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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 15:40

drapeaux-europe-280x140Pour la énième fois, Bruxelles constate que la France n’atteindra pas la réduction de son déficit public à 3% du PIB. Et pour cause, les politiques d’austérité provoquent partout la même réaction en chaine : elles freinent la croissance, amenuisent les recettes, affaiblissent le pays, augmentent le chômage et in fine ne réduisent quasiment pas les déficits publics en dépit d’une réduction drastique des services publics et des politiques de solidarité. La casse sociale et humaine est redoutable.

Ce constat n’est hélas pas nouveau et avait d’ailleurs justifié en son temps la volonté affichée du candidat François Hollande d’exiger la renégociation du Traité (TSCG) - qui au passage durcissait encore le pacte de stabilité - en «le modifiant et le complétant». L’objectif était de réorienter l’UE en faveur de la croissance.

marie-noelle lienemann 1Nous ne reviendrons pas sur la grave erreur qui a été commise à l’été 2012, avec l’abandon de ces exigences et l’acceptation de se couler dans le moule dangereux des contraintes européennes (réduction à marche forcée des dépenses publiques, flexibilité renforcée du travail, allongement âge départ en retraite, baisse du «  coût » du travail, etc.). Tout cela au motif d’obtenir une dérogation et un allongement des délais pour atteindre les fameux 3%. Couperet qui par ailleurs n’a pas grand sens économique. Les Etats-Unis ont un déficit de 6,8% du PIB !

Mais il est temps que la France change de stratégie et arrête de se présenter toute penaude devant la commission européenne, parce qu’elle n’arrive pas à atteindre des objectifs absurdes et pour le moins contestables. Contestables ils le sont déjà en soi, mais encore plus aujourd’hui dans un contexte mondial de faible croissance et de déflation européenne.

Car cette fameuse déflation qui pointe son nez ne tombe pas du ciel. Elle est née des choix ultralibéraux et malthusiens de ce pacte dit de stabilité auxquels se sont ajoutées les logiques d’austérité.

N’ayons aucun complexe d’être les mauvais élèves de politiques absurdes et dangereuses, non seulement pour notre pays mais pour l’Union européenne également.

Même l’Allemagne qui peut s’enorgueillir d’une balance commerciale très excédentaire est touchée par une faible croissance. Sans compter les effets sociaux désastreux pour bon nombre d’allemands. Sans compter la déstabilisation et l’affaiblissement des autres pays de l’UE au profit de la république fédérale.

Le temps est venu de dire stop, de ne pas quémander des délais, mais d’exiger un nouveau cadre et la négociation d’une stratégie commune de relance et de sortie de crise.

La commission européenne se réjouit d’une reprise en annonçant des prévisions de croissance en hausse de 0,1% par rapport à celle de l’automne 2013 (l’épaisseur des incertitudes de calcul) pour atteindre en moyenne dans l’UE 1,5% mais seulement 1,2% en zone Euro en 2014 et bien sûr une accélération (toujours des prévisions… d’autant plus positives qu’elles sont lointaines et justifieraient le maintien des politiques actuelles) en 2015 avec 2% dans UE et 1,8% en zone Euro (il y a bien un effet anti-croissance liée à la politique monétaire de l’Euro).

Non seulement ces chiffres sont sujets à caution, non seulement ces moyennes cachent de profondes inégalités entre pays, mais en tout cas ils ne manifestent pas une sortie de crise et sous-estiment les signes de déflation que la plupart des économistes observent et redoutent.

L’exigence de changement de cap et d’une stratégie alternative de relance est plus que jamais d’actualité en France et en Europe. Il est temps que notre pays engage l’indispensable rapport de force avec la commission et les pays les plus libéraux, en particulier l’Allemagne. Nous devons exiger un nouveau cadre macro-économique commun, des convergences sociales et fiscales (qui doivent restituer du pouvoir d’achat aux catégories populaire et relancer la consommation intérieure à l’UE) et des grands projets d’avenir assurant  un rebond industriel et économique commun (transition énergétique, sécurité des informations et numérique, etc.).  

De surcroit, la question monétaire ne peut être davantage différée. La France doit se saisir de l’opportunité des traités qui confie aux états membre, la politique de change pour déposer au plus vite sur la table du conseil un mémorandum sur la nécessité de retrouver au plus vite une parité Euro Dollars, quitte à fixer des étapes intermédiaires. Faire davantage l’autruche et se contenter de déclarations sur la surévaluation de l’Euro n’est pas tenable et discrédite l’action politique tout comme l’idée qu’on peut encore peser sur le cours des affaires européennes.

