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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 16:33

Maintenant la gauche, l'une des deux sensibilités de l'aile gauche du PS, se réunit ce week-end à Bierville (Essonne) pour réclamer une "alternative de gauche", "ici et maintenant", l'un de ses animateurs, Emmanuel Maurel, considérant qu'il y a encore "la possibilité de redresser la barre".

Reprochant à l'exécutif d'"aller dans le mur", le député européen a déploré, mercredi devant la presse, "une forme de défaitisme" à gauche. Mais, selon lui, il est possible "même si nous sommes au milieu du quinquennat, même s'il y a ce bilan calamiteux au bout de deux ans et demi, (...), de redresser la barre".

Un projet de manifeste, dont l'AFP a obtenu une copie, doit être soumis aux militants à Bierville, avançant plusieurs propositions, pour notamment "réguler la finance". Le document préconise ainsi une "seconde loi bancaire" plus audacieuse dans la "séparation entre banque de dépôt et d'investissement", de même qu'un renforcement de l'action de la banque publique d'investissement (BPI). Il souhaite aussi que le gouvernement applique la loi Alur sur le logement.

Le texte appelle également à un "tournant de la relance" autour de trois axes: "La relance de la consommation populaire, la relance par des investissements publics et des grands projets mobilisateurs, une réforme fiscale fondatrice."

"En période de crise, soyons simplement keynésiens, rooseveltiens. Des grands travaux ou de l'investissement. Et la consommation des ménages", a appuyé devant la presse Jérôme Guedj, le président du Conseil général de l'Essonne.

"Le maintien d'une capacité d'investissement est l'un des chevaux de bataille qu'on va mettre sur la table", a-t-il ajouté.
"On ne lâchera pas. Ils (l'exécutif) essayent de démoraliser la base de gauche", a accusé la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann.

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 16:22
  • Par Lefigaro.fr avec AFP - Mis à jour le 01/10/2014 à 15:46 - Publié le 01/10/2014 à 15:43

Une députée socialiste frondeuse, Nathalie Chabanne, a perdu son poste au bureau de la commission de la Défense, lors du renouvellement annuel des instances de l'Assemblée, mercredi, selon une source parlementaire.

Mardi, sept députés PS frondeurs avaient dû quitter la commission dont ils étaient membres, dont cinq celle des Affaires sociales, pour rejoindre une autre qu'ils ne souhaitaient pas, sur décision du président du groupe socialiste, Bruno Le Roux.

Le député européen Emmanuel Maurel, de Maintenant la gauche, l'une des deux sensibilités de l'aile gauche du PS, a ironisé mercredi devant des journalistes sur le "caporalisme un peu nunuche" de Bruno Le Roux, pratiquant une "pu-purge" et un "bonapartisme au petit pied".

"Cela donne bien l'état d'esprit de celles et ceux qui aujourd'hui dirigent et ne supportent pas ceux qui ont envie d'appliquer le programme sur lequel ils ont été élus et qui contestent (la) fuite en avant" de l'exécutif, a-t-il ajouté.

"Non seulement cette politique ne porte pas ses fruits, non seulement elle n'est pas efficace et elle tourne le dos à tout ce que nous avons dit", a-t-il poursuivi.

"Ils ont peur de la confrontation au moment du budget. Ils ont essayé de jouer la carte disciplinaire", a estimé pour sa part la sénatrice socialiste Marie-Noëlle Lienemann.

"Ils (l'exécutif) ont terriblement peur de l'effet de l'élargissement de la contestation. Du coup, ils essayent de la freiner par des méthodes bureaucratiques", a-t-elle ajouté.

Nathalie Chabanne, élue en 2012 députée des Pyrénées-Atlantiques contre François Bayrou, s'était abstenue le 16 octobre lors du vote de confiance au deuxième gouvernement de Manuel Valls.

Alors qu'elle était depuis son élection l'une des quatre secrétaires de la commission de la Défense, elle a été remplacée mardi à ce poste par son collègue du Tarn-et-Garonne, Jacques Moignard, un socialiste qui siège avec les radicaux de gauche au groupe RRDP, car il était le suppléant de la ministre PRG Sylvia Pinel.

Nathalie Chabanne a cependant maintenu sa candidature et a obtenu huit voix au sein de la commission (à bulletins secrets), contre 41 à Jacques Moignard.

