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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 11:28

La convention nationale du samedi 29 mai 2010 a adopté ce texte qui marque un ancrage à gauche du Parti socialiste. Un Monde d’avance a considérablement pesé sur l’élaboration et la direction de ce texte. Tous nos amendements ont été acceptés lors des séances de travail. Raison pour laquelle nous n'avons pas présenté de texte alternatif.

Vous pouvez télécharger ici le texte définitif adopté par les délégués socialistes de la Convention.

La tentation d’une « troisième voie » qui faisait de la social-démocratie une simple ambulance pour les grands blessés des catastrophes générées par le libéralisme, semble définitivement écartée. Foin des rustines, on évoque aujourd’hui « la faillite d’un système ». Place à une critique constructive de la période 1997-2002, où si l’on se félicite des « créations d’emplois, des 35 heures, de la CMU, de la parité et du PACS, on admet n’avoir « pas engagé le changement profond de modèle de société qui était nécessaire »… où l’on regrette qu’en Europe « la social-démocratie ait parfois cédé du terrain à l’idéologie de ses adversaires »… où l’on écrit que « la crise actuelle donne à la gauche une occasion historique de reprendre l’initiative parce qu’elle doit construire un nouveau projet de transformation de la société »… où l’on clame haut et fort que le monde a besoin des valeurs du socialisme que sont l’égalité, la justice et le progrès social. Nombre des combats d’Un Monde d’avance figurent en bonne place dans ce texte.

Ainsi de la remise en cause de la répartition de la richesse entre le capital et le travail, par exemple. Ainsi aussi de l’idée selon laquelle aucune alternative n’est possible à politique budgétaire, monétaire, commerciale et sociale constante. Réhabiliter le rôle de la puissance publique est également une volonté que nous portions depuis longtemps… et contre vents et marées. En découlent divers corollaires : la régulation des marchés financiers ; l’exigence de la fin du secret bancaire ; la séparation entre banque de détail et banque d’affaires ; la création d’un pôle financier public ; la mise sous tutelle d’entreprises qui licencient alors que leur situation économique ne le justifie pas.

En outre, le retour au statut public de la Poste est clairement énoncé ainsi que dans un autre domaine, le soutien massif de l’État à l’économie sociale, aux PME et aux TPE.

Et puis, le Parti socialiste fait enfin sienne la théorie de politiques budgétaires contracycliques : en période de crise, « l’État doit pouvoir financer les politiques de relance nécessaires » ; en revanche, en période de croissance « les excédents doivent être affectés au désendettement ». Dans le même temps, il se prononce pour une augmentation du SMIC et des bas salaires, pour les 35 heures et le repos dominical. Le tout adossé à une grande réforme fiscale, fusionnant impôt sur le revenu et CSG, remettant à plat niches fiscales et sociales et imposition du patrimoine et successions, et instaurant la taxe Tobin sur les transactions financières.

Enfin, le dogme du libre-échange que nous dénoncions depuis des années a fait long feu. Le texte opte pour un « juste-échange » et la mise en œuvre d’outils tels que les tarifs extérieurs communs et les clauses de sauvegarde.

Le travail effectué par la gauche du Parti depuis des années porte donc ses fruits.

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