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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 18:49

Dans le prolongement de notre courrier au premier ministre avant son discours de politique générale demandant un « contrat de majorité » et plusieurs inflexions, nous venons de saisir à nouveau Manuel Valls suite à l’annonce de son plan de baisses des dépenses publiques.

Paris, le 16 avril 2014,

lettrePM-700x300.jpgMonsieur le Premier Ministre,

Lors de votre déclaration de politique générale du 8 avril dernier, vous avez souhaité que les parlementaires soient respecté-e-s  et qu’en tant en tant qu’élu-e-s de la Nation, nous puissions contribuer pleinement à «l’expression de la souveraineté nationale».

Signataires, avec une centaine de députés du groupe socialiste, d’un texte proposant un « contrat de majorité » autour d’une réorientation des politiques menées jusqu’ici, nous revenons vers vous après notre première rencontre qui suivit immédiatement votre entrée en fonction.

Nous avons pris connaissance de votre déclaration du 16 avril et du plan d’économies. Il relève de notre responsabilité de vous préciser quels sont les choix que nous souhaitons défendre dans les prochaines semaines et les prochains mois.

Comme vous, nous connaissons les enjeux du redressement de la France. Nos propositions ont pour but de rechercher l’efficacité autant que la justice, et d’abord dans les actes.

* * *

  • En premier lieu, nous estimons dangereux économiquement, car conduisant à asphyxier la reprise et l’emploi, et contraire aux engagements pris devant nos électeurs, ce plan de 50 milliards d’économie sur la période 2015-2017. Au-delà de 35 milliards, nous croyons que reculs sociaux et mise à mal des services publics seront inéluctables. C’est dans ce cadre, et pour répondre à l’exigence de justice que nous nous opposons au gel des prestations sociales, qui atteindrait des millions de familles modestes. Elles ne sauraient être appelées à financer le pacte de responsabilité ou des mesures de pouvoir d’achat.
  •  Ensuite, pas plus qu’il n’y aura de croissance sans soutien au pouvoir d’achat, il n’y aura de croissance sans investissements publics. A cet égard, l’effort demandé aux collectivités locales (10 milliards sur 3 ans) fait courir le risque de briser l’investissement local (3/4 de l’investissement public). Nous disons oui aux économies de fonctionnement, non au gel des investissements. Nous souhaitons donc que soit lancé un appel à projets d’investissements de 5 milliards d’euros en direction des collectivités locales (logement, transports en commun, transition écologique…), particulièrement nécessaires pour les territoires les plus en difficulté, zones rurales, quartiers populaires etc., ce qui ramènera l’effort demandé aux collectivités locales à 5 milliards d’euros (et non 11 milliards).
  • Nous voulons aussi aller plus loin et plus vite sur le pouvoir d’achat : nous demandons un effort supplémentaire de 5 milliards d’euros pour le pouvoir d’achat, portant à 10 milliards l’effort global, et ce dès 2015. Nous devons agir plus efficacement pour la réduction des inégalités. La réforme fiscale en préparation devra œuvrer en ce sens et le plan pauvreté devra être financièrement sanctuarisé.
  • Enfin les emplois aidés doivent être amplifiés pour faire le tuilage avec ceux qui résulteront de nos politiques économiques : une enveloppe de 1 milliard d’euros devrait être débloquée pour 50 000 emplois d’avenir supplémentaires et un plan pour les chômeurs de longue durée.

