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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 15:46
Benoît Hamon a participé à un débat pour le journal L’Humanité sur la question de l’avenir de la gauche, avec Marie-Pierre Vieu, membre du Comité exécutif national du PCF, vice-présidente de la région Midi-Pyrénées.

Vous trouverez ci-dessous son intégralité.

L'expérience italienne

Benoît Hamon. Les résultats des élections italiennes sont une mauvaise nouvelle pour les Italiens et pas une bonne nouvelle pour la gauche européenne. Berlusconi après Sarkozy, ça fleure bon le retour d'une droite dure sur les questions sociales et d'immigration. D'une droite très idéologique. C'est la onzième défaite des sociaux-démocrates à une élection nationale depuis novembre 2006 : l'Estonie, Malte, l'Irlande, le Danemark, la Suède, la France, l'Italie, les Pays-Bas et j'en oublie... On peut toujours se cacher derrière le grand « Z » de Zapatero pour penser que la social-démocratie se porte bien en Europe. En vérité elle se porte très mal. Elle est en crise et l'origine de cette crise est assez simple : c'est la crise des modèles sociaux nationaux. Il n'y a pas d'Europe sociale, mais il y a des phénomènes économiques mondiaux, la mondialisation qui percute les modèles sociaux et encourage les politiques de modération salariale. Aujourd'hui, aucun modèle social d'un pays européen n'est en capacité de résister seul à cette remise en cause systématique des protections des salariés. Et, comme la gauche dans son ensemble est associée à la construction de ces modèles sociaux et que tout le monde constate que les droits des salariés et les droits sociaux s'amenuisent, qu'on fait de la croissance mais qu'on ne redistribue pas sous forme de salaire, que le pouvoir d'achat se dégrade, on a aujourd'hui une vraie crise de la vocation ou de l'utilité de la gauche. Ça produit les résultats électoraux qu'on connaît. Pour ce qui concerne ma famille politique, c'est une question lourde : faut-il poursuivre avec une offre politique de centre gauche ? J'observe que ça fait trois fois successivement en France depuis 1995 qu'on perd avec une telle offre. Est-ce que la social-démocratie européenne doit continuer d'être la compagne du camp libéral et conservateur, et de ne faire que gagner du temps pour conserver la Sécu, les services publics, sans conquérir aucun droit supplémentaire, alors que le contexte plaide plutôt pour la régulation avec la crise des subprimes et la crise alimentaire ?

Lire la suite "Débat : l'avenir de la gauche"

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