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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 21:29
Effectuer un tournant vers la gauche semble une priorité pour les eurodéputés socialistes
La délégation socialiste d'eurodéputés veut consulter le reste de la gauche européenne. Comme les nombreux « frondeurs » du PS, elle tente de remettre le cap à gauche.

L’opposition au gouvernement français qui s’est formée au sein même du Parti socialiste a le vent en poupe. Elle pourrait atteindre le Parlement européen. La délégation de 13 eurodéputés socialistes demande au bureau national du PS qui se réunira le 10 juin de se mobiliser via une déclaration proposant une consultation du reste de la gauche européenne.

La délégation a déjà discuté de la présidence de la future Commission européenne. Alors que l’Élysée répète haut et fort que le processus démocratique doit l’emporter, et soutient donc la candidature de Jean-Claude Juncker, les eurodéputés réclament une consultation des autres forces de gauche au Parlement européen afin d’identifier les points d'accord potentiels.

"Le Conseil ne doit pas se comporter en congrès de Vienne"

« Nous avons fait campagne en disant que le parti qui serait majoritaire au Parlement européen deviendrait le président de la Commission. Or le Conseil a désigné Van Rampuy plutôt que Jean-Claude Juncker pour mener des consultations pour former une majorité. Il ne faudrait pas que le Conseil européen se comporte en Congrès de Vienne, parce que dans ce cas il sera responsable du blocage des institutions » prévient Pervenche Berès, présidente de la délégation des socialistes français au Parlement européen.  

Les eurodéputés estiment que le jeu est nettement plus ouvert qu’il n’y parait. D'autant que l’élection provisoire de Martin Schulz à la tête des sociaux-démocrates du Parlement européen, le 18 juin prochain, semble désormais acquise. Or le candidat connaît bien les forces en présence des 28 pays.

Tenter une majorité de gauche au Parlement européen

Certains vont même plus loin, et ne veulent voter pour Jean-Claude Juncker sous aucun prétexte à l’heure actuelle. « Nos électeurs ne comprendraient pas, nous ne pouvons pas négocier directement avec le PPE alors que nous avons fait campagne contre le néo-libéralisme » s’insurge l'eurodéputé Guillaume Balas, qui estime qu’il faut en priorité tenter de former une majorité de gauche au Parlement européen.

Les Verts (52) la gauche radicale (45) et les sociaux-démocrates (190) représentent un total de 287 eurodéputés, soit loin des 376 de majorité absolue qui sont en théorie nécessaire. Mais malgré ses 221 sièges, le Parti populaire européen est très isolé. Le fait que les Vrais finlandais et le parti populaire danois aient rejoint le groupe des Conservateurs et Réformistes européens des Tories britanniques compromet tout accord potentiel avec eux. Les centristes sont également hésitants.

« La réorientation de l’Europe, nous devons tenter de le faire ! Si la gauche n’arrive pas à former une majorité, ce qui est possible, alors je plaiderai pour que nous restions une force d’opposition » avance de son côté Guillaume Balas.

Une position qui tranche nettement avec les petites habitudes de Strasbourg. Le Parti socialiste européen s’est régulièrement, comme lors de la dernière législature, allié à la droite du PPE dans le cadre d’une coalition, en se répartissant ensuite à la fois les postes clés du Parlement européen, comme les commissions, et en divisant même le poste de la présidence du Parlement en deux. C’est ainsi que Martin Schulz l’a eu durant 2,5 ans.

Mais « le monde d’avant est terminé. On ne peut plus rester « entre soi » au Parlement européen. Aujourd’hui nous avons un cinquième des élus qui sont des nationalistes. Ils vont regarder le spectacle, et nous reprocher en permanence de représenter « l’ UMPS ». Ils auront raison ! Pour éviter cela, il faut favoriser un vrai clivage droite-gauche. Quitte à ne pas avoir de majorité de 376 voix au Parlement européen, qui est une règle absurde » estime Guillaume Balas.

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 10:19

audit_dette_publique.jpgCette étude a été réalisée par un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique. Elle se veut une contribution au nécessaire débat public sur des questions cruciales : d’où vient la dette ?

A-t-elle été contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées ? Qui détient ses titres ?

Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appauvrissant les populations ? Les réponses apportées à ces questions détermineront notre avenir.

