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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 14:12

interview de Mireille Le Corre - secrétaire nationale du PS à la santé et à la sécurité socialeLe gouvernement risque d'ajouter une crise sanitaire à la crise économique et sociale

Décès douteux, manque de places et de personnel, l’hôpital public souffre. Comme le rappelle Mireille Le Corre, secrétaire nationale du PS à la Santé et à la Sécurité sociale, les mesures de réorganisation proposées par la droite vont dans le sens de la privatisation. Alors que l’exigence est d’assurer l’accès aux soins pour tous.

Comment qualifieriez-vous la situation de l’Hôpital public, au regard des derniers évènements ?

Les dernières semaines ont été marquées par plusieurs événements dramatiques à l’hôpital, sur lesquels nous avons réagi régulièrement, par un soutien aux familles et aux personnels concernés, la demande d’enquêtes visant à établir toute la lumière sur ces drames, l’exigence d’une concertation de la Ministre avec les acteurs de la santé. Nous ne devons pas instrumentaliser de tels drames mais refusons tout autant que la ministre fasse porter la responsabilité de ces événements à des seules fautes individuelles ou problèmes organisationnels, avant même de connaître les résultats des enquêtes et en faisant comme si tout allait très bien dans le meilleur des mondes. Les problèmes ne datent malheureusement pas d’aujourd’hui. L’hôpital public vit une crise profonde et le gouvernement prend le risque d’ajouter une crise sanitaire à la crise économique et sociale.

Quelle est la responsabilité de la droite ?

La crise de l’hôpital public est la conséquence de ses choix politiques depuis 6 ans. En 2009, l’hôpital va finir l’année comme en 2008, avec un déficit de près d’un milliard d’euros. 20 000 emplois hospitaliers sont menacés. La droite semble s’étonner des problèmes de permanence des soins alors que c’est elle qui a supprimé les obligations des médecins en la matière avec la réforme Mattei de 2003. Et le projet de loi Bachelot va aggraver la situation de l’hôpital. Il présente le risque majeur de dérive vers un hôpital « entreprise ».

Que faudrait-il faire pour améliorer cette situation ?

Nous exigeons le retrait de ce projet de loi et un dialogue réel avec les professionnels. Nous prendrons nous-mêmes l’initiative d’une concertation avec tous les acteurs soucieux de l’avenir de l’hôpital public et proposerons un plan de sauvegarde de l’hôpital. Des solutions de gauche existent tant en matière de financement (ressources de la sécurité sociale, plan d’apurement de la dette des hôpitaux, système de tarification tenant compte des missions de service public…) que d’organisation de l’hôpital (démocratie sociale et locale, droits des malades, formation continue et reconnaissance du travail des professionnels…) pour préserver cet outil si précieux pour l’égal accès aux soins dans notre pays.

Propos recueillis par Fanny Costes

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