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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 14:24

Questions à Bolewa Sabourin, collectif Jeudi Noir

Questions à Bolewa Sabourin, collectif Jeudi Noir Questions à Bolewa Sabourin, étudiant, membre de l’association Jeudi Noir. Le collectif Jeudi Noir a été créé en 2006 par des militants de Génération-Précaire pour attirer l’attention des medias et du public sur la flambée des prix des loyers qui interdit à nombre de personnes de se loger. Le groupe pratique des happenings festifs. Il n’est pas rare que quinze ou vingt militants débarquent dans un appartement à louer (type 10 m2 pour 500 € mensuels) avec confettis, musique, mousseux… et journalistes. Même chose dans des agences immobilières qui proposent ce type de locations… Le nom de Jeudi noir fait référence au crack boursier de 1929 et au jour de parution des petites annonces du journal De particuliers à particuliers.

Quand es-tu devenu membre du collectif Jeudi noir ?

Après les dernières Universités d’été du MJS où l’un de ses créateurs, Jean-Marc Delaunay avait fait une intervention sur la notion de désobéissance civile. Il a terminé en nous appelant à rejoindre le squat du passage de la Bonne-Graine à Paris. Le lendemain, j’y étais ! Nous y sommes restés jusqu’à ce que nous acceptions de partir contre la promesse du propriétaire d’abandonner toutes poursuites. Puis nous avons « pris la Marquise » place des Vosges !

« La Marquise » ?!…

C’est l’hôtel particulier de la place des Vosges où est née la marquise de Sévigné ! Ses 1000 m2 sont inoccupés depuis 1965. Une riche héritière l’a acheté en 1963 à un Américain. Elle a commencé à le faire rénover, puis tout s’est arrêté. Maintenant, cette dame a 87 ans. Elle vit sous tutelle en maison de retraite. On squatte à une trentaine. Nous avons été condamnés à quitter les lieux par le tribunal administratif, mais nous avons le soutien de la mairie de Paris, d’associations et d’élus. Cela nous a permis d’avoir la garantie de ne pas être expulsés avant le 22 mars.

Quelles sont les principales revendications de Jeudi Noir ?

Il y a à Paris 2,5 millions de m2 de bureaux vides et 136 000 logements vides. On en compte au total 800 000 dans toute la France. Parallèlement, il y a 3,3 millions de mal logés en France. Parmi eux, 1,4 million sont en attente de logements sociaux. Nous demandons la réquisition des logements vides, le gel des loyers, des constructions massives et l’augmentation de la taxe sur les logements vacants. Les grosses sociétés immobilières préfèrent payer cette taxe plutôt que de louer à prix modérés. Il faut que cette taxe soit vraiment dissuasive. D’autres initiatives peuvent être mises en œuvre, comme à Paris avec l’opération « Louer solidaire ». En partenariat avec des associations, la Ville garantit le paiement des loyers à des propriétaires-bailleurs.

Avez-vous l’impression que les choses bougent ?

L’idée était de médiatiser notre combat pour le faire connaître et sensibiliser les esprits. De ce côté-là, c’est plutôt réussi. Nous avons été reçu par Christine Boutin et Benoist Apparu à qui nous avons fait part de nos propositions. Pour la première fois, la Ville de Paris et de grands élus soutiennent un squat. Nous mobilisons des représentants de toutes les familles politiques. Des experts viennent régulièrement débattre avec nous. Il faut tenir bon pour que nos propositions soient enfin mises en œuvre.

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