Ont participé à son élaboration :

  • Michel Husson (Conseil scientifique d’Attac, coordination),
  • Pascal Franchet (CADTM),
  • Robert Joumard (Attac),
  • Evelyne Ngo (Solidaires Finances Publiques),
  • Henri Sterdyniak (Economistes Atterrés),
  • Patrick Saurin (Sud BPCE).

Téléchargez l'audit

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 23:30

INTERVIEW - Emmanuel Maurel, député européen, responsable du courant PS «Maintenant la gauche».
C’est un rescapé. Elu dimanche dans la grande région Ouest, Emmanuel Maurel, l’un des porte-voix de l’aile gauche du Parti socialiste, appelle la gauche à «arrêter d’être obsédée par une logique comptable de l’économie».

Maurel BastamagComment la gauche en est-elle arrivée là ?

J’y vois trois raisons… La première est démocratique. Les gens ont le sentiment que leurs dirigeants n’ont plus aucune prise et qu’ils ont renoncé à changer le monde. Cela touche d’autant plus la gauche qu’elle soulève, à chaque fois qu’elle est élue, un espoir bien plus grand. On attendait François Hollande sur la régulation de la finance et de la mondialisation. Il n’y a pas eu de traduction concrète de ce qu’il avait annoncé dans sa campagne. La deuxième raison réside dans l’indifférenciation droite-gauche qui désoriente l’électorat populaire. La troisième est géographique : le score du Front national augmente à mesure qu’on s’éloigne des centres urbains. Là où le sentiment de relégation est fort, où les gens se sentent délaissés, où les services publics sont absents ou fonctionnent mal. Il faut des politiques publiques différentes… mais cela nécessite de l’argent. Arrêtons d’être obsédés par une logique comptable de l’économie.

C’est-à-dire ?

Il faut tout changer. N’ayons plus les yeux rivés sur nos déficits et le niveau de l’inflation. Prenons des mesures ambitieuses sur le pouvoir d’achat et la relance de notre économie. François Hollande doit également s’attaquer - comme il l’a promis - à la réorientation de l’UE, au refus de cette Europe de la compétition.

Il vous est souvent rétorqué qu’on ne peut dépenser l’argent qu’on n’a pas…

C’est un argument employé pour justifier l’immobilisme. S’endetter, c’est aussi investir et préparer le futur de notre pays ! Je le répète : il faut sortir d’une logique comptable de la politique et de l’économie, avoir une vision dynamique.

A entendre ses responsables, depuis dimanche soir, ce n’est pas le chemin que prend le gouvernement…

On est dans le déni et l’aveuglement. On nous explique qu’il faut continuer comme avant, plus vite, plus fort… Il y a de quoi s’inquiéter, on a tout de même réalisé le plus mauvais score de l’histoire du parti d’Epinay ! Ne pas prendre de réformes radicales, c’est d’une irresponsabilité inquiétante. S’arc-bouter sur des principes comme celui des 3% [de déficit public], cela relève du dogmatisme. Lorsqu’on commence à avoir plus peur des marchés que de la colère du peuple, il ne faut pas s’étonner d’être ensuite sanctionné.

Le problème ne serait qu’économique ?

Il est aussi institutionnel. La Ve République est à bout de souffle. Le seul message envoyé par l’exécutif au législatif est de rester bien sagement debout, le petit doigt sur la couture du pantalon. On ne peut plus fonctionner comme ça. Il faut donner plus de pouvoir au Parlement, laisser plus de libertés au parti majoritaire. Offrir des espaces à la démocratie directe et participative. Et, pour les socialistes, avoir en tête le rassemblement de la gauche.

Comment ?

On ne pourra pas le faire sans changer d’abord d’orientation économique. Et je suis sûr que la majorité des adhérents et sympathisants du Parti socialiste sont eux aussi pour une réorientation de la politique gouvernementale. Il faut qu’ils puissent aujourd’hui s’exprimer.

C’est une manière de réclamer un congrès ?

Au-delà de l’exigence d’un congrès, il faut que les militants aient davantage la parole, qu’ils puissent être acteurs, y compris peser sur les décisions prises par le gouvernement. Qu’ils soient associés à la politique gouvernementale. La force du PS, ce sont ses militants, qui se sont mobilisés et battus durant cette campagne. Il faut les respecter.

