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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 08:35

Débat sur la politique économique en France et en Europe

avec la présence de

Pierre-Alain MUET

Député PS du Rhône et économiste 

le Mercredi 18 novembre 2014 à 21h

à la Salle Jacques Brel de Gonesse

PA_Muet_JP_Blazy_G_Sebaoun.jpgLes débats économiques et sociaux créent de fortes turbulences au sein de notre Parti et plus largement au sein de la gauche. Tous se dit et tout s'écrit. C'est la raison pour laquelle Jean-Pierre Blazy et Gérard Sebaoun ont jugé nécessaire et utile à notre réflexion collective, de donner la parole à l'un des experts incontestés du PS, Pierre-Alain MUET, qui fut conseiller de Lionel JOSPIN et de François HOLLANDE lors de la campagne victorieuse de 2012.

Sa hauteur de vue d'économiste sera précieuse pour la compréhension des enjeux auxquels nous sommes confrontés. Quel que soit notre positionnement individuel, il nous appartient collectivement de nourrir le débat. Cette soirée pédagogique permettra à chaque militant ou sympathisant d'exprimer son point de vue ou ses doutes dans des échanges que nous voulons bien évidement sereins.

débat sur la politique économique avec Pierre-Alain Muet, Jean-Pierre Blazy et Gérard Sébaoun, députés PS

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 15:23

Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann ont réagi sur LCI à l'intervention de François Hollande jeudi 6 novembre au soir sur TF1 :

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 12:16

Anne BaronLe Front national s’est imposé comme le 3ème parti de France

Anne BaronAujourd’hui, le Front national n’est plus une menace floue avec des objectifs inatteignables. Depuis l’arrivée de Marine Le Pen à sa présidence, le FN a le vent en poupe. S’imposant comme troisième femme lors des présidentielles, elle a continué sa progression en prenant une dizaine de villes et en envoyant 25 eurodéputés à Strasbourg. Toutefois, cette progression n’est pas si évidente si on regarde le nombre de voix. Ce parti est certes en tête aux élections européennes, mais accuse une baisse d’environ deux millions de votes. Toutefois, cette nouvelle donne reste à prendre au sérieux par le gouvernement et le Parti Socialiste.

Un bilan nécessaire de la gauche

Depuis 2007, le Parti Socialiste a successivement gagné toutes les élections avec pour la première fois une victoire historique de la gauche au Sénat. Les dernières élections présidentielles et législatives furent la consécration de cette victoire en nous donnant une majorité pour gouverner. La gauche avait pour la première fois la possibilité de gouverner à tous les échelons.

Quel bilan tirons-nous ?

Depuis l’arrivée de François Hollande à l’Élysée, l’incompréhension des citoyens règne. La baisse du chômage et le retour à la croissance annoncés ne se concrétisent pas. Les vagues bleue et bleu-marine lors des municipales furent plus vives que l’estimation de notre parti. Des fiefs de la gauche historique ont été balayés à cause du rejet de la politique gouvernementale. En réponse, l’exécutif a assumé son tournant libéral. Cela montre le manque de perception du gouvernement par rapport aux demandes de nos électeurs de 2012. Cette défiance ne doit pas être prise à la légère.

La réponse libérale est un échec si l’on en croit l’élection européenne. La sanction ne s’est pas fait attendre lors de ces élections mettant le Parti Socialiste en troisième position. Plus inquiétant encore, les autres partis de gauche n’ont pas profité de cette défiance envers notre parti. Cette première alerte n’a pas été entendue. L’autisme du gouvernement semble gagner le Parti Socialiste. Les militants socialistes sont désorientés face à cette politique incompréhensible. Ils n’ont pas leur mot à dire sur cette politique présentée comme inévitable alors qu’elle ne semble aboutir qu’à des échecs. Le gouvernement ne peut pas mener son action au nom des socialistes alors qu’ils ne sont pas intégrés dans le débat.

Nous devons prendre notre part de responsabilité en tant que socialiste et nous rassembler afin de répondre à l’attente des Français et à l’intérêt de la France.

Les États généraux : un ersatz du congrès attendu

Cette réponse se fait attendre. Les querelles internes sont de plus en plus vives accentuant de jour en jour la fracture de la gauche. Ceci n’est pas inéluctable. Nous devons débattre, les États généraux seuls ne parviendront pas à redonner une ligne forte à notre parti. Un nouveau congrès doit avoir lieu afin de redéfinir les orientations socialistes et de nous positionner par rapport aux actions gouvernementales.