En commission des Affaires étrangères, Pouria Amirshahi, membre de l'aile gauche du PS et autre frondeur a aussi quitté son poste de secrétaire, mais volontairement. Il s'agissait, a déclaré à l'AFP ce député des Français de l'étranger, de permettre l'entrée au bureau du communiste Alain Bocquet, et de féminiser cette instance, avec l'élection de l'ancienne ministre Valérie Fourneyron et de l'élue PS du Finistère Chantal Guittet. Cette dernière s'était abstenue comme les frondeurs lors de certains votes, mais elle a voté la confiance le 16 octobre.

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 21:34

Sept députés 'frondeurs' sanctionnés par Bruno Le Roux © Montage MaxPPP

Ce matin, plusieurs députés socialistes dits «frondeurs» ont été exclus autoritairement de la commission des affaires sociales et de la commission des lois de l’Assemblée Nationale et se sont vus affectés à une autre commission.

A l’opposé de toute démarche constructive de nature à faciliter le rassemblement des socialistes, cette décision disciplinaire va à l’encontre de l’écoute nécessaire des députés qui portent encore la lettre et l’esprit des engagements pris devant les Français en 2012.

Vouloir faire taire les voix de ces députés qui, au sein de la commission des affaires sociales, auraient pu, à l’occasion du prochain débat sur le PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale), défendre la nécessité d’une inflexion politique sérieuse ne règlera en rien le problème d’une orientation qui divise. Cette décision est aussi détestable sur la méthode qu’inefficace sur le fond. Nous réaffirmons notre soutien à ces députés qui continuent de porter par leur travail et leurs votes les engagements que nous avons collectivement portés et sur la base desquels ils ont été élus.

Les socialistes contre l'austérité

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 17:20

“Gains” chiffrés liés au TTIP, minerais de sang et matières premières: Emmanuel Maurel  (S&D, FR) échange avec la Commissaire désignée Cecilia Malmström, chargée du Commerce – Commission INTA du Commerce International – 29.09.2014 – Bruxelles.

Emmanuel Maurel : “Oui, Madame la Commissaire désignée, bonjour, ce qui est intéressant dans cette audition c’est que ça nous permet aussi de voir les évolutions possibles par rapport à la Commission précédente, et notamment par rapport à votre prédécesseur, qui a toujours fait preuve sur les questions du libre-échange d’une sorte de candeur un peu échevelée. Je me souviens notamment de la façon dont il défendait les arguments favorables au TTIP en disant: “Mais vous allez voir, à l’horizon 2025, ça va être 300 euros gagnés par européen !”. Et la question que j’ai envie de vous poser personnellement, c’est: est-ce que vous croyez à ce genre de chiffre sorti d’on ne sait où, apparemment les techniciens de la Commission ont beaucoup travaillé pour nous ressortir ça, ça c’est la première question.

Emmanuel_Maurel-audition-PE_Cecilia-Malmström-articleLa deuxième question, je reviens, parce que c’est quelque chose qui nous intéresse nous, groupe Social-Démocrate, sur cette histoire des conflits miniers, qui me paraît très importante [précédemment évoquée par Marie Arena (S&D, BE) sans réponse entièrement satisfaisante]. Vous avez botté en touche en disant: ça vous concerne vous, parlementaire, mais moi j’ai envie de savoir ce que vous vous pensez, est-ce que oui vous pensez qu’il faut imposer des mesures obligatoires aux entreprises européennes non seulement qui importent des minerais bruts, mais aussi à celles qui les commercialisent auprès des consommateurs sous forme de produits finis, est-ce que oui ou non vous êtes d’accord pour étendre à d’autres minerais, vous avez parlé des diamants mais il y a aussi le cuivre, les rubis, on pourra aussi parler à un moment du pétrole, et me lien notamment avec ce qui se passe, l’Etat Islamique en Irak. Bref, c’est quoi vos convictions par rapport à ça, et, ce qui nous intéresse nous, c’est: est-ce que ça va changer par rapport à votre prédécesseur ? Merci.”

© Frédérick Moulin 2014 – EU2014 – Tous droits réservés.

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26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 13:58

air-france-avion-1280x640-reuters.jpgCe projet Transavia Europe ne menaçait pas seulement les pilotes mais bel et bien l’ensemble des personnels, hôtesses stewards et personnels au sol.

Ne laissons pas accréditer l’idée que les menaces du projet «Transavia Europe» toucheraient les seuls pilotes. Non les choix d’Air France où l’État est actionnaire faisaient peser des risques très importants pour l’ensemble des personnels et par ailleurs pour les ressources fiscales de la France.