* * *

Pour financer ces inflexions, nous défendrons l’idée d’ouvrir des marges de manœuvres nouvelles :

  • Au plan européen en présentant, dans le pacte de stabilité, une trajectoire plus crédible de réduction des déficits, prévenant ainsi les effets contre-productifs sur l’activité économique et les risques de recul des acquis sociaux. La France a déjà réalisé un effort considérable, en réduisant le déficit structurel (celui qui efface les à-coups de la conjoncture) de 3.9% à 1.7% en 2014. Il faut avant tout le stabiliser. C’est le retour de la croissance qui déterminera le passage de mois de 3% du déficit effectif. Ainsi, cet objectif de passer sous la barre des 3% pourrait être maintenu mais décalé dans le temps. Pour contribuer à le rendre crédible, nous rappelons que certaines dépenses (à commencer par la défense) devraient être extraites de cet indicateur.
  • Au plan national, en concentrant les aides aux entreprises. On peut faire mieux avec moins, en ciblant sur l’industrie, en obtenant des contreparties sérieuses et précises en matière d’investissement, et en conditionnant les aides pour éviter tout détournement de l’effort public vers les dividendes, les hautes rémunérations ou la finance. Nous proposons de ramener l’enveloppe CICE / baisse des cotisations à 20 milliards au lieu des 30 prévus. Nous défendrons l’idée d’une fusion du CICE et du CIR, dans un CICER régi par les principes du CIR élargi aux dépenses de modernisation des usines françaises (machines à commande numérique, robotisation…).

* * * * *

Nous formulons ces propositions dans un esprit de responsabilité et de loyauté tant à l’égard de l’exécutif que de nos électeurs, et d’un parlement réellement en mesure d’amender la loi en étant force de contre-proposition.

Elles guideront nos votes lors des grands rendez-vous que vous avez fixés avec le Parlement : Pacte de stabilité, programme national de réformes, collectif budgétaire, loi de finance et loi de financement de la sécurité sociale.

Dans l’attente d’échanger avec vous sur ces orientations qui pourraient conforter le contrat entre la majorité et l’exécutif que vous avez-vous-même appelé de vos vœux, nous vous prions, M. le Premier Ministre, d’accepter l’expression de notre haute considération.

Pouria Amirshahi, Laurent Baumel, Laurence Dumont, Fanély Carrey-Conte, Jean-Marc Germain, Daniel Goldberg, Jerôme Guedj, Arnaud Leroy, Marie-Noëlle Lienemann, Emmanuel Maurel, Pierre-Alain Muet, Marie-Lou Marcel, Philippe Nogues, Christian Paul

100 PS frondeurs

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 18:41

La direction du parti a fait le choix, critiqué, de convoquer ce Conseil national à Paris en semaine. La mise à l’ordre du jour de l’élection du nouveau premier secrétaire suite au départ d’Harlem Désir a de fait éludé le débat sur les causes de la défaite lors des élections municipales.

Nous avons contesté dès le départ le choix d’une désignation du nouveau premier secrétaire par ce CN. Seuls les militants peuvent en effet élire un premier secrétaire du PS pleinement légitime. Notre expression dans la lettre ouverte aux camarades et à la direction nationale était claire sur nos demandes : direction collégiale, vote militant pour le premier secrétaire après les élections européennes, états généraux des socialistes puis finalement congrès extraordinaire à l’automne.

Une expression commune entre Maintenant la Gauche et d’autres sensibilités a eu lieu en ce sens autour d’une motion préalable soumise aux membres du CN avant le début des travaux pour critiquer la procédure choisie par la direction et demander un vote rapide des militants. Présentée par Jérôme Guedj, Patrick Ardouin et Barbara Romagnan, cette motion a été repoussée par les membres du CN en obtenant 54 voix pour, 131 contre et 4 abstentions.

discoursmathieu.jpgPour relayer cette critique et la nécessité d’un vote militant, c’est Sylvain Mathieu, premier secrétaire fédéral de la Nièvre, qui s’est porté candidat au premier secrétariat face à Jean-Christophe Cambadélis.

Il a recueilli lors d’un vote à bulletins secrets 32,88% (72 votes) des voix, ce qui est un score important compte tenu de la composition du CN où le collège des premiers fédéraux donne un poids prépondérant à la majorité du parti.