La politique gouvernementale n’est pas écrite dans le marbre. Nous devons reprendre les discussions avec nos partenaires de gauche, Europe Ecologie Les Verts et le Parti Communiste Français sans qui nous n’aurions pas pu accéder au pouvoir et construire ensemble la politique que nous avions promis aux Français. Tous ensemble, redonnons du sens à notre action et regagnons la confiance des citoyens afin de lutter contre la droitisation de la vie politique française.

Anne Baron
membre du conseil fédéral du PS95
section de Cormeilles-en-Parisis

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 10:52

Bruno Rieth |Lundi 3 Novembre 2014

Pascal Fayolle/SIPADans les tréfonds du Parti socialiste, ce n’est pas la joie. Les militants désertent les réunions, quand l'exaspération ou la résignation règnent chez beaucoup de ceux qui restent. Mais il est des sections et des fédérations, notamment tenues par l'aile gauche du PS, qui tentent de s'organiser pour décrocher un congrès et faire "réussir cette deuxième partie de quinquennat". 
Pascal Fayolle/SIPA
L'hémorragie militante se précise. Un premier chiffre était sorti dans la presse en juin dernier : 25 000 adhérents auraient alors quitté le bateau ivre socialiste depuis 2012, soit 10 % des effectifs. Jean-Christophe Cambadélis s’était employé à écoper sans reboucher les trous pour autant, affirmant même qu’il s’agissait en fait des effets d'un « turn over » tout ce qu'il y a de plus classique au Parti socialiste. «Il y a des gens qui sortent, des gens qui rentrent (...) en fonction des élections», expliquait-il avec détachement, tout en confirmant donc implicitement l’information. Plus récemment, selon Europe 1 qui a mis la main sur un document interne, le parti subirait une baisse de 60 % de ses recettes de cotisations par rapport à ce qui était prévu.
 Et le moral des troupes restantes, de tous ces premiers fédéraux, ces secrétaires de sections, ces hommes et femmes, militants locaux sincères qui ont pour mission de faire vivre le parti au jour le jour, est au plus bas. Ils doutent (beaucoup), mais ne se résignent pas (encore). C'est le cas par exemple de David Fontaine, jeune secrétaire de la section de Saint-Etienne du Rouvray, en Seine-Maritime, et adjoint au maire de cette même commune, en charge des Affaires scolaires.
«Au dernier congrès, j’ai signé la motion 1 (la motion majoritaire au PSndlr). Mais aujourd’hui, avec la politique menée par le gouvernement, nous sommes nombreux à nous retrouver au côté de l’aile gauche du parti et à réclamer un retour à la ligne développée lors de la campagne de 2012» confie-t-il. D’abord soutien de Martine Aubry lors de la primaire socialiste, il se rangera derrière François Hollande «sans hésiter» et se lance «à 100 %» dans la campagne. Les efforts payent : sur cette terre fabusienne, le candidat Hollande recueille 37% des suffrages, loin devant un Jean-Luc Mélenchon à 22%, une Marine Le Pen à 17% et un Sarkozy qui fait pâle figure avec 14% des votes à peine.
«Les Stéphanais ont souhaité, par cette massive mobilisation pour le candidat socialiste, porter haut l’espoir d’une France plus juste, rassemblée et tolérante» écrivait-il dans un communiqué au lendemain des résultats. Le second tour lui donne une raison supplémentaire de s’enthousiasmer. «Dans un bureau de vote du quartier le plus populaire de la commune, Hollande a reçu près de 90% des votes», se souvient-il. Surtout, «dans cette ville ouvrière composée de gens modestes, il y a eu une adhésion massive au programme de la présidentielle. Le discours du Bourget qui a marqué les gens, a donné corps à ce slogan fort : “Le changement, c’est maintenant”».
Oublié, le discours du Bourget
Malheureusement pour le secrétaire de section, l'enthousiasme a cédé sa place au désenchantement. Très tôt d’ailleurs. «Ma première déception, c’est le cumul des mandats, raconte le militant stéphanais. Les gens voulaient que les choses bougent tout de suite. C’était un premier indice sur la manière dont on comptait gouverner». Vient ensuite la communication gouvernementale, désastreuse. Non pas l'enchaînement de couacs, mais cette manière de mener les combats. «Il y a eu heureusement de très bonnes choses de faites. Je pense au travail de Laurent Fabius aux Affaires étrangères, remarque-t-il, lui-même en fin diplomate, ou au ministère de l’Education. Mais par exemple, le projet du Mariage pour tous qui était un beau combat, regardez comment ça été géré !» Le basculement, selon lui, s’opère lors de l’annonce du pacte de responsabilité et du vote du CICE. «On a assisté à un changement radical de la ligne économique. Ça a été une vraie rupture avec la base militante. Une rupture franche que l’équipe dirigeante du PS sous-estime».