Recueilli par Lilian Alemagna

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 14:54

100 PS frondeursLes résultats des élections européennes ont produit un second choc qui ébranle comme jamais notre République, deux mois après la défaite municipale. La gauche au pouvoir, pour reconquérir la confiance et l’adhésion des Français, doit accepter de profondes remises en causes, et agir autrement. Il est temps de retrouver l’esprit et les engagements de 2012, et c’est pourquoi nous proposons une nouvelle politique.

Dès aujourd’hui, nous travaillons à une plate-forme, prolongeant l’appel des Cent, pour contribuer avec d’autres, à sortir de l’impasse. Nous appelons le Président de la République à considérer, enfin, que sa majorité toute entière est disponible pour un dialogue sincère et utile au redressement du pays.

En Europe, la France est plus que jamais porteuse d’un message d’une grande clarté : l’austérité n’est pas une politique acceptable et durable, pour les Français comme pour les autres. L’aveuglement comptable conduit aux dérives des politiques publiques. Dès la prochaine rencontre européenne, nous demandons au Président d’inviter l’Union européenne à réviser le calendrier et le contenu des règles budgétaires qui étouffent la croissance. 3%, programme d’investissements massifs, préservation des dépenses d’avenir : éducation, innovation, recherche. L’Europe ne peut continuer comme avant le 25 mai. Ce fut un « 21 avril » européen.

En France, au Parlement, nous défendrons un projet de relance de l’économie efficace et juste. Représentants du peuple, nous prendrons nos responsabilités.

Nous proposerons et ferons voter les lois indispensables à cette nouvelle étape. A l’heure où la croissance ne repart pas et où toutes les prévisions confirment la hausse du chômage jusqu’à fin 2015, nous défendons :

- Plus de moyens pour une politique économique ciblée, fixant des contreparties en investissements et en emplois à une mobilisation sans précédents des moyens de la puissance publique.

- Plus de pouvoir d’achat par une réforme de justice fiscale, et la progression maintenue des prestations sociales.

- Plus d’ampleur des politiques pour l’accès à l’emploi des jeunes, des chômeurs de longue durée et des seniors

Notre plate-forme proposera de relancer la régulation des activités financières, les investissements publics locaux, la transition écologique et de revitaliser la démocratie et les services publics dans les territoires dont le vote a confirmé hier la conviction d’abandon.

Face à l’extrême-droite qui s’enracine, et à l’Ump qui a facilité sa progression, nous voulons redonner de l’espoir. Nous avons trois ans pour démontrer que la gauche française sait collectivement se hisser à la hauteur de cet enjeu historique.

Pouria Amirshahi, Laurent Baumel, Jean-Marc Germain, Jérôme Guedj et Christian Paul
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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 14:00
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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 13:48
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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 07:00

logo_MLG_95.jpg

Chers Amis, Chers Camarades,

Maintenant la Gauche s'est réunie en Assemblée générale régionale le 29 avril dernier, nous vous proposons de nous retrouver dans le Val-d'Oise en Assemblée Générale de la motion 3 le

Mardi 27 mai 2014
à 20h30
Salle du Conseil
Hôtel de Ville de Gonesse,
66, rue de Paris
(la salle du conseil est située derrière l'Hôtel de Ville – invitation et plan à télécharger ici)

Voici les points qui seront abordés dans l'ordre du jour en présence de notre camarade Emmanuel Maurel :

  •     bilans des scrutins municipaux et européens ;
  •     situation politique nationale et fédérale ;
  •     actions et initiatives du courant et de nos partenaires ;
  •     projet départemental du PS ?
  •     questions diverses.

reustmalo-700x300.jpgD'ici n'hésitez pas à vous mobiliser avec détermination pour la dernière ligne droite de la campagne des élections européennes, la place de premier groupe au Parlement européen se joue à quelques sièges près.

Comptant sur votre présence nombreuse,   
Amitiés socialistes,   
Frédéric FARAVEL   
Mandataire fédéral de la motion 3

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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 22:19

Les résultats des élections européennes en France constituent une alerte majeure pour les dirigeants de notre pays et de l’UE, ainsi que pour les responsables politiques.

