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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 14:27
Posté par Marianne Louis Crise sociale et paupérisation des quartiers.La crise, dans la phase sociale, s’accélère. Et la partie émergée de l’iceberg est de plus en plus visible  : le rythme des plans sociaux annoncés et en cours laisse déjà à penser que les hypothèses de pertes d’emplois émises par la droite sont largement sous évaluées.

Tous les « retours » des rencontres, des réunions, des piquets de grèves, que les militants et les élus socialistes multiplient ces derniers mois, convergent : la situation se tend. Absence de perspective alternative en termes d’emploi, brutalité sociale, cynisme du patronat qui après avoir demandé des années de concession aux salariés, des soutiens massifs à la puissance publique, « abandonne » la partie dès qu’elle devient un peu moins florissante pour engranger un maximum de gains… Brutalement des centaines de milliers de personnes sont projetées dans le chômage, le « néant social » et entrent en précarité.

Pendant ce temps, la droite va encore une fois piocher dans les marges de manoeuvre financières de l’Etat : grâce au « le bouclier fiscal » une des mesures phares de la loi Travail, emploi, pouvoir d’achat (Tepa) votée dans la foulée de l’élection de Sarkozy, 458 millions d’euros ont été versés en 2008 à 14.000 contribuables. Et le zoom est encore plus accablant : 288 millions d’euros reversés aux 756 foyers fi scaux les plus riches.

Les éléments d’une crise profonde, d’une crise politique sont posés : en bas on ne veut plus, en haut ils ne peuvent plus…. parce qu’ils ont fait le choix de protéger « les leurs » au lieu de protéger les salariés. L’imprévisibilité des conditions politiques de « sortie de crise » est patente et toutes les hypothèses ne font pas le lit d’une reprise en main politique et coordonnées à l’échelle européenne. Les écueils sont nombreux. Il y a ceux que les sociaux démocrates et avec eux le PS portent en leur sein. Il y a aussi le danger réel d’un abattement généralisé et repli sur soi, traduit, dans les urnes par un retour de l’extrême droite, à la droite dure.

Et dans cette voie, Sarkozy en ajoute au cynisme. Car l’entrée en crise, avant de toucher le salariat industriel a déjà fait des victimes, moins visibles. Avant les plans sociaux et les licenciements massifs, il y a eu la fi n des contrats d’intérim, des CDD, dans les secteurs peu qualifiés, dans le bâtiment, la logistique… la fi n des « petits boulots » qui font survirent des quartiers entiers.

Ce ne sont sans doute pas tous les mêmes, qui, cette semaine se sont affrontés à la Police aux Mureaux et qui la semaine dernière se battaient sur les lignes de RER entre Vigneux et Grigny. Il faut condamner des actes qui viennent conforter la spirale de la ghettoïsation et de la violence pour des milliers de femmes et d’hommes. C’est un fait.

Mais c’est un fait aussi que les tensions sont très vives dans certains quartiers et connaissent une réelle accélération depuis l’entrée en crise.

Ceux qui étaient déjà les plus précaires, sont entrain de basculer massivement dans une situation de paupérisation difficilement soutenable. Outre l’aggravation de la crise sociale, la puissance publique et significativement l’État n’a pas tenu ses engagements dans la mise en oeuvre des programmes de rénovation urbaine et sous couvert de « critère de rentabilité », il met aujourd’hui en péril le tissu associatif, qui favorisait le lien social, l’accès aux droits, l’accompagnement social au logement, l’accès à l’emploi, et à la formation, le soutien scolaire… Les risques d’embrasements sont préoccupants, déjà certains acteurs de terrains tirent la sonnette d’alarme : payement des loyers en liquide, retour de l’économie parallèle…

Les mauvais ingrédients sont dans la cocotte. Sarkozy le sait et au comble du cynisme pour lui la recette n’est pas si mauvaise.

Il lui reste à fermer le tout, à multiplier les contrôles aux entrées et sorties des quartiers, à accentuer le ghetto… surtout ne proposer aucun débouché et continuer avec soin attiser le feu pour provoquer à quelques semaines des élections européenne une fl ambée, et le réfl exe électoral de recours à l’autorité.

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