Constat partagé par Jonathan Munoz, premier secrétaire de la fédération départementale du Parti socialiste en Charente. «Dans ma fédération, sans avoir de chiffres définitifs, je pense que l’on doit subir une baisse de 15% de nos effectifs par rapport aux précédentes années. L’une des raisons — ça ne fait aucun doute —, c’est la politique menée par le gouvernement qui s’est accélérée avec le gouvernement Valls 2» analyse-t-il. Issu de l’aile gauche du parti, il devient le n°1 du PS en Charente en 2012, succédant à Pouria Amirshahi, l’un des députés qui anime la contestation sur les bancs de l’hémicycle. «J’ai soutenu le gouvernement jusqu’au vote de l’Accord national interprofessionnel (ANI, ndlr). Ça a été pour moi la première alerte» explique-t-il. Mais plutôt que de ressasser dans son coin, il décide de prendre la plume et d’écrire une lettre ouverte, la première d’une longue liste, «pour expliquer aux militants et aux citoyens mon désaccord avec ces choix».
Vient ensuite le pacte de responsabilité et le CICE, «autant de projets qui n’étaient pas dans le programme de la campagne présidentielle» juge-t-il sévèrement. Car s’il concède volontiers que «des efforts sont effectivement nécessaires» pour redresser le pays, il faut qu’il porte «sur l’ensemble des citoyens. Or, avec le CICE, on donne la part belle aux grandes entreprises».
Un parti « parisiano-centré » coupé des réalités
A ce sentiment de trahison des engagements de campagne, s’ajoute un parti au fonctionnement chaotique et qui étouffe le moindre débat naissant. «Ce ne sont pas les Etats généraux du PS qui vont permettre de redéfinir ce qu’est le Parti socialiste. Il y a un problème de fonctionnement à Solférino. On est entre nous, on n’écoute pas assez ce que nous dit l’extérieur. Au niveau des instances nationales, la parole ne circule pas. Ce sont toujours les mêmes, les “ténors” qui parlent, les Parisiens. Les Bureau nationaux, par exemple, se tiennent le mardi soir. Moi je mets trois heures pour venir de Charente. Ça me bloquerait deux jours dans la semaine. Je ne vais donc plus qu’aux Conseils nationaux...»
Conséquence selon lui : une rupture entre le local et le national qui ne ferait que s'accentuer. Et un débat qui a du mal à être accepté par les dirigeants nationaux du parti. «Dès que l'on dit que l’on est en désaccord avec la ligne, on nous caricature tout de suite. On arrive à des scènes où le Premier ministre lance des “j’aime l’entreprise”. Sauf que moi, je viens justement du monde économique, j’ai fait dix ans dans le privé dans des grands groupes. Je n’ai pas besoin de dire j’aime l’entreprise, j’en viens, je la connais, ce qui me donne une légitimé suffisante pour en parler sans rougir !»
Des réunions dépeuplées
Pour faire réagir les têtes dirigeantes, Roland Greuzat, implanté dans le Finistère, passé par le secrétariat fédéral, le secrétariat de section et un temps adjoint à la Culture de sa commune, a décidé de réclamer la tenue d’un congrès. Signataire de la motion 3 Maintenant la gauche, il a réussi à faire adopter le 23 mai dernier par le conseil fédéral du Finistère, une résolution qui réclamait «l’engagement d’une procédure permettant aux militants d’intervenir sur le fond de la ligne politique, sur le fonctionnement démocratique et pluraliste comme sur le rôle du Parti Socialiste et de ses adhérents». Un texte pas évident à faire passer.
«On voulait s’élever contre la nomination de Cambadélis par la grâce de Dieu. Le Conseil fédéral ne nous était pas forcément acquis, se souvient-il. Il faut dire que l’on a des durs comme Jean-Jacques Urvoas (député proche de Manuel Valls, qui préside la Commission des lois de l'Assemblée, ndlr) ou Marylise Lebranchu (ministre de la Décentralisation et de la Fonction publique, ndlr) qui a reçu le message que si son suppléant s’amusait à fronder, elle sauterait», poursuit-il.
Habitué à écrire sur le site Le Plus de l’Obs, cet ancien radical a pris sa carte au PS en 2007, au soir de la défaite de Ségolène Royal («Il fallait bien faire quelque chose»). Après avoir été conquis par le discours du Bourget qui lui a «remué les tripes», il déchante rapidement : ANI, retraite, CICE,  la liste est longue. Et les défaites aux élections municipales et européennes finissent de le convaincre qu’il faut réagir. «Il y a eu une grosse baisse des effectifs. Beaucoup se sont dit qu’ils ne reprendraient pas leur carte. Les réunions ont commencé à se dépeupler. Il faut dire qu’on s’est pris de grosses claques électorales alors que normalement, on aurait dû récupérer des villes si l'on était resté sur la ferveur de 2012», analyse-t-il, de l'amertume dans la voix. Mais pour ce retraité hyperactif, pas question de se laisser abattre. L’objectif reste le même : faire «réussir cette deuxième partie de quinquennat». Avec quelle arme entre ses mains ? En multipliant les prises de paroles pour réclamer la tenue d’un congrès.
