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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 16:12

Le Monde Magazine - samedi 13  octobre 2012

POLITIQUE

Portrait-Emmanuel-Monde-Mag.JPGEmmanuel Maurel, nouvel ailier gauche. Il a repris le flambeau de Benoît Hamon, entré au gouvernement. Et compte bien faire entendre sa motion au congrès du PS, à Toulouse.

D’Emmanuel Maurel, ses camarades socialistes n’oublient jamais de rappeler qu’il est, avec un certain Jean-Marc Ayrault, « un des derniers poperenistes du parti ». Ce qui ne rajeunira personne.

L’intéressé, auteur de Jean Poperen, une vie à gauche (éd. L’Encyclopédie du socialisme), assume l’héritage de cet ancien communiste passé au PS, disparu en 1997. Numéro 2 du parti pendant le premier septennat mitterrandien, il avait été ministre de Michel Rocard qui fut longtemps son adversaire. Emmanuel Maurel, 39 ans, premier signataire de la motion 3 « Maintenant la gauche ! » apparaît à ce titre comme le nouveau porte-drapeau de l’aile gauche du parti qui tiendra son congrès à Toulouse, du 26 au 28 octobre. Le vice-président de la région Ile-de-France, qui découvre l’exposition médiatique, dit s’entendre « aussi bien avec François Hollande, Jean-Marc Ayrault qu’avec Martine Aubry ». Il souhaite aussi que le PS « discute » avec le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon.

Emmanuel Maurel a repris le flambeau de Benoît Hamon, jusqu’alors leader du courant mais devenu ministre et parti rejoindre la motion de la direction mitonnée par Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault. Maurel nouveau gardien de l’étage gauchiste de la « vieille maison » socialiste ? « Notre motion n’est pas très à gauche, je suis un socialiste raisonnable : notre fil rose, c’est la redistribution des richesses au profit du travail », assure, entre deux bouffées de cigarette roulée, l’impétrant. Il ose quand même parler de « nationalisation », comme au bon vieux temps du Programme commun, et n’a pas de mots assez durs contre le traité budgétaire européen ou l’objectif de réduction des déficits à 3 % du PIB.

Le jeune et plus médiatique Jérôme Guedj aurait pu être choisi pour conduire la motion. Contre toute attente, c’est le discret Maurel qui a été désigné car « il offre moins d’angles d’attaque aux partisans de Benoît Hamon agacés par cette
manoeuvre », décrypte un spécialiste du PS. Certains esprits méfiants le soupçonnent de continuer à rouler en cachette pour Hamon.

Lui répond que leurs derniers échanges « corrects, mais virils » prouveraient plutôt le contraire. Convaincu d’être un « lanceur d’alerte constructif » au service de François Hollande, il parie sur un score supérieur à 10% au congrès de Toulouse.

Bastien Bonnefous

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