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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 08:38

Hamon : « Ce serait grave qu'on répète l'erreur du SPD »

« On va parler de ces élections allemandes », prévenait Benoît Hamon dimanche soir, dès les prémices de résultats connus. Dans un entretien accordé ce lundi à Rue89, le porte-parole du PS décrypte les leçons à tirer de la défaite des socialistes en Allemagne pour son parti et pour toute la gauche française :

« Je trouve que ce serait une erreur grave qu'au Parti socialiste ou que du côté d'un certain nombre de nos partenaires, on répète l'erreur des sociaux-démocrates allemands, qui a été de refuser le rassemblement de la gauche. » (Voir la vidéo)


« Voilà où mène la division à gauche », conclut Benoît Hamon après les législatives allemandes, qui ont vu le SPD s'effondrer (23%, -11% par rapport à 2005), permettant à Angela Merkel et à la CDU (33,4%) de constituer une coalition de centre-droit avec les libéraux du FDP (14,7%), en lieu et place des sociaux-démocrates.

Cette « erreur » du SPD, ce serait son « refus de dialoguer, de construire un programme commun et de gouverner avec une autre composante de la gauche », le parti Die Linke, qui est passé de 8,7% en 2005 à 12,6% dimanche. Selon le porte-parole du PS, « il n'y a pas d'autre analyse possible » :

« Cette division-là (…) produit un résultat qui est l'affaiblissement général de la gauche, parce que même si le Linke monte, le SPD descend tellement (…) que le total gauche fond. »

« Une forme d'oukase vient de la gauche radicale »

Pour que pareille issue ne se répète pas en France, Benoît Hamon plaide pour la réconciliation de la gauche de la gauche avec le PS. Il s'agace quand il entend, comme à la Fête de l'Humanité, que « ces deux gauches sont irréconciliables sur le plan programmatique ».

Il affirme, qu'a contrario de l'exemple allemand, le problème ne provient pas en France des socialistes, mais d'une « partie du NPA » (Olivier Besancenot refuse de participer à des exécutifs régionaux socialistes) et de « l'essentiel du Parti de Gauche » (Jean-Luc Mélenchon rejète toute alliance avec le PS) :

« Quand on regarde la situation française, vient de la gauche radicale une forme d'oukase qui veuille que le dialogue ou toute forme de gouvernement avec le Parti socialiste est impossible. (…)

Ça relève de la stratégie de candidats à la présidentielle que de dire qu'il y a une frontière étanche sur le plan programmatique. » (Voir la vidéo)


« Je m'opposerai à des alliances avec le MoDem »

Reste que c'est avec les partenaires de gauche, « du NPA au PRG », que le porte-parole du PS entend discuter. Il ne « croit pas du tout » à « une gauche qui va du NPA au MoDem ». Il referme la porte entrouverte au MoDem par Martine Aubry à l'université d'été du PS : « Je m'opposerai à cette stratégie-là. » Et de marteler :

« Partout où la force locomotive de la gauche, en l'occurrence souvent le Parti social-démocrate ou le Parti socialiste, a modifié son schéma d'alliances et s'est tourné vers la droite, il a perdu les élections et il a immédiatement fait fondre la gauche. »

Une gauche dans laquelle Benoît Hamon inclut évidemment les Verts, tout en restant pour le moment beaucoup plus prudent concernant le mouvement Europe Ecologie dans son ensemble, dont le leader Daniel Cohn-Bendit s'est dit favorable à une alliance avec le MoDem :

« Si les Verts, qui est un parti politique de la gauche, se transforme en lobby écolo, en direction de tous les pouvoirs, je trouve qu'ils perdent en qualité d'engagement et de valeur ajoutée. » (Voir la vidéo)


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