En tout cas, rien ne serait pire que d’aller à Canossa, à Bruxelles portant en étendard le pacte de responsabilité pour obtenir les bonnes grâces des instances européennes et quelques délais supplémentaires. Encore un peu de temps, monsieur le bourreau!

Il faut affirmer haut et fort que nous développons une voie alternative fondée d’abord sur la croissance et le redressement industriel et la proposer à nos partenaires pour un nouveau compromis et une réorientation de l’UE.

Pour convaincre ceux qui partagent nos doutes et nos désaccords, il faut faire la preuve que nous tiendrons bon. Ces pays sont trop habitués à ce qu’après avoir haussé le ton, la France  finisse par céder au nom de pseudo-accords au sein du couple franco-allemand, dont on peut mesurer aujourd’hui qu’ils ont été surtout favorables à l’Allemagne. Pour eux notre détermination n’est pas assurée et leur soutien est du coup risqué.  Il est temps de renouer avec eux un pacte de confiance, car nos intérêts sont convergents.

La France est contributeur net de l’union, elle est l’un des pays majeurs, elle doit se faire entendre et porter un autre chemin. C’est affaire de volonté, de stratégie et surtout de tourner le dos à cette redoutable tendance à sous-estimer notre pays en réduisant son impact politique à ses seuls résultats économiques (du coup c’est l’affaire du serpent qui se mord la queue, on n’aurait d’autre  choix que de s’aligner, on deviendra alors plus faible et plus encore il faudrait rentrer dans le rang…)

Ce qu’on fait hier De Gaulle ou Margareth Tatcher pour faire prendre en compte leurs intérêts et leur vision, le président de la république Française doit le faire aujourd’hui. Mais il doit le faire en portant une certaine idée de l’intérêt général et de l’avenir de l’Europe. D’où l’importance de tenir, sans défaillir 3 positions :

  • Faire ce qu’on prétend et restaurer le crédit en la parole de la France.  l’inertie et même le blocage du gouvernement français sur la mise en œuvre concernant les transactions financières, comme ceux pour une séparation plus forte entre activités bancaires traditionnelles et celles de marché sont inadmissibles et discréditent  l’idée d’une rupture avec l’hyper financiarisation de nos économies. Mais aussi assumer la réalité : nous n’atteindrons pas les objectifs du pacte de stabilité et l’assumons comme un choix, celui d’une voie alternative
  • Développer en France une stratégie singulière et ne pas faire chez nous ce qu’on prétend combattre en Europe. Car il ne suffit pas de refuser le cadre macro-économique de Mme Merkel et de la commission (tout miser sur l’offre) mais bel et bien de rendre perceptible une politique de relance (salaires, redistribution des richesses, grands travaux, soutien à l’industrie et aux investissements productifs etc..).
    Quel sens peut alors avoir la position du PS qui appelle à un changement de politique dans l’UE grâce aux européennes et se précipite à valider un «pacte de responsabilité», déclinaison française des politiques austéritaires et libérales, avant ces élections… en réalité pour calmer les fureurs bruxelloises.
  • Consolider l’idée d’un nouveau projet européen, en développant une stratégie diversifiée d’alliance ; par exemple, il serait utile d’organiser en France une grande conférence entre tous les syndicalistes européens et des ministres, experts sur l’instauration de convergences sociales et d’un Smic européen à terme, comme de proposer un mémorandum sur la monnaie aux pays qui souffrent de l’Euro fort ou encore de mettre sur la table un plan de relance de la croissance et un étalement dans la durée du retour aux équilibres.

Tout cela est indispensable aussi pour que les français et notre jeunesse reprennent confiance en eux- même, retrouvent foi dans leur pays. Sans cela, il est vain de croire que le redressement de la France sera crédible, il est vain d’espérer une nouvelle dynamique entrepreneuriale (que des allègements de «charges» et des bonnes paroles réanimeront pas) ou même d’imaginer que les marchés et les étrangers seront convaincus par notre attractivité si notre peuple lui-même demeure déprimé.

Marie-Noëlle Lienemann

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26 février 2014 3 26 /02 /février /2014 09:28

Maintenant La Gauche et Un Monde d’Avance ont décidé de voter contre le texte “Réussir le Pacte de responsabilité” soumis au vote par la direction du Parti Socialiste lors du Bureau National du mardi 25 février 2014.

seminaire-reussir-le-pacte-de-responsabilite-pour-la-france.jpgLors du séminaire du 10 février dernier, nos courants et sensibilités avaient déjà cosigné la tribune «Il n’y a pas qu’une seule politique possible». Nous y présentions très clairement les inquiétudes et les désaccords qu’ont pu susciter l’annonce du Pacte de responsabilité.

