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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 08:46

Le FigaroFrançois-Xavier Bourmaud - 18 février 2014

À l'approche des élections municipales, l'aile gauche du PS impute au pacte de responsabilité le désamour de l'électorat de gauche à l'égard des candidats socialistes.

5_debats_divisent_PS.jpgD'abord ils se sont tus. Désarçonnés par l'annonce surprise du pacte de responsabilité le 14 janvier dernier par François Hollande lors de sa conférence de presse semestrielle, les tenants de l'aile gauche du PS ont d'abord mis leurs critiques de côté. À l'approche des élections municipales, difficile de prendre le risque de diviser la gauche une fois de plus. Puis, au fil des sondages de plus en plus mauvais pour le PS, ils ont commencé à parler, jusqu'à imputer au pacte de responsabilité le désamour de l'électorat de gauche à l'égard des candidats socialistes.

La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann a ainsi mis en garde contre le pacte assurant qu'un tel projet provoquerait de «graves désillusions du peuple de gauche» et permettrait «à la droite et à l'extrême droite de relever la tête». «La réalité, c'est que les malheureux maires, les militants qui font du bon boulot dans leur mairie vont s'en prendre plein les gencives par l'abstention», mettait-elle en garde la semaine dernière.

Pour le député Pouria Amirshahi, «petit à petit, on fait de la finance un allié plus qu'un adversaire, ça pose des problèmes de cohérence avec la parole donnée mais surtout d'efficacité». Des inquiétudes renforcées par l'attitude ambivalente du patron du Medef sur le sujet qui, tout en se satisfaisant des baisses de charges annoncées, rechigne à s'engager sur les contreparties à y apporter. «Il faut que Pierre Gattaz arrête de parler (…), qu'il se mette à la table et qu'il négocie sérieusement comme le demandent les syndicats», a assuré mardi le ministre délégué à l'Économie sociale, Benoît Hamon, ancien leader de l'aile gauche du PS.

En attendant, les allers-retours du patron des patrons alimentent à gauche l'idée d'une collusion entre François Hollande et les grands dirigeants d'entreprises. «Le président de la République est au plus bas dans la confiance des Français. Il sait bien que FO, la CGT, les Verts, le Parti communiste, le Front de gauche et une aile de plus en plus importante du PS ne sont pas d'accord. Je veux bien que l'on croit que dans la VRépublique, on peut gouverner ainsi… Ça ne tiendra pas», professe la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann.

Avec Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, membres du bureau national du PS, elle a cosigné une lettre ouverte au premier ministre dans laquelle ils déplorent que le projet de François Hollande fasse la part trop belle au patronat, sans qu'il y ait de véritable engagement de ce dernier en matière de contreparties à la baisse des charges pour les entreprises.

À la gauche du PS, cette défiance à l'égard de la politique de François Hollande a déjà trouvé sa traduction. Notamment au sein du Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon qui a annoncé que pour les élections européennes, il présenterait des listes «anti-pacte de responsabilité». On ne peut pas faire plus clair. Un état d'esprit contagieux au PS ? Les opposants au pacte de responsabilité l'assurent. Mais rien n'est moins sûr.

Selon les soutiens de François Hollande au sein de la majorité, le pacte de responsabilité est en fait largement approuvé chez les députés, «à 80%», dit-on. Marie-Noëlle Lienemann évoque pour sa part un désaccord de «30%» du bureau national du PS. Suffisant pour empêcher le pacte ? Pour l'heure, il n'est question que d'obtenir des contreparties.

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