Ce qui était en cause, était en fait une délocalisation fondée sur le dumping social et fiscal, organisée par une entreprise où l’État est actionnaire.

Le nouveau projet d’Air France comportait plusieurs volets. D’une part, la majorité de l’activité court et moyen-courrier d’Air France devrait basculer vers Transavia France et HOP. En complément, devait être créé Transavia Europe qui devait ouvrir trois bases, à Porto, Lisbonne et Munich, avec à la clé des contrats de travail de droit local. Non seulement c’est inacceptable pour les salaries mais aussi pour l’emploi en France, les recettes fiscales et le financement de notre protection sociale.

Les comptes de la compagnie Air-France se sont essentiellement rétablis par une ponction draconienne sur la masse salariale (5000 emplois supprimés) et aujourd’hui l’entreprise peut avec ces marges dégagées investir 1 Milliard d’Euro dans cette réorganisation. Il serait quand même extravagant que les efforts consentis par les salariés soient utilisés pour détruire encore davantage des emplois et réduire leurs conditions de travail, leur rémunération.

Le secrétaire d’État Alain Vidalies a eu raison de stopper cette délocalisation de pans entiers de l’activité d’Air France.

Désormais, le débat change de nature est se concentre sur l’organisation et la complémentarité entre les activités low-cost (Transavia France/ Hop et Air France). Là la négociation sociale avec l’ensemble des salariés s’impose.

Aujourd’hui, les feux de l’actualité se braquent vers la situation des pilotes, mais il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour deviner que le basculement des vols Air France vers HOP et Transavia va gérer dans toutes les escales et les deux aéroports parisiens des doublons et sureffectifs et le moment venu (la direction d’Air France se garde bien de chiffrer ces réductions d’emplois). Il en va de même, au niveau des stewards et hôtesses avec diminution du nombre de rotations Air-France.

Le PDG d’Air France parle de 1000 emplois crées à Transavia. Il ne dit mot des conséquences au sein de la compagnie mère.

Les salariés ne peuvent être la seule variable d’ajustement des plans de modernisation et de développement des entreprises, le recul social la seule voie de la performance. Les efforts doivent être justement partagés et les gains aussi. Ce n’a pas été le cas dans la période récente, il faut que ça change.

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 14:57

Rythmes scolaires : ne pas s’arrêter en bon chemin! !

Être socialiste, c’est vouloir améliorer la société. Faire en sorte que le monde de demain soit meilleur qu’aujourd’hui.! !
Et en matière d’éducation, nous devons, comme nous l’avons fait pour l’école maternelle et élémentaire, repenser les rythmes auquel nous soumettons nos jeunes concitoyens français.! !
La réforme pour le primaire n’a pas été facile, et pour cause : nous avons en réalité commencé par le plus dur. Nous ne pouvions pas relâcher des élèves entre 3 et 11 ans à la fin du temps scolaire, d’où la mise en place des Activités Pédagogiques Complémentaires.! !
Nous ne devons pas plier sous la difficulté. Le plus dur est fait, nous devons maintenant poursuivre ce que nous avons entamé.! !
La réforme des rythmes scolaires répondait à un but : le décalage entre les rythmes que nous mettons en pratique, et les rythmes chronobiologiques des enfants. Or, s’il est un âge où les rythmes chronologiques sont bouleversés, c’est bien l’adolescence.! !
En effet, pendant l’adolescence, le big bang hormonal fait que les ados ont plus besoin de sommeil, et de manière décalés. Ils se couchent plus tard et se lèvent par conséquent plus tard.
Ce n’est pas, comme nous avons tendance à le percevoir, une rebellion contre les rythmes des adultes ou comme de la fainéantise assumée, mais en réalité, liée à leur sécrétion de mélatonine, l’hormone qui se déclenche en l’absence de lumière, et qui permet l’endormissement. On remarque chez les adolescents que cette hormone se déclenche plus tardivement, ce qui retarde leur endormissement (selon de nombreuses recherches américaines, notamment celles de Mary Carskadon, chercheuse à l’université de Brown, et directrice du Laboratoire du Sommeil et de Chronobiologie du Bradley Hospital). ! !
Dès lors, les rythmes scolaires du secondaire (collège-lycée) ne correspondent pas au rythme biologique des élèves. En tant qu’enseignant du secondaire, je le constate tous les jours : les élèves arrivent à 8h30 encore endormis, et sont complètement épuisés à la fin de la journée, ce qui fait que la dernière heure de cours est en général beaucoup moins efficace qu’elle ne le serait si elle était située à une autre heure de la journée. Et chaque année, je vois de très nombreux élèves en difficultés, voire décrocher, parce que les rythmes scolaires ne leur conviennent pas. En réalité, nous nous épuisons, élèves et enseignants, pendant 6 à 8 semaines, pour profiter de 2 semaines de vacances qui ne suffisent en général pas à récupérer l’énergie dépensée. Nous faisons un sprint, quand nous devrions faire un marathon.! !
Il faut opérer un changement dans ces rythmes scolaires. Certains de nos élèves viennent de très loin, et doivent parfois effectuer une heure, une heure et demie de trajet pour arriver à l’heure à 8h30. Certains doivent donc se lever vers 6h pour pouvoir arriver à temps. Il faut donc supprimer cette première heure, de 8h30 à 9h30. Deux solutions s’offrent alors pour compenser le temps scolaire. La plus pratique : décaler cette heure de 17h30 à 18h30. Les élèves seront moins fatigués à la fin de la journée, car leur cycle de sommeil n’aura pas été interrompu dans sa phase la plus récupératrice. Cependant, on n’allège pas la journée. L’autre solution serait de rogner sur les vacances scolaires d’été. Il y a de la marge sur 2 mois, ôter 2 semaines n’est pas inconcevable, d’autant que les deux mois constituent une durée minimale, quand certaines classes qui n’ont pas d’examens se retrouvent en vacances bien souvent début juin. Cette solution pose néanmoins deux problèmes : d’une part, l’organisation et la correction de ces examens, et d’autre part, nous ferions tomber le tabou que sont les deux mois de vacances d’été, et nous exposerions à une contestation sans doute forte de la part des syndicats lycéens. ! !
Mais la perspective de la difficulté ne doit pas nous faire renoncer. Car en effet, être socialiste réside en cela : peu importe à quel point ça paraît difficile, si cela peut changer pour le mieux la vie de milliers et faciliter la réussite scolaire. Pour une école adaptée aux rythmes de tous !