Tout comme l’avait fait François Hollande lors de son discours du Bourget, nous portons l’exigence d’une réorientation de la construction européenne, en dénonçant le caractère néfaste des politiques d’austérité. D’autre part, pour sortir le pays du chômage de masse, une feuille de route qui n’oppose pas la production à la redistribution, l’offre à la demande, l’efficacité économique à la justice sociale est plus que jamais nécessaire. Or, la focalisation exclusive sur l’offre et la baisse du coût du travail ne peuvent continuer à être les seules solutions prônées. Nous pensons qu’il faut d’abord agir sur nos capacités productives et sur nos infrastructures, sur l’investissement dans l’éducation, la formation, la recherche et la transition énergétique.

Toutes ces propositions sont restées à ce jour insuffisamment prises en compte par la direction du Parti Socialiste. Au lieu d’ouvrir une concertation indispensable entre nos différentes sensibilités, elle a préféré soumettre à notre vote un texte rédigé sans discussion ni débat. Pour toutes ces raisons, nous avons décidé de ne pas voter pour ce texte.

Pour lire la tribune “Il n’y a pas qu’une seule politique possible” : cliquez ici

POUR REJOINDRE ET SIGNER L'APPEL CLIQUEZ ICI

5 debats divisent PS

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 14:15

L'Echo Régional - 24/02/2014 à 11:49 - Fabrice Cahen

signature-Anticor-630x0.JPG

Philippe Rolland, Jean-Pierre Guis, président d’Anticor, Sophie Maley et Fabrice Rizzoli ont paraphé la charte anticorruption

Trois listes socialistes ont signé la charte d’Anticor, jeudi dernier à Deuil-la-Barre.

Trois candidats socialistes ont signé jeudi dernier la charte Anticor. Fabrice Rizzoli pour Deuil-la-Barre, Sophie Maley pour Enghien-les-Bains et Philippe Rolland pour Saint- Gratien, qui représentent chacun une liste. «Être élu n’est pas un métier», a tenu à dire Jean-Pierre Guis, président d’Anticor, en ouverture de la soirée de signatures.

Deux cents listes ont déjà paraphé la charte d’Anticor, une association dont l’objectif est d’exiger de tous les partis et de leurs élus le comportement irréprochable inhérent à leurs responsabilités politiques et de corriger la défiance de l’opinion vis-à-vis de leurs élus. «En 2011, 72 % des Français estimaient que leurs élus étaient plutôt corrompus», relève le président d’Anticor.

«Lorsque la confiance nous a été donnée par les électeurs, c’est une évidence de leur prouver la nôtre. Cette charte est un code déontologique qui nous engage, nous élus», a exprimé Sophie Maley, conseillère municipale à Enghien.
«La loi sur le cumul des mandats est aussi le résultat de l’action d’Anticor. Je serai pour que l’on inscrive sur la charte l’obligation à un élu de ne pas faire plus de deux mandats», a exprimé pour sa part, Philippe Rolland candidat à Saint-Gratien.
«Tant que les procureurs seront nommés par le ministre, l’indépendance de la magistrature restera menacée et le doute des citoyens sur la justice persistera (…) La défiance vient de l’opacité et d’un manque de transparence du travail des élus», est allé jusqu’à développer Fabrice Rizzoli, candidat à Deuil.

Le socialiste est déjà connu pour ses expertises en la matière, mais à un niveau international, étant l’un des spécialistes reconnus dans le domaine des mafias et autres réseau de criminalité. Il est à l’initiative de la signature.

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24 février 2014 1 24 /02 /février /2014 08:23

Libération - Amélie MOUGEY 22 février 2014 à 09:31

Le chef de file de l'aile gauche du PS accuse le capital d'être surrémunéré, au détriment de l'investissement. Et le 28 Minutes d'Arte et la rubrique Désintox de Libération valident son diagnostic.

Retrouvez Désintox TV du lundi au jeudi dans  28 Minutes, sur Arte.

