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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 08:53
PS : du "discours de la méthode" à la "reconquête du pouvoir"
LEMONDE.FR avec AFP | 29.06.08 | 16h44  •  Mis à jour le 29.06.08 | 16h45

es socialistes n'ont pas chômé ce week-end. Après Ségolène Royal, c'était au tour de Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, samedi 28 juin, puis des strauss-kahniens et des amis d'Arnaud Montebourg, dimanche, de présenter leurs contributions en vue du congrès de Reims, en novembre.

 

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Emmené par Pierre Moscovici, ces derniers ont présenté un texte qui se veut "une vraie force", "un discours de la méthode" pour "proposer un chemin pour gagner en 2012" en évitant 3 "écueils" : "présidentialisation du parti, (...) immobilisme et combinaisons". Cette contribution, intitulée "besoin de gauche", se veut un "premier rassemblement" et non un "catalogue", "pas le pré-programme d'un présidentiable", mais veut "proposer une cohérence", a souligné M. Moscovici. Pour le député Arnaud Montebourg, elle est "la feuille de route de la mutation du Parti socialiste".

M. Moscovici, candidat au poste de premier secrétaire, a estimé que le parti devait s'appuyer sur un "triptyque" : la "déclaration de principes", récemment adoptée, une série de "conventions" pour "trancher les grande orientations" et enfin une "primaire" pour choisir le candidat à la présidentielle. Le président francilien Jean-Paul Huchon, les députés Jean-Marie Le Guen, François Pupponi, Gilbert Le Bris ou encore l'eurodéputé Catherine Trautmann ont notamment signé cette contribution.

"RETROUVER LE VOTE DES CLASSES POPULAIRES"

Samedi, c'est l'aile gauche du parti, avec Benoît Hamon et Henri Emmanuelli, qui a appelé à Paris au "rassemblement" de la gauche pour mener d'ici à 2012 "le combat" contre "tout le travail de casse du modèle social et des libertés mis en œuvre par la droite" et pour "la reconquête du pouvoir". Les deux chefs de file du Nouveau parti socialiste (NPS) ont présenté leur contribution afin de "reprendre le terrain abandonné à la droite, et revenir sur le cycle le plus important, depuis longtemps, de régression sociale et démocratique", selon Benoît Hamon.

Citant la réduction du temps de travail, les retraites, le droit de grève, la rétention de sûreté, la "mise au pas des médias" et le retour dans le commandement intégré de l'OTAN "sans débat parlementaire", le jeune eurodéputé a fustigé la politique de Nicolas Sarkozy. "L'objectif n'est pas d'être à l'aile gauche du parti socialiste, l'objectif c'est que le parti socialiste reste un parti de gauche", a déclaré M. Emmanuelli lors de cette réunion publique à laquelle participaient Laurent Fabius, Marylise Lebranchu et le politologue Emmanuel Todd. Appelant à un "changement de stratégie" pour le parti, M. Hamon a insisté sur l'objectif de "retrouver le vote des classes populaires qui se sont détournées des socialistes provoquant 13 défaites en 15 élections nationales depuis juin 2006 en Europe et trois défaites successives aux élections présidentielles" en France.

 

Front commun contre la présidentialisation du PS

Nicolas Barotte - Le Figaro - 30/06/2008 | Mise à jour : 09:09 |

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Benoît Hamon et Henri Emmanuelli ont présenté samedi à la Sorbonne leur contribution, «Reconquêtes», dans laquelle Laurent Fabius (au centre) a trouvé des «convergences» avec sa démarche.
Benoît Hamon et Henri Emmanuelli ont présenté samedi à la Sorbonne leur contribution, «Reconquêtes», dans laquelle Laurent Fabius (au centre) a trouvé des «convergences» avec sa démarche. Crédits photo : RICHARD VIALERON/LE FIGARO.

Benoît Hamon et Pierre Moscovici ont présenté leurs contributions respectives ce week-end.

Pas d'accord. C'est même leur point commun : ils ne sont pas du tout d'accord avec l'attitude de Ségolène Royal. En présentant leurs contributions respectives ce week-end, l'aile gauche du PS et l'aile droite ont réagi au quasi-meeting de précampagne électorale que l'ancienne candidate à la présidentielle a tenu samedi.