Jérôme Haine

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 15:46

Par Etienne COLIN, Avocat au Barreau de Paris

(Tribune publiée dans Le Monde Eco & Entreprise et sur lemonde.fr le 18 septembre 2014)

Le gouvernement a annoncé  un prochain « assouplissement » des seuils sociaux dans les entreprises, précisant qu’à défaut d’accord entre organisations patronales et syndicales, un projet de loi serait présenté en ce sens.

En l’état du droit, l’organisation d’élections professionnelles est obligatoire lorsque l’effectif de l’entreprise dépasse certains seuils : 11 salariés pour la mise en place de délégués du personnel, 50 pour celle du comité d’entreprise et du CHSCT. Diverses obligations patronales dépendent également de l’effectif de l’entreprise, telles que la participation à l’effort de construction ou le taux de cotisation à la formation professionnelle.

Pour le MEDEF, l’objectif affiché est d’obtenir une élévation des seuils rendant obligatoire la mise en place des instances représentatives du personnel. Selon lui, l’existence de telles obligations pénaliserait l’emploi, en dissuadant les entrepreneurs de franchir ces seuils d’effectifs. Les remettre en cause dynamiserait donc les embauches. Une telle analyse se heurte à plusieurs objections.

D’une part, aucune étude n’a jamais permis de faire le lien entre l’existence des seuils sociaux, la taille des entreprises et le volume des embauches. Une enquête réalisée par l’INSEE en 2011 concluait à l’ « absence d’effet de seuil observable » dans les données provenant de l’URSSAF, les plus précises et objectives sur le sujet.

D’autre part, accréditer l’idée que la représentation du personnel serait l’ennemie de l’emploi constitue une dérive dangereuse pour notre pacte social. Un tel postulat ne pourrait que conduire à remettre en cause de façon croissante le droit des salariés à être représentés collectivement, faisant reculer massivement la démocratie dans l’entreprise. Ce danger est d’autant plus grand en période de crise, où tout semble devoir être tenté pour faire baisser le chômage. A l’opposé de cette approche, il convient de réaffirmer que progrès social et performance économique ne s’opposent pas, mais concourent à la réalisation du pacte de confiance que la majorité appelle de ses vœux.

Qui plus est, une remise en cause de la représentation du personnel, non seulement contribuerait à isoler davantage les salariés dans l’entreprise, mais porterait une atteinte frontale au dialogue social. Depuis la loi du 20 août 2008, ne peuvent en effet être désignés délégués syndicaux que les salariés qui ont obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour des dernières élections professionnelles.