Une alerte démocratique.
Le décrochage démocratique perdure, témoignant moins d’un désintérêt de nos compatriotes que d’une perception d’impuissance à peser sur les choix européens et les orientations politiques françaises et à faire prendre en compte leurs attentes, leurs besoins et une vision d’avenir pour leurs enfants.
Même si le taux d’abstention est en légère réduction, il demeure très préoccupant dans les quartiers populaires et massif au sein de l’électorat de gauche.

Une alerte politique.
Nul ne peut sous estimer la gravité de voir pour la première fois de notre histoire le FN en tête d’une élection dans notre pays. Cette situation exige des changements majeurs tant au niveau gouvernemental qu’au sein des partis politiques.
Le score historique du Front national met chacun devant ses responsabilités.
Les mauvais résultats du PS confirment une défiance persistante, voire accrue, à l’égard de la majorité gouvernementale. Les bonnes réponses aux avertissements lancés par les Français lors des municipales ne semblent pas avoir été apportées..
Depuis de longues années, le Parti Socialiste n’a pas su résorber la fracture entre ses dirigeants et ses électeurs comme avec le peuple de gauche sur la question de la construction européenne. La non tenue par François Hollande de ses engagements sur la réorientation de l’Europe a accru le désarroi de nos concitoyens, qui refusent la politique d’austérité et de concurrence généralisée.

Aujourd’hui, c’est toute la gauche qui est percutée par l’ampleur de la crise. C’est pourquoi le rassemblement des forces de gauche s’impose, autour d’objectifs concrets inversant rapidement les priorités et engageant le redressement du pays dans la justice.
Le PS, premier parti de la gauche, a une responsabilité particulière pour retrouver son rôle moteur dans ce rassemblement. Ses militants doivent pouvoir rapidement prendre la parole.

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 18:39

PAR STÉPHANE ALLIÈS - ARTICLE PUBLIÉ PAR MEDIAPART LE JEUDI 22 MAI 2014

Comment, sur le terrain, les socialistes parviennent-ils à mettre en musique le discours anti-austérité de Martin Schulz et la politique de François Hollande ? Esquisse de réponse à La Flèche (Sarthe), où les candidats Emmanuel Maurel, figure de l'aile gauche du PS, et Christophe Rouillon, « fabiusien réaliste », affichent leur « complémentarité ».

La Flèche, de notre envoyé spécial.

Maurel_marche_La_Fleche.pngDepuis trois semaines, la campagne des européennes offre le visage d’un PS tiraillé entre son discours au pouvoir et son discours sur les estrades. Et si elles paraissent surmontées, les contradictions des socialistes se réveillent parfois, sur la forme comme sur le fond.

Sur la forme, comme quand Manuel Valls doit supporter la perfidie d’une Martine Aubry qui, au terme d’un meeting à Lille, fait jouer «une vraie chanson de gauche» (Le chiffon rouge de Michel Fugain) quand celui-ci s’attendait à La Marseillaise (voir ici la vidéo). Ou sur le fond, comme quand Pervenche Bérès plaide en meeting à Évry contre la règle des 3% de déficit public des États-membres, face à un Manuel Valls ne cessant de les réaffirmer. Ou encore quand Martin Schulz fixe des lignes rouges à la négociation du traité transatlantique, loin de la volonté énoncée par Hollande en février de le signer «au plus vite».

Pris dans ce grand écart permanent, comment le PS fait-il campagne, sur le terrain ? Mediapart est allé s’en rendre compte dans le sud de la Sarthe, au coeur d’une circonscription Grand Ouest, qui lui a apporté l’un de ses moins mauvais scores lors des dernières européennes en 2008 (17,3%). À l’ombre d’un Martin Schulz, chef de file des socialistes européens, largement mis en avant et occupant médias, meetings et rencontre avec les ouvriers (lire ici), comment le PS gère-t-il sa double ambivalence, celle de militants et candidats, soutiens et critiques de l’action gouvernementale, faisant campagne contre une austérité que le pouvoir socialiste met en oeuvre ?