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23 février 2014 7 23 /02 /février /2014 19:22

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 16:21

LE MONDE | 21.02.2014 à 15h07| Par Jacques Julliard (Historien)

Comme tous les mots d'usage courant dans la polémique politique – songeons à libéralisme, ou bien encore à populisme –, celui de social-démocratie est aujourd'hui usé, galvaudé, dénaturé, jusqu'à l'insignifiance. Il a suffi que, lors de sa dernière conférence de presse, François Hollande s'en réclame – quel scoop ! – pour que la machine à commentaires démarre au quart de tour. Pensez donc ! Nous avions un président social-démocrate et nous ne le savions pas…

Il faut recourir à l'Histoire, comme à l'ordinaire, pour y voir un peu plus clair. A l'origine, la social-démocratie désignait l'aile gauche du socialisme allemand, qui se réclamait de Marx et de la IIe Internationale. Son programme, d'inspiration marxiste, comprenait des concessions importantes aux lasalliens et fit l'objet de critiques de Marx restées célèbres. C'est ce programme qui fut fondamentalement révisé après la seconde guerre mondiale à Bad Godesberg, en 1959 : adhésion à l'économie de marché ; volonté de s'adresser au peuple tout entier et non à la seule classe ouvrière.

On notera au passage que la toponymie symbolique du socialisme international est tout entière allemande : Eisenach ou la radicalité, Gotha ou l'unité, Bad Godesberg ou la révision sont des figures classiques. Dans l'univers socialiste, l'Allemagne a presque toujours été la règle et la France l'exception. Et faut-il rappeler que, jusqu'en 1918, c'est-à-dire au-delà de la Révolution, Lénine adhérait à un parti social-démocrate en Russie ?

A partir de la fin du XIXe siècle, la social-démocratie désigne, à la notable exception de la France, un mode d'organisation du socialisme européen, fondé sur un triple pilier : le parti, le syndicat, la coopérative. Toute la vie de l'ouvrier se déploie dans cet univers bien réglé. Il est censé adhérer au parti, militer au syndicat, acheter à la coopérative. Ainsi se constitue à l'intérieur du monde capitaliste une contre-culture sociale-démocrate fondée sur un recrutement massif et la priorité donnée à l'action politique légale, dans le cadre des élections et de la représentation ouvrière.

Parti et syndicat y sont les deux faces d'un même mouvement ouvrier. Depuis l'apparition du mouvement communiste au lendemain de la première guerre mondiale, la social-démocratie désigne les socialistes qui ont refusé de rallier Moscou et la IIIe Internationale. La polémique lancée par Lénine contre ces «renégats» a fait rage, et le mot, en France notamment, a pris à l'extrême gauche un sens péjoratif, ou tout au moins condescendant. Le social-démocrate porte en lui le gène de la trahison, comme la coccinelle celui du nombre de points sur sa carapace. C'est un «social-traître», un «social-fasciste», bien qu'historiquement, ce soient les communistes allemands, non les sociaux-démocrates, qui, par leur sectarisme, ont fait la courte échelle à Hitler.

Plus sérieusement, ce sont les pays scandinaves qui, dans l'entre-deux-guerres, ont remodelé la pensée sociale-démocrate, en renonçant au renversement révolutionnaire du capitalisme, en portant la protection des travailleurs à un niveau jamais atteint nulle part, et en refondant la politique socialiste sur les bases d'un compromis permanent entre l'Etat, le patronat et les organisations ouvrières. Pour l'extrême gauche révolutionnaire, il porte la tare originelle de n'avoir pas été acquis par la violence.

Et la France ? La France est, dans le concert européen, une exception. Au sens numéro deux, elle n'a jamais été sociale-démocrate et ne le sera jamais ; au sens numéro trois, elle l'est depuis le début du XXe siècle. Pourquoi ? Parce que partis et syndicats ne sont jamais parvenus à se constituer en organisations de masse, sauf lors de brèves éruptions ouvrières comme en 1936, en 1945, voire en 1968.

Le Parti socialiste français, à direction presque exclusivement bourgeoise, sans représentation ouvrière réelle, est à saute-mouton par-dessus la social-démocratie : plus à gauche politiquement, plus à droite socialement. Seul le Parti communiste français a réussi, pour un bref laps de temps, à se constituer en contre-société à l'intérieur du monde capitaliste.

De plus, la social-démocratie suppose un parti unique, ou largement dominant à l'intérieur de la gauche. Or, le succès du communisme en France a rendu impossible cette condition presque tout au long du XXe siècle.

