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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 16:13

- Le nouvel Observateur - Publié le 10-02-2014 à 15h11

L'aile gauche du PS n'est pas favorable au pacte de responsabilité, qui prévoit une baisse des cotisations patronales. Explications d'Emmanuel Maurel, du bureau national du PS.

1390661 10201999010448869 1924398699 nLe Pacte de responsabilité va-t-il signer le retour des divisions dans les rangs socialistes ? Ce lundi 10 février après-midi, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et le ministre du Travail Michel Sapin discutent de l'engagement de François Hollande de réduire le coût du travail pour les entreprises, en échange de la création d'emplois, lors d'un séminaire réunissant élus de la majorité et économistes. Mais dès ce matin, des membres de l'aile gauche du PS, d'Henri Emmanuelli à Marie-Noël Lienemann en passant par Paul Quilès et Jérôme Guedj, ont fait connaître leur opposition aux principes même de ce pacte, dans un texte intitulé "Il n'y a pas qu'une seule politique possible", publié sur Mediapart. Interview d'Emmanuel Maurel, membre du bureau national du Parti socialiste.

Vous publiez un texte contre le Pacte de responsabilité. Pourquoi ?

Il y a des présupposés qui méritent d'être questionnés. Nous pensons que le coût du travail n'est pas le problème principal de la compétitivité. Il n'est pas non plus pertinent de réduire les dépenses publiques de 50 milliards d'euros en période de croissance atone. Et nous avons déjà eu un pacte, le pacte de compétitivité, dont nous n'avons pas encore mesuré les effets.

Vous opposez-vous au choix désormais clair de l'exécutif d'une politique de l'offre, de soutien aux entreprises ?

Traditionnellement, les socialistes ont une position équilibrée. Nous n'opposons pas relance de la demande et soutien de l'offre, ni d'ailleurs dépenses publiques et croissance. Mais nous donnons ici l'impression d'être tourné uniquement vers l'offre, alors que la question de la demande est centrale. Ce n'est pas un hasard si les Allemands et les Américains vont mettre en œuvre un salaire minimum. Ils ont compris qu'il fallait soutenir la demande.

Estimez-vous néanmoins que le coût du travail est l'un des éléments problématiques de la compétitivité française ?

Non. Le problème de compétitivité vient surtout du coût du capital. Entre 1999 et 2008, les entreprises allemandes ont réduit leur taux de dividendes de 10%. Pendant ce temps, les entreprises françaises l'augmentaient de 50%. S'il y a des contreparties à demander aux entreprises dans le cadre du Pacte de responsabilité, c'est surtout qu'elles réorientent leurs profits vers l'investissement. Mettons tout sur la table : salaires, embauches, droits des salariés, politique de dividendes. Ce sont plus que des contreparties, ce sont des conditions économiques.

Dessinez-vous également des lignes jaunes pour la remise à plat de la fiscalité ?

Ce n'est que le début des discussions. Il y a un débat sur la progressivité de la Contribution sociale généralisée (CSG). La fiscalité des entreprises aussi posent problème, parce que les grosses paient moins d'impôts que les petites. Or l'une des clés de la croissance, c'est le retour de l'activité pour les entreprises petites, moyennes ou intermédiaires.

Vous défendez la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu. Êtes-vous d'accord avec le gouvernement sur le fait qu'elle est difficilement réalisable durant le quinquennat ?

C'est une réponse de technocrate de Bercy. Le Parti socialiste défend cette réforme depuis dix ans. François Hollande l'a reprise dans son programme présidentiel. Ce sont les personnes de l'administration qui nous ont aidés à faire notre programme qui nous expliquent aujourd'hui que ce n'est pas faisable

Le ton était monté entre l'exécutif et sa majorité lors des discussions budgétaires à l'automne dernier. Marchez-vous sur des oeufs ?

Nous sommes inquiets à l'approche des municipales. On veut faire réussir la gauche en gagnant la bataille de l'emploi. Pour cela il faut une mobilisation générale. Il faut donc que tout le monde se retrouve dans la politique que nous menons. D'où l'importance de la redistribution, et donc de la réforme fiscale lancée par Jean-Marc Ayrault.

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