À La Flèche, à mi-chemin entre Le Mans et Angers, on retrouve un duo emblématique de cet équilibre fragile. Deux quadras, Christophe Rouillon (47 ans) et Emmanuel Maurel (41 ans). Le premier est un fabiusien réaliste, soutien inébranlable du pouvoir, maire réélu de Coulaines (Sarthe) et membre du comité des régions européennes. Il espérait être premier homme sur la liste, et donc éligible derrière la sortante Isabelle Thomas. Mais le second lui a grillé la politesse, un peu par hasard, au gré des aléas d’une nuit de négociations dans les arcanes de Solférino, dont seul le PS a le secret (lire ici).

Trouver une place à Maurel en tant que chef de file du courant de l’aile gauche PS, ayant réalisé un score surprise (28%) face à Harlem Désir en 2012, ne s’est pas fait sans mal. Son implantation dans la région Ouest (après avoir espéré être un temps tête de liste dans le Sud-Ouest, puis le Centre) s’est heurtée à un refus militant massif dans les fédérations du Finistère et des Côtes-d’Armor. Jugé trop parisien et trop à gauche, deux gros défauts dans le contexte de la colère fiscale d’une partie des bonnets rouges.

Dans la Sarthe aussi, la fédération de Christophe Rouillon, le vote contre Emmanuel Maurel a été massif. Mais au total des votes de l’eurorégion (Bretagne, Pays de la Loire et Poitou-Charentes), sa candidature a finalement été validée.

Désormais, s’ils ne seront pas les meilleurs amis du monde, l’entente est cordiale. Les deux hommes se retrouvent un midi à l’ombre d’un moulin à aube sur les bords du Loir, pour casse-croûter avant d’aller visiter une PME commercialisant des vélos électriques.

«On s’est réparti les rôles et les territoires», explique Maurel, que l’on dit «persona non grata en Bretagne», du fait de la rancoeur militante locale. Ce qu’il réfute au milieu d’une distribution de tracts sur l’important marché de La Flèche. «La semaine dernière, j’étais à Saint-Malo», dit-il, en donnant des gages localistes à ceux qui lui reprochent un parachutage. Vice-président de la région Île-de-France, il dit avoir quitté son Val-d'Oise pour se baser à Nantes le temps de la campagne, et aller «depuis toujours» en vacances dans les Pays de la Loire.

Ancien de Sciences-Po et diplômé en lettres modernes, Emmanuel Maurel assume un socialisme à l’ancienne, davantage branché par le social et l’emploi que par le sociétal et les minorités ou les questions de genre.

Il semble intarissable sur le sujet agricole, et nous apprend même qu’«appeler une vache par son prénom améliore la “tartinabilité” du beurre».

«C’est paradoxal au vu du climat politique, mais la campagne est très sympa, explique cet ancien proche du ministre Jean Poperen. Les militants ont envie d’en découdre, notamment dans les villes qui ont connu des défaites aux municipales». Ici à La Flèche, beaucoup de gens ne sont pas au courant quand on leur tend un tract. Les militants sur place le confirment en soupirant : «On passe notre temps à informer qu’il y a un vote.» Mais Emmanuel Maurel veut y croire. «On parle beaucoup du prix de l’euro, et de sa nécessaire dévaluation, assure-t-il. C’est le vrai problème pour tous les agriculteurs ou les entrepreneurs que l’on rencontre, bien plus que les travailleurs détachés. Sans cette directive, ce serait une vraie jungle…»

Retrouver l'électorat de la primaire

Déprimé par le contexte national, Maurel se revigore sur le terrain. Il a mis son animation nationale de l’aile gauche en “stand-by” depuis le débat sur le plan d’austérité. Même s’il profite de la campagne pour rencontrer un grand nombre de militants. Tout en achetant un miel aux vertus miraculeuses («ça fait gagner les élections ?»), il évoque une campagne qu’il semble affectionner, chaque jour dans un endroit différent. Petites réunions publiques et rencontre avec des représentants de la société civile de gauche, syndicalistes, petits patrons de PME ou associations type Ligue des droits de l'Homme ou Ligue de l'enseignement

À travers ces choix, il y a un objectif électoral assumé : «Si on parvient à retrouver les 2 à 3 millions qui ont voté pour nous à la primaire présidentielle, les militants et les sympathisants socialistes, on peut faire un score respectable – compte-tenu de l’abstention – et participer à une alternance en Europe.» Quand on lui objecte que la dynamique de mobilisation n’est pas franchement la même, au sortir d’élections municipales catastrophiques, il rétorque : «Je pense que ce message a été entendu par le parti, quand même.» Mais admet, aussi : «Bon d’accord, il ne l’a peut-être pas été par François Hollande…»