Forts de l’expression très large autour de la motion présentée à l’ouverture du CN, nous allons continuer à exiger sans relâche un vote des militants pour leur premier secrétaire après les élections européennes, qui ne soit pas une simple «ratification» du choix de Jean-Christophe Cambadélis.

Emmanuel Maurel, Marie-Noëlle Lienemann et Gérard Filoche ont rappelé nos positions dans le débat général du CN en mettant en garde contre la tentation toujours présente chez certains d’attribuer le résultat des municipales à une question de «pédagogie». Nous avons réaffirmé que seul un changement de cap de la politique menée par le gouvernement peut nous permettre de retrouver la confiance des Français.

Retrouvez l’intervention de Jérôme Guedj sur BFM TV au sujet de la désignation du nouveau premier secrétaire :

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 18:29

La sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann estime que le plan de 50 milliards d'économies présenté mercredi par Manuel Valls est "économiquement une aberration et socialement inacceptable et dénonce "une stratégie qui va plomber le pouvoir d'achat".

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 18:20

Public-Sénat-31-oct-2013-le-22h-300x178Paris, mercredi 16 avril 2014

Le Premier ministre ne clarifie ni les conditions du financement des baisses de cotisations sociales et d’allégements fiscaux essentiellement accordés aux entreprises, ni le contenu précis des 50 milliards de baisse des dépenses publiques déjà annoncées.

Au-delà des grandes masses financières d’économies qui sont censées pouvoir être réalisées d’ici à 2017, les seules nouvelles annonces sont des ponctions faites au détriment du pouvoir d’achat des couches populaires et moyennes.

Le gel du point d’indice des fonctionnaires est inacceptable alors que ces derniers connaissent une baisse continue de leur pouvoir d’achat depuis plusieurs années et que nombre d’entre eux ont des bas salaires.

La non-indexation des retraites et des prestations sociales touchent un grand nombre de foyers qui déjà n’arrivent pas à faire face aux dépenses ordinaires de la vie courante. C’est particulièrement le cas pour les allocations logement qui de fait vont stagner alors que les loyers continuent à augmenter. La réalité est là : une baisse du niveau de vie de millions de foyers modestes et moyens.

Non, ce n’est pas juste. Oui, il y a bien deux poids deux mesures lorsque l’on sait que l’économie faite sur les retraites et les allocations familiales correspondent à 2 milliards d’euros (peut-être 2 milliards supplémentaires concernant les retraites complémentaires) et que le CICE va rapporter 3 milliards d’euros à la grande distribution, alors même que ce secteur n’est pas engagé dans la compétition mondiale et n’a pas besoin d’aides publiques massives.

C’est de surcroît anti-économique car ces mesures vont réduire la consommation intérieure indispensable à la vitalité de bon nombre de nos entreprises, de PME, du commerce et de l’artisanat et plomber la croissance. Elles sont négatives pour l’emploi.fond pour cp

Comment penser renouer avec notre électorat quand le pacte de solidarité, présenté comme la réponse à l’échec des municipales, se traduit par une baisse du niveau de vie des français ?

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15 avril 2014 2 15 /04 /avril /2014 22:34

Cette motion d’ordre préalable aux débats du Conseil national du mardi 15 avril a été déposée pour Maintenant la Gauche, Un Monde d'Avance et des camarades de la motion 4 par Patrick Ardouin, Marie Bidaud, Guillaume Balas, Gérard Filoche, Olivier Girardin, Jérôme Guedj, Frédéric Lutaud, Emmanuel Maurel et Barbara Romagnan.

Présentée notamment à la tribune par Jérôme Guedj, ce texte demandant un vote rapide et ouvert des militants socialistes pour leur premier secrétaire a obtenu au CN 54 voix en sa faveur, 131 contre et 4 abstentions.

BlRgVs6IcAAXyhx.jpgPlus que la défaite aux élections municipales, cest son ampleur qui exige une prise de conscience et une réaction de notre parti.