Si on dispensait les entreprises franchissant les seuils sociaux actuels de l’obligation d’organiser des élections, on remettrait de facto en cause la présence syndicale, et donc toute faculté de négociation collective dans ces mêmes entreprises.

On parviendrait ainsi à la situation baroque où, au prétexte de dynamiser l’emploi, on altèrerait le dialogue social dans les entreprises, niveau où il est pourtant le plus actif, accentuant le travers français si souvent dénoncé de la faiblesse de la représentation syndicale et du dialogue social.

Le résultat obtenu confinerait à l’absurde quand on sait que depuis une trentaine d’années, le bouleversement des enjeux de la négociation d’entreprise a eu pour effet de rendre les entrepreneurs demandeurs d’interlocuteurs syndicaux : depuis que la négociation collective permet d’aménager et de moduler le temps de travail, de recourir aux forfaits jours pour les cadres, ou plus récemment de mettre en œuvre un PSE, le patronat a besoin d’une représentation syndicale dans l’entreprise pour pouvoir négocier. Dans nombre de PME aujourd’hui dépourvues de délégués syndicaux, les chefs d’entreprise se plaignent de ne pas disposer des outils de souplesse dans l’organisation du travail auxquels ont accès les grandes structures.

De ce point de vue, la remise en cause des seuils sociaux pour la représentation du personnel serait manifestement contraire à l’intérêt des salariés, mais le serait également à celui des entrepreneurs. Il est à cet égard singulier que pas une voix ne s’élève dans le patronat pour s’inquiéter d’une remise en cause de la souplesse dans l’organisation du travail dont les entreprises disposent aujourd’hui.

Le projet pose enfin un problème de méthode. En juin 2011, l’actuel Président de la République condamnait dans Le Monde la pratique sarkozyste consistant à « convoquer des sommets sociaux s’il s’agit, sous couvert de concertation, de faire avaliser des choix déjà pris ». L’annonce soudaine au printemps par le Ministre du Travail d’une « suspension des seuils sociaux », sans aucune concertation préalable avec les partenaires sociaux, fut déjà à l’origine de l’échec de la conférence sociale du mois de juillet. En confirmant, à la veille d’une négociation à venir, qu’en l’absence d’accord le Parlement sera saisi du sujet, l’exécutif s’écarte des engagements pris devant les électeurs sur la démocratie sociale et la place des partenaires sociaux dans notre pays.

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 15:43

impot.jpgCompenser l’annulation par le conseil d’Etat de la baisse des cotisations salariales prévues ? Baisser l’impôt de Mme Bettencourt ou démanteler l’Impôt sur le Revenu ?

Une meilleure solution, la réforme fiscale promise lors des présidentielles avec la CSG progressive

Les citoyens ont besoin de clarté. Ils se méfient des annonces qui s’accumulent et finalement s’annulent, des effets de communication qui présentent sous des formes différentes les mêmes mesures.

Les indications qui sont actuellement communiquées annoncent la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu pour 2015, ce qui devrait concerner 9 Millions de ménages et coûter 3 Milliards d’Euros à l’État.

Rien de nouveau sous le soleil : Il semble que cette mesure vienne en remplacement de la baisse des cotisations salariales promises aux salariés proches du SMIC, invalidée cet été par le conseil constitutionnel. La mesure prévue à partir du 1er janvier 2015, concernait 5,2 millions de salariés et 2,2 millions de fonctionnaires (7,5 millions de personnes), pour un coût de 2,5 milliards d’euros. On est donc dans une épure légèrement différente, pour un montant global comparable.

IL ne s’agit donc pas réellement d’une mesure nouvelle, mais grosso modo de la  compensation des allègements de cotisations salariales déjà programmées, légèrement améliorée.


  Le risque est de réduire la progressivité de l’impôt et ne pas garantir la justice fiscale
.

Supprimer purement et simplement la première tranche d’imposition, entre environ 6 000€ de revenus déclarés par an (et par part fiscale) et environ 12 000€ reviendrait non seulement à exonérer de l’impôt sur le revenu les foyers fiscaux de cette catégorie mais aussi à accorder une baisse d’IR de 330€ à tous les foyers soumis à un taux marginal plus élevé que celui de cette première tranche. En effet, elles économiseront 6 000€ X 5,5% (taux applicable entre 6 011€ et 11 991€), soit donc 330 €, et ceci que les intéressés gagnent 20 000€, 200 000€ ou 2 millions d’euros par an. 330€ : voilà un cadeau fiscal que Mme Bettencourt n’attendait sûrement pas.