Avant d’aller organiser une conférence de presse et un meeting avec Élisabeth Guigou, Christophe Rouillon laisse poindre davantage d’optimisme. «Les européennes, c’est quand même plus simple pour nous, lâche-t-il. Là où il faut faire de la triangulation aux municipales, on revient ici aux valeurs, aux bases du clivage gauche/droite.» Pour sa part, il assume une stratégie électorale ignorant les concurrences à gauche, préférant défendre une vision tripartite de l’enjeu électoral. À ses yeux, seul le PS peut endiguer le Front national et l'UMP : «On joue sur la conscientisation et la culpabilisation de notre électorat : “Si vous ne votez pas, le FN sera devant et l'Europe restera conservatrice.” Faudra pas se plaindre après !»

Rouillon l'assure, «on est dans une région très pro-européenne, alors il faut parler concret», et surtout argumenter contre le FN. Il décline : «Aux agriculteurs, on explique qu’avec le FN, les crédits de la PAC seront en baisse. Aux jeunes, on parle des rétablissement des visas que l’extrême droite propose, aux vieux de l’Europe de la paix face au retour aux frontières. Avec l’Ukraine, c’est un message pas si éculé.» Rouillon est garant de la cause pro-européenne, presque a-critique. «L’Europe ne peut pas être un défouloir, martèle-t-il. Il faut arrêter de croire que le chômage se réglera au niveau hexagonal, ou dire que tout se réglera d’un coup. Il faut expliquer que c’est une avancée pas à pas.» Il dit miser beaucoup sur Schulz, et espère qu’il sera «la figure européenne qui manque à la social-démocratie en crise».

Pour le coup, Emmanuel Maurel partage ce point de vue : «Sa campagne et son programme me vont très bien. Il dit ce que je dis depuis deux ans en France.» «L’idéal serait qu’il fasse alliance sur sa gauche, et il commence à le dire publiquement, renchérit-il. Cette logique est la même que ce que je dis au PS…» Il s’accroche à cette perspective, même si l’accord de majorité a beaucoup plus de chances de réunir à nouveau le PSE avec les conservateurs du PPE, voire les libéraux de l’ADLE. Qu’importe, Maurel a envie d’y croire.

«Il y a quand même une différence entre la discipline budgétaire et l’austérité»

Cette ambivalence ne vire-t-elle pas à la schizophrénie, à force de faire campagne sur le terrain en prônant le refus de l’austérité, tout en appartenant au parti qui la met en oeuvre en France ? Christophe Rouillon ne le pense pas. «Il y a quand même une différence entre la discipline budgétaire et l’austérité, dit-il, même si elle est dans l’épaisseur du trait. Avec nous, c’est une rigueur sans sacrifices insupportables.»

À ses yeux, «la relance ne peut pas se faire tout seul en France, sinon on est cuit, mais au niveau européen». Et si Manuel Valls s’est engagé à respecter les 3% de déficit, «il demande dans le même temps un changement de politique monétaire», tranche-t-il.

Pour Emmanuel Maurel, la défense est plus aisée : «Il n’y a aucune schizophrénie chez moi : je suis contre l’austérité en France ET en Europe, et je ne cesse de le dire. Être dans l’aile gauche du PS n’est pas un désavantage dans cette campagne

Les deux candidats veulent convaincre de leur complémentarité. À l’épreuve face au chef d’entreprise rencontré de concert, on peut juger le tandem opérationnel. Les réactions sont rarement les mêmes, face au propos du petit patron. Quand Rouillon approuve les demandes de simplification de la réglementation, s’interroge sur les commandes auprès des collectivités locales et opine à l’évocation des critiques de l’entrepreneur sur le poids des normes de sécurité européennes, Maurel ne dit mot.