Nous avons connu par le passé des moments d’alternance politique douloureux mais il s’agit aujourd’hui d’une défaite sans précédent, nos bases historiques et politiques que sont nos communes viennent de tomber.

Les Français nous somment de réagir. L’abstention massive de notre électorat comme la montée de l’extrême droite sont l’expression de la déception et de la colère de nos concitoyens. La crise, les Français la vivent au quotidien, et ce n’est pas un manque de pédagogie ou de communication sur nos réformes qui ont engendré de tels scores. Les français, à travers leurs votes, ont exprimé un décalage profond entre la  politique gouvernementale et ce pour quoi ils avaient voté en 2012.

Le Parti socialiste, ses élus, ses représentants ont été sanctionnés. C’est en cela que la défaite est collective. Il nous revient alors, en toute lucidité, de débattre de nos orientations politiques ; sinon à quoi servirait un parti politique ?

Il faut malgré tout se relever et pour cela reconnaître que le Parti socialiste n’a pas su entendre alerter, proposer, exister tout simplement depuis deux ans que nous sommes aux responsabilités.

Il nous faut recréer un dialogue entre lExécutif, le Parlement et le Parti, en respectant les prérogatives de chacun mais en n’ignorant pas leurs fonctions respectives. Nul autre que les adhérentes et les adhérents ne peuvent décider de l’orientation et de celles et ceux qui l’incarnent !

La question «à quoi sert le PS aujourd’hui ?» doit maintenant être posée collectivement.

Il revient aux militants et à eux seuls de dire la suite.

Aussi vu la gravité de la situation deux exigences immédiates s’imposent :

  • Ne pas avaliser un changement de premier secrétaire sans que les militants aient pu en décider ce qui suppose qu’ils puissent voter  entre des candidatures alternatives claires.
  • Engager une procédure permettant aux militants d’intervenir sur le fond de la ligne politique, sur le fonctionnement démocratique et pluraliste, comme sur le rôle du parti socialiste et de ses adhérents.

Soyons clairs il ne suffit pas de donner la parole aux militants mais de leur rendre le pouvoir.

Nous demandons donc la mise en place dune direction collégiale chargée d’organiser des États généraux des socialistes avec la remontée de cahiers de doléances et propositions d’ici la rentrée puis à lautomne un congrès. Aujourd’hui notre parti a moins besoin d’un chef que d’une dynamique collective, moins besoin de mesures bureaucratiques que de changements politiques.

Car au-delà du PS, c’est l’avenir du pays et de la gauche qui se joue.

Nous devons retrouver le cap du rassemblement des forces de gauche et des écologistes mais pour retrouver ce chemin de l’unité, il est essentiel et primordial que le PS redevienne lui-même, un parti socialiste, capable de porter l’espérance des classes moyennes, des couches populaires et d’être au cœur du peuple de gauche.

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14 avril 2014 1 14 /04 /avril /2014 16:47

nouveau-logo-psChères et chers camarades,

Au lendemain de la défaite historique du PS aux dernières élections municipales, il nous paraît essentiel d’analyser lucidement la situation et d’en tirer de fortes conséquences. Il en va de l’avenir de la gauche, de celui de notre parti et, avant tout, de la crédibilité même du projet que nous avons présenté aux Français il y a 2 ans.

Si le Parti socialiste a traversé bien des crises dans le passé, sa situation est extrêmement préoccupante aujourd’hui, parce que, cette fois-ci, il se trouve  confronté simultanément à trois crises :

- une crise électorale exceptionnelle, avec la perte de 10 villes de plus de 100 000 habitants et d’un tiers des villes de plus de 10 000 habitants, qui s’accompagne d’un début d’implantation du FN dans la gestion communale. Par ailleurs, l’éloignement des urnes atteint des sommets, avec près de 40% de Français qui se sont abstenus ou ont voté blanc ou nul. Quant aux perspectives des prochaines élections (européennes, sénatoriales, régionales, départementales), elles sont, de l’avis général, assez sombres.