Pour éviter un tel effet d’aubaine, il est possible de limiter cet avantage aux foyers aujourd’hui imposés à cette première tranche, mais c’est au prix de la dénaturation de l’IR, dont le système de taxation à taux marginal croissant par tranches serait gravement remis en cause. Ainsi, on créerait  un énorme effet de seuil, au moment de l’« entrée » dans le barème de l’IR (puisqu’on ne paierait plus seulement de l’IR sur la part du revenu qui dépasse le seuil mais à partir d’un montant inférieur). Cette option pénalise les ménages dont les revenus se situent juste au-dessus, alors qu’ils sont encore de condition modeste.

En tout état de cause, les foyers aujourd’hui non-imposables ne bénéficieront par définition pas du tout de cette mesure. Ceci concerne à peu près la moitié d’entre eux, ce qui signifie qu’une bonne partie de ceux qu’on appelle improprement la « classe moyenne » se trouve dans cette situation. Une bonne part de ceux-ci aurait touché l’allègement de cotisations salariales.

Entre ces deux catégories, un grand nombre de ménages aujourd’hui imposés n’en profiteront que partiellement, parce que leurs revenus ne sont pas assez élevés pour bénéficier de la non-imposition de l’ensemble de la première tranche de revenus. En pratique, le seuil en-deçà duquel le gain n’est que partiel appelle un calcul compliqué car il faut prendre en compte, en plus du barème, les mécanismes de la décote et du minimum de perception. De fait, déjà aujourd’hui, on ne paye pas 330€ quand on déclare 12 000€ par part. Il n’en reste pas moins que de nombreux ménages appartenant à la classe moyenne, qui payent de l’IR, enregistreront un gain inférieur à 330€.

Ce type d’initiative, outre qu’elle apparaît bien hasardeuse, consacre un renoncement à l’objectif de progressivité, qui veut que l’on demande proportionnellement plus à ceux qui ont plus. Sous prétexte d’aider la classe moyenne, on tend à réduire le caractère redistributif de notre système fiscal, en faisant de l’IR une sorte de bouc-émissaire et en réduisant sa place dans notre système fiscal. Comme si l’idéal était l’impôt proportionnel, à l’image de la CSG actuelle, ou même dégressif avec le revenu, à l’exemple de la TVA !

Cette stratégie de réduction des tranches de l’IR a déjà été amorcée sous la droite.

L’abandon programmé des engagements de François Hollande sur la réforme fiscale.

Ces choix qui dans un premier élan peuvent paraitre sociaux et de gauche, qui ont l’avantage d’une communication simple, consacrent en réalité l’abandon de deux ambitions majeures de la gauche : la progressivité de l’impôt et une réforme globale au service de la justice fiscale. Interrogé sur ce dernier point, le premier ministre continue à tenter de discréditer tous les fondamentaux de la gauche en indiquant qu’il ne souhaitait pas engager cette réforme parce qu’il ne souhaitait pas augmenter les impôts relayant les propos de Pierre Moscovici sur le ras le bol fiscal.

Mais qu’on soit clair, pour nous la réforme fiscale doit mieux répartir le versement des impôts, mais pas nécessairement accroitre les prélèvements; D’ailleurs, nous avons dénoncé et refusé l’augmentation de TVA et plaidé pour un soutien au pouvoir d’achat des couches populaires. Manuel Valls entretient un vieux poncif de la droite selon lequel la gauche c’est toujours plus d’impôt. Pour nous aujourd’hui c’est moins d’impôts pour bon nombre de nos concitoyens, pour les PME mais pas des aubaines fiscales pour les plus aisés et les entreprises qui n’en ont pas besoin.

Au lieu de ces meurettes successives, revenons-en aux engagements pris devant les Français par François Hollande : engagement 14

« Je veux engager une grande réforme fiscale. La contribution de chacun sera rendue plus équitable par une grande réforme permettant la fusion à terme de l’impôt sur le revenu et de la CSG dans le cadre d’un prélèvement simplifié sur le revenu (PSR). Une part de cet impôt sera affectée aux organismes de sécurité sociale. Les revenus du capital seront imposés comme ceux du travail. »

Pour une CSG progressive

La première étape peut être la mise en place d’une CSG progressive sur les revenus du travail et du capital, comme c’est déjà le cas pour les retraités (en vue, à terme, d’une fusion de l’IR et de la CSG). Elle renforcerait le caractère redistributif de notre système de prélèvements obligatoires et améliorerait le pouvoir d’achat des classes populaires et moyennes, sans induire d’effet d’aubaine pour les classes favorisées, mais au contraire en mettant ces dernières davantage à contribution. Le barème que nous proposons se traduirait par un gain mensuel de 76€ pour un couple payé au SMIC avec deux enfants. 50% des Français verraient leur CSG baisser, elle n’augmenterait que pour les 30% les plus aisés. Cela pèserait donc moins sur les déficits publics.