Le salut par le congrès ?
Faire voter des résolutions pour qu’un congrès se tienne, une méthode qui tend à se multiplier pour obliger Solférino à entendre ce que la base a à dire. Dans le Val-d’Oise, Sébastien Lombard, secrétaire de section, en a aussi fait voter une par les militants locaux, il y a moins d’un mois, «pour la tenue d’un congrès d’ici juin 2015. Avant les départementales, ce n’est possible, donc il faut qu’il intervienne juste après le scrutin et avant les élections régionales» explique-t-il. Adhérant en 2005, poussé par les débats sur le référendum sur le Traité constitutionnel européen, Sébastien remarque qu’aujourd’hui même «les plus hollandais des hollandais sont mal à l’aise». Il pense que ses idées ont «progressé même chez ceux qui étaient très légitimistes au niveau fédéral».
Pour lui, deux chantiers sont nécessaires. L’un, au niveau du parti : «Le PS doit être plus autonome, qu’il joue son rôle critique pour porter cette exigence de réussite du quinquennat». Il se désespère d’autant plus qu’il considère que cette aile gauche, souvent décriée par les tenants de la ligne hollando-valssienne, «a toujours été force de propositions». L’autre chantier, il considère qu'il faut le mener au niveau du gouvernement : «Il y a eu des éléments d’une politique de gauche comme à l’Education, précise-t-il, Il faut l'assumer et le faire savoir. Il faut arrêter avec cette tentation qu'a Valls de renoncer à tous les marqueurs de la gauche au mépris des règles démocratiques. Il n'y a qu'à voir la loi ALUR (la loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové, ndlr). C’est inédit que le Parlement se démente en si peu de temps». Rassemblement de la gauche, revalorisation des salaires, en finir avec une politique en faveur des seuls patrons («le recul face au mouvement de ces quelques patrons qui s’appelaient les pigeons» lui reste encore en travers de la gorge), voilà autant de pistes qu’il faudrait explorer, selon lui.
Dans la fédération des Ardennes, le Conseil fédéral a lui aussi fait voter une résolution pour qu’un congrès de tienne d’ici la fin de l’année. «Seul moyen de savoir quelle est la vision qu’ont les militants sur l’action menée jusqu’à présent et ce que l’on veut faire pour les semaines et mois à venir», soupire Christophe Léonard, député frondeur du département. Surtout qu’il soupçonne de plus en plus la direction du parti de retarder un maximum la tenue du congrès pour que les militants critiques désertent et que seuls restent les plus convaincus. Et les plus dociles. «Il ne restera que ceux qui soutiennent sans condition l’action du gouvernement, le parti sera alors un grand corps malade homogène qui dira amen à tout», analyse-t-il.
Sur les terres fabusiennes, David Fontaine, pour éviter dans arriver là, a décidé de remobiliser les troupes. A la tête d’une section dynamique dont il entretient l’engouement par des réunions chaque semaine, des débats de fond réguliers, a profité du banquet républicain organisé chaque année pour en faire une tribune du collectif Vive la gauche !. Rendez-vous réussi selon le Stéphanais puisque 250 personnes sont venues écouter les têtes d’affiches frondeuses et une quinzaine de secrétaires de section (sur 76) sont venus, eux aussi, entendre la bonne parole. Résultat : pas de pertes militantes et même des adhésions, assure-t-il. «On est un peu un cas particulier» fait-il valoir. Surtout, le virus semble peu à peu se répandre au niveau fédéral. Et avec une fédération socialiste parmi les sept premières de France en terme d’effectif, ça risque d’être de plus en plus difficile pour Jean-Christophe Cambadélis de continuer à s’asseoir sur les statuts en retardant la tenue du congrès.
Un comble lorsque l'on a en tête une chose : ces militants et ces élus, qu'à Solférino, on se plaît parfois à qualifier de « gauchistes », ne réclament en fait qu’une chose : un simple retour au programme présenté aux Français lors de la campagne présidentielle. «La ligne de 2012 est assurément majoritaire au sein du parti» assure David Fontaine. Etant donné la popularité en capilotade du président et de son Premier ministre, il faut croire que son retour est également réclamé par une partie des Français.
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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 10:33