- une crise de fonctionnement qui se prolonge, avec une évaporation des militants, de moins en moins nombreux, de plus en plus démotivés et de moins en moins formés, sans parler d’une procédure de désignation des dirigeants qui abaisse le rôle des militants.

- une crise existentielle que l’on n’ose pas aborder de face, parce qu’elle conduit à poser la question dérangeante : à quoi sert le PS aujourd’hui ?

Cette dernière question résume bien la somme des interrogations à laquelle nous devons répondre aujourd’hui, si nous ne voulons pas connaître à nouveau les grands échecs du passé (1969, 1993, 2002). Il ne faut pas oublier non plus que les grands partis ne sont pas éternels : à gauche, les exemples du délitement du parti radical et du parti communiste sont là pour nous le rappeler.

La crise existentielle est accentuée par le poids du fonctionnement quasi régalien de la Vème République, que les socialistes n’ont pas réduit, malgré leurs déclarations (quand ils ne l’ont pas accentué, comme en 2000, avec l’instauration du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral). Les dernières décisions pilotées par l’Elysée en sont une nouvelle preuve éclatante.

La question « à quoi sert le PS aujourd’hui ? » doit maintenant être posée collectivement. L’objectif de ce travail sera de définir, sans se limiter à des formules incantatoires, le rôle du PS et les moyens qu’il doit se donner s’il veut être un acteur de ce changement tant annoncé et non le spectateur passif et désolé d’un scène où il n’a pas sa place.

Nous ne pouvons pas rester insensibles à l’interpellation de ces militants qui nous quittent en reprochant au PS de ne pas être un « outil de transformation de la société » et qui ne comprennent pas comment nous pouvons accepter sans trop réagir les changements de position sur des dossiers emblématiques (Europe, austérité,…).

La gravité de la situation exige que la parole soit donnée aux militants, ce qui sera la première étape pour leur rendre le pouvoir. Ils doivent intervenir à la fois sur le fond de la ligne politique, sur le fonctionnement démocratique et pluraliste de leur parti, ainsi que sur son rôle.

logo MLG 2C’est pourquoi nous proposons la mise en place d’une direction collégiale, car il serait impensable qu’un changement de premier secrétaire se fasse sans que les militants aient pu en décider, ce qui suppose qu’ils puissent voter entre des candidatures alternatives claires.

Cette direction collégiale serait chargée d’organiser rapidement des Etats généraux  des socialistes, qui se saisiraient d’ici la rentrée des « cahiers de doléances et de propositions » transmis par les militants. A l’automne, un congrès viendrait conclure ce processus.

Au-delà de l’avenir du PS, c’est celui du pays et de la gauche qui se joue, car il faudra aussi trouver les voies de l’indispensable rassemblement des forces de gauche et des écologistes. Pour cela, il est essentiel et primordial que le PS redevienne ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un parti socialiste au cœur du peuple de gauche, capable de porter l’espérance des couches populaires.

Pour Maintenant la Gauche

Emmanuel Maurel Marie-Noëlle Lienemann Jérôme Guedj

Paul Quilès, ancien ministre, et les membres du Bureau national du PS : Julien Dray, Anne Ferreira, Gérard Filoche, Marianne Louis, Jonathan Munoz, Jean-François Thomas

Emmanuel-Maurel-Jerome-Guedj-et-Marie-Noelle-Lienemann-lors

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 15:24

Pourquoi je me suis abstenu lors du vote de confiance au Gouvernement.

C'est la conjonction de plusieurs réflexions.

