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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 11:56
Du grain à moudre
par Julie Clarini et Brice Couturier
du lundi au vendredi de 18h30 à 19h15
  Du grain à moudre



  de Brice Couturier

Ecoutez



 
 
émission du jeudi 5 mars 2009
Les étrangers en situation irrégulière sont-ils dignement traités ?

 

 
C’est en cette fin d’après-midi que le président de la Fédération protestante de France, Claude Baty, devait rencontrer le chef de l’Etat pour comprendre les raisons de ce qu’il juge être une marginalisation de la Cimade. La Cimade était jusqu’alors la seule association présente dans les centres de détention, chargée d'une mission d'accompagnement et de défense des droits des étrangers contraints de quitter le territoire. Chaque année elle en faisait un bilan plutôt critique des conditions de rétention faites aux étrangers en situation irrégulière sur le territoire français. C’est pourquoi la décision du précédent ministre de l’Immigration Brice Hortefeux d’ouvrir la mission à la concurrence est interprétée comme une forme de sanction qui aura pour conséquence d’émietter les responsabilités et de rendre les bilans plus difficiles, sans compter qu’elle oblitèrera le principe d’une égalité de traitement sur tout le territoire.
Pourtant la Cimade fait bien son travail. De nombreuses associations s’en d’ailleurs déclarées solidaires ainsi que des parlementaires de droite comme de gauche. Pour preuve de son sérieux, s’il en fallait, elle avait prévenu les autorités publiques de la situation extrêmement tendue que vivait le centre de rétention de Vincennes quelques jours avant son incendie, en juin dernier…mais pourquoi justement cette situation extrêmement tendue ? - c’est ce qui retiendra notre attention-. Pourquoi ces grèves de la faim, ces automutilations, ces tentatives de suicide, qui sont de plus en plus nombreux à être signalés ? Parce que l’on assiste, écrit la Cimade, tout bonnement, à une industrialisation de la rétention. Faut-il contester ce constat ? En tirer les conséquences et multiplier les centres en espérant les rendre décents ou remettre en cause une politique d’éloignement qui se bâtit sur des chiffres ?

  Invités

 
Caroline Izambert.  Membre du collectif Cette France -là

 
Jérôme Martinez.  Responsable national de la CIMADE chargé des questions des droits des migrants et des réfugiés

 
Etienne Pinte.  Député UMP d’Yvelines
Ancien maire de Versailles

 
François Sureau.  Avocat
Membre de l'association Pierre-Claver, (qui fournit un service juridique gratuit d'assistance aux demandeurs d'asile, en même temps que des activités d'insertion et d'alphabétisation)

 
 
           
les livres
 

 
 

 
Collectif Cette France -là
Cette France-là (Volume 1)
6 mai 2007-30 juin 2008
La Découverte - 6 mars 2009


Voir le site

Conçu par les animateurs de l’association Cette France-là, ce livre se propose de dresser un état des lieux annuel de la politique d’accueil, de filtrage et d’éloignement des étrangers menée en France sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Il examine la politique d’immigration de trois points de vue : d’abord celui des hommes, des femmes et des enfants qu’elle prend pour cibles, ensuite celui de ses maîtres d’œuvres et de ses exécutants, enfin celui des arguments avancés pour la justifier. L’ouvrage comprend donc trois parties :
- La première recense un nombre important de cas d’étrangers expulsés ou ayant fait l’objet de mesures d’éloignement. Avec leur accord et l’aide de celles et ceux qui les ont soutenus, on rapporte leur histoire, accompagnée, quand c’est possible, de leur photo : les conditions de leur arrivée en France, leur trajectoire avant d’être pris dans les rets de la politique de maîtrise des flux migratoires, les démarches entreprises pour régulariser leur situation, les tracasseries, voire les persécutions qu’ils ont subies, et les effets de celles-ci sur leur vie.
- Après ces pages consacrées aux personnes visées par la lutte contre l’immigration que N. Sarkozy appelle « subie », la deuxième partie est consacrée à ses agents : elle comprend d’une part une présentation du dispositif juridique et administratif dévolu à la réalisation du projet présidentiel en matière d’ « immigration, d’intégration, d’identité nationale et de développement solidaire », et d’autre part des illustrations du fonctionnement effectif de ce dispositif : pratiques exemplaires du travail des préfectures, de la police, de la justice, mais aussi des autres services publics et des sous-traitants et collaborateurs privés de la politique gouvernementale.
- Enfin, la troisième partie de l’ouvrage s’efforce d’éprouver la pertinence des arguments qui présentent la politique d’immigration de N. Sarkozy, sinon comme une synthèse harmonieuse de fermeté, de justice et d’humanité, du moins comme une nécessité incontournable. On se propose donc de vérifier si les partisans du président de la République sont fondés à se réclamer de la rationalité économique, ou à alléguer le risque démographique et culturel que présente une gestion moins « rigoureuse » des flux migratoires, ou à affirmer que la lutte contre l’immigration irrégulière est une condition nécessaire pour l’intégration des étrangers en situation régulière, ou encore à prétendre que la politique menée est conforme aux principes et aux procédures d’un État de droit exemplaire. La politique dont N. Sarkozy a confié l’exécution au ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire est-elle cruelle pour les hommes, les femmes et les enfants qui la subissent ? Est-elle avilissante pour les agents de l’État qui la mettent en œuvre ? Et, au-delà des effets de cette politique sur ceux qui la font comme sur ceux qui la subissent, est-elle incohérente au regard même des besoins, des dangers et des valeurs dont ses défenseurs font état pour la justifier ?
Cette France-là s’efforce de fournir des éléments de réponse à chacune de ces trois questions. Si l’ouvrage est également destiné à faciliter la tâche des historiens qui, demain, se pencheront sur la présidence de N. Sarkozy, sa principale mission consiste à demander aux édiles d’aujourd’hui et à leurs mandants s’ils sont capables de soutenir - au double sens de supporter émotionnellement et de justifier intellectuellement - ce que les premiers font au nom des seconds. Le premier volume de ces annales couvre la période allant du 6 mai 2007 au 30 juin 2008. Quatre autres suivront en février 2010, 2011, 2012 et 2013.

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