logo-liberation-311x113.pngVous pouvez également retrouver cette tribune des députés européens socialiste et écologiste sur le site de Libération.

Monsieur le président de la République,

vous êtes en ce moment en visite officielle au Canada. Nous ne doutons pas que, dans la perspective de la conférence climat que la France accueillera en 2015, vous aborderez avec le Premier ministre Harper les enjeux climatiques vis-à-vis desquels il affiche le plus grand mépris et la plus totale irresponsabilité.

Audition_INTAMais nous souhaitons ici vous interpeller sur le projet d’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (Ceta). Alors que la Commission européenne et le gouvernement canadien ont annoncé, fin septembre, la conclusion de cinq années de négociations, se pose dorénavant la validation - ou non - du résultat obtenu, par le Conseil européen, le Parlement européen et très probablement les Parlements nationaux.

Avant d’engager un tel processus de ratification, il conviendrait d’attendre. Trop de questions restent sans réponses convaincantes et préoccupent les citoyens européens. Car à la différence des accords de libre-échange classiques, qui portent sur la réduction des droits de douane, les négociations commerciales trans-atlantiques visent d’abord à «harmoniser» les règles et normes qui encadrent nos économies et nos sociétés, à en limiter l’impact sur les flux commerciaux. Ces «obstacles au commerce» sont pourtant des choix de société, démocratiquement construits, qui touchent à la protection de l’environnement, de la santé, des travailleurs et des consommateurs, aux libertés et aux droits humains fondamentaux. Alimentation, protection des données personnelles, services publics, agriculture, marchés publics, énergie, propriété intellectuelle, principe de précaution, capacité des institutions politiques à agir… tout est sur la table des négociations !

Côté canadien, de nombreuses voix critiquent l’accord car il remet en cause la politique de santé en faveur des médicaments génériques, favorise la libéralisation des services financiers alors que la régulation canadienne avait permis d’échapper au tsunami de 2008, ou encore interdit la possibilité de valoriser les origines locales dans les marchés publics.

Côté européen, on craint l’impact sur l’élevage des nouveaux quotas de viande canadienne ? Quel rôle jouera le nouveau cadre de coopération réglementaire UE-Canada censé superviser l’harmonisation des règles ? Quid du principe de précaution contesté outre-Atlantique ? Comment se traduira l’objectif de limiter l’impact commercial des législations européennes sur les OGM ? Que restera-t-il de la capacité des collectivités, des Etats et de l’Union à réguler librement, potentiellement au détriment de la libre circulation des biens, des services et des investissements ? Il n’aura pas fallu plus de trois semaines après la fin des négociations pour que la Commission européenne revienne sur son projet d’interdiction des importations de carburants canadiens alors qu’ils sont issus, pour partie, des très polluants sables bitumineux.

Nous dénonçons, en outre, l’existence dans l’accord avec le Canada, comme dans les négociations avec les Etats-Unis, du fameux mécanisme d’arbitrage investisseur-Etat, dit ISDS. Ce dispositif instaure une nouvelle juridiction supranationale, privée, qui contourne les juridictions nationales. Toute entreprise peut y contester la décision d’une collectivité locale, d’un Etat ou de l’UE, si elle considère que cette décision remet en cause ses bénéfices, et réclamer des centaines de millions d’euros de dédommagement. Les accords transatlantiques donnent ainsi aux compagnies un pouvoir supérieur à celui des citoyens. Ils conditionnent au bon vouloir des multinationales notre capacité à décider de la société que nous voulons, que nos choix portent sur le droit du travail, sur l’éducation, l’environnement, les services publics ou la finance.

Yannick-JadotAinsi, Philip Morris attaque-t-il la nouvelle législation antitabac du gouvernement australien et lui demande des milliards de dollars de dédommagement ! Ce mécanisme ISDS très développé en Amérique du Nord permet encore à l’entreprise américaine Lone Pine d’attaquer le gouvernement québécois pour son moratoire sur l’exploitation de gaz de schiste. Il est une machine infernale à construire de l’impuissance politique. Alors que partout, notamment en Allemagne, ce dispositif suscite critique et contestation, nous constatons la frilosité du gouvernement français. En 1998, pour ces raisons, Lionel Jospin, alors Premier ministre, avait mis fin à la négociation de l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI).