526x297-upg.jpgLa première, c'est l'analyse de la situation qui a précédé et permis l'élection de François Hollande à la Présidence de la République. Le terreau d'un défaite de Nicolas Sarkozy était palpable, au delà du bashing médiatique, dans nos échanges avec les citoyens. L'épisode DSK a conforté le rejet du Président sortant et l'émergence définitive d'un homme simple, déterminé et préparé pour relever le défi de la Gauche de gouvernement. La réussite des primaires, leur modernisme ont étouffé les divergences au sein du PS au bénéfice du mano a mano Gauche-droite qui s'annonçait. Il y avait dans nos sections une ferveur qui écartait presque mécaniquement le spectre d'une éventuelle défaite. L'aspiration à tourner la page était partout présente. La conjonction de notre candidat à son meilleur et la vigueur des mollets militants ont fait (de peu) la différence.

 Cette victoire attendue de François Hollande appartient donc à nos militants, au cercle large de nos sympathisants, aux différentes familles de la Gauche, et plus largement à celles et ceux qui ont affirmé leur volonté de changement dans les urnes. Nos victoires législatives, souvent dans des circonscriptions difficilement gagnables, la mienne en fait partie, nous ont offert la majorité absolue à l'Assemblée Nationale, une situation confortable à haut risque.

Rappeler ces évidences permet de mesurer le niveau du retournement démocratique vécu douloureusement par notre famille politique les 23 et 30 mars. J'en tire une première conclusion, ne jamais oublier les origines du pouvoir qui nous est confié le temps d'une mandature.

La seconde me vient de notre exercice de ce pouvoir, fondu dans le moule de la Vème République, jusqu'à notre parti maladroitement aligné et totalement absent du débat politique. Dans le groupe SRC, si l'ambiance est bonne, le temps du débat sur les grands enjeux est souvent réduit avec comme épine dorsale d'un discours globalisant, un soutien sans faille au Gouvernement. Notre marge de manoeuvre est faible, nos alertes, nos inquiétudes, nos désaccords peu audibles.

Le fait majoritaire est une réalité qui s'impose à l'ensemble des camarades, et mon vote n'a jamais fait défaut (j'assume mes votes sur l'ANI et la réforme des retraites par exemple puisqu'ils ont fait polémique et m'ont été reprochés) sauf sur le TSCG, car la question européenne reste au coeur de nos combats contre la doxa libérale de la commission.

La troisième a pris naissance avec l'affirmation d'une politique économique et fiscale discutable à plusieurs titres. L'absence de la nécessaire réforme fiscale outil de justice sociale, la déclaration mortifère du ras le bol fiscal, la contraction du pouvoir d'achat qui ne semble avoir été ni anticipée, ni maitrisée et enfin des annonces d'aides aux entreprises sans ciblage ni contreparties réelles. Et cerise sur la gateau, 50 milliards d'économie dont près de la moitié sur la protection sociale ce qui n'a fait que nourrir mes doutes et mon inquiétude.

Fallait-il en ma qualité de député de la majorité aller jusqu'à un vote d'alerte vis à vis du Gouvernement ? J'ai participé dès le début à un mouvement de députés socialistes qui a agrégé une petite centaine centaine d'entre nous appelant à un "contrat de majorité" et à un parlement co-constructeur de la politique menée. Notre initiative n'était pas une défiance vis à vis du nouveau Premier Ministre et de son Gouvernement et s'interdisait de nourrir tout risque, fusse-t-il microscopique, de censure. Et si notre prise de parole heurte la pratique de la Vème, il était inconcevable de rester muets après la déroute électorale. La traduction dans les votes s'est partagée entre un soutien très majoritaire mais sans blang seing, et une abstention lucide.

Nous souhaitons tous, au delà de notre vote, la réussite de la Gauche au pouvoir, raison pour laquelle nous voulons la réorientation de la politique européennee, la relance par l'investissement ciblé, davantage de pouvoir d'achat et pas sa contraction. La nécessité de contenir la dette puis de la réduire, de faire des efforts pour mieux de dépenses d'État, des collectivités et de la sécurité sociale, l'obligation de réformes structurelles et d'une simplification, aucun de ces chantiers ne nous est étranger, mais nous divergeons sur les moyens et la temporalité. L'austérité avec le risque d'une déflation que beaucoup d'écomistes nous prédisent, ne peut pas s'inscrire sur la feuille de route d'une Gauche de Gouvernement. C'est pourquoi nos débats doivent être nourris et loyaux sur le contenu du pacte de responsabilité comme sur les projets de loi de Finances qui viennent.

