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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 15:11
Augmenter les plus hauts revenus est devenu contre-productif

Posté par Liêm Hoang Ngoc


Pourquoi à l’UMP, le président du Sénat Gérard Larcher et le député Pierre Méhaignerie remettent-ils en cause maintenant le bouclier fiscal ?

- Pour deux raisons : à la fois au nom de la justice fiscale et au nom de la nécessité économique. En termes de justice fiscale, la droite se rend désormais compte que le bouclier fiscal profite aux plus favorisés. En 2007, 671 contribuables ont reçus un chèque de 231.000 euros. Il s’agit d’une mesure indécente.

Supprimer le bouclier fiscal aurait également un intérêt économique ?

- Le plan de relance est financé par l’emprunt. Il faudra plus tard payer la dette et ses intérêts. Si la croissance (source de rentrées fiscales) tarde à revenir, il faudra tôt ou tard trouver des recettes fiscales. Dans ce cas, on peut difficilement à la fois supprimer le troisième tiers provisionnel de l’impôt sur le revenu des classes moyennes et maintenir le bouclier fiscal.

"En temps de crise, on a besoin de gens fortunés", a déclaré le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale Jean-François Copé.

- Jean-François Copé fait dans la provocation. Mais il apparait de plus en plus clairement que cette politique fiscale est une politique de classe qui accentue les inégalités. Durant les trente glorieuses, les écarts de salaires s’étalaient de 1 à 30. Aujourd’hui ils varient de 1 à 300. Les écarts de revenus sont même plus importants, si l’on tient compte de l’explosion des revenus financiers.

Les grosses fortunes sont-elles indispensables à l’économie d’un pays ?

- Augmenter les plus hauts revenus est devenu contre-productif d’un point de vue macro-économique. Les grosses fortunes épargnent une grande part de leurs revenus. Notre économie souffre d’un excès d’épargne et donc d’une insuffisance de dépenses dans l’économie réelle. Le taux d’investissement dans l’économie réelle baisse depuis 2001. La consommation des classes moyennes et modestes subit la crise du pouvoir d’achat. D’où une croissance chroniquement molle, avant même la crise financière. Les hauts revenus ont par ailleurs alimenté la bulle immobilière qui a entretenu la crise du logement.

Interview de Liêm Hoang Ngoc par Alain Roux (le mardi 17 mars 2009)

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