La démonstration de force n'a pas plu à Benoît Hamon et ses partisans, installés dans un amphithéâtre de la Sorbonne samedi. Avant de présenter une contribution très marquée à gauche, «Reconquêtes», le député européen a adressé un message très direct à l'ancienne candidate «qui a donné à sa réunion le titre de premier meeting de l'opposition» : «Nous sommes contents, chère Ségolène, que les vacances soient terminées !»«Vous nous avez manqué dans la rue» quand «nous étions aux côtés des salariés». Benoît Hamon et Henri Emmanuelli sont parmi les rares leaders socialistes à avoir participé aux manifestations contre le «démantèlement du droit du travail». «L'objectif n'est pas d'être à l'aile gauche du Parti socialiste, l'objectif c'est que le Parti socialiste reste un parti de gauche», a poursuivi Hamon en demandant explicitement qu'il n'y ait pas «une nouvelle vague d'accords avec le MoDem aux régionales» en 2010. Avec ses partisans, il souhaite «changer la majorité» du parti. Invité principal de la journée, l'ancien premier ministre Laurent Fabius a souligné des «convergences» avec sa propre démarche.

«Un contrat de gouvernance»

Beaucoup moins à gauche, mais tout aussi réservés sur Ségolène Royal : Jean-Christophe Cambadélis, Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici, qui ont présenté leur texte, «Besoin de gauche», dimanche. Le meeting de Royal ne leur a pas plu non plus. «Surréaliste», soupire Moscovici. «Elle veut éviter de dévisser dans les sondages», observe un autre membre du courant.

Alors qu'aucun présidentiable ne parvient à entraîner une dynamique, Pierre Moscovici, candidat au poste de premier secrétaire, veut remettre le parti au travail et rejette toute idée de «présidentialisation». Persuadé de pouvoir rivaliser face à eux, il pense pouvoir «structurer une majorité» à partir de son courant. À son côté, Jean-Christophe Cambadélis envisage, lui, de discuter avec d'autres sensibilités. «Il faut rendre au PS une majorité digne de ce nom», dit-il en proposant «un contrat de gouvernance» pour en fixer les contours. Pour convaincre les présidentiables, la contribution propose l'organisation de primaires pour désigner le candidat du parti en 2012. «Le moment [de désigner le candidat] ce n'est pas 2008, martèle Moscovici. Personne ne gagnera le congrès en disant “c'est lui, c'est elle”.»


Royal s’offre un meeting, les autres socialistes jouent du timing
Ségolène Royal (Reuters) -LAURE EQUY et DAVID REVAULT D’ALLONNES - Libération : lundi 30 juin 2008
Au PS, une contribution chasse l’autre. Lancées la semaine dernière (Libération de samedi), les cérémonies officielles de présentation des textes des différentes écuries socialiste en vue du congrès de novembre se sont poursuivies ce week-end.

Samedi, 10 heures , meeting matinal pour Ségolène Royal

La candidate est de retour. Autant qu’une présentation de sa contribution, ce fut, pour Ségolène Royal, l’occasion de s’offrir un moment de communion militante. Un véritable meeting, où flottaient d’insistants effluves de sa campagne présidentielle. «Présenter la contribution avec douze vieux mecs en costume derrière un bureau, c’était pas possible», explique Vincent Peillon, proche de Royal. Pour faire à la fois neuf, ouvert et massif, le dispositif a donc été réglé au laser. Après une vidéo façon clip pour assemblée générale d’actionnaires, avec musique électro douce, puis des interventions d’invités - un délégué CFDT d’Arcelor Mittal, Edwy Plenel, directeur de Médiapart, Ariane Mnouchkine, le président de Sauvons la recherche - les proches de Royal se succèdent au micro, tentant de préempter le monopole de la rénovation. Et de l’opposition. Najat Belkacem : «Nous devons nous adapter à de nouvelles formes de militantisme. De l’air ! De l’air !» François Rebsamen, en réponse à la une de Libé de samedi : «Où est le PS ? Il est là !» Jean-Pierre Mignard, président de Désirs d’avenir : «Nous sommes en train de faire le premier grand meeting d’opposition à ce régime depuis un an !» Au tour de l’intéressée, enfin, toute son équipe derrière elle, debout comme une seule femme, pour combattre l’idée d’une Ségolène Royal affaiblie par les défections : «Rassurez vous, je n’ai pas de nostalgie. Mais je ne veux pas qu’il y ait des impasses sur ce qui s’est passé» pendant la présidentielle. De quoi susciter de véritables transports chez ses fidèles, qui entonnent des «Ségolène présidente» ou des «On va gagner», sur l’air des supporters. Une présidentialisation assumée : «Oui, la politique a quelque chose à voir avec les ferveurs populaires», avance Royal. Vincent Peillon, à la sortie : «C’est déjà un autre parti.»