Monsieur le Président,

il est temps de corriger certaines dérives des politiques nationales et européennes, comme il est urgent de tirer les leçons des dernières séquences électorales. Les citoyens européens exigent plus de démocratie. Mais malgré les demandes répétées du Parlement européen en matière de transparence, les dirigeants européens continuent d’organiser une opacité inacceptable des négociations commerciales. Les citoyens attendent de l’Europe d’être mieux protégés, en matière sociale, de santé, d’environnement ou de services publics. Ils constatent que leurs dirigeants les exposent toujours plus aux dérives de la mondialisation, et font primer les intérêts de quelques acteurs privés globaux sur l’intérêt général.

Enfin, les Européens attendent de l’Europe qu’elle soit plus efficace. Mais celle-ci ne sera en mesure de contribuer à la régulation de la mondialisation qu’à la seule condition de se doter de politiques communes, économique, fiscale, industrielle, énergétique et bien entendu sociale. Faute de cette nouvelle étape d’intégration qui laisse l’Europe trop souvent divisée sur la scène internationale, ces accords de libre-échange déboucheront sur une dilution du projet européen, comme de notre capacité à en construire un spécifique, articulant de façon équilibrée les quatre piliers que sont la démocratie, le social, l’environnement et l’économie. La grande lessiveuse des négociations transatlantiques ne peut constituer l’horizon politique qui redonnera de la couleur à l’Europe.

Par Yannick Jadot (EE-LV) et Emmanuel Maurel (PS) Eurodéputés, membres de la commission du commerce international

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 18:05

Logo-MaintenantLaGauche-coul-moyen

Chaque jour, la situation politique devient un peu plus confuse.

Le Président de la République, le Premier ministre et le gouvernement apparaissent de plus en plus isolés. Les militants socialistes, quant à eux, sont désorientés, ne pouvant s’exprimer sur les choix politiques du gouvernement présentés comme incontournables.

Ils sont invités à définir «l’identité socialiste» au cours d’états généraux, mais ces considérations, aussi intéressantes soient-elles, ne peuvent se substituer à l’indispensable débat d’un congrès.

L’essentiel aujourd’hui est en effet de permettre aux socialistes de choisir la politique concrète qui doit être menée immédiatement pour engager notre pays vers une sortie de crise, assurer le redressement dans la justice, faire reculer le chômage, la précarité, la pauvreté et les inégalités.

C’est dans cet esprit que notre courant Maintenant la gauche dépose, à l’occasion des états généraux, un manifeste pour une alternative à gauche, ici et maintenant. Car nous voulons que l’indispensable réorientation de la politique gouvernementale soit engagée au plus vite.

Nous n’acceptons pas cette fin de non-recevoir, sans débat, sans arguments sérieux du gouvernement, alors même que s’accumulent, selon leurs propres dire, des échecs.

Nous en appelons aux militants socialistes pour qu’ils se fassent entendre. Qui peut prétendre diriger le pays au nom des socialistes sans les consulter et les écouter ? Le débat n’a de sens que si des décisions suivent. Et le vote d’orientation d’un congrès est de ce point de vue essentiel.

Bon nombre de nos propositions partent des engagements pris pendant la présidentielle devant les Français. Ils n’étaient ni révolutionnaires, ni gauchistes, ni passéistes ! Et d’ailleurs, nous avons tous mis notre énergie à combattre l’argumentaire de Sarkozy et de la droite qui les qualifiaient d’irréalistes.

Nous appelons les socialistes à être fidèles à eux-mêmes, à leur projet, qui n’a pris aucune ride en deux ans tant notre environnement, la dégradation de la situation mondiale et européenne conforte l’exigence de changement et de justice que nous avons chevillée au cœur.

Face à la vague libérale qui déferle depuis 30 ans et aux idées réactionnaires voir fascisantes qui montent en écho, la réussite d’un gouvernement tient aussi à la mobilisation de ses soutiens, pour défendre et porter le changement. Le rassemblement, l’unité sont les talismans indispensables à la conquête comme à l’exercice du pouvoir à gauche. C’est un combat que Maintenant la gauche mène depuis sa création.

Nous vous demandons, chères et chers camarades, de diffuser largement ces propositions, de lancer des débats localement pour les populariser et pour montrer qu’un autre chemin est possible, qu’il est réaliste et concret.

