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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 16:43
Le PS veut refuser les plans sociaux d'entreprises bénéficiaires
LEMONDE.FR avec AFP | 08.12.08 | 15h58  •  Mis à jour le 08.12.08 | 16h22

e PS compte proposer que "l'administration du travail" puisse refuser "le dépôt des plans sociaux" par des "entreprises qui gagnent de l'argent", et pour les syndicats de disposer de cette arme face à la crise, a déclaré le nouveau porte-parole du parti, Benoît Hamon, lors de son premier point presse hebdomadaire. L'autorisation administrative de licenciement avait été supprimée en 1987. Réagissant à cette idée que Benoît Hamon avait déjà évoquée dimanche, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a reproché aux socialistes de "répondre à la crise" avec des "idées du XIXe siècle".

"RÉGRESSION INTELLECTUELLE"
S'il a tenté de balayer toute l'actualité, le porte-parole du PS a été rattrapé par les divisions qui continuent de traverser son parti, près de deux semaines après l'élection de la nouvelle première secrétaire Martine Aubry. L'eurodéputé a ainsi raillé les "trois ou quatre socialistes qui se répandent sur les plateaux de télévision" alors qu'il y a "des dizaines de milliers de socialistes qui vont travailler sur le terrain". "Le PS, vous allez voir, sera un peu moins dans le commentaire de sa propre vie et un peu plus à l'extérieur", selon le porte-parole. "Game over", a-t-il lancé à la presse en réponse aux critiques formulées à l'encontre de Martine Aubry par les proches de Ségolène Royal.

Les deux roses
LE MONDE | 08.12.08 | 13h49

e Parti socialiste souffrait, depuis des années, d'un triple manque : de leader capable de s'imposer en candidat incontesté lors de l'élection présidentielle ; d'idées susceptibles de convaincre les Français que les socialistes proposent une alternative convaincante à la droite ; d'alliances indispensables pour l'emporter dans les scrutins nationaux majeurs.
Au terme de six mois de bataille intense - avant, pendant et après le congrès de Reims -, les socialistes ont-ils trouvé le remède à leurs maux ? Pour l'heure, il est permis d'en douter. Certes, ils ont fini par accoucher d'une direction qui témoigne d'un réel renouvellement. Qui aurait pronostiqué, au début de l'été, que Martine Aubry en serait la première secrétaire, Benoît Hamon le porte-parole, que près des deux tiers de ses membres seraient des nouveaux venus rue de Solférino, dont une bonne proportion de jeunes de moins de 40 ans ?

Mais cette équipe hétéroclite va devoir gérer la minorité, pour ne pas dire l'opposition, puissante et revancharde des partisans de Ségolène Royal. La "guerre des deux roses" n'est pas une nouveauté : les affrontements passés entre François Mitterrand et Michel Rocard, puis entre Lionel Jospin et Laurent Fabius n'étaient pas moins rugueux. Ils avaient fini, à chaque fois, par trouver un vainqueur incontesté. Nous n'en sommes pas là, à l'évidence.

Quant aux idées et aux alliances, le moins qu'on puisse dire est qu'elles ne traduisent pas - encore ? - une rénovation en profondeur que bon nombre de socialistes jugent pourtant indispensable. Le "socialisme de gouvernement clairement ancré à gauche", selon la définition de Mme Aubry, comme la gauche plurielle "rose, rouge et verte" qu'elle appelle de ses voeux fleurent bon les années 1990.

Deux tests décisifs attendent Martine Aubry : d'une part, les élections européennes de juin 2009, où elle devra trouver une synthèse improbable entre pro- et antieuropéens de sa majorité ; d'autre part, les élections régionales du printemps 2010, où se reposera concrètement la question des alliances, y compris avec le Modem de François Bayrou. D'ici là, gageons que la guerre des roses continuera de faire rage. Pour le pire, ou le meilleur.

