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12 avril 2010 1 12 /04 /avril /2010 16:44

Le porte-parole du Parti Socialiste, Benoît Hamon, lors d'une conférence de presse, le 12 novembreGauche. Benoît Hamon définit des objectifs économiques et sociaux pour le Parti socialiste.

Libération - samedi 10 avril 2010 - Interview par DAVID REVAULT D'ALLONNES, MATTHIEU ECOIFFIER

Le porte-parole du Parti Socialiste, Benoît Hamon, lors d'une conférence de presse, le 12 novembre 2009 à Paris (AFP Bertrand Guay)

Benoît Hamon, leader de la gauche du PS, organise samedi à Paris un colloque pour «dépasser le libre-échange». Façon de peser sur la «convention pour un nouveau modèle de développement» du parti, pilotée par Pierre Moscovici et fixée au 29 mai.

Comment entendez-vous imprimer votre marque sur le projet socialiste ?
Alors que certains entendent profiter de la crise pour ne rien changer ou expliquent, comme Eric Woerth ou Xavier Bertrand, qu’il n’y a pas d’autre issue que de travailler plus pour une plus petite retraite, il s’agit de profiter de cette opportunité pour proposer un nouveau modèle. On ne peut pas être le parti du désespoir et, au motif que c’est la crise, n’avoir rien d’autre à dire que «l’épreuve va être longue».


Vous seriez des «idéalistes» face aux «réalistes» ?

Les prétendus réalistes expliquent qu’ils ne vont pas faire grand-chose, mais le faire sincèrement. Nous, nous allons proposer des solutions. Si le débat est entre «radicaux» et «modérés», il sera vain. Pour nous, ce colloque ne doit pas être un moment de différenciation.


Vous avez pourtant choisi le thème, sensible au PS, du libre-échange…
La classe politique, sans l’avouer tout à fait, a évolué sur ces questions. Nicolas Sarkozy propose aujourd’hui une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne. C’est une évolution positive. On peut à nouveau concevoir que l’UE protège ses intérêts, ce qui n’allait pas de soi il y a encore quelques mois. Mais les taxes aux frontières doivent aussi intégrer les normes sociales entre les pays, pas seulement environnementales. Nous ne sommes pas contre le libre-échange. Nous lui préférons le juste échange.


Vous prônez une «relocalisation du tissu industriel». Comment faire ?
Quand on fait un plan d’aide à l’automobile, on ne peut pas se contenter d’une charte expliquant qu’on n’accepte pas les délocalisations ! Il faut fixer des règles conditionnant les aides au retour du public dans le capital des entreprises et la relocalisation de la production sur le territoire européen. Le régime européen des aides d’Etat ne peut plus nous placer en situation de désarmement unilatéral par rapport aux Etats-Unis, au Japon ou à la Corée.

Que pensez-vous de la proposition de Manuel Valls de suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ?
Si l’on intègre l’ISF à un grand impôt sur le patrimoine, ponctionnant davantage ceux qui vivent de la rente et du travail des autres, c’est formidable. Si c’est pour supprimer l’ISF purement et simplement, là, il y aura un problème.


Et la réforme de l’imposition sur le revenu ?
Nous sommes pour un impôt fusionnant l’imposition sur le revenu et la CSG et créant une tranche d’impôt supplémentaire pour améliorer la progressivité. Un impôt ponctionné à la source, plus transparent et plus juste. Mais, pour nous, l’objectif de la réforme fiscale est aussi d’améliorer le rendement de l’impôt et de dégager davantage de ressources pour les politiques publiques.


Le terme «dépense publique», dans un contexte de déficit, n’est donc pas tabou ?
Nous ne devons pas être des fétichistes de la dette. Je suis favorable aux politiques contracycliques : quand on est en période de crise, la puissance publique doit prendre le relais, quitte à creuser les déficits. Et quand ça va mieux, affecter l’excédent en priorité à la réduction de la dette. L’objectif du PS n’est pas de faire élire en 2012 le Papandréou français qui mènera une politique d’austérité.


Serez-vous candidat aux primaires ?
Si nous portons un projet ambitieux de gauche, on peut se demander s’il est nécessaire qu’il y ait un candidat de la gauche du parti aux primaires : juste pour figurer et se compter ?

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