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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 09:09
Il est troublant de remarquer, que sous un gouvernement positionné à droite, l’initiative économique soit si peu encouragée et qu’il soit de plus en plus difficile pour nos PME de faire des affaires dans des conditions acceptables.

En effet, sous la pression des grands groupes, où les figures d’entrepreneurs ont été tristement remplacées par des organes dirigeantes, conseils d’administration et même fonds de pension, les PME sont littéralement écrasées. Par cette forme de gestion, c’est l’aspect humain qui a été sacrifié. Pourtant vouloir avancer en négligeant l’homme, c’est oublier que sans ces hommes piétinés aucune avancée même purement économique n’est possible.
Car dans les faits, ces bulldozers économiques déshumanisés ont acquis un tel poids et une telle puissance qu’ils peuvent se permettre en toute impunité les pratiques les plus déloyales, ce qui menace à termes les PME. Les Partenariats Publiques Privés scellés avec les grands groupes ferment actuellement la porte aux entreprises plus modestes. Au « mieux », elles sont reléguées au rang de sous-traitant, mais dans des conditions qui doivent absolument être dénoncées : prix ridicules, payables dans des délais de 90 jours mais qui dépassent allègrement les 120 jours. Ces pratiques inacceptables mettent en périls nos PME qui sont ainsi placées sous un état de tension permanente, ce qui se répercute sur leur efficacité, leur fragilité et malheureusement sur les employés, menaçant ainsi l’ensemble de la société.
Le marché, censé dans la logique libérale s’autoréguler, a depuis longtemps montré ses limites, c’est donc le rôle de l’Etat d’apporter le cadre dans lequel c’est l’intérêt de tous qui sera optimisé. Ainsi, les marchés publics doivent laisser de la place aux TPE et PME. Les plus grands groupes, à qui on doit imposer une ouverture plus importante des référencements, doivent être contraints à honorer par exemple leurs paiements dans des délais plus respectueux du travail fourni. Il n’y a aucune raison que sans justification sérieuse ces sociétés ne soient pas condamnables pénalement pour leurs retards volontaires. Il faut bien comprendre qu’un sous-traitant est un partenaire et non pas une sous-entreprise qu’on doit soumettre par la force et la peur. Les TPE et PME de par leur poids n’ont que peu de moyen de dénoncer les pratiques frauduleuses, toujours sous la menace de la concurrence et la crainte de perdre un client qui par le poids de ses commandes crée un rapport de dépendance.
Pourtant, est-il nécessaire de rappeler le poids de ces PME dans l’emploi en France ? Il est d’ailleurs affligeant de constater les difficultés qu’un jeune entrepreneur doit affronter pour monter son propre projet d’entreprise. Bien plus dommageable qu’un parcours du combattant, c’est un parcours du ridicule qui se dessine devant lui. La Loi Dutreuil malgré un bon battage médiatique, est une farce dès lors qu’on rentre dans le concret. En effet, les banques refusent quasi-systématiquement les sociétés à 1€, ou lorsqu’elles acceptent : pas de découvert, pas de chéquier. L’entreprenariat est considéré aujourd’hui en France comme une maladie mentale et cela à tous les niveaux. Personne ni pour vous aider, ni pour vous encourager, ce qui crée un climat délétère. Comment dans ces conditions peut-on monter un projet solide ? Alors qu’on désire simplement créer de la richesse, du bien-être et prendre en main son propre destin.
Les courageux qui résistent et parviennent à faire face aux difficultés, doivent payer d’avance des charges qui s’élèvent vite à 1500€ alors que les premières démarches commerciales sont à peine engagées. Bill Gates, Steve Jobs, Hewlett Packard n’avaient que leurs idées lorsqu’ils ont commencé. En France, il faut plus avoir des fonds propres que de grandes idées pour pouvoir finaliser un projet, ce qui est déplorable dans un pays comme le notre qui possède une grande force culturelle et intellectuelle ; il est rageant d’imaginer toutes ces idées qui s’évaporent avec les espoirs de ceux qui ne sont pas nés assez riches pour les exploiter.
En tant que socialistes nous devons nous réapproprier le terrain de l’Entreprise dans sa dimension noble et ne plus laisser à la droite cette jouissance qu’elle n’a clairement pas su réussir. Il ne faut pas oublier la dimension sociale de l’Entreprise, avec notre vision pragmatique, plus proches des acteurs économiques : salariés des TPE et PME, entrepreneurs souhaitant jouir d’une réelle liberté d’entreprendre pour le bien de tous dans des règles qui permettront à chacun de s’insérer dans un marché concurrentiel, dans le bon sens du terme, c’est-à-dire où chacun peut s’épanouir et non où les poids lourds de la discipline imposent leur loi du plus fort.
Personne ne doit être freiné dans cette optique humaniste qui doit rester ambitieuse économiquement. Il est illogique qu’une personne handicapée doivent renoncer à son AAH de pourtant moins de 700€ par mois, dès lors qu’elle veut développer une petite activité pour améliorer son quotidien. C’est à nous socialistes d’encourager toutes les initiatives humaines, pour qu’en agissant en France, l’envie de réussir prévale sur la peur de perdre ses acquis. C’est aux petites gens et à tous les courageux qui veulent nourrir leurs ambitions qu’il faut porter aide et attention, les grands patrons ne sont pas encore en danger.

Farid Echeikr,
adjoint au maire de Fosses,
section Plaine de France

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