Si l’on veut aider les classes modestes et moyennes, c’est ainsi qu’il faut faire !

Merci à Daniel Vasseur pour la mobilisation de ses compétences à nous permettre de déchiffrer des mesures compliquées.

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 13:23

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Notre ennemi, c'est la financemais c'est aussi la dépolitisation, l'absence de débat entre le gouvernement et sa majorité et singulièrement au sein du Parti Socialiste.

Nous prenons depuis l'élection de François Hollande, et en particulier depuis le congrès de Toulouse, toute notre place dans le débat politique. Pour autant, il nous faut prendre la mesure du travail de martèlement de l'idéologie libérale dans l'opinion et aussi la tentative au sein du PS de faire passer au nom de la modernité un discours qui s'écarte non seulement des attentes des Français mais de la pensée et des valeurs socialistes.

Car nous revendiquons d'être Socialistes, fidèles à l'idée du Socialisme Républicain et Démocratique. Nous n'avons pas l'intention de laisser ringardiser cet idéal qui prend toute sa force au regard de la réalité vécue par nos concitoyens et les évolutions profondes du monde.

Il est donc essentiel de nous armer pour ce combat culturel majeur.

La création par Maintenant la Gauched'une école de formation militante nous est donc apparue comme une impérieuse nécessité. Elle se veut complémentaire de la relance de la formation politique dans le parti, dont on ne perçoit pas encore les bases intellectuelles communes, et elle prétend viser au réarmement idéologique des socialistes, en commençant à fixer toute une série de repères pour les militants.

Ces formations sont évidemment ouvertes à toutes celles et tous ceux qui voudront y assister.

Les premières séances auront lieu le lundi 29 septembre (histoire du socialisme français de la Révolution à 1969/71), 6 octobre (Les origines des crises économiques internationales : accidents ou logique du système ?) et 13 octobre (Réforme territoriale : progrès ou danger pour la République ?).

Ecole de formation de Maintenant la Gauche

Nous voulons battre en brèche la pensée unique, sortir des sentiers battus trop souvent jalonnés des poncifs de l'idéologie néo-libérale, aiguiser l'esprit critique des participants. L'apport de cette école militante doit servir à ses participants pour gagner en assurance et en arguments auprès de tous nos camarades socialistes, pour renforcer le poids de nos diverses interventions dans les sections, les fédérations et les débats qui s'annoncent.

Les formations s'organiseront en alternance autour de 5 grandes thématiques politiques :

  1. histoire politique, sociale et culturelle ;

  2. construction européenne et questions internationales ;

  3. le socialisme face à un capitalisme financier mondialisé ;

  4. la souveraineté populaire ;

  5. les défis de la société française.

format

Pour faire face aux enjeux définis plus haut, le programme de l'école de formation de Maintenant la Gauche est volontairement ambitieux.

Il s'agit de réunir tous les lundis soirs (hors vacances scolaires) de 18h30 (accueil de 18h30 à 19h00, début de la session à 19h00) à 21h00 les participants pour un sujet issus des 5 thématiques précitées. Le cœur de la session sera évidemment consacrée à une présentation magistrale et si possible illustrée par un spécialistes du dossier, issu directement du courant ou non. Mais, outre le fait que nous souhaitons que ces sessions se terminent par un échange entre l'intervenant et la salle, chaque semaine la session sera ouverte par un exposé de 5 à 7 minutes expliquant les liens entre le sujet et l'actualité et préparé et présenté par un des stagiaires.

L'inscription préalable est obligatoire pour permettre d’accéder au 8ème bureau de l'Assemblée Nationale où se tiennent les session ; elle se fera sur l'adresse électronique formation.maintenantlagauche@gmail.comoù les participants pourront indiquer s'ils le souhaitent ce qu'ils attendent de la formation ou les questions qu'ils se posent sur la thématique prévue. La pièce d'identité est indispensable pour l'accès l'Assemblée !