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 20:45

Retrouvez la tribune d’Emmanuel Maurel parue dans le magazine Marianne sorti le Vendredi 11 avril 2014

marianne-logo1.gifDans son dernier éditorial, M. Julliard convoque Lewis Carroll et le Père Noël (excusez du peu !) pour moquer une formule utilisée par moi le soir du second tour des élections municipales. A l’encontre des apparences, je prétendais en effet que ce scrutin témoignait d’un «indéniable besoin de gauche».

«La France vote à droite», rétorque M. Julliard.  A un homme de lettres, je demande de m’excuser par avance d’opposer le triste prosaïsme des chiffres.

Entre 2008 et 2014, la droite n’a pas progressé en nombre de suffrages exprimés. En pourcentage, elle passe de 45,3% à 45,9%. A contrario, la gauche, elle, s’effondre : elle réalise 43,8% des voix en 2014 là où elle en totalisait 50,9% en 2008. Le différentiel de participation est également frappant : là où François Hollande rassemblait plus de 60% des suffrages exprimés le 6 mai 2012, l’abstention atteint 43,1% ; là où il en recueillait moins de 50%, l’abstention n’est plus que de 38,6%.

La droite ne s’est pas plus mobilisée que d’habitude, ce sont les électeurs de gauche, et singulièrement les socialistes, qui ont boudé les urnes. Il n’y a pas de vague bleue. Il y a une énorme vague blanche, nourrie par la déception, l’impatience, parfois même la colère. A défaut d’un «besoin», cette abstention-sanction de gauche témoigne bien, et même M. Julliard n’en disconviendra pas, d’un «manque». Oui, la gauche manque à une partie de nos électeurs qui se sont reconnus dans le message de la campagne de 2012, et qui ne se retrouvent pas toujours dans une politique qui trop souvent s’en éloigne.

1390661 10201999010448869 1924398699 nMais le reste de la gauche ne profite pas de la déroute du PS, observe finement l’éditorialiste. Ça se discute. Certes, EELV et le Parti communiste ne font pas des percées spectaculaires. Mais ils résistent relativement mieux que les socialistes. Bien entendu, il n’y a pas de principe des vases communicants entre les forces.  Pour mieux étayer son implacable démonstration, M. Julliard fait mine de s’en étonner. C’est oublier que c’est le cas… depuis plus de trente ans ! Pour nos électeurs, même diverse, la gauche est une. Quand le PS défaille, le reste de la gauche en pâtit.

De ces constats, je tirai le soir du second tour des municipales une conclusion : il faut mener une politique plus équilibrée (qui privilégie la relance de l’activité économique à la baisse des dépenses publiques, qui cesse de résumer la question de la compétitivité au seul «coût du travail», et qui fasse de la réorientation de la construction européenne une priorité absolue), soutenue par une majorité plus large (qui rassemble les forces qui ont épaulé François Hollande en mai 2012).

Pour le reste, je fais évidemment mienne l’interprétation «non politicienne» de Jacques Julliard. Le scrutin de dimanche révèle une colère grandissante devant l’apparente impuissance des hommes politiques à peser sur le cours des choses, à maîtriser un monde où l’argent est la mesure de tout. Quand les dirigeants semblent redouter la pression des marchés financiers plutôt que la colère des peuples, comment leur donner tort ?