En revanche, il tique quand le petit patron cause production des pièces en Chine et coût de la maind’oeuvre, alors que son camarade écoute attentivement. Parfois, le naturel "aile gauche" de Maurel refait surface. Comme quand il s’insurge illico en entendant que «le vrai problème, c’est le droit du travail», «la difficulté à licencier» et «les condamnations au prudhommes». «Attendez, les prudhommes, c’est pas l’Union soviétique, coupe-t-il net. C’est quand même normal que ce ne soit pas anodin de virer des gens. Ça se saurait si les salariés dictaient leurs lois aux patrons dans ce pays…»

Puis, Maurel se fait taquin :

«Et sinon, vous touchez le CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) ?
— Oui mais au risque de vous choquer, ce n’est pas ça qui va me faire embaucher.
— Vous ne me choquez pas du tout, au contraire. En tout cas moins que mon co-listier. Pourquoi ?
— Je ne sais pas si ça va pas être retiré, et de toute façon je n’embauche que quand j’ai du travail…
— L’important, c’est le carnet de commandes, en somme ?
— Voilà !»

Fier de son effet, visiblement rodé avec d’autres petits patrons rencontrés auparavant, Maurel conforte sa croyance en une politique de relance et d’investissement, et son rejet du socialisme de l’offre. «Je n’ai jamais caché ni mes opinions ni mes mécontentements, dit-il, mais je suis loyal et je reste attaché à l’intérêt de mon parti

C’est d’ailleurs en vertu de cet attachement au PS que Maurel affiche son aisance sur l’épineux sujet de l’accord transatlantique de libre échange Etats-Unis/Europe : «Je vous rappelle que lors de la convention Europe du PS, les militants ont voté un amendement sur cette question, à 80%, pour suspendre les négociations» (lire ici et ici). Et de se faire bravache : «Si je suis élu, je voterais contre, quoi que les autres disent.» Et de retrouver ses accents de militant inébranlable d’un socialisme historique, refusant de voir le recentrage de son parti, en tout cas se refusant à le juger inéluctable. «Je n’ai pas à quitter mon parti, ce sont eux qui s’éloignent du socialisme», a-t-il ainsi coutume d’expliquer depuis deux ans.

Sur le marché de La Flèche, à une retraitée, comme au chef d’entreprise dans son bureau ensuite, qui lui disent «Je vous dis merde», il a la même réplique automatique, à chaque fois lâchée d’un sourire en coin à la Droopy. «Oui, c’est le mot qui convient.»

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 18:35

vonews.fr - 21/05/2014

En septembre, les maires devront en théorie appliquer la réforme des rythmes scolaires dans leur commune. Pourtant, plusieurs élus valdoisiens ont déjà fait part de leur intention de ne pas appliquer la mesure, au grand dam du député Gérard Sebaoun.

Principale cible de l'élu, le sénateur maire d'Ermont, Hugues Portelli, dont le conseil municipal a annoncé, en avril dernier, la suspension de la réforme. «Le nouveau président de l’Union des Maires du Val d’Oise, Hugues Portelli, par ailleurs sénateur et professeur de droit, semble avoir délibérément choisi la voie de l’illégalité comme de nombreux maires de droite élus ou réélus», tacle Gérard Sebaoun, pour qui «la droite valdoisienne déclare la guerre à la réforme des rythmes scolaires».

Dénonçant une «posture politicienne», il met en avant «de nombreux travaux convergents» et «un consensus des parlementaires de tout bord» sur la question. A quelques mois de la rentrée, le député estime que les maires incriminés «prennent en otage les enfants, les parents et les personnels de l’Education Nationale».

Des réponses claires de l'Etat

Suite aux débats et aux interrogations formulées par les élus sur la réforme, Gérard Sebaoun assure que «le gouvernement a apporté deux réponses claires». «La première avec le financement, tant de l’Etat que de la Caisse des Allocations Familiales, couvrant en moyenne un peu plus de 50% des dépenses nouvelles liées à cette réforme, notamment celles des Temps d’Accueil Pédagogique», précise-t-il. La seconde, «avec le décret Hamon du 8 mai 2014» [qui prévoit un assouplissement de la réforme], ajoute-t-il. «Les communes volontaristes telles Gonesse, Cergy (expérimentation) ou Bessancourt ont ouvert la voie et réussi cette réforme dès 2013».

Le député appelle désormais les maires à saisir l’opportunité du Projet Educatif Territorial (PEDT) «au bénéfice de tous les élèves dans toutes les écoles».

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