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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 13:38

Posté par Benoît HamonRassembler la gauche (suite)

Daniel Cohn Bendit a répondu et c’est niet ! À ses yeux les listes écologistes doivent « concurrencer le PS et le MODEM au premier tour ». Je parle rassemblement, il me répond concurrence. Soit ! Ma proposition était honnête. Il m’a semblé légitime de poser la question de la gouvernance des régions pour ne pas donner de mauvais prétexte à la division. Trop facile de vouloir rassembler quand on ne partage que les programmes mais jamais les responsabilités. Il n’y avait aucune subtilité tactique dans cette proposition. Juste une manière de proposer un dialogue qui ne soit pas bidon parce qu’il occulterait la question de la gouvernance des régions.

Le mérite de la démonstration n’en est que plus clair. Daniel Cohn Bendit propose la concurrence puis les arrangements d’entre deux tours, là où nous cogérons des régions depuis 6 ans et proposons sans préalable ni tabou, d’élaborer ensemble nouveaux programmes, nouvelles équipes et nouvelle gouvernance.

Pour motiver son refus, Daniel Cohn Bendit a évoqué un "socialisme européen moribond" et appelé les militants écolos à s’y substituer. Pour vous faire un avis vous-mêmes, lisez la tribune de Poul Nyrup Rasmussen, président du PSE (Parti Socialiste Européen) sur le bilan sans concession qu’il tire des élections européennes. Je ne suis pas mécontent de ses conclusions.

Dont acte ! Cela engloutit-il la proposition de listes d’union de la gauche dès le 1er tour des élections régionales ? Au contraire.

Je maintiens ma proposition et l’adresse à tous les écologistes et militants ou responsables de gauche, soucieux de l’intérêt général. Je maintiens ma proposition et réaffirme que le message principal venu de nos électeurs lors des élections européennes est un appel à l’unité de la gauche même si cet objectif ne doit en rien atténuer notre diversité politique et l’urgence d’une transformation en profondeur des idées et des pratiques.

Mais quand le E-day de l’écologie s’achève par une invitation à soutenir Fillon comme Président de la Commission européenne parmi une brochette de candidats acceptables qui comprend aussi le Vert Fischer, les libéraux Verhofstadt ou Robinson, le socialiste Rasmussen, permettez-moi de dire ma stupéfaction.

Où est la politique là-dedans ? Je vois bien le calcul, mais où est la politique ? Où est la différence entre Barroso et Fillon ? Où est la différence pour les salariés européens victimes de la concurrence fiscale et sociale ? Où est la différence pour le citoyen européen inquiet de l’absence de politique énergétique européenne et de la timidité des objectifs en matière de réduction des émissions de CO2 ? Si le supplément d’âme de l’écologie politique se réduisait au delta qui sépare Barroso de Fillon sur le fond, il y aurait là une immense imposture. Ce n’est pas ce que je crois.

Ce que je crois, c’est qu’il est temps de rompre avec cette compétition absurde à gauche dont aucun d’entre nous n’est jamais vainqueur puisqu’elle couronne au final la droite à chaque fois. La scène européenne en offre une nouvelle version, le Président du groupe socialiste européen Martin Schulz pourrait soutenir en octobre prochain Barroso contre un mi-temps à la présidence du Parlement Européen face à un président des Verts européen, Daniel Cohn Bendit défendant son propre champion de droite qu’il s’agisse de Fillon ou Verhofstatdt. Qui sortira vainqueur de ce duel importe peu, les perdants sont déjà connus, ce sont les électeurs de gauche européens. Ne les laissons pas faire.

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