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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 17:16
Etats généraux de l'outre-mer : "On cherche à nous mettre sur la touche"
LEMONDE.FR | 22.04.09 | 21h04  •  Mis à jour le 23.04.09 | 10h08

e volet métropolitain des états généraux de l'outre-mer s'est ouvert mercredi 22 avril. Décidés par Nicolas Sarkozy en pleine crise antillaise, en février, ils ont pour objectif de consulter les ultramarins sur leur avenir. Mais les principaux collectifs contre la vie chère aux Antilles et à la Réunion boycottent les discussions. Michel Monrose, président du Collectif du 5 février à l'origine des trente-huit jours de grève générale en Martinique, et secrétaire général de l'UNSA (Union nationale des syndicats autonomes) départementale, juge ces états généraux "prématurés" dans la mesure où les négociations sur l'île ne sont pas achevées.

Le Collectif du 5 février contre la vie chère et pour l'emploi, avec à sa tête Michel Monrose, a annoncé, jeudi 9 avril, à Fort-de-France son refus de participer aux Etats généraux de l'outre-mer.

AFP/JEAN-MICHEL ANDRE
Le Collectif du 5 février contre la vie chère et pour l'emploi, avec à sa tête Michel Monrose, a annoncé, jeudi 9 avril, à Fort-de-France son refus de participer aux Etats généraux de l'outre-mer.

Pourquoi avez-vous refusé de participer aux états généraux de l'outre-mer ?

Nous sommes engagés depuis le 5 février dans des négociations qui ne sont pas terminées. Il serait donc prématuré de participer à ces états généraux avant d'avoir obtenu satisfaction sur toutes nos revendications. Pour l'instant, deux projets sur lesquels nous travaillons sont notamment en dormance : le schéma martiniquais de développement économique (SMDE), élaboré par le conseil régional de la Martinique, et l'Agenda 21 [un plan d'action en matière de développement durable], mis au point avec le conseil général. Le gouvernement ne s'y intéresse pas.

En ouvrant les états généraux, mercredi, la ministre de l'intérieur et de l'outre-mer, Michèle Alliot-Marie, s'est étonnée de l'absence des collectifs ayant mené les grèves générales. Que lui répondez-vous ?

Michèle Alliot-Marie nous garde rancune car nous avons mis l'Etat français en difficulté pendant plus d'un mois. Nous avons obligé le patronat martiniquais à faire des concessions. Ces gens-là, à grande majorité békée, ne pardonnent pas. Les états généraux n'apporteront rien de plus que ceux organisés par nos collectivités au bénéfice de la population martiniquaise. Tous les accords négociés jusqu'à maintenant, notamment sur les salaires, l'ont été en Martinique avec les collectivités. Le gouvernement veut à tout prix que nous passions par les états généraux de l'outre-mer afin de légitimer les résultats obtenus. Mais nous y rendre mettrait fin à nos travaux. Le gouvernement cherche par ce biais-là à reprendre l'initiative, à nous mettre sur la touche.

Quelles sont vos revendications actuelles ?

Nous sommes bloqués sur la question de l'emploi : nous n'avons rien obtenu de la part du gouvernement. Nous demandons que les emplois qui se libèrent, notamment dans la fonction publique, puissent être occupés par de jeunes Martiniquais diplômés qui se trouvent au chômage. Dans l'éducation nationale, nous revendiquons la priorité aux enseignants martiniquais. Chaque année, des non-titulaires sont au chômage car les postes sont occupés par des enseignants mutés de la métropole. Nous réclamons également le maintien de tous les postes vacants sur l'île, que l'Etat veut supprimer dans sa politique de non-remplacement d'un départ sur deux à la retraite. Enfin, nous suivons de près l'accord sur les salaires, qui devrait être appliqué à partir de juillet. Si d'ici là, nous nous apercevons que les salariés concernés ne reçoivent pas les 200 euros négociés, nous les appellerons à se mobiliser.

Propos recueillis par Audrey Garric

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