Enfin, parti et syndicat ne vivent pas en symbiose comme en Allemagne, en Autriche, en Belgique et en Grande-Bretagne sous le nom de travaillisme. Depuis la charte d'Amiens (1906), ils vivent dans l'indépendance réciproque, la méfiance, parfois la concurrence. Non, il n'y a pas de structure sociale-démocrate en France.

A cette situation, deux causes principales : le retard économique français qui, pendant la première moitié du XXe siècle, a empêché l'affirmation de la grande industrie ; l'héritage politique de la Révolution française, qui a substitué au schéma classe contre classe la figure du Front populaire, c'est-à-dire l'alliance du prolétariat avec la bourgeoisie progressiste.

Or, ce sont ces deux mêmes causes qui ont favorisé l'affirmation du réformisme à l'intérieur du mouvement ouvrier français. Depuis Hollande ? Vous plaisantez. C'est Jaurès qui, au congrès de la IIe Internationale à Amsterdam (1904), défend contre Bebel la participation du socialiste Millerand au gouvernement bourgeois de Waldeck-Rousseau (1899-1902) au nom du continuum de la révolution française ; et le même Jaurès qui affirme contre Guesde que le socialisme sera le prolongement de la démocratie ; c'est Blum qui, en 1920, à Tours, défend contre les partisans de l'adhésion à la IIIe Internationale le même schéma et les valeurs de liberté ; c'est Mitterrand qui, arrivé au pouvoir, proclame, à partir de 1983, la légitimité du profit capitaliste ; c'est Rocard qui, dans sa phase autogestionnaire, souligne l'importance du développement autonome de la société par rapport au volontarisme politique et partisan ; c'est Jospin qui accepte une économie de marché en refusant une société de marché.

La droite française ne cesse de déplorer l'absence en France d'un Bad Godesberg, c'est-à-dire d'une conversion des socialistes français au réformisme, mais l'histoire du socialisme français dit le contraire : c'est un Bad Godesberg permanent.

Et maintenant ? Certes, il existe toujours une opposition d'extrême gauche qui se réclame des valeurs révolutionnaires, sinon de la Révolution elle-même. Mais elle ne paraît plus capable de créer une dynamique. C'est un satellite géostationnaire qui gravite autour de la planète sociale-démocrate, plus étatiste, plus volontariste, plus fort en gueule. Mais rien d'autre.

De plus, les problèmes ont changé de nature. Les plus hardis des socialistes français ne sont plus des révolutionnaires, ni même des nationalisateurs : ce sont des keynésiens à tous crins, qui préconisent, à l'intérieur de l'économie de marché, le primat de la demande sur l'offre, et la solution des problèmes français par l'inflation. L'alternative n'est plus Marx contre Adam Smith, mais Keynes contre Milton Friedman.

Bobos contre populistes, écolos contre industrialistes : tout cela fait au total d'excellents sociaux-démocrates. Mais le peuple, lui, a quitté la scène ; il est ailleurs, très loin parfois ; et c'est là le problème commun aux uns et aux autres.

Jacques Julliard - Il est éditorialiste à Marianne, est l’auteur des Gauches françaises, 1762-2012. Histoire et politique (Flammarion, 2012)

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 13:39

Fanny Boyer est candidate à la Mairie du Plessis-Bouchard et Le Parisien de ce jour explique qu'elle est "en train d'insuffler un dynamisme que l'on avait pas vu depuis longtemps" dans cette commune.

Elle a "envie d'y changer les choses" car "c'est par là que tout commence". La population évolue et c'est à son équipe "d'incarner le changement".

Le_Parisien_Val_d-Oise_Le_Plessis-Bouchard_21-02-2014.jpg

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 10:38

VOnews.fr - 19 février 2014 

liste_enghien_source_diversites.jpgMenée par Sophie Maley, élue au Conseil Municipal d'Enghien-les-Bains depuis 2008, la liste  «Enghien, Source de Diversités» sera en lice lors des élections municipales de mars prochain. «Cette liste de rassemblement à gauche a pour ambition de placer enfin les Enghiennois au cœur de la politique municipale», précise la candidate.

 Le rassemblement prône un changement à la tête de la commune alors que le maire brigue un cinquième mandat.

«Une autre politique est possible pour une ville bienveillante et solidaire. Nous pensons que le renouvellement démocratique est nécessaire à Enghien.

La majorité actuelle, dont le maire est en place depuis 1989, est à court de projets adaptés à la vie actuelle de ses concitoyens et aux attentes des familles. Il est donc temps de proposer à notre commune de changer d'ère», affirme Sophie Maley.