Les sessions hebdomadaires se dérouleront pour des raisons pratiques sur Paris, cependant nous souhaitons créer une plate-forme participative sur laquelle l'ensemble des militants socialistes qui le souhaiteront et où qu'ils soient pourront regarder la vidéo de la session, télécharger les documents qui s'y rattachent et poser des questions complémentaires aux réseaux d'intervenants et de formateurs que nous sommes en train de constituer.

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 10:29

couverture_MLG_Bierville_2014.jpgUniversité de rentrée de Maintenant la Gauche – Bierville (Essonne) – 3-4-5 octobre 2014

10, route des Nations 91690 Boissy la Rivière

Depuis Paris : RER C - gare d’Étampes

Inscrivez-vous en ligne

 

VENDREDI 3 OCTOBRE

14h30-15h00

Accueil des élus

15h00-18h00

Séminaire de formation des élus

17h00-19h00

Accueil des participants

19h00-20h30

Dîner

20h30-22h00

Point sur la situation du courant dans les fédérations et préparation des états généraux

Tour d’Europe des gauches des partis socialistes et sociaux-démocrates

 

SAMEDI 4 OCTOBRE

9h30-10h30

L’alternative doit être économique

Relance, justice sociale, transition écologique

  • Guillaume Duval – Rédacteur en chef d’Alternatives Économiques
  • Sandrine Hedel – Maintenant la Gauche Jeunes
  • Marie-Noëlle Lienemann – Sénatrice de Paris, BN du PS
  • Frédéric Lutaud – BN du PS, motion 4
  • Daniel Vasseur  Économiste

 

Pierre_Laurent.jpg10h45

Grand témoin :

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

 

11h-12h30

L’alternative doit être sociale

Les travailleurs au cœur du projet socialiste

  • Fanélie Carrey-Conte  Députée de Paris
  • David Cayla – Économiste
  • Étienne Colin – Avocat en droit social
  • Maryse Dumas – Membre du groupe CGT au Conseil Économique, Social et Environnemental
  • Gérard Filoche – BN du PS
  • Bernadette Groison – Secrétaire Générale de la FSU
  • Pierre Lienemann – UNSA Air France
  • Un représentant de Force Ouvrière

12h30-14h
Pause déjeuner

 

14h-15h15

L’alternative doit être démocratique

Institutions : vers la VIème République

  • Patrick Ardoin – BN du PS, motion 4
  • Raquel Garrido – Secrétaire nationale du Parti de Gauche, Pour une VIème République
  • Emmanuel Maurel Député européen, BN du PS, premier signataire de Maintenant la Gauche
  • Christian Salmon – Chercheur, écrivain

14h-15h

logoCombatSocialiste.jpgRéunion du secteur jeunes dans une salle annexe de la salle plénière

Le journal MLG Jeunes

> http://www.combatsocialiste.org/

> facebook.com/CombatSocialiste

> twitter : @CombatSocialist

 

15h30-17h

L’alternative doit être internationaliste

International : désordres du monde et enjeux

  • Gilles Kepel   Professeur à l’Institut d’Études Politiques de Paris (Sciences Po) et spécialiste du monde arabe
  • Paul Quilès – Ancien Ministre, BN du PS
  • Charles Urjewicz – Professeur à l’INALCO (Langues O), spécialiste de la Russie et de l’Ukraine

emmanuelle_cosse.jpg17h

Grand témoin :

Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’Europe-Écologie Les Verts (EELV)

 

17h30-19h

L’alternative doit combattre la financiarisation

  • Olivier Berruyer – Économiste, www.lescrises.fr
  • Hervé Falciani – Institut national de recherche en informatique et en automatique
  • Laurent Miermont – Adjoint au Maire Paris XIIIème, CN du PS
  • Un représentant d’ATTAC
  • Pascal Canfin ou Eva Sas (EELV)

19h30-21h

Dîner

 

21h-22h30

Assemblée générale : vie du courant, du Parti et congrès

Animée par Paul Quilès

Secrétaire général de Maintenant la Gauche

 

22h30

Soirée

 

DIMANCHE 5 OCTOBRE

9h30-10h

Accueil café

 

10h-12h30

L’alternative doit être politique

« Quelles convergences pour un sursaut à gauche ? »

1545200 663017537081820 996376821 n

  • Emmanuel Maurel – Député européen, premier signataire de Maintenant la Gauche
  • Julien Dray – Vice-président du Conseil régional d’Île-de-France
  • Gérard Filoche – BN du PS
  • Jérôme Guedj – Président du Conseil général de l’Essonne
  • Marie-Noëlle Lienemann – Sénatrice de Paris
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