Samedi, 15 heures, Laurent Fabius s’invite au NPS

La réplique n’a pas tardé à tomber. Elle est venue du NPS, l’aile gauche du parti, réuni dans un amphi Richelieu surchauffé. «Ségolène a donné à sa réunion le titre de premier meeting de l’opposition ?», s’étonne Benoît Hamon, qui tacle : «Je suis content que vos vacances soient terminées : vous nous avez manqué ! Sur l’allongement de la durée de cotisation, les retraites, la défense des 35 heures.» Un peu plus tôt, Henri Emmanuelli avait déjà porté le fer, au chapitre de la démocratie participative cette fois : «Moi, je suis pour le suffrage universel, la démocratie représentative», expliquait le député des Landes, contestant «l’idée qu’il faudrait se mettre à l’écoute de l’opinion publique pour savoir que décider. Tout ça n’est pas sérieux.» Et au-delà, de redouter, en aparté, «qu’on veuille nous refaire le congrès de Dijon, le conglomérat invertébré où il y aura tout le monde» .Pascal Cherki, adjoint au maire de Paris, résume : «Deux hypothèses. Soit le syndicat du crime se reforme, et là il y aura une motion en face : la nôtre. Soit la majorité explose, et là on est disponible.» Notamment pour un rapprochement avec Laurent Fabius, présent samedi, et qui laisse la porte grande ouverte : «Il y a beaucoup de convergences. Je souhaite qu’elle se traduisent pas des décisions et actions communes dans les mois qui viennent.»

Dimanche, 11 heures, désir et réalité des reconstructeurs

D’action commune, il était aussi question hier matin, avec la présentation de la contribution partagée par les amis de Dominique Strauss-Kahn et d’Arnaud Montebourg. Certes, celle-ci ne présage pas encore, loin de là, d’une motion rassemblant tous les «reconstructeurs», alliant, outre les précédents, les camarades de Laurent Fabius et Martine Aubry : «Il y a encore de tas de choses à vérifier. Faut pas aller trop vite», freine Montebourg. Mais elle a l’avantage de maintenir, quoique provisoirement et cahin-caha, un semblant d’unité dans des courants sérieusement menacés par les OPA. «Cette contribution n’est pas une péripétie, un groupement de circonstance : c’est une force nouvelle qui va compter», veut croire son premier signataire, Pierre Moscovici, qui a fait le compte : «35 parlementaires, 12 premiers fédéraux, 8 présidents de conseil généraux, plus de 50 maires...» Et le député du Doubs, après la présentation du produit, de passer au marketing politique : «Nous ne sommes pas en position de quémander. Nous sommes plutôt désirables pour les autres.»

Dimanche, 12 h 30, Delanoë, «un ami» en campagne

Il est venu «en ami». et il ne fallait voir dans ce dimanche à la campagne, à la fête de la rose d’Avallon (Yonne), «aucun lien avec l’actualité du PS». En bras de chemise, Bertrand Delanoë enchaîne les dédicaces, fait le tour des stands, balaie l’étiquette parisienne qu’on veut lui coller, «qui consiste à dire : Delanoë, sorti du périph, il ne sait pas ce qui se passe». Fin de la séquence Carpe diem. La contribution des delanoïstes, «Clarté, créativité, courage», avec pour sous-titre «choisir maintenant pour agir demain», doit être mise en ligne aujourd’hui. Le maire de Paris en a brossé les grandes lignes : supprimer le paquet fiscal pour injecter 3 % du PIB dans la recherche , taxer les stock-options, faire le ménage dans les niches fiscales, rendre «indissociables les termes socialiste et écologiste». Tout en assurant n’avoir «de sentiments agressifs envers personne», il a distribué des mises en garde. Aux signataires de «contributions régionales : il ne faut pas revenir à l’avant Epinay, quand les barons régionaux trouvaient plus simple de se contenter de gagner des élections locales». Et à ceux tentés de flirter avec le Modem : «Je propose que le PS refuse des alliances à géométrie variable avec des partis qui se disent de droite et de gauche.» Après une mise au point sur le terme «libéral», Delanoë, caustique à l’adresse des prétendants au poste de premier secrétaire : «Ils ne veulent pas de libéralisme philosophique, mais qu’est ce qu’ils aiment le libéralisme individuel !»

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