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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 21:55
Benoît Hamon conduit la motion "Un monde d'avance".

- Benoît Hamon en bref
- "Pourquoi Hamon leur fait peur", par Matthieu Croissandeau




Benoît Hamon en bref

Benoît Hamon, né le 26 juin 1967 à Saint-Renan (Finistère), est député européen depuis 2004.
Après avoir obtenu une licence d’histoire, il débute sa carrière en 1991 comme assistant parlementaire du député PS de la Gironde Pierre Brana.
Il est président du Mouvement des jeunes socialistes de 1993 à 1995.
Il devient conseiller pour la Jeunesse auprès de Lionel Jospin, premier secrétaire du PS, de 1995 à 1997. Il entre ensuite au cabinet de Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité, comme conseiller technique chargé de l'emploi des jeunes (1997-1998), puis comme conseiller chargé des affaires politiques (1998-2000). Il a été directeur du planning stratégique de l'institut de sondage Ipsos de 2001 à 2004. Il est conseiller municipal de Brétigny-sur-Orge (Essonne) de 2001 à 2008.
Benoît Hamon est l'animateur de Nouvelle Gauche et co-fondateur (avec Arnaud Montebourg et Vincent Peillon) du courant Nouveau Parti socialiste (NPS), dont il devient l'un des porte-paroles. Ce trio explose lors de la synthèse du congrès du Mans, puis lors de la primaire pour l'élection présidentielle de 2007 (Montebourg et Peillon soutiennent Ségolène Royal, Hamon soutient Laurent Fabius).
En mai et juin 2007, il est porte-parole du Parti socialiste pour les élections législatives. En juillet 2007, il fonde avec Noël Mamère le think tank La Forge. Benoît Hamon a présenté pour le congrès de Reims une motion qui rassemble la gauche du parti et qui a recueilli 19% des voix.



Pourquoi Hamon leur fait peur
Ses actions sont à la hausse !
Par Matthieu Croissandeau (Nouvel Obs)


Toute l'aile gauche du parti s'est rassemblée derrière un quadra habile et bien formé. Et quand la crise fait rage, c'est le petit nouveau qui inquiète les vieux éléphants

Quand il a déposé sa motion devant le conseil national du PS, le 23 septembre à la Mutualité, sa gorge s'est nouée. Vingt années de militantisme, une langue bien pendue et des idées bien arrêtées n'ont pas empêché Benoît Hamon de trembler au moment fatidique. «J'ai l'honneur de présenter ma candidature au poste de premier secrétaire», a-t-il lancé d'une voix un peu solennelle devant les caïmans du marigot socialiste, qui n'ont pas cillé.
Trois semaines après son grand frisson, c'est pourtant lui qui inquiète ! Benoît Hamon, 41 ans, chef de file d'une gauche du PS revigorée par la tourmente économique, est une des principales inconnues du prochain congrès. Depuis un an, tous les ténors l'ont encouragé à courir sous ses propres couleurs, histoire d'émietter un peu plus les suffrages. Aujourd'hui ils s'en mordent les doigts. Car entre-temps la crise financière est passée par là, et c'est un peu Noël en octobre pour l'aile gauche du Parti socialiste ! Dans cette vieille maison où tous les textes commencent toujours par «un cycle s'achève...», personne n'avait pensé que cela viendrait aussi vite. Hamon pas plus que les autres. Mais il bénéficie sur tous ses rivaux d'un avantage compétitif : sa motion à lui n'est pas caduque. Mieux : ce qu'il dénonce depuis dix ans passe désormais tous les soirs en direct à la télé !
Il feint de ne pas s'en réjouir. A l'écouter, on le croirait plutôt consterné par les revirements de ses adversaires, «contraints de se tourner vers un arsenal idéologique qu'ils n'ont cessé de dénoncer». Ce fils d'ouvrier brestois tient pourtant sa revanche. Voilà des années que ses «camarades» le toisent sur l'air du «il faut bien que jeunesse se passe» ou le traitent d'«archaïque». A tort. Hamon est plus pragmatique que gauchiste. Il n'hésite pas à convoquer dans ses discours Barack Obama, Jean-Paul Fitoussi ou le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz. «Benoît défend ce que nous sommes sans nous ressembler, résume Marie-Noëlle Lienemann, qui l'a rejoint cet été. Il n'a pas le côté lourd et souffrant des figures habituelles de la gauche du parti. Il donne une impression plus optimiste, plus plastique...» A la veille du congrès de Reims, l'ancien président du MJS a déjà réussi un premier tour de force : fédérer derrière lui toute l'aile gauche du PS, de Henri Emmanuelli à Jean-Luc Mélenchon en passant par Paul Quilès, Marie-Noëlle Lienemann, Marc Dollez et Gérard Filoche... «Le syndicat des pousse-au-crime au grand complet !», ironise un partisan de Bertrand Delanoë. Dans l'histoire récente du Parti socialiste, cela n'était jamais arrivé. Moins pour des raisons de fond que d'egos blessés, de petites trahisons et de grandes entourloupes. Jean-Luc Mélenchon le résume sans fausse pudeur : «Tous ceux qui sont là aujourd'hui ont passé une partie de leur vie à s'entre-tuer.»

Benoît Hamon, qui au début redoutait de réunir tous ces vétérans dans la même pièce de peur que cela ne dégénère, a pris ses marques. Son intronisation a permis de faire taire les vieilles querelles. Et de marquer des points face aux autres motions. «En choisissant un quadragénaire, nous sommes les seuls à avoir réalisé la relève générationnelle, souligne Mélenchon. Et pendant que les autres qui pensent la même chose se déchirent, nous avons fait l'unité.»
Faux néophyte et vrai apparatchik, Benoît Hamon, qui rêvait depuis des lustres de reprendre cette vieille boutique pour l'euro symbolique, s'applique à rompre avec l'image d'épouvantail qui colle à la gauche du PS. Pour défendre sa motion auprès des militants, ce rugbyman s'est constitué une équipe de nouveaux visages, baptisée le Quinze de la Rose, et réclame aujourd'hui un débat télévisé entre les premiers signataires des six motions en lice.
Le congrès lui permettra-t-il de passer un cap ? Martine Aubry, qui le fit entrer à son cabinet en 1997, et Laurent Fabius, qui lui fait les yeux doux, lui ont déjà donné rendez- vous à Reims. Ils ne sont pas les seuls, mais le député européen reste bien silencieux sur le sujet. «Hamon et Emmanuelli ne veulent pas dire qu'on refusera la synthèse. Je ne veux pas dire qu'on la fera. Alors on ne dit rien», décrypte Mélenchon, qui fixe comme «objectif minimum» pour la motion 25% des suffrages. Prudent, le député européen se montre beaucoup plus modeste. «La crise joue pour nous, mais le collège électoral du parti reste très figé», estime-t-il, avant d'assurer qu'il «n'accable personne» et qu'il est «prêt à discuter sur le fond avec tout le monde». Le quadra du PS apprend vite !

Matthieu Croissandeau
Article paru dans Le Nouvel Observateur du 16 octobre 2008

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