Manifeste pour une alternative à gauche, ici et maintenant

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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 11:42

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Pour revoir la question sur les accords de libre échange cliquez ici :

Questions cribles thématiques sur les accords de libre-échange
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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 15:51

Emmanuel Maurel Le MondeLe Parlement européen a validé aujourd’hui en session plénière à Strasbourg la composition du collège des commissaires proposé par Jean-Claude Juncker et les attributions respectives de ses membres. Ce vote important, qui intervient à l’issue des auditions des commissaires désignés par les eurodéputés, marque l’entrée en fonction, le 1er novembre prochain, du nouvel exécutif européen. 

Comme une partie du groupe S&D, j’ai jugé qu’il ne m’était pas possible d’apporter ma voix à cette Commission.

Les interventions des commissaires désignés par M. Juncker devant les députés européens qui se sont succédées ces dernières semaines à Bruxelles n’ont pas permis de dissiper les fortes inquiétudes que l’on pouvait avoir sur les personnalités choisies par les 28 États mais aussi les portefeuilles qui leur ont été attribués par l’ancien Premier ministre luxembourgeois. On a vu souvent des commissaires désignés pour des responsabilités cruciales se réfugier dans les généralités sans répondre aux questions précises des élus. Enfin, il est impossible de passer sous le silence le choix très controversé de commissaires connus pour des engagements passés clairement contradictoires avec les valeurs de l’Union (le hongrois Navracsics) ou flirtant avec le conflit d’intérêt (l’espagnol Cañete).

Photo_plenierePEminEn ce qui concerne la commission INTA, l’audition de Cecilia Malmström a montré que la nouvelle équipe s’inscrit dans la continuité de la précédente. Cette conception presque naïve du libre-échange, forcément synonyme de croissance retrouvée et d’avenir radieux, laisse sceptique celles et ceux qui, comme moi, mesurent les menaces que certains accords commerciaux font peser sur l’industrie européenne et ses salariés.

Si la compétence de la commissaire suédoise n’est pas en cause, ses réponses montrent clairement que Juncker ne compte pas revenir sur le mécanisme de règlement des différends très contesté (ISDS) dans l’accord de libre-échange avec le Canada (CETA) et, même si sa position marque un progrès, elle reste ambiguë quant à son inclusion dans le traité transatlantique en cours de négociation avec les États-Unis.

Plus globalement, il me semble que la Commission Juncker ne tient pas compte des messages envoyés par les électeurs lors des dernières élections européennes. Si le style Juncker diffère de celui de Barroso, l’orientation politique du nouvel exécutif, en dépit des efforts louables des socialistes, reste imprégnée d’une idéologie qui a menée l’Europe dans une impasse économique et sociale

Certes, il y a la promesse faite par le nouveau Président d’un plan de 300 milliards d’euros d’investissement : mais, en l’état, rien n’indique que ce plan verra le jour. Le risque est que cette annonce rejoigne le cortège des promesses non tenues, des 120 milliards du “pacte de croissance” censé avoir été la contrepartie en 2012 de la ratification par la France du TSCG à la “garantie jeunesse” dont la mise en place avait été présentée en 2013 comme un instrument décisif de lutte contre le chômage des jeunes d’Europe.

Alors même qu’en réalité l’Union européenne reporte aujourd’hui le paiement de ses factures d’une année sur l’autre faute d’un budget suffisant pour faire face à ses engagements, ces hypothétiques 300 milliards ne pouvaient suffire à justifier un blanc-seing au collège de commissaires qui nous était présenté.

J’entends ceux qui disent “c’est mieux que si c’était pire”. Mais j’estime que ce n’est pas la réponse adaptée à l’urgence du moment.

C’est donc en cohérence avec mon vote contre Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission en juillet dernier que je me suis prononcé.

Alors que l’enjeu de la législature 2014-2019 est bien de savoir si nous parvenons à redonner un sens au projet européen pour les citoyens des pays membres de l’UE, j’estime rester ainsi fidèle à mes engagements pris devant les électeurs. C’est en effet le programme socialiste de réorientation de la construction européenne qui m’a permis de devenir eurodéputé et je ne retrouve pas à l’heure actuelle l’objectif de relance économique et de justice sociale dans la feuille de route de la Commission Juncker.

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 09:13

Monsieur Gattaz, le droit d’information des salariés, en amont d’une reprise ou d’une transmission d’entreprise, doit être rapidement appliqué !1202999_2898144_800x400.jpg

La dernière mode dans ce pays est de considérer qu’une loi à peine votée doit être nulle et non avenue.