Mais, de ce constat lucide, M. Julliard tire une conclusion surprenante : «Même de gauche, les électeurs ne croient pas à l’autre politique». Ainsi donc, les électeurs sanctionneraient une ligne qu’ils considèreraient pourtant comme la seule possible ? Cela ne tient pas. Pour une raison simple. Le peuple, dans sa grande sagesse, n’a jamais cru que la politique se réduisait à un choix entre deux seules options : celle des raisonnables (il fut un temps où ils s’enorgueillissaient d’appartenir à un «cercle») et celle des irréalistes (tous les «autres»). Il y a une multitude de politiques possibles. Il y a des dizaines de choix. A commencer par celui de changer de cap quand les résultats ne sont pas au rendez-vous.

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 18:42

Arthur Nazaret - Le Journal du Dimanche - mercredi 9 avril 2014

Alors que mercredi dans la journée, Harlem Désir s’est vu propulsé secrétaire d’Etat aux Affaires européennes pour mieux libérer son poste à la tête du PS, la manoeuvre ne passe pas du tout à la gauche du parti. L'exécutif a laissé à Harlem Désir le soin d'officialiser le passage de témoin avec Jean-Christophe Cambadélis. Marie-Noëlle Lienemann dénonce un "coup d’Etat permanent".

Jean-Christophe-Cambadelis-Harlem-Desir.jpgLe petit rayon de soleil n’adoucit pas Marie-Noëlle Lienemann. Devant le siège du PS, alors qu’un big bang se prépare en ce doux mercredi d'avril - (Cambadélis doit remplacer Harlem Désir "promu" secrétaire d’Etat) - la sénatrice de l’aile gauche est en colère. Et la voilà qui, paraphrasant Mitterrand, dénonce "un coup d’Etat permanent". Avant de s’en prendre "aux combines d’appareil".

MNL_BFMTV_09-04-2014.jpgArrive tout sourire Carlos Da Silva, un proche de Manuel Valls. Passant devant Lienemann, il balance goguenard et assez fort pour que la presse puisse l’entendre : "Elle est encore au PS ?" Réponse de la sénatrice : "Pour plus longtemps que toi mon pauvre ami. Moi, je n’ai jamais perdu mes élections."

"Une seule personne décide de tout"

Bref, avant le Bureau national du PS, l’ambiance est aux petits meurtres entre camarades. Le chassé-croisé, sans consultation des militants, n’est pas du goût de tous. "J’aime être sûr que ce qui se passe au PS soit décidé au PS", s’étrangle Guillaume Balas, le chef du courant de Benoît Hamon, nommé ministre de l'Education nationale. Alors qu’on donne Vincent Peillon potentiellement tête de liste en Ile-de-France pour les européennes, Guillaume Balas qui figure en n°3 sur la liste, enrage : "Personne ne m’a appelé. Je suis dans un parti politique, pas dans une officine de communication." Camarade de courant, Pouria Amirshahi enfonce le clou : "Je ne veux pas d’un arrangement sur un coin de table." Ce qu’un de leur proche résume : "C’est une seule personne qui est en train de décider de tout", se lamente-t-il en pensant à François Hollande. "Il faut que les militants puissent se prononcer", demande Jérôme Guedj, l’un des leaders de l’aile gauche, rejoint en cela par Marie-Noëlle Lienemann qui veut ce vote avant l'été. 

Harlem Désir parti, que va-t-il se passer ? "Il faut appliquer les statuts", tente un membre du Bureau national. Mais dans ce cas, que disent-ils ? "Là, je ne sais pas mais il faut les appliquer. C’est une bonne réponse, non ?", sourit-il avant de tourner les talons. "Il faut un vote au Bureau national puis un vote au Conseil national pour installer un premier secrétaire par intérim", croit savoir une autre. L'exécutif qui a mené l'opération de bout en bout a eu la délicatesse de laisser à Harlem Désir le soin d'officialiser le passage de témoin avec Jean-Christophe Cambadélis. Au delà des questions de procédures et de légalité - qui ont tout de même leur importance - le PS vient de s’offrir une petite crise de nerfs, avec une aile gauche plus remuante que jamais. 

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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 18:33

mercredi 9 avril - BFM TV

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