Les propositions détaillées de la liste «Enghien, Sources de Diversités» seront dévoilées dans les prochaines semaines sur le site maley2014.fr.

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 09:11

Depot liste Montmorency 2014La Gauche de Montmorency est en ordre de marche derrière son Maire François Detton et sa Première adjointe Adélaïde Piazzi.

Un programme sérieux et ambitieux est proposé aux habitants ; la liste est déposée, la campagne bat son plein.

"Pour l’avenir de Montmorency, nous avons travaillé ensemble à la conception d’un programme à la fois ambitieux et réaliste.

Ambitieux car nous continuerons à offrir les meilleurs services aux Montmorencéens, réaliste car nous souhaitons, aujourd’hui comme hier, gérer l’argent public avec la plus grande rigueur tout en maintenant une fiscalité stable.

Pour 2014-2020, nous voulons également poursuivre notre action en faveur de nos trois quartiers."

Retrouvez le programme de la gauche montmorencéenne dans cette note.

liste gauche Montmorency 2014

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 08:46

Le FigaroFrançois-Xavier Bourmaud - 18 février 2014

À l'approche des élections municipales, l'aile gauche du PS impute au pacte de responsabilité le désamour de l'électorat de gauche à l'égard des candidats socialistes.

5_debats_divisent_PS.jpgD'abord ils se sont tus. Désarçonnés par l'annonce surprise du pacte de responsabilité le 14 janvier dernier par François Hollande lors de sa conférence de presse semestrielle, les tenants de l'aile gauche du PS ont d'abord mis leurs critiques de côté. À l'approche des élections municipales, difficile de prendre le risque de diviser la gauche une fois de plus. Puis, au fil des sondages de plus en plus mauvais pour le PS, ils ont commencé à parler, jusqu'à imputer au pacte de responsabilité le désamour de l'électorat de gauche à l'égard des candidats socialistes.

La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann a ainsi mis en garde contre le pacte assurant qu'un tel projet provoquerait de «graves désillusions du peuple de gauche» et permettrait «à la droite et à l'extrême droite de relever la tête». «La réalité, c'est que les malheureux maires, les militants qui font du bon boulot dans leur mairie vont s'en prendre plein les gencives par l'abstention», mettait-elle en garde la semaine dernière.

Pour le député Pouria Amirshahi, «petit à petit, on fait de la finance un allié plus qu'un adversaire, ça pose des problèmes de cohérence avec la parole donnée mais surtout d'efficacité». Des inquiétudes renforcées par l'attitude ambivalente du patron du Medef sur le sujet qui, tout en se satisfaisant des baisses de charges annoncées, rechigne à s'engager sur les contreparties à y apporter. «Il faut que Pierre Gattaz arrête de parler (…), qu'il se mette à la table et qu'il négocie sérieusement comme le demandent les syndicats», a assuré mardi le ministre délégué à l'Économie sociale, Benoît Hamon, ancien leader de l'aile gauche du PS.

En attendant, les allers-retours du patron des patrons alimentent à gauche l'idée d'une collusion entre François Hollande et les grands dirigeants d'entreprises. «Le président de la République est au plus bas dans la confiance des Français. Il sait bien que FO, la CGT, les Verts, le Parti communiste, le Front de gauche et une aile de plus en plus importante du PS ne sont pas d'accord. Je veux bien que l'on croit que dans la VRépublique, on peut gouverner ainsi… Ça ne tiendra pas», professe la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann.

Avec Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, membres du bureau national du PS, elle a cosigné une lettre ouverte au premier ministre dans laquelle ils déplorent que le projet de François Hollande fasse la part trop belle au patronat, sans qu'il y ait de véritable engagement de ce dernier en matière de contreparties à la baisse des charges pour les entreprises.

À la gauche du PS, cette défiance à l'égard de la politique de François Hollande a déjà trouvé sa traduction. Notamment au sein du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon qui a annoncé que pour les élections européennes, il présenterait des listes «anti-pacte de responsabilité». On ne peut pas faire plus clair. Un état d'esprit contagieux au PS ? Les opposants au pacte de responsabilité l'assurent. Mais rien n'est moins sûr.

Selon les soutiens de François Hollande au sein de la majorité, le pacte de responsabilité est en fait largement approuvé chez les députés, «à 80%», dit-on. Marie-Noëlle Lienemann évoque pour sa part un désaccord de «30%» du bureau national du PS. Suffisant pour empêcher le pacte ? Pour l'heure, il n'est question que d'obtenir des contreparties.

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