode : montrer l’exemple.

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27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 08:07
Résolution de la fédération du Val-d'Oise du Parti socialiste contre la privatisation d'ADP

Privatisation du Groupe ADP : une décision à courte vue néfaste pour l’intérêt général et le Val d’Oise

résolution adoptée à l'unanimité lors du conseil fédéral du lundi 25 juin 2018 à Fosses

Au travers de son projet de loi, dit PACTE, présenté le 18 juin dernier le gouvernement souhaite lancer une vague de privatisations. Sont d’ores et déjà annoncées celle de la Française des Jeux, d’Engie et du Groupe ADP.

Au-delà des considérants idéologiques que sous-tend ce projet de loi, il résulte de la nécessité pour l’actuel Président de la République et sa majorité LREM de tenter de sortir de son impasse budgétaire. En effet ils ont fait le choix d’une politique en faveur des plus riches (ISF, Exit Tax et Flat Tax), d’assumer une promesse de campagne sous-estimée (26 milliards contre 10) et non financée concernant la taxe d’habitation, et ce en promettant un retour à l’équilibre budgétaire en 2022 dans un environnement international instable.

Dès lors, ce pouvoir fait un choix double. Celui d’utiliser son rabot contre les retraités, les jeunes, les services publics, les associations et les retraités…sans oublier les aides sociales. Celui de vendre notre patrimoine, celui de tous les Français.

Par ailleurs, notre département est impacté par la décision de privatisation du Groupe ADP où il est implanté. Il s’agit donc après de nombreux investissements publics qui ont fait de cette entreprise un fleuron international en expansion de privatiser les recettes et des actifs stratégiques.

Rappelons par ailleurs, que le Groupe ADP est en situation de monopole et dès lors ne justifie en rien cette décision de privatisation. Privatiser des entreprises comme ADP qui versent des dividendes chaque année, c’est vendre des bijoux de famille qui sont la propriété des Français.

Rappelons également que le Groupe ADP joue un rôle essentiel pour tout un pan de notre économique, notamment l’aéronautique et le tourisme. Cette privatisation, c’est le signe d’un renoncement. Celui d’une stratégie économique et industrielle.

Rappelons encore les enjeux de sécurité et de protection que l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, frontière avec le monde.

Rappelons toujours que cette décision unilatérale et sans associer les collectivités territoriales peut avoir un impact conséquent sur les enjeux d’aménagement de territoire, de réserves foncières, de transports publics, d’emplois, de formation et de combat pour la réduction des nuisances sur le territoire Valdoisien et Francilien.

Rappelons enfin l’objectif commun des départements franciliens, que nous partageons, de « conserver durablement une dimension publique importante au contrôle de ces infrastructures essentielles pour le développement » de la Région métropole.

Nous appelons donc les parlementaires du département du Val d’Oise à s’opposer à la privatisation du Groupe ADP.

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