Article paru dans l'édition du 09.12.08

Mme Aubry s'entoure d'une direction renouvelée et rajeunie
LE MONDE | 08.12.08 | 14h18  •  Mis à jour le 08.12.08 | 16h24

e "rassemblement" des socialistes se fera sans Ségolène Royal et les siens. Le conseil national du Parti socialiste, réuni samedi 6 décembre à Paris, a entériné la rupture et la constitution, autour de l'ex-candidate à l'élection présidentielle, d'une minorité au sein du parti. Comme ils l'avaient annoncé la veille, après avoir pris connaissance de la "feuille de route" proposée par Martine Aubry pour les trois ans à venir, les amis de Mme Royal ont refusé toute participation à la nouvelle direction. Ils exigeaient notamment le poste de numéro 2 pour le député européen Vincent Peillon, et la présidence de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains pour Mme Royal.
A l'issue d'une réunion tendue, les partisans de Mme Royal se sont abstenus sur le texte d'orientation soumis au vote. Ce texte, qui prône "l'exigence d'un socialisme de gouvernement clairement ancré à gauche" et consacre un long chapitre à l'exigence d'une "rénovation profonde" du PS, est le résultat d'un compromis entre les trois motions qui se sont alliées pour faire gagner Mme Aubry. Il a été adopté par 146 voix pour et 72 abstentions lors d'un vote nominal, procédure rarissime au PS qu'avaient exigée les "royalistes".

Dans une nouvelle tentative pour se faire entendre - mais en l'absence de Mme Royal comme de celle du premier secrétaire sortant, François Hollande -, les soutiens de l'ex-candidate (Julien Dray, Pascal Terrasse, François Rebsamen et David Assouline) se sont succédé à la tribune pour dénoncer "l'ostracisme" dont ils s'estiment victimes. Leurs 5 amendements au texte d'orientation ont été rejetés. Ils portaient sur des thèmes qui leur sont chers, sur lesquels ils comptent bien continuer à marquer leur différence avec la nouvelle direction socialiste : la politique européenne, l'instauration d'une cotisation "modique" pour adhérer au PS, ou encore l'organisation de "primaires de toute la gauche" pour la désignation du futur candidat à l'élection présidentielle.

"NOUVEAUX" ET VIEUX ROUTIERS

Mme Aubry avait promis une direction féminisée, rajeunie et renouvelée. Sur ces 3 points, elle a tenu ses engagements. Le nouveau secrétariat national est paritaire : 19 hommes, 19 femmes ; 60  de ses membres font leur entrée à la direction du parti ; 40% ont moins de 40 ans. En revanche, la nouvelle direction est moins "resserrée" qu'attendu (38 membres au lieu de 45 pour l'équipe sortante). Parmi les nombreux "nouveaux" figurent l'ex-président de l'UNEF, Bruno Julliard (éducation), la députée strauss-kahnienne de Paris Sandrine Mazetier (immigration) ou Bertrand Monthubert, président de l'association "Sauvons la recherche" (enseignement supérieur et recherche). Toutefois, le premier cercle de la nouvelle direction est solidement charpenté par des hommes-clés, pour la plupart des vieux routiers appartenant aux courants qui ont soutenu Mme Aubry, comme Claude Bartolone, Christophe Borgel ou Harlem Désir. Ce dernier, député européen et principal lieutenant de Bertrand Delanoë, fait partie du carré de tête de l'organigramme. On y trouve aussi François Lamy, nommé "conseiller politique auprès de la première secrétaire", Arnaud Montebourg, chargé de la "rénovation", et, enfin, Benoît Hamon, dont la motion représentant la gauche du PS avait remporté 18,5  à Reims.

Outre 9 postes pour ses proches, M. Hamon obtient la fonction convoitée de porte-parole. Il est passé aux travaux pratiques dès dimanche matin, sur France Info, en demandant "le rétablissement d'une forme d'autorisation administrative de licenciement pour les licenciements boursiers".

Autre poste stratégique, celui des "élections et de la vie des fédérations" est confié au strauss-kahnien Christophe Borgel, tandis que le député de Seine-Saint-Denis et bras droit de Laurent Fabius, Claude Bartolone, récupère les "relations extérieures". La création d'un "laboratoire des idées", sorte de méga- "think-tank" socialiste, est confiée à l'ancien ministre Christian Paul, proche de M. Montebourg, et le "Forum des territoires" à l'ancienne garde des sceaux Marylise Lebranchu. Soucieuse d'apaiser les tensions, Mme Aubry a assuré "à Ségolène Royal" que la porte "resterait ouverte" pour elle et ses proches "pendant les trois années" de son mandat de première secrétaire. "Faux départ" et "mascarade", a répliqué Vincent Peillon, tandis que l'ex-candidate a réaffirmé, dimanche soir sur France 2, qu'elle souhaitait se "mettre à la disposition du parti".

Christine Garin
Article paru dans l'édition du 09.12.08

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