Monsieur Gattaz se sent autorisé à demander l’abrogation d’une partie de la loi économie sociale et solidaire qui a été votée en juillet et parue début août au Journal Officiel. Dès le début, le MEDEF a refusé toutes dispositions visant à l’information des salariés en amont d’une reprise ou d’une transmission d’entreprise.

D’abord parce qu’il s’agit d’un droit bien légitime pour celles et ceux qui auront à subir une éventuelle fermeture, un changement de patron etc…les salariés ne sont pas des pions.

Ensuite car ils doivent pouvoir, s’ils le souhaitent, proposer une reprise par les salariés, sous une forme qui peut également être coopérative. Chacun voit bien que c’est aussi très utile pour le pays car cela permet d’éviter certaines délocalisations.

La loi demeure très modérée, puisqu’elle ne reprend pas l’engagement de François Hollande quant à la priorité accordée aux salariés en cas d’offres de reprise équivalentes, pour reprendre l’entreprise.

Mais informer les salariés c’est déjà trop pour M.Gattaz quand dans bon nombre de pays européen cela parait naturel.

De surcroit M.Gattaz qualifie ce texte comme très caractéristique des complexités inventées par l’administration. Il n’a pas suivi les débats au Sénat, car c’est là qu’a été affinée une mesure qui  doit  permettre d’informer en amont et régulièrement les salariés. Des milliers de PME ferment, faute de repreneurs et faute d’un examen assez tôt des différentes possibilités de transmission ou de poursuite de l’activité. Actuellement, quand les salariés apprennent la cessation d’activité, il est bien souvent trop tard…

Oui, les salariés aiment leur entreprise et ne se résignent pas à la voir fermer ou reprise par des prédateurs financiers.

On ne saurait admettre que le Parlement soit bafoué en remettant en cause son travail, ses choix et son vote. Le gouvernement doit rapidement sortir les décrets d’application de cette loi qui, rappelons le, a été voté par toute la gauche.

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 16:29

logo_ecole_formation_MLGL'école de formation de Maintenant la Gauche a commencé ses séances depuis le lundi 29 septembre dernier. La première animée par Frédéric Faravel était consacrée à "l'histoire du socialisme français des origines à 1969" ; la seconde, qui s'est déroulée le lundi 6 octobre, était animée par David Cayla et consacrée aux "origines des crises économiques internationales : accidents ou logique du système ?"

Maintenant-la-Gauche-2-2820.JPGAnnoncée et attendue, tant par les participants que par les camarades en région qui n'ont pu assister à ses séances, la plateforme web de l'école de formation est désormais en ligne ! Vous pouvez dès maintenant y accéder à l'adresse http://ecole-formation-maintenantlagauche.fr/

Vous y trouverez les premières vidéos des séances de formation, ainsi que des documents pédagogiques complémentaires. Vous pouvez évidemment utiliser ce support pour des formations collectives en région.

Vous y trouverez également - et la mise à jour sera faite au fur et à mesure - la liste des formateurs et intervenants de l'école et le calendrier des futures séances.

Cette plateforme web est bien évidemment améliorable, elle a vocation à évoluer avec le temps ; dans tous les cas, nous tenons à remercier vivement nos camarades Jean-Pierre Coté et Sébastien Fontagneu qui ont permis qu'elle voit le jour dans des délais relativement courts.

Pour mémoire les prochaines séances actuellement programmées sont les suivantes :

  • Lundi 20 octobre, Réforme territoriale : progrès ou danger pour la République ?, avec Marie-Noëlle Lienemann
  • Lundi 3 novembre, Après une cinquième République monarchique, quelle VIème République pour les socialistes ?, avec Emmanuel Maurel
  • Lundi 17 novembre, L’évolution du droit du travail. Le «dialogue social», outil de progrès ou instrument de régression ?, avec Étienne Colin, avocat spécialisé en droit social
  • Lundi 24 novembre, Le socialisme français depuis le congrès d'Epinay. Quel avenir pour le PS ?, avec Frédéric Faravel
  • Lundi 1er décembre, La gauche et la construction européenne : repères et concepts, avec François Lafon, historien

Nous vous rappelons qu'il est nécessaire de s'inscrire avant chacune des séances de l'école de formation en écrivant à l'adresse électronique de l'école : formation.maintenantlagauche@gmail.com - vous pourrez également le faire depuis la plateforme web. Les séances se déroulant jusqu'à nouvel ordre dans des salles de l'Assemblée Nationale, il est impératif d'avoir sur soi une pièce d'identité pour accéder au lieu de formation.

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